AVERTISSEMENT
Cette
notice dédiée à une cantate de Bach tend à
rassembler des textes (essentiellement de langue française),
des notes, voire des critiques discographiques souvent introuvables
ou difficilement accessibles aujourd’hui (2010). Le but est de
donner à lire un ensemble cohérent d’informations
et de proposer aux amateurs et mélomanes francophones un
panorama élargi et espéré parfois inédit
de cette partie de l’œuvre vocale de Bach. Outre les
quelques interventions « CR » identifiées
par des parenthèses [...] le rédacteur précise
qu’il a toujours pris le soin jaloux de signaler sans ambiguïté
le nom des auteurs sélectionnés. A cet effet il a
indiqué clairement, entre guillemets «…»
toutes les citations fragmentaires tirées de leurs travaux.
Rendons à César...
ABRÉVIATIONS
(A)
= la majeur
(B)
= si bémol majeur
BB
/ SPK = Bach Bibliothek / Staatsbibliothek Preussicher
Kulturbesitz
B.c.
= Basse continue ou continuo
BCW
= Bach Cantatas Website
BD
= Bach-Dokumente (4 volumes, 1975)
BG
= Bach-Gesellschaft = Société Bach (Leipzig,
1851-1899). J. S. Bach
Werke. Gesamtausgabe
(édition d’ensemble) der
Bachgesellschaft
BJ
= Bach-Jahrbuch
(C)
= ut majeur. (c) = ut mineur
D
= Deutschland
(D)
= Ré majeur – (d) = ré mineur
(E)
= (mi – (Es) = mi bémol majeur
EKG
= Evangelisches
Kirchen-Gesangbuch.
(F)
= fa
(G)
= Sol majeur. (g) = sol mineur
GB
= Grande Bretagne / Angleterre
(H)
= si
NBA
= Neue Bach Ausgabe (nouvelle publication de l’œuvre de
Bach à partir des années 1954-1955)
NBG
= Neue Bach Gesellschatf = Nouvelle société Bach
(fondée en 1900)
Ost
= Original Stimmen
P
= Partition = Partitur
PBJ
= Petite Bible de Jérusalem
PKB
= Preußicher Kulturbesitz, Staatsbibliothek, Berlin
St.
= Parties séparées = Stimmen
La
première lettre -en gras- d’un mot du texte de la
cantate indique la majuscule de la langue allemande. Dans le corps de
ce même texte allemand, le mot ou groupe de mots mis en italiques
désignent un affect particulier ou un « accident remarquable.
DATATION BWV 25
Leipzig,
dimanche 29 août 1723.
Cantate
appartenant à I. Jahrgang. La datation donnée par
Spitta s’appuie sur le filigrane « MA »
recouvrant une période assez large 1727-1733. D’autres
musicologues ont situé l’œuvre vers 1731, avant
que les travaux d’Alfred Dürr, d’après
l’écriture repérée d’un copiste, ne
lui affecte la date du 22 août 1723.
BRAATZ
[Provenance] : Le filigrane « MA » n’est
pas probant pour la datation retenue par Spitta.
KB.
La datation de Spitta trop tardive en dépit du filigrane
« MA ».
1723 est corrobé par les cantates 119 et 194.
HERZ :
29 août 1723. Ancienne datation (celle de Spitta), vers 1731.
HIRSCH
: Classement CN 50 (Die chronologisch Nummer = numérotation
chronologique). Première année des cantates de Leipzig,
du 30 mai 1723 au 11 juin 1724.
Chronologie
(Alfred Dürr). I. Jahrgang. 1723 BWV 199 (8 août) - BWV
69a (15 août) - BWV 77 (22 août) - *BWV 25 et BWV 119
(30 août) - BWV 138 (5 septembre) - BWV 95 (12 septembre).
SCHMIEDER :
Vers 1731 (entre 1728 et 1736, d’après Spitta).
SPITTA :
entre 1730 et 1734.
SOURCES BWV 25
PARTITION
AUTOGRAPHE = ORIGINALPARTITUR
Pas
de sources connues.
BCW
[Provenance] : Cette cantate ne figure pas dans le catalogue
ayant appartenu à Carl Philipp Emmanuel Bach (1790).
PARTIES
SÉPARÉES = ORIGINALSTIMMEN
BB/SPK
St. Mus. Ms. Bach St 376 M. Deutsch Staatsbibliothek. Anciennement Marburg,
Staatsbibliothek, puis Berlin-Dahlem.
Parties
séparées (18 voix / Stimmen). Papier avec filigrane
« MA »
ainsi que la page de garde. Les copistes, (selon Gerhard. Herz)
sont : Johann Andreas Kuhnau (le neveu du prédécesseur
de Bach) dans la partie médiane de son séjour à
Leipzig. Christian Gottlob Meissner (1707-1760), dont le séjour
à Leipzig est daté de 1723-1729, élève et
familier de la famille Bach et, selon Thomas Braatz [BCW] au moins
trois autres copistes.
BG. :
Titre pris à la couverture des parties séparées :
« Dominica
14 post Trinitatis | Es ist nichts Gesundes an meinem Leib | a 4
Voci, 4 Tromboni / 2 Hautbois, 3 Flauti, 2 Violini, Viola con
continuo di Sign. J. S. Bach ».
Deux
parties de continuo, la première en la mineur, la seconde en
ré majeur. Peu d’interventions de la main de Bach (pas
d’intervention dans la basse chiffrée) sauf le premier
chœur et les parties de flûtes dans le choral final.
Corrections tardives de Carl Philipp Emmanuel Bach.
HERZ :
filigrane « ma »,
petit format du plus connu « MA ».
Copistes repérés : Johann Andreas Kuhnau (né
en 1703 et mort… peut-être
le neveu du prédécesseur de Bach) présent à
Leipzig du 7 février 1723 au 30 décembre 1725.
Christian Gottlob Meissner (18 décembre 1707 – 16
novembre 1760). Copiste de Bach, à Leipzig, de 1723 à
1729.
SCHMIEDER :
18 parties, in 4° classées St. 28b.
COPIE
18e
Siècle.
BB/SPK
P (Partitur) 1022.
BASSO
[Jean-Sébastien
Bach, tome 1, page
61] : « Il existe une copie manuscrite de la
partition, datée du 25 août 1770. Elle est due à
Christian Friedrich Penzel…»
[Penzel (novembre 1737, † mars 1801), arrivée à Leipzig
vers 1749 est l’un des tous derniers élèves de
Bach. Chef de chœur puis Cantor à la Thomaskirche
(1756), il est vers 1765, Cantor à Merseburg, en Saxe, au sud
de la grande ville de Halle, où il meurt. Cette copie, l’une
des plus tardives connues lui revenant, permet -peut-être-
d’envisager une nouvelle exécution de la cantate BWV 25
vers 1770 à Merseburg ou Halle…]
BRAATZ
[BCW - Provenance] : Une autre partition d’un copiste
inconnu vers les années 1770-1780.
SCHMIEDER
(1973) : Copie de la partition de la main de Carl Philipp
Emmanuel Bach conservée à la « Bibliothek
des Joachimsthalschen Gymnasium in Berlin. Nr. 15 ».
SCHWEITZER
[J.-
S. Bach "Le musicien-poète",
page 198] : «…Ces
deux belles cantates [BWV 102 et 25] ont été revues et
corrigées par Emmanuel Bach, qui semble les avoir données
à Hambourg, non sans faire subir aux partitions de nombreuses
ratures qui font le désespoir du lecteur moderne [texte écrit
vers 1902-1904]. Sa pédanterie [Carl Philipp Emmanuel]
sacrifie sans scrupule les plus beaux effets. En outre, la basse
chiffrée qui se trouve jointe aux parties remaniées est
inexacte du commencement à la fin. C’est ainsi défigurée
par le fils même du maître que la cantate N° 102
parut pour la première fois en 1830 ».
ÉDITIONS
SOCIÉTÉ
BACH = BACH-GESELLSCHAFT
AUSGABE (BG)
BGA.
Jg V1
(5e
année) Pages 133 à 188. Préface de Wilhelm Rust
(1855). Cantates BWV 21 à 30 + Anhang 30a.
[Partition
Breitkopf / BG dans l’enregistrement Das
Kantatenwerk / Teldec,
volume 6. 1973].
NOUVELLE
ÉDITION BACH = NEUE BACH AUSGABE
(NBA)
KANTATEN
SERIE I/ BAND 21. KANTATEN ZUM 13 UND 14 SONNTAG NACH TRINITATIS
Bärenreiter
Verlag BA 5013. 1958-2/1983. Werner Neumann. 5 Faksimile.
BWV
25, pages 81 à 112. Originalstimmensatz mit der Signatur Mus.
Ms. Bach St 376.
Sur
l’étiquette « Bach,
JS / Es
ist nichts Gesundes / Mus. Ms. Bach St 28B (ancienne référence).
Domin
14 post Trinit. / Es
ist nichts gesundes
an meinem Liebe
/ a 4 Voci
/ 4 Tromboni ;
/ 2 Hautbois
/ 3 Flauti
/ 2 Violini
/ Viola
/ con
/ Continuo
/ di Sign.
/ J S Bach.
Au
total 18 parties décrites à la suite. Toutes les
parties séparées avec un cachet rouge PR
St Bibliothek Berlin.
B)
Partitur. Copie 18e
siècle de la main de Penzel (von
der Hand C. F. Penzel) Mus. Ms Bach P 1022.
C) Partitur. Copie P AM 15
T (anciennement à
Tübingen) puis Amalienbibliothek. Berlin.
Avec
les cantates BWV 77, 33, 164, 78 et 17.
Kritischer
Bericht (commentaires). BA 5013 41. 1959. Werner Neumann.
1958-1959-1983.
BACH-INSTITUT
GÖTTINGEN: NET. Die Neue Bach-Ausgabe [NBA]. Kantaten. Série
I/21 Net www. Bach-Institut.de
AUTRES
ÉDITIONS
BÄRENREITER
Verlag Kassel. Sämtliche
Kantaten 8. TP 1288. 2007.
Kantaten
zur 13 und 14 Sonntag nach Trinitatis.
Herausgegeben
: Werner Neumann.
BWV
25. Pages 79 à 114. Bärenreiter-Verlag. Kassel. 1958.
BCW.
Partition BGA + Réduction chant et piano.
BREITKOPF
& HÄRTEL. Partition PB 2875. Réduction chant et piano
EB 7025. Orchestre, chant et orgue. Révision Max Seiffert = OB
1224. Partition du chœur = ChB 1910.
2010.
Partition = PB 4525. Réduction chant et piano (24 pages) = EB
7025. Partition du chœur (9 pages) = ChB 4525.
CARUS.
Stuttgarter Bach-Ausgaben. Urtext. Partition = CV. 31.025. Partition
d’étude 31.025/07. Réduction chant et piano =
31.025/03. Partition du chœur = 31.025/05. Parties séparées
= 31.025/09, 31.025/11 à 14 et 21.025/49 (orgue). Harmonie (flûtes et trombones) = CV. 31.025/21 à 23 et 31.025/31.
KALMUS
STUDY SCORES. N° 811. Volume VII. New York. 1968. Cantates BWV
23 à 26.
PETERS.
Réduction chant et piano.
[Partition
Breitkopf & Härtel / Wiesbaden de l’enregistrement Teldec.
Harnoncourt, volume 7. 1973]
PÉRICOPE BWV 25
Quatorzième
dimanche après la Trinité.
Épître
: Galates 5, 16 à 24 [PBJ. 1725]. Les œuvres et
les fruits de l’Esprit. Verset 16: « Or
je dis :
« Laissez-vous
mener par l’Esprit…»
Évangile
: Luc 17, 11 à 19 [PBJ. 1568]. Guérison des dix
lépreux. Méditation sur le péché, sur la
rédemption et sur l’amour du Christ.
MISSEL
ROMAIN. 13e
dimanche après la Pentecôte [pages 977 à 981] :
Partage de l’Alliance avec Dieu. Mais le monde nous attire
toujours de son côté ; un penchant au mal est resté
en nous et nous menace continuellement. Que Dieu ait pitié de
nous et ne nous abandonne pas, qu’il nous fortifie en
augmentant en nous les vertus de foi, d’espérance et de
charité… le miraculé de l’évangile
est le type de baptisé (affranchi de la lèpre du
péché).
Luc
17, 11 à 19 [PBJ. 1568] : « la Guérison
des dix lépreux - Le « miraculé »
de l’Évangile est le type du baptisé affranchi de
la lèpre du péché : comme lui, nous ne
devons pas manquer au devoir de reconnaissance ».. 14e
dimanche après la Pentecôte : Épître
de Saint-Paul aux Galates 5, 16 à 24 [PBJ. 1725] :
« Laissez-vous
mener par l’Esprit et vous ne risquerez pas de satisfaire la
convoitise charnelle [PBJ. 1725].
14e
dimanche après la Pentecôte (pages 981 et 982). Épître
de saint Paul aux Galates 5, 16 à 24. La confiance en Dieu que
le chrétien ne doit jamais perdre…Vivre selon l’esprit,
et non pas selon la chair, qui ne peut posséder le royaume des
cieux… Béatitude qu’il y a à habiter la
maison du Père céleste.
Même
occurrence, les cantates BWV 78 (10 septembre1724) et BWV 17 (22
septembre 1726).
EKG.
14. Sonntag nach Trinitatis.
Psaume
103, 2 [PBJ. 896] : « Bénis Yahvé,
mon âme, / du
fond de mon être, son saint nom... n’oublie aucun de ses
bienfaits... Lui
qui pardonne toutes
tes offenses, / qui
te guérit de toute maladie
/ qui rachète à
la fosse ta vie...»
Épître
aux Galates 5, 16 à 24 [PBJ. 1725]. Liberté et
charité.
Psaume
50, 14 à 23 [PBJ. 847] : « Offre
à Dieu un sacrifice d’action de grâce… A
l’homme droit, je ferai voir le salut de Dieu » Appelle-moi au jour de
l’angoisse, / Je
t’affranchirai et tu me rendras gloire
».
EKG
283 : « Von
Gott will ich nicht lassen ».
Ludwig Helmbold. Erfurt
1572.
Évangile
: Luc 17, 11 à 19 [PBJ. 1568].
[Pour
la même occurrence, voir les cantates BWV 78 (du 10 septembre
1724) et BWV 17 du 22 septembre 1726].
TEXTE BWV
25
Auteur
inconnu.
Le
nom d’Henrici (Picander) a pu parfois, mais sans doute à
tort évoqué. On lui prégfère de nos jours
(2010) le nom du poète et théologien de Halle, Johann
Jacob Rambach ( 1693-1735).
BASSO
[Jean-Sébastien
Bach, tome 2, page
837] : « Harald Streck (1971) penche dans certains
cas (BWV 136, 105 et 25) pour voir en Salomon Franck, l’auteur
de ces textes.
CANTAGREL :
« Anonyme, comme souvent, le librettiste, selon Hans
Joachim Schulze (et Martin Petzolt), pourrait être le
théologien de Halle Johann Jacob Rambach (1693-1735), auteur
notamment de Poèmes spirituels (Geistliche
Poesien) publiés
en 1720… Le livret n’offre qu’un lien ténu
avec l’Évangile du jour … le style de l’auteur
de ce livret s’inscrit dans l’esthétique baroque
de l’époque et, renchérissant sur le verset psalmique, se montre prolixe en images de corps meurtris qui
commencent à se décomposer…»
MACIA :
« la guérison miraculeuse de dix lépreux
par Jésus. Bach adopte un poème de Rambach publié
en 1720…»
NYS,
Carl de : «…Picander ? Rhétorique quelque
peu outrancière. Contexte esthétique baroque et
rationaliste »(d’autres
musicologues, Spitta et Schmieder, ont également avancé
ce nom)
Lecture
de l’Évangile : (Luc 17, 11 à 19- [PBJ.
1568]. De façon « générale :
Péché = maladie ».
PETZOLDT
: «…Ce travail des textes par Bach conduit sur le
terrain de son propre travail théologique. Si au regard de la
bibliothèque de Bach on a pu subordonner sa propre
subjectivité à la fréquentation de la théologie
contemporaine, les inscriptions dans la Bible de Calov ont pu être
attribuées à sa culture personnelle comme lecteur
biblique plutôt qu’à une culture générale
ou publique, c’est qu’on a bien à faire ici à
un labeur théologique propre à Bach. Le travail dans ce
domaine de la recherche théologique chez Bach ne peut se
restreindre à ces trois seuls textes [ceux des cantates BWV
64, 69a et 77]. Il existe suffisamment d’autres exemples qui
supposent un processus comparable, pour lesquels seulement il ne peut
être conclu de cette façon que c’est Bach lui-même
qui s’est chargé du texte. Il s’agit de textes qui
sont indubitablement proches des poésies de Johann Jacob
Rambach (comme Es ist
nichts Gesundes an meinem Leibe)
BWV 25, ou de Johann Michael Heinccius (Christen,
ätzet diesen Tag),
BWV 63 ; en progressant dans ce sens, il faut bien sûr
débattre de l’ensemble des textes de ce qu’on
appelle le cycle annuel des cantates qui glosent chaque fois un
choral précis comme fondement textuel. Mais le moindre rapport
à Bach comme rédacteur nous fait défaut, car il
n’y a aucune référence d’auteur…»
GÉNÉRALITÉS
BWV 25
BOMBA
: «…Dans l’Évangile de ce dimanche, le
paroissien entendait l’histoire de la guérison des dix
lépreux (Luc 17, 11 à 19. PBJ 1568). Il est
compréhensible que Bach choisisse un texte qui ne lésine
pas sir l’emploi d’images issues de l’hygiène
publique de son temps et qui peut surprendre le lecteur d’aujourd’hui
de son par son expressivité, qui pourra même par moments
l’amuser. Cependant, il ne veut pas parler de la maladie en
tant que telle mais de ce qui est malsain au sens figuré du terme. Le corps est le reflet de l’âme, la fièvre
un signe de vanité, de la quête de l’avoir et des
mauvaises convoitises. Bien sûr, Jésus est le meilleur
médecin pour ces affections tout en restant uniquement un aide
soignant sur le chemin vers le ciel. Le patient chantera là-haut,
à qui mieux mieux, avec les anges ses chants de louanges.. Ce
raisonnement décrit bien la voie qui permettra de sortir de la
petitesse par trop terrestre pour arriver à la plénitude
céleste, thème très courant dans la littérature
des cantates de cette époque. Bach exprime ceci avec sa
musique en développant un air riches en instruments, soutenus
sur trois mouvements relativement lugubres, menés uniquement
par le continuo (n° 2 à 4) dans le caractère délié
d’un mouvement de menuet. Trois flûtes à bec
répondent au chœur de cordes et de hautbois, comme un
écho, comme provenant d’un monde lointain, de l’au-delà.
Avec les récitatifs précédents (n°2 et 4),
Bach fait une démonstration à ses contemporains de
Leipzig de son art d’interpréter les textes en dirigeant
les voix et les harmonies. Entre les deux, un air (n°3) dont la
figuration musicale persévérante en forme d’ostinato
pourrait illustrer la perplexité dont parle le texte ».
CHAILLEY :
« Le choral Herzlich
tut mir verlangen. On
est surpris que Bach, qui a traité avec prédilection
les divers cantiques issus de ce timbre dans ses cantates et ses
Passions, ne les ait utilisés que cette seule fois dans son
œuvre d’orgue ». Renvoi au choral BWV 727.
GEIRINGER
: «…Une citation biblique dans un chœur puissant” (voir les cantates BWV 136, 105, 46, 179, 119, 148, 109, 40, 64, 90,
85, 144, 67, 104, 37 et 44 ».
WIJNEN :
«…une de ces cantates profondément expressives et
déchirantes, soulignant un texte qui ne l’est pas
moins…»
DISTRIBUTION BWV 25
HARNONCOURT :
dans le premier mouvement : « …le titre
général porte ici « 4 trombones »,
mais la première voix est désignée avec
« cornetto ».
NEUMANN. Sopran, Tenor, Baß. – Chor.
Zink, Posaune I-III ;
Blockflöte I-III, Oboe I, II ; Streicher, B.c.
SCHMIEDER.
Soli : S,A,T,B. Chor : S,A,T,B. Instrumente : Flauto
(Blockflöte) I, II, III ; Oboe I, II ; Cornetto ;
Trombone I, II, III ; Viol. I, II ; Vla. ; Continuo.
[Le
CD Rilling comporte la trompette dans 1] et 7] mais non les hautbois
en 1].
WESTRUP
: « Dans trois cas, Bach écrit pour trois flûtes,
dans l’aria [5] de la cantate BWV 25, le récitatif [3]
de la cantate BWV 122 et ;le récit [1] et l’aria suivant
[2] de la cantate BWV 175 ».
APERÇU
BWV 25
1]
CHORALCHORSATZ. BWV 25/1
ES
IST NICHTS GESUNDES AN MEINEM LEIBE VOR [variante
“für”] DEINEM DRÄUEN, | UND IST
KEIN FRIEDE IN MEINEIM GEBEINEM VOR
MEINER SÜNDE
Il
n‘y a rien d‘intact en ma chair sous ta colère, /
et il n’est pas de paix dans mes membres après mes
péchés.
Citation
précise du psaume 38, 4 à 6 [Domine
ne in furore… PBJ. 835] : Rien
d’intact en ma chair sous ta colère ; rien de sain
dans mes os, après ma faute.
Ce même sens se retrouve dans le psaume 32, 5, le psaume 41, 5 (Yahvé guérit mon âme) et aussi dans Saint-Jean
9, 2 [PBJ. 1601], guérison de l’aveugle né. De
même l’allusion au psaume 6 sur la mélodie du
choral Herzlich tut
mich verlangen = EKG
483.
Mi
mineur (es, phrygien), 74 mesures, C
BG.
Jg. V1.
Pages 133 à 175. Dominica 14 post Trinitatis. | Flauto I. /
Flauto II. | Flauto III [all’unis]. | Trombone I. | Trombone
II. | Trombone III. | Oboe I. /Violino I. | Oboe II. / Violino II. |
Viola. | Soprano. | Alto. | Tenore. | Basso. | Continuo.
BASSO
[Jean-Sébastien Bach, tome 2, pages 300 à 302] :
«…à l’intense activité polyphonique
à laquelle sont soumises les quatre voix du chœur,
articulées à la manière d’une double
fugue, mais traitées avec une certaine liberté, se
superpose la mélodie la mélodie d’un choral
, Herzlich tut mich verlangen, laquelle toutefois –selon
l’opinion de Dürr- ne se rapporterait pas ici au texte
devenu ensuite célèbre, de Paul Gerhardt (O Haupt
voll Blut und Wunden) qui utilise cette fameuse mélodie
d’Hassler (1601), mais à une adaptation du Psaume 6…
Bach… use de l’harmonisation àc4 parties, avec le
superius réalisé par un cornet (et redoublé
à l’octave par trois flûtes douces) et les trois
parties d’harmonies confiées à autant de
trombones… la structure de cette page est conditionnée
par la structure même du choral, qui est d’ailleurs celle typique, des Lieder médiévaux dans ce que l’on
appelle la Barform, ici conçue suivant le schéma AA/BA’
(AA indiquant les deux Stollen avec mélodie identique,
B étant l’Abgesang, sur mélodie
différente, et A’ la reprise variée du Stollen)…
Barform AAB :
Mesures
1-4. Introduction instrumentale. 4 mesures
Mesures
5-20. Fugue I. 16 mesures A. Stollen I.
Chorfugue A1
« Es ist
nichts Gesundes an meinem Leibe”… dräuen ».
Choral.
Stollen I. Choral en valeurs longues.
Mesures
21-24. Interlude instrumentale. 4 mesures “
Mesures
25-40. Fugue I, reprise. 16 mesures B. Stollen II.
Chorfuge A2
Choral. Stollen II
Mesures
41-58. Fugue II. 18 mesures Abgesang
Chorfugue B « Und
ist keine Friede … Meiner Sünde ».
Choral. Abgesang 1/2
Mesures
59-74. Fugues I et II. 16 mesures Reprise A’
Combinaison des deux fugues
Choral. Abgesang
NEUMANN.
Chœur à 4 voix, 3 flûtes à bec, trompette,
3 trombones, cordes et B.c.
La
mélodie du choral « Herzlich
tut mich verlangen »
réalisé par les vents, flûtes, trombones, cornetto, au-dessus de la polyphonie du chœur en double fugue
avec le motif d’entrée aux cordes (+ les deux Hautbois).
Cantus firmus au chœur. Solochor = Tuttichor
Structure
du choral = Barform selon le schéma A + A’ / B + A’.
Elaboration en style motet. Fugue à deux thèmes
distincts VOIR apparentée à l’incipit de la
mélodie choral. Cette mélodie l’une des plus
prisée par Bach trouve place dans les cantates BWV 127/1 ,
135/1-3, 5 et 6, 153/5, 159/2, 161/6, et dans l’Oratorio de
Noël BWV 2481
et 2486.
Sur
le plan construction en forme de motet concertant à quatre voix, avec une “Quinta pars” confiée à un
cor et deux hautbois (choral). Renvoi aux cantates BWV 48, 77 et 80.
BOMBA
: «…Bach avait commencé son morceau avec un
mouvement choral fait avec beaucoup d’art, un arrangement du
choral « Herzlich
tut mit
verlangen (Exige
volontiers de moi ? »
sur la mélodie duquel, il est vrai, était chanté
à l’époque de Bach une adaptation du Psaume 6
« Ach Herr,
mich armen Sünder
= Ô Seigneur, moi
pauvre pêcheur ».
BOYER
[Les cantates sacrées
de Jean-Sébastien Bach, pages
144/145] : « Élaboration chorale avec mélodie (MDC) 046 de type V (citation
instrumentale) joué par les
trombones, cornet, flûtes à bec ».
[Les
mélodies de chorals dans les cantates de J.-S. Bach] :
« C’est le chœur initial… qui présente
l’élément essentiel de l’œuvre. En effet, la citation biblique
(psaume 38/4) est fondée sur une
triple architecture d’éléments indépendants :
a)
une ritournelle d’orchestre confiée aux cordes et à
deux hautbois.
b)
un chœur bâti sur le principe d’une double fugue.
c)
une partie instrumentale confiée à trois flûtes,
cornet, trois trombones, exposant en quatre versets séparés
la mélodie « Herzlich
tut mich verlangen ».
D’ailleurs, dès l’entrée, le continuo a
présenté cette mélodie en valeurs longues. Il
s’agit là d’un tour de force assez sensationnel…»
CANTAGREL :
« … chœur ample et magistral… tout
empreint d’une désolation qu’expriment la tonalité
de mi mineur et les motifs de pleurs et de gémissements que
répètent dès le début les trois pupitres
de cordes, les deux violons doublés par les deux hautbois,
figures de trois croches précédées d’un
demi-soupir formant de nombreux accords de septième [+ Exemple
musical]. Or ce motif se déploie sur les valeurs longues du
continuo, qui énoncent une première fois, à la basse, donc, la première période de la très
célèbre mélodie du cantique Herzlich
tut mich verlangen. A
cette mélodie, issue d’une chanson d’amour de Hans
Leo Hassler, on a adapté ensuite bien des textes… en
particulier le cantique de la Passion O
Haupt voll Blut und Wunden
de Paul Gerhardt… Le choral va sous-tendre tout le chœur,
lequel suivra la forme Bar (AAB) [Barform]. C’est à dire
que sur la mélodie du choral, le chœur s’articule
lui aussi en trois sections , toutes trois de style fugué. En
toute logique, la deuxième section A, n’est autre que la
reprise de la première section A, sur les mêmes paroles
puisque le texte n’est pas de forme Bar, mais avec une
permutation des voix, l’alto et le soprano passant à la
basse et au ténor, et inversement…. Quant à la
section B, à compter de la mesure 41, elle introduit de
nouveaux motifs… Sous le texte du troisième vers « Und
ist keine Friede … Meiner Sünde - et il n’est pas
de paix dans mes membres »
la basse déroule une douce ondulation de doubles croches,,
presque de berceuse, que Schweitzer nomme le motif de la quiétude…»
DÜRR
: «…Bach mélange ici la parole biblique à
un commentaire luthérien ». Intense activité
polyphonique des quatre voix du chœur à laquelle se
superpose le choral sur la mélodie « Herzlich
tut mich Verlangen ».
GARDINER
: «…superposition du second thème « und
ist kein Friede in meinem Gebeinen » à une ligne de
base continue sans cesse en mouvement et présentant un
enchaînement de doubles croches allant par deux, tel le
symbole particulièrement éloquent d’un esprit
perturbé… si le trombone basse qui assume la partie de
basse du choral, coïncide parfois avec la basse continue, il lui
arrive à d’autres moments d’aller son propre chemin. Il apparaît tel le roc sur lequel douze parties
séparées seront édifiées et développées,
authentique tour de force sur le plan de la maîtrise
contrapuntique… l’une des rares occasions où Bach
recourt de la sorte aux trombones en toute indépendance par
rapport aux lignes vocales…»
GLÖCKNER :
« le verset 4 du psaume 38 comme dictum avec une double
fugue développée sur une écriture de cordes
motiviquement en partie indépendante… + mélodie
du choral « Ach
Herr, mich armen Sünder straft mich nicht in deinem Zorn »
présenté ligne par ligne en contrepoint à quatre
voix… mouvement habilement construit et au contrepoint très
compliqué…»
HARNONCOURT [Teldec, volume 14, page 13 et
Le
dialogue musical, page
93] : « - l’emploi des instruments à vent chez
Bach : …Les trombones étaient employés par
Bach suivant la manière traditionnelle comme élément
de renforcement et de coloration de l’écriture à
quatre voix en style de motet, donc dans les mouvements pour chœur
ne comportant pas d’instruments obligés. Une exception
est fournie par la cantate 25, dans laquelle les trombones exécutent
conjointement avec flûtes à bec et cornet à bouquin, à la manière d’un cantus
firmus, un
mouvement choral à quatre voix au sein d’un grand chœur
figuré
HIRSCH
: «…“Superius” (ou C. f.) au cornet.
Symbolisme de parties bien séparées: 13 + 13 + 13 + 13
= Le péché. Cornets dédoublés à
l’octave par trois flûtes = côté pratique
ecclésiastique du début du baroque. Symbolisme au
début de la 2e
fugue (mesures 41 à 53), 2e
hémistiche: “Rien de sain en mes os”. L’idée
est exprimée et rendue par un mouvement de doubles croches =
Syntaxe musicale dogmatique
Riemenschneider :
Une fugue dans laquelle le thème principal est entendu 25 fois. Il contient 74
mesures, la valeur numérique de
« Christ ».
LEMAÎTRE :
Par l’organisation de son premier chœur, cette courte
cantate s’apparente à la cantate BWV 77, créé
la semaine précédente. Dans la page initiale de ces
deux œuvres, Bach superpose un verset du psaume et la mélodie
d’un choral…»
MACIA [Collectif] : «…un chœur impressionnant à
l’appareil instrumental plutôt rare… en outre
[Bach] fait entendre, au gré d’une structure complexe,
le thème du choral Herzlich tut mich verlangen (1601) de Hassler, présenté à quatre voix par une
formation peu banale de vents (cornet, trois flûtes à bec, trois trombones), tandis que le chœur développe une
double fugue, soutenu par les cordes qui elles-mêmes présentent
parfois des motifs indépendants, le tout en huit sections
soigneusement agencées…»
NYS,
Carl : « le texte de ce cantique revient à
Cyriakus Schneegass (1546-1597) mais n’est pas chanté
dans cette cantate]. la mélodie du premier vers chante tout
d’abord en continuo (?) ; le chœur y supplante alors
une fugue sur le texte du Psaume 36, verset 4. Les trombones et les
flûtes à bec jouant un octave plus haut exécutent
en partie le choral en un mouvement à quatre voix. La partie
chorale comprime et varie la structure contrapuntique de telle sorte
que l’auditeur sera préparé à
l’intensification dramatique et au raisonnement de toute la
cantate ».
Mélodie
modale de ce cantique (Phrygienne). Construction fort complexe d’une
page hautement expressive et tourmentée. Trois sections
fuguées suivent une brève sinfonia instrumentale et
précèdent une élaboration contrapuntique des
deux thèmes des fugues précédentes, la mélodie
du cantique étant confiée aux trombones… »
PIRRO
[J.-S. Bach] :
« Dans la cantate BWV 25, un verset du psaume 38 donne la
substance de l’œuvre. Mais ici Bach mélange à
la parole biblique un commentaire luthérien. Dès le
début de l’introduction, la basse accompagnée des
lamentations entrecoupées des violons et des hautbois, énonce
le thème du choral Ach
Herr mich armen Sünder
et, quand les quatre voix du chœurs sont réunies, un
chœur mystérieux d’instruments à vent redit
la plainte du cantique »….. opposition entre la
basse apaisante et les dissonances du chœur. Mais à
partir du moment où dans le texte apparaît le mot
“Friede”,
les gémissements (violons et hautbois) cessent et le chœur
continue, comme bercé par les vagues calmes de la basse
».
ROBERTSON
: «…Groupe désespéré de trois
croches aux instruments dans les 40 premières mesures…»
SCHWEITZER
[J.- S. Bach "Le musicien-poète",
page 198] : « Pendant que le chœur fait entendre
cette plainte “Mon cœur tout entier est meurtri”,
les quatre [?] trompettes [?] formant un chœur séparé,
exécutent le choral de contrition… les violons et le
hautbois se lamentent [+ Exemple musical]. Mais à partir du
moment où, dans le texte, a surgi le mot “Friede
- paix”, les gémissements cessent et les chœur
continue comme bercé par les vagues calmes de la basse [+
Exemple musical].… …Motif de la sérénité,
à la basse, sur le mot « Friede ». Renvoi à
la cantate BWV 102.
SCHWEITZER
[J.S. Bach,
page 101] : Le rythme de la félicité, ici
l’illustration du mot « Friede
- paix »
[+ Exemple musical].
WHITTAKER
: «…Évocation du psaume 6 renvoyant par analogie
à la cantate BWV 77. La référence au psaume 6,
peut-être à partir d’un Lied de Cyriakus
Schneegass (1546-1597) de 1597. Le sens de ce psaume est proche de
l’esprit de la cantate BWV 25 «
Guéris moi, O Yahvé, mes os sont effrayés
». Renvois à BWV 135 et 122 ».
WIJNEN :
«…Cordes et hautbois sanglotent un motif de trois notes
répétées de bout en bout. Le continuo est
incapable de trouver la paix, les dissonances viennent illustrer le
terme tel « Gebein
– membres, os ».
La première ligne chorale, initialement confiée aux
altos et aux sopranos, passe ensuite aux ténors et basses,
avant de se trouver combinée avec un second thème sur
« Und ist
kein Friede ».
2]
REZITATIV TENOR. BWV 25/2
DIE
GANZE WELT IST NUR EIN HOSPITAL, / WO MENSCHEN
VON UNZÄHLBAR GROßER ZAHL / UND AUCH DIE
KINDER IN DER WIEGEN / AN KRANKHEIT
HART DARNIEDERLIEGEN. / DEN EINEN QUÄLET IN DER BRUST
/ EIN HITZGES FIEBER BÖSER LUST; / DER
ANDRE LIEGET KRANK / AN EIGNER EHRE HÄßLICHEM
GESTANK; / DEN DRITTEN ZEHRT DIE
GELDSUCHT AB / UND STÜRTZ IHN VOR DER ZEIT
INS GRAB. / DER ERSTE FALL HAT
JEDERMANN BEFLECKET / UND MIT DEM SÜNDENAUSSATZ ANGESTECKET. / ACH! DIESES GIFT DURCHWÜHLT AUCH
MEINE GLIEDER; / WO FIND ICH ARMER ARZENEI?
/ WER STEHET MIR IN MEINEM ELEND BEI? / WER IST
MEIN ARZT, WER HILFT MIR WIEDER?
Le
monde entier n‘est qu‘un hôpital / où une
multitude de gens / et aussi d‘enfants au berceau / sont alités
durement éprouvés par la maladie./ L’un est
tourmenté dans sa poitrine / par la maligne ardeur d’une
brûlante fièvre; / L’autre gît malade / de
l’immonde puanteur de son propre honneur; / Le troisième
est dévoré par la cupidité / qui le précipite
avant l’heure dans la tombe. / Le péché originel
a souillé / et contaminé tout le monde avec la lêpre
du péché./ Hélas ! Ce poison ronge aussi mes membres; / Pauvre de
moi, où trouver remède ? / Qui
m’assiste dans ma misère ? / Qui est mon médecin
qui veut encore m’aider ?
Psaume
41, 8 [PBJ. 839] : « C’est
une plaie d’enfer qui gagne en lui maintenant qu’il s’est
couché ».
Renvoi à Jérémie 8, 22 (PBJ. 1199) : « N’y
a-t-il plus de baume en Galaad ? N’y a-t-il là
aucun médecin ? ».
Egalement Jérémie 46, 11 [PBJ. 1252] : « Monte
en Galaad et cherche
du baume , vierge, fille de l’Égypte ! En vain
tu multiplies les remèdes : rien ne pourra te guérir ! »:
[On
pourrait évoquer ici une citation de Baudelaire (ou à
peu près) prise dans le « Spleen
de Paris »
: « Le
monde est un hôpital où les malades passent leur temps à
changer de chambre ».
Ré
mineur (a = la mineur et d = ré mineur), 20 mesures, C
BG.
Jg. V1.
Page176. RECITATIVO. | Tenore. | Continuo.
NEUMANN.
Rezitativ Secco. Ténor et B.c.
DÜRR
: «…Récitatif secco et déclamation
syllabique ».
MACIA :
«…écriture harmonique tourmentée, peu
fréquente ches le compositeur, avec d’innombrables
modulations ».
NYS,
Carl de : «…Mouvement uniquement accompagné par
la seule basse continue, en contraste avec 1] et tonalité
mineure comme en 3]. La mort est un désordre contre nature qui
ne s’explique que par le péché. Ici des lignes
musicales particulièrement tourmentées. Le monde y est
comparé à un immense hôpital dont mle médecin,
Jésus, ne guérit que dans l’éternité.
La puissance du péché, du mal, a été
détruite sur la croix d’où les innombrables
symbolismes musicaux dans ce sens ». - Pour Bach la mort est
un désordre contre nature qui ne s'explique que par le
péché... en des lignes musicales particulièrement
tourmentées, le monde entier y est comparé à vun
immense hôîtal dont le médecin, Jésus, ne
guérit que dans l'éternité. La puissance du
péché, du mal, a été détruite sur
la croix; d'où les innoùmbrables symbolismes musicaux
dans ce sens ».
PIRRO
[L’esthétique
de Jean-Sébastien Bach
– Direction des
motifs, pages 30/31] :
«…De même que pour interpréter les idées
d’ascension, Bach ne fait point de distinction entre le sens
propre et le sens figuré, de même il exprime par des
moyens mélodiques les idées de descente, d’inclinaison
ou de chute, que le sens de la phrase soit positif ou qu’il
soit imagé. Nous trouvons toute une série de passage où
Bach accompagne les mots « prosterner, adorer »
par un motif qui s’incline, comme s’il n’avait
d’autre dessein que de peindre l’action corporelle,
laissant au chanteur le soin d’en manifester la signification
au point de vue du sentiment. [Ici [BG. V2,
page 176], l’idée de chute sur le texte « Le
troisième est dévoré
par la cupidité qui le précipite avant l’heure
dans la tombe ». L’idée
également de tomber, de prosternation, de porter en terre
renvoie aux cantates BWV 49 [BG. X, page 320] et BWV 26 [BG. V1, page
215] et BWV 25
RILLING
: «…Le début du premier récitatif n’irrite
qu’à première vue car ces paroles décrivent
une situation aussi angoissante de nos jours qu’au temps de
Bach ».
ROBERTSON:
«…Catalogue des tourments occasionnés par la
chute d’Adam ».
WIJNEN :
«…un récitatif très élaboré,
commentant les paroles du chœur [1]… « Le
monde est un hospice pour les pécheurs… » ce
que semble questionner le dernier motif du continuo qui reste en
suspens…»
[Mélismes
sur “Krankheit
“ (mesure 5 ), “Krank
“(mesure 9); “Den
dritten” (mesure
10) et “Grabe” (mesure 12].
[On
pourrait rappeler ici une citation de Baudelaire (ou à peu
près) : « Le monde est un hôpital où
les malades passent leur temps à changer de chambre / »Le
Spleen de Paris »,
1862.]
3]
ARIE BAß. BWV 25/3
ACH,
WO HOL ICH ARMER RAT
? / MEINEN AUSSATZ,
MEINE BEULEN
/ KANN
KEIT KRAUT
NOCH PFLASTER
HEILEN / ALS
DIE SALB
AUS GILEAD./ DU
MEIN ARZT, HERR JESU
NUR / WEIßT
DIE BESTE SEELENKUR.
Hélas,
pauvre de moi, où prendre conseil ? / Ma lèpre, mes
tumeurs / ne peuvent être guéries par d’autres
simples ou emplâtres / que le baume de Galaad. / Toi, Seigneur
Jésus, mon médecin, toi seul / sais la meilleure cure
de mon âme.
Le
pays de Galaad, région montagneuse de Jordanie, ainsi que son
célèbre baume sont cités dans le Livre de la
Genèse 37, 25 [PBJ. 61] - l’histoire de Joseph - :
« Comme ils levaient les yeux, voici qu’ils (Joseph et ses
frères) aperçurent une
caravane d’Ismaélites qui venaient de Galaad. Leurs
chameaux étaient chargés de gomme adragante, de baume,
de ladanum, qu’ils allaient livrer en Egypte…»
. Nombreuses citations du pays de Galaad dans l’Ancien
Testament…Cantique des cantiques
4, 1 [PBJ. 996] , 1er
Livre des Chroniques 7, 17 [PBJ. 524], etc.
Psaume
41, 8 [PBJ. 839] : « C’est
une plaie d’enfer qui gagne en lui maintenant qu’il s’est
couché ».
Renvoi
à Jérémie 8, 22 (PBJ. 1199) : « N’y
a-t-il plus de baume en Galaad ? N’y a-t-il là
aucun médecin ? ».
Egalement
Jérémie 46, 11 [PBJ. 1252] : « Monte
en Galaad et cherche
du baume , vierge, fille de l’Égypte ! En vain
tu multiplies les remèdes : rien ne pourra te guérir ! »:
Ré
mineur (d), 48 mesures, C
BG.
Jg. V1.
Pages 177 à 179. ARIA. Basso. | Continuo.
NEUMANN.
Forme bipartite et ostinato au continuo. Basse et B.c.
SCHÉMA:
Mesures
1 à 4. Prélude.
Mesures
5 à 22. 1er
développement vocal “Ach,
wo hol ich… Gilead”,
avec une ritournelle sur “Wo
hol”.
Mesures
23 à 25. Interlude instrumental.
Mesures
26 à 44. Deuxième développement vocal “Du
mein Herz… Seelenkur”. Ritournelle.
Mesures
45 à 48. Postlude.
BASSO
: «…Aria bi-partite. VOIR
CANTAGREL
: «…le continuo, seul à dialoguer avec le ténor,
ne cesse de répéter sa formule introductive, comme
l’obsession qui habite le pécheur. Douce vocalise sur le
mot “Arzt – médecin”.
DÜRR
: «…Motifs obstinés, syncopes, dépeignant
l’impuissance du pécheur ».
HIRSCH
: «…Mélisme de 41 notes sur “Artz”.
Renvoi au psaume 41 [PBJ. 839] : prière dans la maladie et
l’abandon (Yahvé, le médecin
de
l’âme) ».
:
Riemenschneider: proportions symétriques : 4
(Rit.) – 17 (Vocal) – 4 (Rit.) – 18
(Vocal) –4 (Rit.).
NYS,
Carl de : «…Uniquement un accompagnement par la B.c.
Tonalité mineure, comme 2]
PIRRO
[L’Esthétique de Jean-Sébastien Bach –
La formation rythmique des motifs, page 103] : «…Bach
associe volontiers un motif rythmique ainsi déterminé
par des notes accélérées qui éveillent
une idée de béatitude souriante» [ + Exemple
musical sur les mots « Du mein Artz». BG. V1,
page 178].
ROBERTSON
: «…Ce texte ne paraît pas avoir tellement
inspiré Bach, sauf à la dernière ligne ».
SCHWEITZER
[J.S. Bach,
page 101] : Au continuo, le motif d’une démarche
mal assurée et agitée…qui renvoie à
l’aria de la Passion
selon saint
Matthieu « Ach
nun ist mein Jesus hin »
[N° 36, air pour contralto].
WHITTAKER
: «…Faible intérêt de ce numéro dont
le texte est de peu de saveur. Mélismes sur « Beste”
et “Artz ».
[colorature
sur le mot « beste
- meilleure »
[mesure 31 et long mélisme sur le mot « Arzt
- médecin »
[mesures 33 à 35].
4]
REZITATIV SOPRAN. BWV 25/4
O JESU,
LIEBER MEISTER,
/ ZU DIR FLIEH ICH,
/ ACH
STÄRKE DIE GESCHWÄCHTEN LEBENSGEISTER.
/ ERBARME
DICH, / DU ARZT
UND HELFER
ALLER KRANKEN,
| VERSTOß
MICH NICHT / VON
DEINEM ANGESICHT!
/ MEIN HEILAND,
MACHE MICH VOM SÜNDENAUSSATZ
REIN. / SO
WILL ICH DIR / MEIN GANZES HERZ
DAFÜR / ZUM
STETEN OPFER
WEIH’N / UND LEBENSLANG VOR
DEINE HÜLFE
DANKEN.
O
Jésus, mon cher maître, / je me réfugie auprès
de toi, / ah, fortifie mes esprits vitaux affaiblis. / Aie pitié,
/ Toi qui es le médecin et le sauveur de tous les malades / ne
me repousse pas / de ta face! / Mon Sauveur, purifie-moi de la lèpre
du péché, /je veux pour cela / te faire le sacrifice
constant / de tout mon cœur / et te remercier ma vie entière
de ton aide.
Psaume
27, 9 [PBJ. 824] : « De toi mon cœur a
dit : Cherche sa face. C’est ta face, Yahvé, que je
cherche, ne me cache point ta face / N’écarte
pas ton serviteur avec colère.
On pourra lire, assez proche Psaume 24, 6 [PBJ. 821], Psaume 51, 11
et 13 : ne me
repousse pas loin de ta face
[PBJ. 848]. Renvoi au psaume 27, [PBJ. 1877]. Voir aussi la cantate
BWV 105/1 avec le psaume 143/2 [PBJ. 935] : « N’entre
pas en jugement avec ton serviteur »
et le deuxième mouvement (105/2) : « Mein
Gott, verwirf mich nicht von deinem Angesicht ».
La
mineur (a) - ut majeur (C), 15 mesures, C
BG.
Jg. V1.
Page 179. RECITATIVO. | Soprano. | Continuo.
NEUMANN.
Rezitativ secco. Soprano et B.c.
CANTAGREL
: «…petit mouvement ascendant de doubles croches sur le
mot “flieh”, la supplication de “Erbarme
dich” ou l’étirement de la ligne de chant sur
lebenslang -ma vie durant”.
DÜRR
: …Quelques mélismes sur les mots “ Flieh ich”
[mesure 2] et “Lebenslang”[mesure 13].
NYS,
Carl de : «…accompagnement uniquement par la B.c ».
PIRRO
[L’Esthétique
de Jean-Sébastien Bach - La formation rythmique des motifs,
page 107] : « le motif de la fuite et de la prompte
disparition”. Motifs “flûtés et agiles »
[+ Exemple musical sur les mots « zu
dir flieh ich ».
BG. V1,
page 179]. Renvoi aux cantates BWV 70/3, BG. XVI, page 346, sur le
mot « fliehen »
et BWV 94/2, BG. XXII, page 105 et BWV 56/3 et BWV 87/6.
WHITTAKER
: «… Texte plus intéressant qu’en 3].
Mélismes sur “Flieh”,
“Erbarme”;
“Liebenslang”
».
5]
ARIE SOPRAN. BWV 25/5
ÖFFNE
MEINEM SCHLECHTEN LIEDERN,
/ JESU,
DEIN GENADENOHR!
/ WENN
ICH DORT IM HÖHERN CHOR
/ WERDE
MIT DEN ENGELN
SINGEN, / SOLL
MEIN DANKLIED
BESSER KLINGEN.
Jésus,
prête à mes pauvres chants / l‘oreille de
ta grâce! / Lorsque je chanterai avec les anges / dans
le chœur suprême, / mon chant de louanges revêtira
de plus beaux accents.
Ut
majeur (C), 147 mesures, 3/8
BG.
Jg. V1.
Pages 180 à 187. ARIA. | Flauto I. | Flauto II. | Flauto III |
Oboe I. / Violino I. | Oboe II. / Violino II. | Viola. | Soprano. |
Continuo.
NEUMANN.
Soprano, 3 flûtes à bec, 2 hautbois, basson, cordes et
B.c. Forme bipartite avec ritournelle introductive et conclusive.
Mesures
1 à 25. Prélude instrumental.
Mesures
25 à 51. Premier développement vocal « Öffne
meinem… genadenohr ! ».
Mesures
51à 72. Interlude instrumental.
Mesures
75 à 101. Deuxième développement vocal. « Wenn
ich dort… klingen ».
Mesures
101à 104. Interlude instrumental (avec les flûtes).
Mesures
104 à 123. Reprise du deuxième développement
vocal « Wenn
ich dort… klingen ».
Mesures
123 à 147. Postlude instrumental avec la reprise de la ritournelle.
BASSO
[Jean-Sébastien
Bach,
tome 2, page 274] : « Rythme de danse, ici le menuet
».
[page
302] : «…Totalité de l’orchestre moins les
cuivres [cornet et trombones] dans une atmosphère dominée
par l’esprit de la danse, ici un menuet en harmonie avec un
texte tout aussi charmant et délicat “Prête ta
gracieuse oreille, Jésus à mes pauvres chants”.
Renvoi aux cantates BWV 75/5, 88/3 et 93/3 ».
CR:
Au plan symbolique, les 147 mesures de cet air pourraient renvoyer au
psaume 147/7 : « Entonnez
pour Yahvé l’action de grâces,
/ Jouez
pour notre Dieu sur la harpe »
[PBJ. 938].
CANTAGREL
: «…tous les tourments paraissent dissipés…
le soprano s’élance sur un mètre de joyeux menuet
pour chanter, déjà, avec les anges, en un ut majeur
rayonnant de félicité ».
DÜRR
: «…Effet de contraste avec le rythme affermi et
dansant. Claire division périodique et distribution
entièrement harmonisée répartie entre les flûtes
à bec, les cordes et le les hautbois en écho. Caractère
dansant du menuet ». Un concert des anges baroque (d’ailleurs
suggéré par le texte ».
GARDINER
: «…un tour particulier à cette cantate découle
du rôle donné à la musique dans le processus
curatif. Le deuxième air énonce l’espoir que le
pécheur/compositeur verra ses « pauvres mélodies
» favorablement accueillies, et il y a peut-être ici,
sous-jacente, quelque association d’idées personnelles
pour Bach, lequel choisit de juxtaposer deux « chœurs
instrumentaux », l’un terrestre (hautbois et cordes),
l’autre céleste (trois flûtes à bec) dans
l’attente du moment où « mon chant d’action
de grâces » sera à même de mieux retentir…
joyeuse danse sur un mètre ternaire ».
MACIA :
«…aria richement orchestrée… sur un rythme
très dansant et ludique (un menuet ?) qui contraste azvec
l’univers morbide des mouvements précédents ».
NYS,
Carl de : «…Retour de l’orchestre et rythme
dansant ».
ROBERTSON
: «…Un merveilleux aria précédé
d’une longue ritournelle instrumentale. Les trois flûtes
jouent en écho des autres instruments…»
SCHWEITZER
[J.S. Bach, page 260] : « La dernière aria
est dominé par le superbe dialogue entre cordes et hautbois
d’une part et les trois flûtes d’autre part ».
WHITTAKER:
«…Aria intéressante. Utilisation des flûtes
dans “prête à mes pauvres chants”».
[colorature
sur le mot « höhern
- suprême »].
6]
CHORAL. BWV 25/6
ICH
WILL ALLE MEINE TAGE / RÜHMEN DEINE STARKE HAND,
/ DAß DU MEINE PLAG UND KLAGE / HAST
SO HERZLICH ABGEWANDT. / NICHT NUR IN DER STERBLICHKEIT
/ SOLL DEIN RUHM SEIN AUSGEBREIT: / ICH WILLS
AUCH HERNACH ERWEISEN / UND DORT EWIGLICH DICH PREISEN.
Je
veux consacrer tous les jours de mon existence / à célébrer
le pouvoir de ta main, / puisque tu as avec tant d’amour /
écarté mes tourments et mes plaintes. / Ce n’est
pas seulement parmi les mortels / que doit être propagé
ta gloire:/ Je veux aussi en témoigner dans l’au-delà
/ et t’y glorifier éternellement.
Le
texte est celle de la 12e
et dernière strophe (de 8 vers chacune) du cantique de Johann
Heermann (pasteur
à Rôben près de Globau - Silésie)
Treuer Gott, ich muß dir klagen (1630)
. Non reprise dans EKG.
Ce cantique a
également été traité par Telemann.
La
mélodie [dans EKG 319] : Freu
dich sehr, o meine Seele est
d‘un compositeur non identifiée, vers 1510, connue dans
le recueil intitulé „Manuscrit de Bayeux“ et
reprise par Louis Bourgeois („Ainsi
qu’on ouit le cerf…”1551)
pour l‘illustration musical du psaume 42.
On
la retrouve dans les cantates BWV 13/3 (avec le texte de la 2e
strophe du cantique Zion
klagt mit Angst und Schmerzen,
1636, BWV 19 (avec la 9e
strophe du cantique Freu
dich sehr, o meine Seele,
1620), BWV 30/6 (avec la 3e
strophe du cantique Tröstet,
tröster meine ,Lieben,
Johann Olearius, 1671), BWV 32/6 (avec le texte de la 12e
strophe du cantique Weg, mein Herz, mit den
Gedanken, Paul
Gerhardt, 1647), BWV 39/7
(avec la 6e
strophe du cantique David Denicke Kommt,
laßt euch den Herren lehrer (Genève1648), BWV 70/7 (avec le
texte de la 5e
strophe du cantique Freu
dich sehr, o meine Seele),
et enfin la cantate BWV 194/6 (avec les strophes 6 et 7 du cantique Treuer Gott, ich muß
dir Klagen,1630).
Renvoi
également à EKG 400.
Deux
strophes (6 et 7e)
de ce cantique sont dans la cantate BWV 194/6, avec la mélodie.
KB.
Donne les différentes éditions de ce cantique.
1)
Il figure (sans le texte) dans le recueil « Vopelius »
(1672), « Wagner » (1697 et 1710). Sans parole,
uniquement la mélodie dans Johann Sebastian
Bach vierstimmige Choragesänge.
Dritter Teil Leipzig bey Johann Gottlob Immanuel Breitkopf 1786.
Seite 147/254 et 163/282.
2)
371 Vierstimmige Choralgesänge von Johann Sebastian Bach. Dritte
Auflag. Leipzig, bei Breitkopf (1831). Seite 147/254 et 163/282
371
Vierstimmige Choralgesänge von Johann Sebastian Bach. Dritte
Auflag. Leipzig, bei Breitkopf (1831).
Avec
le texte.
Johann
Sebastian Bach’s vierstimmige Choralgesänge.
J. P. Kirnberger & C. Ph. E. Bach. Leipzig 1784-1787. Breitkopf
Ut
majeur (C), 17 mesures, 4/4
BG.
Jg. V1.
Page 188. CHORAL. | Soprano. / Flauto I. /II. III. Oboe I. Cornetti.
Violino I. col Soprano. | Alto. / Oboe II. Trombone I. Violino II.
coll’ Alto. | Tenore. / Trombone II. Viola. Col Tenore. |
Basso . / Trombone III. col Basso. | Continuo.
NEUMANN.
Simple choral harmonisé avec ensemble des instruments « colla
parte ».
[Toujours
au plan symbolique, les 17 mesures de ce choral semble renvoyer au
psaume 17/13 : « Lève-toi,
Yahvé, va droit sur lui, renverse-le,
/ par ton épée
délivre mon âme de l’impie,
/ des mortels, par ta
main, Yahvé, / des mortels de ce
monde : en cette vie soit leur part ! »
. La mélodie de ce choral justement célèbre dans
l’œuvre de Bach ne paraît pas attribuée avec
certitude. Selon EKG 319, elle apparaît à Genève
vers 1541. Jacques Chailley analysant rapidement les BWV Anhang 52 et
53 « Freu
dich sehr, o meine Seele »
- attribués à Bach - rapproche cette mélodie du
célèbre psaume français « Ainsi
qu’on oit le cerf bruire… »
(le Sicut cervus
du célèbre psaume 42) l’attribue à Loys
Bourgeois (vers1510-1557). La paternité de cette mélodie
(malgré les travaux de Dürr) n’est toujours pas
évidente].
BOMBA
: «…Le choral final en ut majeur exigeant des registres
vocaux clairs et élevés renforce la perspective d’avoir
trouvé le chemin pour sortir de la maladie par le salut de
l’âme ».
BOYER
[Les
cantates sacrées de Jean-Sébastien Bach, pages
144/145] : Choral harmonisé sur mélodie de choral (MDC)
034 de type I.
Les
mélodies de chorals dans les cantates de J.-S. Bach,
pages 167 à 172] : « Harmonisation de type I
relativement simple, puisqu’elle se fait colla
parte mais avec une
certaine richesse instrumentale ».
CANTAGREL
: «…Harmonisation homophone, les cordes et les cuivres
doublant les voix, le soprano étant de plus renforcé
par trois flûtes à bec et le premier hautbois, l’alto
par le second hautbois ».
DÜRR
: «…Action de grâces qui constitue un thème
éventuel du récit de l’Évangile » ?
NYS,
Carl de : «…La cantate s’achève dans un
climat serein presque transfigurée par la dernière
strophe (la 12e)
du cantique de Johann Heermann (1630) ».
ROBERT
: «…Réfutation des thèses de Pirro. Ici,
la montée chromatique de la basse n’est pas justifiée
littéralement sur “Hernach
erweisen”.
WHITTAKER
: «…Mélodie profane de L. Bourgeois (12e
strophe du cantique de Johann Heermann…»
BIBLIOGRAPHIE BWV 25
BACH
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(All Music Guide) : Notice par James Leonard.
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ich muß dir klagen (1630).
Les douze strophes (allemand et anglais).
Mélodie Freu
dich sehr, o meine Seele.
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Recueils :
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n° 10 : 371 Vierstimmige
Choragesänge. C.
Ph. E. Bach – KJ. Ph. Kirnberger (sans date).
« Herzlich
tut mich verlangen » :
N° 21.
Breitkopf
n° 3765 : 389 Choralgesänge
für vierstimmigen gemischten Chor
(sans date). Classement alphabétique.
« Herzlich
tut mich verlangen » :
N° 156 à 165.
Breitkopf
n° 10 : 371 Vierstimmige
Choragesänge. C.
Ph. E. Bach – KJ. Ph. Kirnberger (sans date). N° 29
« Freu
dich sehr, o meine Seele ».
N° 29 (et 63, 67, 76 et 282).
Breitkopf
n° 3765 : 389 Choralgesänge
für vierstimmigen gemischten Chor
(sans date). Classement alphabétique.
« Freu
dich sehr, o meine Seele ».
N° 102 (et 98 à 101 et 103, 104).
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allemande complète, en deux volumes. 1911.
Édition
américaine (traduction de E. Neumann). Dover Publications,
inc. New York. 1911-1966.
Volume
2, pages 101, 224, 259, 260, 392, 429, 460 et 462(note)
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Philipp : Johann
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Novello 1889 / Dover reprint 1951-1952. Volume II, pages 466/467
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Pieter Jan Leusink. 2006
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Christoph : Notice de l’enregistrement de Ton Koopman,
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pratique des cantates de Bach.
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Réédition
révisée et augmentée. L’Harmattan 2005
DISCOGRAPHIE BWV 25
BACH
CANTATAS WEBSITE :
Discographie
établie par Aryeh Oron. Elle est ici proposée sous une
forme sensiblement allégée avec, parfois, quelques
précisions relatives aux références et aux
dates. Les numéros 1] et suivants indiquent l’ordre
chronologique de parution des enregistrements.
Neuf
références (août 2002 à juin 2010). Pas de
mouvements individuels.
Aryeh
Oron : Exemples musicaux, janvier 2003 à avril 2010.
9]
GARDINER (volume 7). Monteverdi Choir. The English Baroque Soloists.
2000. Bach Cantata Pilgrimage. Abbaye d'Ambronay, le 24
septembre
2000. Durée : 17'42. CD SDG 124. Distribution en France =
novembre 2006. Avec les cantates BWV 78 et 17
2]
GEISER, Walther. Basler Bach Chor. Orchester der Basler.
Orchestergesellschaft & Bläser der Basler.
Stadtposaunenchores (Ch).
Disque
CIBA Geigy. Mono et stéréo LM 30/390. Beethoven : Heiliger Dankgesang,
opus 132
Dans
les « exemples musicaux, Aryeh propose à l’écoute
intégrale (communiquée par une correspondante du BCW)
cette version. (15’40). Elle est apparemment « hors
commerce », et paraît avoir été
réalisée (début des années l950), sous
l’égide d’un groupe pharmaceutique [aujourd’hui
Novartis].
1]
GRAULICH. Mottentenchor Stuttgart. Heidelberger Kammerorchester.
Durée : 16’42
Disques
Carus 33138 et Oryx, avec la cantate BWV103
Disque
DAC 94010 (et BWV 103) GB /RFA janvier 1967
Reprise
CD Baroque Music Club Bach 722 "The Bach Collection". Avec
les cantates BWV 46, 105 et 103
3]
HARNONCOURT (volume 7). Wiener Sängerknaben & Chorus
Viennensis. Concentus Musicus Wien. soprano : soliste des petits
chanteurs
de Vienne. Ténor : Kurt Equiluz. Basse : Max van Egmond. 1973.
Durée : 15’17
Disque
Teldec SKW 7/1-2 Das
Kantatenwerk (volume
7) 1973
CD.
Teldec 4509-91756 2. Das
Kantatenwerk - Sacred Cantatas.
Volume 2. Coffret de six CD avec les cantates BWV 20 à 36
CD
Teldec 8.35033
ZL – 242 503-2. Das
Kantatenwerke, volume
7.
1985
Reprise Bach
2000.
Teldec, volume 1. Coffret de 15 CD. Septembre 1999. Cantates BWV 1 à
14 et BWV 16 à 47
Reprise
Warner Classics 8573-81206-5 (en CD séparés, volume 8).
2006
6]
KOOPMAN (volume 7). Amsterdam Baroque Orchestra & Choir. Waalse
Kerk. Amsterdam (NL) Septembre – octobre 1997
CD
Erato 3984-23141-2 (1998). Reprise Antoine Marchand / Challenge CC
72207 (2005)
8]
LEUSINK. Holland Boys Choir. Netherlands Bach Collegium. Durée
: 15’17
Bach
Edition. 2000. CD Brilliant Classics 99378. Volume 19 –
Cantates, volume 10. Printemps 2000
Reprise
Bach Édition. 2006. CD Brilliant Classics IV - 93102 19/95.
Avec les cantates BWV
137, 25, 119 et 43
4]
RILLING. Gächinger Kantorei. Bach-Collegium Stuttgart.
Enregistré en septembre 1977 et janvier 1978. Durée :
15’58
Disque
(D). Die Bach Kantate.
Hänssler Verlag. Laudate 98695. Avec la cantate BWV119
Disque
Erato STU 71376. Les
grandes cantates (volume
11). Coffret, 3 disques. 1982. Avec les cantates BWV 119 et 89
CD. Die Bach Kantate
(volume 48). Hänssler Classic. Laudate 98810 1976-1981
CD.
Hänssler edition bachakademie
(volume 8). Hänssler-Verlag 92.008. 1999. Avec les cantates BWV
23, 24 et 26
7]
SUZUKI (volume 13). Bach Collegium Japan & Concerto Palatino
Brass Ensemble. Kobe
Shoin Women‘s University Chapel. Japan
Juin
1999. Durée : 15’23. CD BIS 1041 Digital
5] VANHERENTHALS, Jacques. La Chapelle des Minimes. Bruxelles
CD
La Chapelle des Minimes CM-003. En concert, 28 septembre 1997. Durée
: 15’18
ANNEXE BWV 25
NYS,
Carl de
Notice
« Les grandes
cantates ».
Rilling. Erato STU 71376. 1978.
«…La
rhétorique quelque peu outrancière –qui est
peut-être l’œuvre de Picander- est aujourd’hui
peu compréhensible. Il faut la (cantate) dans le contexte
esthétique baroque et retinaliste ; il faut surtout se
souvenir des lectures du jour que la cantate commentait
obligatoirement : l’évangile de Luc (XVII, 11 à
19) relatant la guérison des dix lépreux, dont un seul
revient rendre grâces, ainsi que la lettre de Paul aux Galates
(V, 16 à 24) où il est question des œuvres
périssables de la chair et des fruits impérissables de
l’esprit. Il ne fait aucun doute que ce texte et en particulier
le verset du psaume 38 -qui est mis en œuvre dans le chœur
initial, a profondément sollicité le génie du
musicien. Ce premier chœur met en œuvre la mélodire
d’un choral-cantique sur des paroles de Cyriakus Schneegass
(1597) Ach, Herr, mich
armen Sünder ;
le cantor tire un partie étonnant de la mélodie modale
(phrygienne) du cantique : une construction fort complexe
aboutit en fin de compte à une page hautement expressive,
tourmentée et douloureuse. Trois sections fuguées
suivent une brève sinfonia instrumentale et précèdent
une élabioration contrapuntique des deux thèmes de
fugues précédents, la mélodie du cantique étant
confiée aux trombones et aux flûtes à bec en plus
des voix. Un effet dramatique et expressif très
caractéristique vient de ce que cette grande page chorale est
suivie de trois mouvements accompagnés par la seule basse
continue et demeurant dans les tonalités mineures. Avec le
changement d’atmosphère de l’aria pour soprano, on
retrouve le mode majeur mais aussi l’orchrestre et un rythme
presque dansant : il y a là, remarque Alfred Dürr,
u,ne musique qui fait songer à un « concert des
anges » baroque, ce qui est d’ailleurs suggéré
par le texte. La cantate s’achève dans un climat serein,
preque transfiguré, par la dernière strophe du cantique
Treuer Gott, ich muss dir
klagen de Johann
Heermann (1630) ».
ANNEXE
BWV 25
SPITTA
SPITTA,
Philipp: Johann
Sebastian Bach.
Sous-titré : « His
Work and influence on the Music of Germany 1685-1750 ».
Novello &
Cy 1889 - Dover 1951-1952. Trois volumes. Volume II, pages 466/467.
Note
523 : BG. VI, n° 25. Note appendice A, n° 44 (page 696) : le
filigrane est seulement visible sur la couverture et les parties
originales « MA ».
«…l’autre
cantate que je considère comme l’égale de
celle-ci (BWV 102), est basée sur le psaume 38/3. Sa teneur
ressemble beaucoup à la précédente par le fait
que le repentir ici prêché avec tant de ferveur a
maintenant totalement rempli l’âme du pécheur : Il n’y a rien
d’intact dans ma chair, en ta colère, rien de sain en
mes os, après ma faute.
Telle est son exhortation – note 524 : Aucun autre hymne
ne peut se concevoir. La mélodie est ici bien connue : O
Haupt voll blut und wunden
(c’est le choral de la Passion selon Saint Matthieu).
Le
chœur est lui-même une double fugue, tout rempli d’une
intense expression de contrition. A partir de la 15e
mesure, le choral à quatre parties Ach !
Herr mich armen Sünder
revient à intervalles réguliers, joué aux
flûtes, cor et trois trombones, est entendu durant tout la
fugue, laquelle est accompagnée en partie par de particulières
interventions des cordes. Le sujet à quatre parties est
également complet en lui-même et comme la fugue peut
être exécutée indépendamment avec un effet
très satisfaisant. Néanmoins, ces deux éléments
sont si bien amalgamés qu’ils paraissent n’être
qu’un, de même origine.
La
profondeur de l’effet produit quand le chant de pénitence
s’élève derrière et par delà,
l’ensemble est indescriptible. Il apparaît augmenté
à la basse continue avant chaque couplet de la première
section de l’air. Mais ce n’est pas tout : les deux
thèmes de la fugue dérivent des deux lignes du choral,
le 1er
du 2e
et le dernier du premier. Le cheminement qu’ils suivent permet
de concevoir la construction de la mélodie de la cantate qui
trouve son fondement dans le texte de l’hymne. Pour cette
raison, il m’apparaît comme probable que cette cantate
est très proche de la cantate BWV 102 de la même
période. La manière dont la composition se déroule
avec des motifs poétiques et musicaux est chose remarquable et
unique dans le genre.
Le
mouvement Es ist der
alte Bunde de la
cantate BWV 106/2 ne peut lui être comparé parce que les
motifs du chœur apparaissent systématiquement comme de
simples interludes chorals ; Mais ici, nous voyons les formes
empruntées à la fantaisie-choral, transférées
au chœur et à l’orchestre en position intervertie.
Le chœur exécute la partie instrumentale que les
instruments repassent au chœur. Il ne s’agit donc pas
d’un libre choral sur un texte biblique, pas plus qu’un
chœur choral. C’est quelque chose qui les contient tout
deux mais qui leur est supérieur et qu’il nous est
difficile de comprendre radicalement.
Un
merveilleux air de basse avec accompagnement de basse continue
indépendant s’ensuit, plein de caractère,
rappelant à l’auditeur l’impression d’ensemble
du premier mouvement ? Cet air s’attarde doucement dans le
même domaine de sensation puis passe graduellement à une
humeur consolatrice dans laquelle l’ouvrage demeurera jusqu’à
la fin ».
C.
Role. Décembre 2010
|