AVERTISSEMENT
Cette
notice dédiée à une cantate de Bach tend à
rassembler des textes (essentiellement de langue française),
des notes et des critiques discographiques parfois peu accessibles
(2011). Le but est de donner à lire un ensemble cohérent
d’informations et de proposer aux amateurs et mélomanes
francophones un panorama « espéré »
élargi de cette partie de l’œuvre
vocale de Bach. Outre les quelques « interventions « CR »
signalées par des crochets [...] le rédacteur précise
qu’il a toujours pris le soin jaloux de signaler sans ambiguïté
le nom des auteurs sélectionnés dans la bibliographie.
A cet effet il a indiqué clairement, entre guillemets «…»
toutes les citations fragmentaires tirées de leurs travaux.
Rendons à César...
ABRÉVIATIONS
(A)
= La majeur →
(a moll) = la mineur
(B)
= Si bémol majeur
BB
/ SPK = Bach Bibliothek / Staatsbibliothek
Preussicher
Kulturbesitz
B.c.
= Basse continue ou continuo
BCW
= Bach Cantatas Website
BD
= Bach-Dokumente (4 volumes, 1975)
BGA
= Bach-Gesellschaft Ausgabe = Édition par la Société
Bach (Leipzig, 1851-1899). J.
S. Bach Werke. Gesamtausgabe
(édition d’ensemble) der
Bachgesellschaft
BJ
= Bach-Jahrbuch
(C)
= Ut majeur →
(c moll) = ut mineur
D
= Deutschland
(D)
= Ré majeur →
(d moll) = ré mineur
(E)
= Mi →
(Es) = mi bémol majeur
EKG
= Evangelisches
Kirchen-Gesangbuch.
(F)
= Fa
(G)
= Sol majeur→
(g moll) = sol
mineur
GB
= Grande-Bretagne = Angleterre
(H)
= Si →
(h moll) = si mineur
NBA
= Neue Bach Ausgabe (nouvelle publication de l’œuvre de
Bach à partir des années 1954-1955)
NBG
= Neue Bach Gesellschatf = Nouvelle société Bach
(fondée en 1900)
OP
= Original Partitur = Partition originale autographe
Ost.
= Original Stimmen – Parties séparées originales
P
= Partition = Partitur
PBJ
= Petite Bible de Jérusalem
PKB
= Preußicher Kulturbesitz, Staatsbibliothek, Berlin
St.
= Parties séparées = Stimmen
La
première lettre -en gras- d’un mot du texte de la
cantate indique la majuscule de la langue allemande. Dans le corps de
ce même texte allemand, le mot ou groupe de mots mis en
italiques
désignent un affect particulier ou un « accident
remarquable.
DATATION BWV 186
Leipzig,
11 juillet 1723.
BCW :
Première exécution, 11 juillet 1723. Une deuxième
exécution vers 1746-1749.
DÜRR.
Chronologie. Leipzig, 1723. BWV 24 (20 juin). BWV 167 –24 juin
(Saint-Jean). BWV 147 (Reprise, 2 juillet). *BWV 186 (11 juillet.
Reprise de la cantate BWV 186a, période de Weimar). BWV 136
(18 juillet). BWV 105 (25 juillet).
HERZ :
11 juillet 1723.
HIRSCH
: Classement CN 29 (Die chronologisch Nummer = numérotation
chronologique). I. Jahrgang ou « Année I »
et Premier cycle des cantates de Leipzig dans la période
allant du 30 mai 1723 au 4 juin 1724.
MINCHAM
[BCW] : Bach entreprit ensemble les deux cantates BWV 147 et BWV
186 et dans chacune utilisa la même instrumentation, et les
élargit (dans les deux cas) par des chorales concluant chaque
partie. Ces deux cantates sont également des réutilisations
de cantates conçues à Weimar en 1716 et Alfred Dürr
explique clairement comment elles purent être adaptées
pour des exécutions à Leipzig en 1723.
NEUMANN :
Nouvelle forme élargie de la cantate BWV 186a donnée le
13 décembre 1716 pour le 3e
dimanche de l’Avent.
NYS,
Carl de : « La partition autographe dans la forme
ultérieure de la cantate est soigneusement notée « anno
1723 ».
SOURCES BWV 186
PARTITION
AUTOGRAPHE = ORIGINALPARTITUR
Mus.
ms. Bach
P
53 M.
Staatsbibliothek zu Berlin. Anciennement
à la Marburg Staatsbibliothek (dépôt) puis
Berlin-Dahlem (Ex RFA).
SCHMIEDER :
12 feuilles, 24 pages autographes ?
BASSO
[Jean-Sébastien
Bach, volume 1, page
39] : « L’autographe de cette cantate fit partie de
l’héritage de Carl Philipp Emanuel Bach dont le
catalogue fut publié à Hambourg en 1790, par Gottlieb
Friedrich Schniebes sous le titre « Verzeichniss
des musikalischen Nachlasses des verstorbenen Cappelmeisters Carl
Philipp Emanuel Bach ».
La section contenant les œuvres de Jean-Sébastien Bach
comprend 86 cantates sacrées et autres pièces vocales
et instrumentales ».
BGA.
(Alfred Dörffel, 1891). La partition originale et la copie des
parties séparées sont à la Bibliothèque
Royale de Berlin. La partition référencée P
53 comporte douze
feuilles en trois paquets… filigranes à la
« demi-lune » et « IMK ».Netteté
de l’écriture au propre.
Mention
en tête : « J.J.
| Dominica 7. Post
Trinitatis | di
| J
S Bach | ao
[pour « année »] 1723 ».
Une
copie de la partition se trouve dans un recueil classé P.440.
Elle semble avoir appartenu à von Fischhof [collectionneur
de manuscrits - 1804-1857] qui de sa main a ajouté
l’avertissement : tiré de l’exemplaire de
Hauser [membre fondateur de la BG.] et copié à
partir de l’autographe.
SCHWEITZER
[J. S. Bach,
volume 2, page 152] : « La partition est l’une des
plus parfaite et des plus propres de Bach ; peut-être cela
est-il le fait d’une révision drastique et de
l’agrandissement de la cantate de l’époque de
Weimar. Les heureuses améliorations apportées au texte
de Franck sont peut-être le travail du librettiste de Bach de
l’époque ».
PARTIES
SÉPARÉES = ORIGINALSTIMMEN
Pas
de références connues. Werner Neumann propose : Une
voix ? (= 1 St) Musikbibliothek der Stadt Leipzig. Thomasschule,
Bach-Archiv.
GARDINER
: «…En
l’absence des parties nouvelles [1723] de cette cantate révisée
pour Leipzig (perdues depuis 1906) [?], plusieurs problème se
font jour). [Suivent les exemples des « si bémol
graves » dans la partie de continuo du mouvement n° 9,
l’instrumentation de l’air de ténor du n° 5,
du hautbois da caccia dans la version de Weimar, etc.]
ÉDITIONS
SOCIÉTÉ
BACH
= BACH-GESELLSCHAFT
(BGA)
BGA.
Jg. XXXVII (37e
année). Pages
121 à 154. Préface de Alfred Dörffel (1891).
Cantates
BWV 181 à 190.
NOUVELLE
ÉDITION BACH
= NEUE
BACH AUSGABE
(NBA)
KANTATEN
SERIE I/ BAND 18. KANTATEN ZUM 7 UND 8 SONNTAG NACH TRINITATIS
Bärenreiter
Verlag BA 5027. 1966 - 2/1997. En supplément, corrections des
tomes précédents. 5
fac-similés.
BWV
186. Pages 17 à 54. Bl. 1r
der auf Bachs Veranlassung hergestelten Partitura schrift. BB. Mus.
ms. Bach
P 53, mit beginn des 1 Satzes.
Avec
les cantates BWV 54, 187, 136, 178, 45 et 54. Pages 1 à 14.
Kritischer
Bericht (commentaires). BA 5027 41. 1967. A. Dürr : BWV 54,
186, 107, 136, 178, 45. Leo Treitler : BWV 187.
[Partition
de la NBA dans le coffret Harnoncourt, volume 43, pages 969 à
982].
AUTRES
ÉDITIONS
BGA.
1] Partition d’ensemble sous le titre : „Kirchengesänge
/ für / Solo - und Chor-Stimmen, / mit / Instrumental-Begleitung
/ von / Johann Sebastian Bach // Dominica Septuagesimae: / Nimm was
dein ist und gehe hins / Partitur / mit unterlegter Pianoforte-
Begleitung / von J. P. Schmidt. / Verlag und Eignethum / von
Trautwein & Cie in Berlin. Verlagsnummer 821“.
Parution en 1843-1845, avec les BWV 144, 182, 185 et 179.
BÄRENREITER
classics.| Bach | Bärenrteiter Urtext.
Sämtliche
Kantaten 7 | TP 1287. 2007.
Serie
I. Band 18. Kantaten zur 7 und 8 Sonntag nach Trinitatis.
Herausgegeben
: Alfred Dürr.
Faksimile
: BWV 186, 107, 187 et 45.
BWV
186. Pages 17 à 54.
Bärenreiter-Verlag.
Kassel.1966.
BCW.
La partition de la BGA + Réduction chant et piano.
BREITKOPF
& HÄRTEL. Partition PB 3036. Partition du chœur = ChB
2142. Révision Orgue et clavecin par Max Seiffert = OB 1677
2011.
Partition (36 pages) = PB 4686. Réduction chant et piano (36
pages) = EB 7186. Partition du chœur (8 pages) = ChB 4686.
Parties séparées (Orgue, violon I, II, Viola,
Violoncelle, contrebasse, vents) = OB 4686.
CARUS.
Assez curieusement, Carus Verlag Stuttgart, a choisi d‘éditer
la partition de la cantate BWV 186a…dans la restitution de
Diethard Hellmann.
KALMUS
STUDY SCORES. N° 854. Volume XL. New
York 1968. Avec les cantates BWV
184 à 187.
PÉRICOPE BWV 186
Septième
dimanche après la Trinité.
Épître
: Romains 6, 19 à 23 [PBJ. 1677]. Le chrétien est
affranchi du péché.
Évangile
: Marc 8, 1 à 9 [PBJ. 1515 et 1516]. Seconde multiplication
des pains. Renvoi aussi à Matthieu 15, 32 à 39, basé
également sur le miracle de la seconde multiplication des
pains.
EKG.
7. Sonntag nach Trinitatis (7e
dimanche après la Trinité).
Épître
: Romains 6, 19 à 23 [PBJ. 1677].
Psaume
24, 1 à 6 [PBJ. 821] : « A
Yahvé la terre et sa plénitude, le monde et tout son
peuplement…»
Cantique :
EKG 233 : « Sei
lob und Ehr dem höchsten Gut ».
Épître:
Romains 6, 19 à 23 [PBJ. 1677].
Évangile :
Matthieu 9, 35 à 38 [PBJ. 1467]. Misère des foules :
« A la vue
des foules, il en eut pitié, car ces gens étaient las
et prostrés…»
CANTAGREL
[Les cantates de J.-S.
Bach, page 755] :
«…Le livret n’entretient apparemment avec
l’évangile du jour, récit du miracle de la
multiplication des pains qu’un lien très lointain…
les récitatifs ajoutés par une main anonyme pour la
version de 1723 font une légère allusion à la
multiplication des pains…»
[Même
occurrence avec les cantates BWV 54, 15 juillet 1714 - BWV 187, 11
juillet 1723 et BWV 107, 23 juillet 1724].
TEXTE BWV 186
1],
3], 5], 8] et 10 : Texte [principalement celui de la cantate BWV
186a. Voir ci-après] de Salomo Franck tiré du recueil
Evangelischen Sonn und
Fest-Tages-Andachten, publié
à Weimar et Jena en 1717.
[Le
nom de l’auteur du texte des mouvements récitatifs 2, 4,
7, 9 est demeuré inconnu].
6]
= strophe 12 - 11] = strophe 11 du cantique (en 14 strophes (de 7
vers chacune) « Es
ist das Heil uns kommen her »
publié à Nuremberg (1523-1524) dans le recueil
Acht-Llieder-Bbuch
de Paul Speratus, (1484-1545). Justification par la foi seule.
[BGA
donne comme source de ce cantique : Romains 3, 28 [PBJ.
1673] : Nous estimons
que l’homme est justifié par la foi sans la pratique de
la loi…»].
Ce
cantique a donné son nom à la cantate BWV 9 qui en a
utilisé les strophes 1, 2-4, 5-7, 8, 9-11 et 12.
La
strophe 9 est dans la cantate BWV 86/5 ainsi que dans la cantate BWV
186/11. La strophe 10 dans BWV 186/6 et de nouveau la strophe 12 dans
la cantate BWV 155/5.
La
mélodie de ce choral paraît également dans
l’Orgelbüchlein,
BWV 638 ( n° 39).
La
mélodie (d’un anonyme du XVe
siècle) est d’un compositeur anonyme [BCW propose :
Scheidt ?]. Elle est reprise dans EKG 242. Elle serait tirée
d’un chant pascale « Freu
dich du Werte
Christenheil » connu
également sous le titre « Freut
euch ihr Frauen und ihr Mann ».
BCW
donne les deux textes les plus courants sur cette fameuse mélodie,
le premier, « Es
ist das Heil uns kommen her »,
celui utilisé dans les cantates BWV 9/1 et 7, BWV 155/5 et BWV
186/6 et 11 ; le deuxième « Sei
Lob und Ehr dem höchsten Gut »
retrouvé dans les cantates BWV 117/1, 4 et 9 et dans BWV 251.
Renvoi à EKG 233.
Cette
mélodie parfois associée au cantique de Speratus a été
utilisée par de très nombreux compositeurs dont le BCW
donne la longue liste : Sweelinck, Hassler, Buxtehude (BUXWV.
186), Zachow, Telemann (cantate TWV1: 494) du même nom sur un
texte de Neumeister, etc., Buxtehude (BUXWV 168) ; Brahms (opus
29/1) ; Reger...etc.
BASSO
[Jean-Sébastien
Bach. Tome 2, page
280] : « Des textes de Salomon Franck dans les
cantates BWV 185, 147, 162, 163, 70, 155, 31, 165, 21, 186, 12, 172…»
BOYER
[Les
mélodies de chorals dans les cantates de J.-S. Bach]
: Cette mélodie «
Es ist das Heil uns
kommen her »
sert également au cantique « Sei
Lob und Ehr dem hochsten Gut »
(9 strophes, Francfort-sur-le-Main, 1673).
ANDERS :
« Le texte de la cantate se réfère au récit
de la multiplication des pains rapporté par l’apôtre
Marc ; cette idée fondamentale, représentée
par les contrastes entre pénurie et surabondance, faim et
rassasiement, traverse la cantate de bout en bout ».
GARDINER :
« cantate en deux parties… destinée au 7ème
dimanche après la Trinité. Cette nouvelle affectation
liturgique occasionna d’importantes révisions sur le
plan structurel [par rapport à la cantate BWV 186a conçue
pour l’Avent] : modification des textes des airs, ajout de
trois récitatifs nouveaux (les quatre airs se suivaient à
l’origine sans interruption). En plus de quoi Bach décida
de composer deux nouveaux chorals de conclusion…»
HERZ :
Texte des récitatifs n° 2, 4, 7 et 9, J.S. Bach ?
LEMAÎTRE :
«…Un librettiste anonyme recomposa les récitatifs
afin d’adapter l’œuvre Weimaroise [BWV 186a) à
sa nouvelle destination, car le temps de l’Avent, comme celui
de Carême, se passait de musique à Leipzig ».
MACIA
[Tout Bach,
pages 249/250] : «…Toute la cantate est parcourue
par l’opposition entre disette et opulence, fondée sur
l’évangile de selon saint Marc ».
NYS,
Carl de : « …il n’est pas impossible que
Bach ait lui-même arrangé le texte primitif et ajouté
les numéros nouveaux de la cantate alors destinée au
septième dimanche après la Trinité… Les
allusions à l’Évangile de Marc 8, 1 à 9 se
trouvent surtout dans les quatre récitatifs ajoutés en
1723, mais il y a aussi des changements relativement importants dans
le texte des quatre arias primitives telles qu’on les retrouve
dans le recueil imprimé la cantate telle que nous la
connaissons, il faut pourtant reconnaître que l’adaptation
est assez laborieuse et que l’unité primitive du livret
de é de Salomon Franck (1717). Pour le 11 juillet 1723, Bach a
aussi remplacé le choral final de Weimar… Quand on
examine le texte de Franck, sa qualité « pastorale »
a perdu de son évidence…»
SPITTA
[Johann Sebastian Bach,
volume 2, pages 358 à 360] : « Franck avait
destiné le texte au 3e
dimanche de l’Avent , aussi son adaptation pour une autre
occurrence nécessitait la modification des deux premières
arias.. Des récitatifs qui habituellement n’apparaissent
pas dans les textes de Franck furent insérés et en eux
nous croyons discerner la main du prolixe compilateur des cantates
[1723] du premier et du second dimanche après la Trinité.
Leur insertion [des récitatifs] dans le texte suffisamment
long pour réaliser une cantate en deux parties ».
WHITTAKER
[The Cantatas of Johann
Sebastian Bach, volume
1, pages 200 à 207] : « Les divergences avec
le texte de Franck [BWV 186a] peuvent être expliquées en
voyant que le livret utilisé en 1716, fut réécrit
pour une occasion plus tardive et que lorsque la cantate fut
réadaptées le 11 juillet 1723, des modifications y
furent pratiquées, vraisemblablement par le compositeur. Le
livret de Franck ne contenait aucun récitatif. La partition
autographe est si propre et si nette qu’elle suggère la
copie d’une œuvre antérieure…»
GÉNÉRALITÉS
BWV 186
ANDERS :
« Bach combine ici [dans la cantate BWV 186] de la manière
ingénieuse et la plus savante, dans le chœur d’entrée
et dans les airs, principes de composition instrumentale et vocale,
laissant toujours les récitatifs se terminer par une
conclusion en arioso ».
BASSO
[Jean-Sébastien
Bach,
volume 2, page 268] : «
Cantates conçues en deux parties, à exécuter
l’une avant, l’autre après le sermon. Seul un
nombre très modeste de cantates de Bach est taillé sur
ce modèle : c’est le cas des cantates BWV 17, 20,
21 30, 35, 36, 39, 43, 45, 70, 75, 76, 88, 102, 147, 186, 187, 191,
194 et BWV 34a, 120a, 195, 197, 198…»
BOYER
[Les
cantates sacrées de Jean-Sébastien Bach.
pages 309/310] : «…BWV
186 offre toutes les caractéristiques de style des premières
années de Leipzig, récits secco terminés en
arioso, en particulier, le très bel accompagnato de cordes du
récit n° 7… arias sans da
capo
mais exposés dans un ordre grandissant d’intérêt…»
ISOYAMA
: «…La réutilisation du répertoire était
un thème majeur pour Bach dans sa première année
à Leipzig alors qu‘il ne disposait que d‘un petit
corpus d‘œuvres terminées. C‘est ainsi qu‘il
rejoua de vieilles oeuvrezs de son temps de Weimar (et auissi en
partie de celui de Mühlhausen), faisant des révisions
quand cela était nécessaire ajoutant ainsi à son
répertoire... Dans le version révisée , le chœur
d‘ouverture et les arias sont à peu ,près laissés
tels quels et les récitatifs sont ajoutéd; un choral
différent remplace l‘original. Puis la pièce en
entier fut divisée en deux parties, la première devant
précéder le sermon et la deuxième le suivre.
[BWV 186]… suit donc exactement la même procédure
que la cantate BWV 147… Ainsi il ressort clairement des
révisions que les nouveaux arrangements (ou parties
nouvellement composées) furent directement ajoutés au
matériel de source de la période de Weimar et que la
préparation de la partition originale fut déléguée
à un copiste…»
LEMAÎTRE :
«…chaque partie [I et II) se termine en fa majeur, un
ton en dessous du premier chœur ».
ROMIJN :
« Réutilisation
d’une œuvre antérieure « recyclées ».
Tel est le cas pour la cantate BWV 186… l’original est
la cantate BWV 186a, écrite à Weimar en 1717 [ ?],
et depuis perdue. Cela dit, le processus de recyclage n’était
pas des plus aisé d’autant que Bach devait fournir des
cantates en deux grandes parties… la cantate BWV 186 se
présente sous cette forme, quand bien même les deux
parties s’achèvent sur le même choral chantant
deux textes différents…»
DISTRIBUTION BWV 186
NEUMANN.
Sopran, Alt, Tenor, Baß. – Chor. Oboe I, II, Oboe da
caccia ; Streicher ; B.c. (+ Fagott).
SCHMIEDER.
Soli : S, A, T, B. Chor : S, A, T, B. Instrumente :
Oboe I, II ; Oboe da caccia (Taille) ; Fagotto ; Viol.
I, II ; Vla. ; Continuo.
APERÇU BWV 186
ERSTER
TEIL
1]
CHORSATZ. BWV 186/1
ÄRGRE
DICH, O
SEELE,
NICHT, / DAß
DAS ALLERHÖCHST LICHT,
|| GOTTES
GLANZ
UND EBENBILD,
/ SICH
IN KNECHTSGESTALT
VERHÜLLT, ||| ÄRGRE
DICH, O SEELE
NICHT !
Ne
sois pas contrariée, ô mon âme, / de ce que la
lumière suprême, / l’éclat et l’image
de Dieu / se dissimulent sous les traits d’une humble créature,
/ ne sois pas contrariée, ô mon âme.
Sol
mineur (g moll), 49 mesures, C
BGA.
Jg. XXXVII. Pages 121 à 127 | Dominica 7 post Trinitatis. |
Erster Theil. | Oboe I. / Violino I. | Oboe II. / Violino II. |
Taille; / Viola. | Fagotto. | Soprano. | Alto. | Tenore. Basso. |
Continuo.
NEUMANN.
Structure ABABA. Introduction instrumentale (mesures 1 à 8) et
interludes. Éléments fugués chœur et
instruments. Renvoi à la cantate BWV 186a/1.
BASSO
[Jean-Sébastien
Bach,
volume 2, pages 288/289] : «
un bloc initial pour chœur de type motet et dans une forme de
rondo (ABABA), où l’épisode B « Gottes
Glanz und Ebenbild »
est de facture homophone, alors que le premier verset, dont
l’exposition est précédée de huit mesures
instrumentales, est réalisée en style fugué,
avec deux figurations différentes opposées entre elles,
la seconde étant plus agitée et véhémente
(dans l’esprit du texte…»
BOMBA :
« Un chœur organisé en petites parties…
Bach fait interpréter le premier vers en homophonie, telle une
devise, puis les vers suivants sont pris en main par des passages en
contrepoint et en arias. L’introduction instrumentale et la
devise réapparaissent une deuxième fois sous une forme
écourtée et une troisième fois encore en fin de
cantate. Ainsi Bach produisit un effet pressant qui mène au
cœur de la cantate ».
CANTAGREL
[Les cantates de J.-S.
Bach, page 757] :
«…Grand motet concertant en style fugué. Les
quatre instruments de la famille du hautbois y doublent les cordes,
les hautbois avec les violons, la taille avec l’alto et le
basson avec le continuo. Bach… fait énoncer trois fois
la première partie du texte et deux fois la seconde, sans
solution de continuité et dans un travail contrapuntique
varié, ce qui donne au morceau l’allure stylisée
d’une forme ronde ABA B’A’’. Les sections
(A) , c’est à dire A A’ et A’’
concertent avec les instruments, tandis que les sections (B), soit B
et B’ sont émises à découvert, sur le seul
soutien de la basse continue sans le basson. La ritournelle initiale
déploie une admirable phrase descendante empreinte de
noblesse, qui après un énoncé à vide du
dictum [Ärgre
dich, o
Seele , o nicht], se
combinera avec les sections (A) du discours. A l’humilité
des sections (B) répondent les très nombreuses
injonctions Ärgre
dich ».
GARDINER :
«… Bach…s’en tient à la ligne
luthérienne et entreprit d’évoquer, dans le chœur
d’introduction, l’âme chrétienne rongée
d’inquiétude communiant avec elle-même par le
biais d’une accumulation de dissonances enchaînées…les
voix sont tour à tour introduites, sur un thème fugué
reprenant le même texte poétique, simple motif de trois
notes ascendantes évoluant au rythme de la parole, la
troisième suspendue sur une neuvième de dominante…
à l’intérieur d’une incise plus longue de
huit mesures...Globalement de forme ABABA, Bach attribue le second
élément (B) au chœur seul « que la
splendeur et l’image de Dieu | soient celées sous les
traits d’un serviteur », les sopranos intervenant
homophoniquement, tout comme les trois autres voix leur répondant,
avec juste le soutien du continuo – premier indice manifeste
que les origines de cette musique remontent à une œuvre
antérieurs de Bach…»
LEMAÎTRE :
«…La structure du premier chœur est un heureux
mixage entre la forme binaire (avec da capo) et la forme rondo :
A-B-A-B-A. Dans cette organisation, A appartient au style fugué
alors que B se caractérise par une homophonie chorale ».
MACIA
[Tout Bach,
pages 249/250] : «…partie A fuguée et partie
B d’écriture verticale ».
NYS,
Carl de : «…La variété de composition
se retrouve dans le premier chœur, un rondo dans la forme ABABA
pour quatre voix…. la structure de cette grande page
introductive, avec ses accents pathétiques en sol mineur
convenant admirablement et à sa destination première
[1716] et à l’adaptation ultérieure est
particulièrement intéressante pour connaître les
recherches de style de Bach à cette époque… la
partie B de ce rondo choral est homophone, alors que la partie A
combine des principes d’écriture vocale et
instrumentale »...
« Après
huit mesures de Sinfonia, Bach propose d’abord une introduction
vocale de quatre mesures (avec les entrées successives des
voix) qui est repris par les instruments comme une sorte de
« devise », à quoi succède la
partie principale de cette section A, un chœur fugué
s’insérant dans des répétitions partielles
de la sinfonia instrumentale du début. Et le thème
principal est confié aux instruments alors que le deuxième
thème, le thème secondaire, est confié aux voix
qui l’élaborent en une pseudo-fugue. Lors de ces deux
reprises, la partie A est chaque fois plus réduite, en
particulier pour ce qui concerne l’introduction instrumentale
et la devise chorale ; celles-ci sont complètement omises
lors de la dernière partie A » (Alfred Dürr)…
Autre caractère spécifique de l’écriture
de J.-S. Bach, de son harmonie expressive : les modulations très
chromatiques chargées d’exprimer l’idée de
« scandale », c’est à dire de
dommage subi ».
PIRRO
[L’Esthétique
de Jean-Sébastien Bach – Les mélodies
simultanées,
page 133] : « Emploi expressif de dissonances… le
verbe « se
chagriner…
[être
contrarié] »
est annoncé par la discorde des voix, dont les intonations
successives s’échelonnent en une série de chocs,
au début de la cantate ».
[L‘orchestration,
page 233] : «…les hautbois…dans certains
cas, les deux hautbois, auxquels peut se joindre une troisième
voix de même espèce [ici la taille / Hautbois da
caccia], ne font que renforcer la sonorité des violons et de
l’alto… c’est un moyen employé fréquemment
par les compositeurs de l’époque de Bach. Ils
enrichissent ainsi le quatuor à cordes…» [BG.
XXXVII, page 121].
2]
REZITATIV BAß. BWV 186/2
DIE
KNECHTSGESTALT,
DIE NOT,
DER MANGEL
/ TRIFFT
CHRISTI
GLIEDER
NICHT ALLEIN, / ES
WILL IHR HAUPT
SELBST ARM UND ELEND SEIN. / UND
IST NICHT REICHTUM,
IST
NICHT ÜBERFLUß
/ DES
SATANS
ANGEL,
/ SO
MAN MIT SORGFALT
MEIDEN MUß ? / WIRD
DIR IM GEGENTEIL
/ DIE
LAST
ZU VIEL ZU TRAGEN, / WENN
ARMUT
DICH BESCHWERT, / WENN
HUNGER
DICH VERZEHRT, / UND
WILLST SOGLEICH VERZAGEN, / SO
DENKST DU NICHT AN JESUM,
AN DEIN HEIL.
/ HAST
DU WIE JENES VOLK
NICHT BALD ZU ESSEN, / SO
SEUFZEST
DU : / Arioso : ACH
HERR,
WIE LANGE
WILLST DU MEIN VERGESSEN ?
L’asservissement,
la misère, le besoin / ne touchent pas que le groupe des
chrétiens [Teldec : « Ne
sont pas seulement le lot des chrétiens »],
/ Il veut être à leur tête aussi pauvre et
misérable. / La richesse, le superflu / ne sont-ils pas les
appâts de Satan / que l’on doit éviter
soigneusement ? / Si au contraire ton fardeau / t’est trop
lourd à porter, / si la pauvreté t’accable, / si
la faim te dévore / et que tu perdes courage aussitôt, /
c’est parce que tu ne penses pas à Jésus, ton
salut. / Si tu n’as pas bientôt à manger, comme
ces gens-là, / tu soupires alors : Hélas,
Seigneur, combien de temps encore m’oublieras-tu ?
Ut
mineur (c moll) → Sol mineur (g moll), 20 mesures, C
BGA.
XXXVII. Page 128 | RECITATIV. | Basso. | Continuo.
NEUMANN.
Récitatif secco avec arioso sur „Ach
Herr, wie lang willst du mein vergessen ?“
BOMBA
: «…A
la fin des récitatifs [de la cantate BWV 186], Bach fit couler
la déclamation libre en arioso afin de souligner de manière
expressive la conclusion du texte, sa morale et les conséquences
qui en découlent…»
GARDINER :
« …sans doute n’est-ce pas trop s’aventurer
que de deviner ici les « quatre mille affamés »
implorant dans le désert, sujet de l’Évangile
traité (Marc 8, 1 à 9), leur faim étant à
la fois physique et spirituelle. Ces gestes d’imploration font
l’objet d’une expression renouvelée lors de la
conclusion arioso du récitatif d’introduction de la
basse…»
NYS,
Carl de : « Ce récitatif n’a pas encore
la facture magistrale du début des années trente, mais
on relève par exemple la façon très imagée
dont le cantor exprime le mot « soupirer
- seufzen »
avec la succession sol-fa-sol bémol - soupir ! - sol-mi
bémol, et encore la fin si prenante, cet arioso insistant sur
le « combien de temps m’oublieras-tu encore ? »
PIRRO
[L’Esthétique
de Jean-Sébastien Bach -
La formation rythmique
des motifs, page 117]
: «…le dessein de Bach est en effet d’imiter par
le chant discontinu la prière entrecoupé de sanglots,
l’imploration haletante… La même intention se
révèle dans sa coutume de rompre par un silence la
déclamation des mots « Seufzer
– soupir »
et « seufzen
– soupirer ».
Représentation des soupirs [+ Exemple musical, BG. XXXVII,
page 128 ]. Renvois aux cantates BWV 73/4 135/4 et Oratorio
de Pâques.
3]
ARIE BAß. BWV 186/3
BIST
DU, DER MIR HELFEN SOLL, / EILST
DU NICHT, MIR BEIZUSTEHEN ? / MEIN
GEMÜT
IST ZWEIFELS-VOLL,
/ DU
VERWIRFST MEIN FLEHEN;
/ DOCH,
O SEELE,
ZWEIFLE NICHT, / LAß
VERNUNFT
DICH NICHT BESTRICKEN !
/ DEINEN
HELFER,
JAKOBS
LICHT,
/ KANNST
DU IN DER SCHRIFT
ERBLICKEN.
Es-tu
celui qui doit me secourir, / ne voles-tu pas à mon aide ?
/ Mon âme est en proie au doute, / peut-être
rejetteras-tu mes supplications ; / Ô mon âme,
pourtant ne doute point, / ne te laisse pas ensorceler par la
raison. Ton Sauveur, lumière de Jacob, / tu peux l’apercevoir
dans les Écritures.
Citation
proche de Isaïe 2, 2 à 5 [PBJ. 1102] : «…Allons
au Temple du Dieu de Jacob… Maison de Jacob, venez, marchons
à la lumière de Yahvé ».
Si
bémol majeur (B), 73 mesures, 3/4
BGA.
Jg. XXXVII. Pages 129/130 | ARIE. | Basso. | Continuo.
NEUMANN.
Partie vocale en forme d‘ostinato. Renvoi à la cantate
BWV 186a/2.
BASSO
[Jean-Sébastien
Bach,
volume 2, pages 288/289] : «…aria
pour basse, quadripartite et soutenue par le seul continuo, suivant
une façon de faire typique des années de Weimar…»
BOMBA
: «…l’air
de basse, un air de continuo sur une basse presque obstinée en
mesure à 3/4 en triolets, est parcimonieux [?]
CANTAGREL
[Les cantates de J.-S.
Bach, page 758] :
«…Cette aria, presque un arioso, ne fait appel qu’au
continuo pour accompagner la basse… La souple et libre
déclamation s’attache à souligner le doute, puis
les mots clés « bestricken
– séduire »
et « erblicken
– apercevoir »
LEMAÎTRE :
«…l’aria pour basse ne demande qu’un
soutien du continuo et s’organise en quatre sections…»
MACIA
[Tout Bach,
pages 249/250] : «…aria portée par un rythme
gracieux, presque allègre, tout en triolets, qui contraste
avec le poème, où s’exprime le doute qui
s’insinue dans l’âme du chrétien…»
NYS,
Carl de : « l’aria est accompagnée par
la seule basse continue et utilise le rythme bien connu croche
pointée-double croche de l’ »Ouverture à
la française » qui était destinée à
souligner l’arrivée du roi à la cour ; ce
symbolisme remonte évidemment à la première
destination de la cantate, celle du dimanche de l’Avent… »
[1716].
PIRRO
[L’Esthétique
de Jean-Sébastien Bach
– formation des
motifs, page 54] :
« Pour représenter le doute, Bach choisit de grands
motifs errants, qui se déploient comme à l’aventure,
et semblent déliés de toute règle tonale. « Mon
âme est plein de doute
– Mein Gemuth ist
zweifels-voll…»
Dans cette phrase, Bach joint au mot « zweifelswoll »,
une vocalise où abondent les intervalles indécis et les
modulations vagues ». [+ Exemple musical. BG. XXXVII, page
129].
4]
REZITATIF TENOR. BWV 186/4
ACH,
DAß EIN CHRIST
SO SEHR / VOR
SEINEN KÖRPER
SORGT ! / WAS
IST ER MEHR ? / EIN
BAU
VON ERDEN,
/ DER
WIEDER MUß ZUR ERDE
WERDEN, / EIN
KLEID,
SO NUR GEBORGT. / ER
KÖNNTE JA DAS BESTE TEIL
ERWÄHLEN, / SO
SEINE HOFNUNG
NIE BETRÜGT: / DAS
HEIL
DER SEELEN,
/ SO
IN JESU
LIEGT. | O
SELIG !
WER
IHN IN DER SCHRIFT
ERBLICKT, / WIE
ER DURCH SEINE LEHREN
/ AUF
ALLE, DIE IHN HÖREN, / EIN
GEISTLICH MANNA
SCHICKT ! / Arioso : DRUM,
WENN DER KUMMER
GLEICH DAS HERZE
NAGT UND FRIßT, / SO
SCHMECKT UND SEHET DOCH, WIE FREUNDLICH JESUS
IST !
Hélas,
comment un chrétien / peut-il attacher autant d’importance
à son corps ! / Qu’est-il plus que d’autre ?
/ qu’une structure en terre [Teldec: « qu’un
tas de terre »]
/ dont le destin est de retourner à la terre, / qu’un
vêtement emprunté. / Il pourrait, il est vrai, choisir
la meilleur part / qui ne trahit pas ses espoirs: / Le salut des
âmes, / celui qui réside en Jésus. / Ô
bienheureux celui qui l’aperçoit dans les Écritures,
/ lui par qui son enseignement, / envoie à tous ceux qui
l’écoutent / une manne spirituelle ! / C’est
pourquoi, lorsque le chagrin vous ronge le cœur, / goûtez
et voyez donc l’amabilité [Teldec: « la
bonté »]
de Jésus !
Sol
mineur (g) → Si bémol majeur (B Dur), 28 mesures, C
BGA.
Jg. XXXVII. Pages 131/132 | RECITATIV. | Tenore. | Continuo.
NEUMANN.
Récitatif secco avec arioso (mesures 16 à 28 : arioso
„andante“, aux mots Drum,
wenn der Kummer gleich…)
NYS,
Carl de : « Dans ce récitatif de ténor,
on peut distinguer très nettoiement deux parties : celle
qui parle du caractère périssable de la vie terrestre
et qui, par conséquent est remplie de chromatismes, alors que
la seconde est essentiellement majeure, à partir de la
modulation sur le mot « selig
- bienheureux ».
PIRRO
[L’Esthétique
de Jean-Sébastien Bach -
La formation rythmique
des motifs, page 102]
: «…Bach associe volontiers un motif rythmique ainsi
déterminé par des notes accélérées
aux paroles qui éveillent une idée de béatitude
souriante, aux mots d’accueil, de félicitation,…
de tendresse…; il l’écrit pour traduire ces
exclamations qui semblent jaillir d’un cœur épanoui
». [+ Exemple musical sur les mots « O
selig ».
BG. XXXVII, page 131]. Renvoi aux cantates BWV 63 (O
seliger Tage), BG.
XVI, page 73 ; BWV 119 (glücksel
Stadt…
geliebtes Volk),
BG. XXIV, pages 216 et 223 ; BWV 67 (Wohl
uns), BG. XVI, page
236). BWV 32 (Liebster),
BG. VII, page 56 ; BWV 59 (lieben),
BG. XII2, page 163 ; BWV 155 (lieblicher),
BG. XXXII, page 91
5]
ARIE TENOR. BWV 186/5
MEIN
HEILAND
LÄßT SICH MERKEN
/ IN
SEINEN GNADENWERKEN.
/ DA
ER SICH KRÄFTIG WEIST, / DEN
SCHWACHEN GEIST
ZU LEHREN, / DEN
MATTEN LEIB
ZU NÄHREN, / DIES
SÄTTIGT LEIB
UND GEIST.
Mon
Sauveur se révèle / dans ses œuvres de grâce.
/ Puisqu’il s’avère assez fort / pour instruire
l’esprit faible, / pour nourrir le corps épuisé,
/ le corps et l’esprit en seront rassasiés.
Ré
mineur (d moll), 42 mesures, C
BGA.
Jg. XXXVII. Pages 132 à 135 | ARIE. | Oboe da caccia. |
Tenore. | Continuo.
[les
parties de violon ne figurent pas ici comme c‘était le
cas était dans la cantate BWV 186a (1716). Par contre, à
Leipzig en 1723, ce mouvement n° 5 fut révisée
avec hautbois et deux violons à l‘unisson…]
NEUMANN.
Arie. Trio : Oboe I et violons, Ténor, B.c. Forme bipartite
avec ritournelle. Renvoi à la cantate BWV 186a/3.
BASSO
[Jean-Sébastien Bach,
volume 2, pages 288/289] : «…aria bipartite
[comme le n° 8] en style concertant avec une large participation
d’instruments obligés à l’unisson, employés
en efflorescences mélismatiques de type virtuose ».
CANTAGREL
[Les cantates de J.-S. Bach, page 759] : «…cet
air est un trio… le dessus instrumental est assuré par
le premier hautbois et les deux parties de violons à
l’unisson. Planant dans l’aigu, leurs phrase se gorge de
petits ornements… Quant au ténor, il dialogue avec les
instruments, mais sur une thématique différente, tandis
que les instruments poursuivent leurs manifestations joyeuses
entrecoupées de longues tenues ».
ISOYAMA
: «…Jésus lui-même, avec le motif de marche
entrant au début de l’aria, semble apparaître
devant nos yeux !Un motif éblouissant émerge dans
les parties instrumentales et, dans les parties vocales, le mot
« merken - se révèle »
est, souligné…»
LEMAÎTRE :
«…unisson dons et du hautbois. Cette page en trio se
fonde dans une structure bipartite…»
MACIA
[Tout Bach, pages 249/250] : «…au début
de l’aria, les trois hautbois et les violons à l’unisson
semblent saluer l’arrivée du Christ sur un tempo allant
en ré mineur…»
NYS,
Carl de : « On est presque surpris d’entendre
[à la suite du récitatif n° 4] une aria qui débute
en ré mineur, mais on s’aperçoit rapidement que
cette tonalité n’a pas de signification expressive,
qu’elle module beaucoup en majeur et d’ailleurs
l’accumulation de certaines figures rapides crée un
climat de joie. Dans la version de Weimar cette aria comportait un
hautbois d’amour obligé ; dans la version de
Leipzig, Bach a remplacé celui-ci par une partie pour hautbois
et violons à l’unisson ».
SCHWEITZER
[J. S. Bach, volume 2, page 152] : « Le
hautbois, dans cette aria, joue le « motif de la joie ».
6]
CHORALCHORSATZ. BWV 186/6
OBS
SICHS ANLIEß, ALS WOLLT ER NICHT, / LAß
DICH ES NICHT ERSCHRECKEN; | DENN
WO ER IST AM BESTEN MIT, / DA
WILL ERS NICHT ENTDECKEN. | SEIN
WORT LAß DIR GEWISSER SEIN, / UND
OB DEIN HERZ
SPRÄCH LAUTER NEIN,
/ SO
LAß DOCH DIR NICHT GRAUEN !
Bien
qu’il semble ne pas vouloir, / ne t’en inquiète
pas; / Car c’est lorsqu’il est le plus au milieu de nous
/ qu’il ne veut pas le faire paraître. / Laisse sa parole
gagner en certitude pour toi / et même si ton cœur montre
résistance, / Ne redoute point.
Strophe
12 du choral „Es
ist das Heil uns kommen her“.
Wittenberg 1524.
Fa
majeur (F), 40 mesures, C
BGA.
Jg. XXXVII. Pages 136 à 140 | Oboe I. | Oboe II. | Violino I.
– Violino II. | Viola. | Soprano. | Alto. | Tenore. | Basso. |
Continuo.
NEUMANN.
Parties instrumentales indépendantes avec ritournelles
encastrées. Cantus firmus au soprano.
BASSO
[Jean-Sébastien
Bach,
volume 2, pages 288/289] : «
strophe réalisée avec une large participation
instrumentale, en confiant au soprano la mélodie, et aux
autres voix des interventions en valeurs de temps abrégées
et homorythmique ou en imitation suivant le principe de la fantaisie
sur choral ».
BOMBA
: «…Choral
identique au n° 11 au niveau musical - pas de mouvement à
quatre voix mais des arrangements rappelant le motet avec des
attaques du cantus firmus sur une ^phrase instrumentale autonome ».
BOYER
[Les
cantates sacrées de Jean-Sébastien Bach.
pages 309/310] : «…Élaboration
chorale : Mélodie de choral (MDC) 030 de type II.
Ritournelle instrumentale indépendante, cantus firmus au
soprano… élaboration selon la technique « ponts »,
technique caractéristique de cette période (1723), avec
renvoi aux cantates BWV 24, 75, 76, 147, 167) ».
CANTAGREL
[Les cantates de J.-S.
Bach, page 759] :
«…forme Bar (AAB), le timbre du choral est exposé
période par période, en cantus firmus par le soprano,
et commenté par les autres voix en diminutions…Tout
l’ensemble instrumental introduit et escorte le chant en une
sinfonia à six parties réelles qui répète
inlassablement un petit motif ornemental, sorte de broderie de six
doubles croches…»… «… Bach, qui
n’a pas repris le choral d’origine, a ajouté deux
strophes de choral pour conclure chacune des deux parties [de la
cantate], non pas en simple harmonisation homophone, mais dans une
élaboration concertante identique pour chacune d’elle [6
et 11] ».
ISOYAMA
: «…le choral est entendu avec un prélude et un
interlude instrumentale. Dans les parties instrumentales, le hautbois
et les cordes jouent de brefs motifs en opposition continuelle ».
MACIA
[Tout Bach,
pages 249/250] : «…La mélodie du choral,
harmonisée à 4 voix, est insérée dans une
symphonie instrumentale allègre, avec un motif insistant formé
de six doubles croches…»
NYS,
Carl de : «…un choral figuré dont la partie
instrumentale assez développée, est confiée à
l’ensemble de l’orchestre : le matériau
thématique n’est pas emprunté directement à
la mélodie du cantique chanté… Ce chœur
n’est pas homophone, seule la partie de soprano chante la
mélodie, les trois autres développent autour et à
partir de celle-ci une polyphonie libre, riche, en notes plus
rapides : les imitations entrez la mélodie et les
contrepoints des autres voix sont évidemment symboliques ».
SPITTA
[Johann Sebastian Bach,
volume 2, pages 358 à 360] : « Le choral avec
lequel se conclut la première partie de la cantate est d’un
grand intérêt. Ici, pour la première fois, nous
rencontrons une fantaisie choral transférée à la
musique vocale. Un morceau instrumental tout piété et
d’un innocent caractère est joué par les violons
et les flûtes, avec la basse, se répondant les uns les
autres ; et la mélodie de « Es
ist das
Heil uns kommen her »,
plane sur la strophe « Ob
sichs anliess, als wollt er nicht - Bien qu’il semble ne pas
vouloir, ne t’en inquiète pas »,
etc. Le cantus firmus est au soprano, les autres voix sont en
contrepoint, le plus souvent en imitation, la mélodie en
diminution…»
ZWEITER TEIL
7]
REZITATIV BAß. BWV 186/7
ES
IST DIE WELT
DIE GROßE WÜSTENEI;
/ DER
HIMMEL
WIRD ZU ERZ,
DIE ERDE
WIRD ZU EISEN,
/ WENN
CHRISTEN
DURCH DENN GLAUBEN WEISEN, / DAß
CHRISTI
WORT
IHR GRÖßTER REICHTUM
SEI; / DER
NAHRUNGSSEGEN
SCHEINT / VON
IHNEN FAST ZU FLIEHEN, / EIN
STETER MANGEL
WIRD BEWEINT, / DAMIT
SIE NUR DER WELT
SICH DESTO MEHR ENTZIEHEN ;
DA
FINDET ERST DES HEILANDS
WORT,
/ DER
HÖCHSTE SCHATZ,
/ IN
IHREN HERZEN
PLATZ :
/ JA,
JAMMERT IHN DES VOLKES
DORT, / SO
MUß AUCH [variante : „es“]
HIER SEIN HERZE
BRECHEN / UND
ÜBER SIE DEN
SEGEN
SPRECHEN.
Le
monde est le grand désert; / Le ciel devient airain, la terre
devient fer / lorsque les chrétiens montrent par la foi / que
la parole du Christ est leur plus grande richesse ; /
L’abondance en nourriture semble / presque leur échapper,
/ on déplore une constante pénurie / afin qu’ils
puissent se détacher encore plus du monde ; / Ce n’est
qu’à ce moment que la parole du Sauveur, / le plus grand
trésor, / trouve place dans leur cœur ; / Oui, là
où son peuple lui fait pitié, / son cœur ne peut
que se briser / et il leur dispense alors sa bénédiction.
Mi
bémol majeur (Es) →
Si bémol majeur (B), 19 mesures, C
BGA.
Jg. XXXVII. Pages 141/142 | RECITATIV. |Violino I. | Violino II. |
Viola. | Basso. | Continuo.
NEUMANN.
Récitatif accompagné avec arioso.
CANTAGREL
[Les cantates de J.-S.
Bach, page 760] :
«…la conclusion de ce récitatif accompagné
est traitée en arioso…»
GARDINER : «…Puissant
accompagnato de basse mettant l’accent sur le monde en tant que
désert…»
ISOYAMA
: «…seule pièce accompagnée par les
cordes… Les mots à la fin « Den Segen
sprechen » en arioso, sont accompagnés par un
motif remarquable aux cordes en chœur ».
NYS,
Carl de : « La seconde partie débute par un
vaste récitatif qui est accompagné par les cordes et
lui donne ainsi, après l’homélie, une plus grande
solennité ; comme il est chanté par la basse, il
s’agit d’une sorte de « voix de Dieu »
…Ce récitatif se transforme en véritable arioso
avec une figuration très expressive sur le mot « Segen
- bénédiction »,
au moment de la modulation majeure exprimant le mouvement de l’âme
vers la parole de Dieu ».
PIRRO
[L’esthétique
de Jean-Sébastien Bach – Direction des motifs, page
36] : «…en juxtaposant es motifs de sens
contraires , Bach en arrive à interpréter l’idée
d’opposition. Il signale de manière saisissante la
différence entre les adverbes de lieu ici
et là, et
traduit distinctement ces mots : « A
droite, à
gauche ». [+
Exemple musical sur « Jammert
ihn des Volkes dort, so muss es hier ».
Renvoi
à la cantate. BWV 24/4 et BWV 96 / page 180.
[La
formation rythmique des motifs,
page 103] : «…Motif rythmique ; courtes formules
qui ont l’aménité charmante, l’élan
d’un geste de bienvenue, à la fois souple et empressé… »
[ + Exemple musical sur les mots « den
segen sprechen »,
BG. XXXVII, page 142].
[Les
formes, page 298] :
« Dans la cantate BWV 186, un récit de basse, qui
commence par des imprécations, se termine par un arioso.
Composé de formules d’accueil, il est accompagné
d’une basse uniforme qui annonce le repos, tandis que les
instruments dessinent une série d’arabesques
harmonieuses, au triple contour, qui se suivent comme de petits
nuages clairs dans un ciel tiède ». Renvoi à
BG. XXXVII, page 141.
8]
ARIA
SOPRAN. BWV 186/8
DIE
ARMEN
WILL
DER HERR
UMARMEN
/ MIT
GNADEN
HIER UND DORT; / ER
SCHENKET IHNEN AUS ERBARMEN / DEN
HÖCHSTEN SCHATZ,
DAS LEBENSWORT.
Le
Seigneur étreindra les pauvres / dans sa grâce, en tous
lieux ; / Il leur offre par miséricorde / le trésor
le plus grand, la Parole de vie.
Sol
mineur (g moll), 47 mesures, C
BGA.
Jg. XXXVII. Pages 142 à 145 | Violino I. II. all‘
unisono. | Soprano. | Continuo. Dal
Segno
(reprise aux mesures 2 à 7 du prélude).
NEUMANN.
Trio et forme bipartite avec ritournelle. Renvoi à la cantate
BWV 186a/4.
BASSO
[Jean-Sébastien
Bach,
volume 2, pages 288/289] : Renvoi au mouvement n° 5.
BOMBA
: «…Dans
l’air n° 8, les violons viennent flanquer le soprano. Ces
violons ainsi que la basse jouent en figurations spectaculaires qui
descendent en triples accords et repartent vers les hauteurs en saut
d’octave - une image de l’ »étreinte »
du Seigneur dont il est question dans le texte ? »
CANTAGREL
[Les cantates de J.-S.
Bach, page 760] :
«…comme l’aria n° 5, cet air très
expressif est traité en trio… sauts ascendants, montées
chromatiques insolites… Ce sont ces éléments
motiviques qui font la substance de tout le morceau, portés
par une basse animée, presque impétueuse…»
GARDINER
: «…éclatante
série de gestes musicaux – ainsi dans l’air n°
8, les arpèges descendants sur tétracorde du continuo
pour représenter les pauvres « die
Armen » que
Dieu veut « embrasser »
(jeu de mots sur « umarmen »)
auxquels répond une montée chromatique développée
aux violons…»
ISOYAMA
: «…le soprano chante la compassion dont le Seigneur
entoure le pauvre… Avec son emploi libre de brefs motifs et de
demi-tons agités, c’est une aria très
expressive ».
MACIA
[Tout Bach,
pages 249/250] : «…aria pour soprano avec les
violons à l’unisson et la basse continue, en sol mineur,
développe un rythme balancé très expressif et se
veut réconfortante…»
NYS,
Carl de : «…une page concertante en trio… on
peut constater la superposition de deux éléments :
une sorte de motif enveloppant (signifiant l’embrassement) et
des séquences chromatiques symbolisant la pauvreté et
l’abandon de l’âme mais aussi la miséricorde
divine) ».
PIRRO
[L’Esthétique
de Jean-Sébastien Bach – Le commentaire de
l’accompagnement instrumental, page
151] : «…Des arabesques largement contournées,
ou bien enroulées en spirale, ondulent dans l’accompagnement
[B. c.], quand le mot « umarmen
– étreindre,
embrasser »
passe dans le texte ». [+ Exemple musical, BG. XXXVII,
page 142].
ROBERT :
« Je ne vois pas qu’on puisse attribuer une
signification bien particulière aux montées
chromatiques des violons dans les ritournelles de l’air de
soprano…»
[Dans
son ouvrage à peu près contemporain à, celui de
Pirro (1909), « Le
descriptif chez Bach »,
Gustave Robert se livre ici comme dans d’autres cantates, à
la réfutation des hypothèses émises par
l’auteur de L'esthétique
de Jean-Sébastien Bach.
(1907).
9]
REZITATIV ALT. BWV 186/9
NUN
MAG DIE WELT
MIT IHRER LUST
VERGEHEN; / BRICHT
GLEICH DER MANGEL
EIN, / DOCH
KANN DIE SEELE
FREUDIG SEIN. / WIRD
DURCH DIES JAMMERTAL
DER GANG
/ ZU
SCHWER, ZU LANG, / IN
JESU
WORT
LIEGT HEIL
UND SEGEN.
/ ES
IST IHRES FUßES
LEUCHTE
UND EIN LICHT
AUF IHREN WEGEN.
WER
GLÄUBIG DURCH DIE WÜSTE
REIST, / WIRD
DURCH DIES WORT
GRTRÄNKT, GESPEIST; / DER
HEILAND
ÖFFNET SELBST, NACH DIESEM WORTE,
/ IHM
EINST DES PARADIESES
PFORTE,
/ UND
NACH VOLLBRACHTEM LAUF
/ SETZT
ER DEN GLÄUBIGEN
DIE KRONE
AUF.
Le
monde et ses plaisirs peut à présent disparaître ;
/ Le dénuement peut survenir aussitôt, / mais l’âme
peut s’en réjouir. / Si la traversée de la vallée
des pleurs [larmes] / est trop dure et trop longue, / le salut et la
bénédiction dans la parole de Jésus, / sa parole
est une lampe à nos pieds, une lumière sur notre
sentier. / Celui qui traverse le désert dans la foi / sera
abreuvé et nourri par cette parole ; / Selon cette
parole, le Sauveur lui ouvrira lui-même / les portes du paradis
/ et une fois que le croyant aura accompli sa marche [Teldec :
« accompli le parcours »], / il posera la
couronne sur son front.
Citation
du psaume 119, 105 [PBJ. 918] Confitemini
Domino :
« Une
lampe sur mes pas ta parole, une lumière sur ma route ».
Dans la
cantate : « sa
parole est une lampe à nos pieds, une lumière sur notre
sentier ».
Ut
mineur (c moll) → mi bémol majeur (Es), 19 mesures, C
BGA.
Jg. XXXVII. Pages 145 | RECITATIV. | Alto. | Continuo. Adagio
mesure 6 sur les mots „in
Jesu Wort“.
NEUMANN.
Recitatif secco avec éléments arioso.
MACIA
[Tout Bach,
pages 249/250] : « de multiples passages arioso
agrémentent ce bref mouvement…»
NYS,
Carl de : « Un récitatif où alternent
le secco et l’arioso…»
PIRRO
[L’Esthétique
de Jean-Sébastien Bach
– Direction des
motifs, page 38] :
«…S’il est question dans le texte de couronnes ou
de guirlandes, les notes se groupent en arabesques enveloppantes,
dont l’ordonnance fait image » [+ Exemple musical,
BG. XXXVII, page 145]. Renvois sur le même mot « Kröne »,
aux cantates BWV 16/3, 57/1 et 158/2.
WHITTAKER
[The Cantatas of Johann
Sebastian Bach, volume
1, pages 200 à 207] : « Le texte du récitatif
secco pour alto est, grâce à Dieu largement supérieur
à ceux des autres récitatifs et Bach saisit
l’opportunité d’un recours fréquent à
l’usage du « motif de la démarche »
[stepe -motive] ».
[le
thème de la „vallée
de larmes - Jammertal“
est fréquemment évoqué dans les textes des
cantates de Bach; voir par exemple la cantate BWV 114/2].
10]
ARIE. DUETT SOPRAN, ALT. BWV 186/10
LAß
SEELE,
KEIN LEIDEN
/ VON
JESU
DICH SCHEIDEN, / SEI,
SEELE,
GETREU !
/ DIR
BLEIBET DIE KRONE
/ AUS GNADEN
ZU LOHNE,
/ WENN
DU VON BANDEN
DES LEIBES
NUN FREI.
Ô
mon âme, ne permets à aucune souffrance / de te séparer
de Jésus, / sois fidèle, mon âme ! / Ta
récompense sera / la couronne de grâce / lorsque tu
seras libérée des liens de la chair.
Ut
mineur (c moll), 212 mesures, 3/8
BGA.
Jg; XXXVII. Pages 146 à | 154 | ARIE. (Duett.) |Oboe I. | Oboe
II. | Taille. | Violino I. | Violino II. | Viola. | Soprano. | Alto.
| Continuo.
NEUMANN.
Interventions instrumentales encastrées. Canon vocal et
ritournelle de seize mesures en tête et à la fin du
morceau; caractère de gigue. Renvoi à la cantate BWV
186a/5.
BASSO
[Jean-Sébastien
Bach. Tome 2, page
274] : « Rythme de danse, ici celui d’une
gigue ».
[volume
2, pages 288/289] : «…un
admirable duo pour soprano et contralto, en rythme de gigue - une
galanterie,
donc - où les voix suivent un tracé parallèle
ou, par instant en canon (également par mouvement contraire),
soutenues par trois voix instrumentales homogènes ».
BOMBA
: «…sorte
de mouvement dansant accompagné par l’ensemble de
l’orchestre, des instruments à vent en bois et des
cordes. Les voix chantées s’enchaînant
indéfiniment les unes aux autres, symbolisent l’image
retrouvée dans le texte qu’aucune souffrance ne saura
séparer l’âme de Jésus ».
CANTAGREL
[Les cantates de J.-S.
Bach, page 761] :
«…une longue ritournelle de seize mesures ouvre et
referme ce morceau. En mètre de sicilienne, c’est un
paisible trio sur basse continue, où les trois parties de
cordes sont doublées par les hautbois et la taille. Atmosphère
pastorale d’une paix tranquille et sereine… les deux
solistes interviennent en homophonie, sur le motif de la ritournelle,
en alternance avec les instruments… avec épisodes en
imitations ».
GARDINER :
« Comme bien souvent, il se passe sous la surface de la
musique bien plus de choses qu’on ne l’imaginerait de
prime abord – une tension (délibérée ?)
entre figures musicales et Affekt
sous-jacent, mais
aussi, sans aucun doute, un aspect relevant de la symbolique des
nombres et dont témoigne l’étrange structure
(treize mesures) du duo pour soprano et alto (n° 10), gigue en ut
mineur avec pupitres de cordes et hautbois au complet, dans laquelle
l’injonction cruciale « Sei,
Seele, getreu ! »
est gardée en réserve jusqu’aux toutes dernières
deux mesures…»
[Dommage
que cette « étrange » structure de 13
mesures n’ait pas été explicité... Arthur
Hirsch (opus. cité) a identifié la structure suivante :
« (32)-20-32-32-32-32-(32) = 212 (mesures) »
[?]
LEMAÎTRE :
«…dernière page concertante… un magnifique
duo… accompagné par l’ensemble de l’orchestre
dans lequel les voix cheminent de façon parallèle ou en
canon sur un rythme de gigue (à 3/8) ».
MACIA
[Tout Bach,
pages 249/250] : «…duetto très dansant à
3/8… avec tout l’orchestre, où le traitement des
voix est homophonique, comme pour marquer l’approbation unanime
du propos chanté : « Ne
laisse, ô mon âme, aucune souffrance te séparer de
Jésus ».
NYS,
Carl de : «…page orchestrale dont le rythme,
nettement dansant - une gigue à 3/8 - n’est pas sans
évoquer le caractère pastorale des œuvres
liturgiques de Bach liées à Noël ; elle
rappelle ainsi l’origine de l’œuvre… la
marche très rigoureusement parallèle des deux parties
vocales traduit la volonté de l’âme de ne se
laisser séparer de Jésus par aucune circonstance ».
PIRRO
[L’Esthétique
de Jean-Sébastien Bach
– Les formes,
page 317] :
«…Parmi les duos auxquels Bach a donné le
caractère des Ais à deux français, on peut citer
le duo de la cantate BWV 186, l’Et
misericordia
du Magnificat,
pour alto et ténor…»
SCHWEITZER
[J. S. Bach,
volume 2, page 401] : « Des exemples de « tempi »
vraiment rapides seront trouvés dans les cantates BWV 186/10,
BWV 20/6 et BWV 155/4…»
SPITTA
[Johann Sebastian Bach,
volume 2, pages 358 à 360] : « Les trois arias
rivalisent les unes les autres en profondeur et en intensité,
mais le joyau des mouvements pour soliste est le duo en ut mineur
pour soprano et alto… C’est le rythme d’une gigue,
d’une grâce mélancolique, que l’on rencontre
précisément dans tant de pièces de Bach, un
mouvement de danse… »
WHITTAKER
[The Cantatas of Johann
Sebastian Bach, volume
1, pages 200 à 207] : « Le mouvement conclusif
[avant le choral] de cette cantate [assez inégale] est le
splendide duo pour soprano et alto, sans aucun doute conçu à
Weimar, quoique remodelé, comme la présence d’une
taille l’indique. Les deux hautbois et la taille ne sont jamais
indépendants des cordes ; ils sont fréquemment
silencieux ou en renforcement (ripieni) de temps à autres…
« Laß
Seele , kein Leiden von Jesu dich scheiden, sei, Seele getreu -
Ô mon âme, ne permets à aucune souffrance / de te
séparer de Jésus, / sois fidèle, mon âme ! »
est joué de façon « dansante »,
tout au long de l’introduction [+ Exemple musical] ».
Il y a plus de 200 mesures dans ce duo si séduisant et on ne
saurait retrancher une simple mesure…»
11]
CHORAL. BWV 186/11
DIE
HOFFNUNG
WART’ DER RECHTEN ZEIT,
/ WAS
GOTTES
WORT
ZUSAGET. / WENN
DADS GESCHEHEN SOLL ZUR FREUD,
/ SETZT
GOTT
KEIN GEWISSE TAGE.
/ ER
WEIß WOHL, WENN‘S AM BESTEN IST, / UND
BRAUCHT AN UNS KEIN ARGE LIST,
/ DES
SOLLN WIR IHM VERTRAUEN.
L’espérance
attend que vienne l’heure / que promet la parole de Dieu. /
Pour que cette heure nous apporte la joie, / Dieu ne fixe pas de date
à sa venue. / Il sait bien quand cela sera le mieux / et n’use
pas de perfidie à notre égard. / Aussi nous devons lui
faire confiance.
Strophe
11 du choral „Es
ist das Heil uns kommen her“.
Fa
majeur (F), 40 mesures, C
BGA.
Jg; XXXVII. Le choral final n‘est pas dans l‘autographe
et ne figure pas non plus dans l‘édition de la BGA.
NEUMANN.
Distribution comme le sixième mouvement.
BASSO
[Jean-Sébastien
Bach,
volume 2, pages 288/289] : «
On présume que la seconde partie [de BWV 186], qui dans le
manuscrit autographe, ne porte pas de choral [voir la partition
BGA.], se concluait, elle aussi [comme le mouvement choral n°6],
sur une strophe, la onzième, du cantique de Speratus ».
BOYER
[Les
cantates sacrées de Jean-Sébastien Bach.
pages 309/310] : «
Identique au mouvement 6 : élaboration chorale :
Mélodie de choral (MDC) 030 de type II. Ritournelle
instrumentale indépendante, cantus firmus au soprano……
élaboration selon la technique « ponts »,
technique caractéristique de cette période (1723), avec
renvoi aux cantates BWV 24, 75, 76, 147, 167) ».
CANTAGREL
[Les cantates de J.-S.
Bach, page 762] :
«…Tout porte à croire que, comme dans d’autres
œuvres analogues, il était prévu, pour cette
onzième strophe du cantique de Paul Speratus, de reprendre à
l’identique, sur les nouvelles paroles, le morceau qui
concluait la première partie ».
SPITTA
[Johann
Sebastian Bach,
volume 2, pages 358 à 360] : « Dans la partition,
il n‘y a pas de choral à la fin de l‘œuvre,
mais, par analogie avec les cantates du premier et second dimanche
après la Trinité [1723] il est possible d‘avancer
avec certitude que le choral [6] de la première partie fut
repris“.
WHITTAKER
[The Cantatas of Johann
Sebastian Bach, volume
1, pages 200 à 207] : « La
partition s’achève là, mais probablement le vaste
choral [du mouvement 6] aurait pu être repris avec une strophe
différente ».
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Ph. E. Bach – KJ. Ph. Kirnberger (sans date). N° 289 (4,
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n° 3765 : 389 Choralgesänge
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(sans date). Classement alphabétique. N° 87 (86, 88, 89 et
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Foestich 1967, 8e
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:
J. S. Bach.
Édition allemande complète, en deux volumes. 1911.
:
Édition américaine (traduction de E. Neumann). Dover
Publications, inc. New York. 1911-1966.
Volume
2, pages 152, 401 (note), 463 (note) et 465
SPITTA,
Philipp : Johann
Sebastian Bach.
Sous-titré
: « His
Work and influence on the Music of Germany 1685-1750 »
Novello
& Cy 1889 - Dover 1951-1952. Tome II, pages 358 à 360
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Cantatas of Johann Sebastian Bach. Sacred & Secular
Oxford U.P. 1959-1985
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pages 200 à 207, 238 : Volume 2, page 292
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Breitkopf &
Härtel 1967. Pages 180 à 182
ZWANG,
Philippe et Gérard : Guide
pratique des cantates de Bach.
R. Laffont 1982. ZK 34, pages 92 à 94
Réédition
révisée et augmentée. L’Harmattan 2005
DISCOGRAPHIE BWV 186
BACH
CANTATAS WEBSITE :
Discographie
établie par Aryeh Oron. Elle est ici proposée sous
forme sensiblement allégée avec, parfois, quelques
précisions relatives aux références et aux
dates. Les numéros 1] et suivants indiquent l’ordre de
parution des enregistrements.
Six
références (août 2000 – mai 2011) + Cinq
mouvements individuels (août 2000 – avril 2011).
Exemples
musicaux. Aryeh Oron (janvier 2003 – janvier 2005).
6]
GARDINER (volume 4). Monteverdi Choir. English Baroque Soloists.
Soprano : Katharine Fugue. Contre-ténor : Richard
Wyn Roberts.
Ténor :
Kobie van Rensburg. Basse : Stephan Loges. Bach
Cantata-Pilgrimage. St. Marie. Haddington (GB) , 5 et 6 août
2000
Durée
: 27’41. CD Soli Deo Gloria (SDG) 156. Avec les cantates BWV
187 et 107
+
un motet de Kuhnau/ Bach « Der
Gerechte kommt um ».
2]
HARNONCOURT (volume 43). Tölzer Knabenchor. Concentus Musicus
Wien. Soliste soprano du Tölzer Knabenchor Helmut Wittek.
Alto
: Paul Esswood. Ténor : Kurt Equiluz. Basse : Robert Holl.
1989. Durée
: 27’16.
Disque
Teldec
6.
35836-00-501503 (SKW 43/1-2). Das
Kantatenwerk.
Record Service GmbH. Warner, volume 43. 1989
CD
(D) Teldec 4509-91764 2. Das
Kantatenwerk - Sacred Cantatas.
Volume 10. Coffret de six CD avec les cantates BWV 183 à 200
CD
Teldec
8.35836
ZL 244179-2. Das
Kantatenwerk,
volume 43. 1989
Reprise
Bach
2000.
Teldec 25706. Coffret de 15 CD. Septembre 1999. Cantates BWV 1 à
14 et BWV 16 à 47
Reprise
CD Warner Classics 8573-81154-5. Intégrale en CD séparés,
volume 56. 2007
3]
KOOPMAN (volume 6). Amsterdam Baroque Orchestra & Choir. Soprano
: Ruth Ziesak. Alto : Elisabeth von Magnus. Ténor : Paul
Agnew.
Basse : Klaus Mertens. Waalse Kerk. Amsterdam (NL). Avril et
septembre 1997. Durée : 29’23
Coffret
de trois CD Erato 3984-21629-2.
1998
Reprise
en coffret Antoine Marchand. Challenge Classics CC 72206. 2005.
Avec les cantates BWV 50 et Appendix, 104, 69a.
Reprise,
Net, format MP3 Download. 2007
5]
LEUSINK. Holland Boys Choir / Netherlands Bach Collegium. Soprano :
Ruth Holton. Alto : Sytse Buwalda. Ténor :Knut
Schoch.
Basse :
Bas Ramselaar. Église Saint-Nicolas. Elburg (NL). Novembre et
décembre 1999. Durée : 30’04
CD
Bach Edition. 2000. Brilliant Classics. Volume 12. Cantates volume 6
Reprise
CD Bach Edition. 2006. CD Brilliant Classic III - 93102 30/76. Avec
les cantates BWV 8 et 3
Cette
réédition 2006 a fait l‘objet en 2010 d‘une
édition „augmentée“ : 157 CD comprenant,
les partitions et 2 DVD proposant
les
Passions
selon saint
Jean et
saint Matthieu.
1]
RILLING. Gächinger Kantorei Stuttgart. Bach-Collegium Stuttgart.
Soprano : Arleen Auger. Alto : Helen Watts. Ténor : Kurt
Equiluz.
Basse
: Philippe Huttenlocher. Gedächtniskirche Stuttgart (D).
Septembre 1976, janvier et avril 1977.
Durée : 33’54
Disque
(D). Die
Bach Kantate.
Hänssler Verlag. Laudate 98686.
Il
s‘agit, comme l‘écrit Carl de Nys, du premier
enregistrement intégral et mondiale de la cantate].
Disque
(F). Erato STU
71187. Les grandes
cantates, volume
8. 1979.
Avec les cantates BWV 54 et 107
CD.
Die
Bach Kantate
(volume 43). Hänssler Classic. Laudate 98896
CD
Hänssler edition bachakademie
(volume 56). Hänssler-Verlag 92.056. 2000
4]
SUZUKI (volume 10). Bach Collegium Japan.
Soprano : Miah Persson. Alto : Robin Blaze. Ténor : Makoto
Sakurada. Basse : Peter Kooy
Kobe
Shoin Women’s University Chapel. Japan.
Février 1999. Durée : 26’01
CD
BIS 951. 1999. Avec les cantates BWV 105 et 179. Distribution
en France, décembre 1999.
Reprise
CD BIS 300951 Digital. 30th
Anniversary Edition
MOUVEMENTS
INDIVIDUELS BWV 186
M-1.
Mvts 1 et 11] Hans Pflugbeil. Greifswalde Bach Tage Choir.
Bach-Orchester Berlin. Fin des années 1950 ou 1960.
Enregistrement
? puis CD Baroque Music Club “Soli Deo Gloria”, volume 9.
M-2.
Mvt. 8] Aria pour soprano. Mary Margaret Dundore et Clavecin Edith
Kilbuck. 1968. Sources ? Bande / Cassette / CD.
M-3.
Mvt. 8] Vladimir Spivakov. Soprano Gaelin Gabora et Ensemble.
1974-1975. Disque Melodiya S 10-067639-40 (URSS).
M-4.
Mvt. ?] Transcription pour Violoncelle baroque Yo-Yo Ma ET Ton
Koopman / Amsterdam Baroque Orchestra, août 1998.
CD
Sony Classics “Simply Baroque II. Avec des œuvres de
Boccherini.
M-5.
Mvt.10] Duos. Soprano : Sara Macliver et alto : Sally-Anne Russell.
Orchestra of the Antipodes. Antony Walker. 9-13 octobre
et
10 décembre 2003. CD ABC Classics 476118-3.
DIVERS
Diffusion
“Radio” :
KUIJKEN.
La Petite Bande. 22
juillet 2005. Life record / Diffusion sur France Musique depuis
Beaune (21)
THAMM,
Hans. Collegium Musicum de Radio Stuttgart. Soprano : R. Hansmann.
Alto M. Latiane. Ténor : Adalbert Kraus. Basse : ?
CANTATE BWV 186a
ÄRGRE DICH, O SEELE, NICHT
3
ADVENT
Cantate
pour le troisième dimanche de l‘Avent
Weimar
13 décembre 1716 [1717 ?]
DATATION
BWV 186a
BCW.
Weimar, dimanche 13 décembre 1717 [1716].
DÜRR.
Chronologie. BWV 155 (19 janvier 1716) – BWV 70a (6 décembre
1716 – BWV 186a (13 décembre 1716) – BWV 147a (20
décembre 1716).
HIRSCH
: Classement CN 28 (Die chronologisch Nummer – numéro
chronologique).
NEUMANN.
Weimar…1716.
BOMBA :
«…troisième dimanche de l’Avent 1716 ;
le fait que Bach aurait quitté Weimar dès sa sortie de
prison, le 2 décembre 1717 [il y avait été
enfermé sur ordre du prince régnant… pour
désobéissance] donc avant le troisième dimanche
de l’Avent 1717, contredit l’hypothèse souvent
entendue, supposant que cette cantate ait été exécutée
une année plus tard [1717]. Le fait que le texte ne fut
imprimé qu’en 1717, ne signifie pas que Bach n’avait
pas pu la présenter une année auparavant [donc 1716].
[Pour
faire bref, un doute
demeure : décembre 1716 ou décembre 1717 ? Bach a-t-il
eu eu connaissance, à Weimar courant 1716, du texte de Salomon
Franck avant qu‘il ne soit publié … ou a-t-il
connu et utilisé ce même texte imprimé en
recueil, l‘année suivante, fin 1717 ?]
SOURCES BWV 186a
Forme
primitive de la cantate BWV 186 (1723 pour le 7e
dimanche après la Trinité.
NBA
I/1. Kritisch Bericht : Alfred Dürr 1955.
CANTAGREL
[Les cantates de J.-S.
Bach. page 125] :
« De cette cantate…la version originale est
aujourd’hui perdue. On connaît la cantate BWV 186a par
son remploi en 1723… Le chœur initial et les quatre airs
se retrouvent dans la cantate BWV 186. Quant au sixième
morceau [5]… le choral final, c’était la huitième
strophe du cantique « Von
Gott will ich nicht lassen »…
Bach ne l’a pas repris dans la cantate de 1723 [BWV 186].
ÉDITIONS
Reconstitution
par Diethard Hellmann (Hänssler Stuttgart,1963). Pour le compte
de Hänssler Verlag. Stuttgart 1963.
CARUS.
Partition (32 pages) = CV 31.186/00. Partition du chœur = CV
31.186/05. Parties séparées : Violine I, Violine II,
Viola, Violoncelle et contrebasse) = CV 31.189/ 11 à 14. Vents
(Harmoniestimmen : Oboe I, II, Basson) = 31.186/09. Orgel =
31.186/49.
PÉRICOPE BWV 186a
Troisième
dimanche de l’Avent à Weimar. Auf
den dritten Advent: | Sonntag.
[Pas
de musique figurée à Leipzig dans la période de
l’Avent, ce qui fait que Bach a repris cette cantate (BWV
186a), en l’élargissant à onze sections, en en
conservant d’importantes traces du texte primitif de Franck et
en la destinant alors au 7e
dimanche après la Trinité].
Épître
: 1. Épître aux Corinthiens 4, 1 à 5 [PBJ.
1692] : « Qu’on
nous regarde donc comme des serviteurs du Christ et des intendants
des mystères de Dieu… Or tout ce qu’on demande à
des intendants, c’est que chacun soit trouvé
fidèle…Laissez venir le Seigneur ; c’est lui
qui éclairera les secrets des ténèbres…»
Évangile
: Matthieu 11, 2 à 10 [PBJ. 1470]. Question de Jean-Baptiste
et témoignage que lui rend Jésus… :
«Les aveugles
voient et les boiteux marchent, les lépreux sont guéris
et les sourds entendent, les morts ressuscitent… »
EKG.
3. Advent.
Entrée :
Isaïe 40, 3 à 10 [PBJ. 1148] : « Préparez
le chemin du Seigneur… Voici le Seigneur qui vient avec
puissance »
[annonce de Noël].
Psaume
80 : Prière pour la restauration d’Israël :
« Yahvé
Sabaot, reviens enfin… »
(au verset 15).
Cantique
= EKG 9 : « Mit
Ernst, o Menschenkinder - Avec gravité, o enfant des hommes…»
Même mélodie que celle du choral Von
Gott will ich nicht lassen de
Ludwig Helmbold (1571), au mouvement n°
6.
Épître
aux Corinthiens 4, 1 à 5 et Évangile : Matthieu
11, 2 à 10.
TEXTE
BWV 186a
1
à 5] Salomo Franck.
Le
fac-similé du texte se trouve dans l’ouvrage de Werner
Neumann : Sämtliche
von J. S. Bach vertonte Texte, pages
290/291.
Titre :
Evangelischen Sonn und
Fest-Tages-Andachten auf…Weimarischen hof=Kappel=Music | In
Geistlichen Arien…von Salomon Francken…, publié
à Weimar et Jena par Johann Felix Bielken en 1717.
6]
Cantique en 8 strophes (de 8 vers chacune) „Von
Gott ich nicht lassen“
(1563) de Ludwig Helmbold (1532-1598) …Texte de la 8e
strophe.
Mélodie
(1557 ?) d‘un compositeur anonyme. Renvoi aux cantates BWV
11/11, 73/5 (avec la strophe 5) et 107/1.
Renvoi
à EKG 283. Renvoi aux chorals à quatre voix BWV 417,
418 et 419.
1]
CHORSATZ BWV 186a/1
ÄRGRE
DICH, O
SEELE,
NICHT, / DAß
DAS ALLERHÖCHST LICHT,
/ GOTTES
GLANZ
UND EBENBILD,
/ SICH
IN KNECHTSGESTALT
VERHÜLLT, / ÄRGRE
DICH, O SEELE
NICHT !
Ne
sois pas contrariée, ô mon âme, / de ce que la
lumière suprême, / l’éclat et l’image
de Dieu / se dissimulent sous les traits d’une humble créature,
/ ne sois pas contrariée, ô mon âme
Renvoi
à BWV 186/1.
2] ARIE
BAß. BWV 186a/2
BIST
DU, DER MIR HELFEN SOLL, / EILST
DU NICHT, MIR BEIZUSTEHEN ? / MEIN
GEMÜT
IST ZWEIFELSVOLL, / DU
VERWIRFST MEIN FLEHEN,
/ DOCH,
O SEELE,
ZWEIFLE NICHT, / LAß
VERNUNFT
DICH NICHT BESTRICKEN ! / DEINER
HELFER,
JAKOBS
LICHT,
/ KANNST
DU IN DER SCHRIFT
ERBLICKEN.
Es-tu
celui qui doit me secourir, / ne voles-tu pas à mon aide ?
/ Mon âme est en proie au doute, / peut-être
rejetteras-tu mes supplications ; / Ô mon âme,
pourtant ne doute point, / ne te laisse pas ensorceler par la
raison. Ton Sauveur, lumière de Jacob, / tu peux l’apercevoir
dans les Écritures.
Renvoi
à BWV 186/3.
Instrumentation
complétée dans la version de Diethard Hellmann.
3]
ARIE TENOR. BWV 184a/3
MESSIAS
[MEIN HEILAND] VOIR
NEUMANN
: ou
MEIN
HEILAND
LÄßT SICH MERKEN / IN
SEINEN GNADENWERKEN.
/ DA
ER SICH KRÄFTIG WEIST, / DEN
SCHWACHEN GEIST
ZU LEHREN, / DEN
MATTEN LEIB
ZU NÄHREN, / DIES
SÄTTIGT LEIB
UND GEIST.
Mon
Sauveur se révèle / dans ses œuvres de grâce.
/ Puisqu’il s’avère assez fort / pour instruire
l’esprit faible, / pour nourrir le corps épuisé,
/ le corps et l’esprit en seront rassasiés.
Renvoi
à la partie de Viola de la cantate BWV 186/5.
NEUMANN.
Viola. Voir la reconstitution d‘Alfred Dürr, in NBA I: 1
(Kritisch Bericht) avec Oboe da caccia.
4]
ARIE SOPRAN. BWV 186a/4
DIE
ARMEN
WILL DER HERR
UNARMEN / MIT
GNADEN
HIER UND DORT; / ER
SCHENKET IHNEN AUS ERBARMEN / DEN
HÖCHSTEN SCHATZ,
DAS LEBENSWORT.
Le
Seigneur étreindra les pauvres / dans sa grâce, en tous
lieux ; / Il leur offre par miséricorde / le trésor
le plus grand, la parole de vie.
Renvoi
à BWV 186/8.
5]
ARIE. DUETT SOPRAN, ALT. BWV 186a/5
LAß
SEELE,
KEIN LEIDEN
/ VON
JESU
DICH SCHEIDEN, / SEI,
SEELE,
GETREU ! / DIR
BLEIBET DIE KRONE
/ AUS GNADEN
ZU LOHNE,
/ WENN
DU VON BANDEN
DES LEIBES
NUN FREI.
Ô
mon âme, ne permets à aucune souffrance / de te séparer
de Jésus, / sois fidèle, mon âme ! / Ta
récompense sera / la couronne de grâce / lorsque tu
seras libérée des liens de la chair.
Renvoi
à BWV 186/10.
Caractère
de danse.
6]
CHORAL. BWV 186a/6
DARUM
OB ICH SCHON DULDE HIER WIDERWÄRHGKEIT | WIE ICH AUCH WOHL
VERSCHULDE KOMMT DOCH DIE
EWIGKEIT
|| IST ALLER FREUDEN VOLL, DIE OHNE ALLER ENDE ||| UND WEIL ICH
CHRITUS KENNE / MIT WIDERFAHREN SOLL
C‘est
pourquoi, même si je souffre ici-bas de désagréments,
comme je l‘ai bien mérité, à la fin
l‘éternité va venir, remplie de joie pour
toujours,
Fa
majeur (F), 19 mesures, C
8e
strophe et mélodie du cantique Von
Gott will ich nicht lassen de
Ludwig Helmbold (1571), publié à Erfurt en 1572
(Geistlich
Erfurt)
.
Renvoi
de Neumann à la mélodie du choral de la cantate BWV
73/5. Renvoi à EKG 283 et EKG 9 (même mélodie).
Simple
choral harmonisé à quatre voix.
Renvoi
à J. L. Krebs, Buxtehude, BUXWV 221.
LYON,
James : Ludwig Hembold 1532-1598) : Von
Gott will ich nicht lassen : Cantique
de la croix et de la consolation. Renvoi à BWV 417, 418, 419
et BWV 658. Sur un autre texte „Was
willst du dich betrüben“
la mélodie sera aussi exploitée dans les cantates BWV
107 au titre éponyme, BWV 11/11.
BIOGRAPHIE BWV 186a
BCW
(Bach Cantatas Website) :
BROWNE,
Francis : Texte du cantique „Von
Gott will ich nicht lassen“.
Février 2010.
CROUCH.
Notice. 1998.
EMMANUEL
MUSIC. Michael Beattie & Craig Smith.
ORON,
Aryeh : Discussions. Voir ci-dessus la cantate BWV 186.
BACH
COMPENDIUM ou Répertoire
analytique et bibliographique des œuvres de Jean-Sébastien
Bach. Hans Joachim
Schulze et Christoph Wolff = Bach-Compendium
: analytisch-Bibliographisches
Repertorium der œuvre Johann Sebastian Bach.
Editions Peters. Francfort sur Le Main. Éditions Peters.1985.
BWV 186a = BC A 5.
CANTAGREL,
Gilles : Les cantates
de J.-S. Bach. Fayard.
2010.
Page 125
DÜRR,
Alfred : Die
Kantaten von J.-S. Bach. Bärenreiter.
Kassel 1974. Volume 1, pages 103/104
LYON,
James : Johann
Sebastian Bach. Chorals.
Sources hymnologiques des mélodies, des textes et des
théologies
Beauchesne.
Octobre 2005. Page 67. Incipit de la mélodie “Von
Gott
will ich nicht lassen“ = M
115, page 279
NEUMANN,
Werner : Handbuch
der Kantaten Johann Sebastian Bachs.VEB.
Breitkopf & Härtel Musikverlag Leipzig 1971. Page 196
:
Sämtliche
von J. S. Bach vertonte Texte.
VEB Leipzig 1974. Pages 25 et fac-similé aux pages 290/291
ZWANG,
Philippe et Gérard : Guide
pratique des cantates de Bach.
R. Laffont 1982. BWV 186. ZK 34. Page 93
Réédition
révisée et augmentée. L’Harmattan 2005
DISCOGRAPHIE
BWV 186a
Pas
d‘enregistrement connu.
DIVERS
Diffusion
„Radio“ :
Radio
Cologne (ex RFA), ca 1960 : Diethard Hellmann. Bach Orchester &
Bach Choir Mainz. Agnès Giebel. J. Gross. K. Markus. E.
Schramm.
Durée:
20‘
C.
Role. Juillet 2011
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