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Cantata BWV 132
Bereitet die Wege, bereitet die Bahn!
Préparez les chemins, préparez la voie !
Commentary in French

KANTATE ZUM 4. ADVENT
Quatrième dimanche de l’Avent
Weimar, 22 décembre 1715

CONTENU

Avertissement
Datation
Sources
Péricope
Texte
Généralités
Distribution
Aperçu
Bibliographie
Discographie
Annexe BWV 132 - Philipp Spitta

 

AVERTISSEMENT

Cette notice dédiée à une cantate de Bach tend à rassembler des textes (essentiellement de langue française), des notes, voire des critiques discographiques souvent introuvables ou difficilement accessibles aujourd’hui (2010). Le but est de donner à lire un ensemble cohérent d’informations et de proposer aux amateurs et mélomanes francophones un panorama élargi et espéré parfois inédit de cette partie de l’œuvre vocale de Bach. Outre les quelques interventions « CR » identifiées par des parenthèses [...] le rédacteur précise qu’il a toujours pris le soin jaloux de signaler sans ambiguïté le nom des auteurs sélectionnés. A cet effet il a indiqué clairement, entre guillemets «…» toutes les citations fragmentaires tirées de leurs travaux. Rendons à César...

ABRÉVIATIONS:
BB / SPK = Bach Bibliothek / Staatsbibliothek Preussicher Kulturbesitz
B.c. = Basse continue ou continuo
BCW = Bach Cantatas Website
BD = Bach-Dokumente (4 volumes, 1975)
BG = Bach-Gesellschaft = Société Bach (Leipzig, 1851-1899). J. S. Bach Werke. Gesamtausgabe (édition d’ensemble) der Bachgesellschaft
BJ = Bach-Jahrbuch
D = Deutschland
EKG = Evangelisches Kirchen-Gesangbuch.
F = France
NBA = Neue Bach Ausgabe (nouvelle publication de l’œuvre de Bach à partir des années 1954-1955)
NBG = Neue Bach Gesellschatf = Nouvelle société Bach (fondée en 1900)
Ost = Original Stimmen
P = Partition = Partitur
PBJ = Petite Bible de Jérusalem
PKB = Preußicher Kulturbesitz, Staatsbibliothek, Berlin
St. = Parties séparées = Stimmen

La première lettre -en gras- d’un mot du texte de la cantate indique la majuscule de la langue allemande.
Dans le corps du texte allemand de la cantate, le mot ou un groupe de mots mis en italiques désignent un affect particulier ou un « accident remarquable.

 

DATATION BWV 132

Weimar, chapelle du château, le dimanche 22 décembre 1715, quatrième dimanche de l’Avent. La date autographe « 1715 » est porté sur la première page de la partition avec la distribution.
L’auteur, Julian Mincham [in BCW] propose également cette cantate pour la fête de Jean le Baptiste…

BOMBA : «…après Weimar, Bach se rendit à Köthen. Bach maître de chapelle de la cour, n'avait ici, cour réformée de Anhalt, que deux fois par an l'occasion d'exécuter des cantates d'église, à savoir à l'occasion de l'anniversaire du prince, le 10 décembre et à la fête du Nouvel An. Bach avait besoin selon Martin Petzoldt [musicologue] d'un environnement confessionnel ... ce qu'il trouva à l'église luthérienne Agnus [l'église Saint-Agnus, bâtie à partir de 1699]. C'est là [à Köthen] que Bach a probablement exécuté une nouvelle fois certaines de ses cantates de Weimar, parmi lesquelles la cantate de l'Avent, à en croire la partition autographe créée en 1715 ».
DÜRR : «…A l'église, le temps de l'Avent a toujours revêtu un double aspect : de joyeuse préparation au temps de Noël, et de temps de pénitence, conformément aux prédications de Saint-Jean-Baptiste. Aussi, à Leipzig, la "haute" musique d'église demeurait-elle silencieuse du second au quatrième dimanche de l'Avent. Des années leipzigoises de Bach, nous ne possédons aucune Cantate destinée à ces dimanches. A Weimar, par contre, il n'existait aucune limitation de ce genre, grâce à quoi nous possédons la Cantate "Préparez les chemins, préparez la voie" destinée au quatrième dimanche de l'Avent, et que Bach composa un an après la cantate BWV 61. A nouveau, il a indiqué de sa main sur la partition l'année de composition, 1715, car ici encore la Cantate inaugurait une nouvelle année ecclésiastique ».
GARDINER : «… Pour quelle raison Bach n'aurait-il pas repris une page aussi magnifique [BWV 132/1] à Leipzig ? Il semble qu'elle ait été donnée à Zerbst en 1725, de sorte qu'il faut peut-être la compter au nombre des Cantates perdues réutilisées et adaptées pour un autre dimanche » .
[Zerbst est une ville du Land de Saxe-Anhalt, à une trentaine de kilomètres au nord de Köthen. C'est là que vécut et mourut le musicien Johann Friedrich Fasch, qui fut un "thomaner" au temps de Johann Kuhnau, le prédécesseur de Bach à l'église Saint-Thomas. C'est peut-être avec la conjonction éventuelle de ces éléments que Gardiner a pu avancer l'idée d'une autre exécution... tout en ne révélant pas ses sources d'informations]. Opinion partagée par Gilles Cantagrel [Le moulin et la rivière, page 285] : «…Même le matériau de la cantate BWV 132, correspondant à un dimanche sans musique à Leipzig, a pu resservir à d'autres fins, tant y était intense la consommation de musiques dominicales... ». [Ceci fait augurer que l'on est peut-être en présence d'une cantate (perdue) éventuellement remaniée et exécutée à nouveau à Leipzig mais dont on n'a pas conservé la trace].
HIRSCH : Classement CN 26 (Die chronologisch Nummer = chronologie numérique).
Chronologie (Alfred Dürr). 1715 : BWV 165 (16 juin) – BWV 185 (14 juillet) – BWV 161 (6 octobre) - BWV 162 (3 novembre) – BWV 163 (24 novembre) – BWV 132 (22 décembre) – 1716 : BWV155 (19 janvier). Toutes ces cantates ont en commun d’avoir utilisé des poésies de Salomo Franck.
NYS, Carl de [Cantates à Saint-Thomas, I] : «…La partition autographe de cette cantate nous apprend qu’elle fut destinée à l’office en la chapelle du château de Weimar le 22 décembre 1715 ».
WHITTAKER : L'auteur avance l'idée que la cantate BWV 132 fut reprise à Leipzig mais ne peut en préciser la date...

 

SOURCES BWV 132

PARTITION AUTOGRAPHE = ORIGINALPARTITUR
BB Mus. ms. Bach P 60. Berlin. Anciennement en dépôt à Tübingen (Universitätsbibliothek) puis à Berlin-Dahlem (Allemagne de l'Ouest avant 1989).
BG. En tête, reproduction de la page autographe (titre) : « Dominica 4 Adventu Xristi | Concerto | Bereitet die Wege, bereitet die Bahn | à 9 | 1 Hautbois | 2 Violini | 1 Viola | Violoncello. | S.A. T. B. | col | Basso per l’Organo | & | di GS Bach | 1715

BASSO [Jean-Sébastien Bach, volume 1, page 39] : « L’autographe de cette cantate fit partie de l’héritage de Carl Philipp Emanuel Bach dont le catalogue fut publié à Hambourg en 1790, par Gottlieb Friedrich Schniebes sous le titre « Verzeichniss des musikalischen Nachlasses des verstorbenen Cappelmeisters Carl Philipp Emanuel Bach ». La section contenant les œuvres de Jean-Sébastien Bach comprend 86 cantates sacrées et autres pièces vocales et instrumentales ».
HERZ : 1715. Avec filigranes MK et AA.
SCHMIEDER : 6 feuillets dont 11 pages de musique, in 4°, autographe de Bach.
Masaaki Suzuki signale qu'il n'y a pas de basson listé dans l'orchestration mais sur la page de titre de la partie de violon, le mot "fagotte" est écrit...»

PARTIES SÉPARÉES = ORIGINALSTIMMEN
St 5 M. Berlin Deutsche Staatsbibliothek. Anciennement à la Marburg Staatsbibliothek (dépôt) puis Berlin-Dahlem.
SCHMIEDER : Parties séparées dont seule, celle de violon, reprend le titre de la main de Bach.

ÉDITIONS
SOCIÉTÉ BACH = BACH-GESELLSCHAFT (BG)

BG Jg. XXVIII (28e année). Pages 35 à 50. Préface de Wilhelm Rust (décembre 1881). Cantates BWV 131-140 + Anh. 134a.

NOUVELLE ÉDITION BACH = NEUE BACH AUSGABE (NBA). 1954/1955
KANTATEN SERIE I/ BAND 1. ADVENSKANTATEN
Bärenreiter Verlag BA 5002. 1961. 5 fac-similés.
BWV 132. [1]. Pages 101 à 115. Pas de choral final.
BB Mus. ms. Bach P 60 ; Bl. 2r
Avec les cantates BWV 61, 36, 36a, 62 et 70a, 186a et 147a.
Kritische Berichte (commentaires). BA 5002 41. Alfred Dürr et Werner Neumann 1955.
[Dans le coffret Teldec / Telefunken, Leonhardt, volume 33 (de 1984), la partition est celle de la NBA d'après Bärenreiter Verlag Kassel - 1954].

AUTREÉDITIONS
BÄRENREITER Verlag Kassel. Sämtliche Kantaten 1 . TP 1281. 2007.
Herausgegeben (NBA) : Alfred Dürr 1954-1955.
BWV 132. Pages 101 à 115. BAE 1954.
BÄRENREITER. Partition de poche (Taschen Partitur) TP 53.
BCW. Partition BGA + Réduction chant et piano.
BREITKOPF & HÄRTEL. Partition = PB 2982. Orchestre, voix et clavier, copie de Max Seiffert.
2010 : Partition = PB 4632. Réduction chant et clavier, 24 pages (Klavierauszug) = EB 7132.
Partition du chœur (Chorstimmen), 2 pages = ChB 4632.
KALMUS STUDY SCORES. N° 841. Volume XXXVII. New York 1968. Cantates BWV130 à 133.

 

PÉRICOPE BWV 132

Quatrième dimanche de l’Avent.

Épître : Philippiens 4, 4 à 7 [PBJ. 1736]. Réjouissez-vous toujours dans le Seigneur ».
Évangile : Jean 1, 19 à 28 [PBJ. 1584 et 1585]. Témoignage de Jean-Baptiste : «…une voix qui crie dans le désert : aplanissez le chemin du Seigneur...comme a dit le prophète Isaïe »
Même occurrence avec la cantate BWV 147a (musique perdue.) Selon Werner Neumann, c’est la forme primitive et partielle de la cantate BWV 147. Elle fut peut-être exécutée à Weimar le 20 décembre 1716 pour ce même 4e dimanche de l’Avent .

MISSEL ROMAIN : Éditions Brepols. 1958. Quatrième dimanche de l'Avent.
Autrefois, le IVe en dimanche de l'Avent ne comportait pas de messe, parce que l'office du samedi des Quatre Temps et les ordinations se célébraient dans la nuit du samedi au dimanche. C'est pourquoi les pièces composant la messe actuelle ont été pour la plupart empruntées à diverses autres messes.
Introït. : « Rorate caeli, desuper et nubes pluant justum : aperiatur terra, et geminet Salvatorem ». - Cieux, répandez votre rosée, et que les nuées fassent descendre le Juste; que la terre s'ouvre et produise le Sauveur ».
Épître de saint Paul aux corinthiens [PBJ. 1692] : « Que les hommes nous regardent comme les serviteurs du Christ ».
Graduel : psaume 144, 18 et 21 [PBJ. 937] : « Le Seigneur est proche de tous ceux qui l'invoquent en vérité ».
Evangile selon saint Luc 3, 1 à 6 [PBJ. 1538]. Prédiction de Jean-Baptiste : «…ainsi qu'il est écrit au livre des oracles du prophète Isaïe : "Une voix crie dans le désert : préparez le chemin du Seigneur ».

EKG : Evangelisches Kirchen-Gesangbuch. 4. Advent.
Entrée : Luc 1, 46 et 47 [PBJ. 1535]. Le Magnificat.
Psaume 19 [PBJ. 817]. Cantique (Lied) : EKG 7 : «…Nun jauchzet, all ihr Frommen ».
Épître : Philippiens 4, 4 à 7 [PBJ. 1736].
Évangile : Jean 1, 19 à 28 [PBJ. 1584 et 1585]. Témoignage de Jean-Baptiste.
Renvoi à EKG 46/5 : Herr Christ, der einig Gotts Sohn. Mélodie du 15e siècle - Geistlich Erfurt 1524 - Elisabeth Kreuziger 1524.
[Comme la cantate BWV 54 et exceptionnellement, la cantate BWV 132 n'a pas, semble-t-il, bénéficié à Leipzig d'une nouvelle exécution car dans cette cité, du 2e au 4e dimanche de l'Avent, il n'y a pas de musique figurée; c'est un temps de pénitence...]

 

TEXTE BWV 132

L'auteur est Salomon Franck. Le livret provient d’un recueil intitulé « Evangelisches Andachts Opfer », publié à Weimar en 1715 que Bach a vraisemblablement connu en « primeur ».
NEUMANN [Sämtliche von Johann Sebastian Bach vertonte Texte, pages]. Page 274. Fac-similé de la page de titre de l’édition du recueil « Evangelisches Andachts Opffer... Anordung in geistlichen Cantaten, welche auf die ordentliche Sonn und Fest=TageA (anno). 1715...von Salomon Francken ». On y trouve le texte des cantates BWV 132, 152, 155, 72, 80a, 31, 165, 185, 168, 164, 161, 162 et 163.

1] Salomon Franck. Paraphrase de l‘évangile avec l‘annonce de la venue du Christ par le prophète Jean-Baptiste, venue toute proche puique la cantate est donnée à la chapelle princière de la Cour de Weimar, le 22 décembre, trois jour avant Noël, fête pour laquelle n‘est pas connue pour 1715 l‘œuvre qui fut vraisemblablement exécutée…
Renvoi à Isaïe 40, 3 et 4 [PBJ 1148].
2 à 5] Salomon Franck. Dans [5], le texte fait clairement allusion au Livre de l'Apocalypse 7, 13... le sang de l'Agneau. l'Apocalypse 7, 13" [PBJ. 1805].
6] Mélodie et texte de la 5e strophe du cantique (cinq strophes de sept vers chacune) publié à Wittenberg en 1524, Herr Christ, der einig Gotts Sohn dont l’auteur est Elisabeth Kreuziger (vers 1504- † mai 1535). Née von Meseritz, elle se marie en 1524 avec un proche de Martin Luther, Caspar Cruciger.

BASSO [Jean-Sébastien Bach, volume 1, pages 444 et 445] : «…la dernière des cantates de 1715... suit le schéma "Frankien" : Aria-récitatif-aria-récitatif-aria-choral, adopté dans les cantates BWV 165, 185, 161 et 162 ».
BOMBA : «…la possibilité de travailler à Weimar en coopération avec le poète de cour, Salomon Franck, stimula Bach dans son travail; en tout cas les textes de la plupart des cantates de Weimar sont issus de la plume de ce librettiste ».
BOYER [Les mélodies de chorals dans les cantates de J.-S. Bach, page 182 à 184] : Erfurter Enchiridion (1524).
BRAATZ, ARON [BCW] : «…la mélodie tire son existence d‘un chant profane Mein Freud möcht sich wohl mehren, faisant partie de la collection de Wolflin Lochamer, dans un recueil publié à Nuremberg vers 1455. Cette mélodie modifiée par Elisabeth Kreuziger apparut pour la première fois dans un recueil de chants sacrés intitulé Geystlich Gesangk Buchleyn, édité par Johann Walter à Wittenberg en 1524… Une version de cette mélodie figurant dans l‘Hymnal de Gotha, daté de 1715 précisément a pu être connu de Bach. ». La mélodie, sans le texte se retrouve dans le n° 3 de l’Orgelbüchlein, BWV 601/3 ainsi que dans le choral BWV 698. D’autres compositeurs l’ont aussi utilisée : Hans Leo Hassler, Johann Hermann Schein, Dietrich Buxtehude (BUXWV 191 et 192), Johann Pachelbel… Georg Philipp dans sa cantate du même nom TWV 1:733, etc…»
[Le choral conclusif est manquant dans la partition autographe. Cependant, il est bien prévu par Salomon Franck dans son recueil de poèmes édité en 1715].
BROWN [BCW juillet 2007] : «…Ce cantique paraît en partie basé sur le texte d’un hymne latin pour la fête de Noël Corde natus ex parentis du compositeur né en Espagne à la fin du XIIIe siècle Aurelius Prudentius : « Né du sein de son Père avant le début du monde, il est appelé l’alpha et l’oméga, lui-même source de toute chose, qui est, a été ou sera ».
[Utilisation du texte de ce choral : Les strophes 1 à 5 sont toutes reprises ou paraphrasées dans la cantate BWV 96 qui porte le nom de ce cantique. De plus, le texte de la cinquième et dernière strophe se retrouve dans les cantates BWV 22/5 et BWV 164/6. Cette strophe dans la cantate BWV 132/6 n’est donc qu’un emprunt éventuel].
CHAILLEY : Chorals n° 78 à 82 et renvois aux pièces d'orgue BWV 601 (Orgelbüchlein n° 3) et BWV, 698 (Kirnberger). Voir aussi BWV Anh 55, 75 et 77 à l'authenticité douteuse.
DÜRR : «…les textes de Franck sont d'une inspiration chaude et passionnée, que Bach a su traduire dans sa musique ».
NYS, Carl de [Cantates à Saint-Thomas I] : « …Comme il convient, la musique est déjà presque une musique de Noël ; le texte du livret de Salomon Franck ne fait que répéter d’un bout à l’autre : « Préparez les voies du Seigneur car il est proche » ; on est à trois jours de la fête de la Nativité. Il faut souligner que les textes de Franck n’utilisent jamais l’Écriture, ni sous forme de citation, ni sous celle de la paraphrase ; c’est ce qui donne aux cantates composées par Bach un accent qui relève davantage de la dévotion privée que du culte public. Par la suite le cantor s’éloignera de plus en plus de cette conception et il n’y a pas trace qu’il ait donné cette cantate pendant les vingt-sept ans de ses fonctions à Saint-Thomas ».

 

GÉNÉRALITÉS BWV 132

GARDINER : «…œuvre intimiste...»
GEIRINGER [Bach et sa famille, page 174] : «…[à partir de 1714], Bach lors de sa nomination en tant que maître de concert (2 mars), ses nouvelles fonctions à la chapelle princière de Weimar l'obligèrent à composer et à faire exécuter une cantate chaque mois; au jeune Drese [Johann Wilhelm Drese, fils de l'ancien titulaire de l'orgue, prédécesseur de Bach] était laissé le soin de fournir à la cour de la musique profane nouvelle...Dès lors, Jean-Sébastien eut l'occasion de travailler à la fois avec des chanteurs et des instrumentistes... Les répétitions comme lconcerts avaient lieu dans la chapelle de la cour, un monument baroque du pire goût [?] , qui portait néanmoins un nom approprié à la musique qu'on y faisait : La Cité céleste. (note 3) : A l'origine on l'appelait "le chemin de la Cité céleste" à cause d'une petite pyramide qui s'élevait de l'autel jusqu'au plafond, portant des petits anges vers le ciel ...»
Renvoi note 2 au bas de la même âge : La chapelle fut détruite par le feu en 1774 ainsi que le château, les nouveaux bâtiments furent construits sur des plans proposés par Goethe...»
NYS, Carl de (Cantates à Saint-Thomas, I] : «…Avec des moyens fort restreints [Bach] crée une atmosphère très précise, d’une grande fraîcheur de sentiment ».
[Notice du volume 9 de l'enregistrement Erato / Helmuth Rilling] : «…Sur la minuscule tribune du château de la chapelle de Weimar, on ne pouvait placer avec un minimum de confort qu'un petit nombre d'interprètes; c'est ce qui explique que la presque totalité des cantates destinées au culte par Bach dans ce temple offre de savoureuses combinaisons de timbres : le raffinement des détails remplaçant de toute évidence le déploiement des grandes fresques sonores. C'est ainsi que la cantate BWV 132 ne comporte pas de chœur... Bach faisait tout simplement chanter le cantique par l'assemblée en l'accompagnant à l'orgue ».

 

DISTRIBUTION BWV 132

Le titre « Concerto à 9 » indique l’effectif requis mais, jamais n’apparaît dans cette cantate un effectif de 9 voix. Chaque partie vocale revient à un solo.

NEUMANN. Sopran, Alt, Tenor, Baß. – Chor : Schlußchoral) Oboe ; Streicher ; B.c.
SCHMIEDER. Soli : S, A, T, B. Instrumente : Oboe; Fagotto; Viol. I, II; Vla.; Vcl.; Cont.

DÜRR : «…La composition de Bach fait appel à la formation de chambre qu'il affectionnait en 1715 ».
GARDINER : «…L'accord de l'orgue de la chapelle ducale [de Weimar] relevait du Chorton aigu... la partition autographe montre une partie de hautbois notée en double clef, clef de soprano (ut première ligne) et clef de sol... »
[Y aurait-il eu une seconde exécution inconnue ? Ci-après, Masaaki Suzuki a noté l'absence de la ligne du basson (Fagotte) bien que signalé dans la distribution mais absent sur l'autographe]. Dans sa notice, John Eliot Gardiner a évoqué la possibilité d'une autre exécution que celle de Weimar...
MACIA : « Il s’agit d’une œuvre proche de la musique de chambre, puisque seul un hautbois s’ajoute aux cordes et qu’il n’y a pas de chœur d’entrée… Le livret original de Franck prévoit un chœur de conclusion, mais celui de Bach a été perdu [?] parce que sans doute rédigé sur des feuillets séparés…»
SUZUKI : «...Il n'y a pas de basson de listé dans l'orchestration... mais sur la page de titre de la partrie de violon le mot "fagotte" est écrit. L'examen du premier mouvemment de l'autographe révèle que -tandis qu'il n'y a pas de ligne pour le basson- il y a une partie extra en petites notes au-dessus des notes du continuo de la partition. On croit que cela devait être la partie de basson…»
WOLFF : «...Bien que son titre "Concerto..; à 9" indique l'effectif requis, jamais n'apparaît un ensemble à neuf voix…»

 

APERÇU BWV 132

1] ARIE SOPRAN. BWV 132/1

BEREITET DIE WEGE ; BEREITET DIE BAHN ! // BEREITET DIE WEGE / UND MACHET DIE STEGE / IM GLAUBEN UND LEBEN / DEM HÖCHSTEN GANZ EBEN ; / MESSIAS KÖMMT AN !
Préparez les chemins, préparez la voie ! / Préparez les chemins / et aplanissez les sentiers / de la foi et de la vie / pour le Très-Haut ; / Que vienne le Messie !
Paraphrase d'Isaïe 40, 3 et 4 [PBJ 1148] : « Une voix crie ; Préparez dans le désert une route pour Yahvé. Tracez droit dans la steppe un chemin pour notre Dieu. Que toute vallée soit comblée... ».

La majeur (A), 95 – 160 mesures avec le da capo, 6/8
BG XXVIII. « Am wirten Advent | Bereitet die Wege, bereitet die Bahn | Dichtung von Salomo Franck | componirt 1715 »
Pages 35 à 41. ARIA. | Concerto. Dom. Adventus Xsti | 1 Hautb. 2 Violini. Viola. 4 Voci.
Le nom des instruments n’est pas inscrit en tête de chaque portée. Ici, le soprano et le continuo (orgue et violoncelle).
NEUMANN. Arie, forme da capo avec parties d’orchestre indépendantes et l’ensemble des instruments.

CANTAGREL [Les cantates de Jean-Sébastien Bach, pages 127/128] : « La ritournelle [mesures 1 à 18] s’élance sur un mètre [6/8] de joyeuse marche, riche en valeurs pointées, en motifs ascendants…la partie de hautbois abonde en traits virtuoses et en trilles, ce que reproduit la partie de soprano… le mot « bereitet » n’est pas entendu moins de 24 fois (avec le da capo [symbolisme ?] sur un motif autoritaire émis d’entrée de jeu par le hautbois et maintes fois répliqué par le hautbois ou le violon, en imitation.
DÜRR : «…Ses rythmes animés et ailés prêtent une grâce particulière à l'air initial... les parties solistes du hautbois, ses traits et ses trilles, laissent percevoir la proximité du concerto instrumental et les amples vocalises du soprano contribuent à donner au morceau une allure virtuose. Dans la partie centrale seulement, où deux nouveaux contrepoints se joignent au motif de tête sans subir d'altération, cette pièce acquiert passagèrement un caractère plus sévère, abandonné bien vite avec les joyeux appels sur "Messias kommt an !"
GARDINER : «…Le soprano de Bach doit s'acquitter de vocalises comptant dans un premier temps de pas moins de soixante doubles croches coulées dans un même souffle puis quatre-vingt quatre, avec chaque fois pour finir, une note tenue sur cinq temps...»
HIRSCH [Die Zahl im Kantatenwerk Johann Sebastian Bachs] : Mélisme de sept mesures [symbolisme du chiffre "sacré"] de 84 notes (mesures 34 à 43) sur le mot "Bahn". Les mots "Bereitet die Wege" - "bereitet die Bahn" sont chantés à douze reprises, avec le da capo.
KUIJKEN : «…A trois reprises au cours du morceau, le soprano s'écrit, seul, tel un précurseur à l'âme ardente "Le Messie arrive ! [symbolisme trinitaire ? Ici Jean le Baptiste ?] ».
LEMAITRE : «…la partie A insiste sur le mot Bahn en l'affectant d'extraordinaires vocalises symbolisant le cheminement, les détours, etc.
MACIA : « C’est donc une grande aria qui ouvre la partition, avec un magnifique déploiement des cordes et les phrases sautillantes du hautbois… dans la partie centrale du da capo, la formule « Messias kömmt an ! » est mise en valeur par la ligne de chant dans un instant d’allégresse ».
NYS, Carl de (Cantates à Saint-Thomas, volume 1] : «…Un rythme de marche qui convient bien au texte, mais de marche joyeuse en motifs ascendants, marque la première aria dans laquelle le soprano-solo est accompagnée par tous les instruments, le hautbois montant souvent dans son registre le plus aigu où il se maintient par des tenues et des trilles. Le mot « Bahn » est exprimé par de grandes figurations qui symbolisent les détours et obstacles qu’il faut faire disparaître afin de préparer les chemins du Seigneur selon l’injonction du prophète. Tout s’enchevêtre dans un contrepoint savant sans jamais être touffu jusqu’à l’exclamation jubilante de la voix « Messias kommt », seul endroit de cette aria où l’on entend brusquement la voix à découvert ».
[Notice du volume 9 de l'enregistrement Erato /Helmuth Rilling] : «…Un rythme de marche joyeuse avec des motifs ascendants -le rythme croche pointée-double croche qui saluait l'arrivée du Roi à la cour de France ! ».
PIRRO [J.-S. Bach, page 105] : «..."préparez les chemins" dit le soprano dans un air auquel le hautbois prélude par une cantilène claire, d'un rythme souple et balancé. Il y a comme une promesse de joie pure et de quiétude en ces motifs consonnants, qui, dans le chant du soprano et dans l'accompagnement d'orchestre, se prolongent en gammes fluides, qui semblent se dérouler sur une surface aplanie ».
PIRRO [L'esthétique de Jean-Sébastien Bach, Formation des motifs, page 47] : «…Dans la cantate [BWV 132] c'est un motif de longues séries diatoniques que Bach développe sur le mot "Bahn - voie"... Pour représenter une marche aisée et directe, et pour figurer le chemin aplani, Bach a recours, comme on le voit à des images de même structure, où agissent les propriétés signifiantes des progressions mélodiques uniformes, faciles et certaines ». [+ Exemple musicasur les mots "Bereitet die Wege..." BG. XXVIII, page 36]. Renvoi à la cantate BWV 152/2.
SCHUHMACHER : «…les cris d'allégresse "Messias kömmt an" se détachent nettement, par rapport à la section médiane, de ton paisible et déclamatoire. Du fait de la présence des hautbois et des cordes l'air acquiert en plus un caractère concertant... »
[Prélude instrumental de 18 mesures suivit de l’entrée du soprano avec de longs mélismes en doubles croches sur le mot « Bahnla voie » (mesures 21 à 38 et 35 à 44) puis « Lebenvie » (mesures 72 à 75)].

2] REZITATIV TENOR. BWV 132/2

(secco) : WILLST DU DICH GOTTES KIND UND CHRISTI BRUDER NENNEN, / SO MÜSSEN HERZ UND MUND DEN HEILAND FREI BEKENNEN. / JA, MENSCH, DEIN GANZES LEBEN / MUß VON DEM GLAUBEN ZEUGNIS GEBEN ! / SOLL CHRISTI WORT UND LEHRE / AUCH DURCH DEIN BLUT VERSIEGELT SEIN, / SO GIB DICH WILLIG DREIN ! /
(arioso) : DENN DIESES IST DER CHRISTEN KRON UND EHRE. /
(secco) : INDES MEIN HERZ, BEREITE / NOCH HEUTE / DEM HERRN DIE GLAUBENSBAHN / UND RÄUME WEG DIE HÜGEL UND DIE HÖHEN, / DIE IHM ENTGEGEN STEHEN ! /
(arioso) : WÄLZ AB DIE SCHWEREN SÜNDENSTEINE, / NIMM DEINEN HEILAND AN, / DAß ER MIT DIR IM GLAUBEN SICH VEREINE !
Si tu veux t’appeler enfant de Dieu et frère du Christ, / Il faut que ton cœur et tes lèvres reconnaissent librement le Seigneur. / i, être humain, ta vie durant / Tu porteras témoignage de ta foi ! / S’il faut que la parole et l’enseignement du Christ / Soient scellés, fût-ce par son sang, / Alors accepte-le de plein gré ! / Car c’est là la couronne et la gloire des chrétiens. / En attendant, mon cœur, prépare / dès aujourd’hui / pour le Seigneur la voie de la foi / et fait disparaître collines et obstacles / qui se dressent sur son chemin ! / Fais rouler au loin les lourds rochers du péché, / reçois ton Sauveur / pour qu’il se confonde avec toi dans la foi !

La majeur (A)  la majeur (A), 33 mesures
BG. XXVIII. Pages 41/42. RECIT. | Tenore. | Basso.
NEUMANN. Récitatif Secco (mesures 1 à 10) – Arioso (mesures 11 à 17) – Secco (mesures 18 à 22) – Arioso (mesures 23 à 33).
En forme de canon. La mention "arioso" figure sur la partition.

BOYER [Les cantates sacrées de Jean-Sébastien Bach, page 256] : «…roulements de gammes sur "Fais rouler au loin les lourds rochers du péché ».
CANTAGREL [Les cantates de J.-S. Bach, page 130] : «…les imitations entre le ténor et la basse continue peuvent poursuivre l’idée d’imitation de Jésus Christ… dans le second arioso … le figuralisme atteint un point extrême, sur les mots « débarrasse-toi des lourdes pierres du péché », avec une sorte de giration forcenée sur le mot « Wälzdébarrasse-toi » et la tension générée par ce saut de neuvième…»
DÜRR : «…Comme dans nombre cde cantates de jeunesse de Bach, le récitatif contient d'importants épisodes en arioso, le ténor et la basse continue se répondent en canon ou en imitations. Ces dernières symbolisant la succession du Christ, se transforment, aux mots "qu'il s'unisse à toi dans la foi", en homophonie parallèle représentant l'union ».
HIRSCH [Die Zahl im Kantatenwerk Johann Sebastian Bachs, page 13] : représentation symbolique de la croix "Kreuz" aux mesures 11 à 13.
NYS, Carl de [Cantates à Saint-Thomas, volume 1] : «…Le récitatif, alternance entre des parties secco et arioso précise que la vie entière doit être le témoignage d’une foi très vive, si l’on veut devenir enfant de Dieu et être appelé frère du Christ en participant au fruit de la rédemption. Songeant aux « lourdes pierres du péché » qui oppressent l’âme et qu’il faut rejeter, Bach trouve une expression musicale proche du gémissement violent et tragiquement vraie. La voix y franchit plus d’un octave en un déchirant accord de neuvième ; la répétition de la note « fausse » le rend plus déchirant encore et l’achève par une figure chromatique descendante ».
MACIA : « …[dans cette aria] l’influence italienne y est patente ».
PIRRO [L’esthétique de Jean-Sébastien Bach - Formation des motifs, page 58] : « Quand Bach songe aux lourdes pierre du péché qui oppressent l’âme chrétienne, et qu’il faut rejeter, le thème qu’il compose paraît jaillir directement de ses lèvres, pour dire sa compassion envers ses frères accablés et pour déplorer sa propre souffrance, le supplice de sa conscience inquiète,. C’est un gémissement violent, tragiquement vrai. La voix y franchit plus d’une octave [à la mesure 24] par un déchirant écart de neuvième montante, que la répétition de la note fausse fait plus acerbe encore, et qui s’ éteint dans une série descendante de demi-tons…» [+ Exemple musical, BG. XXVIII, page 42).
[Le commentaire de l'accompagnement instrumental, page 153] : « accompagnement de la voix par la basse continue sur "Das er mit dir im Glauben sich vereine" [+ Exemple musical, BG. XXVIII, page 42].
SCHUHMACHER : «…le récitatif secco renferme des passages nettement formulés en arioso, passages par lesquels Bach montre qu'il a productivement poursuivi la composition italienne en récitatif ; l'imitation entre ténor et continuo est un symbole de l'Imitation de Jésus-Christ...»
[Affect sur le mot "schweren - lourds" à la mesure 24 et mélisme sur le mot "vereine" mesures 28 à 31].

3] ARIE BAß. BWV 132/3

WER BIST DU ? FRAGE DEIN GEWISSEN, / DU WIRST DU SONDER HEUCHELEI, / OB DU, O MENSCH, FALSCH ODER TREU, / DEIN RECHTES URTEIL HÖREN MÜSSEN, / WER BIST DU ? FRAGE DAS GESETZE, / DAS WIRD DIR SAGEN, WER DU BIST : / EIN KIND DES ZORNS IN SATANS NETZE, / EIN FALSCH UND HEUCHLERISCHER CHRIST.
Qui es-tu ? Interroge ta conscience / O être humain, que tu sois faux ou loyal, / tu l’apprendras sans détour / par un jugement impartial. / Qui es-tu ? Interroge la foi. / Elle te dira qui tu es : / Un enfant du mal dans les rets de Satan, / un chrétien faux et hypocrite.

Mi majeur (E), 50 mesures, C
BG XXVIII. Pages 43 à 45. ARIA. | Basso solo. | (+ violoncelle et continuo).
NEUMANN. Partie de continuo avec figurations dans la partie de violoncelle. Ostinato et partie vocale tripartite.

BASSO [Jean-Sébastien Bach, volume 1, page 446] : « Long arpège sur les mots : « ein falsch und heuchlerischer Christ [+ Exemple musical aux mesures26 à 29 et une syncope sur le mot Heuchlerischer - hypocrite, aux mesures 38 à 40 et 44 à 45 »].
BOMBA : «…Le chanteur semble être le Christ lui-même - ou s'agissait-il de Jean-Baptiste dont il est question dans l'Évangile ?... une figuration insistant en "suspirans" de la basse continue (trois doubles croches sautant vers le haut et vers le bas plus une croche tomant d'un octave), artifice que Bach et d'autres compositeurs utilisent souvent dans la musique pour orgue, souligne l'insistance de cette question essentielle [Wer bist du ?] ».
CANTAGREL [Les cantates de J.-S. Bach, page 131] : «…C’est le Christ qui, par la voix de basse, s’adresse ici aux hommes pour les admonester. A onze reprises il ne cesse de réitérer son questionnement… la réponse qui surgit dans la seconde partie de l’air… chromatismes, intervalles tortueux, syncopes pour stigmatiser le chrétien… les filets de Satan, voient littéralement le violoncelle prendre la voix dans ses rets…» [des commentateurs (dont Carl de Nys) ont préféré voir ici, plus strictement et s'appuyant sur Jean 1, 22 [PBJ. 1585] la question posée par les prêtres et les lévites à Jean-le-Baptiste et non pas l'expression de la Vox Dei].
DÜRR : «…air accompagné de la seule basse continue, de laquelle le violoncelle se détache cependant fréquemment, de manière concertante. Le motif de tête, qui domine le morceau tout entier et à partir duquel s'élabore aussi la thématique du chant, semble par ses répétitions obsédantes, poser sans cesse la question "Qui es-tu?"... sans doute le choix de la voix de basse n'est-il pas non plus dénué de signification : c'est le Christ qui questionne l'homme... Musicalement, la pièce regorge de hardiesses dans la conduite des voix, hardiesses dues, principalement au fait que la basse (chanteur) descend fréquemment en dessous des figurations du violoncelle, donnant naissance à ce que Spitta a appelé des "points d'orgue renversés" par exemple à la seconde apparition des mots "ein Kind des Zorns in Satans Netze ».
LEMAITRE : «…la question "Qui es-tu ?", axée une cadence octaviée de mi majeur. La mélodie brisée, truffée de grands écarts, est supportée par un ostinato du continuo d'où se dégage un violoncelle obligé ».
KUIJKEN : «…Pour le segment "Kind des Zorns" Bach a recours à un âpre chromatisme [voir les mesures 33 à 35) ».
NEUMANN : L'allusion au Livre de l'Apocalypse 7, 13, avec sa question "Qui es-tu ?" exprimée par la basse préfigure le texte de l'aria n° 5.
NYS, Carl de [Cantates à Saint-Thomas I] : «…La voix de basse n’est accompagnée que par le continuo, mais le violoncelle s’en détache fréquemment pour jouer une partie plus ornée et assurer ainsi le rôle d’un instrument obligé… L’aria de basse pose au chrétien au moment de l’avènement proche du Seigneur la question sévère qui est un peu la voix de sa conscience : « Qui es-tu donc vraiment ? Le violone grosso et le clavier d’accompagnement se meuvent symboliquement dans les profondeurs obscures où le manque de résolutions harmoniques n’est pas moins significatif que les arpèges obstinés du violoncelle enlaçant le chanteur comme les filets de Satan, l’enfant de la colère… Mais l’Évangile, la bonne nouvelle est annoncé… Ici se situait, peut-être l’homélie ».
MACIA : « A l’exception du violoncelle piccolo à Leipzig, Bach a rarement utilisé le violoncelle « normal » comme instrument soliste dans ses cantates, le cantonnant au continuo… Ici, il croise sa mélodie à la voix du soliste, comme pour souligner les interrogations qui agitent le chrétien ».
PIRRO [L‘esthétique de Jean-Sébastien Bach – l‘orchestration, page 222] : «…[Bach]… se sert en général du violoncelle pour dérouler de vastes motifs un peu rapides, où la sonorité expressive de l’instrument n’a point le temps de s’étaler, mais dont la continuité produit, bien souvent, des impressions assez rares… Quelque fois, d’ailleurs, cette image correspond exactement à l’idée du texte, où en sort assez directement…le violoncelle noue des arpèges obstinés autour du chant pour dépeindre l'enfant de la colère pris dans les filets de Satan ». Renvoi à BG. XXVIII, page 43.

4] REZITATIV ALT. BWV 132/4

ICH WILL, MEIN GOTT, DIR FREI HERAUS BEKENNEN : / ICH HABE DICH BISHER NICHT RECHT BEKANNT ! / OB MUND UND LIPPEN GLEICH DICH HERRN UND VATER NENNEN, / HAT SICH MEIN HERZ DOCH VON DIR ABGEWANDT. / ICH HABE DICH VERLEUGNET MIT DEIN LEBEN, / WIE KANNST DU MIR EIN GUTES ZEUGNIS GEBEN ? / ALS, JESU, MICH DEIN GEIST UND WASSERBAD / GEREINIGET VON MEINER MISSETAT, / HAB ICH DIR ZWAR STETS FESTE TREU VERSPROCHEN. / ACH ! ABER ACH : DER TAUFBUND IST GEBROCHEN. / DIE UNTREU REUET MICH! / ACH GOTT, ERBARME DICH ! / ACH HILF, DAß ICH MIT UNVERWANDRER TREUE / DEN GNADENBUND IM GLAUBEN STETS ERNEUE!
O mon Dieu, je dois te l’avouer franchement : / Jusqu’à présent je t’ai méconnu ! / Si mes lèvres et ma bouche nommaient le Seigneur et Père, / mon cœur s’est toutefois détourné de Toi. / Je t’ai renié dans ma vie, / comment peux-tu m’accorder ta grâce ? / Jésus, lorsque mon péché fut lavé / par l’esprit et par l’eau du baptême, / je te jurai certes une constante fidélité. / Mais hélas, le lien du baptême est rompu. / Je me repends de mon infidélité ! / O Dieu, miséricorde ! / Aide-moi à renouer sans cesse dans la foi, / par une fidélité à toute épreuve, le lien de la Grâce.

Si mineur (h)  ré majeur (D), 24 mesures, C
BG. XXVIII. Pages 45 à 47. RECIT. | Violini e Viola accomp. Violini, Viola, Alto, continuo.
NEUMANN. Accompagnement des cordes.

BOYER [Les cantates sacrées de Jean-Sébastien Bach, page 256] : «…les extraordinaires dissonances sur la plainte "Ach Gott, erbarme dich".
NYS, Carl de [Cantates à Saint-Thomas, volume 1] : «…L’atmosphère change. L’essentiel du message est confié à la voix d’alto dont le timbre un peu voilé mais très expressif est cher à Bach (à Weimar il y avait la voix remarquable d’alto de Bernarhdi)… Le récitatif (secco, mais avec toutes les cordes) exprime la résolution de ne plus être désormais infidèle aux promesses du baptême ».

5] ARIE ALT. BWV 132/5

CHRISTI GLIEDER, ACH BEDENKET, / WAS DER HEILAND EUCH GESCHENKET / DURCH DER TAUFE REINES BAD ! / BEI DER BLUT UND WASSERQUELLE / WERDEN EURE KLEIDER HELLE, / DIE BEFLECKT VON MISSETAT, / CHRISTUS GAB ZUM NEUEN KLEIDE / ROTEN PURPUR ? WEIß SEIDE, / DIESE SIND DER CHRISTEN STAAT.
O fidèles du Christ, songez / à ce que le Sauveur vous a offert / dans le bain de pureté du baptême ! / A cette source de sang et d’eau / vos vêtements souillés par le péché / reviennent immaculés. / Le Christ a donné la pourpre / et la blanche soie pour nouvel habit ; / Telle est la parure des Chrétiens.

Si mineur (h), 39 mesures, C
BG. XXVIII. Pages 47 à 50. ARIA. | Violino Solo e l’Alto.
NEUMANN. Forme de trio (Triosatz). Partie vocale tripartite et forme de canon.

BOMBA : «…dans la partie du violon soliste, on fait appel à l'image de musique de cour, car on est tenté de faire l'association avec l'image de "roten Purpur weiße Seide", alors que la voix d'alto semble interpréter la partie du texte plutôt méditative. Grâce à ce contraste plein d'attrait, le morceau gagne en suspens, tout en restant confiné dans l'ambiance intime d'un petit effectif ».
CANTAGREL [Les cantates de J.-S. Bach, page 132] : « tonalité de si mineur au climat douloureux… le violon solo se déploie en de longs festons de triples croches… motifs de soupirs et douloureux chromatismes ».
DÜRR : «…partie concertante très virtuose de violon solo, dont les traits ont peut-être été inspirés au départ par les mots "Christus gab zum neuen Kleide roten Purpur, weiße Seide". Nous avons déjà fait observer qu'ici devait probablement suivre un choral d'écriture simple, et cette supposition ne peut qu'être renforcée par la formation si restreinte du dernier air, dont il est bien invraisemblable qu'il ait pu constituer la conclusion d'une cantate aussi joyeuse ».
HIRSCH [Die Zahl im Kantatenwerk Johann Sebastian Bachs, page 57] : les 39 mesures de ce morceau rappellent ce qu'a enduré le Christ durant sa Passion avec les trente-neuf coups de fouets qui lui furent infligés [?]

LEMAITRE : «…structure A-B + reprise de l'introduction), se pare de longues volutes virtuoses du violon solo qui explicitent peut-être la source de sang et d'eau dont il est question dans le texte ».
MACIA : «…dans l’aria en si mineur, l’alto dialogue avec un violon concertant qui dessine par des traits virtuoses dans l’aigu, l’eau du baptême...»
NYS, Carl de [Cantates à Saint-Thomas, volume 1] : «…Ecriture en trio pour un violon-solo, la voix d’alto et le continuo, sorte d’élévation de contemplation mystique « Christi glieder ach bedencket » … Évoquant les souffrances rédemptrices du Christ, J.-S. Bach trouve un climat de souffrance et de pitié sereine, celui qui caractérisera plus tard les grands arias de ses Passions ».
[Jean-Sébastien Bach, Génie et réalités, page 205] : «…la dernière aria [5] préfigure l'Erbarme dich de la Passion selon saint Matthieu: "dans cette source coulant de son côté les vêtements souillés redeviennent blancs, le Christ a revêtu le chrétien de pourpre et de blancheur".
SCHWEITZER [J.S. Bach, volume 2, page 142] : "Le texte [de cette aria] est fondé sur un passage du livre de l'Apocalypse 7, 13" [PBJ. 1805], ce que confirme Werner Neumann : «...ces gens revêtus de robes blanches, qui sont-ils et d'où viennent-ils ? Et moi de répondre :Monseigneur, c'est toi qui le sait. Il reprit : Ce sont ceux qui viennent de la grande épreuve; ils ont lavé leurs robes et les ont blanchies dans le sang de l'Agneau... »

6] CHORAL. BWV 132/6 (Fehlt in Bachs Partitur)

ERTÖT UNS DURCH DEIN GÜTE, / ERWECK UNS DURCH DEIN GNAD ; / / DEN ALTEN MENSCHEN KRÄNKE, / DAß DER NEU’ LEBEN MAG /// WOHL HIE AUF DIESER ERDEN, / DEN SINN UND ALL BEGEHRDEN [Variante R. Wustmann : "Begerden"] //// UND GDANKEN HABN ZU DIR [Rudolf Wustmann donne en variante pour les deux dernières lignes : "Hab Sinne und Begierden, Gedanken all zu dir"].
Que ta Bonté nous fasse périr, / que ta Grâce nous réveille ; / Supprime le vieil homme / pour que le nouveau puisse vivre / heureux ici-bas ; / Vers toi se portent notre cœur, / nos désirs et nos pensées.
[On croit ici reconnaître dans ce texte comme un rappel de saint Paul : « revêtir l’homme nouveau ». Éphésiens 4, 24 [PBJ. 1730]. Dans la cantate : «...Supprime le vieil homme / pour que le nouveau puisse vivre...»

La majeur (A), 14 mesures, C
BG. XXVIII. Page 50. Le texte uniquement. „Choral semplice Stylo“. Mélodie Herr Christ der ein‘ge Gottes Sohn, Vers 5.
[Exceptionnellement, le renvoi à la cantate BWV 163/6 est erroné; il s‘agit bien du choral de la cantate BWV 164/6 qui est généralement utilisé]. Ce choral ne figure pas dans l‘édition de la NBA 1955. KB : Alfred Dürr.

NEUMANN. Le choral manque dans la partition de Bach, mais est connu dans le poème de Franck. Renvoi à celui de la cantate BWV 164/6 (transposé).

BASSO [Jean-Sébastien Bach, volume 1, page 725] : «...de nos jour, on adopte le choral conclusif de la cantate BWV 164 qui emploie le même choral [comme la BWV 22 aussi]; mais lorsqu'on exécute la cantate BWV 132, on transfère le choral dans la tonalité de la majeur (contre le si bémol de BWV 164), de manière à retrouver la tonalité du morceau initial [1]...»
BOYER [Les cantates sacrées de Jean-Sébastien Bach, page 256] : «…Le choral est absent dans la partition de Bach mais reconstitué (transposé) d'après BWV 164/6. Mélodie de choral (MDC 039) simplement harmonisée de type I.
BRAATZ & ORON [BCW] : La mélodie provient d‘un chant profane intitulé „Mein Freud möcht sich wohl mehren, connu à Nuremberg vers 1455. Il a été transformé en chant religieux par Eliabeth Kreuziger et publié dans le recueil publié par Johann Walther à Wittenberg en 1524. Bach a pu sans doute possédé à l‘époque le receuil d‘hymnes de Gotha (Gotha Hymnal) imprimé en 1715.
CANTAGREL [Les cantates de Jean-Sébastien Bach, pages 127 et 128] : «…Pour le choral final, Franck a noté les paroles de la cinquième strophe du cantique dû à Elisabeth Creutziger, Herr Christ, der einig Gottes Sohn... Mais Bach ne l'a pas copié dans son manuscrit, et l’on suppose qu’il s’agissait d’un choral connu des chanteurs et des musiciens, écrit sur des feuillets séparés. On le chante donc, transposé, dans l’harmonisation réalisée dix ans plus tard… pour la cantate BWV 164… [page 132] : « … il est possible que Bach n’ayant pas prévu de choral, l’ait laissé au chant de l’assemblée … transposé de si bémol majeur (BWV 164, de 1725) en la majeur (BWV 132 de 1715 ».
DÜRR : «…Nous ne possédons pas de choral conclusif... peut-être Bach l'a-t-il laissé de côté, afin de préserver les forces de ses choristes pour les festivités toutes proches de Noël. Mais il est bien plus probable... tout comme dans la cantate BWV 165, antérieure de quatre semaines seulement, que l'exécution devait se terminer par un choral "in simplice stylo", noté sur un morceau de papier séparé (les trois doubles feuilles de la partition étaient précisément remplies entièrement. une fois l'Air n° 5 achevé), et que ce papier s'est perdu... strophe telle qu'on la trouve dans la cantate BWV 164, dont le texte est également dû à Franck. Même si ce morceau n'est pas identique à celui qui s'est perdu, il en est vraisemblablement très proche ».
NYS, Carl de [Cantates à Saint-Thomas, volume 1] : «…Il est curieux que la partition autographe du compositeur s’arrête ici [à la fin de l’aria 5] et qu’elle ne comporte pas de choral final. Peut-être celui-ci était-il chanté à l’unisson par l’assemblée soutenue par le continuo ou seulement l’orgue ; le Cantor n’a donc pas jugé utile de le noter. En tout cas, l’édition imprimée du livret en comporte bien un, la cinquième strophe du cantique Herr Christ, der einig Gottes-Sohn d’Elisabeth Kreuziger (1524). Cette strophe était chère à Bach puisqu’il l’a réemployée dans trois autres cantates : BWV 22, 96 et 164 ».
SCHNEIDER [l'Enchiridion de 1524, pages 78/79]. L'auteur attribue cantique et mélodie à Luther d'après l'éditions qui en fut faite à Weimar en 1524 (24 + 36 chorals) et une réédition (en fac-similé) due à Wackernagel en 1848. «…On retrouve dans ce choral le meilleur de Luther : le plus riche de foi, de poésie et de musique. Le plus direct aussi et le plus concis. En tout cinq petits versets, et la plus délicieuse des mélodies. Un modèle du genre... [+ incipit de la première strophe]...Exemple-type de chant populaire luthérien, cette mélodie a connu un succès rare. Non seulement elle fait partie du répertoire de Noël le plus primesautier, mais la famille, en Allemagne, en a fait un de ses joyaux préférés. De leurs côté, la plupart des maîtres thuringiens - avec J.-S. Bach au centre - se sont servi de ce chef d'œuvre de Luther pour l'ornementer à leurs manières (chœurs ou préludes de choral pour orgue). La tonalité de cette mélodie -cinquième mode grégorien : fa- laisse pourtant ouverte la question si délicate du triton dans la musique vocale...
SCHUHMACHER : «…Les musicologues consacrant leurs recherches à Bach présument que ce choral était consigné sur des feuillets isolés ayant disparu, le chœur ne participant nulle part ailleurs à l'exécution de l'œuvre ».
[14 mesures pour cette strophe de choral... 14...Bach mais aussi 14e chapitre de l’Apocalypse, apogée du Nouveau Testament. Mort et résurrection].

 

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Édition américaine (traduction de E. Neumann). Dover Publications, inc. New York. 1911-1966.
Volume 2, pages 142 et 431 (note).
SPITTA, Philipp : Johann Sebastian Bach. Sous-titré : « His work and influence on the Music of Germany 1685-1750 ». Novello & Cy 1889 - Dover 1951-1952. Volume 1, pages 557 à 560
SUZUKI, Masaaki : Notice de production de son enregistrement. 2007
WHITTAKER, W. Gillies : The Cantatas of Johann Sebastian Bach. Sacred & Secular. Oxford U.P. 1959-1985
Volume I, pages 11, 90 à 93 et 237
WIJNEN, Dingeman van : Notice (sur CD et sur le Net) de l’enregistrement de Pieter Jan Leusink. 2006
WOLFF, Christoph : Notice de l’enregistrement de Ton Koopman, volume 2. 1995
WUSTMANN, Rudolf : J.S. Bachs geistliche und weltliche Kantatentexte. Breitkopf & Härtel, 1913-1967. Pages 5 à 7
ZWANG, Philippe et Gérard : Guide pratique des cantates de Bach. R. Laffont 1982. Pages. ZK 24. Pages 78/79
Réédition révisée et augmentée. L’Harmattan 2005

 

DISCOGRAPHIE BWV 132

BACH CANTATAS WEBSITE : Discographie établie par Aryeh Oron. Elle est ici proposée sous une forme sensiblement allégée avec, parfois, quelques précisions relatives aux références et aux dates. Les numéros 1] et suivants indiquent l’ordre chronologique de parution des enregistrements.
12 références (décembre 2000 à juin 2010) + 2 mouvements individuels (décembre 2000 à juillet 2006).
Exemples musicaux. Aryeh Oron (avril 2003 à janvier 2005).

* ] BACH ARIA GROUP & CHOIR (William H. Scheide. Direction, instruments, chœur et orchestre F. Brieff. 1953-1954
Coffret de deux disques RCA Victor A 630 279 “A new Orthophonic High Fidelity Recording”. Avec les cantates BWV 47, 110, 60, 127, 79, 99 et 155
10] GARDINER (volume 13). Monteverdi Choir. English Baroque Soloists. Bach Cantata Pilgrimage. Eglise Saint-Michel, Lüneburg (D), le 10 décembre 2000. Durée : 17’40. Avec les cantates BWV 70 et 147
CD Soli Deo Gloria (SDG) 162. Distribution en France en décembre 2009 Avec les cantates BWV 36, 62, 70, 132 et 147
1] KALHÖFER, Helmuth. Kantorei Barmen-Gemarke. Deutsche Bachsolisten. Soprano : Ingeborg Reichelt. Alto : Hildegard Rütgers. Ténor : Théo Altmeyer. Basse : Eduard Wollitz. Mai 1966. Durée: 21’46
Disque Cantate Bach-Studio (mono 651201) et stéréo 651221. Eglise de l‘Emamanuel, Wuppertal-Barmen (D). Mai 1966
Reprise sous le label Oryx (USA).et SDG 610115 (année 1980). Avec la cantate BWV 61
6] KOOPMAN (volume 2). Amsterdam baroque Choir & Orchestra. Soprano : Barbara Schlick. Alto : Kai Wesse. Ténor : Christoph Prégardien. Basse : Klaus Mertens. Waalse Kerk, Amsterdam (NL), mai 1995. Durée : 15’58
CD Erato 0630 12598-2. Distribution en France, début 1996. Reprise CD Antoine Marchand, vers 2002
12] KUIJKEN (volume 9). La Petite Bande. Liège, 11 et 12 décembre 2008. Durée 16’13
CD ACC 25309 Accent. Distribution en France en octobre 2009. Avec les cantates BWV 36, 61 et 62
5] LEONHARDT (volume 33). Knabenchor Hannover. Collegium Vocale, Gent (Philippe Herreweghe). Leonhardt-Consort. Soprano : Sebastian Hennig. Alto : René Jacobs. Ténor : Marius van Altena. Basse : Max van Egmond. Durée : 18’54
Disque Teldec 6.35607-00-501 Das Kantatenwerk - Sacred Cantata. Volume 33. Distribution en France, 1984
CD Teldec 242618 2 ZL. 1984-1989. Das Kantatenwerk (volume 33)
CD Teldec 4509-91761 2. Das Kantatenwerk - Sacred Cantatas. Volume 7. Coffret de 6 CD contenant les cantates BWV 119 à 137
Reprises CD Teldec. Edition Bach 2000 (en coffret) et Intégrale Warner Classics (disques séparées) 8573 81169-5. Volume 41. 2007. Avec les cantates BWV 131 à 133
8] LEUSINK. Holland Boys Choir/ Netherlands Bach Collegium. Eglise Saint-Nicolas d’Elburg (NL), avril, septembre 1999. Durée : 17’16
Bach edition. 2000. CD Brilliant Classics. Volume 4 - Cantatas volume 1
Reprise Bach edition. 2006. CD Brilliant Classics : III-93102 3/49. Avec les cantates BWV 97 et 72
11] LUTZ, Rudolf (direction et orgue). Vokalensemble der Schola Seconda Pratica / Schola Seconda Pratica. En concert le 22 décembre 2006 en l’église évangélique de Trogen (CH). DVD Gallus Media A 338.
Reprise en coffret de 9 DVD J.S. Bach-Stiftung (fondation). Bach Erlebt. Toute l’année 2007
9] MALLON, Kevin. Ensemble Aradia (Canada). Église Marie-Madeleine, Toronto (Canada), 7 et 11 janvier 2000. Durée: 18’25
CD Naxos 8.554825. 2000. Avec les cantates BWV 36 et 61
2] MATTHAEI, Gottfried. Epiphanien Kantorei und Orchester. Enregistrement en concert, le 20 décembre 1969 à l‘église de l‘Épiphanie, Berlin-Charlottenburg (D).
Deux reports en CD : Mixtor Schallplaten 327, avec la cantate BWV 51 et Mixtor-Schallplaten 209 (sans la cantate BWV 51). [Y a-t-il eu un enregistrement discographique, sans doute…]
3] RICHTER. Münchener Bach-Chor. Münchener Bach-Orchester. Soprano : Edith Mathis. Alto : Anna Reynolds. Ténor : Peter Schreier. Basse Théo Adam. Herkules-Saal, Munich, mars et avril 1972. Durée : 21’26
Coffret de 6 disques Archiv Produktion 2722 005. Bach Cantatas] Advent and Christmas. Volume 1
Distribution en France Novembre, décembre 1972 Avec les cantates BWV 64, 82, 124, 121, 111, 61, 63, 132, 13, 28, 171, 58
Reprise en coffret 4 CD. Volume I / 1. 439 370-2 [AX 4]. 1993. Avec les cantates BWV 61 et 63
Reprise de l’intégrale de Karl Richter en un coffret de 26 CD contenant les cinq volumes distribués primitivement. Vers 1998.
4] RILLING. Bach-Ensemble. Gächinger Kantorei Stuttgart. Bach-Collegium Stuttgart. Soprano : Arleen Auger. Alto : Helen Watts. Ténor : Kurt Equiluz. Basse : Wolfgang Schöne. Septembre 1976, janvier et avril 1977. Durée: 21’02
Disque (D). Die Bach Kantate. Hänssler Verlag. Laudate 9. Avec la cantate BWV 163
Disque (F) Erato Les grandes cantates. STU 71191 (volume 9). 1979. Avec la cantate BWV 22
CD. Die Bach Kantate (volume 60). Hänssler Classic. Laudate 98822. Avec les cantates BWV 62 et 91
CD. Hänssler edition bachakademie (volume 41). Hänssler-Verlag 92.041. 1999
Reprise. Novembre 2009; coffret Hänssler Classics 93581 (6 CD) sous le titre Advent & Christmas Cantata. Avec la ces cantates 63 et 91
7] SUZUKI (volume 7). Bach Collegium Japan. Kobe Shoin Women‘s University Chapel. Japan. Juillet 1997. Durée : 18’
CD BIS 1881. Avec les cantates BWV 61 et63 et 172

MOUVEMENTS INDIVIDUELS BWV 132
M-1. Mvt. 5] William H. Scheide. Bach Aria Group. 1953-1954. Disque RCA Victor
M-2. Mvt. 5] Priestman, Brian. Maureen Forrester. Bach Aria Group Orchestra. Fin des années 1960. Disque Vox puis CD

 

ANNEXE BWV 132
Philipp Spitta

SPITTA, Philipp: Johann Sebastian Bach. Sous-titré : « His work and influence on the Music of Germany 1685-1750 ».
Novello & Cy 1889 - Dover 1951-1952. Trois volumes.
Volume I, pages 557 à 560 :

« Cantate pour le quatrième dimanche de l'Avent (22 décembre 1715) [note 272 : L'autographe est à la Bibliothèque royale de Berlin. Renvoi à l'Appendix A, n° 27 aux pages 640 et 641 du premier volume] : Sans toujours dévier et avec un peu de formalisme, Bach va de l'avant exploitant les nouveaux trésors de son inépuisable imagination. Le nombre et l'ordre des mouvements de cette cantate [BWV 132] est le même que la précédente [BWV 163]. La première aria (la majeur à 6/8) est toute remplie d'une idyllique félicité. Elle débute par un délicieux passage confié au hautbois accompagné seulement par les cordes [+ Exemple musical].

[Suit une analyse musicale de la cantate ici hors-sujet dans cette notice].
... Le récitatif [4] forme comme une passerelle entre deux sentiments [l'affliction du pécheur et l'espérance en la miséricorde de Dieu]... Il est confié à l'alto et à un violon solo, et forme une sorte d'anticipation de l'air sublime de détresse dans la Passion selon saint Matthieu "Ayez pitié de moi, O Seigneur !" La prééminence accordée dans ces cantates (BWV 163 et 132) à la voix d'alto est due à l'excellente qualité de cette voix d'alto de la chapelle [de Weimar], alto dont le nom était Bernhardi [il s'agit plus précisément du haute-contre Christian Gerhard Bernhardi]. Le choral "Herr Christ, der einge Gottes-Sohn" constitue une forte et sublime conclusion ».

Appendix n° 27 (pages 640/641). « J'ai [Spitta] parlé en détail dans l'annexe n°25 du type de l'autographe. Ici je y dois ajouter, car tout n'est pas toujours complet. Le choral final [6] est manquant. Par comparaison avec le texte imprimé, il s'agit ici de la cinquième strophe du cantique "Herr Christ, der ein'ge Gotts Sohn". Or l'autographe comme il apparaît, comporte trois feuilles dans lesquelles seulement deux lignes sont rédigés sur la gauche de la dernière page. On voit aussi, en même temps, qu'à la fin de l'air [5], l'habituel SDG est manquant. Afin de compléter, [la cantate] c'est le choral final Jesus nahm zu sich die Zwölfe [de la cantate BWV 22] qui peut être utilisé ou le simple choral à quatre parties publié par Erk (I, 47) et alors transposé en la majeur ».

 

Contributed by Claude Role (September 2010)

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Last update: ýSeptember 26, 2010 ý23:10:37