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C. Role. Février 2011
CANTATE BWV 168
TUE RECHNUNG ! DONNERWORT
Rends tes comptes ! Parole foudroyante
CANTATE ZUM 9. SONNTAG NACH TRINITATIS
Cantate pour le 9e dimanche après la Trinité
Leipzig, 29 juillet 1725
AVERTISSEMENT

Cette notice dédiée à une cantate de Bach tend à rassembler des textes (essentiellement de langue française), des notes, voire des critiques discographiques souvent introuvables ou difficilement accessibles aujourd’hui (2010). Le but est de donner à lire un ensemble cohérent d’informations et de proposer aux amateurs et mélomanes francophones un panorama élargi et espéré parfois inédit de cette partie de l’œuvre vocale de Bach. Outre les quelques  interventions « CR » identifiées par des parenthèses [...] le rédacteur précise qu’il a toujours pris le soin jaloux de signaler sans ambiguïté le nom des auteurs sélectionnés. A cet effet il a indiqué clairement, entre guillemets «…» toutes les citations fragmentaires tirées de leurs travaux. Rendons à César...

ABRÉVIATIONS
(A) = la majeur
(B) = si bémol majeur
BB / SPK = Bach Bibliothek / Staatsbibliothek Preussicher Kulturbesitz
B.c. = Basse continue ou continuo
BCW = Bach Cantatas Website
BD = Bach-Dokumente (4 volumes, 1975)
BG = Bach-Gesellschaft = Société Bach (Leipzig, 1851-1899). J. S. Bach Werke. Gesamtausgabe (édition d’ensemble) der Bachgesellschaft
BJ = Bach-Jahrbuch
(C) = ut majeur. (c) = ut mineur
D = Deutschland
(D) = Ré majeur – (d) = ré mineur
(E) = (mi – (Es) = mi bémol majeur
EKG = Evangelisches Kirchen-Gesangbuch.
(F) = fa
(G) = Sol majeur. (g) = sol mineur
GB = Angleterre / Grande Bretagne
(H) = si
NBA = Neue Bach Ausgabe (nouvelle publication de l’œuvre de Bach à partir des années 1954-1955)
NBG = Neue Bach Gesellschatf = Nouvelle société Bach (fondée en 1900)
Ost = Original Stimmen
P = Partition = Partitur
PBJ = Petite Bible de Jérusalem
PKB = Preußicher Kulturbesitz, Staatsbibliothek, Berlin
St. = Parties séparées = Stimmen

La première lettre -en gras- d’un mot du texte de la cantate indique la majuscule de la langue allemande. Dans le corps de ce même texte allemand, le mot ou groupe de mots mis en italiques désignent un affect particulier ou un « accident remarquable.


DATATION BWV 168

9e dimanche après la Trinité. Leipzig 29 juillet 1725.
BASSO [Jean-Sébastien Bach.tome 1, page 407] : « On suppose que les trois cantates BWV 72, 168 et 164 – dont on ne connaît que la version mise au point pour Leipzig – avaient en réalité déjà été écrites pour Weimar (comme on pourrait d’ailleurs le déduire du fait que les textes appartiennent à une année de cantates de Salomo Franck déjà largement utilisée par Bach à l’époque où il était au service du duc Guillaume Ernest)…» [volume 2, page 258] : Alberto Basso, pour une première exécution, suggère la date du 9 août 1716 à Weimar…
[tome 2, page 403] : « Cette supposition n’est confirmée par aucune pièce d’archives dont nous disposons, et Dürr préfère conclure, simplement , que si ces deux œuvres [BWV 164 et 168] ne furent pas écrites in toto à Leipzig, elles y furent à coup sûr si bien remaniées que l’on peut à juste titre parler de « nouveautés ».
BRAATZ [BCW]. Il est possible qu’une nouvelle exécution fut faite l’année suivante, le 18 août 1726 [9e dimanche après la Trinité 1726] Autre exécution 1746…1749 ? CANTAGREL [Les cantates de J.-S. Bach] : « Le fait que la cantate soit composée sur un livret de Salomo Franck… et dont Bach utilisa alors de nombreux textes… laisse supposer qu’elle ait fait partie de la quarantaine , peut-être écrites par le Concermeister de la cour ducale [Bach, à Weimar] de mars 1714 à décembre 1715. On n’a retrouvé aucun document justifiant cette hypothèse… il est permis de supposer avec beaucoup de probabilités qu’elles soient (avec les cantates BWV 72 et 164) des remaniements ou des adaptations d’œuvres écrites antérieurement ».
DÜRR. Chronologie. 1725 : BWV 76 (10 juin)- *BWV 168 (29 juillet) – BWV 137 (19 août) – BWV 164 (26 août).
GEIRINGER : «…de 1716 datent les cantates BWV 155, 70a, 186a, 147a, et peut-être les n° 168 et 164…»
HERZ : 29 juillet 1725.
HIRSCH : Classement CN 132 (Die chronologisch Nummer = numérotation chronologique). Ferait partie de la troisième années des cantates de Bach, période allant de juin 1725 à mai 1726.
NYS, Carl de: «…On ne connaît pas la date exacte de la composition et de la première interprétation de la cantate BWV 168. Le texte a été publié dans le recueil Evangelisches Andachtsopffer de Salomon Franck (1715) et il est plus que probable que Bach s’y est intéressé dès cette époque, donc à Weimar, mais la partition montre que celle-ci a été écrite à Leipzig ». SCHMIEDER : datation 1723/1724. SCHWEITZER : Les cantates de 1724 à 1727.
WHITTAKER [The cantatas of Johann Sebastian Bach, volume 1, pages 217 à 221] : « La réutilisation des cantates de Weimar… Il est difficile de comprendre pourquoi Bach aurait repris la cantate « Thue Rechnung ! Donnerwort », …ne serait-ce que pour la splendide aria de basse d’ouverture …Bach en écrivit la première version, sans doute, quand le poème [de Franck] fut publié en 1715. Spitta, de toute façon est d’opinion que Bach revenait de temps à autres à Franck et n’écrivit pas cette cantate à Weimar…»
[Quelques musicologues (mais non pas Spitta) ont donc avancé l‘hypothèse (sans pour autant en produire la preuve) qu‘une première version de cette cantate aurait pu voir le jour à l‘époque de Weimar].


SOURCES BWV 168

PARTITION AUTOGRAPHE = ORIGINALPARTITUR
BB P 152 B. Mus ms. Bach. Deutsch Staatsbibliothek zu Berlin.(Anciennement Berlin-Est).

BASSO [Jean-Sébastien Bach, volume 1, page 39] : « L’autographe de cette cantate fit partie de l’héritage de Carl Philipp Emanuel Bach dont le catalogue fut publié à Hambourg en 1790, par Gottlieb Friedrich Schniebes sous le titre « Verzeichniss des musikalischen Nachlasses des verstorbenen Cappelmeisters Carl Philipp Emanuel Bach ». La section contenant les œuvres de Jean-Sébastien Bach comprend 86 cantates sacrées et nombre d’autres pièces vocales et instrumentales ».
BGA. (Franz Wüllner - 1887). La partition originale, les parties séparées originales plus une copie de la partition [sont à la Bibliothèque Royale de Berlin. Titre pris à la couverture, de la main de Carl Philipp Emmanuel Bach : « Domin. 9 post Trinit. | Thue Rechnung ! Donnerwort | a | 4 Voci | 2 Hautb d’Amore | 2 Violino | Viola | e | Continuo | di | J.S. Bach. » Sur le premier feuillet : « J.J. | Doica 9, post Trinitatis. A la fin, la mention habituelle : « Fine | SDG ».
BRAATZ [BCW / Provenance, 29 juillet 2002] : Une nouvelle fois l’auteur a procédé à une excellente enquête sur les sources de cette cantate :
« La partition autographe est aujourd’hui à la « Deutsch Staatsbibliothek zu Berlin“. Elle fit d‘abord partie de l‘héritage de Carl Philipp Emmanuel Bach [voir Alberto Basso], passa par suite à la Berliner Singakademie avant d‘arriver en 1855 à la Bibliothèque Royale de Berlin devenu la Staatsbibliothek zu Berlin sous référence P 152 B BB/ SPK (Preussicher Kulturbesitz Berlin). La partition par fait des dégâts occasionnés par une encre [agressive] a subi deux restaurations en 1942 et 1966 ».
HERZ : Filigrane « S.Coa » (pour: Schönburg Coat of Arms = cote de mailles), cette dernière référence se retrouvant en partie dans les cantates BWV 17, 49, 84 et 56. Autre filigrane : « GAW » = Cor de postillon et demi-lune, les principaux filigranes habituellement associés et repérés dans le Jahrgang II de Leipzig.
Les copistes repérés seraient : Johann Andreas Kuhnau, né en 1703 – mort ? (neveux ou petit-fils du cantor Johann Kuhnau), à Leipzig à partir du 7 février 1723 et Christian Gottlob Meissner (18 décembre 1707 – 16 novembre 1760) également copiste de Bach. A Leipzig de 1723 à 1729 Devient en 1731 le cantor de Gaithain où il meurt.
SCHMIEDER : Six feuilles et douze pages de musique in 4°. Une annotation de Zelter au verso de l’autographe [sans doute liée au passage de la partition à la Singakademie].
SUZUKI : « Le matériel principal de cette œuvre se compose de la partition complète de la main de Bach… et des parties originales, conservées dans les collections de trois institutions, notamment à l’Université de Princeton (USA). Il est intéressant de noter que ces parties comprennent quatre parties de continuo différentes. L’une des versions non transposées contient un chiffrage élaboré qui indique qu’elle se destinait à une interprétation par un instrument harmonique autre que l’orgue » [voir ci-après le texte de Thomas Braatz / BCW].

PARTIES SÉPARÉES = ORIGINALSTIMMEN
(St 457) T, St Rudorff. Berlin. Deutsche Staatsbibliothek Anciennement Amalienbibliothek; Tübingen Universitätvibliothek et Berlin-Dahlem.

BGA. Parties originales séparées à la Bibliothèque Royale de Berlin. Brève annotation de la veuve de Bach [Anna Magdalena].
BRAATZ [BCW / Provenance, 29 juillet 2002] : La situation des parties séparées est assez complexes : « Les parties séparées ne sont pas toutes originales de Bach. Il y en a treize : neuf plus un double du Violon II , un fragment du même et la partie de soprano sont conservés à la Bibliothèque de l’Université de Princeton [New Jersey – USA]. La partie d’Alto est au « Fitz William Museum » de Cambridge (GB). La partie de ténor est à la Deutsch Staatsbibliothek, Berlin. - La partie de basse, le double du Violon I et la suite du fragment du Violon II semblent perdues ».
Thomas Braatz développe longuement : « …Il n’est pas certain que les parties originales aient été en possession de Carl Philipp Emmanuel Bach [il semblerait, comme dans la plupart des cas qu’elles furent conservées, un temps, par Anna Magdalena Bach]. D’autant que ces parties sont signalées dans le recueil des manuscrits possédés au début du 19e siècle par Rudorff [Adolph ; collectionneur] et semblent avoir été acquises par le biais de Wilhelm Friedemann Bach. Vers les années 1840, Rudorff s’en sépara au bénéfice de Friedrich Wilhelm Jähns [Berlin 1809-1888]. A partir de cette époque la BG. ne savait pas ce qu’elles étaient devenues. Plus tard, en 1851 Jähns s’en sépara lors d’une vente aux enchères.
A cette époque, la partie de soprano disparut totalement jusqu’en 1977, quand elle fut acquise par Pierre Berès à Paris [très riche libraire, collectionneur et expert parisien, d’origine russe, né en 1913]. La note accompagnant cette vente indiquait que cette partie de soprano avait été déjà vendue en 1882 à un marchand de livres, Lepke [sans précision …] et avait été aussi en possession de Karl Eckert ( 1820-1879), compositeur et chef d’orchestre, ami de C.F. Zelter à la Singakademie].
A l’époque des publication des cantates par la BG. [1887] la partie d’alto était en possession de M. Kunzel, à Leipzig [sans précision]. En 1933, le Fitz William Museum (Cambridge – GB) la recevait en don de la part de James Stewart Handerson [banquier anglais 1897-1961].
La partie de ténor était à Berlin depuis 1876 où elle avait été offerte par le professeur Wagener, à Marburg [?] Après la mort de F. W. Jähns, quelques manuscrits qui étaient en sa possession revinrent à la famille Rudorff. Il semble qu’à trois reprises, ces manuscrits furent mis aux enchères entre 1893 et 1895. A la mort d’Ernest Rudorff en 1916, la collection de ses manuscrits de Bach fut confiée à la Bibliothèque musicale Peters à Leipzig et depuis 1945, ces parties originales sont en des mains privées (The Walter Hinrischen Collection -New York).
Le double de la partie de violon II apparut pour la première fois en 1930 lors d’une vente aux enchères à la Leo Lieppmansohn firm, Berlin [Célèbre société spécialisée dans l’acquisition et la vente de manuscrits et de livres]. Ce n’était à l’époque qu’un fragment . En 1965, ce fragment réapparut lors d’une vente chez Charles Hamilton [New York. Marchand d’autographes] dans la collection privée de Fred Baenwald [New York ?] qui en 1966 en fit don à la Bibliothèque de l’Université de Princeton [New Jersey – USA]
Six copistes repérés dans ces parties séparées. Les principaux sont J.A. Kuhnau, Ch. G. Meißner, Johann Heinrich Bach auxquels s’ajoutent trois copistes inconnus. Corrections, signes dynamiques, phrasés et ornementations diverses de la main de Bach ».
SCHMIEDER : partiellement autographe est la voix de ténor.

COPIES XVIIIe SIECLE = ABSCHRIFTEN 18. Jh.
St 90 M. Staatsbibliothek Berlin zu Berlin Preußicher Kulturbesitz. Anciennement Marburg Staatsbibliothek (dépôt) puis Berlin-Dahlem.
P Ch. Berlin-Charlottenburg, Hoschule für Musik.
HERZ : Une copie dans une collection privée à New York. Une autre à Cambridge.
SCHMIEDER : Neuf parties, le titre paraît être de la main d’Anna Magdalena Bach et le choral final globalement de Bach lui-même. Elles ont transité par la Librairie Peters et ont figuré aussi dans le recueil de Rudorff (manuscrits R. Nr. 5) Ernst Rudorff (Berlin,18 janvier 1840 – † 31 décembre 1916. Compositeur et , collectionneur).

ÉDITIONS
SOCIÉTÉ BACH = BACH-GESELLSCHAFT (BG)
BG Jg. XXXIII (33e année). Pages 149 à 166. Préface de Franz Wüllner (1887). Cantates BWV 161 à 170.
[La partition BGA est dans le coffret Teldec Das Kantatenwerk, volume 39. 1987].

NOUVELLE ÉDITION BACH = NEUE BACH AUSGABE (NBA)
KANTATEN SERIE I/ BAND 19. KANTATEN ZUM 9 UND 10 SONNTAG NACH TRINITATIS
Bärenreiter Verlag BA 5060. 1985. Robert L Marshall.
BWV 168. Pages 89 à 108. Bl. 1r der autographen Partitur. Deutsch Staatsbibliothek zu Berlin Mus ms. Bach P 152. Beginn des Satzes 1
Avec les cantates BWV 105, 94, 46, 101 et 102.
Kritischer Bericht (commentaires). BA 5060 41. Robert L Marshall. 1986.

AUTRES ÉDITIONS
BÄRENREITER classics.| Bach | Bärenrteiter Urtext.
Sämtliche Kantaten 7 | TP 1287. 2007.
Serie I. Band 19. Kantaten zur 9 und 10 Sonntag nach Trinitatis.
Herausgegeben : Robert L. Marshall. 1986.
Faksimile : BWV 105, 94, 168, 46, 102.
BWV 168. Pages 87 à 108. Bärenreiter-Verlag. Kassel. 1985.
BCW. Partition BGA. + Réduction chant et piano.
BREITKOPF & HÄRTEL. Partition PB 3018. Partition du chœur (Chorstimmen) = ChB 2203. Orchestre, voix, orgue et clavecin copiés par G. Raphael.
2011 : Partition (20 pages) = PB 4668 – Réduction chant et piano (24 pages) = EB 7168 – Partition du chœur (2 pages) = ChB 4668. Parties séparées (6), Orgue, Vl. I, Vl. II, Vla., Violoncelle, Harmonie = OB 4668.
CARUS. Partition = P 31.168/00.
KALMUS STUDY SCORES. N° 849. Volume XLV. New York 1968. Avec les cantates163, 164, 165, 166 et167.


PÉRICOPE BWV 168 

Neuvième dimanche après la Trinité.
Même occurrence, les cantates BWV 94 (6 août 1724) et BWV 168 (19 juillet 1725).
Missel romain : les lectures des 8 et 9e dimanches après la Pentecôte et au 10e pour le psaume 54.
Épître : Corinthiens 10, 6 à 13 [PBJ. 1698] : Le point de vue de la prudence et les leçons du passé d’Israël.
Évangile : Luc 16, 1 à 9 [PBJ. 1566] : L’intendant infidèle.
[La conclusion de cette parabole biblique, sous réserve d‘une explication, demeure quand même ambiguë : „Et le maître loua cet intendant malhonnête d‘avoir agi de façon avisée. Car les enfants de ce monde-ci sont plus avides avec leurs semblables que les enfants de lumière“].

EKG. 9. Sonntag nach Trinitatis.
Épître aux Éphésiens 5, 15 [PBJ. 1731]. La vie nouvelle dans le Christ : « Ainsi prenez bien garde à votre conduite ; qu’elle soit celle non
d’insensés mais de sages ».
Psaume 54 [PBJ. 850]. Appel au Dieu justicier.
Lied 384. Ich weiss, mein Gott, daß all mein Tun (Paul Gerhardt 1653).
Épître 1 Corinthiens 10, 1 à 13 [PBJ. 1698]. Le point de vue de la prudence et les leçons du passé d’Israël : «…Ne devenez pas idolâtres comme certains d’entre eux… aucune tentation ne vous est survenue qui passât la mesure humaine ».
Évangile. Luc 16, 1 à 12 [PBJ. 1566]. L’intendant infidèle… le bon emploi de l’argent. Renvoi à Matthieu 6, 24 [PBJ. 1462] : Dieu et l’argent.
Même occurrence avec les cantates BWV 94 et BWV 105.


TEXTE BWV 168

Texte de Salomon Franck (Weimar, 1659-1725), bibliothécaire de la cour de Weimar. Evangelisches Andachts Opffer… (Offrande (Sacrifice) de ferveur évangélique) de 1715. Première collaboration avec Bach.
NEUMANN [Sämtliche von Johann Sebastian Bach vertonte Texte, pages 274 et 281. Facsimilé de la page de titre de l’édition du recueil « Evangelisches Andachts Opffer... Anordung in geistlichen Cantaten, welche auf die ordentliche Sonn und Fest=Tage…[à l’usage de la chapelle de la cour de Wilhelmsburg] A (anno). 1715...von Salomon Francken ». On y trouve le texte des cantates BWV 132, 152, 155, 72, 80a, 31, 165, 185, 168, 164, 161, 162 et 163.

Mouvements 1 et 5 : Salomo Franck.
Mouvement 6 : Cantique Herr Jesu Christ, du höchstes Gut,1588, en 8 strophes de 7 vers chacune, de Bartholomaüs Ringwaldt (Francfort-sur-Oder 1530 † 1599).

BOMBA : « Bien qu’un texte du poète de la cour de Weimar, Salomon Franck, soit à la base de cette cantate, elle ne fut créée qu’à Leipzig, à en croire la partition autographe. Ce texte est fortement imagé et traite la parabole de l’économe infidèle (Luc, 16, 1 à 9)…»
BRAATZ [BCW / Commentaires, 2 août 2002] : Citant Spitta : « Spitta est aussi du nombre des commentateurs qui ont trouvé que le texte de l’aria de ténor était « dur à digérer » particulièrement les paroles « Kapital und interessen ».
HOFMANN : « La cantate se réfère étroitement à l’évangile du jour…» LYON : « Cantique de l’Église chrétienne ou de pénitence ou de confession Herr Jesu Christ, du höchstes Gut, en huit strophes, incorporé à Francfort-sur-Oder, en 1588, dans un poème didactique d’avertissement à l’immoralité de l’époque, avec la mention : « Un bon cantique, pour le pardon des péchés… » NYS, Carl de: «…Le texte en a été publié dans le recueil Evangelisches Andachtsopffer de Salomon Franck (1715) et il est plus que probable que Bach s’y est intéressé dès cette époque, donc à Weimar, mais la partition montre que celle-ci a été écrite à Leipzig. Le livret est un commentaire assez précis de l’évangile de ce 9e dimanche après la Trinité, avec la parabole de l’intendant fidèle (Luc 16, 1 à 9) ». MACIA [Tout Bach] : « Si, en 1725, lors d’une période difficile pour lui en raison de ses conflits avec ses employeurs, Bach utilise le recueil de poèmes de Franck… paru 10 ans plus tôt à Weimar, c’est sans doute parce qu’il vient d’apprendre le décès [† 11 juillet 1725] de cet ami et collaborateur d’autrefois ». [Ceci paraît une hypothèse plausible qui vaudrait également pour la cantate BWV 164 créée le 26 août 1725 et peut être même étendue à la cantate BWV 72 du 20 janvier 1726…]
SMITH [BCW] : A propos de la métaphore de Salomo Franck sur l’argent… : « La vieille édition Breitkopf a remplacé ces paroles par le texte d’un anonyme ».
SCHREIER, Manfred : « Au cours des premières années de son activité à Leipzig, Bach ne se trouva pas d’auteur attitré ; il utilisait des textes très différents et d’auteurs quasiment inconnus. Il lui arriva même de reprendre des poèmes de Salomon Franck, son collaborateur de Weimar, dont il parut se souvenir presque dix ans plus tard (Peut-être seulement à cause de la nouvelle de sa mort le 11 juin 1725) ».
SCHUMACHER : «…La désinvolture avec laquelle Franck incorpore au texte des termes commerciaux et juridiques est un exemple de la difficulté que nous avons parfois aujourd’hui à ressentir et accepter la poésie courante de cette époque…» 
WOLFF : «…Les poèmes de Salomo Franck servent de fondement à plusieurs des cantates weimaroises de Bach. Or, en 1715, le texte de Franck pour le 9e dimanche après la Trinité tombe dans une période d’interdiction musicale due au deuil officiel après le décès du prince Johann Ernst, de sorte que Bach ne peut mettre en musique ce texte à Weimar. D’ailleurs, la partition de Leipzig ne montre aucun trace d’emploi de matériau plus ancien…»  


GÉNÉRALITÉS BWV 168

BASSO [Jean-Sébastien Bach.tome 2, page 403] : « Cantate jumelle avec la BWV 164, quant à la distribution des numéros (six) : une succession régulière aria-récitatif-aria-récitatif-duo-choral. Le chœur limite donc sa présence au Lied conclusif… toutes deux sont, dépourvues de versets bibliques (mais faisant appel à quelques images tirées des Saintes Écritures) et s’ouvrent sur des arias accompagnées de cordes…»
BOYER [Les mélodies de chorals dans les cantates de J.-S. Bach. Page 194] : «… La mélodie « Herr Jesu-Christ, du höchstes Gut » qui n’a pas été traitée par Bach à l’orgue, a eu un sort particulièrement heureux dans le cycle des cantates, cinq cantates se partagent dix élaborations différentes : Les cantates BWV 48/7, BWV 113/8 (dont le titre est celui du cantique) et BWV 168/6 de type I. La cantate BWV 113/1 (type II et BWV 113/4 de type III. La cantate BWV 131/2 et 131/4 de type IV ; la cantate BWV 48/3 de type V et enfin les cantates BWV 113/2 et BWV 166/3 de type VI ».
LEMAÎTRE : «…Par le biais des tonalités, de l’instrumentation et de la forme, Bach différencie nettement les trois arias…»
NYS, Carl de : «…Il est possible qu’il s’agisse d’une cantate destinée aux seuls solistes ; il est parfaitement possible que ce soit le quatuor soliste qui ait entonné le choral final avec l’assemblée qui chantait la mélodie à l’unisson (et à l’octave). Alfred Dürr pense que cela a pu être le cas le 29 juillet 1725 où l’œuvre a probablement été donnée […] Les instruments participent de cette simplicité et cette transparence d’écriture qui évoque la musique de chambre : les deux hautbois d’amour se joignent aux cordes dans les n° 2 et 3, ce dernier étant un trio pour la voix de ténor et les hautbois. On peut se demander si toute l’organisation musicale de cette cantate n’est pas symbolique : les effectifs instrumentaux vont en diminuant continuellement et les formes se rétrécissent : de l’orchestre complet dans la première aria sous forme de libre da capo on va jusqu’au duo accompagné par la seule basse continue suivant le schéma le plus concentré qui soit, l’ostinato comme si le rendement des comptes devenait de plus en plus serré et finissait par un dépouillement complet qu’accentue encore le choral à quatre voix sans le moindre ornement ».
SCHREIER, Manfred : «…La forme caractéristique de ces cantates (BWV 164, 72 et 168) sur des textes de Franck, est la suivante : air (ou phrase de choral sur un texte libre) - récitatif - air - récitatif - air -choral. Ce plan est à la base aussi bien des œuvres de Leipzig que celles de Weimar [BWV 32, 152 et 31]. La manière de Franck qui se signale par l’abondance des images atteint ici un point extrême… On sent le soin qu’il apporte à transposer le texte liturgique dans une langue capable d’atteindre l’auditeur de l’époque baroque à l’intérieur de son propre univers d’une façon tout aussi provocante et directe… » - «… Bach unifie la matière musicale à l’aide d’un thème conducteur. Il embrasse l’ensemble de la cantate BWV 168 sous l’idée de la « chaîne ». Elle est le symbole de la servitude de l’homme… L’image de la chaîne se développe en suivant les voies ouvertes à l’invention musicale, dans les domaines thématique, mélodique et formel. Toutes ces possibilités sont exploitées dans les trois airs de la cantate ».
SPITTA [Johann Sebastian Bach, volume II, page 423] : Les cantates de Leipzig 1724 - 1727. « Neuvième dimanche après la Trinité. « Thue Rechnung ! Donnerwort ». Le texte est tiré du recueil « Evangelischem Andachtsopffer » de Franck et de cela, nous pouvons supposer que c’est une composition du début de la période de Leipzig. Apparemment, Bach la composa la même année que la cantate « Ihr, die ihr euch von Christo tennet » [BWV 164 de 1725] [renvoi à la page 361 du volume II et à l’Appendix n° 26, page 640 (Les cantates de Leipzig sur des textes de Franck]. La cantate ne comporte pas de chœur mais un choral final. Parmi les arias, celui de ténor n’est pas satisfaisant à cause de son texte vraiment surprenant : « Capital et intérêt ». Au contraire, l’aria de basse [1] et le duo pour soprano et alto sont des exemples remarquables de force et de traitement caractéristique ».


DISTRIBUTION BWV 168

NEUMANN. Solo : Sopran ? Alt, Tenor, Baß. – Chor (nur Schlußchoral). Oboe d’amore I, II ; Streicher ; B.c.
SCHMIEDER.Soli : S, A, T, B. Chor : S, A, T, B. Instrumente : Oboe d’amore I, II ; Viol. I, II ; Vla. ; Continuo.


APERÇU BWV 168

1] ARIE BAß. BWV 168/1
TUE RECHNUNG ! DONNERWORT, / DAS DIE FELSEN SELBST ZERSPALTET, / WORT, WOVON MEIN BLUT ERKALTET ! / TUE RECHNUNG ! SEELE, FORT ! / | CH ! DU MUßT GOTT WIEDERGEBEN / SEINE GÜTER, LEIB UND LEBEN ! | TUE RECHNUNG ! DONNERWORT !

Rends tes comptes ! Parole foudroyante / qui fait éclater même les rochers, / parole telle que mon sang se glace dans mes veines ! / Rends tes comptes ! Allons, mon âme ! / Hélas, il te faut rendre à Dieu / ses biens, ce corps et cette vie. / Rends tes comptes ! Parole foudroyante !

Si mineur (h), 50 mesures, C
BGA. Jg ; XXXIII. Pages 149 à 156 | Cantate | für Sopran, Alt, Tenor und Baß. | ARIE. | Violino I. | Violino II. | Viola. | Basso. | Continuo. Dal Segno [reprise de l’introduction instrumentales aux mesures 2 à 8].
NEUMANN. Cordes, basse et basse continue,. Libre da capo.

BASSO [Jean-Sébastien Bach, tome 2, page 404] : «…le chœur adopte la forme régulière ABA’ et se caractérise par un rythme saccadé sur d’insistantes tierces de la basse ».
BOMBA : « Le caractère imagé de ce texte génère une musique insistante. La parole foudroyante du début se manifeste sous forme de figurations tumultueuses des cordes et d’une déclamation agitée de la basse [vocale]… Le registre vocal reprend plus tard les figurations en triolets de la basse et en augmente ainsi l’intensité ».
CANTAGREL [Les cantates de J.-S. Bach] : «…C’est un véritable air d’opéra, un air terrible qui ouvre la cantate, exprimant avec véhémence la frayeur du chrétien… tout l’air, de structure ABA’ avec ritournelle, envahit l’auditeur de cette terreur. D’entrée de jeu, la ritournelle superpose deux figures rythmiques… La ritournelle s’achève en un unisson péremptoire du motif obsessionnels joué par toutes les cordes. Le soliste s’exclame à trois reprises « Tu Rechnung ! » avant de vocaliser à perdre haleine sur le mot Donnerwort… Longue tenue sur « erhaltet »… La brève section centrale est déclamée sur le seul continuo, pour lui donner une plus grande intelligibilité…»
HIRSCH : Un mélisme de 28 notes chanté par la basse aux mesures 17 et 18 sur « Don (- nerwort) ».
HOFMANN : «…Les mots de « Maudit calcul / Thue Rechnung » du premier air proviennent textuellement de la Bible. Bach, avec les cordes animées, confère un ton dramatique ; la basse solo menace, réclame et exige ».
MACIA [Tout Bach] : «…Une aria très véhémente, en si mineur, ouvre la Kirchenmusik : la basse accompagnée par les cordes y épouse le texte (notamment « parole foudroyante ») avec des accents emportés, des vocalises vertigineuses sur un tissu instrumental agité de triolets de doubles croches. Le sens de l’imagerie de Johann Sebastian Bach est là à son zénith…»
ROMIJN : «…sont à ranger dans la liste de la « peinture sonore » chère au langage baroque, l’air de basse ouvrant la cantate, qui fait appel à des rythmes pointés et de longs triolets des cordes soulignant les mots « Tue Rechnung ».
SCHREIER, Manfred : «…Deux éléments musicaux différents caractérisent cette pièce : des rythmes pointés fortement marqués - un jaillissement de triolets. Leur superposition et leur rapport de 3/4 procure un sentiment d’agitation… Le cri ‘Tue Rechnng » apparaît trois fois ; la « parole de tonnerre » résonne sur sept croches… l’élévation de la tension spirituelle s’exprime à travers la septième diminué (do - ré) qui mesure l’étendue de la ligne musicale sur le texte « Ach, ach, du mußt ».
SCHWEITZER [J.S. Bach, page 196] : « L’air d’introduction de la cantate est vraiment énigmatique… il n’est pas évident de savoir ce que signifient les figures agitées des cordes [+ Exemple musical pris aux violons, mesures 1 et 2].  [ceci paraît pourtant évident, il s’agit de décrire le dramatisme de la scène biblique !]
WOLFF : «…Agité et virtuose, l’accompagnement en cordes de l’aria d’introduction prépare, puis souligne le « Donnerwort »… qui glace le sang, articulé avec emphase…»


2] REZITATIV TENOR. BWV 168/2
ES IST NUR FREMDES GUT, / WAS ICH IN DIESEM LEBEN HABE ; / GEIST, LEBEN, MUT UND BLUT / UND AMT UND STAND IST MEINES GOTTES GABE, / ES IST MIR ZUM VERWALTEN / UND TREULICH DAMIT HAUSZUHALTEN / VON HOHEN HÄNDEN ANVERTRAUT. / ACH ! ABER ACH ! MIR GRAUT, / WENN ICH IN MEIN GEWISSEN GEHE / UND MEINE RECHNUNGEN SO VOLL DEFEKTE [R. Wustmann : „voller Lücken“] SEHE ! / ICH HABE TAG UND NACHT / DIE GÜTER, DIE MIR GOTT VERLIEHEN, / KALTSINNING DURCHGEBRACHT ! / WIE KANN ICH DIR, GERECHTER GOTT, ENTFLIEHEN ? / ICH RUFE FLEHENTLICH : / IHR BERGE, FALLT ! IHR HÜGEL, DECKET MICH / VOR GOTTES ZORNGERICHTE / UND VOR DEM BLITZ VON SEINEM ANGESICHTE !

Ce que je possède dans cette vie / n’est qu’un bien qui ne m’appartient pas ; / Esprit, vie, courage et sang / et situation et rang sont des dons de Dieu, / ceci m’a été confié en haut lieu / pour le gérer et l’administre loyalement. / Mais hélas, hélas, je tremble d’effroi / lorsque j’interroge ma conscience / et que je vois la déficience de mes calculs ! / J’ai froidement dilapidé / nuit et jour / les biens que Dieu m’avait prêtés ! / Comment pourrai-je t’échapper, Dieu équitable ? / Je prie instamment : / Montagnes, tombez sur moi ! Collines, couvrez-moi, / dissimulez-moi devant le jugement de Dieu en colère / et la foudre de son regard !

Alfred Dürr et Werner Neumann renvoient à Luc 23, 30 [PBJ. 1580] : «… Alors on se mettra à dire aux montagnes : tombez sur nous ! et aux collines : couvrez-nous ». 
Fa dièse (fis) - Ut dièse (cis), 23 mesures, C
BGA. Jg. XXXIII. Pages 156 à 158 | RECITATIV. | Oboe d’amore I. | Oboe d’amore II. | Tenore. | Continuo.
NEUMANN. Secco avec partie arioso incrustée.

BOMBA : « Les harmonies des deux hautbois donnent un fond sonore au récitatif… les lignes de ces instruments tombent vers la fin comme les montagnes dont il est question dans le texte pour ensuite remonter « devant la foudre du regard ».
CANTAGREL [Les cantates de J.-S. Bach] : « Accompagnant la déclamation du ténor, aux accents douloureux… marqués par de grands intervalles, les deux hautbois d’amour commentent le sens par les accords modulants, étrangers au ton principal… à l’évocation des montagnes … de vifs arpèges descendants ponctuent le texte, de même qu’en sens inverse, ils figurent les éclairs…»
HOFMANN : «…Dans un contraste violent survient le récitatif… les deux hautbois d’amour qui accompagnent ne semblent d’abord que soutenir la basse continue… mais vers la fin du mouvement, ceux-ci deviennent illustratifs et évoquent la chute des montagnes et l’éclair violent…»
LEMAÎTRE : «…dans le premier récitatif, les deux hautbois d’amour (à l’unisson) accompagnent la récitation du ténor qui s’incline vers l’arioso à partir des mots « Ihr Berge fallt… »
MACIA [Tout Bach] : «…deux hautbois d’amour accompagnent la voix de tenues languides, tout comme le continuo, mais deviennent plus illustratifs lorsqu’il est question, dans le texte, des montagnes qui s’écroulent et de l’éclair du « regard courroucé de Dieu ». 
SCHREIER, Manfred : « Le thème de quatre notes du hautbois d’amour est la représentation symbolique d’une croix (si dièse - ré dièse - fa dièse - do dièse)… L’orchestre comme la voix contiennent des représentations plastiques de la chute et du jaillissement de l’éclair ».  


3] ARIE TENOR. BWV 168/3
KAPITAL UND INTERESSEN, / MEINE [BG = „meiner“] SCHULDEN GROß UND KLEIN [R. Wustmann : „Meine Sünden samt und sonders, meine Schulden groß und klein“] / MÜSSEN EINST VERRECHNET SEIN. / ALLES, WAS ICH SCHULDIG BLIEBEN, / IST IN GOTTES BUCH GESCHRIEBEN / ALS [R. Wustmann : „Wie“] MIT STAHL UND DEMANTSTEIN !

Le capital et les intérêts, / mes dettes grandes et petites / devront un jour être compensées. / Tout ce dont je demeure en reste / est inscrit dans le Livre de Dieu / comme avec une pointe d’acier et de diamant.

Ici, un rappel de Luc 16, 1 à 12 [PBJ. 1566]. L’intendant infidèle… et du bon emploi de l’argent.

Fa dièse mineur (fis), 150 mesures, 3/8
BGA. Jg. XXXIII. Pages 156 à 161 | Oboe d’amore I. II. | Tenore. | Continuo. | Dal Segno [Reprise de l’introduction instrumentale].
NEUMANN. Trio et forme bipartite + Ritournelles.

BOMBA : « L’air du « capital » n’est aucunement de caractère subversif ; le son du hautbois d’amour se veut bien d’inciter à la méditation et à l’humilité. Les choix des parties chantées jusqu’à là (basse au départ, ténor en n° 2 et 3) pourrait vouloir reproduire un dialogue entre le maître et son économe…»  
BOYER [Les mélodies de chorals dans les cantates de J.-S. Bach. Pages 193/194] : «…L’aria est une véritable aria profane comique qui mélange intérêts er capital… »
CANTAGREL [Les cantates de J.-S. Bach] : « Capital et intérêts comme premières paroles d’une aria, il y a de quoi étonner, et peut-être même de choquer, au milieu du service divin ! Mais si ce texte peut paraître aujourd’hui très prosaïque, il n’en est pas moins bien caractéristique du pragmatisme luthérien… »
HOFMANN : «…agréable air de ténor… mouvement en trio dansant et souple…»
MACIA [Tout Bach] : «…deux hautbois d’amour à l’unisson… les métaphores financières… sur un tempo agréable, presque désinvolte ». 
SCHREIER, Manfred : «…Le thème principal qui apparaît dans les quatre premières doubles croches est circulaire ; le groupe commence et s’achève sur la même note, ce qui donne l’impression d’un enchaînement… le thème du cercle reparaît pour illustrer le passage « alles » - tout ».
[Ces mots „Kapital und InteressenCapital et intérêts“ ont paru „triviaux“ auprès de certains auditeurs français... Qu‘on veuille bien alors se souvenir de la fable de La Fontaine „La cigale et la fourmi“ … intérêt et principal…]


4] REZITATIV BAß. BWV 168/4
JEDOCH, ERSCHROCKNES HERZ, LEB UND VERZAGE NICHT ! / TRITT FREUDIG VOR GERICHT ! / UND ÜBERFÜHRT DICH DEIN GEWISSEN, / DU WERDEST HIER VERSTUMMEN MÜSSEN, / SO SCHAU DEN BÜRGEN AN, / DER ALLE SCHULDEN ABGETAN ! / ES IST BEZAHLT UND VÖLLIG ABGEFÜHRT, [R. Wustmann : „ausgelöscht“] / WAS DU, O MENSCH, IN RECHNUNG SCHULDIG BLIEBEN; / DES LAMMES BLUT, O GROßES LIEBEN ! / HAT DEINE SCHULD DURCHSTRICHEN / UND DICH MIT GOTT VERGLICHEN. / ES IST BEZAHLT, DU BIST QUITTIERT ! [R. Wustmann : „befreit“] / INDESSEN, WEIL DU WEIßT, / DAß DU HAUSHALTER SEIST, / SO SEI BEMÜHT UND UNVERGESSEN, / DEN MAMMON KLÜGLICH ANZUWENDEN, / DEN ARMEN WOHLZUTUN, / SO WIRST DU, WENN SICH ZEIT UND LEBEN ENDEN, / IN HIMMELSHÜTTEN SICHER RUHN !

Cependant, cœur terrifié, vis et ne perds pas courage ! / Comparais avec le sourire devant le Tribunal ! / Et si ta conscience te convainc / de devoir te taire alors, / regarde le garant / qui a réglé toutes les dettes ! / Ce dont tu as été en reste, ô être humain, / est payé et complètement liquidé; / Le sang de l’Agneau, ô amour immense, / a effacé tes dettes : et les a compensé vis-à-vis de Dieu. / C’est payé, tu es quitte ! / En considération de ceci, puisque tu sais / que tu es l’économe, / n’oublie pas de te donner la peine / de faire usage des richesses injustes avec sagesse, / de faire du bien aux pauvres, / ainsi tu reposeras sûrement dans les demeures célestes, / quand la fin des temps et de ta vie viendra.

Si mineur (h) (- Sol majeur (G), 24 mesures, C
BGA. Jg. XXXIII. Page 162 | RECITATIV. | Basso. | Continuo.
NEUMANN. Secco

HOFMANN : « Le livret de la cantate voit les chrétiens dans le rôle de l’intendant infidèle mais qui tourne les yeux vers Jésus, « le garant qui enlève toute les dettes [den Burgen, der alle Schulden abgetan] au quatrième mouvement et exige une gestion « prudente » [Klüglichen » qui utilise Mammon pour faire le bien et se garantir une fin heureuse et une place au ciel ».


5] ARIE (DUETT), SOPRAN, ALT. BWV 168/5
HERZ, ZERREIß DES MAMMONS KETTE ! / HÄNDE ! STREUET GUTES AUS ! / MACHET SANFT MEIN STERBEBETTE, / BAUET MIR EIN FESTES HAUS, / DAS IM HIMMEL EWIG BLEIBET, / WENN DER ERDE GUT ZERSTÄUBET.

Ô mon cœur, déchire les chaînes de Mammon, / Ô mes mains, semez le bien ! / Rendez doux mon lit de mort, / construisez-moi une demeure solide / qui restera éternellement au ciel / même quand les biens terrestres seront réduits en poussière.

Mi mineur (e), 52 mesures, 6/8
BGA. Jg. XXXIII. Pages 163 à 165 | ARIE. | Soprano. | Alto. | Continuo.
NEUMANN. Continuo en forme « ostinato ». Parties vocales tripartites avec ritournelles. Coupe tripartite.

BASSO [Jean-Sébastien Bach, .tome 1, page 404] : « duo en canon avec le soutien du seul continuo et à structure tripartite (ABC) ».
[Tome 2, page 404] : «…comme dans la cantate BWV 164, le même mouvement [5] est conçu en un duo en canon et ici, dans la cantate BWV 168 avec le soutien du seul continuo et une structure tripartite ABC ».
BOMBA : « Le duo est d’ordre plus général, appelant à la réflexion individuelle. Les « chaînes de Mammon » se tendent dans la basse, on entend les pièces de monnaie rouler imperturbablement alors que le chant mené en canon forme une autre sorte de chaîne [?] En réalité se chant se déchire pour laisser la voix libre aux deux voix en harmonie avec le deuxième vers : « Ô mes mains, semez le bien ». La voix d’alto prépare le lit de mort en notes basses, le soprano là demeure solide en notes situées au-dessus. Bach utilise également les hauts et les bas des deux voix pour illustrer le ciel et la terre dans les vers suivants ».
CANTAGREL [Les cantates de J.-S. Bach] : Ce petit duo… progresse entièrement en imitations, figurant peut-être par là l’enseignement de la prédication qu’il faut suivre fidèlement. Mais c’est le mouvement du continuo qui attire l’attention… mouvement fait de fusées en alternance avec la claudication des rythmes pointés chancelants…»
HOFMANN : «…Sur un modèle de danse, la ritournelle à la basse continue donne le ton au duo « Herz, zerreiß des Mammons Kette » avec un rythme pointé évocateur alors que le rythme utilisé est celui d’une gigue d’un type particulier : la canarie. Les voix supérieures se meuvent indépendamment du rythme dans une écriture élaborée souvent sous forme de canon….le cantor illustre le mot « zerreiß - brisons » avec la pause qui suit immédiatement, le mot « Kette - chaînes » au moyen de coloratures liées et syncopées et comment est souligné le mot de « Sterbebette - lit de mort » par des turbulences harmoniques ».
MACIA [Tout Bach] : « …Un duo pour soprano et alto, avec la seule basse continue… présente une injonction « Cœur, brise les chaînes de Mammon – zerreiß des Mammons Kette » que les voix soulignent de colorature et que la basse s’évertue à illustrer par une pause après le mot « zerreziss »…. Par des coloratures syncopées sur « Kette » et par des errances harmoniques sur « Sterbebette – lit de mort », le tout sur un rythme de danse, la canarie, plus fréquente chez Telemann que chez Bach ».
PIRRO, André : L'esthétique de Jean-Sébastien Bach. - La formation rythmique des motifs, page 94] : «…motif joint au mot « Kette (chaîne). Renvoi à BG. XXXIII, page 163 ».
ROMIJN : «…l’aria n° 5 où la chaîne en question « Kette » est représentée par de brusques éclats de la basse sur lesquels les voix tissent une guirlande de notes bien détachées ».
SCHUMACHER : «…duo entre soprano et alto, dans lequel les figures centrifuges du continuo représentent la rupture de la « chaîne de Mammon »
SCHREIER, Manfred : «… La basse obstinée de cet air porte à son point culminant la représentation musicale de la chaîne, qu’on trouve dans toutes les phrases de la cantate. Le dessin est en forme de rondo (et donc de chaîne)…. les triples croches décrivent le puissant effort de « zerreiß - brise ».dans le représentation développée de la chaîne « Kette » nous retrouvons le motif circulaire…»
SCHWEITZER [J.- S. Bach |Le musicien-poète. - Le langage des cantates. Page 239] : «…Les thèmes imagés : Quels efforts et quelles contorsions dans le thème de l’air « Mon cœur, brise les liens de Mammon… » [+ Exemple musical pris aux cinq premières mesures du continuo].
[J.S. Bach, page 85] : « Thèmes imagés…Un exemple caractéristique est le celui de l’aria sur les mots « déchire les chaînes de Mammon » véritable représentation en musique du « mythe de Lakoon » (prêtre d’Apollon qui fut enchaîné) [+ Exemple musical].
WOLFF : «…imagé et dramatique, la dernière aria, un duo soprano-contralto débutant par les mots « Herz, zerreiß des Mammons Kette », fait du geste du déchirement le motif musical principal ».


6] CHORAL. BWV 168/6
STÄRK MICH MIT DEINEM FREUDENGEIST, / HEIL MICH MIT DEINEN WUNDEN, | WASCH MICH MIT DEINEM TODESSCHWEIß / IN MEINER LETZTEN STUNDEN ; [R. Wustmann : „Ich bitt, daß du mein Tröster seist“. | UND NIMM MICH EINST, WENN DIRS GEFÄLLT, / IN WAHREM GLAUBEN VON DER WELT / ZU DEINEN AUSERWÄHLTEN !

Fortifie-moi de ton esprit de joie, / guéris-moi par tes blessures, / lave-moi avec la sueur de l’agonie / lorsque sera venue ma dernière heure; / et un jour, quand il te plaira, / arrache-moi de ce monde dans la vraie foi / pour que je puisse rejoindre tes élus.

Huitième strophe du cantique Herr Jesu Christ, du höchstet Gut (1588) (8 strophes de 7 vers chacune) de Bartholomaüs Ringwaldt (Francfort-sur-Oder 1530 † 1599).
On retrouve le texte : strophe 1 dans BWV 113/1 – Strophe 2 dans BWV 113/2 – Strophe 4 = BWV 113/8 ; strophe 2 = BWV 131/2 – Strophe 5 = BWV 131/4 et donc la strophe 8 dans la cantate BWV 168/6 et BWV 334.
Le facsimilé de 1715 ne donne que les deux premiers versets du texte de la huitième strophe.
La mélodie portant le même nom Herr Jesu Christ, du höchstes Gut est attribuée également mais sans certitude à Bartholomaüs Ringwaldt
Elle apparaît dans le livre des cantiques (Hymnal) à Görlitz (1587) et à Dresde (Dresdener Gesangbuch, 1593). Bach a pu la connaître aussi par le Gotha Hymnal de 1715. Cette mélodie, avec d’autres paroles dans les cantates BWV 48/1, BWV 166/3 (autre texte de Ringewaldt) et BWV 1114 (Choral Neumeister).
EKG 167. Görlitz 1587 - Dresden 1593. Manque la cinquième strophe.

Autres compositeurs ayant utilisé cette mélodie : Scheidt, Pachelbel, Krebs, Telemann, Homilius, etc.
Mélodie du cantique Herr Jesu Christ, du höchstes Gut. Attribution, sans certitude, à Bartholomaüs Ringwaldt.
Si mineur (h), 18 mesures, C

BGA. Jg. XXXIII. Page 166 | CHORAL. | Soprano. / Oboe d’amore I. II., Violino I. col Soprano. | Alto ; / Violino II. coll’ Alto. | Tenore. / Viola col Tenore. | Basso. | Continuo.
NEUMANN. Simple choral harmonisé, avec l’ensemble instrumental.

BOMBA : « Un choral travaillé en ligne droite clôture cette cantate ; à la fin toutes les voix sont menées sur des notes très élevées parce que, en interprétant l’art choral de Bach, il est question des élus ».
BOYER [Les cantates sacrées de Jean-Sébastien Bach, page 290] : Mélodie de choral (MDC) = 042 de type I. Simple choral harmonisé. Les instruments (deux hautbois d’amour, les cordes et le continuo) doublent colla parte les parties vocales”.
CANTAGREL [Les cantates de J.-S. Bach] : Le texte annoncé est bien celui de la huitième strophe du cantique de Ringwaldt (1588). Par contre en ce qui concerne la mélodie, l’auteur écrit : « Il [le cantique] est chanté sur la mélodie anonyme composé pour le choral Wenn mein Stündlein vorhanden ist, en 1560 [renvoi à BWV 31/9 et BWV 95/7. Bach en a tiré la cantate de choral homonyme BWV 113. [ceci n’est pas clair puisque le titre de la mélodie donné par Werner Neumann est « Herr Jesu Christ, du höchstes Gut » ? 
SCHREIER, Manfred : « Les quatre notes du début du choral constituent un thème cruciforme (si - ré - la - si)…»


BIBLIOGRAPHIE BWV 168

BACH CANTATAS WEBSITE (BCW) :
AMG (All Music Guide) : Notice par James Leonard.
BRAATZ, Thomas : Mélodie (avec Aryeh Oron), Septembre et novembre 2005.
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BROWNE, Francis (décembre 2004) : texte du choral (anglais et allemand) Herr Jesu Christ, du höchstes Gut.
: Commentaires, 28 juillet 2002. Textes tirés des ouvrages de Whittaker, Schweitzer, Spitta, Dürr.
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MINCHAM, Julian : Chapitre 2. 2010.
ORON, Aryeh : Discussion 1] 29 septembre 2002 – 2] 1er juillet 2007 – Prévision : 2 octobre 2011.
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Volume 2, pages 256, 268, 402 et 403/404
BOMBA, Andreas : Notice de l’enregistrement Hänssler / Rilling / edition bachakademie, volume 50. 2000
BOYER, Henri : Les cantates sacrées de Jean-Sébastien Bach. L’Harmattan 2002. Page 290
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BREITKOPF. Recueils :
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Breitkopf n° 3765 : 389 Choralgesänge für vierstimmigen gemischten Chor (sans date). Classement alphabétique. N° 142 (141, 143 et 144)
CANTAGREL, Gilles : Les cantates de J.-S. Bach. Fayard. 2010. Pages 807 à 811
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Dans les références bibliques, apparaît sous l’abréviation « EKG ».
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Dans les références bibliques, apparaît sous l’abréviation « PBJ ».
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BJ : 1917 - 1928. Jahrbuch Peters 1919
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SCHWEITZER, Albert : J.- S. Bach "Le musicien-poète". Foestich 1967, 8e édition. Édition française de 1905. Pages162, 167 et 239
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DISCOGRAPHIE BWV 168

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Discographie établie par Aryeh Oron. Elle est ici proposée sous forme sensiblement allégée avec, parfois, quelques précisions relatives aux références et aux dates. Les numéros 1] et suivants indiquent l’ordre chronologique de parution de l’enregistrement (BCW).
Six références (Aryeh Oron, avril 2002 - octobre 2010) + un mouvement individuel (avril 2002 à juillet 2006).
Exemples musicaux : Aryeh Oron, avril 2003 - janvier 2005).

2] HARNONCOURT (volume 39). Tölzer Knaben Chor. Concentus Musicus Wien. Boy soprano : Helmut Wittek. Boy alto : Christian
Immler. Ténor : Kurt Equiluz. Basse : Robert Holl. Vienne,1987. Durée : 13’22
Disque Teldec 6.35658-00-503 SKW 39/1-2 Das Kantatenwerk
CD Teldec 4509 - 91763 2. Das Kantatenwerk - Sacred Cantatas, volume 9. 1987. Coffret de 6 CD. Avec les cantates 167 à 182.
CD Teldec 2292-42634-2 .Das Alte Werk. Complete Cantatas, volume 39. 1987
Reprise Bach 2000. Teldec, volume 4. Coffret de 15 CD Teldec. Sept. 1999. Avec les cantates BWV 150-159. BWV 161-188. BWV 192
et 194 à 199.
Reprise CD Warner Classics 8573-81160-5. Intégrale en CD séparés, volume 50. 2007. Avec les cantates BWV 167 et 169
4] GARDINER. The Monteverdi Choir. The English Baroque Soloists. Soprano : Katharine Fuge. Contre-ténor : Daniel Taylor. Ténor :
James Gilchrist. Basse : Peter Harvey. Bach Cantata Pilgrimage. Cathédrale Saint-Nicolas. Merano. 19 août 2000. Durée : 13’09.
CD Archiv Produktion 363590. Avec les cantates BWV 94 et 105
5] KOOPMAN (volume 15). The Amsterdam Baroque Orchestra & Choir. Soprano : Johannette Zorner. Alto : Bogna Bartosz.
Ténor : Christoph Prégardien. Basse : Klaus Mertens. Waalse Kerk. Amsterdam (NL). Février et mars 2002. Durée : 12’44.)
CD Antoine Marchand / Challenge CC 722152. Avec les cantates BWV 175, 87 et 3
3] LEUSINK. Netherlands Bach Collegium. Holland Boys Choir. Église Saint-Nicolas. Elburg (NL). Durée : 13’55 
Bach Édition. 2000. CD Brilliant Classics. Volume 8 – Cantates volume 3. Avec les cantates BWV 117 et 153
Reprise Bach Edition. 2006. CD Brilliant Classics III - 93102 15/61. Avec les cantates BWV 117 et 153
1] RILLING. Bach Collegium Stuttgart. Gächinger Kantorei Stuttgart. Soprano : Nancy Burns. Alto : Verena Gohl. Ténor : Theo Altmeyer.
Basse : Siegmund Nimsgern. Juin et juillet 1970. Durée : 16’29
Disque Erato STU 70705. Les Grandes Cantates (volume 1). 1972. Coffret de 4 disques
Disque (D). Die Bach Kantate. Hänssler Verlag. Classic. Laudate 98652. 1980. Avec la cantate BWV 20
CD. Die Bach Kantate (volume 45) Hänssler Classic. Laudate 98898. Avec les cantates BWV 45 et 105. 1982
CD. Hänssler edition bachakademie (volume 50). Hänssler-Verlag 92.050. 2000
6] SUZUKI (volume 40). Bach Collegium Japan. Soprano : Yukari Nonoshita. Contre-ténor : Robin Blaze. Ténor : Makoto Sakurata.
Basse : Peter Kooy.Kobe Shoin Women‘s University Chapel. Japan. Juin 2007. Durée : 12’51
CD BIS SACD 1671. Octobre 2008 en France. Avec les cantates BWV 137, 164 et 79


MOUVEMENT INDIVIDUEL BWV 168

M-1. Mvt. 6] Matt, Nicol. Nordic Chamber Choir. Soloists of Freiburger Barockorchester. CD Brilliant Classics (volume 23) –
Bayer Records, juin 1999
Reprise Bach Edition 2006. CD Brilliant Classics V - 93102 32/138. Avec le Chamber Choir of Europe (anciennement –1999-
le Nordic Chamber Choir Nicol Matt).


DIVERS

[Les notices du BCW traduites en langue française [traduction automatique ?], notamment celle de la cantate BWV 168, souffrent d’une traduction des plus fâcheuses… Cependant « l’éventuel » lecteur francophone est invité à y participer et à proposer une meilleure traduction… Vaste programme !]


C. Role. Février 2011

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Last update: February 21, 2011 16:00:00