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Claude Role. Octobre 2011
Cantate BWV 127
HERR JESU CHRIST, WAHR’ MENSCH UND GOTT
Seigneur Jésus-Christ, homme véritable et Dieu
Dimanche Esto mihi

Leipzig, 11 février 1725
AVERTISSEMENT

Cette notice dédiée à une cantate de Bach tend à rassembler des textes (essentiellement de langue française), des notes et des critiques discographiques parfois peu accessibles (2011). Le but est de donner à lire un ensemble cohérent d’informations et de proposer aux amateurs et mélomanes francophones un panorama « espéré » inédit de cette partie de l’œuvre vocale de Bach. Outre les quelques  interventions « CR » identifiées par des crochets [...] le rédacteur précise qu’il a toujours pris le soin jaloux de signaler sans ambiguïté le nom des auteurs sélectionnés. A cet effet il a indiqué clairement, entre guillemets «…» toutes les citations fragmentaires tirées de leurs travaux. Rendons à César...

ABRÉVIATIONS:
(A) = La majeur → (a moll) = la mineur
(B) = Si bémol majeur
BB / SPK = Bach Bibliothek / Staatsbibliothek Preussicher Kulturbesitz
B.c. = Basse continue ou continuo
BCW = Bach Cantatas Website
BD = Bach-Dokumente (4 volumes, 1975)
BGA = Bach-Gesellschaft Ausgabe = Édition par la Société Bach (Leipzig, 1851-1899). J. S. Bach Werke. Gesamtausgabe (édition d’ensemble) der Bachgesellschaft
BJ = Bach-Jahrbuch
(C) = Ut majeur (c moll) = ut mineur
D = Deutschland
(D) = Ré majeur (d moll) = ré mineur
(E) = Mi (Es) = mi bémol majeur
EKG = Evangelisches Kirchen-Gesangbuch.
(F) = Fa
(G) = Sol majeur (g moll) = sol mineur
GB = Grande-Bretagne = Angleterre
(H) = Si (h moll) = si mineur
NBA = Neue Bach Ausgabe (nouvelle publication de l’œuvre de Bach à partir des années 1954-1955)
NBG = Neue Bach Gesellschatf = Nouvelle société Bach (fondée en 1900)
OP = Original Partitur = Partition originale autographe
Ost. = Original Stimmen – Parties séparées originales
P = Partition = Partitur
PBJ = Petite Bible de Jérusalem
PKB = Preußicher Kulturbesitz, Staatsbibliothek, Berlin
St. = Parties séparées = Stimmen
La première lettre -en gras- d’un mot du texte de la cantate indique la majuscule de la langue allemande. Dans le corps de ce même texte allemand, le mot ou groupe de mots mis en italiques désignent un affect particulier ou un « accident remarquable.


DATATION BWV 127

Leipzig, 11 février 1725. Dimanche « Esto mihi »  ou Quinquagésime ».
DÜRR. Chronologie 1725 : BWV 92 (28 janvier). BWV 125 (2 février). BWV 126 (4 février). *BWV 127 (11 février). BWV 1 (25 mars, cette dernière cantate rompant exceptionnellement le tempus clausum du Carême, jour de la fête de l’Annonciation). BWV 245 (deuxième version de la Passion selon saint Jean, le 30 mars). BWV 249 (Oratorio de Pâques. 1er avril). Et cantate BWV 4 (reprise en ce jour de Pâques).
HERZ : 11 février 1725. Ancienne date 1735-1744 (Spitta).
HIRSCH : Classement CN 115 (Die chronologisch Nummer = numérotation chronologique). 2. Jahrgang – Choral-Kantaten. « Année II. Deuxième cycle des cantates de Leipzig (Jahrgang. II). Période allant du 11 juin 1724 au 27 mai 1725.
NYS, Carl de [Cantates à Saint-Thomas, 1] : «…La cantate BWV 127 est une des dernières compositions de Bach puisque l’ensemble des commentateurs la situe entre 1735 et 1744 » [écrit en 1957, donc avant que les travaux d’Alfred Dürr ne soit vraiment connus en France].
[certains commentateurs, [BCW :Young], ont avancé la date 1735-1744…soit pour une reprise de la cantate ou bien l’ancienne datation des cantates chorales établie par Philipp Spitta].


SOURCES BWV 127

La « database » du « Catalogue Bach de l’Institut de Göttingen » en connexion avec les « Bach Archiv », est un instrument de travail exceptionnel (langue anglaise et allemande) mais d’un usage qui n’est pas toujours aisé pour le lecteur français.
Adresse : http: //www.bach;gwdg.de/bach_engl.html. BWV 127 : Plusieurs copies manuscrites des chorals; environ une dizaine de références.

PARTITION AUTOGRAPHE = ORIGINALPARTITUR
Mus. ms. Bach P 872 T. Preußicher Kulturbesitz, Staatsbibliothek (ex Berlin/West). Anciennement en dépôt à l’Universitätsbibliothek de Tübingen puis Berlin-Dahlem. BB/SPK P 872.
Référence gwdg.de/Bach : DB MUS.ms. Bach P 872. (DB = Staatsbibliothek zu Berlin). J.S. Bach. Première moitié du 18e siècle.

SCHMIEDER. Avec les voix séparées, 30 pages écrites, format in 2° et in 4°.
SPITTA [Johann Sebastian Bach, volume III. Appendix 3, page 285] : «…The « Half Moon Watermark » (filigrane représentant une demie lune) sur la première moitié de la feuille (l’autre demeurant en blanc) est caractéristique d’un grand nombre de cantates de la dernière partie des oeuvres de Bach”. [Suit une série de 31 cantates; dans cette série, la cantate BWV 127 a le numéro 17].


PARTIES SÉPARÉES = ORIGINALSTIMMEN
St Thom L. Thomasschule zZ Bach-Archiv Leipzig.
Référence gwdg.de/Bach : D Leb Thomama 127. J. A. Kuhnau. W. F. Bach. J. S. Bach et deux copistes. Première moitié du 18e siècle.

St 393 M. Staatsbibliothek, Berlin. Anciennement à la Marburg Staatsbibliothek (dépôt de Berlin) puis Berlin-Dahlem.
Référence gwdg.de/Bach : DB MUS.ms.Bach St 393. (DB = Staatsbibliothek zu Berlin). W. F. Bach. J.S. Bach et trois copistes. Première moitié du 18e siècle.

BGA [Alfred Dörffel, Leipzig, septembre 1878]. La partition originale et les parties séparées : la première est la propriété du chanteur Joseph Hauser à Carlsruhe, les secondes sont à la Thomasschule à Leipzig. Quelques parties isolées sont aussi la propriété de Joseph Hauser (violon I, II et continuo). A la fin [de la partition] : « Fine SDG » et au début : « J.J. Doica - Dominica) Esto mihi Herr Jesu Christ wahr Mensch und Gott ». Filigrane à la « demie lune ». Sur la couverture Bach a écrit lui-même le titre : Dominica Esto mihi | Herr Jesu Christ, Wahr Mensch u. Gott | a | 4 Voci. | 1 Tromba | 2 Flauti | 2 Hautbois | 2 Violini | Viola | e Continuo | di J : S : Bach ».
SCHMIEDER : Partiellement autographe. Thomasschule. 17 pages de musique sous couverture. Doubles des Vl. I, II et continuo.
SCHWEITZER [J.- S. Bach | Le musicien-poète - Les nuances, page 271] : «…La partition de la cantate BWV 127… est presque illisible et les parties d’orchestre conséquemment pleines de fautes. On se figure l’effet que devait produire l’œuvre exécutée dans de pareilles conditions ». Renvoi aux cantates BWV 198, 124 et 130.
SUZUKI : « Le matériel de base de cette œuvre se compose de la partition d’orchestre de la main de Bach et de quelques parties conservées à la Bibliothèque nationale à Berlin ainsi que d’importantes sections des parties originales aux Archives Bach à Leipzig… la trompette utilisée dans le quatrième mouvement a probablement été reprisse dans le mouvement final…»

ÉDITIONS
SOCIÉTÉ BACH = BACH-GESELLSCHAFT
BG XXVI (26e année). Pages 135 à 160. Préface d’Alfred Dörffel (1878). Cantates BWV 121 à 130.
[La partition de la BGA est dans l’enregistrement Teldec / Harnoncourt, volume 30].

NOUVELLE ÉDITION BACH = NEUE BACH AUSGABE (NBA)
KANTATEN SERIE I/ BAND 8/1. KANTATEN ZUM SONNTAG ESTO MIHI
Bärenreiter Verlag BA 5078. 1992. Herausgegeben von Wolff, Christoph. 1998. 6 fac-similés.
BWV 127. Pages 107 à 150. Berlin Mus. ms Bach. P 872. [3].
Avec les cantates BWV 22 (deux versions), BWV 23 et 159.
Kritischer Bericht (commentaires). BA 5078 41. Wolff, Christoph. 1998.

AUTRES ÉDITIONS
BÄRENREITER classics. | Bach | Bärenrteiter Urtext.
Sämtliche Kantaten 3. Bärenreiter TP 1283. 2007. Serie I. Band 8. Kantaten für Sonntag « Estomihi » Faksimile : BWV 22, 23, 127 et 159
Herausgegeben : Christoph Wolf.
BWV 127. Pages 105 à 150. Bärenreiter-Verlag. Kassel. 1992
BCW. Partition de la BGA + réduction chant et piano.
BREITKOPF & HÄRTEL. Partition = PB 2977. Réduction chant et piano (Raphael) = EB 7127. Partition du chœur = ChB 2135.
Révision de l’orchestre, chant, orgue et clavecin par Max Seiffert = OB 1221.
2011 : Partition (52 pages) = PB 4627. Réduction chant et piano (32 pages) = EB 7127. Partition du chœur (12 pages) = ChB 4627.
Parties séparées : Orgue, Violons I, II, Viola, Violoncello/Contrebasse, Parties des Vents = OB 4627. =
CARUS. Stuttgarter Ausgaben. Révision de Hans Grischkat. Partition (44 pages) = CV n° 31.127/00. Réduction chant et piano = CV n° 31.127/03. Partition du chœur = CV n° 31.127/05.Harmonie = CV n° 31.127/09. Flûtes à bec (Blockflöte) I, II ; Hautbois I, II = CV n° 31.127/21 à 24. Trompette = CV n° 31.127/31.Violine I, II, Viola, Violoncelle/Contrebasse = CV n° 31.127/11 à 14. Orgue = CV n° 31.127/49.
EULENBURG. Partition de poche (Taschenpartitur).
HÄNSSLER. Partition. Révision de Hans Grischkat. 1965.
KALMUS STUDY SCORES. Partition de poche. Volume XXXVI, n° 840 (avec BWV 127 à 129) 1968. Sans notice.


PÉRICOPE BWV 127

Dimanche « Estomihi » ou Quinquagésime.
Épître : 1 Corinthiens 13, 1 à 13 [PBJ. 1702]. La hiérarchie des charismes. Hymne à la charité.
Évangile : Luc 18, 31 à 43 [PBJ. 1570]. Troisième annonce de la Passion : « Puis prenant avec lui les Douze, il leur dit : Voici que nous montons à Jérusalem…» La montée à Jérusalem.
MISSEL ROMAIN : Pour le dimanche de la Quinquagésime (50 jours avant Pâques), fête de 2e classe dans l’église romaine (violet) : L’économie du salut repose sur l’amour dont Dieu nous a aimés et sur celui qu’en retour nous mettons en œuvre dans notre comportement chrétien. C’est à la veille du Carême comme l’annonce de l’accomplissement du mystère pascale et le fait que Jésus rassemble autour de lui les douze apôtres n’est pas sans évoquer la situation au soir de la Cène. A Leipzig, comme dans l’Église romaine, ce dimanche est appelé « dimanche Esto mihi », rappelle du psaume 31, In Te Domine speravi, au verset 4, lu à l’Introït [PBJ. 827] : « Esto mihi in Deum protectorem, et in locum refugii, ut salvum me facias / Mon Dieu, soyez mon protecteur, mon refuge et mon sauveur. » Dans les psaumes 21, 37, 68 et 87, et plus particulièrement 31, psaume messianique sur la souffrance, l’église primitive a reconnu la voix du Christ. Toutefois il ne semble pas y en avoir d’écho littéral dans le texte de la cantate. Psaume 31 : Confiance en Dieu dans un péril extrême… un malheureux, malade et voué à la mort, en butte à la méchanceté de ses ennemis, expose à Yahvé sa détresse et implore son secours.
C’est aussi le dernier dimanche avant le « tempus closum » du Carême à Leipzig. Le vendredi Saint 15 avril suivant, sera donnée la Passion selon saint Matthieu BWV 244].
EKG. Esto mihi. Egalement le dimanche des Cendres dans le culte réformé.
Introït : Luc 18, 31 [PBJ. 1570] : « Puis, prenant avec lui les Douze, il leur dit : « Voici que nous montons à Jérusalem et que s’accomplira tout ce qui a été écrit par les Prophètes au sujet du Fis de l’homme…»
Psaume 31.
Cantique EKG 252 Laßet uns mit Jesu ziehen Texte de Siegmund von Birten - 1653. Mélodie de Johann Schop: « Sollt ich meinem nicht singen ». 1641.
Épître : I Corinthiens 13, 1 à 13 [PBJ. 1702]. La hiérarchie des charismes. Hymne à la charité.
Évangile : Luc 18, 31 à 43 [PBJ. 1570]. Troisième annonce de la Passion. Renvoi à Matthieu 20, 17 à 19 [PBJ. 1486].
Pour la même occurrence les cantates BWV 23 (7 février 1723), BWV 127 (11 février 1725) et BWV 159 (27 février 1729).
SPITTA [Johann Sebastian Bach, volume 3, pages 101/102] : « La cantate est écrite pour le dimanche de Quinquagésime, qui précède le « temps liturgique » commémorant la Passion. C’est pour cette raison que pendant que le chœur et les instruments interprètent le sujet principal, le choral « Christe, du Lamm Gottes » est introduit progressivement, de façon à ce que cette perspective de la Passion parvienne à l’auditeur ».  


TEXTE BWV 127

Mouvements 2, 3 et 4 : poème d’un auteur inconnu.
Mouvement 1 : Première strophe du cantique (date incertaine : 1550, 1557, 1562) en huit strophes (de six vers chacune) Herr Jesu Christ, wahr’ Mensch und Gott de Paul Eber (élève de Philipp Melanchthon. Novembre 1511 - † Wittenberg, décembre 1569).
Mouvement 5 : Huitième et dernière strophe du cantique de Paul Eber (1562).
La mélodie (Loys Bourgeois ?) est empruntée au psautier de Claude Goudimel (Genève), d’après le psaume 127, le fameux « Nisi Dominus aedificavit Domum » [PBJ. 924].

BASSO [Jean-Sébastien Bach, volume 2, page 383] : «…Le Lied (huit strophes de six vers), que Paul Eber avait écrit à la mort de son fils (1562) et auquel on avait adapté ensuite la mélodie d’un psaume (le psaume 127) du psautier huguenot de Claude Goudimel (1565) est un lamento funèbre, un Sterbelied dans lequel on rappelle le martyre de la Croix ».
BCW : Probablement Christian Friedrich Henrici (Picander).
BRAATZ [BCW, 19-20 novembre 2004 - The Choral Melody and Text « Herr Jesu Christ, wahr’ Mensch und Gott ». Exemples tirés de la partition] : Il a été très difficile pour les étudiants et les commentateurs de Bach d’identifier précisément à quel type de musique Paul Eber recourut pour le texte de son choral, mais il est très probable qu’il utilisa une mélodie à laquelle il était ordinairement associé… habituellement l’hymne de l’église évangélique luthérienne dans l’Allemagne du nord, qui prescrivait la mélodie de Luther : Vater unser im Himmelreich ».
Alberto Basso (1983) déclare que Eber écrivit son texte comme une lamentation funèbre à la mort de son propre fils et utilisa (avec quelques changements) un air de Claude Goudimel datant de 1565. Friedrich Smend (1948) établit que la mélodie provenait du Psautier [huguenot] français, dans le temps où Whittaker (1959) attribuait à Louis Bourgeois [dans le psautier de Genève] la mélodie « On a beau sa maison bastir »… [la question demeure donc, même si Thomas Braatz évoque d’autres hypothèses…]
LYON, James : La mélodie utilisée par Bach est issue du répertoire de Genève (1551) unie au psaume 127.
NYS, Carl de [Cantates à Saint-Thomas, I] : « On ne connaît pas l’auteur du livret ; l’hypothèse la plus vraisemblable suggère Picander. De toute façon le travail du librettiste est ici secondaire, l’essentiel de cette cantate chorale étant le cantique de Paul Eber (1562) dont la première et la huitième strophes sont reprises intégralement (dans le premier chœur et le choral final). Les autres strophes sont paraphrasées ; ce qui n’empêche pas des citations fragmentaires textuelles. Le thème musical qui sert de trame n’est autre que la mélodie du choral Herr Jesu Christ wahr Mensch und Gott ; elle vient du psautier huguenot français. A la révocation de l’Édit de Nantes beaucoup de chrétiens réformés français s’installèrent outre-Rhin ; c’est à eux que cette mélodie huguenote dût d’être connue de l’église protestante d’Allemagne ».


GÉNÉRALITÉS BWV 127

BASSO [Jean-Sébastien Bach, volume 2, page 383] : «…A tous égards, cette superbe cantate doit être considérée, et cela même en dépit de ses dimensions assez réduites, comme conçue dans l’esprit d’une Passion, dans l’intention de retracer plus fidèlement, plus complètement, l’épisode culminant de la vie du Christ… le thème de la mort ici revêtu d’une clarté particulière, précisément parce qu’il est célébré dans la perspective de la passion et de la mort du Christ ».
BOYER [Les cantates sacrées de Jean-Sébastien Bach., pages 250/251] : «…peut-être la cantate pour le dimanche Esto mihi la plus facile d’accès. D’abord en raison du texte du lied, comme toujours édulcoré par rapport aux texte bibliques, ensuite à la madrigalisation de ce texte qui, dans le récit et l’aria de basse [4] avec trompette obligé, débouche sur un caractère dramatique et théâtral plus en situation avec notre vision du monde baroque ».
NYS, Carl de. [Cantates à Saint-Thomas, 1] : «…C’est Paul Hindemith, je crois, qui a fait remarquer dans une étude sur J.-S. Bach que l’on pouvait observer un ralentissement de son génie créateur au cours des quinze dernières années de sa vie. On peut se demander si l’auteur des Passions et de la Messe en si n’avait pas conscience d’en être arrivé à une limite au-delà de laquelle l’homme ne saurait s’aventurer sans risquer la catastrophe – qu’on se souvienne du Chef-d’œuvre inconnu ou de La recherche de l’absolu de Balzac. Il se borne en ces années ultimes à quelques synthèses particulièrement concises et brillantes de toutes ses conquêtes ; ce sont les deux recueils pour orgue, le deuxième Livre du Clavecin Bien Tempéré, et surtout quelques cantates une manière de « somme » dans le domaine de l’art de l’opéra sacré- car en définitive la cantate d’église de Bach n’est rien d’autre que l’adaptation au culte des ressources les plus précieuses de l’opéra et de la musique instrumentale profane ». [2011 : sans commentaire !]
WHITTAKER [volume 2, page 449] : « La cantate est courte, cinq numéros seulement, heureuse réduction des huit strophes du cantique. Les trois principaux mouvements sont d’une très grande qualité, produisant une œuvre du plus haut niveau…»
WOLLNY : La cantate BWV 127 tout à la fois sommet et achèvement du second cycle des cantates-choral ».


DISTRIBUTION BWV 127

NEUMANN. Sopran, Tenor, Baß. – Chor. Hohe Trompete ; Blockflöte I, II, Oboe I, II ; Streicher ; B.c.
SCHMIEDER. Soli : S,T,B. Chor : S, A, T, B. Instrumente : Flauto I, II (Blockflöten), Oboe I, II; Tromba; Viol. I, II; Vla.; Continuo.


APERÇU BWV 127

1] CHORALCHORSATZ. BWV 127/1
HERR JESU CHRIST, WAHR’ MENSCH UND GOTT, / DER DU LITTST MARTER, ANGST UND SPOTT, / FÜR MICH AM KREUZ AUCH ENDLICH STARBST / UND MIR DEINS VATERS HULD ERWARBST, / ICH BITT DURCHS BITTRE LEIDEN DEIN : / DU WOLLST MIR SÜNDER GNÄDIG SEIN.

Seigneur Jésus-Christ, homme véritable et Dieu, / Toi qui, pour moi, as souffert sur la croix / le martyre, l’angoisse, le sarcasme et finalement la mort / et qui a obtenu pour moi la grâce de Ton Père, / je t’implore par tes souffrances amères : / Veuille avoir pitié du pauvre pécheur que je suis.

Texte : première strophe du cantique (1562-1580 ?) Herr Jesu Christ, wahr’ Mensch und Gott. De Paul Eber .
Pour la mélodie voir ci-dessus Thomas Braatz (texte et mélodie).

Fa majeur (F), 80 mesures, C.
BGA. XXVI. Pages 135 à 145 | Am Sonntage Esto mihi. | Dominica Esto mihi. | Flauto I. | Flauto II | Oboe I. | Flauto II. | Violino I | Violino II. | Viola. | Soprano. | Alto. | Tenore. | Basso. | Continuo.
NEUMANN. Parties instrumentales indépendantes (ritournelle et texte encastrés). Cantus firmus au soprano. Mélodie d‘un deuxième choral „Christe, du Lamm Gottes à l‘orchestre. Une troisème citation de choral „Herzlich tut mich verlangen“ dans la partie de basse et à la basse continue. Blockflöte I, II; Oboe I, II; Streicher; B.c.

ANONYME [Revue « Crescendo », n° 69. Février-mars 2004] : «…Le  chœur d’entrée est basé sur deux thèmes qui seront la colonne vertébrale du choral [1 tout entier. Le premier thème est le thème du premier choral vocal joué 12 fois dans l’introduction orchestrale. Le second thème qui lui est parallèle, nous l’appellerons le thème instrumental puisqu’il sera exclusivement joué aux instruments et ne viendra jamais aux voix. Il est fait d’un rythme pointé de caractère processionnel souvent porté par le thème lumineux des flûtes à bec, sans doute en hommage à la majesté du Christ…»
BASSO [Jean-Sébastien Bach, volume 2, page 383/384] : «…Bach… souligne la parenté avec le thème de la passion par le biais d’une tendre et délicate citation du Christe, du Lamm Gottes (l’Agnus Dei allemand), rappelé par les parties instrumentales [à la basse], cependant que, dans le continuo plane l’ombre du Herzlich thut mich verlangen, la mélodie qui dominera la puissante armature de la Matthaüs-Passion [+ Exemple musical, au continuo des mesures 6 à 8 dans le premier mouvement [1]…»
BOMBA : «…Le lied paraît en valeurs longues dans le prélude et dans les intermèdes, tout d’abord interprété par les cordes, puis aussi par le hautbois et la flûte à bec, et relié au matériel thématique de l’autre choral qui servit de modèle à la cantate…»
BOYER [Les cantates sacrées de Jean-Sébastien Bach., pages 250/251] : « Triple élaboration chorale. Élaboration choral MDC 043 de type II b (choral incrusté) ; le cantus firmus est confié à l’une des voix, les trois autres voix en polyphonie, les instruments exécutant des parties indépendantes : « Herr Jesu Christ, wahr ‘Mensch und Gott ». Deuxième MDC 016 de type V (la mélodie de choral est confiée à un ou plusieurs instruments)  : « Christe, du Lamm Gottes ». Troisième MDC 046 de type V : « Herzlich tut mich verlangen » à la basse continue. Ritournelle orchestrale indépendante ».
BOYER [Les mélodies de chorals dans les cantates de J.-S. Bach, pages 105/106] : « La mélodie (MDC 043) est incrustée dans une ritournelle instrumentale avec cantus firmus au soprano tandis que les autres voix exposent de brefs motifs imitatifs ; la ritournelle est confiée aux flûtes à bec et aux hautbois. Simultanément les cordes vont exposer la mélodie MDC 016 (Christe, du Lamm Gottes) et la basse continue va citer la mélodie MDC 046 (Herzlich tut mich verlangen ), ces mélodies qui toutes deux ont fonction d’annoncer le climat de la Passion prochaine. Ce vaste échafaudage musical est de toute beauté mais l’oreille peut difficilement suivre les lignes musicales indépendantes. Ni le rythme pointé de la mélodie des flûtes et des hautbois, ni la pastorale tonalité de fa majeur ne donnent vraiment le sentiment de l’angoisse décrite par la strophe du cantique…Les deux citations de MDC 016 et MDC 046 annoncent la future Semaine Sainte et la Passion du Christ ».
CANTAGREL [Les cantates de J.-S. Bach., pages 412 à 417] : «…Dans la longue sinfonia introductive de ce vaste portique liminaire, les deux hautbois avec les deux flûtes en imitations traitent et ressassent la première période, en diminution, du cantique de Eber, Herr Jesu Christ, wahr’ Mensch und Gott… tandis que les premiers violons en harmonie avec les cordes énoncent en augmentation, en valeurs longues, donc, le choral Christe, du Lamm Gottes…[l’Agnus Dei]. Le dispositif s’inverse ensuite, les cordes et les bois permutant leurs rôles. Cette litanie obsessionnelle de ce que le musicien estime ici essentiel, il l’escorte de rythmes pointés pour accuser le dramatisme de la scène. A ce commentaire théologique purement instrumental, le musicien apporte sa compassion personnelle en citant très discrètement, à la basse (mesures 6 à 8) le profil bien connu du choral O Haupt voll Blut und Wunden… Ce sont ainsi trois chorals de la Passion qui se mêlent, sans qu’en soient exprimées les paroles, mais bien identifiables comme tels. De la sinfonia émergent, largement espacées, les six périodes chantées du choral [de Eber] ; en cantus firmus au soprano, les trois autres voix en fugato toujours sur le motif de la première période en diminution ».
FINSCHER : « Bach accentue le rapport avec la Passion et la résurrection en superposant dans le chœur d’entrée plusieurs symboles musicaux : flûtes à bec en tant qu’instruments exprimant la tristesse, rythmes pointés comme figure de désolation (ou de flagellation), présence permanente du premier verset du cantique et par là des notions clés (Seigneur, homme, Dieu) et - le plus souvent confié aux violons - le choral « Christe, du Lamm Gottes ».
GARDINER : «…bel exemple élégiaque, fantaisie de choral dans laquelle Bach associe l’hymne de Paul Eber de 1562 à une version sans texte de l’Agnus Dei luthérien et, au cas où cela ne suffirait pas, à plusieurs références, dans la partie de basse continue, au choral de la Passion « Herzlich tut mich verlangen ». [Passion selon saint Matthieu].
HOFMANN : «…Le chœur d’ouverture est ici soutenu par un ensemble de cordes et de hautbois, rehaussé par deux flûtes à bec qui confèrent à l’ensemble une sonorité douce et délicate, à l’image de l’annonce méditative de la Passion de Jésus. La structure extérieure de ce mouvement est caractéristique des chœurs introductifs des cantates-choral. Le thème le plus important est exprimé dans l’introduction instrumentale, d’abord par les hautbois, puis par les flûtes à, bec, ensuite au continuo et enfin, par les violons et les altos et provient du début de la mélodie chantée. Les valeurs des notes y sont raccourcies de moitié alors que la mélodie exposée à la croche plutôt qu’à la noire, apparaît dans la partie vocale lorsque le chœur fait son entrée… on entend cette mélodie continuellement, parfois modifiée, dans pratiquement chaque mesure ou, à tout le moins, à chaque seconde mesure, inaudible avec ses répétitions martelées au début…»
MACIA [Tout Bach, pages 194/195] : «…La première strophe du cantique est reprise intégralement comme le veut l’usage dans une cantate-choral, dans le chœur d’entrée en fa majeur, qui décrit Jésus mourant pour nous sauver. Le mouvement est marqué par les phrases agitées des hautbois, par la tristesse des deux flûtes à bec et par la manière dont les cordes introduisent le cantus firmus avant l’entrée du chœur. La mélodie du choral est tenue en valeurs longues par les sopranos doublées par la trompette, puis sans cesse martelée, tant par les autres voix du chœur que par les instruments. Jean-Sébastien Bach innove en faisant citer, à plusieurs reprises par les violons la mélodie de Christe, du Lamm Gottes…» 
MARCHAND : «…Tableau 10, 25, page 329. Etude des proportions. Motet concertant à 4 voix et orchestre avec choral en cantus firmus, 2 flûtes, 2 hautbois, cordes et continuo. Ni Barform, ni da capo. A = 30 mesures ; B = 20 mesures ; C = 30 mesures. Total = 80 mesures que divise le nombre d’or 1, 618 soit approximativement 4ç, 4 (50). Le total de A + B = 50 mesures. Le Total de B + C = 50 mesures. A + B + C = 8 x 10. A + B et B + C = 5 x 10. A et C = 3 x 10. B = 2 x 10. 2, 3, 5 et 8 = termes consécutifs de la série de Fibonacci. [Troublant !]
NYS, Carl de [Cantates à Saint-Thomas, 1,] «…Le premier chœur de cette cantate est remarquable par la richesse des symbolismes spirituels et la qualité de sa construction. De la première à la dernière mesure le premier vers du choral est inlassablement répété (paroles ou motif musical) par les voix et les instruments ; c’est une invocation ininterrompue du Seigneur Jésus-Christ, vrai Dieu et vrai homme, le Seigneur qui monte à Jérusalem pour y être crucifié (car la cantate est destinée primitivement au dimanche Estomihi…) L’idée de la passion de la mort du Christ est exprimée par le choral Christe, Lamm Gottes (paraphrase allemande de l’Agnus Dei), le deuxième cantus firmus que les instruments se renvoient sous toutes les formes possibles. Le premier chœur se transforme ainsi en choral bi-thématique. Mais dès le début nous entendons un troisième thème dans les dessins de la basse ; si son rythme est modifié, la ligne mélodique est bien celle du choral Herzlich tut mich verlangen de Hans Leo Hassler, universellement connu par la Passion selon saint Matthieu, l’admirable cantique publié en 1656 par Paul Gerhardt ».
PIRRO [ L'esthétique de Jean-Sébastien Bach – Les mélodies simultanées, page 142] : «…La même tendance uniquement expressive des voix se reconnaît aux harmonies tristes qu’elles joignent [ici] au mot « Leiden - souffrances ». BG. XXVI, page 142 ».
SCHWEITZER [J.- S. Bach | Le musicien-poète - Les cantates écrites après 1734, page 205] : «…Comme pour la cantate pour le dimanche Esto mihi, BWV 25, Bach fait exécuter par les instruments la mélodie de l’Agnus Dei ».
[J. S. Bach, volume 2, pages 94/95] Le rythme « solennel » [+ Exemple musical de ce rythme] … l’idée de dignité et de solennité. Renvoi aux cantates BWV 4, 182, 91 et 31.
WIJNEN : «…Le chœur d’ouverture semble entièrement envahi de l’idée initiale, le premier verset du choral « Herr Jesu Christ, wahr’ Mensch und Gott » : on la retrouve à chaque instant, souvent flanquée d’un étonnant thème descendant emprunté à la musique du second verset. Les sopranos l’énoncent dans son intégralité, tandis que l’on entend également un autre choral « Christe du Lamm Gottes ». ..le mouvement s’achève sur la dernière ligne mélodique du choral, répétée deux fois ».
WOLLNY : Monumental chœur d’introduction…polyphonie vocale à quatre voix, de style motettique, elle-même insérée dans un mouvement orchestral à grands effectifs…»


2] REZITATIV TENOR. BWV 127/2
WENN ALLES SICH ZUR LETZTEN ZEIT ENTSETZET, / UND WENN EIN KALTER TODESSCHWEIß / DIE SCHON ERSTARRTEN GLIEDER NETZET, / WENN MEINE ZUNGE NICHTS, ALS NUR DURCH SEUFZER SPRICHT / UND DIESES HERZE BRICHT ; / GENUNG, DAß DA DER GLAUBE WEIß, / DJESUS BEI MIR STEHT, / DER MIT GEDULD ZU SEINEM LEIDEN GEHT / UND DIESEN SCHWEREN WEG AUCH MICH GELEITET [W. Neumann : OSt. = „begleitet“] / UND MIR DIE RUHE ZUBEREITET.

Lorsqu’à la dernière heure chacun s’épouvante / et que la sueur glaciale de l’agonie / baigne les membres déjà raidis, / et lorsque ma langue ne parle plus que par soupirs / et que le cœur se brise, / il suffit qu’alors la foi sache / que Jésus est à mes côtés, / Lui qui va avec patience à son martyre, / et qu’il m’accompagne moi aussi sur cette dure voie / tu me prépare le repos.

Compilation à partir des strophes 2 et 3 du cantique de Paul Eber.
Mi bémol majeur (Es) → Fa (F), 14 mesures, C.
BGA. XXVI. Page 146 | RECITATIV. | Tenore. | Continuo.
NEUMANN. Tenor. Récitatif secco.

CANTAGREL [Les cantates de J.-S. Bach., pages 412 à 417] : «…Ce récitatif véhément, labouré de chromatismes, paraît tout droit sorti d’une Passion, dans son expression dramatique. Tout s’apaise naturellement , sur la dernière phrase, avec l’évocation du repos promis au chrétien ».
WIJNEN : «…l’un des plus beaux récitatifs de Bach … comportant une poignante figure mélodique sur « die Ruhe zubereitetprépare le repos ».

3] ARIE SOPRAN. BWV 127/3
DIE SEELE RUHT IN JESU HÄNDEN, / WENN ERDE DIESEN LEIB BEDECKT. | ACH RUFT MICH BALD, IHR STERBEGLOCKEN, / ICH BIN ZUM STERBEN UNERSCHROCKEN, / WEIL MICH MEIN JESUS WIEDER WECKT.

L’âme repose entre les mains de Jésus / lorsque la terre recouvre ce corps. / O glas funèbre, ne tarde pas à sonner pour moi, / impavide je suis prêts à mourir / puisque mon Jésus me réveillera.

Compilation de la  strophe 4 du cantique de Paul Eber.
Ut mineur (c moll), 38 mesures + Da capo jusqu’à « Leib Bedeckt », à la mesures 29, C. Prélude instrumentale mesures 1 à 8
BGA. XXVI. Pages 147 à 153 | ARIE. | Flauto I. | Flauto II. /staccato | Oboe I. | Violino I. | Violino II. | Viola. | Soprano. | Continuo./ staccato | Da Capo.
NEUMANN. Sopran. Forme da capo. Parties de bois en trio. Blockflöte I, II, Oboe I, B.c. Sopran.

ANONYME [Revue « Crescendo », n° 69. Février-mars 2004] : «…Sérénité devant la mort. L’aria débute par une large phrase du hautbois qui invitera le soprano à un superbe dialogue en deux temps. L’aria débute par la grande phrase de hautbois en quatre périodes, accompagnés par les flûtes jouant en tierces staccato, en rythme régulier de croches et la basse continue en pizzicato d’octaves descendants comme les clochettes mortuaires. Un intervalle névralgique donne au solo tout son caractère. Entrée du soprano qui reprend la phrase du hautbois et entre en dialogue avec lui. Si bécarre sur le mot « Ruht  - repos ». Le hautbois enrobe de sa couleur pastorale le soprano chantant la sérénité du repos entre les mains de Jésus, avec un petit interlude. Une petite conclusion instrumentale nous amène à la deuxième partie de l’aria. L’appel du glas. Le début du chant change, se découpe davantage tandis que se poursuit l’accompagnement du hautbois, mais cette fois dans une mélodie continue et de développement libre. Les cordes interviennent comme des cloches, en pizzicati, pour renforcer le glas sur le mot « Sterbeglocken - glas » que les cordes graves matérialise déjà dès le début par des sauts d’octaves en pizzicati. L’ensemble ne dégage plus la même sérénité qu’au début, l’appel du glas prend réalité…» 
BASSO [Jean-Sébastien Bach, volume 2, page 305] : «…le pizzicato des cordes scande le temps ». Renvoi aux cantates BWV 95/5, 73/4 et 8/1.
BOMBA : «…Le hautbois soliste accompagné de cordes pincée et d’accords de flûte heurtés - on entend le glas sonner, même avant qu’il en soit question dans le texte -nous en trouvons un parallèle dans l’Ode funèbre BWV 198- ». 
CANTAGREL [Les cantates de J.-S. Bach., pages 412 à 417] : «…La partie instrumentale de cet air admirable et si émouvant fait entendre une sorte de douce et tendre berceuse funèbre…pizzicato et staccato du chuchotement des deux flûtes… se déploie une mélodie chantournée du premier hautbois dans la tonalité endolorie d’ut mineur… les cordes se taisent, et le soprano entre au cœur de cette berceuse… en reprenant la mélodie du hautbois et dialoguant avec lui. Dans la section médiane (B)… à l’évocation des cloches des trépassés [le glas funèbre du texte], interviennent les deux violons et l’alto pizzicati sur cinq mesures seulement… selon un figuralisme qui se retrouve en quatre autres cantates…»
FINSCHER : «…air dans lequel les accords staccato des flûtes à bec et les figurations de hautbois concertant avec la partie vocale suggèrent d’une manière chaque fois spécifique la transcendance « Die Seele ruht in Jesu Händen », tandis que dans la section médiane le pizzicato des contrebasses traversant l’air de bout en bout se concrétise en tintement du glas (cordes)…»
GARDINER : «…l’imposant « air du sommeil » pour soprano et hautbois obligé…»
HOFMANN : «…la certitude de la foi et l’aspiration à la mort sont reliées entre elles dans l’air de soprano aux mots de « Die Seele ruht in Jesu Händen, wenn Erde diesen Leib bedeckt »… et « Ach, ruft, mich bald, ihr Sterbeglocken ». Pour ce texte, Bach a composé l’un des plus beaux airs et l’un des plus étranges de toutes ses cantates : sur un fond d’accords joués staccato et pizzicato par les flûtes à bec et le continuo, s’élève une cantilène expressive au hautbois qui s’unit à la voix dans un dialogue marqué par une paix et un ravissement surnaturels. Dans la partie centrale de l’aria apparaît soudainement un petit miracle musical : au mot de Sterbeglocken, les cordes apparaissent et font entendre, pizzicato, le glas ». 
LEMAÎTRE : «…aria da capo pour soprano. La voix dialogue avec le hautbois qui expose le matériel thématique alors que les deux flûtes (+ b.c.) assurent le remplissage harmonique. Dans la partie centrale, violons et altos interviennent pour renforcer le glas » (« Sterbeglocken ») que les cordes graves matérialisent depuis le début de l’air par des sauts d’octave joués pizzicato ». 
MACIA [Tout Bach, pages 194/195] : «…magnifique aria pour soprano en ut mineur qui évoque à nouveau la mort… Sur des pizzicati aux violoncelles, les flûtes à bec scandent staccato une cellule de notes, tandis qu’un hautbois extatique dialogue avec la voix dans une atmosphère évoquant la transcendance et le surnaturel. Dans la partie centrale, au moment où le texte affirme : « Ô glas funèbre, ne tarde pas à sonner pour moi », les cordes de l’orchestre interviennent en pizzicati pour symboliser justement le tintement des cloches en effet saisissant ».
NYS, Carl de [Cantates à Saint-Thomas, volume 1] : «…Aria accompagnée par deux flûtes à bec, un hautbois et le continuo. Cette aria est justement célèbre et l’une des plus sublimes que Bach ait écrite. Elle exprime une nostalgie spirituelle intense -le cupio dissolvi de saint Paul- et aussi un avant-goût de « cette paix qui dépasse tout sentiment ». Lorsque, exactement au milieu de l’aria, le soprano chante les mots Ah ruft mich bald ihr Sterbeglocken, les cordes pizzicato évoquent la béatitude en imitant le glas des cloches. Encore qu’il ne puisse s’agir que d’un avant-goût et que l’âme fidèle ne doive pas s’y complaire, la joie de mourir est incoercible parce que « c’est le Christ qui ressuscite l’âme fidèle ». 
PIRRO [L'esthétique de Jean-Sébastien Bach – L’orchestration, pages 202 à 205] : «…les pizzicati de la basse continue…les flûtes vibrent doucement en tierces répétées, tandis qu’oscillent les octaves de la basse jouée pizzicato. Leurs résonances flottent au-dessus des sons graves, comme un brouillard de lumières pâle, et la voix chantée accompagnée du hautbois : « L’âme repose dans les mains de Jésus… Ah ! cloches des trépassés, appelez-moi bientôt…» [+ Exemples musicaux sur les mots Die Seele ruth in Jesu Händen… wenn Erde diesen Leib bedeckt…» et plus loin : « Ach ruft mich bald, ihr Sterbeglocken »]. BG. XXVI, pages 147, 148 et 151. Renvoi aux cantates BWV 8, 30 et 73.  
[L’orchestration, page 208] : « Ce sont aussi les flûtes à bec qui sont employées dans l’air de soprano. Mais le caractère n’en est point funèbre, à proprement parler. Elles ne respirent que le calme, et célèbrent le bonheur de ne plus agir qu’en rêve. Elles chuchotent, pour ne point troubler ce grand sommeil, mais elles ne gémissent pas…» BG. XXVI, page 147.
SCHWEITZER [J.- S. Bach | Le musicien-poète - Le langage musical des cantates, page 205] : «…Comment analyser par des mots la beauté des fantaisies de hautbois que nous rencontrons dans les cantates sur la nostalgie de la mort…tandis que les instruments exécutent le glas funèbre, le hautbois chante une phrase d’un charme exquis qui traduit le texte : « Quand la terre couvrira ce corps, l’âme sera dans les mains de Jésus…Appelez-moi, appelez-moi donc bientôt , cloches de la mort ». Renvoi aux cantates BWV 32 et 82.
WIJNEN : «…quiétude de l’âme entre les mains de Jésus, tandis que les staccatos de flûtes et les pizzicatos des cordes représentent les « Sterbeglockenles cloches funèbres » d’un bout à l’autre…»

[Le glas funèbre où l’heure sonnante de la mort, c’est une constante figurative dans l’œuvre Bach. Voir les cantates BWV 8/2, BWV 30/10, BWV 31/8 BWV 73/4, BWV 95/5, BWV 105/4, BWV 161/4 et BWV 198/4].


4] REZITATIV UND ARIE BAß. BWV 127/4
Récit : WENN EINSTENS DIE POSAUNEN SCHALLEN, / UND WENN DER BAU DER WELT / NEBST DENEN HIMMELSFESTEN / ZERSCHMETTERT WIRD ZERFALLEN, / SO DENKE MEIN, MEIN GOTT, IM BESTEN ; / WENN SICH DEIN KNECHT EINST VORS GERICHTE STELLT, / DA DIE GEDANKEN SICH VERKLAGEN, / SO WOLLEST DU ALLEIN. / O JESU, MEIN FÜRSPRECHER SEIN / UND MEINER SEELE TRÖSTLICH SAGEN : |
Basse : FÜRWAHR, FÜRWAHR, EUCH SAGE ICH : | WENN HIMMEL UND ERDE IM FEUER VERGEHEN, / SO SOLL DOCH EIN GLÄUBIGER EWIG BESTEHEN. | ER WIRD NICHT KOMMEN INS GERICHT / UND DEN TOD EWIG SCHMECKEN NICHT, / NUR HALTE DICH, / MEIN KIND, AN MICH  / ICH BRECHE MIT STARKER, UND HELFENDER HAND / DES TODES GEWALTIG GESCHLOSSENES BAND.
(en gras les paroles conservées du cantique de Eber).

Lorsqu’un jour retentiront les trompettes / et que l’édifice de l’univers / avec les cieux qui le recouvrent / s’écroulera fracassé, / pense alors à moi, mon Dieu, dans les meilleures dispositions ; / Quand ton serviteur comparaîtra devant le tribunal, / que les pensées tout à tour s’accusent et se défendent, / O veuille alors être toi seul, / O Jésus, mon intercesseur / et dire à mon âme pour la réconforter : /
En vérité, en vérité, je vous le dis : / le ciel et la terre passeront / mais celui qui croit existera à jamais. / Il ne passera pas en jugement / et ne goûtera de l’éternité à la mort ; / Tiens-toi seulement / à moi, mon enfant : / D’une main forte et secourable je défais / les liens puissamment serrés de la mort.

NEUMANN : Renvoi à l’Épître aux romains 2, 15 [PBJ. 1672] sur les mots : « Da die Gedanken sich verklagen / que les pensées tout à tour s’accusent et se défendent ». Dans l’épître : à preuve le témoignage de leur conscience, ainsi que les jugements intérieurs de blâme ou d’éloge qu’ils portent les uns sur les autres ».
Matthieu 24, 35 [PBJ. 1494] : « Le ciel et la terre passeront… » . De même, dans la cantate, sur les paroles « Wenn Himmel und Erde… »
Jean 5, 24 [PBJ. 1592] : « En vérité, en vérité, je vous le dis, l’heure vient…»
Jean 8, 52 [PBJ. 1600] : « Si quelqu’un garde ma parole, il ne verra jamais la mort ».
Compilation (?) à partir des strophes 5 et 7 du cantique de Paul Eber.
Ut majeur (C dur), → sol mineur (g moll) → Ut majeur (C dur), 67 mesures, C, 6/8, C et 6/8.

BGA. XXVI. Pages 153 à 159 | RECITATIV UND ARIE. | Tromba. | Violino I. | Violino II. | Viola. | Basso. | Continuo.
NEUMANN. Accompagnato Basse : hohe Trompete ; Streicher ; B .c. Sans ritournelle. Citation de la thématique du choral. Libre da capo.
Mesures 14 à 20 : Basse - aria (a tempo giusto): Fürwahr, fürwahr, euch sage ich“.
Mesures 21 à 31 : 6/8 : Wenn Himmel… jusqu‘à „ewig bestehen“.
Mesures 32 à 43 : battue à C] : Er wird nicht kommen ins gericht…
Mesures 44 à 53 : reprise à 6/8 : Ich breche mit starker, uns helfender Hand…
Mesures 54 à 58 : reprise à C, sur les paroles : Fürwahr, fürwahr, euch sage ich...
Mesures 59 à 67, reprise à 6/8, sur les paroles : Wenn Himmel… jusqu‘à „ewig bestehen...

ANONYME [Revue « Crescendo », n°69. Février-mars 2004] : «…Récitatif et aria. C’est à la basse que J.- S. Bach donnera la partie pour cet épisode dramatique évoquant le jugement dernier. Pour mieux épouser le texte, la basse chantera successivement sous trois types de styles vocaux, récitatif, arioso, aria, conférant à cette quatrième partie de la cantate une forme très rare (un récitatif d’introduction, suivi de l’alternance d’arioso et d’aria à trois reprises). Aux instruments, il ajoute une tromba, c’est à dire une clarine, trompette aiguë qui évoquera tout au long la fanfare du jugement dernier. Nous verrons également revenir dans cette quatrième partie, à de très nombreuses reprises, le thème du premier chœur, l’imploration du pécheur…»
BASSO [Jean-Sébastien Bach, volume 2, page 384] : «…Le quatrième morceau recourt à une forme toute particulière : après un bref récitatif-arioso accompagné par les cordes et par une trompette (mais le texte littéraire parle de trombones [Posaunen], sur un motif obstiné, alternent trois épisodes en récitatif « sec » (a tempo giusto) où sont cités en concomitance la mélodie du choral avec trois vers du Lied original, et trois ritournelles d’une aria à 6/8 au caractère fougueux et impétueux, en net contraste avec la calme démarche des récitatifs traduisant ainsi l’opposition marquée dans le texte entre deux images : celle de la destruction du ciel et de la terre par le feu, et celle de la fermeté du croyant…»
BOMBA : « Bach reproduit l’image du Jugement dernier, les trompettes retentissent, les constructions de l’univers s’écroulent. Ensuite la basse se transforme en « vox Christi » qui se met à prédire l’avenir en arioso « fürwahr, fürwahr » au croyant qui se trouvera devant son juge ».
BOYER [Les mélodies de chorals dans les cantates de J.-S. Bach ,pages 105/106] : « Le récit et l’aria de basse entraînent obligatoirement l’emploi de la trompette et font monter le climat au niveau de l’Apocalypse… par la voix de basse, c’est Dieu qui parle avec effets de rupture et de grandiloquence, mais la fin du récit se fait paisible…»
CANTAGREL [Les cantates de J.-S. Bach., pages 412 à 417] : «…Dans cette évocation du jugement dernier, les mots du livret parlent… de trombones (Posaunen), mot traduit ici par trompette…Morceau étonnant échappant à tout modèle de construction. C’est d’abord un récitatif véhément…ponctué de batteries de cordes avec la trompette… une terrible description du jugement…puis un air, ou plutôt une sorte d’arioso mêlé de phrases de choral, en épisodes alternés… tantôt sur le seul soutien du continuo, tantôt dans le tohu-bohu des traits et des fusées de la trompette et des cordes, pour ce qui est commentaire. Plusieurs citations du poème de Eber traversent donc le livret, entendues sur la mélodie de la première période du choral, en alternance avec les sections de glose, la mesure passant alors du binaire (C) au ternaire 6/8. Une fausse reprise tronquée du début de l’air vire à une conclusion violente ».
FINSCHER : «…peinture du Jugement dernier telle qu’on en rencontre dans l’œuvre de Bach : un accompagnato dans lequel la tromba fait fonction de trompette du Jugement dernier, conduit aux paroles consolatrices de Jésus, qui sont mises en musique dans une succession régulière de récitatif choral (uniquement avec basse continue) et de strophes d’air (avec cordes et tromba…»
GARDINER : «…Bach fait appel à une trompette renforçant le pupitre des cordes au grand complet pour une évocation monumentale et haute en couleur du Jugement dernier, en trois sections alternées : un accompagnato agité d’introduction, dont on ne peut discerner la tonalité principale, un arioso en sol mineur « Fürwahr, fürwahr » citant la mélodie du choral sur laquelle la cantate repose, enfin une section rapide à 6/8 avec cordes tourbillonnantes et fanfares de trompette pour illustrer l’homme arraché aux liens violents de la mort. Théologiquement et musicalement, tout ceci est extrêmement complexe, sophistiqué et innovant… C’est dans la dernière de ces trois sections que Bach cite –ou anticipe – le spectaculaire double chœur « Sind Blitze, sind Donner » de la Passion selon saint Matthieu ».
HOFMANN : «…il s’agit du Jugement dernier et un scénario se déploie, tant au niveau littéraire que musical. La trompette annonce avec un motif souverain alors bien connu, l’arrivée du Seigneur, alors que des tremolos à l’orchestre évoquent l’effondrement de l’univers. Le récitatif introductif débouche directement dans l’aria… Cette partie manifeste également plein de contrastes dramatiques alors qu’alternent des sections proches de l’ariosos avec une déclamation plus calme avec la voix accompagnée que du continuo avec de tumultueuses sections tutti ».  
LEMAÎTRE : « Ce numéro étonne par les contrastes qui l’animent. Sa structure est unique : après un récitatif de type secco accompagné par l’orchestre, se succèdent trois passages en récitatif sur continuo à C dont le second est de type arioso ; leur mélodie se fonde sur la première section du choral. Entre chaque épisode s’intercale un air vigoureux à 6/8 accompagné par l’orchestre. Ces contrastes reflètent le texte qui évoque le Jugement dernier (air) et la quiétude du croyant (récitatif). »
MACIA [Tout Bach, pages 194/195] : «…Le morceau est réellement inhabituel dans le corpus des cantates : la trompette du Jugement dernier – le livret parle des trombones qui retentiront le jour où le monde s’effondrera – fait entendre ses accents serrés et tendus avec le soutien des cordes tumultueuses, tandis que la basse [vocale] alterne récitatif déclamatoire et arioso sur le texte du cantique, reproduisant les paroles consolatrices de Jésus ».
NYS, Carl de [Cantates à Saint-Thomas, volume 1] : «…Le récitatif se soude sans séparation visible à l’aria de basse. Par trois fois on y entend la fin du monde, tellement la description qu’en donnent la voix et les instruments (la trompette, les cordes et le continuo) est précise et impressionnante. Mais toujours le thème du premier vers du choral reparaît, rappelant le Maître du monde qui est aussi l’ami de l’âme, qui tient le monde dans l’existence et qui met l’âme à l’abri. Vers le milieu de l’aria nous rencontrons dans la ligne du chant un thème bien connu, celui du chœur Sind Blitze und Donner in Wolken verschwunden de la Passion selon saint Matthieu. …Malgré le réalisme et la terreur finale quando mundus judicetur, cette cantate monumentale s’achève sur une note de paisible et heureuse confiance, puisque - c’est le texte qui le dit - le Seigneur a brisé les liens de la mort [Renvoi à la cantate BWV 4 ?] d’une main forte et secourable. C’est Lui que nous attendons avec confiance jusqu’à ce que nous puissions reposer dans la béatitude sans fin… L’idée de la résurrection au dernier jour est liée à celle du jugement, évoquée par le récitatif de basse. La trompette soliste y fait éclater ses fanfares par-dessus les coups frappés des cordes, annonçant la fin de ce monde périssable. On ne peut s’empêcher de se rappeler un récitatif analogue dans une des œuvres de jeunesse, la cantate BWV 70. Mais au bout de quelques mesures le thème du choral initial, la mélodie huguenote, reparaît dans la basse ».
PIRRO [L'esthétique de Jean-Sébastien Bach - Formation des motifs, page 49] : « Les thèmes où Bach met successivement en œuvre les principales consonances renfermées dans l’octave accompagnent généralement des textes qui glorifient la toute puissance… dans le motif où le musicien devinait une image de l’immensité, tracée comme en un grand geste circulaire, résonne maintenant une clameur souveraine… Si le Seigneur promet à son fidèle de briser « d’une main forte et secourable, le lien que la mort a noué puissamment », la mélodie resplendit au-dessus des paroles comme une fanfare de triomphe [+ Exemple musical sur les mots « Ich breche mit starker und helfen der Hand…geschlossenes Band ». BG. XXVI, page 157]. Renvoi à la cantate BWV 21/11 et BWV 178/5.
[Le commentaire de l’accompagnement instrumental, page 188] : « Une rumeur de cataclysme éclate, dans la cantate… quand la basse va évoquer la destruction du monde par le feu ». [+ Exemple musical. BG. XXVI, page 155]. Renvoi à la cantate BWV 123/3.
[L’orchestration, page 200] : « Correspondance entre l’orchestration et le texte… dans le récitatif de basse, la trompette se répand en grandes fanfares tragiques, quand le chanteur annonce le moment où les trompettes sonneront et où les puissances du ciel seront ébranlées ». Renvoi à la cantate BWV 20/4.
[Les formes, pages 310/311] : « exemple d’alternance rythmique. Cet air est d’une forme toute particulière. Le retour, à la fin, d’une période qui paraît dès le début, lui donne une certaine fermeté d’architecture. Il semble ainsi plus organisé qu’un arioso, mais, dans le détail, la composition en est fort libre : cette phrase même qui en assure l’unité n’est pas exposée dans le ton où l’air se développe et se conclut. Ces changements de rythme sont d’un grand effet dramatique…BG. XXVI, page 154. 
[Conclusion, page 446] : «… la rudesse des clameurs… si vous cherchez la cause de cette véhémence descriptive, de ce désordre et de cet ouragan d’impressions, prenez, dans les sermons de Martin Luther ; le troisième des quatre sermons sur la deuxième partie du quinzième chapitre de la première épître aux Corinthiens [PBJ. 1706 : où est-elle, ô mort, ta victoire ? et comparez avec les harangues tragiques de Bach…»  
SPITTA [Johann Sebastian Bach, volume 3, pages 97/98] : « Dans la cantate [BWV 127] il y a un solo de basse intitulé par Bach « Rezitativ und Arie ». L’arie, proprement dit, intervient à la mesure 13. Ce titre [« Rezitativ und Arie »] fut probablement choisi à cause du caractère du texte et également à cause d’une phrase musicale allant du début [du mouvement] à la fin, bien qu’elle soit à l’occasion d’une autre tonalité. Dans le texte, exemple très réellement poétique, la sixième et la septième strophes [du cantique] sont paraphrasées, la première, la troisième et quatrième lignes étant empruntées textuellement à la sixième strophe. Les sections mélodiques sont traitées semblablement, à la quatrième ligne [du cantique], la mélodie paraît plus intense (mesures 33 à 37) ; mais pour la première et la troisième lignes, de façon allégée, avec répétition et imitation à la basse continue. Survient l’idée directrice dans ce qui est l’aria, avec des phrases alternées et, de façon plus agitée, avec un 6/8, d’expression libre ».
WIJNEN : «…la voix de basse (vox Christi) accompagnée par les cuivres claironnant et solennels. La ligne de basse continue évoque les éclairs sur des fusées de notes rapides ainsi que dans la Passion selon saint Matthieu – la ligne de chant est d’ailleurs très précisément la même…» 
WOLLNY : « dramatique mise en scène du Jugement dernier. Les trombones évoqués dans le texte chanté à la voix de basse se retrouvent dans la, fanfare d’une trompette venue rejoindre les cordes…»


5] CHORAL. BWV 127/5
ACH HERR, VERGIB ALL UNSER SCHULD, / HILF, DAß WIR WARTEN MIT GEDULD, | BIS UNSER STÜNDLEIN KÖMMT HERBEI, | AUCH UNSER GLAUB STETS WACKER SEI, | DEIN’M WORT ZU TRAUEN FESTIGLICH, / BIS WIR EINSCHLAFEN SELIGLICH.

Ah ! Seigneur, pardonne-nous tous nos péchés, / aide-nous à attendre patiemment / que notre dernière heure arrive, / ainsi qu’à renforcer toujours notre foi, / à croire fermement à ta parole / jusqu’à ce que nous nous endormions dans la béatitude.

Huitième et dernière strophe du cantique Herr Jesu Christ, wahr’ Mensch und Gott de Paul Eber (1562).
Fa majeur (F) → Ut majeur (C), 13 mesures, C.
BGA. XXVI. Page 160 | CHORAL. | Soprano. / Fauto I. II. in 8vo. Oboe I. II., Violino I. col Soprano. | Alto. /Violino II. coll‘ Alto. | Tenore. /Viola col Tenore. | Basso. | Continuo.
NEUMANN. Simple choral harmonisé avec même instrumentation que le premier mouvement.

ANONYME [Revue « Crescendo », n° 69. Février-mars 2004] : «…Chœur final en six phrases (six périodes). Doublures par les instruments. La première phrase reprend le thème du premier choral, comme il était au début, c’est à dire en valeurs longues, au soprano, harmonisé de façon simple, car le chœur doit être repris par l’assemblée [?] Il est légèrement varié aux autres voix. Lors de la quatrième phrase, J.-S. Bach fait chanter aux ténor et basses un petit motif de doubles croches sur le mot « éveillé » (à propos de la foi). Final confiant sur le cinquième degré (do, dominante de la tonalité initiale de fa majeur), dans la félicité. Ainsi se termine la prière du pécheur soutenu par la foi et confiant dans le Seigneur, face à la mort, à l’Apocalypse et au jugement dernier ».
BOMBA : «…Le fait que Bach dans le choral final interprète la « foi éveillée » en une conduite prononcée de voix et traduit le « sommeil dans la félicité » en harmonies élégiaques…»
BOYER [Les cantates sacrées de Jean-Sébastien Bach., pages 250/251] : « Choral harmonisé sur MDC 043 de type I ».
BOYER [Les mélodies de chorals dans les cantates de J.-S. Bach, pages 105/106] : « L’élaboration finale est des plus simple, choral harmonisé en fa majeur avec doublures colla parte  …Cette mélodie issue du Psautier de Genève et accolé à un cantique de Paul Eber (1562) n’a été utilisée qu’une seule fois par Bach…»
CANTAGREL [Les cantates de J.-S. Bach., pages 412 à 417] : «…La dernière strophe du choral de Eber, en une homophonie extrêmement expressive, s’achève sur une ultime période pacifiée, mais dans un climat harmonique étrange… Trompettes, flûtes, hautbois et premier violon renforcent la partie de soprano…»
FINSCHER : «…Le choral conclusif commence dans la simplicité mais débouche sur une interprétation aussi audacieuse que puissamment imagée du dernier verset « bis wir einschlafen seliglich ».
HOFMANN : «…le choral conclusif simplement harmonisé apparaît comme une suite harmonieuse et raffinée qui, aux mots de « bis wir einschlafen seliglich - jusqu’à notre dernier sommeil » prend une allure rêveuse ». 
MACIA [Tout Bach, pages 194/195] : « Le calme revient avec le choral harmonisé en fa majeur, qui prend une dimension rêveuse et allégorique sur le dernier vers : « Jusqu’à ce que nous nous endormions dans la béatitude ».
NYS, Carl de [Cantates à Saint-Thomas, volume 1] : «…Malgré le réalisme et la terreur finale quando mundus judicetur, cette cantate monumentale s’achève sur une note de paisible et heureuse confiance, puisque - c’est le texte qui le dit - le Seigneur a brisé les liens de la mort d’une main forte et secourable. C’est Lui que nous attendons avec confiance jusqu’à ce que nous puissions reposer dans la béatitude sans fin. C’est encore le texte qui le dit, la huitième strophe du cantique de Paul Eber, qui sert de choral et qui achève la partition ».
WHITTAKER : « dans le choral final (strophe 8), hautbois et violons I doublent la mélodie à l’unisson, les flûtes à l’octave… retour dans l’accord final à la tonalité d’ut majeur…»


BIBIOGRAPHIE BWV 127

BACH CANTATAS WEBSITE (BCW) :
AMG (All Music Guide) : Notice par James Leonard..
BRAATZ, Thomas : Commentaire (27 et 28 novembre 2004). Citation de nombreux auteurs, Spitta, Schweitzer, Voigt, Smend, Whittaker,
Dürr, Robertson, Finscher, Chafe et Wolff.
: Mélodie du cantique en collaboration avec Aryeh Oron (janvier 2006).
BROWNE, Francis (mars 2007) : Texte du cantique Christ, wahr Mensch und Gott.
CROUCH, Simon : Notice 1996 & 1998.
EMMANANUEL MUSIC : Notice de Craig Smith.
MINCHAM, Julian: The Cantatas of Johann Sebastian Bach, chapitre 40, 2010.
ORON, Aryeh : Discussion 1] 25 février 2001. 2]. 18 mars 2007. 3] 2 mai 2010.
Mélodie du cantique en collaboration avec Thomas Braatz (janvier 2006). Les trois chorals cités dans [1]
Commentaire.

ANONYME [Revue « Crescendo », n° 69. Février-mars 2004].  
BACH-COMPENDIUM ou Répertoire anlytique et bibliographique des œuvres de Jean-Sébastien Bach. Hans Joachim Schulze et Christoph Wolff = Bach-Compendium : analytisch-Bibliographisches Repertorium der œuvre Johann Sebastian Bach. Editions Peters. Francfort-sur-le Main. 1985. BWV 127 = BC A 49 (volume I, partie 1).
BASSO, Alberto : Jean-Sébastien Bach. Edizioni di Torino 1979. Fayard 1984-1985. Volume 1, pages 34, 157
Volume 2, pages 253, 305, 337, 368, 369, 382 à 384
BOMBA, Andreas : Notice de l’enregistrement Hänssler / Rilling / edition bachakademie, volume 40. 1999
BOYER, Henri : Les cantates sacrées de Jean-Sébastien Bach. L’Harmattan 2002. Pages 54, 68, 72 et 250/251
: Les mélodies de chorals dans les cantates de J.-S. Bach. L’Harmattan 2003.
Pages 54, 58, 72, 104/105, 125/127, 201 à 205 et 381.
BREITKOPF. Recueils :
Breitkopf n° 10 : 371 Vierstimmige Choragesänge. C. Ph. E. Bach – KJ. Ph. Kirnberger (sans date).
MDC 043 « Herr Jesu Christ, wahr’ Mensch und Gott» ». N° 283.
MDC 016 « Christe, du Lamm Gottes ». Pas de choral harmonisé.
MDC 046 : « Herzlich tut mich verlangen ». N° 21
Breitkopf n° 3765 : 389 Choralgesänge für vierstimmigen gemischten Chor (sans date). Classement alphabétique.
MDC 043. “Herr Jesu Christ, wahr’ Mensch und Gott”. N° 147.
MDC 016. « Christe, du Lamm Gottes ». Pas de choral harmonisé.
MDC 046 : « Herzlich tut mich verlangen ». N° 156 (+ 157 à 165).
CANTAGREL, Gilles : Les cantates de J.-S. Bach. Fayard. 2010. Pages 412 à 417
: Le moulin et la rivière. Air et variations sur Bach. Fayard 1998. Page 534/535, 549 et 553
COLLECTIF: Tout Bach. Ouvrage publié sous la direction de Bertrand Dermoncourt. Robert Laffont – Bouquins. Novembre 2009.
Jean-Luc Macia : Cantates d’église. Pages 194/195
CRAIG, Smith : Notice, mars 2003 sur le NET / Emmanuelmusic.org (de Boston) ou par Ach Gott wie manches…→ 41 (4/2005).
Texte allemand et anglais, par Pamela Dellal.
CRESCENDO : (Le bimensuel de la vie musicale) n° 69. Février-mars 2004. Fiche n° 10 (pages 33 à36).  Musique en piste.
DÜRR, Alfred : Die Kantaten von J.-S. Bach. Bärenreiter. Kassel 1974. Tome 1, pages 221 à 223
EKG : Evangelisches Kirchen-Gesangbuch. Verlag Merfburger Berlin. 1951. Ausgabe für die Evangelische Kirche in Berlin-Brandenburg
Dans les références bibliques, apparaît sous l’abréviation »EKG ».
FINSCHER, Ludwig : Notice de l’enregistrement Teldec / Harnoncourt, volume 31. 1982
GARDINER, John Eliot : Notice de son enregistrement, volume19. 2006. Traduction française de Michel Roubinet. 1981.
HERZ, Gerhard: Cantata N° 140. Historical Background. Pages 3 à 50. Norton Critical Scores.
W. W. Norton & Company. Inc. New York 1972. Page 27
HIRSCH, Arthur : Die Zahl im Kantatenwerk Johann Sebastian Bachs. Hänssler HR.24.015. 1986. CN. 115, pages 16, 28, 43, 65 125
HOFMANN, Klaus : Notice de l’enregistrement Suzuki / Bis, volume 34. 2006
LEMAÎTRE, Edmond : La Musique sacrée et chorale profane. L’Âge baroque 1600-1750 ». Fayard 1992
Les Indispensables de la musique 1992. Page 86
LYON, James : Johann Sebastian Bach. Chorals. Sources hymnologiques des mélodies, des textes et des théologies
Beauchesne. Octobre 2005. Pages 56 et 80. Incipit des mélodies, M 84, page 276 = et M 95, page 277
MACIA, Jean-Luc : Critique de la version de Karl Richter. Revue Diapason-Harmonie, février 1993.
MARCHAND, Guy : Bach ou la Passion selon Jean-Sébastien (de Luther au nombre d’or). L‘Harmattan 2003. Page 329.
NEUMANN, Werner : Handbuch der Kantaten Johann Sebastian Bachs, page 29. VEB. Breitkopf & Härtel Musikverlag Leipzig 1971
Pages 146/147
Literaturverzeichnis: 44 (Richter). 55 (Schering). 66VI (Smend).
: Kalendarium zur Lebens-Geschichte Johann Sebastian Bachs. Bach-Archiv, 20 novembre 1970. Page 27
: Sämtliche von J. S. Bach vertonte Texte. VEB Leipzig 1974. Pages 65/66
NYS, Carl de : Cantates à Saint-Thomas (I). Collection « Les Grands Musiciens ». Pierre Horay 1957. Pages 172 à 179
: Jean-Sébastien Bach. Collection « Génies et Réalités ». Hachette 1963. Pages 199 à 203 et 287 (discographie).
PETITE BIBLE DE JÉRUSALEM : Desclée de Brouwer. Editions du Cerf, Paris, 1955. Page 1254
Dans les références bibliques, apparaît sous l’abréviation « PBJ ».
PFENDER, Marcel : Jean-Sébastien Bach / Chantre de Dieu. Editions « Je sers ». Paris.1943. Pages 53/54
PIRRO, André : J.-S. Bach. Alcan, Paris. 5e édition. 1919. Page 179
PIRRO, André : L'esthétique de Jean-Sébastien Bach. Fischbacher 1907. Minkoff Reprint Genève 1973
Pages 49, 117, 142 188, 200, 202, 203 à 205, 228, 310/311, 446 et 453
RICHTER, Bernhard Friedrich : W. Neumann. Literaturverzeichnis 44] Über die Schicksale der der Thomasschule zu Leipzig
angehörenden Kantaten Joh. Seb. Bachs. In BJ 1906, pages 43 à 73
SCHERING, Arnold : W. Neumann. Literaturverzeichnis. 55] Johann Sebastian Bach und das Musikleben Leipzigs im 18. Jahrhundert.
Musigeschichte Leipzigs, Bd. III, Leipzig 1941.
SCHMIEDER, Wolfgang : Thematisch-Systematiches Verzeichnis der Werke Joh. Seb. Bachs (BWV). Breitkopf & Härtel 1950-1973-1998
Édition 1973, pages 170/171
Literatur : Spitta. Schweitzer. Wolfrum II, Philipp (Leipzig 1910. Pirro. Parry. Voigt. Wustmann. Wolff. Terry.
Schering. Neumann. Smend
BJ 1906. 1914. 1929. 1932. 1934. Bachfest 1920.
SCHWEITZER, Albert : J.- S. Bach |Le musicien-poète. Foestich 1967, 8e édition. Édition française de 1905.
Pages 205, 214, 233, 246, 257, 271
J. S. Bach. Édition allemande complète, en deux volumes. 1911
Édition américaine (traduction de E. Neumann). Dover Publications, inc. New York. 1911-1966.
Volume 2, pages 77 (note), 95, 114, 367, 432 et 462 (note).
SMEND, Friedrich : W. Neumann. Literaturverzeichnis. 66VI] Kirchen-kantaten vom I. Sonntag nach Epiphanias bis zum Sonntag
Estomihi. Berlin 1949. Kantaten BWV 3, 66, 66a, 124, 126, 127, 144, 145, 159, 184, 184a
SPITTA, Philipp : Johann Sebastian Bach. Sous-titré : « His Work and influence on the Music of Germany 1685-1750 »
Novello & Cy 1889 - Dover 1951-1952. Volume 3, pages 97/98, 101/102 et 285
SUZUKI, Masaaki : Notice de production du CD BIS-SACD 2007
WHITTAKER, W. Gillies : The Cantatas of Johann Sebastian Bach. Sacred & Secular Oxford U.P. 1959-1985
Tome 1, page 237. Tome 2, pages 278, 301, 302, 447 à 455 et 461
WIJNEN, Dingeman van : Notice (sur CD pages 94/95) de l’enregistrement de Pieter Jan Leusink. 2006
WITOLD, Jean (et Carl de Nys) : Sinfonia sacra I. (avec Carl de Nys). Éditions Pierre Horay. 1957. A propos de l’aria [3].
WOLFF, Christoph : Notice de l’enregistrement de Ton Koopman. Volume 11. 2001
WOLLNY, Peter : Notice de l’enregistrement de Philippe Herreweghe. 2008
WUSTMANN, Rudolf : J.S. Bachs geistliche und weltliche Kantatentexte. Breitkopf & Härtel, 1913-1967. Pages 88/89
ZWANG, Philippe et Gérard : Guide pratique des cantates de Bach. R. Laffont 1982. ZK 113, pages 192
Réédition révisée et augmentée. L’Harmattan 2005


DISCOGRAPHIE BWV 127

BACH CANTATAS WEBSITE : Discographie établie par Aryeh Oron. Elle est ici proposée sous une forme sensiblement allégée avec, parfois, quelques précisions relatives aux références et aux dates. Les numéros 1] et suivants indiquent l’ordre chronologique des enregistrements. Douze références (février 2001 – mai 2011) + quinze mouvements individuels (février 2001 – août 2010).
Exemples musicaux (Audio), Avril 2003 – janvier 2005).

9] BECKER-FOSS, Hans-Christoph. Göttinger Vokalensemble. Hamelner Kammerchor St. Nikolai. Barockorchester der Musikwochen
Weserbergland. Soprano : Cornelia Samuelis. Ténor : Lothar Blum. Basse : Gotthold Schwartz.
St. Marien-Kirche. Hessich-Olsendorf (D). 5 mai 2002. Durée : 19’. Coffret de 2 CD Musikwochen Weserbergland. 2002
7] GARDINER (volume 19) The Monteverdi Choir. The English Baroque Soloists. Soprano : Ruth Holton. Ténor : James Oxley.
Basse : Peter Harvey. Bach Cantata Pilgrimage. King’ College Chapel, Cambridge (GB). 5 mars 2000. Durée : 19’52.
CD SDG “Soli Deo Gloria” 118. 2000-2006. Avec les cantates BWV 23, 22 et 159
[Dans cet enregistrement [1], J. E. Gardiner fait chanter « expérimentalement » les paroles du choral« Christe, du Lamm Gottes » puis,
dans l’Appendix, revient à la version originale, avec la participation des « Choir of Clare College and Choir of Trinity College » de
Cambridge (GB).
2] GÖNNENWEIN. Süddeutscher Madrigalchor Stuttgart.. Orchestre de chambre Südwest Deutscher Kammerorchester. Soprano : Herrad
Wehrung. Ténor : Georg Jelden. Basse : Jakob Stämpfli. Bartholomauskirche. Ludwigsburg (D). Juillet 1961. Durée : 19’10
Disque Cantate « Bach Studio » 651209. 1961. Reprise Disque Cantate SDG 610109 (Soli Deo Gloria). Vers 1975-1980
Reprise disque MHS (USA). Avec la cantate BWV 171
12] HERREWEGHE: Collegium Vocale Gent. Soprano : Dorothee Mields. Ténor : Jan Kobow. Basse : Peter Kooy.
Cologne. Novembre 2007. Durée : 18’45.
CD HM 901998. 2009. Distribution en France, février 2009. Avec les cantates BWV 23, 127 et 159
6] KOOPMAN (volume 11). Amsterdam Baroque Orchestra & Choir. Soprano : Sibylla Rubens. Ténor : Christoph Prégardien.
Basse : Klaus Mertens. Waalse Kerk. Amsterdam (NL). Octobre 1999. Durée : 20’01.
Coffret de 3 CD Erato 8573-80215-2. 2001. Reprise CD Antoine Marchand Challenge Classics CC 722111. 2006
4] LEONHARDT (volume 31). Knabenchor Hannover. Collegium Vocale Leonhardt-Consort. Jeune soliste du Knabenchor Hannover :
Sebastian Hennig. Ténor : Kurt Equiluz. Basse : Max van Egmond. 1982. Durée : 19’22
Coffret de 2 disques Teldec 6.35602-00-501-503 (SKW 31/1-2). Das Kantatenwerk, volume 31. 1972
CD. Teldec 4509-91761 2. Das Kantatenwerk - Sacred Cantatas. Volume 7. Coffret de six CD avec les cantates BWV 119 à 137
CD Teldec 2292-42615-2 ZK. Das Kantatenwerk, volume 31. 1989
Reprise Bach 2000. Teldec, volume 3. Coffret, 15 CD. Septembre 1999. Cantates BWV 100 à 117. BWV 119 à 140. BWV 143 à 149
Reprise Warner Classics 8573 81175-5. Intégrale en CD séparés, volume 39. 2007
8] LEUSINK. Holland Boys Choir/ Netherlands Bach Collegium. Soprano : Ruth Holton. Alto : Sytse Buwalda.
Ténor : Nico van der Meel. Basse : Bas Ramselaar. Juin et juillet 2000. Église Saint-Nicolas d’Elburg (NL). Durée : 18’59
Bach Edition. 2000. CD Brilliant Classics 99379. Volume 20 - Cantates Volume, volume 11.
Reprise Bach Edition. 2006. CD Brilliant Classics IV-93102. 21/97. Avec les cantates BWV 101, 95 et 124
Cette réédition 2006 a fait l‘objet en 2010 d‘une édition „augmentée“ : 157 CD comprenant, les partitions et 2 DVD proposant les
Passions selon saint Jean et saint Matthieu.
5] MAX, Hermann. Rheinische Kantorei. Das Kleine Konzert. Soprano : Martina Lins. Ténor : Markus Brutscher.
Basse : Hans-Georg Wimmer. Kirche Lohmar –Honrath (D). 7 au 10 janvier 1990. Durée : 16’20
Coffret de 2 CD EMI Classics 54244. 1990. Avec des œuvres de Graun, Telemann, Altnikol.
11] MÜNSTER Michael Graf. Kantorei St. Katharinen. Bach Collegium Frankfurt/Wiesbaden. Soprano : Katharina Kutsch.
Ténor : Thilo Busch. Basse : Young-Myoung Kwon : basse. Christophoruskirche Wiesbaden. Durée : 19’53. CD Bachvespern 2005.
Avec les cantates BWV 84, 104 et 172
1] RICHTER. Münchener Bach-Chor. Membres de l’orchestre du Staatsoper. Soprano : Antyonia Fahlberg. Ténor : Peter Pears.
Basse : Kieth Engen. Munich (D). Avril 1958. Durée : 24’02
Reprise en CD Teldec  9031-77 614-2. Das alte Werk. 1993. Avec les cantates BWV 67 et 108.
Reprise sous le même label Teldec „Karl Richter Edition.“ 1993 ?
3] RILLING. Gächinger Kantorei Stuttgart. Bach-Collegium Stuttgart. Soprano : Arleen Auger. Ténor : Lutz-Michael Harder.
Basse : Wolfgang Schöne. Gedärchtniskirche. Stuttgart. Février-avril 1980. Durée : 20’08
Disque (D). Die Bach Kantate. Hänssler Classics Verlag 98719. 1981. Avec la cantate BWV 1
CD. Die Bach Kantate (volume 27). Hänssler Classic. Laudate 98878. Avec les cantates BWV 126, 181
CD. Hänssler edition bachakademie (volume 40). Hänssler-Verlag 92.040. 1999
10] SUZUKI (volume 34). Bach Collegium Japan. Soprano : Carolyn Sampson. Ténor : Gerd Türk. Basse : Peter Kooy.
Kobe Shoin Women‘s University Chapel. Japan. Juin 2005. Durée : 19’21
CD BIS-SACD-1551. 2007. Avec les cantates BWV 1 et 126


MOUVEMENTS INDIVIDUELS BWV 127

M-1. Mvt. 3] Scheide, William H. Bach Aria Group. Disque Vox, vers 1947-1948.
M-2. Mvt. 3] Scheide, William H. Bach Aria Group. Orchestra. RCA Victor.1953-1954.
M-3. Mvt. 1] Richter, Karl. Ansbach Bach Festival Choir & Orchestra. Début des années 1970 et reprise CD Baroque Music Club.
M-4. Mvt. 3] Bach Aria Group « The Art of Robert Bloom, volume 2. Disque octobre 1979 et reprise CD Boston Records (vers 2001).
M-5. Mvt. 3] Transcription pour piano. Bach-Emile Naoumoff. Février 1989. CD Thésis / Saphir. Enregistré à Boulogne-sur-Seine (F).
M-6. Mvt. 3] Transcription (ordinateur et Kathy Geisler, soprano. CD Well Tempered Productions. 1992
M-7. Mvt. 3] Samuel Baron. Bach Aria Group. New York (USA. Live, 25 juin 1994. CD State University New York.
M-8. Mvt. 3] Academia Daniel. Soprano : Barbara Schlick. CD Festival Brezice (Slovénie). 1997.
M-9. Mvt. 3] Soprano : Melanie Cavenaugh (+ hautbois, basson et orgue. Austin (Texas – USA). CD Boston Records. 1997.
M-10. Mvt. 4] Aria pour basse. Eastman Virtuosi. Live, 25 avril 1998. CD Eastman School of Music ?
M-11. Mvt. 3] Ensemble instrumental. Nienke Oostenrijk : soprano. + hautbois.
CD Vanguard Classics / Challenge Classics. Juin et juillet 1998.
M-12. Mvt. 5] Nicol Matt. Nordic Chamber Choir. Soloists of the Freiburger Barockorchester. Juin 1999.
Bach Edition 2000. CD Brilliant Classics /: Bayer Record. Volume 23.
Reprise Bach Edition 2006. CD Brilliant Classics V - 93102 32-138
Le Nordic Chamber Choir est devenu le Chamber Choir of Europe.
M-13. Mvt. 3] Transcription pour piano. Bach-Bauer. Angela Hewitt (piano). Londres, avril 2001. CD Hyperion 67309.
M-14. Mvt. 3] Transcription pour piano. Bach-Rumel. Jonathan Plowright (piano). 7 au 10 juillet 2005. CD Hyperion 67481/1 .
M-15. Mvt. 5] Dale Higbee. Carolina Baroque. Soprano : Teresa Radomski.
Salisbury (North Carolina USA), 7 mai 2010. CD Carolina Baroque131Baroque 131.


C. Role. Septembre 2011

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Last update: October 25, 2011 19:30:00