AVERTISSEMENT
Cette
notice dédiée à une cantate de Bach tend à
rassembler des textes (essentiellement de langue française),
des notes et des critiques discographiques parfois peu accessibles
(2011). Le but est de donner à lire un ensemble cohérent
d’informations et de proposer aux amateurs et mélomanes
francophones un panorama « espéré »
élargi de cette partie de l’œuvre
vocale de Bach. Outre les quelques « interventions « CR »
signalées par des crochets [...] le rédacteur précise
qu’il a toujours pris le soin jaloux de signaler sans ambiguïté
le nom des auteurs sélectionnés dans la bibliographie.
A cet effet il a indiqué clairement, entre guillemets «…»
toutes les citations fragmentaires tirées de leurs travaux.
Rendons à César...
ABRÉVIATIONS
(A)
= La majeur →
(a moll) = la mineur
(B)
= Si bémol majeur
BB
/ SPK = Bach Bibliothek / Staatsbibliothek
Preussicher
Kulturbesitz
B.c.
= Basse continue ou continuo
BCW
= Bach Cantatas Website
BD
= Bach-Dokumente (4 volumes, 1975)
BGA
= Bach-Gesellschaft Ausgabe = Édition par la Société
Bach (Leipzig, 1851-1899). J.
S. Bach Werke. Gesamtausgabe
(édition d’ensemble) der
Bachgesellschaft
BJ
= Bach-Jahrbuch
(C)
= Ut majeur →
(c moll) = ut mineur
D
= Deutschland
(D)
= Ré majeur →
(d moll) = ré mineur
(E)
= Mi →
(Es) = mi bémol majeur
EKG
= Evangelisches
Kirchen-Gesangbuch.
(F)
= Fa
(G)
= Sol majeur→
(g moll) = sol
mineur
GB
= Grande-Bretagne = Angleterre
(H)
= Si →
(h moll) = si mineur
NBA
= Neue Bach Ausgabe (nouvelle publication de l’œuvre de
Bach à partir des années 1954-1955)
NBG
= Neue Bach Gesellschatf = Nouvelle société Bach
(fondée en 1900)
OP
= Original Partitur = Partition originale autographe
Ost.
= Original Stimmen – Parties séparées originales
P
= Partition = Partitur
PBJ
= Petite Bible de Jérusalem
PKB
= Preußicher Kulturbesitz, Staatsbibliothek, Berlin
St.
= Parties séparées = Stimmen
La
première lettre -en gras- d’un mot du texte de la
cantate indique la majuscule de la langue allemande. Dans le corps de
ce même texte allemand, le mot ou groupe de mots mis en
italiques
désignent un affect particulier ou un « accident
remarquable.
DATATION BWV 124
Leipzig,
7 janvier 1725.
DÜRR.
Chronologie. 1725. BWV 41 (1er
janvier) – BWV 123 (Épiphanie, 6 janvier) - *BWV 124 (7
janvier) – BWV 3 (14 janvier) – BWV 111 (21 janvier) –
BWV 92 (28 janvier).
HERZ :
ancienne date : 1735-1744.
HIRSCH
: Classement CN 109 (CN = Die chronologisch Nummer = Numérotation
chronologique). « Année II. Deuxième cycle
des cantates de Leipzig (Jahrgang. II). Période allant du 11
juin 1724 au 27 mai 1725. Cantate choral.
SCHWEITZER :
Les cantates écrites après 1734.
SOURCES BWV 124
La
« database » du « Catalogue Bach de
l’Institut de Göttingen » en connexion avec les
« Bach Archiv », est un instrument de travail
exceptionnel (langue anglaise et allemande) mais d’un usage
parfois peu aisé pour le lecteur français.
Adresse
: http: //www.bach;gwdg.de/bach_engl.html.
BWV
124 : Environ une dizaine de références (partitions et
parties séparées) principalement conservées à
Berlin et Leipzig; une copie (début du 19e
siècle), à Breslau (Pologne), une autre en Suisse
(début du 19e
siècle), à Zurich (CH).
PARTITION
AUTOGRAPHE = ORIGINALPARTITUR
Mus.
ms. Bach
P 876 T.
Preußicher Kulturbesitz Staatsbibliothek [ex Berlin-Ouest].
Anciennement en
dépôt à l’Universitätsbibliothek de
Tübingen puis Berlin-Dahlem devenu BB/SPK.
Référence
2011 : « Bach.gwdg.de » = Staatsbibliothek
zu Berlin = DB MUS.ms. Bach P 876. Première moitié du
18e
siècle.
BGA
[Alfred Dörffel, Leipzig, septembre 1878] :
La partition originale est en la possession de Joseph Hauser à
Karlsruhe (D).
BRAATZ
[BCW, 9 février 2007] : « Par bonheur nous
avons toujours la chance de posséder à la fois et
l’autographe et le recueil des parties séparées.
En tant que cantate-choral, le manuscrit provient de l’ensemble
des cantates dont héritât Wilhelm Friedemann Bach. Comme
nombre d’autres autographes, il [l’autographe] semble
qu’il revint à Leipzig peu de temps après la mort
de J.-S. Bach. Une série [de cantates] avec les BWV 8, 33, 41,
78, 94, 99, 101, 113, 114, 129, 133, 137, 140, 177 et 178 furent la
source à partir de laquelle Christoph Friedrich Penzel et un
autre copiste anonyme… firent en 1755-1756 des copies, avec
parfois des parties séparées supplémentaires.
[toutefois, le site www.bach;gwdg.de, ne
donne pas de référence pour une copie par Penzel de la
cantate BWV 124…] Les éditeurs de la NBA ont supposé
que Penzel devait avoir des relations amicales avec W.F. Bach, ce qui
rendit ce travail possible. De même, Johann Georg Nacke
(1718-1804) eut la chance de se procurer l’autographe d’une
cantate-choral, peut-être à l’occasion d’un
achat auprès de W. F. Bach… la cantate BWV 124. A
partir de là [de cet autographe] Nacke tira un recueil de
parties séparées destinées à son propre
usage (DB MUS.ms. Bach St 396 Faszikel 2). Selon ses notes portées
sur l’exemplaire de sa partition, il fit exécuter cette
cantate le premier dimanche après l’Épiphanie
1760.
Étant
en relation avec Necke en tant que l’un de ses étudiants
en musique, Christian Friedrich Penzel acquit de lui cet exemplaire
[l’original de Bach] qui plus tard revint à son neveu
Johann Gottlob Schuster (1765-1839). Cette partition figura dans la
collection des manuscrits de Franz Hauser [de la Singakademie de
Berlin] (1794-1870). La Staatsbibliothek de Berlin où la
partition se trouve aujourd’hui la fit entrer dans ses
collection en 1904.
La
partition autographe [de Bach] est accompagnée d’un
recueil de « doublets » des parties qui n’en
furent jamais séparés depuis la répartition des
cantates, en 1750 [lors du partage des manuscrits entre les fils
de Bach].
Titre
autographe de J.-S. Bach sur la couverture : « Dominica
1 post Epiphan: | Meinem Jesum lass ich nicht | à | 4 Voci | 1
Hautb: Conc: d’Amour | 2 Violini | Viola | e | Continuo | di J:
S: Bach. ».
En
haut de la première page de la partition : « J.J.
Dom. 1 post Epiphanias Meinem Jesum laß ich nicht ».
Il
n’y a pas de liste des instruments. Seule la partie de hautbois
est indiquée « Hautb. Concert. D’Amor ».
A
la droite de la dernière mesure [du mouvement 6] : « Fine
SDG ».
CANTAGREL
[Les cantates de J.-S.
Bach, pages 311 à
314.] : «…Bach se trouva devoir travailler dans
l’urgence, comme en témoigne la graphie de plus en plus
hâtive de son manuscrit, qui en rend parfois la lecture
difficile…»
SCHMIEDER :
13 feuilles (23 pages de musique autographes), in 8°, sous
couverture.
SCHWEITZER
[J.-
S. Bach | Le musicien-poète,
page 271] : «
Nul doute que l’exécution des cantates, sous la
direction même de Bach, ne fut parfois plutôt
défectueuse. Quand il lui arrivait de ne terminer l’œuvre
que le vendredi soir, d’en faire copier les parties le samedi
matin et de l’exécuter après une seule
répétition, il va de soi que l’exécution
devait manquer de fini. Ce fut certainement le cas pour l’Ode
funèbre
[BWV 198] et pour la cantate BWV 124, dont la partition est d’une
écriture si hâtive, vers la fin surtout, qu’elle
en devient illisible…»
SPITTA
[Johann
Sebastian Bach, volume
III, Volume
3, pages 285/286] : «…The « Half Moon
Watermark » (filigrane représentant une demie lune)
sur la première moitié de la feuille (l’autre
demeurant en blanc) est caractéristique d’un grand
nombre de cantates de la dernière partie des oeuvres de Bach”.
Suit
une série de 31 cantates dont la cantate BWV 123 (en 24e
position).
PARTIES
SÉPARÉES = ORIGINALSTIMMEN
St
Thom L. Thomasschule
zZ Bach-Archiv Leipzig.
Référence
2011 : « Bach.gwdg.de » = D LEM (Leipzig)
= D LEB Thomana 124. Kuhnau. Meißner, W. F. Bach. A. M. Bach.
J. S. Bach et anonyme IIe
Référence
2011 : « Bach.gwdg.de » DB MUS.ms. DB
Mus.ms.Bach St 396. Faszikel 2. Copiste J.G. Nacke. 2ème
moitié du 18e
siècle.
BGA
[Alfred Dörffel, Leipzig, septembre 1878] :
Les parties séparées originales sous couverture bleue
sont en possession de Joseph Hauser à Karlsruhe (D). Filigrane
à la „demie lune“.
BRAATZ
[BCW, 9 février 2007] : « A la mort de Bach,
Anna Magdalena Bach remit le recueil des parties séparées
(ainsi que bien d’autres) à l’École
Saint-Thomas de Leipzig. Après y être demeurées
elles furent par la suite normalement déposées aux
Bach-Archiv de Leipzig où elle sont conservées
aujourd’hui ».
[Suit
un long dossier sur les 14 parties séparées de la
cantate BWV 124, avec les copistes repérés, Ch. G.
Meissner, J. A. Kuhnau, J.-S. Bach, Anna Magdalena, W.-F. Bach et un
anonyme (classé II). Thomas Braatz ajoute le
« scénario possible » qui présida
–peut-être- à la confection de ces parties
séparées dans les jours précédant
l’exécution de la cantate… Malgré les
commentaires critiques de nombreux correspondants du BCW (février
2007), ce scénario très « rafraîchissant »
est aussi instructif, d’autant qu’il s’appuie quand
même sur des bases sérieuses. D’ailleurs, Julian
Mincham (9 février 2007) a excellemment fait la part des
choses à propos du texte de Thomas Braatz : d’un
côté les sources musicales connues ; de l’autre,
clairement annoncée, une « spéculation »
sous la forme d’un « probable scénario » !
]
HERZ :
les copistes seraient Johann Andreas Kuhnau né en 1703 (neveux
ou petit-fils du cantor Johann Kuhnau), à Leipzig à
partir du 7 février 1723 dans sa période dite médiane
„K2“
et Christian Gottlob Meissner (18 décembre 1707 – 16
novembre 1760). A Leipzig de 1723 à 1729. En outre paraissent
les écritures d’Anna Magdalena Bach et de Wilhelm
Friedemann Bach.
SCHMIEDER :
Violons I, II, Continuo partiellement autographes.
COPIES
18e
et 19e
SIÈCLE = ABSCHRIFTEN 18. 19 Jh.
P
[partition]
= Am
44, 4 B
Staatsbibliothek, Berlin. Anciennement Amalienbibliothek, Berlin.
Référence
2011 : Bach.gwdg.de : DB Am B 44. Copiste Breitkopf &
Härtel. 2ème
moitié du 18e
siècle.
CH
ZZ. Ms. Car XV 244 (B 13). Hermann Naegeli.
PL
WU RM 5920. Copiste Schlottnig. Breslau. 1ère
moitié du 19e
siècle.
ÉDITIONS
SOCIÉTÉ
BACH
= BACH-GESELLSCHAFT
BGA.
XXVI (26e
année). Pages 63 à 82. Préface d’Alfred
Dörffel, Leipzig, septembre 1878. Cantates BWV 121 à 130.
NOUVELLE
ÉDITION BACH
= NEUE
BACH AUSGABE
(NBA)
KANTATEN
SERIE I / BAND 5. KANTATEN ZUM EPIPHANIASFEST BIS ZUM 2 SONNTAG NACH
EPIPHANIAS
Bärenreiter
Verlag BA 5043. 1975. La BWV 3 n’est pas précisée
sur le Net. 5 fac-similés
BWV
124. Pages 117 à 142. Bl. 1r
der autographen Partitur. Preußicher Kulturbesitz.,
Staatsbibliothek, Berlin/West.
Mus. ms. Bach
P 876
Avec
les cantates BWV 65, 123, 154, 32, 155, 3 et 13.
Kritischer
Bericht (commentaires). BA 5043 41. Marianne Helms. 1975.
KB 1976
[La
partition de la NBA est dans le coffret Teldec / Harnoncourt, volume
31]. 1982.
AUTRES ÉDITIONS
BÄRENREITER
classics. | Bach | Bärenreiter Urtext.
Sämtliche
Kantaten 2.
Bärenreiter TP 1282. 2007. Pagination 1 à 648.
Serie
I. Band 5. Kantaten Zum Epiphaniasfest an zum 2 Sonntag nach
Epiphanias.
Herausgegeben
: Marianne Helms. 2007. = NBA I/5.
BWV
124. Pages 115 à 142. Bärenreiter-Verlag. Kassel. 1975.
BCW :
Partition de la BGA + Réduction chant et piano.
BREITKOPF
& HÄRTEL. Partition = PB 2974. Réduction chant et
piano = VOIR.
Partition du chœur = ChB 549. Révision de l’orgue
et du clavecin par Max Seiffert = OB 1223.
2011.
Partition (20 pages) = PB 4624. Réduction chant et piano (28
pages) = EB 7124. Partition du chœur (8 pages) = ChB 4624.
Parties séparées : orgue, violon I, II, viola,
violoncelle, vents = OB 4624.
CARUS.
Stuttgarter Bach-Ausgaben. Partition (36 pages) = Carus Verlag CV
31.124/00. Partition d’étude (Studienpartitur) = CV
31.124/07. Réduction chant et piano (Klavierauszug) = CV
31.124/03. Partition du chœur (Chorpartitur) = CV 31.124/05.
Harmonie (Harmoniestimmen) = CV 31.124/09. Hautbois d’amour =
CV 31.124/21. Cor = CV 31.124/31. Violons I, II ; Viola ;
Violoncelle / Contrebasse = CV 31.124/11 à 14. Orgue = CV
31.124/49.
KALMUS
STUDY SCORES. N°
839. Volume XXXV. New York 1968. Cantates BWV 121 à 125.
PÉRICOPE BWV
124
Premier
dimanche après l’Épiphanie.
Épître
: Romains XII, 1 à 6 [PBJ. 1683].
Le culte spirituel - Humilité et charité dans la
communauté.
Évangile
: Luc II, 41 à
52 [PBJ.
1537-1538]. Jésus parmi les docteurs (ses parents le cherchent
dans le Temple - La vie cachée à Nazareth).
EKG
: Evangelisches
Kirchen-Gesangbuch.
I. Sonntag nach Epiphanias.
Entrée:
Jean 1, 14 [PBJ. 1584] : « Et
nous avons vu sa gloire, gloire qu’il tient de son Père
comme Fils unique, plein de grâce et de vérité ».
Psaume
100 [PBJ. 894].
Cantique
= EKG 47 « O
süßer Jesu Christ »
(Les frères de Bohème, 1531).
Épître
: Romains XII, 1 à 6 [PBJ. 1683]. Le culte spirituel.
Évangile
: Luc II, 41 à 52 [PBJ. 1537 et 1538]. Jésus, âgé
de 12 ans, au Temple.
Même
occurrence avec les cantates BWV 154 (9
janvier 1724) et BWV 32
(13
janvier 1726).
TEXTE BWV 124
Compilateur
/ poète inconnu.
1]
Première strophe du cantique (1658-1659) en six strophes (de
six vers chacune) Meinem
Jesum laß ich nicht de
Christian Keymann (1607 † Zittau, janvier 1662). Publication à
Dresde dans la troisième partie du recueil d’Andreas
Hammerschmidt Fest-Buß
und Danklieder.
La
strophe 1 est également dans les cantates BWV 154/8 et BWV
157/5
La
strophe 5 de ce cantique se retrouve dans les cantates BWV 70/11 et
BWV 70a/6 .
La
strophe 6 se trouve dans le n° 29a de la Passion
selon saint Matthieu [remplacée
par la suite par le choral
O Mensch, bewein dein Sünde groß]
et le choral BWV 380
(recueil de Carl Philipp Emanuel Bach).
Renvoi
à EKG 251 mais avec une autre mélodie de Johann Ulich
(1674)
6]
Sixième et dernière strophe du cantique (1658) Meinem
Jesum laß ich nicht de
Christian Keymann.
La
mélodie (même titre) est attribuée à
Andreas Hammerschmidt (1658).
La
mélodie est reprise dans les cantates BWV 70, 154, 157, 163 et
la Passion selon saint
Matthieu BWV 244 sous
le n° 29a.
BCW :
Autres compositeurs ayant utilisé cette mélodie :
G. L. Agricola ; J. G. Walther ; G. Ph. Telemann (cantate
Twv 1 :1097 (1724) ; J. L. Krebs ; Mas Reger, opus
67/26 et 135/17, etc.
FINSCHER :
«…la cantate BWV 124 reprend telles quelles les première
et dernière strophes du cantique… mélodie y
comprise, et les façonne en chœur d’entrée
savamment élaboré et choral final extrêmement
sobre. Les autres strophes sont remaniées en récitatifs
et airs librement mises en musique. N’offrant qu’une
relation assez lâche avec l’évangile lu ce jour…
le cantique dominical fait allusion par allégorie à
Jésus retrouvé au Temple…la pensée
métaphorique et le langage métaphorique de l’époque
conduisent presque inévitablement à ce que la mort et
l’effroi soient représentés plus suggestivement
que leur sphère, opposée…»
MACIA
(Tout Bach,
pages 191/192] : «…mélodie de Johann Ulich,
qui fut cantor à Wittenberg » [?]
WIJNEN :
«…le choral n’apparaît que dans le premier
et dernier morceau, premier et dernier verset, alors que les autres
versets sont évoqués en paraphrases dans les arias et
récitatifs…»
GÉNÉRALITÉS
BWV 124
GARDINER :
«…A première vue, la cantate BWV 124 semble être
la continuation de la cantate BWV 123 [cantate pour la fête de
l’Épiphanie, 6 janvier 1725, jour précédant
l’exécution de la cantate BWV 124]… même
structure d’ensemble, une fantaisie de choral en guise
d’introduction, un livret en six mouvements, dont la première
et la dernière strophe sont conservées intactes
(mélodie comprise), des mouvements médians anonymement
paraphrasés et des récitatifs d’une
exceptionnelle beauté…»
WHITTAKER :
« …La cantate BWV 124 donne l’impression
d’avoir été composée comme corollaire de
la cantate BWV 123… même type de livret, avec six
mouvements, la première et dernière strophes [du
cantique] dans leur forme originale, les mouvements médians se
correspondant exactement et des récitatifs secco de la même
qualité…»
DISTRIBUTION BWV 124
NEUMANN:
Sopran, Alt, Tenor, Baß. – Chor. Cor (Horn)
seulement dans le cantus firmus des mouvements 1 et 6 ; Oboe
d’amore ; Streicher ; B.c.
SCHMIEDER.
Soli : S, A, T, B. Chor : S, A, T, B. Instrumente : Oboe d‘amore;
Corno; Viol. I, II. Vla.; Continuo
APERÇU BWV
124
1]
CHORALCHORSATZ. BWV 124/1
MEINEN
JESUM
LAß ICH NICHT, / WEIL
ER SICH FÜR [W. Neumann = OP. = „vor
ou „für“]
MICH GEGEBEN. / SO
ERFORDET MEINE PFLICHT,
/ KLETTENWEIS
AN IHM ZU KLEBEN.
/ ER
IST MEINES LEBENS
LICHT,
/ MEINEM
JESUM
LAß ICH NICHT.
Je
ne quitte pas mon Jésus / car il s’est donné pour
moi, / Ainsi il est de mon devoir / de me tenir fermement à
lui comme à un crampon. / Il est la lumière de ma vie,
/ je ne quitte pas mon Jésus.
Première
strophe du cantique (1658) en six strophes de six vers chacune Meinem
Jesum laß ich nicht de
Christian Keymann.
Mélodie d’Andreas Hammerschmidt (1658).
Mi
majeur (E dur), 123 mesures, 3/4
BGA.
XXVI. Pages 63 à 72 | Am
ersten Sonntage nach Epiphanias.
| Oboe d‘amore concertante. | Violino I. | Violino II. | Viola.
| Soprano. / Corno col Soprano. | Alto. | Tenore. | Basso. |
Continuo.
NEUMANN.
Ritournelle instrumentale indépendante avec hautbois d‘amour
concertant et ritournelle encastrée. Ensemble des
instruments.Cantus
firmus
au soprano (+ un cor).
BASSO
[Jean-Sébastien
Bach,
page 273] : «
Morceau sur un tempo de danse, ici un menuet » [?] [pages
376/377] : «…chœur d’introduction
réalisé en style homophone… et avec un départ
instrumental, conçu à la manière d’un
menuet, qui s’insinue ensuite dans toute la page, autonome par
rapport aux parties vocales…»
BOMBA
: Dans le chœur d’ouverture Bach consacre une attention
toute particulière au vers ”Klettenweis
an ihm zu kleben - /
de me tenir fermement à
lui comme à un crampon.”…
Le prélude instrumental fortement pointé par ailleurs,
se consacre ici soudainement en triolets bizarrement aiguillonnants
alors que le mouvement de chœur mené par le cantus
firmus
en soprano fait coller les trois voix inférieures à
l’unisson…»
BOYER
[Les
cantates sacrées de Jean-Sébastien Bach, pages
247/248] : Élaboration chorale sur mélodie (MDC) 072 de
type II.
[Les
mélodies de chorals dans les cantates de J.-S. Bach,
pages 256/257] : «
Mélodie 072 : …élaboration chorale avec
cantus firmus au soprano doublé par le cor, les autres parties
vocales en harmonisations ou en imitations. Cet ensemble vocal est
incrusté de type II dans une ritournelle d’orchestre où
le hautbois joue un rôle concertant important…»
CANTAGREL
[Les cantates de J.-S.
Bach, pages 311 à
314.] : « Dès la ritournelle s’affirme
aux cordes le caractère dansant d’une sorte de menuet
mystique, où les temps bien marqués et souvent
renforcés par des valeurs pointées marquent l’assurance
de la résolution du chrétien. Au-dessus s’épanouissent
les volubiles guirlandes du hautbois d’amour… concertant
avec les cordes. Le cantique est énoncé période
par période par le soprano en cantus
firmus soutenu par le
cor… les autres fois en valeurs brèves… En fin
de période, certaines valeurs sont allongées pour
souligner quelques mots importants, geben,
Pflicht, kleben…
et plus encore le nicht
final…»
FINSCHER :
«…Bach introduit de manière concertante le
hautbois d’amour comme instrument symbolique « positif ».
GARDINER :
«…La fantaisie de choral en mi majeur qui introduit la
cantate est dans le style d’un menuet mais disposée tel
un enchaînement inhabituel de type A’ A’’
A’’’ avec ritornelli d’orchestre, au début,
au milieu et à la fin. Bach confère un rôle
concertant, saillant et hautement virtuose au hautbois d’amour…
figures rapides en doubles croches … les trois voix
inférieures à l’unisson s’accrochent au
« si » sur toute la durée (trois
mesures) du mot « Kleben »…
HOFMANN :
«…Le mouvement initial fait entendre la partie chorale,
simplement écrite, à laquelle s’oppose
l’orchestre avec une écriture concertante à la
thématique indépendante d’où se détache
le hautbois d’amour traité ici en soliste qui reprend
aussitôt le motif de ritournelle avec des figures mélodiques
richement animées. Bach a probablement été
inspiré par l’image poétique du chrétien
attaché à Jésus contenue dans le texte ».
LEMAÎTRE :
«…un rythme de menuet d’où se détache
un hautbois d’amour qui garde son indépendance d’un
bout à l’autre de la page…L’ensemble vocal
tisse un contrepoint léger, presque homophone…»
MACIA
[Tout Bach,
pages 191/192] : «…c’est le hautbois d’amour
qui, avec ses arabesques syncopées et ses ornements, se charge
de la notion d’espérance, tandis que le chœur est
maintenu dans un climat plus placide… cantus
firmus au soprano (+
le cor), les autres voix procédant en imitations avec une
longue tenue sur le mot « Kleben
– attachement ».
SCHWEITZER
[J. S. Bach,
page 359] : «…Le premier chœur de la cantate
BWV 124 doit être chanté avec beaucoup de prudence afin
que ne soit pas couverte la partie de hautbois d’amour
concertant dans lequel Bach a exprimé toute la ferveur qu’il
avait trouvé dans le texte… »
SPITTA
[Johann
Sebastian Bach]
: Dans la cantate Meinen
Jesum lass ich nicht,
la fantaisie chorale est combinée avec un concerto
instrumental ».
[la
partie de hautbois
d‘amour concertant].
Renvoi aux cantates BWV 113 et 111.
WIJNEN :
«…Le chœur d’ouverture est orné d’une
phrase de hautbois d’une grande virtuosité, en
opposition au traitement du choral, tout à fait droit, hormis
un moment lorsque les voix chantent « Kleben »
qui donne lieu, comme on l’imagine, à une note
longuement retenue…»
2]
REZITATIV TENOR BWV. 124/2
SO
LANGE SICH EIN TROPFEN
BLUT
/ IN
HERZ
UND ADERN
REGET, / SOLL
JESUS
NUR ALLEIN / MEIN
LEBEN
UND MEIN ALLES SEIN. / MEIN
JESUS,
DER AN MIR SO GROßE DINGE
TU : / ICH
KANN JA NICHTS ALS MEINEM LEIB
UND LEBEN
/ IHM
ZUM GESCHENKE
GEBEN.
Aussi
longtemps qu’une goutte de sang circule / dans mon cœur
et dans mes veines, / seul Jésus sera / ma vie et tout ce qui
compte pour moi. / Mon Jésus qui fait en moi de grandes
choses : / Je ne puis rien t’offrir d’autre / que
mon corps et ma vie.
La
majeur (A dur) → Ut dièse mineur (cis), 10 mesures, C
BGA.
XXVI. Page 72 | RECITATIV. | Tenore. | Continuo.
NEUMANN.
Récitativ secco.
3]
ARIE TENOR. BWV 124/3
UND
WENN DER HARTE TODESSCHLAG
/ DIE
SINNEN
SCHWÄCHT, DIE GLIEDER
RÜRHET, / WENN DER DEM FLEISCH VERHAßTE TAG
/ NUR
FURCHT
UND SCHRECKEN
MIT SICH FÜHRET, / DOCH
TRÖSTET SICH DIE ZUVERSICHT :
/ ICH
LASSE
MEINEN JESUM
NICHT.
Et
lorsque le coup mortel / affaiblit les sens, touche les membres, /
lorsque le jour odieux à la chair / n’apporte que
crainte et effroi, / le ferme espoir réconforte : / Je ne
quitte pas mon Jésus.
Fa
dièse mineur, 71 mesures, 3/4
BGA.
XXVI. Pages 73 à 77 | ARIE. | Oboe d‘amore. | Violino I.
| Violino II. | Viola. | Tenore. | Continuo.
NEUMANN.
Instruments en forme de trio. Hautbois d‘amour, cordes, B.c.
Ostinato et ritournelle. Partie vocale de forme tripartite A A‘
A‘“.
BASSO
[Jean-Sébastien
Bach,
page 377] : «…un
hautbois d’amour joue un rôle concertant, pour assurer…
une fonction soliste, sur l’accompagnement des cordes,…
suivant la forme A A’ A’’, avec interventions
instrumentales en ouverture, au centre (mesures 27-34) et en
conclusion, toujours d’une longueur de 20 mesures…»
BOMBA :
« l’air n° 3 prépare dès le
prélude le « coup
mortel »
cité dans le texte. Les moyens musicaux employés pour
ce faire sont des accords répétés de cordes
« frappant » ainsi que la conduite souvent
spectaculaire de la basse sur des intervalles de tritons « diabolus
in musica », la première fois dans la deuxième
mesure. La différence du mouvement et d’agitation du
registre chanté forme le contraste entre la crainte et la
terreur ainsi que l’espoir et le réconfort »..
CANTAGREL
[Les cantates de J.-S.
Bach, pages 311 à
314.] : «…sombre fa dièse mineur…air
violent, secoué du tremblement d’effroi que suscite la
crainte de la mort physique, en une figuration rythmique très
éloquente [+ Exemple musical – triples croches, croche]…
Sur ce motif se déploie à nouveau une cantilène
du hautbois d’amour… ligne vocale très vaillante
d’un ténor héroïque, abondant en grands
sauts, en intervalles fracassés… sur des rythmes
vigoureux. Le débit vocal s’apaise sur la fin en souples
vocalises, pour évoquer la confiance dans le réconfort ».
FINSCHER :
«…Bach confie au hautbois d’amour un caractère
concertant avec des images particulièrement vigoureuses et
l’affect lié à l’affirmation « Ich
lasse meinen Jesum nicht »
par une cantilène qui complète la partie vocale et
concerte également avec elle, tandis que les cordes dépeignent
« Furcht und
Schrecken »…»
GARDINER :
«…Ce n’est que dans le mouvement central, un air
pour ténor avec hautbois d’amour et cordes que Bach
ouvre les voix pour un déferlement d’effets dramatiques
à l’image de « la
crainte et l‘épouvante »
accompagnant le « rude
coup mortel » :
une vibrante basse staccato, un battement de quatre notes aux cordes
supérieures, un contour au rythme puissamment pointé
pour la partie vocale et, en guise de contraste appuyé, une
mélodie largement déployée pour le hautbois
d’amour…»
HALBREICH :
«…extraordinaire air de ténor… dépeignant
les affres physiques de la mort avec une violence dans la plus pure
tendance Sturm und Drang avant la lettre ».
HOFMANN :
«…Dans l’air de ténor, dont le texte évoque
la mort à venir, le hautbois d’amour et la voix jouent
un rôle concertant dans un duo expressif, sérieux et
rempli de sonorités évoquant l’affliction dans le
registre aigu. L’air acquiert cependant un aspect fortement
dramatique avec les cordes qui surviennent avec leur répétition
d’une note sur un rythme immuable. Ce motif représente
l’homme tremblant, « Furcht und Schrecken »
devant la « rude atteinte de la mort - harten
Todesschlag ».
LEMAÎTRE :
«…magnifique air… page dramatique engendrée
par le texte… La phrase noueuse de l’instrument à
anche double (le hautbois d’amour), l’ostinato rythmique
haletant des cordes, le staccato du continuo et la tonalité de
fa dièse mineur installent l’angoisse dès le
début » [+ Exemple musical].
MACIA
[Tout Bach,
pages 191/192] : «…le ténor… met
l’accent avant tout sur la rudesse de cette mort qui « viendra
affaiblir les sens et distordre les membres »
d’où la tonalité de fa mineur, les ponctuations
des cordes qui semblent décrire « la crainte et
l’effroi », et les fréquents chromatismes à
la voix. Survolant l’ensemble, le hautbois d’amour
déroule une mélodie ornée qui apporte une note
d’espoir…»
MARCHAND :
Mouvement dont les proportions correspondent exactement au nombre
d’or (division du nombre de mesures par 1,618).
SCHWEITZER
[J. S. Bach, page 359] : « Dans l’émouvante
aria, la peur de la mort est à trois reprises dominée
par les mots « Ich lasse meinem Jesum nicht ».
Les cordes sans arrêt accompagnent le chant poignant des
hautbois comme le « souffle de la mort ». A
chaque fois, elles s’interrompent sur les mots « Ich
lasse meinem Jesum nicht ». Ce mouvement rend
son plein effet quand les cordes donnent une terrifiante expression
avec leurs doubles croches et un accent sur chaque note ».
WIJNEN :
«…aria très marquée rythmiquement aux
cordes, avec une ligne de hautbois d’autant plus cantabile et
lyrique ».
[figuration
sur „Todesschlag“].
4]
REZITATIV BAß. BWV 124/4
DOCH
ACH !
/ WELCH SCHWERES UNGEMACH
/ EMPFINDET
NOCH ALLHIER DIE SEELE ?
/ WIRD
NICHT DIE HART GEKRÄNKE BRUST
/ ZU EINER WÜSTENEI UND MARTERHÖHLE / BEI JESU
SCHMERZLICHSTEM VERLUST ? / ALLEIN MEIN GEIST SIEHT GLÄUBIG
AUF / UND AN DEN ORT, WO GLAUB UND HOFFNUNG PRANGEN, / ALLWO ICH NACH
VOLBRACHTEM LAUF
/ DICH, JESU, EWIG SOLL UMFANGEN.
Mais
hélas ! / quels lourds déboires / l’âme
ressent-elle encore ici-bas ? / Le cœur, profondément
meurtri / ne se transforme-t-il pas en désert et en caverne de
supplice / si je subis la plus cruelle perte de tous, celle de
Jésus ? / Seul mon esprit s’élève
dans la foi / vers le lieu où la foi et l’espoir
trônent, / là où après avoir accompli la
marche / je t’embrasserai éternellement, Jésus.
La
majeur (A) → La majeur (A), 13 mesures, C
BGA.
XXVI. Pages 77/78 | RECITATIV. | Basso. | Continuo.
NEUMANN.
Recitativ secco.
BOMBA :
«…Ce morceau fait ressortir la supériorité
de Bach sous une forme modeste. « Doch
ach ! »
dirige l’attention vers ce qui suit - Bach écrit un
accord de septième aspirant vers les hauteurs, attendant la
résolution. « Welch
schweres Ungemach »,
cri qui par contre se tourmente…»… «Wüstenei
und Marterhöhle »…
ainsi que « Schmerzlichster
Verlust »
s’assombrissent en harmonies mineures et glissent vers un
accord diminué. « Sieht
gläubig auf »
et « Glaub
und Hoffnung prangen »
aspirent au contraire à nouveau vers les hauteurs libérées
alors que le « vollbrachte
Lauf »
astreint les registres vocaux à vraiment se déplacer ».
CANTAGREL
[Les cantates de J.-S.
Bach, pages 311 à
314.] : «…Bach ne résiste pas à
figurer le cours de la vie (Lauf)
par une gamme ascendante de doubles croches qui se déploie sur
une octave ».
GARDINER :
«…Dans le récitatif de basse, Bach énonce
au continuo un enchaînement de sept notes consécutives
de la gamme chromatique pour mettre l’accent sur la question :
« ma
poitrine douloureusement outragée ne va-t-elle pas devenir un
désert ? »
5]
ARIE (DUETT), SOPRAN, ALT. BWV 124/5
ENTZIEHE
DICH EILENDS, MEIN
HERZE, DER WELT,
/ DU
FINDEST UM HIMMEL
DEIN WAHRES VERGNÜGEN.
/ WENN
KÜNFTIG DEIN AUGE
DEN HEILAND
ERBLICKT, / SO WIRD ERST DEIN SEHNENDES HERZE ERQUICK. / SO
WIRD ES IN JESU
ZUFRIENDENGESTELLT.
Soustrais-toi
en hâte, mon cœur, du monde, / tu trouveras le véritable
amour au ciel, / lorsque tu verras le Sauveur, / ton cœur
consumé de désir sera revigoré, / il sera comblé
en Jésus.
Autre
traduction (Nikolaus Harnoncourt / Teldec, volume 31 :
« Hâte-toi, mon cœur, de te soustraire à
ce monde. / C’est au ciel que tu trouveras ta vraie joie. /
Lorsque tes yeux, à l’avenir, contempleront le Sauveur,
/ alors seulement ton cœur dévoré d’ardeur
trouvera le réconfort / et sera comblé en Jésus ».
La
majeur (A), 219 mesures, 3/8
BGA.
XXVI. Pages 78 à 81 | ARIE. Duett. | Soprano. | Alto. |
Continuo.
NEUMANN.
Partie de continuo. Forme de canon.
BASSO
[Jean-Sébastien
Bach,
page 273] : «
Morceau sur un rythme de danse…» [page 377] : « duo
soutenu par le seul continuo et développé en canon…de
caractère dansant ».
BOMBA
: « Dans le
dernier air, c’est semble-t-il le mot « Vergnügen
- bonheur »
qui pousse Bach à composer un rythme en forme de menuet.
« Entziche
dich eilends »
est illustré par les deux registres vocaux en vocalises
ascendantes… La ligne de basse chantée en octaves
tirant toujours vers les hauteurs semble représenter le
mouvement ascendant se détournant et se détachant
d’ici-bas ».
BOYER
[Les
cantates sacrées de Jean-Sébastien Bach, pages
247/248] : Style de canon entre soprano et alto.
CANTAGREL
[Les cantates de J.-S.
Bach, pages 311 à
314.] : «…métrique ternaire au caractère
dansant… enchevêtrement des deux voix en imitations ».
FINSCHER :
«…Le duo seulement accompagné de la basse
continue symbolise d’une part le « Entziehe
dich eilends »
par la conduite dans une large mesure canonique des parties vocales,
d’autre part le « wahre
Vergnügen »
céleste par un type d’écriture dansant et une
périodicité relevant elle aussi de la danse à
laquelle le duo en canon est entièrement relié ».
GARDINER :
«…contraste acéré… duo conçu
telle une gigue avec une joyeuse désinvolture (sauts de
dixième au continuo) célébrant la libération
de toutes les choses d’ici-bas…»
HOFMANN :
«…Bach se sert pour illustrer le texte -un procédé
typiquement baroque- d’un moyen tout à fait profane :
une danse connue. Ainsi le mouvement est construit sur le modèle
d’un passepied, une danse vive à 3/8. Le climat léger
du duo n’est pas ainsi caractérisé par la pensée
du renoncement au monde mais plutôt par la promesse que « c’est
au ciel que tu trouveras la joie ».
LEMAÎTRE :
«…phrase introductive, conclusion et interludes
reviennent à la basse continue sur des périodes de 12 à
16 mesures pendant lesquelles l’organiste ne devait pas manquer
de développer les possibilités concertantes de son
instrument…»
MACIA
[Tout Bach,
pages 191/192] : «…un rythme de Ländler
à 3/8 en la majeur… soutenu seulement par un continuo
frénétique…»
SCHWEITZER
[J. S. Bach,
page 359] : «…le duo final entre soprano et alto
atteint son plein effet quand il est chanté à plusieurs
voix ».
6]
CHORAL. BWV 124/6
JESUM
LAß ICH NICHT VON MIR, / GEH
IHM EWIG AN DER SEITEN ;
/ CHRISTUS
LÄßT MICH FÜR UND FÜR / ZU
DEN [W. Neumann : variante : „dem“]
LEBENSBÄCHLEIN
LEITEN. / SELIG,
DER [W. Neumann : variante : „wer“]
MIT MIR SO SPRICHT : / MEINEM
JESUM
LAß ICH NICHT.
Je
ne laisse pas Jésus me quitter, / je l’accompagnerai
éternellement ; / Jésus-Christ me guide jour après
jour / vers les sources de la vie, / bienheureux celui qui dit comme
moi : Je ne quitte pas mon Jésus.
Sixième
et dernière strophe (de six vers chacune) du cantique (1658)
Meinem Jesum laß ich nicht de
Christian Keymann.
Mi
majeur (E), 13 mesures, C
BGA.
XXVI. Page 82 | CHORAL. | Soprano. / Corno, Oboe d‘amore,
Violino I. col Soprano. | Alto. /Violino II coll‘ Alto. |
Tenore. / Viola col Tenore. | Basso. | Continuo.
NEUMANN.
Simple choral harmonisé.
BOYER
[Les
cantates sacrées de Jean-Sébastien Bach, pages
247/248] : Choral harmonisé sur mélodie (MDC) 072.
[Les
mélodies de chorals dans les cantates de J.-S. Bach,
pages 256/257] : «
Mélodie 072 : …élaboration de la mélodie
par simple harmonisation de type I… les trois vois inférieures
(A, T, B) sont relativement ornées…»
FINSCHER :
«…Le choral final, bien que doté d’une
ornementation relativement riche aux voix intermédiaires,
ramène au ton plus simple qui présidait au caractère,
expressif du premier chœur ».
GARDINER :
«…L’harmonisation du choral de conclusion…
présente au continuo une figure récurrente, sorte de
rotation, pour souligner l’importance des mots « Jesum »,
« Christum »
et « Selig ».
HIRSCH
/ HELMS :: dans l’introduction réservée par
ces deux musicologues à la cantate BWV 154/8, pour le même
premier dimanche après l’Épiphanie, est proposée
une curiosité : dans le texte de cette sixième
strophe du cantique de Keymann, strophe présente également
dans la cantate BWV 124/6, on retrouve avec la première lettre
des quatre premières lignes, les initiales : J (pour
Johann), G (pour Georg), C pour (Churfürst), S ou Z pour
(Sachsen), soit l’anagramme de « Johann Georg
Churfürst Sachsen » [?]
HOFMANN :
«…chœur conclusif caractérisé par le
motif régulier de croches à la basse dont le mouvement
évoque peut-être les mots de « geh ihm evig an
der Seiten - Je marcherai à jamais à ses
côtés ».
LEMAÎTRE :
«…le choral de fin, un peu plus chargé en
broderies que d’habitude, rappelle l’ambiance du chœur
initial ».
WHITTAKER :
«…Une superbe harmonisation « tutti »
de ce choral, avec cor, hautbois d’amour, les violons doublant
la mélodie conclut cette remarquable cantate. Dans la basse
continue [+ Exemple musical] le motif signifiant peut-être
associé aux mots Jesum,
Christus,
Selig,
et en tonalité de la mineur avec le « Jesum »
final ».
BIBLIOGRAPHIE BWV
124
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n° 10 : 371 Vierstimmige
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298,299 et 348).
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SMEND,
Friedrich. Literaturverzeichnis. W. Neumann 66VI]
Kirchen-kantaten
vom I. Sonntag nach Epiphanias bis zum Sonntag Estomihi,
Berlin
1949. Kantaten BWV 3, 66, 66a, 124, 126, 127, 144, 145, 159, 184,
184a
SPITTA,
Philipp : Johann
Sebastian Bach.
Sous-titré : « His
Work and influence on the Music of Germany 1685-1750 »
Novello
& Cy 1889 - Dover 1951-1952. Trois volumes. Volume 3, pages 103
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WHITTAKER,
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Réédition
révisée et augmentée. L’Harmattan 2005
DISCOGRAPHIE BWV 124
BACH
CANTATAS WEBSITE :
Discographie
établie par Aryeh Oron. Elle est ici proposée sous une
forme sensiblement allégée avec, parfois, quelques
précisions relatives aux références et aux
dates. Les numéros 1] et suivants indiquent l’ordre
chronologique des enregistrements.
Neuf
références (janvier 2001 – mai 2011) + trois
mouvements individuels (janvier 3001 – septembre 2010).
Exemples
musicaux (audio) = Aryeh Oron (avril 2003 – janvier 2005).
5]
GARDINER (volume 18). The Monteverdi Choir. The English Baroque
Soloists. Soprano : Claron Mc Faden. Contre-ténor :
Michael
Chance.
Ténor : James Gilchrist. Basse / Peter Harvey. Bach
Cantata Pilgrimage. Hauptkirche St. Jacobi. Hamburg (D). 9 janvier
2000.
Durée 13’19.
CD SDG (Soli Deo Gloria) 174. 2010. Distribution en France, novembre
2010.
Avec
les cantates BWV 154 et 32. Il s’agit de la dernière
livraison des enregistrement des cantates par J. E. Gardiner
*]
GÜNTHER, Hubert. Rheinische Singgemeinschaft. Düsseldorf.
Rheinisches Sinfonie-Orchester. Düsseldorf (D). 1980
Disque
Garnet g=40122. Avec la cantate BWV 53
3]
HARNONCOURT (volume 31). Tölzer Knabenchor. Concentus Musicus
Wien. Soliste du Tölzer Knabenchor : Alan Bergius. Soliste du
Tölzer
Knabenchor : Stefan Rampf. Ténor : Kurt Equiluz. Basse :
Thomas Tomaschke. 28 mai 1980. Durée : 14’04
Disque
Teldec 6 35602-00-501 et 6.35579-00-503 (SKW 31/1-2). Das
Kantatenwerk, volume
31. 1982
CD
Teldec 2292-42615 Z ZK. Das
Kantatenwerk, volume
31. 1989.
CD
(D). Teldec 4509-91761 2. Das
Kantatenwerk - Sacred Cantatas,
Volume 7. Avec les cantates BWV 119 à 137
Reprise
Bach 2000.
Teldec, volume 3. Coffret, 15 CD. Septembre 1999. Cantates BWV 100 à
117. BWV 119 à 140. BWV 143 à 149
Reprise
CD Warner Classics 8573
81171-Intégrale en CD séparés, volume 39. 2007.
Cantates BWV 124 à 127
6]
KOOPMAN (volume 12). Amsterdam Baroque Orchestra & Choir. Soprano
: Lisa Larson. Alto : Annette Markert. Ténor : Christoph
Prégardien.
Basse : Klaus Mertens. Waalse Kerk. Amsterdam (NL). Mars 2000. Durée
: 14’31
CD
Erato 8573 85842-2. Volume 12 . Distribution en France, janvier
2002.
Reprise
sous label Antoine Marchand / Challenge Classics CC 72211. 2006 Avec
les cantates BWV 135 et 121
7]
LEUSINK. Holland Boys Choir/ Netherlands Bach Collegium. [Brilliant
Classics. Durée : 14’39
Bach
Edition, 2000. CD Brilliant Classics. Volume 20 - Cantates, volume
11. 2000
Reprise
Bach Edition. 2006. CD Brilliant Classics IV – 93102 21/97.
Avec les cantates BWV 101, 127, 95 et 124
Cette
réédition 2006 a fait l‘objet en 2010 d‘une
édition „augmentée“ : 157 CD comprenant,
les partitions et 2 DVD proposant
les
Passions
selon saint Jean
et saint
Matthieu.
*4]
OHMURA, Emiko. Bach-Chor Tokyo. Tokyo Cantata Chamber Orchestra.
Chanté en japonais. Tokyo (live) : 13 décembre
1998
CD
Bach-Chor Tokyo BACHCD 15. Avec les cantates BWV 129 et 131
1]
RICHTER. Münchener Bach-Chor. Münchener Bach-Orchester.
Soprano : Lotte Schädle. Alto : Hertha Töpper. Ténor
: Ernst Haeffliger.
Basse
: Thé Adam. Herkules-Saal/. München (D). Mars 1967. Durée
: 14‘39
Disque
Archiv Produktion 2722 005.
Bach Cantatas, volume 1
Advent and Christmas.
Distribution en France, juin
- juillet 1971
Reprise
en coffret (6 disques) Archiv Produktion. 439372-2.
Distribution en France, novembre
1972. Avec les cantates BWV 58, 65 et 13
Reprise
en coffret (5 CD) Archiv Produktion 439372-2. Volume
1
Advent and Christmas.
1994
Reprise
(coffret Karl Richter / intégrale en 26 CD ). Archiv
Produktion. 439372-2. Advent
und Weinachten.
volume I/ 3.1998.
2]
RILLING. Gächinger Kantorei Stuttgart. Bach-Collegium Stuttgart.
Soprano : Arleen Auger. Alto : Helen Watts. Ténor : Aldo
Baldin.
Basse
: Wolfgang Schöne. Gedächtniskirche Stuttgart. Février,
avril 1980. Durée : 14‘08
Disque
(D) Hänssler Verlag. Laudate Die
Bach Kantate
98716. 1981. Avec la cantate BWV 123
CD.
Die
Bach Kantate
(volume 21). Hänssler Classic. Laudate 1989. Avec les cantates
BWV 123 et 154
CD.
Hänssler edition bachakademie
(volume 39). Hänssler-Verlag 92.039. 1999
8]
SUZUKI (volume 32). Bach Collegium Japan. Soprano : Yukari Nonoshita.
Contre-ténor : Robin Blaze. Ténor : Andreas Weller.
Basse
: Peter Kooy. Kobe Shoin Women‘s University Chapel. Japan.
Février 2005. Durée : 13‘05
CD
BIS-SACD-1501. 2006. Distribution en France, octobre 2006. Avec les
cantates BWV 111, 123 et 125
MOUVEMENTS
INDIVIDUELS BWV 124
M-1.
Mvt. 1] Karl Richter. Ansbach Bach Festival Choir & Orchestra.
Début des années 1970.
CD
Baroque Music Club « Soli Deo Gloria, volume 1.
M-2.
Mvt. 6] Nicol
Matt. Nordic Chamber Choir. Soloists of the Freiburger
Barockorchester. Juin
1999. Bach Edition. CD Brilliant Classics
/
Bayer Records volume 17.
Reprise
Bach Edition 2006. CD Brilliant Classics. V- 93102 28/134
M-3.
Mvt. 5] Antony Walker. Orchestra of the Antipodes. 9-13 octobre et
10 décembre 2003. CD ABC Classics 476118-3. 2004
EN CONCERT
KUIJKEN,
Sigiswald. La Petite Bande. Soprano : Sophia Karthäuser.
Alto : Petra Noskaiova. Ténor : Jan Kobow. Basse :
Jan van der Crabben. Église Saint-Roch. Paris (F), le 7
novembre 2002. Avec les cantates BWV 123 et 65

C.
Role. Août 2011
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