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C. Role. Juillet 2011
Cantate BWV 136
ERFORSCHE MICH, GOTT, UND ERFAHRE MEIN HERZ
  Sonde-moi, ô Dieu et éprouve-moi… 
KANTATE ZUM 8. SONNTAG NACH TRINITATIS
Cantate pour le 8e dimanche après la Trinité
Leipzig, 18 juillet 1723
AVERTISSEMENT

Cette notice dédiée à une cantate de Bach tend à rassembler des textes (essentiellement de langue française), des notes et des critiques discographiques souvent accessibles (2011). Le but est de donner à lire un ensemble cohérent d’informations et de proposer aux amateurs et mélomanes francophones un panorama espéré « élargi » de cette partie de l’œuvre vocale de Bach. Outre les quelques  interventions « CR » identifiées par des crochets [...] le rédacteur précise qu’il a toujours pris le soin jaloux de signaler sans ambiguïté le nom des auteurs sélectionnés. A cet effet il a indiqué clairement, entre guillemets «…» toutes les citations fragmentaires tirées de leurs travaux. Rendons à César...

ABRÉVIATIONS
(A) = La majeur → (a moll) = la mineur
(B) = Si bémol majeur
BB / SPK = Bach Bibliothek / Staatsbibliothek Preussicher Kulturbesitz
B.c. = Basse continue ou continuo
BCW = Bach Cantatas Website
BD = Bach-Dokumente (4 volumes, 1975)
BGA = Bach-Gesellschaft Ausgabe = Société Bach (Leipzig, 1851-1899). J. S. Bach Werke. Gesamtausgabe (édition d’ensemble) der Bachgesellschaft
BJ = Bach-Jahrbuch
(C) = Ut majeur → (c moll) = ut mineur
D = Deutschland
(D) = Ré majeur (d moll) = ré mineur
(E) = Mi Es = mi bémol majeur
EKG = Evangelisches Kirchen-Gesangbuch.
(F) = Fa
(G) = Sol majeur. (g moll) = sol mineur
GB = Grande Bretagne = Angleterre
(H) = Si → (h moll) = si mineur
NBA = Neue Bach Ausgabe (nouvelle publication de l’œuvre de Bach à partir des années 1954-1955)
NBG = Neue Bach Gesellschatf = Nouvelle société Bach (fondée en 1900)
OP = Original Partitur = Partition autographe originale
Ost = Original Stimmen = Parties séparées originales
P = Partition = Partitur
PBJ = Petite Bible de Jérusalem
PKB = Preußicher Kulturbesitz, Staatsbibliothek, Berlin
St. = Parties séparées = Stimmen
La première lettre -en gras- d’un mot du texte de la cantate indique la majuscule de la langue allemande. Dans le corps de ce même texte allemand, le mot ou groupe de mots mis en italiques désignent un affect particulier ou un « accident » remarquable.


DATATION BWV 136

DÜRR. Chronologie 1723. BWV 167 (24 juin). BWV 147 (reprise), 2 juillet). BWV 186 (11 juillet). *BWV 136 (18 juillet). BWV 105 (25 juillet). BWV 46 (1er août).
CANTAGREL [Les cantates de J.-S. Bach.] : «…On a émis l’hypothèse que la source pourrait être une cantate profane exactement contemporaine, ce qui paraît peu plausible quand on observe à quel point l’œuvre suit le récit évangélique du jour ».
HIRSCH : Classement CN 44 (Die chronologisch Nummer = numérotation chronologique). I. Jahrgang ou « Année I » et Premier cycle des cantates de Leipzig dans la période allant du 30 mai 1723 au 4 juin 1724.
NEUMANN : le 18 juillet 1723. Le même jour, peut-être, le motet BWV 227 pour la cérémonie funèbre de Johanna Maria Keese…? [renvoi à BJ 1912, page 9).
SCHMIEDER : A Leipzig, entre 1723 et 1727 ou 1737/38 ?
SCHWEITZER : Les cantates de 1724 à 1727 [d’après Spitta].
SPITTA [Johann Sebastian Bach. Tome 2, Appendix n° 19, pages 679 à 682 « Leipzig …La première période s’étend de 1723 jusqu’à octobre 1727 avec comme dernier exemple la cantate BWV 198… Le filigrane des autographes [ici les parties séparées] est d’une part, sur la première partie de la page « « IMK », et sur l’autre la « demie lune ». Ces filigranes apparaissent dans une liste donnée de 41 cantates…»
WHITTAKER [page 354] La datation de la cantate se situe alentours 1725, le librettiste est inconnu, peut-être est-ce la raison d’une adaptation [le texte] aussi approximative… »


SOURCES BWV 136

PARTITION AUTOGRAPHE = ORIGINALPARTITUR
L’édition de la BGA ne cite pas de partition originale [?]
NEUMANN, Werner : [P avec St 20 M Berlin Deutsche Staatsbibliothek]. Anciennement à la Marburg Staatsbibliothek (dépôt) puis Berlin-Dahlem [?]
BASSO [Jean-Sébastien Bach, tome 2, pages 292/293] : «… cantate dont nous connaissons les parties originales mais pas la partition (à l’exception de deux fragments) ».
BOMBA : «…Sur la base des sources dont elle dispose, la recherche discute encore de la question de savoir si Bach avait composé la musique pour ce dimanche précis ou s’il eut peut-être recours à une cantate profane. En tout cas, seule la partie centrale de l’air d’alto (n°3) ainsi que le choral final ont pu être mis en évidence comme composition nouvelle…»
CANTAGREL [Les Cantates de J.-S. Bach, page 775] : Autographe perdu…  
HERZ : 18 juillet 1723 ou ancienne datation : 1737/1738. Partition [West Berlin]. Filigrane « IMK ».
ISOYAMA : [de la cantate] : «…nous en avons encore les parties originales et deux partitions partielles ; les partitions renferment les copies propres de la section du milieu de l’aria d’alto [le presto, n°3] et du choral final [6], ce qui suggère que cette cantate fut formée à partir d’une révision d’une œuvre établie. Il n’existe pas de matériel cependant qui pourrait aider à établir la nature de l’œuvre originale…»
NYS, Carl de : « Les recherches les plus récentes [écrit en 1977-1978] pour la nouvelle édition monumentale des œuvres de Bach : NBA) semblent indiquer que cette cantate est une parodie d’une œuvre antérieure, profane ou sacrée ; il est probable que les récitatifs, le choral final et la partie en 12/8 de l’aria n° 3 ont été composés pour la nouvelle utilisation de l’œuvre en 1723…»
 
PARTIES SÉPARÉES = ORIGINALSTIMMEN
St 20 M. Berlin, Deutsche Staatsbibliothek. Anciennement à la Marburg Staatsbibliothek (dépôt) puis Berlin-Dahlem.
BGA. (Wilhelm Rust, décembre 1881). Les parties séparées sont à la Bibliothèque Royale de Berlin et semblent vraisemblablement avoir appartenues au collectionneur, le comte Carl Otto Friedrich von Voss (1786-1864).
Titre pris à l’ancienne couverture, rédigé par un copiste de Bach : « Domin. : 8. Post Trinit. | Erforsche mich Gott und erfahre mein p. | à | 4 Voci | Corno | 2 Hautbois | 2 Violini | Viola | di Sign | J. S. Bach ». Les violons en double ; les deux hautbois portent en tête l’annotation « d’amore ». Parties de continuo en triples exemplaires. Filigrane à la « demi-lune »
HERZ : Filigrane « IMK ». les copistes seraient Johann Andreas Kuhnau né en 1703 – mort ? (neveux ou petit-fils du cantor Johann Kuhnau), à Leipzig à partir du 7 février 1723 dans sa période dite médiane „K2“ et Christian Gottlob Meissner (18 décembre 1707 – 16 novembre 1760). A Leipzig de 1723 à 1729.
SCHMIEDER : 16 voix en parties autographes, in 4°.

ÉDITIONS
SOCIÉTÉ BACH = BACH-GESELLSCHAFT (BG)
BGA. Jg. XXVIII (28e année). Pages 139 à 164. Préface de Wilhelm Rust (décembre 1881). Cantates BWV 131 à 140 + Anhang 134a.

NOUVELLE ÉDITION BACH = NEUE BACH AUSGABE (NBA).
KANTATEN SERIE I/ BAND 18. KANTATEN ZUM 7 UND 8 SONNTAG NACH TRINITATIS
Bärenreiter Verlag BA 5027. 1966- 2/1987. En supplément, corrections des tomes précédents. 5 fac-similés.
BWV 136. Pages 131 à 158.
Kritischer Bericht (commentaires). BA 5027 41. 1967. Alfred. Dürr : Cantates BWV 54, 186, 107, 136, 178 et 45.
[La partition de la NBA est dans l’enregistrement Teldec / Harnoncourt, volume 34. 1983].

AUTRES ÉDITIONS
BÄRENREITER classics.| Bach | Bärenrteiter Urtext.
Sämtliche Kantaten 7 | TP 1287. 2007.
Serie I. Band 18. Kantaten zur 7 und 8 Sonntag nach Trinitatis.
Herausgegeben : Alfred Dürr. Faksimile : BWV 186, 107, 187 et 45. BWV 136. Pages 129 à 158. Bärenreiter-Verlag. Kassel.1966.
BCW. Partition de la BGA + Réduction chant et piano.
BREITKOPF & HÄRTEL. Partition PB 2986. Réduction chant et piano (Todt. 28 pages) = EB 7136. Partition du chœur (Chorts) = ChB 2178. Copies par Max Seiffert des parties d’orchestre, des parties vocales, de l’orgue et du clavecin.
2011. Partition = PB 4636. Réduction chant et piano (28 pages) = EB 7136. Partition du chœur (8 pages) = ChB 4636.
CARUS. Partition : CV 31.136/00. Pas de partition disponible en 2011.
KALMUS STUDY SCORES. N° 842. Volume XXXVIII. New York 1968. Avec les cantates BWV 134, 135 et137.


PÉRICOPE BWV 136

Huitième dimanche après la Trinité.
Le texte de cette cantate s’il ne fait pas expressément allusion aux lectures du jour, traduit cependant une même préoccupation, le « lieu » dogmatique des ennemis de l’église, notamment représentés par les faux prophètes.
Dans le Missel romain, la lecture de l’Epître de saint Paul aux Romains est faite le 8e dimanche après la Pentecôte. La vie de l’Esprit... et … les enfants de Dieu grâce à l’Esprit.
Épître : Romains 8, 12 à 17 [PBJ. 1678].
L’Evangile de Matthieu 7, 15 à 23 [PBJ. 1730] est proclamé le 7e dimanche après la Pentecôte: Le Sermon sur la montagne.

EKG. 8. Sonntag nach Trinitatis (huitième dimanche après la Trinité).
Entrée : Epître aux Ephésiens 5, 9 [PBJ. 1730] : « Conduisez-vous en enfants de lumière, car le fruit de la lumière consiste en toute bonté, justice et vérité ». 
Psaume 48 [PBJ. 844 et 845] : « Sion, montagne de Dieu…»
Cantique : EKG 226 : O gläubig Herz, gebenedei. Voir aussi EKG 297.
Épître : Romains 8, 12 à 17 [PBJ. 1678].
Évangile : Matthieu 7, 13 à 23 [PBJ. 1730]. Le Sermon sur la montagne.

Pour le même 8e dimanche après la Trinité, les cantates BWV 178 (30 juillet 1723) et BWV 45 (11 août 1726). On ne connaît pas l’œuvre donnée pour la même occurrence en 1725 où le 8e dimanche après la Trinité tombait le 22 juillet.


TEXTE BWV 136

Auteur inconnu du livret.
L’auteur W. Murray Young a avancé comme auteur le nom du pasteur Christian Weiss.
BASSO [Jean-Sébastien Bach, tome 2, pages 281, 292 et 837] : « il est fort probable que cette œuvre (sur un texte d’un style très voisin de celui de Franck, d’après Streck) est issue de la parodie d’une cantate profane… Harald Streck (1971) penche dans certains cas (BWV 136, 105 et 25) pour voir en Salomon Franck, l’auteur des textes ».
NYS, Carl de : « L’auteur du texte était un connaisseur très expérimenté de l’Écriture, car il saisit toutes les occasions de rapprocher les péricopes du jour d’autres passages de la Bible, en particulier dans l’Ancien Testament ».
SCHUHMACHER : «…On ignore quel fut l’auteur du texte, qui suit strictement l’évangile dominical (ce qui parle contre l’éventualité d’un modèle profane) ».
SCHWEITZER [J. S. Bach, tome 2, page 200] : « Les poèmes des deux cantates BWV 136 et BWV 144 semble avoir si peu stimulé Bach qu’il utilisa pour elles une musique ancienne [Weimar] comme on peut le voir à cause d’une déclamation fautive. Le chœur de BWV 136/1 n’est certainement pas un original… dans le Gloria Dei Patris de la Messe en la majeur [BWV 234/6] il est bien meilleur en dépit qu’il semble qu’il ne soit qu’une réutilisation…»


GÉNÉRALITÉS BWV 136

ISOYAMA : «…Toute l’œuvre est gouvernée par le mode mineur…»
LEMAÎTRE : « BWV 136 ouvre le groupe des cantates qui, du huitième au quatorzième dimanche après la Trinité 1723, se fondent sur un même moule littéraire en cinq numéros dont la source reste anonyme. Cette œuvre dériverait d’une cantate profane composée à la même époque ».
SPITTA [Johann Sebastian Bach, tome 2, page 423] : Les cantates de Leipzig, 1724-1727. « Il serait possible de sélectionner parmi les cantates de Bach un groupe que l’on pourrait qualifier de compositions « orthodoxes » et la cantate BWV 136 pourrait y être incluse. Elle est caractérisée par une approche pleine de sévérité, propre à Bach parmi les compositeurs de musique sacrée de l’époque. notamment, dans cette cantate [BWV 136] très remarquable par le grand chœur d’ouverture. La mise en place des paroles bibliques, avec le psaume 139/3 qui le constituent s’inspire de l’Évangile du jouir qui s’en prend directement aux faux prophètes, l’un des thèmes favoris pour un prédicateur orthodoxe ».


DISTRIBUTION BWV 136

HARNONCOURT : Pour une exécution de la cantate BWV 136, le plus grand problème est celui posé par la voix désignée par le terme « corno »…. Bach utilise en effet très souvent la désignation « corno » pour des instruments destinés à renforcer le cantus firmus… la distribution de hautbois est elle aussi inhabituelle : normalement Bach requiert deux instruments similaires…»
NEUMANN. Alt, Tenor, Baß. – Chor. Horn (A) ; Oboe d’amore I, II ; Streicher ; B.c.
SCHMIEDER.Soli : Alto, Tenor, Basse. Chor : S, A, T, B. Instrumente. Oboe d‘amore I, II; Corno; Viol. I, II; Viola. Continuo.
SUZUKI : [à propos des parties (trois, selon la BGA.) du continuo] : « Les seuls instruments pour lesquels le chiffrage est nécessaire mais pas la transposition sont le clavecin et le luth. Il y a plusieurs exécutions pour ces parties, telles que le chiffrage fut ajouté pour une exécution ultérieure quelque part ailleurs ou que le chiffrage fut écrit seulement pour des fins de répétition mais, devant l’étendue du matériel en question, c’est l’opinion de l’auteur que l’emploi de l’orgue et d’autres instruments harmoniques en même temps, dans le but de varier l’exécution, devrait être soigneusement tenu en considération ».


APERÇU BWV 136

1] CHORSATZ. BWV 136/1
ERFORSCHE MICH, GOTT, UND ERFAHRE MEIN HERZ ; PRÜFE MICH UND ERFAHRE, WIE ICHS MEINE !

Sonde-moi, ô Dieu et éprouve-moi ; soumets-moi à l’épreuve et apprends mes pensées !

Psaume 139, 23 [PBJ. 932] : « Sonde-moi, ô Dieu, connais mon cœur, scrute-moi, connais mon soucis…»

La majeur (A Dur), 63 mesures, 12/8
BGA. XXVIII (28e année). Pages 139 à 151 | Cantate | Am archten Sonntage nach Trinitatis. Psaume 139, 23. | Dominica 8 post Trinitatis. | Corno. | Oboe I. | Oboe II. | Oboe II. d‘amore. | Violino I. | Violino II. | Viola. | Soprano. | Alto. | Tenore. | Basso. | Continuo.
NEUMANN. Chœur fugué avec ritournelle et épisodes insrumentaux intercalés. Parodie de ce chœur dans le Messe en la majeur BWV 234/6 „In gloria Dei Patris“ datée vers 1738. Ritournelle, mesures 1 à 6. Mesure 7, entrée des sopranos, etc.

BASSO [Jean-Sébastien Bach, tome 2, pages 292/293] : « structure monolithique en forme de fugue ; prenant en considération le « parallélisme » typique des hémistiches des psaumes, Bach a fondu les deux éléments du verset et présente les deux propositions simultanément (à partir de la mesure 12), toujours sous un dehors éclatant, soutenu par les interventions des instruments à vent (cor, hautbois et hautbois d’amour). ».
BOMBA : «…Le mouvement d’ouverture est une pièce affirmative, engageante avec un poids instrumental fort. Les violons et les hautbois concertent sur une base avançant à pas réguliers, le cor obligé vient ensuite se joindre à eux. Tout d’abord le soprano du chœur reprend le texte intégral sous forme de devises ; le caractère de ce passage bien précis ne pourrait que très difficilement être intégré dans une cantate profane. Une fugue se développe à partir de la répétition du sujet. Après un intermède, la basse reprend le sujet, les autres voix déclament le texte et l’insèrent dans cette récitation avant de poursuivre la fugue relevée alors par le cor. Finalement Bach accentue les mots « prüfe michéprouve-moi » par de longues notes et une déclamation homophone…»
BOYER [Les cantates sacrées de Jean-Sébastien Bach] : «…partie virtuose du cor ».
CANTAGREL [Les cantates de J.-S. Bach.] : «…Le texte est une libre traduction du psaume 139, 23. Ce chœur d’entrée est un bloc massif, amplement développé, constitué de deux fugues séparées par un bref épisode de transition, encadrées au début et à la fin par une sinfonia instrumentale. Le riche tissu instrumental du tutti s’y répand en longues arabesques, tandis que le cor, dès la première mesure énonce clairement ce qui sera le sujet des deux fugues sur les mots Erforsche mich (Sonde-moi). Ce motif sera ensuite à nouveau énoncé par les sopranos, avant que ne s’élance la première fugue vocale… suivie après une transition de trois mesures d’une deuxième fugue toujours sur le même sujet ».
GARDINER : « Il y a quelque chose d’un peu suspect dans la version de cette cantate qui nous est parvenue. Prenons par exemple le chœur initial, très développé et de forme fuguée. Écrit dans la tonalité lumineuse de la majeur, il est mi-festif – en témoigne l’appel de cor qui annonce le thème principal – mi-pastoral, avec son réconfortant motif de doubles croches à 12/8. Mais quel rapport avec la tonalité sérieuse, pénitentielle, de la première strophe du psaume 139 ?… Même les implorations magnifiquement ouvragées de « Prüfe mich – éprouve-moi » et le déploiement d’une polyphonie plus mouvementée suffisent à peine à perturber les aimables rotations de cette roue de prière… Quelle est la fonction de l’exposition isolée et anticipée du motif vocal de tête, suivi d’une mesure et demie de musique instrumentale supplémentaire avant que la fugue ne se mette en mouvement ? Le fait que le sujet de la fugue soit plus souvent assigné aux voix extérieures qu’aux voix intérieures doit-il suggérer une version originale antérieure (perdue) destinée à un nombre inférieure de parties vocales et (plus conjectural) sur un texte différent et probablement profane…»
ISOYAMA : «…le premier chœur, de caractère pastorale, est en la majeur…chante d’aller de bonne grâce vers le jugement de Dieu. Un cor ajoute ensuite ses ornements et, peu après, une fugue s’engage. La musique repose sur le même matériel que le mouvement final de la Messe en la majeur BWV 234 ; les deux se développèrent probablement à partir de la même œuvre originale ».
LEMAÎTRE : «…la présence du cor dans l’introduction et l’indépendance de la partie de violon I accentuent le côté concertant de la pièce ». 
MACIA [Tout Bach, page 203] : «…Seule morceau de tonalité majeure, il avance avec grâce sur une mesure à 12/8 et sur une parure orchestrale concertante avec un hautbois et un cor très actifs. Le texte est exposé sur une fugue vivace du plus bel effet. L’examen des parties originales laisse penser que ce morceau et d’autres de la cantate proviennent d’œuvres antérieures non identifiées ou perdues ».
NYS, Carl de : « En écoutant attentivement le premier chœur, on peut se faire une idée de l’œuvre originale : il paraît évident que la ritournelle instrumentale du début avec son solo de cor n’était pas destinée à introduire une vraie fugue, mais avec une composition beaucoup plus concertante que contrapuntique ; sentiment qui s’accentue encore lorsqu’on voit la conduite des voix dans la première partie du chœur…»
SCHUHMACHER : «…une fugue étendue, dans laquelle le texte entier est dès le début mis en musique, ouvre la cantate. Il n’en résulte que peu de tentatives d’interprétation musicale des paroles ».
WHITTAKER [The Cantatas of Johann Sebastian Bach, tome 1, page 229] : [on s’étonne, une fois n’est pas coutume des propos « négatifs » que Whittaker a porté sur cette cantate] : « Le premier chœur de la cantate BWV 136 est intéressant jusqu’à un certain point mais n’est pas de la meilleure qualité. Il doit provenir d’un ouvrage antérieur car texte et musique n’ont pas de qualité particulière qui le soutienne. Bach l’utilisa à nouveau dans le « Cum Sancto Spiritu » de sa brève messe en la majeur [BWV 234/6] ». [page 349] : «…Un autre texte doit être à l’origine de ce mouvement…. la musique ne paraît pas non plus d’un intérêt particulier… il y de bons moments sans doute auquel Bach n’est pas étranger mais, en dépit d’un splendide et animé contrepoint, on « n’accroche pas ».
WIJNEN : «…Le chœur d’ouverture… reprend la prière du Psaume 139 dans une écriture fuguée que précèdent les sopranos énonçant le thème à proprement parler. Certains commentateurs ont avancé que ce chœur provenait d’une cantate plus ancienne, mais il se prête à merveille au sujet présent ; Bach le réutilisa d’ailleurs dans la Messe en la majeur BWV 234…»
 

2] REZITATIV TENOR. BWV 136/2
ACH, DAß DER FLUCH, SO DORT DIE ERDE SCHLÄGT, / AUCH DERER [R Wustmann : „zugfleich der“] MENSCHEN HERZ GETROGEN ! / WER KANN AUF GUTE FRÜCHTE HOFFEN, / DA DIESER FLUCH BIS IN DIE SEELE DRINGET, / SO DAß SIE SÜNDENDORNEN BRINGET, / UND LASTERDISTELN TRÄGT. | DOCH WOLLEN SICH OFTMALS DIE KINDER DER HÖLLEN / IN ENGEL DES LICHTES VERSTELLEN ; / MAN SOLL BEI DEM VERDERBTEN WESEN / VON DIESEN DORNEN TRAUBEN LESEN. | EIN WOLF WILL SICH MIT REINER WOLLE DECKEN ; / DOCH BRICHT EIN TAG HEREIN, / DER WIRD, IHR HEUCHLER EUCH EIN SCHRECKEN, / JA UNERTRÄGLICH SEIN.

Hélas, la malédiction qui frappe la terre / a également atteint le cœur des hommes qui l’habitent ! / Qui peut espérer de bons fruits / lorsque cette malédiction pénètre jusqu’à l’âme, / si bien que celle-ci produit les épines du péché / et porte les ronces du vice. / Pourtant les enfants de l’enfer / veulent souvent se déguiser en anges de la lumière ; / Dans l’être corrompu il faut / vendanger ces épines. / Un loup veut se vêtir d’une pure toison de laine ; / Mais un jour approche / qui aux hypocrites que vous êtes sera épouvante, / qui vous sera intolérable.

Dans la ligne de l‘Évangile lu ce dimanche, celui du Sermon sur la montagne dans Matthieu 7, 15 à 23 « mise en garde contre les faux prophètes » , ce texte peut se rapprocher de celui du psaume 12 [PBJ. 811] aux versets 3 et 4 : «…ils ne font que mentir chacun à son prochain, lèvres trompeuses, langage d’un cœur double…Que Yahvé retranche toute lèvre trompeuse…». Alfred Dürr renvoie aussi au Livre de la Genèse 3, 17/18 [PBJ. 18] : « Maudit soit le sol à cause de toi…»

Si mineur (h moll) → ut dièse mineur (cis), 18 mesures, C
BGA. XXVIII (28e année). Page 152 | RECITATIV. | Tenore. | Continuo.
NEUMANN. Récitatif secco. Ténor.

BOMBA : «…le récitatif commence par un accord diminué – renvoi à la malédiction aussitôt après. Bach invente une conduite en continuo d’un volume spectaculaire pour illustrer le mot final « unerträglich seinvous sera insupportable ».
BOYER [Les mélodies de chorals dans les cantates de J.-S. Bach. pages 359/360] : « les épines du péché… les ronces du vice… les enfants de l’enfer… anges de la lumière… Un loup veut se vêtir d’une pure toison de laine…. Images chères à la rhétoriques baroques… qui dénoncent la ruse et l’hypocrisie…»  
MACIA [Tout Bach, page 203] : «…Sur une harmonie instable, le ténor chante un long récitatif qui fait le lien entre le péché originel et la corruption moderne ou les tentations démoniaques ».
[Dans cette cantate la phrase « Un loup veut se vêtir d’une pure toison de laine » est à rapprocher de celui très proche de la cantate BWV 24/4 : « On dissimule le loup en soi pour ne montrer que la toison du mouton ».


3] ARIE ALT. BWV 136/3
ES KÖMMT EIN TAG, / SO DAS VERBORGNE RICHTET, / VOR DEM DIE HEUCHELEI ERZITTERN MAG. | DENN SEINES EIFERS GRIMM VERNICHTET, / WAS HEUCHELEI UND LIST ERDICHTET.
Le jour vient / qui juge cela même qui est dissimulé, / un jour devant lequel peut trembler l’hypocrisie / car l’ardeur de son courroux détruit / ce qu’ont inventé l’hypocrisie et la ruse.

Fa dièse mineur (fis), 60 mesures, C, 12/8 (presto), C (adagio)
BGA. XXVIII (28e année). Pages 153 à 156 | Oboe I. d‘amore. | Alto. | Continuo. Marqué Presto (mesure 29 à 37) à 12/8 – Adagio (mesures 38 à 62).
NEUMANN. Trio. Hautbois d‘amour I, Alto, B.c. Libre de capo.

BOMBA : «…le geste intime de l’air d’alto est plutôt neutre vis à vis du texte. Ce n’est que la partie centrale (presto) (qui a été certainement une nouvelle composition) qui accentue l’émotion dramatique et sous-tend les mots « Eifers Grimm vernichtencar son courroux ardent détruit »
CANTAGREL [Les cantates de J.-S. Bach.] : «…Magnifique trio pour hautbois d’amour, voix d’alto et basse continue qu’ouvre et referme une ritournelle effusive aux longues phrases ornementales… Quoique de construction tripartite ABA’, il s’agit en fait d’une longue méditation continue (A se poursuivant en A’), interrompue en son centre par un épisode (B) relevant davantage du récitatif que de l’aria… Marqué presto, passant en mètre ternaire (mesure à 12/8), c’est tout à coup une évocation du jugement dernier et de la condamnation de l’hypocrisie –ce terme de Heuchelei sans cesse répété… l’étude des sources montre que si l’aria est issue d’une œuvre antérieure, son épisode central, lui, a bien été composé pour l’exécution de 1723 ». 
HIRSCH : Les mots « Es kömmt ein Tagle jour vient » sont chantés à neuf reprises. Symbolique du chiffre « 9 » pour la neuvième heure, celle de la Crucifixion (am Kreuz)
ISOYAMA : «…une aria d’alto au son d’une marche empressée au milieu de la beauté de l’accompagnement du hautbois d’amour… Dans la section intermédiaire, la crainte de Dieu se manifeste ».
MACIA [Tout Bach, page 203] : «…commencé adagio, l’air passe à un presto dans sa partie centrale où est évoqué le courroux divin qui va détruire les hypocrites…»
NYS, Carl de : «... C’est sans doute le nouveau texte qui a fait introduire dans l’aria pour alto la partie centrale presto, mais il est évident que la musique originale avec son hautbois d’amour convient parfaitement au texte que l’on entend ici…»  
SCHUHMACHER : «…l’air renvoie au Jugement dernier, lors duquel tremble l’hypocrisie - cette idée domine l’interprétation musicale du texte, renforcée par l’insertion des mesures Presto qui, d’après l’examen des sources, furent manifestement composées expressément en 1723 et dans lesquelles l’anéantissement de l’œuvre de l’hypocrisie est représenté comme intensification…»
WIJNEN : «…l’alto chante une aria accompagnée d’une merveilleuse mélodie de hautbois d’amour dans laquelle le mot « erzitterntrembler » subit un traitement quasi visuel ». 
[Emploi fréquent du mot „die Heuchelei –l‘hypocrisie“. Voir par exemple la cantate BWV 24/4].


4] REZITATIV BAß. BWV 136/4
DIE HIMMEL SELBER SIND NICHT REIN, / WIE SOLL ES NUN EIN MENSCH VOR DIESEM RICHTER SEIN ? / DOCH, WER DURCH JESU BLUT GEREINIGT, / IM GLAUBEN SICH MIT IHM VEREINIGT, / WEIß DAß ER IHM KEIN HARTES URTEIL SPRICHT. / KRÄNKT IHN DIE SÜNDE NOCH, / DER MANGEL SEINER WERKE, / ER HAT IN CHRISTO DOCH / GERECHTIGKEIT UND STÄRKE.

Si les cieux ne sont pas purs devant lui, / comment le serait alors un être humain devant un tel juge ! / Celui qui pourtant, purifié par le sang de Jésus, / s’unit à lui dans la foi / sait qu’il ne le jugera pas durement. / Si le péché, l’imperfection de ses œuvres / continuent à le mortifier, / il a pourtant en Jésus-Christ / justice et force.

Alfred Dürr et Werner Neumann renvoient à la citation biblique « Job 15, 15 [PBJ. 772] : « A ses Saints mêmes Dieu ne fait pas confiance et les Cieux ne sont pas purs à ses yeux ». Dans la cantate : « Si les cieux ne sont pas purs devant lui…»

Si mineur (h moll) → si mineur (h moll), 14 mesures, C
BGA. XXVIII (28e année). Page 157 | RECITATIV. | Basso. | Continuo.
NEUMANN. Récitatif secco avec arioso final.

BOMBA : «…Dans le récitatif de basse, ce sont les paroles finales à nouveau qui jouissent pour ainsi dire d’un traitement à caractère de résumé. Bach donne un poids particulier à « Gerechtigkeit und Stärkejustice et force » par un arioso sur le continuo en marche ».
SCHUHMACHER : «…Le récitatif apporte le passage au Nouveau Testament et s’appuie vers la fin sur le façonnement figuratif des termes « justice et force - Gerechtigkeit und Stärke ».


 5] ARIE (DUETT), TENOR, BAß. BWV 136/5
UNS TREFFEN ZWAR DER SÜNDEN FLECKEN, / SO ADAMS FALL AUF UNS GEBRACHT. | ALLEIN, WER SICH ZU JESU WUNDEN, / DEM GROßEN STROM [R. Wustmann (Rust) : „Dem Gnadenstrom“] VOLL BLUT GEFUNDEN, / WIRD DADURCH WIEDER REIN GEMACHT.

Il est vrai que nous portons les souillures du péché / que nous a valu la chute d’Adam. / Seul celui qui aura trouvé le chemin des plaies de Jésus, / du grand fleuve rempli de sang / sera par là purifié.

Alfred Dürr renvoie successivement à l’Épître aux Romains 5, 14 [PBJ. 1675] : Adam et Jésus Christ : « Cependant la mort a régné d’Adam à Moïse même sur ceux qui n’avaient point péché d’une transgression semblable à celle d’Adam, figure de celui qui devait venir…» et à la première Épître aux Corinthiens 15, 22 et 45 [PBJ. 1705] : « De même en effet que tous meurent en Adam, tous aussi revivront dans le Christ…»

Si mineur (h moll), 61 mesures,12/8
BGA. XXVIII (28e année). Pages 157 à 163 | ARIE. | Violino I. II. all‘ unisono. | Tenore. | Basso. | Continuo.
NEUMANN. Quatuor : Violons, ténor, Basse, B.c. Forme bipartite avec ritournelles.

BASSO [Jean-Sébastien Bach, tome 2, page 274] : Rythme de danse. [page 293] : «…Bach situe ce numéro dans un climat pastoral (à 12/8)… avec deux violons concertant à l’unisson et de forme tripartite ».
BOMBA : «…Le lien entre la mort salvatrice de Jésus et le péché original d’Adam semble l’intéresser [Bach] particulièrement. Une fois de plus le caractère de musique de sermon de la cantate est mis nettement en relief dans ce morceau »…l’air est interprété vers après vers, jouant en alternances entre les imitations contrapuntiques et les rencontres parallèles. Bach déploie l’effectif composé de deux violons unisono pour les intermèdes et le cadre musical. Là où il est question de « großen Stromfleuve de grâce », des vocalises interprétées par les deux registres vocaux, les unes après les autres et parallèlement, symbolisent ces paroles ; le mot cible « rein purifié » bénéficie de la note la plus élevée de cet air en ténor ».
CANTAGREL [Les cantates de J.-S. Bach.] : «…Cette aria en quatuor… est structurée en deux parties bien séparées, pour souligner nettement l’antithèse du texte : l’humanité est marquée par le péché originel, mais celui qui a la foi en sera lavé. Les lignes mélodiques des deux chanteurs font alterner des sections en imitations et d’autres en homophonie, commentées aux violons par le motif de ritournelles, et surtout, elles abondent en figuralismes explicites. Ainsi , les mouvements descendants de la première partie, dans la tonalité de si mineur… profil mélodique de la chute d’Adam (Adams Fall), un intervalle de septième descendante parcouru en trois bonds et répété pour les mots qui suivent, « nous a valu – auf uns gebracht », puis les doubles croches descendantes pour la chute et les mouvements tortueux… « péchéFlecken ». Dans la seconde partie… c’est principalement le grand fleuve (Strom) de sang qui sollicite du compositeur de très longues vocalises de doubles croches… »
 GARDINER : « La chute d’Adam, origine de la souillure du péché est évoquée dans le duo… faisant entendre ténor et basse avec violons à l’unisson…»
ISOYAMA : «…Le duo commence par une ritournelle agréable et continue avec le développement d’un canon aux progressions parallèles ».
MACIA [Tout Bach, page 203] : «…La dernière aria est un duo pour ténor et basse en si mineur, qui prend sa source dans Matthieu et souligne que la souillure venue d’Adam sera purifiée par le « grand fleuve rempli de sang » illustré par des sextolets de doubles croches. Y figurent également des modulation sur « Jesu Wunden ». Néanmoins, une ritournelle allante aux violons crée un climat joyeux, tandis que les voix sont traitées en canon à progression parallèle ». 
NYS, Carl de : « La parodie apparaît plus clairement dans le duo : le texte n’incitait nullement à un chant par deux interprètes et, d’autre part , cette page en si mineur rappelle fortement avec sa partie de violon concertant, la facture des duos de cantates profanes de l’époque de Coethen ».
SCHUHMACHER : «…L’air … fait ressortir « les souillures du péchés » et la « chute d’Adam » au moyen de figures symboliques aux violons, aux voix solo et au continuo, mais c’est le « grand fleuve de sang » qui prévaut ».
WIJNEN : «…bel arioso confié au duo ténor-basse qu’orne le violon, des dessins tombants sur les mots « Adams Fall » et de longues guirlandes sur « Stromfleuve ». 


6] CHORAL. BWV 136/6
DEIN BLUT, DER EDLE SAFT, | HAT SOLCHE STÄRK UND KRAFT, | DAß AUCH EIN TRÖPFLEIN KLEINE / DIE GANZE WELT KANN REINE, | JA, GAR AUS TEUFELS RACHEN | FREI, LOS UND LEDIG MACHEN.

Ton sang, noble sève, / a tant de force et de pouvoir / qu’une seule petite goutte / peut purifier le monde entier, / et même nous libérer, nous délivrer, nous affranchir / du diable et de l’enfer.

Neuvième strophe du cantique Wo soll ich fliehen hin qui en comporte onze (de six vers chacune), de Johann Heerman, publié en 1630 .
La mélodie est tirée d’une chanson profane de Jacob Regnart (1540-1599) « Venus, du und dein Kind », vers 1574 à Nuremberg. Selon Thomas Braatz et Aryeh Oron (BCW : août 2005 – mars 2008), le moment de l’association entre la mélodie de Regnart et le cantique de Heermann est difficile à déterminer. Du profane au cantique spirituel, elle paraît vers 1605 à Wittenberg dans un recueil du compositeur Bartholomaus Gesius mais on connaît aussi les recueils de Melchior Vulpius (Jena 1609) ou de Johann Hermann Schein (Leipzig, 1627).
La mélodie et le texte de ce même cantique, renvoient à la cantate BWV 5 dont c’est le titre éponyme, aux strophes 1, 2, 11 et à la cantate BWV 89/6 avec la strophe 7 ; sur un autre texte à la cantate BWV 148/6. Renvoi à EKG 418 et aux BWV 646 (Choral Schübler) 694 (Kirnberger), 744 (choral isolé).
Autres compositeurs ayant utilisé ce cantique et sa mélodie : Buxtehude (cantate BUXWV 112) ; Telemann (cantate TWV1 : 1724), Johann Ludwig Krebs, etc.
La troisième et la onzième strophe de ce cantique, associées à la mélodie Auf meinen lieben Gott de Caspar von Stieler ont été utilisées dans les cantates BWV 199/6 et BWV 163/6. Renvoi à EKG 289.

Si mineur (h moll), 12 mesures, C
BGA. XXVIII (28e année). Page 164 | CHORAL. (Melodie : „Auf meinen lieben Gott“ oder: „Wo soll ich fliehen hin“) | Violino I. | Soprano. / Corno, Oboe I. II. col Soprano. | Alto. / Violino II. coll‘ Alto. | Tenore. / Viola col Tenore. | Basso. | Continuo. (bassi / Organo).
NEUMANN. Simple choral harmonisé. Mélodie „Auf meinen lieben Gott“, identique à celle du cantique Wo soll ich fliehen hin ?

BOMBA : «…Dans le choral final, Bach… fait monter et descendre la basse de fond sur un octave et sur les mots « die ganze Weltle monde entier. »
BOYER [ Les cantates sacrées de Jean-Sébastien Bach] : «…choral harmonisé de type I sur mélodie de choral (MDC) 010. Partie indépendante de violon ».
[Les mélodies de chorals dans les cantates de J.-S. Bach. pages 359/360] : «… le choral final n’a pas le dépouillement habituel. En effet, une cinquième partie, partie indépendante confiée au violon, vient compléter l’ensemble. Planant nettement au-dessus de la voix de soprano et circulant en croches très souvent descendantes, cette partie semble s’opposer à la marche péniblement ascendante de l’incipit du cantus firmus. On peut y voir une descente de l’Esprit Saint en protection des redoutables dangers du péché, du diable et de l’enfer. La voix de soprano est doublée par le cor et les deux hautbois, la voix d’alto par celle du second violon, la voix de ténor par l’alto, la voix de basse par celle du continuo mais un octave plus bas dans son incipit ».
CANTAGREL [Les cantates de J.-S. Bach.] : «…A l’harmonisation homophone à quatre parties s’ajoute l’ornementation d’une partie supplémentaire confiée aux premiers violons, tandis que le soprano est doublé par le cor, le hautbois et le hautbois d’amour ».  
LEMAÎTRE : « L’indépendance du premier violon transforme le simple choral final en une page à cinq parties réelles…»
NYS, Carl de : «…la cantate se termine avec la neuvième strophe du choral de Johann Heerman sur la mélodie Auf meinem lieben Gott (superposition de symbolismes) mise en valeur par une partie de violon concertant ».
 

BIBLIOGRAPHIE BWV 136

BACH CANTATAS WEBSITE :
AMG (All Music Guide) : Notice par James Leonard.
BRAATZ, Thomas : Mélodie du choral “Wo soll fliehen hin”. En collaboration avec Aryeh Oron (août 2005 – mars 2008).
BROWNE, Francis : Texte du choral Wo soll ich fliehen hin. Les onze strophes en allemand et anglais. Août 2005.
CROUCH, Simon : Notice 1996 & 1998.
EMMANANUEL MUSIC : Notice de Craig Smith.
MINCHAM, Julian: The Cantatas of Johann Sebastian Bach. 2010.
ORON, Aryeh : Discussions 1] 13 août 2000. – 2] 14 août 2005. Prévision : 28 août 2011.
Mélodie du choral “Wo soll fliehen hin”. En collaboration avec Thomas Braatz (août 2005 – mars 2008).

BACH COMPENDIUM ou Répertoire analytique et bibliographique des œuvres de Jean-Sébastien Bach. Hans Joachim Schulze et Christoph Wolff = Bach-Compendium : analytisch-Bibliographisches Repertorium der œuvre Johann Sebastian Bach. Editions Peters. Francfort-sur-le Main. 1985. BWV 136 = BC A 111.
BASSO, Alberto : Jean-Sébastien Bach. Edizioni di Torino. 1979. Fayard 1984-1985. Volume 1, pages 34, 96, 158
Volume 2, 253, 268, 274, 279, 281, 292/293, 837 et 850
BOMBA, Andreas : Notice de l’enregistrement Hänssler / Rilling / edition bachakademie, volume 43. 1999
BOYER, Henri : Les cantates sacrées de Jean-Sébastien Bach. L’Harmattan 2002. Page 260
: Les mélodies de chorals dans les cantates de J.-S. Bach. L’Harmattan 2003. Page 58, 114, 359/360
BREITKOPF. Recueils :
Breitkopf n° 10 : 371 Vierstimmige Choragesänge. C. Ph. E. Bach – KJ. Ph. Kirnberger (sans date). N° 303
Breitkopf n° 3765 : 389 Choralgesänge für vierstimmigen gemischten Chor (sans date). Classement alphabétique. N° 26 (25, 27 à 29)
CANTAGREL, Gilles : Critique volume 11 Rilling / Erato « Les Grandes cantates ». Revue Diapason, août 1981
: Les cantates de J.-S. Bach. Fayard. 2010. Pages 775 à 779
: Tempéraments, Tonalités, Affects. Un exemple : si mineur. In Jean-Sébastien Bach. Ostinato rigore
Revue internationale d’études musicales. N° 16. Jean Michel Place. 2001. Page 43 [BWV 136/5]
CHAILLEY, Jacques: Les chorals pour orgue de Jean-Sébastien Bach. A. Leduc 1974. Pages 259/260.
Le choral Schübler BWV 646 et le choral (Kirnberger) BWV 694
COLLECTIF : Tout Bach. Ouvrage publié sous la direction de Bertrand Dermoncourt. Robert Laffont – Bouquins. Novembre 2009
Jean-Luc Macia : Cantates d’église. Page 203
DÜRR, Alfred : Die Kantaten von J.-S. Bach. Bärenreiter. Kassel 1974. Tome 2, pages 379 à 382
EKG : Evangelisches Kirchen-Gesangbuch. Verlag Merfburger Berlin. 1951. Ausgabe für die Evangelische Kirche in Berlin-Brandenburg
Dans les références bibliques, apparaît sous l’abréviation « EKG ».
GEIRINGER, Karl : Jean-Sébastien Bach. Le Seuil 1966. Page 209
HARNONCOURT ; Nikolaus : Remarques sur l’exécution. Teldec, volume 34. 1983
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HIRSCH, Arthur : Die Zahl im Kantatenwerk Johann Sebastian Bachs. Hänssler HR 24.015. 1ère édition 1986. CN 44, pages 25, 31 et 95
: Notice de l’enregistrement d’Helmuth Rilling (Laudate 98693). En collaboration avec Marianne Helms. 1982.
ISOYAMA, Tadashi : Notice de l’enregistrement de Masaaki Suzuki, volume 11. 1999
LEMAÎTRE, Edmond : La Musique sacrée et chorale profane. L’Âge baroque 1600-1750 ». Fayard. Les Indispensables de la musique.
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LYON, James : Johann Sebastian Bach. Chorals. Sources hymnologiques des mélodies, des textes et des théologies
Beauchesne. Octobre 2005. Pages 78 et 96/97. Incipit de la mélodie « Venus du und dein » = M 132, page 281
NEUMANN, Werner : Handbuch der Kantaten Johann Sebastian Bachs. Breitkopf & Härtel Musikverlag Leipzig 1971. Pages 154/155
Literaturverzeichnis : 52 (Schering).
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: Sämtliche von J. S. Bach vertonte Texte. VEB Leipzig 1974. Pages 112/113
NYS, Carl de : Notice de l’enregistrement Rilling / Erato (volume 11) 1978-1982 PETITE BIBLE DE JÉRUSALEM : Desclée de Brouwer. Editions du Cerf, Paris, 1955
Dans les références bibliques, apparaît sous l’abréviation « PBJ ».
PIRRO, André : J.-S. Bach. Alcan, Paris. 5e édition. 1919. Page 125
PIRRO, André : L'esthétique de Jean-Sébastien Bach. Fischbacher 1907. Minkoff Reprint Genève 1973. Page 460
SCHERING, Arnold :W. Neumann : Literaturverzeichnis 52] Über Bachs Parodieverfahren, in BJ 1921, pages 49 à 95
SCHMIEDER, Wolfgang : Thematisch-Systematiches Verzeichnis der Werke Joh. Seb. Bachs (BWV). Breitkopf & Härtel 1950-1973-1998
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SPITTA, Philipp : Johann Sebastian Bach. Sous-titré : « His Work and influence on the Music of Germany 1685-1750 ».
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SUZUKI, Masaaki : De l’emploi du continuo dans les cantates BWV 136 et 46. Enregistrement BIS volume 11. 1999
WESTRUP, Jack. A., Sir : Bach Cantatas. BBC Publications. 1966-1975. Page 54
WHITTAKER, W. Gillies : The Cantatas of Johann Sebastian Bach. Sacred & Secular Oxford U.P. 1959-1985
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WIJNEN, Dingeman van : Notice (sur CD, page 82) de l’enregistrement de Pieter Jan Leusink. 2006
WOLFF, Christoph : Notice de l’enregistrement de Ton Koopman. Volume 7. 1998
WUSTMANN, Rudolf : J.S. Bachs geistliche und weltliche Kantatentexte. Breitkopf & Härtel, 1913-1967. Pages 186/187
ZWANG, Philippe et Gérard : Guide pratique des cantates de Bach. R. Laffont 1982. ZK 35, pages 94/95
Réédition révisée et augmentée. L’Harmattan 2005


DISCOGRAPHIE BWV 136

BACH CANTATAS WEBSITE : 
Discographie établie par Aryeh Oron. Elle est ici proposée sous une forme sensiblement allégée avec, parfois, quelques précisions relatives aux références et aux dates. Les numéros 1] et suivants indiquent l’ordre chronologique de parution des enregistrements.
 
Sept références (août 2000 – mai 2011).
Exemples musicaux (avril 2003 – janvier 2005).

7] GARDINER (volume 5). Monteverdi Choir. English Baroque Soloists. Contre-ténor : Robin Tyson. Ténor : Christoph Genz.
Basse : Brindley Sherrat. Bach Cantata Pilgrimage Christkirche, Rendsburg (D). 13 août 2000
CD Soli Deo Gloria (SDG 147). 2008. Avec cantates BWV 178, 45, 46, 101 et 102.
3] HARNONCOURT (volume 34). Tölzer Knabenchor. Leitung Schmitt-Gaden. Concentus Musicus Wien. Alto : Paul Esswood.
Ténor : Kurt Equiluz. Basse : Walter Heldwein. 1983. Durée : 16’43
Disque Teldec 6.35608-00-501-503 (SKW 34/1-2) Das Kantatenwerk (volume 34). [disque paru avant le volume 33, de 1984]
CD (D) Teldec 4509 91761 2. Das Kantatenwerk - Sacred cantatas Volume 7. 1983. Cantates BWV 119 à 137
CD Teldec 242619-2 ZL Das Kantatenwerk (volume 34)
Reprise Bach 2000. Teldec, volume 3. Coffret de 15 CD. Septembre 1999. Cantates BWV 100 à 117. BWV 119 à 140. BWV 143 à 149
Reprise CD Warner Classics 8573-811168-5. Intégrale en CD séparés, volume 42. 2007
1] HELLMANN, Diethard. Mainz Christuskirche. Orch. Bach de Mayence. Alto : Ortrum Wenkel. Ténor : Theo Altmeyer. Bass: Gerhard
Faulstich. 1960. Disque Cantate. Avec la cantate BWV 138
4] KOOPMAN (volume 7). Amsterdam Baroque Orchestra & Choir. Alto : Bogna Bartosz. Ténor : Gerd Türk. Basse Kllaus Mertens.
Waalse Kerk. Amsterdam (NL), septembre et octobre 1997. Durée : 14’51
CD Erato 3984-23141 2. 1998. Reprise sous label Antoine Marchand Challenge Classic CC 72207
5] LEUSINK. Holland Boys Choir. Netherlands Bach Collegium. Alto : Sytse Buwalda. Ténor : Nico van der Meel. Basse : Bas Ramselaar.
Durée : 15’53. Église Saint-Nicolas d’Elburg (NL). Janvier et février 2000.
CD Bach Edition. 2000. Brilliant Classics. Volume 15. Cantates volume 8. VIII/5 99374/105]
Reprise Bach Edition. 2006. CD Brilliant Classics IV – 93102 10/86
Cette réédition 2006 a fait l‘objet en 2010 d‘un nouveau tirage „augmenté“ (157 CD) + les partitions et 2 DVD proposant les Passions
selon saint Jean et saint Matthieu.
2] RILLING. Gächinger Kantorei. Bach-Collegium Stuttgart. Alto : Helen Watts. Ténor : Kurt Equiluz. Basse : Niklaus Tüller.
Enregistré en septembre 1977 et janvier 1978. Durée : 16’06
Disque (D). Die Bach Kantate. Hänssler Verlag. Laudate 98693. Avec la cantate BWV 24
Disque Erato STU 71377. Les grandes cantates (volume 11). Coffret, 3 disques. 1982. Avec les cantates BWV 64 et 190
CD. Die Bach Kantate (volume 44). Hänssler Classic. Laudate 98897. 1982 Avec les cantates BWV 187, 178
CD. Hänssler edition bachakademie (volume 43). Hänssler-Verlag 92.043. 1999
5] SUZUKI (volume 11). Bach Collegium Japan. Kobe Shoin Women’s University Chapel. Japan, septembre 1998.
Soprano : Kai Wessel. Ténor : Makoto Sakurada. Basse : Peter Kooy. Durée : 14’50
CD BIS 991 Cantatas from Leipzig 1723. .Avec les cantates BWV 46, 95 et 138


MOUVEMENTS INDIVIDUELS BWV 136

M-1. Mvt. 6] Hans Pflugbeil. Greifswalde Bach Tage Choir/ Bach-Orchester Berlin. Enregistré dans les années 1950-1960.
Reprise en CD sous label Baroque Music Club « Soli Deo Gloria, volume 8.
M-2. Mvt. 6] Ton Koopman. Violoncelle baroque : Yo-Yo Ma. Août 1998, Leiden (NL). CD Sony Classics « Simply Baroque ».
M-3. Mvt. 6] Hilliard Ensemble. Monastère de Saint-Gerold (Autriche), septembre 2000. CD ECM New Series.
M-4. Mvt. 6] Albrecht Mayer. Trinity Baroque Choir. The English Concert. Londres, 2 au 6 mars 2009. CD Decca 478517.


C. Role. Juillet 2011

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Last update: July 28, 2011 19:30:00