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C. Role. Octobre 2011
Cantate BWV 26
ACH WIE FLÜCHTIG, ACH WIE NICHTIG
Hélas, combien éphémère, combien vaine…
KANTATE ZUM 24. SONNTAG NACH TRINITATIS

Dominica 24 post Trinitatis
Cantate pour le 24e dimanche après la Trinité
Leipzig, 19 novembre 1724
AVERTISSEMENT

Cette notice dédiée à une cantate de Bach tend à rassembler des textes (essentiellement de langue française), des notes et des critiques discographiques parfois peu accessibles (2011). Le but est de donner à lire un ensemble cohérent d’informations et de proposer aux amateurs et mélomanes francophones un panorama « espéré »  élargi  de cette partie de l’œuvre vocale de Bach. Outre les quelques « interventions « CR » repérées par des crochets [...] le rédacteur précise qu’il a toujours pris le soin jaloux de signaler sans ambiguïté le nom des auteurs sélectionnés dans la bibliographie. A cet effet il a indiqué clairement, entre guillemets «…» toutes les citations fragmentaires tirées de leurs travaux. Rendons à César...

ABRÉVIATIONS:
(A) = La majeur → (a moll) = la mineur
(B) = Si bémol majeur
BB / SPK = Bach Bibliothek / Staatsbibliothek Preussicher Kulturbesitz
B.c. = Basse continue ou continuo
BCW = Bach Cantatas Website
BD = Bach-Dokumente (4 volumes, 1975)
BGA = Bach-Gesellschaft Ausgabe = Édition par la Société Bach (Leipzig, 1851-1899). J. S. Bach Werke. Gesamtausgabe (édition d’ensemble) der Bachgesellschaft
BJ = Bach-Jahrbuch
(C) = Ut majeur (c moll) = ut mineur
D = Deutschland
(D) = Ré majeur (d moll) = ré mineur
(E) = Mi (Es) = mi bémol majeur
EKG = Evangelisches Kirchen-Gesangbuch.
(F) = Fa
(G) = Sol majeur (g moll) = sol mineur
GB = Grande-Bretagne = Angleterre
(H) = Si (h moll) = si mineur
NBA = Neue Bach Ausgabe (nouvelle publication de l’œuvre de Bach à partir des années 1954-1955)
NBG = Neue Bach Gesellschatf = Nouvelle société Bach (fondée en 1900)
OP = Original Partitur = Partition originale autographe
Ost. = Original Stimmen – Parties séparées originales
P = Partition = Partitur
PBJ = Petite Bible de Jérusalem
PKB = Preußicher Kulturbesitz, Staatsbibliothek, Berlin
St. = Parties séparées = Stimmen
La première lettre -en gras- d’un mot du texte de la cantate indique la majuscule de la langue allemande. Dans le corps de ce même texte allemand, le mot ou groupe de mots mis en italiques désignent un affect particulier ou un « accident remarquable.


DATATION BWV 26

Leipzig, 19 novembre 1724.
BRAATZ : «…Selon Alfred Dürr, la première exécution eut lieu le 19 novembre 1724. C’est une œuvre originale et non pas la parodie d’une œuvre précédente. Ceci est d’autant plus clair par les nombreuses corrections qu’y apporta Bach. Pas de preuve d’une autre exécution ». DÜRR : une seule exécution connue.
Chronologie. 1724 : BWV 80 (31 octobre) - BWV 115 (5 novembre) - BWV 139 (12 novembre) - *BWV 26 (19 novembre ) - BWV 116 (26 novembre) - BWV 62 (3 décembre). Du 10 au 21 décembre « Tempus clausum ».
HERZ : 19 novembre 1724. Ancienne datation (celle de Spitta et des cantates chorales) 1735-1744.
HIRSCH : Classement CN 100 (Die chronologisch Nummer = numérotation chronologique). II. Jahrgang. Choral Kantaten. Période allant du 11 juin 1724 au 27 mai 1725.
PIRRO [J.-S. Bach, page 172] : Les cantates après 1727.
SCHMIEDER & SPITTA: Entre 1735 et 1744. Spitta dans son ouvrage Johann Sebastian Bach, volume III, pages 89 à 91 donne la liste de cantates chorales, toutes selon lui, remontant à cette époque.
SCHWEITZER (page 203) : La datation s’appuie sur celle de Spitta « les dernières cantates de Bach ». C’est par le filigrane « en demi lune » que Spitta a classé cette cantate dans un groupe de 31 morceaux (la cantate BWV 26, vers 1735-1737). 


SOURCES BWV 26

La « database » du « Catalogue Bach de l’Institut de Göttingen » en connexion avec les « Bach Archiv », est un instrument de travail exceptionnel (langue anglaise et allemande) mais d’un usage qui n’est pas toujours aisé pour le lecteur français.
Adresse : http: //www.bach;gwdg.de/bach_engl.html. [DB = Staatsbibliothek zu Berlin].

PARTITION AUTOGRAPHE = ORIGINALPARTITUR.
BB. Mus. ms Bach P 47 Berlin. (anciennement Berlin Est).
Référence gwdg.de/Bach : DB. Mus.ms. Bach P 47, Faszikel 1. Annotations de Poelchau. Jean-Sébastien Bach. Première moitié du 18e siècle.

BGA (Wihlelm Rust, 1855). Partition originale, sous couverture du temps de Bach. La liste des instruments ne figure pas en tête. Le titre [autographe] est ainsi libellé : J. J. Dominica 24 post Trinit Ach wie flüchtig, ach wie flüchtig [corrigé par la suite par Bach « flüchtig » par « nichtig ». A la fin les classiques « Fine SDG ».
BRAATZ [BCW. Provenance, 16 novembre 2002] : La partition, d’abord l’héritage de W. F. Bach, parvient à Georg Poelchau qui la remet en 1841 à la Deutsche Staatsbibliothek Berlin (BB). La page de couverture a été ajoutée par Poelchau.
Le titre (autographe) est ainsi libellé : J. J. Dominica 24 post Trinit Ach wie flüchtig, ach wie flüchtig [corrigé par la suite par Bach « flüchtig » par « nichtig ». A la fin Bach a ajouté « Fine SDG ».
SCHMIEDER : «…Partition provenant de la succession Poelchau. 8 feuillets, 15 pages écrites. 4° BB Mus. Ms. Autogr. Bach P 47
SPITTA [Johann Sebastian Bach, volume III. Appendix 3, page 285] : «…The « Half Moon Watermark » (filigrane représentant une demie lune) sur la première moitié de la feuille (l’autre demeurant en blanc) est caractéristique d’un grand nombre de cantates de la dernière partie des oeuvres de Bach”. [Suit une série de 31 cantates; ldans cette série, la cantate BWV 91 a le numéro 23].

PARTIES SÉPARÉES = ORIGINALSTIMMEN.
St Thom L (puis Bach Archiv Leipzig).
Référence gwdg.de/Bach : D Leb Thomana 26. Copistes : J. S. Bach, A. M. Bach, J. A. Kuhnau, W. F. Bach. Première moitié du 18e siècle.

BASSO [Jean-Sébastien Bach, volume 2, page 840] : «…Le manuscrit contenant BWV 26 comporte également l’autographe de BWV 94 ainsi qu’une copie effectuée par Bach lui-même d’une cantate de Telemann « Machet die Tore weit », pour le premier dimanche de l’Avent ».
BGA [Wihlelm Rust, 1855]. Titre pris à la couverture : Dominica 24 post Trinitatis | Ach wie flüchtig, ach wie nichtig ; | a 4 Voci, Traverso, 3 Hautbois, 2 Violini, Viola e Continuo di Sign. J.S. Bach. ».
BRAATZ [BCW. Provenance, 16 novembre 2002]. Elles sont parvenues, via Anna Magdalena Bach, à la Thomasschule : Le titre sur la couverture est d’une main inconnue.
Le copiste principal est Johann Andreas Kuhnau. Anna Magdalena Bach a copié la dernière partie des pièces vocales. On identifie deux autres copistes (IId et IIf). La copie du corno et une partie de l’organo sont de la main de Bach.
Listes des parties (14) : Soprano, Alto, Tenore, Basso, Corno, Traversière, Hautbois Primo, Hautbois 2do, Hautbois 3, Violino primo, Violino 2de, Viola, Continuo, Organo. Cette dernière partie possède le titre « Ach wie nichtig » de la main de Bach (inversion). Les parties
de Violino (doublets) et du continuo (non transposé) sont manquantes.
HERZ : Copiste, Johann Andreas Kuhnau, Anna Magdalena Bach et Jean-Sébastien Bach.
SCHMIEDER : Parties séparées (Ost. = Originalstimmen) partiellement autographes conservées à la Thomasschule [depuis Bach Archiv].
SUZUKI : « La plupart des parties originales ont été copiées du manuscrit original de Bach par Johann Kuhnau mais la partie d’orgue au complet, à l’exception d’une très petite section, est de la main même du compositeur. Le second mouvement montre clairement l’indication, pour l’orgue : « Aria tacet ».

COPIES XVIIIe et XIXe SIÈCLES = ABSCHRIFTEN 18. U. 19 Jh.
P = Partition - DB = Staatsbibliothek zu Berlin.
Référence gwdg.de/Bach : DB Mus.ms. Bach P 1159/VIII, Faszikel 3. Copiste F. Hauser. Première moitié du 19e siècle. 
Référence gwdg.de/Bach : DB Mus.ms. P 10072-3. Copiste : J.J Maier. Milieu du 19e siècle.

ÉDITIONS
SOCIÉTÉ BACH = BACH-GESELLSCHAFT AUSGABE (BGA).
BGA. Jg.V1 (5e année). Pages 191 à 216. Préface de Wihlelm Rust (1855). Cantates BWV 21 à 30 + Anh. 30a.
[La partition Breitkopf / BGA est dans l’enregistrement Das Kantatenwerk / Harnoncourt, volume 7. 1973].

NOUVELLE ÉDITION BACH = NEUE BACH AUSGABE (NBA).
KANTATEN SERIE I/ BAND 27. KANTATEN ZUM 24 BIS 27 SONNTAG NACH TRINITATIS
Bärenreiter Verlag BA 5032. Alfred Dürr 1968-2/1987. 5 fac-similés.
BWV 26. Pages 31 à 58. Bl. 6r der autographen Partitur (BB. Mus. ms Bach P 47) mit der Takten 13 bis 35 des 4 Satzes. Darunter eine vorausskizze zur Baß partie des Taktes 36.
Avec les cantates BWV 60, 90, 116, 70 et 140.
Kritischer Bericht (commentaires). BA 5032 41. Alfred Dürr 1968 - février1987.

BACH-INSTITUT GÖTTINGEN: NET. Die Neue Bach-Ausgabe [NBA]. Kantaten. Série I/27 Net www. Bach-Institut.de

AUTRES ÉDITIONS
BÄRENREITER classics.| Bach | Bärenrteiter Urtext.
Sämtliche Kantaten. 11. Bärenreiter TP 1291. 2007. Serie I. Band 27. Kantaten zum 24 bis 27 Sonntag nach Trinitatis. Zur Edition.
Faksimile : BWV 26. Partition Bl. 6 – BWV 90. Partition. Bl. 1. BWV 116. Partition. Bl. 1. - BWV 70. Violon I, Bl. 2. – Seite BWV 140. Originalstimme des Corno.
BWV 26. Pages 31 à 58. Bärentreiter-Verlag. Kassel 1968.
BCW. Partition de la BGA + Réduction chant et piano.
BREITKOPF & HÄRTEL.Wiesbaden. Partition = 2876. Réduction chant et piano (Raphael. 27 pages) = EB 7026. Partition du chœur (Chorstimmen) = ChB 1797. Révision du clavecin, et de l‘orgue par Max Seiffert = OB 1225.
2011 : Partition (28 pages) = PB 4526. Réduction chant et piano (28 pages) = EB 7026. Partition du chœur (8 pages) = ChB 5426. Parties séparées (orgue, violons I, II, viola, violoncelle/Ccontrebasse, vents) = OB 4626.
CARUS : Stuttgarter, Bach-Ausgaben / Urtext. 2007. Partition (40 pages) CV-Nr. 31.026/00 (+ notice en français de Till Reinighaus, juin 2006). Partition d’étude = CV-Nr. 31.026/07. Réduction chant et piano = CV-Nr. 31.026/03. Partition du chœur = CV-Nr. 31.026/05. Harmonie (Harmoniestimmen) = CV-Nn 31.026/09. Flûtes, oboe I, oboe II, oboe III = CV-Nr 31.026/21 à 24. Cor = CV-Nr 31.026/31.
Violine I, violine II, viola, Basse continue = CV-Nr. 31.026/11 à 14. Orgue = CV-Nr 31.026/049.
Bach for Brass (cantates BWV 1 à 100) = CV-Nr. 31.305/00.
KALMUS STUDY SCORES. N° 811. Volume VII. New York. 1968. Cantates BWV 23 à 26.
PETERS. Réduction chant et piano (Klavierauszug).
Organ Historical Society Catalog. Bach Church Cantatas. Piano & Vocal scores (Ach wie flüchtigWEB 71).


PÉRICOPE BWV 26

Vingt-quatrième dimanche après la Trinité.
Colossiens I, 9 à 14 [PBJ. 1737]. Actions de grâces et prières : « l’espérance qui vous est réservée dans les cieux ».
Matthieu 9, 18 à 26 [PBJ. 1467]. Guérison d’une hémorroïsse et résurrection de la fille d’un chef.
Voir aussi les évangiles de Luc, 8, 40 à 56 [PBJ. 1550] et de Marc 5, 21 à 43 [PBJ. 1511].
Voir le psaume 90 [PBJ. 887]. Fragilité de l’homme. La vie de l’homme, courte et misérable à cause du péché (Prière de Moïse, homme de Dieu). Toute la cantate paraît placée dans cette perspective.

EKG. 24. Sonntag nach Trinitatis (24e dimanche après la Trinité).
Entrée : Épître aux Colossiens 1, 12 [PBJ. 1737] : « Vous remercierez le Père qui vous a mis en mesure de partager le sort des saints dans la lumière ».
Psaume 126 (In Convertando) [PBJ. 924].
Lied EKG 309 : « Mitten wir im Leben mit dem Tod umfangen » (Wittenberg 1524).
Epître aux Colossiens 1, 9 à 14. [PBJ. 1737].
Evangile Matthieu 9, 18 à 26 [PBJ. 1467].

BLANKENBURG : «…Il est compréhensible qu’un poème de facture aussi singulière n’ait pu se voir assigner comme cantique à un dimanche déterminé et aussi qu’il soit seulement possible jusqu’à un certain point de le rattacher à l’Évangile de la résurrection de la fille de Jaïre. Ce chant ressortit néanmoins au domaine général des sermons de la fin de l’année religieuse, qui mettent sous les yeux des fidèles le contraste entre le temps éphémère et l’immuable éternité. L’écoute de la présente cantate suscite l’impression que Bach a fait tout particulièrement sien le chant de Michael Franck. Il était naturellement nécessaire d’en condenser dans le livret de la cantate le texte fort développé ; les références à l’évangile du dimanche font totalement défaut... »
[Pour la même occurrence, voir la cantate BWV 60 du 7 novembre 1723].


TEXTE BWV 26

Le nom du compilateur du livret est demeuré anonyme.
En dehors des mouvements 1 et 6, il a concentré en quatre sections les strophes restantes du cantique de Michael Franck en s’essayant à en conserver le sens général.
Mouvement 1] : Première strophe du cantique (en 13 strophes de six vers chacune) Ach wie flüchtig, ach wie nichtig (1652) de Michael Franck (Schleusingen -Thuringe, 16 mars 1609 - Cobourg, 25-27 septembre 1667).
Mouvement 6] Treizième et dernière strophe du même cantique.
Les autres strophes sont utilisées librement et allusivement : strophe 2 = mouvement 2. Les strophes 3 et 9 dans le mouvement 3 ; la strophe 10 dans le mouvement 4 ; les strophes 11 et 12 dans le mouvement 5.
Ce cantique s’inspire du livre de « l’Ecclésiaste » I, 2 [PBJ. 1030 et 1031]. DKL (Deutsche Kirchenlied) 1/1 165208.
Le cantique (avec des variantes, en la mineur) dans le recueil de cantiques Saint-Georg (1721 et 1731) et Vopélius (1682) avec la même erreur dans le titre que Bach a plus tard rectifiée sur l’autographe (deux fois « Flüchtig »).
Renvoi à EKG 327 (8 strophes seulement).

La mélodie (parfois attribuée à Johann Crüger) apparaît pour la première fois dans un recueil de musique, à Cobourg en 1652. Elle paraît à nouveau dans Praxis pietatis melica du même Johann Crüger ; 10e édition en 1661 (DKL. I/1 166111. Avec le choral pour orgue BWV 644 (Orgelbüchlein), c’est, sauf erreur l’unique utilisation par Bach dans une cantate.
Dans le choral pour orgue (BWV 644), le titre autographe de Bach est : Ach wie nichtig, ach wie flüchtig.
De même le texte de 8 strophes sur le site www.gesangbuch.org/lyrics (Lutheran Hymns lyrics 31/7). Chaque strophe en alternance, commence par « Ach wie flüchtig » - « Ach wie nichtig ».
BCW : Autres compositeurs ayant utilisé cette mélodie : Peter Cornelius, op. 9 n° 1 (Soli et chœur). Georg Böhm. Choral Partita (9 variations). Telemann, cantate Ach wie flüchtig, ach wie nichtig (Trauer-Actus), Twv 1:37 ».
Graupner : Cantate « Ach wie nichtig, ach wie flüchtig » , etc. Telemann, cantates Twv 1:37 et Twv 4: 2 et 6.

CANTAGREL [Les cantates de J.-S. Bach, pages 1071 à 1075] : «…choral en treize strophes de Michael Franck…inspiré par le célèbre début du Livre de l’Ecclésiaste « Vanité des vanités…»
GARDINER : « A l’instar de plusieurs cantates de Bach pour la fin du cycle après la Trinité, la cantate arbore comme thème central la brièveté de la vie humaine et la futilité des espoirs nourris ici-bas ».
HOFMANN : «…L’Évangile du jour qui raconte la résurrection de la fille de Jaïrus (Matthieu 9, 18 à 26) a manifestement avec sa thématique de la mort donné l’impulsion au choix du choral qui ne sera cependant plus pris en compte dans le texte de la cantate. Le texte imagé a inspiré Bach dans la réalisation d’une musique tout aussi évocatrice ».
En dehors des pensées générales sur la mort, il n’y a pas de point commun entre l’épître et l’Évangile du jour et le texte de la cantate.
DÜRR : «…Jésus règne en maître sur la vie et la mort ressuscitera également le chrétien croyant. Voir la cantate BWV 8/6 : Evangile : Luc 7. 11 à 17 [PBJ 1546] : La résurrection du jeune homme de Naïm. L'allusion à ce texte biblique est sensible : Herrscher über Tod und Leben - Maître de la mort et de la vie" ».
Renvoi à L’Ecclésiaste 11, verset 5 [PBJ. 104] : « Ne sois pas fière des vêtements que tu portes / Ne t’enorgueillis pas lorsqu’on t’honore… Souvent des souverains ont été mis sur le pavé / Et un inconnu a reçu le diadème = Ne pas se fier aux apparences ».


GÉNÉRALITÉS BWV 26


1 CHOR – 2 ARIA, Ten. – 3 RÉCITATIF, Alt. – 4 ARIA, Baß – 5 RÉCITATIF, Sopran. - 6 CHORAL. On remarque que les quatre voix ont chacune leur morceau, Tenor, Alt, Baß, Sopran.
BLANKENBURG : «…Sermon de fin de l’année religieuse qui met sous les yeux des fidèles le contraste entre le temps éphémère et l’immuable éternité ». BOMBA : «…Albert Schweitzer décrivit en premier dans son fameux « Livre sur Bach » (1904, en allemand) le langage musical de Johann Sebastian Bach sous une perspective contemporaine et non historique. Il trouva dans son « Étude esthétique et pratique » d’innombrables motifs du caractère imagé, une technique que Bach emploie pour donner une expression particulière et pressante au langage. Au-delà, l’élève organiste qui était à l’époque à Paris, essayait de découvrir dans la musique baroque la technique de l’emploi de motifs musicaux qui était virulente depuis Richard Wagner. Aussi aberrant peut-il paraître aujourd’hui pour beaucoup, car l’on connaît la doctrine des émotions baroques... […] La cantate est la preuve que le caractère musical imagé peut aussi avoir un effet immédiat sur l’auditeur d’aujourd’hui. Effet qui fait parvenir à l’épanouissement le sens du texte, créé à partir de mots isolés, par le truchement direct du son. Ce n’est pas sans raison que Schweitzer fait, dans son œuvre, à de nombreuses reprises allusion à cette cantate […] Même dans les récitatifs, Bach savoure le contraste entre la joie et la tristesse, la force et la faiblesse (n° 3) ainsi qu’entre la splendeur et la mort (n° 5) en se servant des moyens modestes qui lui offrent le contrepoint et l’harmonie. La langue imagée du texte qui est très attaché à la pensée contemporaine, a tellement préoccupé Bach qu’il laissa de côté d’autres possibilités qu’il avait également à disposition dans l’Évangile du dimanche, pour imprégner le thème du caractère éphémère de la vie d’une manière musicale et théologique. Au lieu de renvoyer à la résurrection des morts et à l’œuvre de Rédemption du Christ décrite dans l’Évangile (Matthieu 9, 18 à 26), Bach persiste dans la description de la cause bien trop humaine de la mort ».  BOYER : «…Cantate sobre et sombre, une rareté dans la vision sereine que Bach oppose d’habitude à la mort ». BRATZ [BCW] : Citations de Voigt, Schweitzer, Smend, Dürr, Chafe.
CHAILLEY : «…A propos de BWV 644. « C’est par un chef-d’œuvre que se clôt l’Orgelbüchlein. Le français rend mal la force expressive du mot « nichtig », adjectivation de la négation, image pure et simple de l’absence, de la non-existence ? La musique de Bach, elle, la traduit de manière frappante… […] La vie humaine… « Flüchtig », fugitive comme un courant d’eau qui sans cesse s’écoule, comme un nuage qui se forme et se dissipe. En gammes fluides et légères qui tantôt se rejoignent pour de brèves rencontres de tierces-sixtes parallèles, tantôt se défont et s’éloignent l’une de l’autre en leurs mouvements contraires, tantôt se chevauchent capricieusement…»
[Selon les versions, flüchtig est tantôt après nichtig, tantôt avant].
DÜRR : «…Cette cantate sur un choral datant de la deuxième année de Bach à Leipzig. Le librettiste anonyme a comme de coutume transformé les strophes intermédiaires en récitatifs et en airs. les strophes 2 et 10 ont chacune donné lieu à un air, tandis que les strophes 3 à 9 et 11-12 étaient condensées en deux récitatifs afin que le texte n’ait pas des proportions exagérées. Le choix de ce texte de choral avait pour prétexte la lecture de l’évangile du dimanche relatant la résurrection de la petite fille de Jaïrus, mais en dehors des pensées générales sur la mort, on ne voit guère de points communs. L’idée de base est manifestement que Jésus, qui se révèle maître sur la vie et sur la mort, ressuscitera aussi le vrai chrétien… La composition de Bach est toute au service de la mise en lumière du texte […] »
HOFMANN : « La cantate provient du choral, encore régulièrement chanté de nos jours, du poète et compositeur Michael Franck (1609-1667), également professeur à Cobourg, et est une méditation sur le caractère éphémère de la vie humaine et de tous les biens terrestres. Comme d’habitude, les strophes extrêmes du choral sont conservées telles quelles alors que les autres stances sont arrangées en une succession de récitatifs et d’airs ».
SPITTA [Johann Sebastian Bach, tome 3, page 106] : « La fidélité de Bach pour les chorals : Dans la cantate chorale nous rencontrons le dernier et le plus achevé développement possible du choral pour orgue. La petite pièce de dix mesures sur la mélodie « Ach wie flüchtig, ach wie nichtig », germe de la cantate du même titre, avec sa grande fantaisie chorale, son simple choral conclusif, ses récitatifs et l’élaborations de ses airs, est le fruit ultime ».
WOLFF : «…La cantate est construite sur le chant homonyme de Michael Franck (1652), mais avec une mélodie propre ». 
WURSTEN [BCW. Discussion] : «…A mon humble avis il y a certainement une connexion entre l’évangile et le choix de ce cantique ; cette connexion n’est pas légère mais au contraire appuyée. L’évangile propose le thème de la vie et de la mort, dans lequel Jésus vainc la mort en rappelant à la vie la fille du prêtre de la synagogue. On peut donc lire ce récit sur ce plan, Jésus à vaincu la mort. Pendant dix-neuf siècles, le peuple a pu lire ce type de récit, même sur d’autres niveaux, simplement l’histoire mais aussi en essayant dans tirer quelques chose pour eux. […]. La dernière ligne du cantique est la plus importante et contient la base des 64 autres lignes précédentes » [ !]


DISTRIBUTION BWV 26

NEUMANN. Solo: Sopran, Alt, Tenor, Baß. – Chor.[1], [6]. Querflöte, Oboe I-III ; Streicher ; B.c.
SCHMIEDER. Soli : S, A, T, B. Chor S, A, T, B. Instrumente : Flauto trav.; Oboe I, II, III ; Corno ; Viol. Solo ; Viol. I, II ; Vla ; Cont.
HARNONCOURT : Sopran, Alt, Tenor, Baß. – Chor. Corno (Zink), Flauto traverso (Querflöte) ; Oboe I-III ; Streicher ; B.c. (Fagotto,
Violoncello, Violone, Organo)
PIRRO [J.-S. Bach, page 172] : « Dans la cantate BWV 26, les gammes des instruments dépeignent le cour fugitif de la vie humaine ».


APERÇU BWV 26

1] CHORALCHORSATZ. BWV 26/1
ACH WIE FLÜCHTIG, ACH WIE NICHTIG / IST DER MENSCHEN LEBEN ! / WIE EIN NEBEL BALD ENTSEHET / UND AUCH WIEDER BALD VERGEHET, / SO IST UNSER LEBEN, SEHET !

Hélas, combien éphémère, combien vaine / est la vie humaine ! / Naissant comme le brouillard / qui bientôt se dissipe, / voyez, ainsi va notre vie !

Première strophe du cantique Ach wie nichtig, ach wie flüchtig, (1652) de Michael Franck. Dans le texte de la cantate, ces deux termes nichtig et flüchtig ont été inversés.
La mineur (a moll), 65 mesures, C.
BGA. Jg. V1. Pages 191 à 199 | Dominica 24 post Trinitatis. | Flauto traverso / Oboe I. | Oboe II. | Oboe III. | Violino I. | Violino II. | Viola. | Soprano. / Corno col Soprano. | Alto. | Tenore. | Basso. | Organo e Continuo.
NEUMANN. Parties instrumentales indépendantes (en forme de ritournelle) encadrant les versets. Chor, C.f. Sopran (+ Horn), Ensemble instrumental = Gesamtinstrumentarium.

BLANKENBURG : «…Brefs traits décousus de doubles croches suggérant dans les parties instrumentales la fuite du temps tandis que le chœur incorporé à la composition orchestrale fait entendre au-dessous du cantus firmus, exposé en blanches et renforcé par un cor, les trois autres voix qui déclament sans relâche des phrases en croches souvent fort brèves, censées dépeindre l’écoulement fugace de l’existence. »
BOYER [Les cantates sacrées de Jean-Sébastien Bach, pages 145/146] : «…Élaboration de choral sur mélodie (MDC) 005 de type IIb. Le cantus firmus est au soprano avec cor colla parte, les autres voix sont lapidaires [?], tandis que des fragments orchestraux ascendants et descendants illustrent la vanité de la vie ».
[Les mélodies de chorals dans les cantates de J.-S. Bach. pages 105/106] : «…Élaboration de choral de type IIb… comme pour le choral d’orgue BWV 644, ce sont des gammes ascendantes et descendantes, tantôt mêlées, tantôt séparées qui illustrent à l’orchestre le texte de la première strophe…»… Choral de type IIb : Le Cantus firmus est confié à l’une des voix, les autres parties vocales sont indépendantes, l’orchestre et la basse continue sont dotés d’une thématique également indépendante ».
CANTAGREL [Les cantates de J.-S. Bach, pages 1071 à 1075] : « première strophe du choral… traitée en un chœur éclair. Analogie : l’image du nuage qui se forme puis disparaît fait penser aux « Pensées édifiantes d’un fumeur BWV 515 »…la brièveté dans une violence presque désespérée, caractérise ce morceau destiné à frapper d’un coup l’auditoire. C’est une superbe page concertante autonome, sans relation thématique avec le choral… dans ce climat tendu…vont s’insérer, au sein même du tissu de la sinfonia qui se poursuit, les six lignes du choral, et cela d’une manière particulière. C’est en effet le soprano qui, à chaque fois, entonne le cantique en cantus firmus, renforcé par le cor. Les trois autres voix, toujours en homophonie, commentent avec une véhémence farouche le texte, en en répétant les mots de façon obsessionnelle. De plus, leurs interventions concluent chaque période par les huit premières notes du cantique à l’unisson et à l’octave…»
[page 341] : «…le début de la ritournelle de la cantate BWV 111 évoque grandement le début de la cantate BWV 26 dans la même tonalité de la mineur… dans les deux cantates [BWV 111 et 26] le chœur d’entrée est construit de façon semblable…» 
DÜRR : «…Dans le chœur d’introduction, la mélodie du choral (au soprano + corno, partie tenus par le cornet à bouquin (dans notre enregistrement - Erato) s’insère verset par verset dans une partie concertante pour l’orchestre, dont le thème distinct reflète le caractère éphémère de la vie par les fugitifs glissements, ascendants et descendants, de doubles croches en mouvements parallèles. L’image est la même dans les parties vocales qui font contrepoint à la mélodie du choral pour s’unir à la fin de chaque verset dans une citation du début de cette mélodie à l’unisson ».
GARDINER : « Le ritornello instrumental de la fantaisie de choral initiale est un stupéfiant spécimen de friandise [?] musicale. Bien avant la première exposition de l’hymne de Franck (sopranos doublées par le cornetto), Bach établit une comparaison entre la vie de l’homme et l’apparition d’une brume appelée à bientôt se dissiper. Gammes enlevées, croisements successifs, jonctions et ruptures, finissent par créer un climat de vapeur fantasmatique – brillante réélaboration d’une idée qui lui était initialement venue à Weimar [1714-1716], une version simplifiée de l’hymne de Franck » (BWV 644).
GÉROLD : «…Pour décrire la vie fugitive de l’homme dans le choral Ach wie flüchtig, Bach fait glisser sans relâche dans la mélodie des motifs légers en doubles croches ».
HIRSCH : Die Zahl. Le chiffre 80. Le chœur chante successivement 80- 80 – 81 – 80 – 80 notes, soit un total de 402 notes réparties en 5 interventions. Signification non connue
HOFMANN : «…L’introduction instrumentale au chœur d’ouverture illustre dès la première mesure avec de courts accents en accords séparés par des silences et des motifs rapides à l’allure de gammes au caractère éphémère et fugace évoqué par le texte ; on entend ensuite un passage tout à fait enjoué aux bois et aux cordes qui font entendre les différents motifs dans une rapide alternance. Au niveau formel, Bach suit en majeure partie son modèle favori de mouvement initial de cantate-choral : un choral, encadré par une ritournelle à l’orchestre à la thématique indépendante d’où proviennent les intermède, expose chaque vers, l’un après l’autre. La mélodie du choral est reprise en cantus firmus dans de longues valeurs de notes par les sopranos qui, comme dans plusieurs autres cantates de l’année, sont ici doublés par un cor. Les voix inférieures font un contrepoint au cantus firmus mais, cette fois, ne procèdent pas de manière imitative mais plutôt de manière homophonique entre elles. Un passage particulièrement frappant se situe à la fin de chaque section chorale où les trois voix inférieures déclament les vers isolés à l’unisson sous la forme mélodique du début du choral ».
LEONARD : «…Une cantate sombre avec tonalité de la mineur. Premier mouvement rapide et furieux comme un motet avec l’ensemble instrumental ».
MACIA [Tout Bach, pages 107/108] : «…Les figures enjouées des violons et des hautbois qui tiennent lieu de ritournelle et d’intermèdes dans le chœur d’ouverture dessinent bien cette fugacité de l’existence. La première strophe du choral est scandée en valeurs longues par les soprano accompagnées d’un cor colla parte, tandis que les autres voix bâtissent un contrepoint subtil où chaque pupitre intervient de manière homophonique…»
MARCHAND [page 340] : « Exemple de mouvement d’ouverture dont les proportions correspondent à des divisions simples 1/2, 1/3 et / ou 1/4.
Proportions : A = 32 mesures.
A1 = 16 mesures. Ritournelle = 16 mesures, la
A2 = 16 mesures. Vers 1 à 3 = 12 mesures, la
Ritournelle = 4 mesures, ré
B = 33 mesures.
B1 = 16 mesures. Vers 4 à 6 = 16 mesures, la
B2 = 17 mesures. Ritournelle = 17 mesures, la. La 17e mesure correspond à l’accord tenu à la fin du morceau
Rapports : A et B = 1/2
A1, A2, B1 et B2 = 1/4
PIRRO [L’Esthétique de Jean-Sébastien Bach - Les mélodies simultanées, page 124] : L’emploi des voix à l’octave – une mélodie qui est chantée à la fois par des voix élevées et des voix basses (in Unisono, ou all’ Ottava) reste toujours perceptible et se distingue au milieu de la plus forte rumeur des instruments (Johann Adolphe Scheibe, 1739).
ROMIJN : « …d’entrée, des lignes vocales fuyantes, errantes, brutales, nuageuses, envahissent le discours musical de l’orchestre…»
SCHWEITZER : «…Le texte du choral « Ach wie flüchtig, ach wie nichtig », compare la vanité des choses d’ici-bas au brouillard que nous voyons se former et disparaître aussitôt. Cette fois encore, c’est par un ingénieux mouvement de gammes que le maître traduit cette image ; vingt ans plus tard, il écrira sur ce même choral (la cantate n° 26), un chœur qui ne sera qu’une sorte d’agrandissement de ce petit tableau musical. Le même dessin, en plus vigoureux, se retrouve dans le premier chœur d’Eole satisfait (BWV 205), où les vents impétueux chassent devant eux les nuages d’automne » » [+ Exemples musicaux].
Page 233 : Le mouvement des nuages = gammes parallèles contraires.


2] ARIE TENOR. BWV 26/2
SO SCHNELL EIN RAUSCHEND WASSER SCHIEßT, / SO EILEN UNSERS LEBENSTAGE. | DIE ZEIT VERGEHT, DIE STUNDEN EILEN, / WIE SICH DIE TROPFEN PLÖTZLICH TEILEN, / WENN ALLES IN DEN ABGRUND SCHIEßT (ou Wustmann : Fließt).

Aussi hâtivement que les eaux mugissantes / s’écoulent les jours de notre vie. / Le temps passe, les heures s’enfuient / semblables aux gouttes qui soudain se fractionnent / lorsque tout descend à l’abîme.

Paraphrase de la strophe deuxième du cantique de Franck.

Ut majeur (C dur), 198 mesures, 6/8.
BGA. Jg. V1. Pages 200 à 207 | ARIA. | Flauto traverso Solo. | Violino Solo. | Tenore. | Continuo. | Dal Segno.
NEUMANN. en forme quatuor : Querflöte, Violine (solo), Tenor, B.c. Da capo.

BLANKENBURG : «…Le premier air vise entièrement à suggérer l’image de la course éperdue des eaux au moyen de longues chaînes de doubles croches tant aux deux instruments obligés (flûte et violon) que dans la partie de chant ».
BOMBA: « la vitesse à laquelle les jours de la vie s’écoulent comme de l’eau est symbolisée musicalement par les flûtes, les violons et la voix du ténor…»
BOYER [Les cantates sacrées de Jean-Sébastien Bach, pages 145/146] : «…figures rapides des instruments, vocalise du ténor sur « eilen, schnell, Tage, teilen »
BRAATZ [BCW. Provenance, 16 novembre 2002] : « Bach sur l’autographe a écrit « unis de Violini unis [ono] mais la pièce [2] n’a qu’un seul violon (Violino 1) ».
CANTAGREL [Les cantates de J.-S. Bach, pages 1071 à 1075] : « Cet air est à lui seul presque aussi long que les cinq autres morceaux de la cantate réunis… la ritournelle impose un long ruban de doubles croches figurant l’eau courante… Les quatre instruments de ce quatuor se partagent sans cesse ce motif ondulant que dès son entrée reprend le ténor. So Schnell, disent les premiers mots : l’indication est claire. schnell (vite), eilen (s’enfuient), Tage (les jours), les mots ne manquent pas pour susciter d’abondantes vocalises à partir du motif d’ondulation…Passant en mineur, la section médiane de l’air (B) poursuit les images, et en ajoutent une tout aussi frappante, « montrant » les gouttes d’eau qui se dispersent comme se délité toute chose, en faisant littéralement éclater la phrase, Wie sich die / Tropfen /plötzlich / teilen ».
[Le moulin et la rivière. Air et variations sur Bach. , pages 15/16] : Figuralisme de l’eau courante, bondissante, qui entraîne en un long ruban la ritournelle instrumentale et la ligne de chant de la première aria. [+ Exemple musical de la ritournelle].
CANTAGREL [Bach en son temps / Le moulin et la rivière, pages 15/16] : «…Le musicien (Bach) aime ces figuralismes (sonores, de l’eau), mais ici ou là, leur emploi montre bien souvent qu’il n’en attache pas moins des connotations, voire des significations plus vastes, plus riches, plus profondes aux emblèmes de ce cours d’eau dont il porte le nom (Bach). L’eau courante, bondissante, qui entraîne en un long ruban la ritournelle instrumentale et la ligne de chant de (cet aria), sert d’une image simple : « Aussi vite que s’écoule une onde murmurante, ainsi s’enfuient les jours de notre vie. Le temps s’en va, les heures fuient… » [+ Exemple musical de la ritournelle]…»
DÜRR : «…Expressivité limpide dans cet air marqué par l’image du torrent s’écoulant précipitamment, figuré par des gammes rapides aux instruments et aux voix. C’est seulement dans la partie centrale qu’apparaissent, sur les mots « wie sich die Tropfen plötzlich teilen », au lieu des gammes, des arpèges sur accords parfaits (ruptures d’accords parfaits à la place des gammes), à peu près comme la représentation des « gouttes de mes larmes » dans l’air « Buß und Reu » de la Passion selon saint Matthieu…» [« l’air des larmes », le numéro 10 de la première partie].
GARDINER : «  Bach met en musique les vers de Franck pour ténor, flûte, violon et continuo, chaque musicien devant alternativement assumer différentes fonctions – répondre, imiter, faire écho ou encore doubler tel autre – tout en contribuant, chacun à sa façon, à l’insistante fuite en avant du torrent dans sa chute [illustration du texte « Aussi hâtivement que les eaux mugissantes / s’écoulent les jours de notre vie »].
GOJOWY : « …Dans le volume 11 Teldec des cantates par Harnoncourt, série de vignette emblématiques dont l’une pour le 24e dimanche après la Trinité, dont le texte est proche de « l’Ecclésiaste (Syra), XI, 5 ». Les fruits de la vie sont ici comparés au travail du jardinier entrain de bêcher. « Une forme historique, encore extrêmement efficace à l’ère baroque, de l’union d’art plastique et de poésie –tout à fait au sens moderne des « multimédias » - est représentée par le genre de l’emblème, la réunion sous une devise d’un motif plastique riche de symbole et d’un texte en vers de teneur moralisatrice ou philosophique, atteignant son point culminant dans une sentence récapitulatrice ».
HIRSCH : Citation du choral, strophe 2. Mélismes sur «Schnell », « Eilen », « Lebens Tage ». Colorature sur « Alles », « Teilen », suivis de pause = « Hoquetus-Technik ». Remarquer la construction de l’aria : partie A1 avec 32 mesures, A2 + 34 mesures, B1 + B2 + 34 mesures avant le da capo. Die Zahl : Dans la première partie « A », la flûte joue 650 notes. La somme numérique des lettres depuis So schnellunsers Lebens Tage donne « 647 ». [page 72 : Mélisme : Le ténor chante 43 notes (aux mesures 25 à 28 et 66 à 69) sur le mot « eilens’enfuient »
HOFMANN : « L’air pour ténor décrit avec les parties instrumentales de flûte et de violon, puis avec la voix, l’image d’un torrent, vu ici comme le symbole de notre vie qui fuit ou les heures qui défilent sont comme des gouttes d’eau ».
MACIA [Tout Bach, pages 107/108] : «…Le ténor déplore que « les jours de notre vie s’écoulent aussi hâtivement que les eaux mugissantes », d’où le tumulte d’un torrent dépeint par la flûte et le violon sur un rythme vif, tandis que le chanteur adopte le même débit précipité, avec des vocalises acrobatiques sur les mots « schnell » ou « eilen », ou encore lorsqu’il évoque les heures qui passent, semblable à des gouttes d’eau… »
PIRRO [L’esthétique de Jean-Sébastien Bach - La formation rythmique des motifs, page 106] : «…Motif en grandes vocalises fuyantes associées aux mots « schnell - rapidement », « laufencourir », « Lauf course ». [+ Exemple musical, BG. 26, V1, page 200]. Renvoi aux cantates BWV 22/3, BWV 62/3 et BWV 70/9.
ROMIJN : « L’aria de ténor la plus longue que Bach ait écrite [?] joue sur l’alternance entre passages de flûte et passage de violon entrelacés autour de la voix ; peut-être la fluidité ondulante des lignes instrumentales est-elle censée représenter les eaux vives qu’évoque le texte, en particulier le mot « schnellvite » et « eilense presser ».
SMITH [BCW] : « L’une des arias les plus virtuoses dans tout Bach »
SUZUKI : « La plupart des parties originales ont été copiées du manuscrit original de Bach par Johann Kuhnau, mais la partie d’orgue au complet, à l’exception d’une très petite section, sont de la main même du compositeur. Le second mouvement montre clairement l’indication « Aria tacet ». Nous avons donc décidé de recourir au clavecin plutôt qu’à l’orgue dans ce mouvement ». 
WHITTAKER [volume 2, page 360] : «… De loin par son nombre de mesures, le plus long air de Bach et l’un des plus exigeants. Peu de chanteurs possèdent la flexibilité de la voix et le contrôle de la respiration pour maintenir sa vélocité et ses notes répétées dans la seconde partie : « Die Zeit vergeht… » ; la couleur, l’impétuosité combinées à la virtuosité de l’interprétation ».
[Importance des verbes d’action : Elen, Vergeht. Schießt, Teilen. Vocalises et image madrigalesque sur Alles. Ruissellement en doubles croches sur Schießt].


3] REZITATIV ALT. BWV 26/3
DIE FREUDE WIRD ZUR TRAURIGKEIT, / DER SCHÖNHEIT FÄLLT ALS EINE BLUME, / DIE GRÖßTE STÄRKE WIRD GESCHWÄCHT, / ES ÄNDERT SICH DAS GLÜCKE MIT DER ZEIT, / BALD IST ES AUS MIT EHR UND RUHME, / DIE WISSENSCHAFT, UND WAS EIN MENSCHE DICHTET (ou Mensch erdichtet, Wustmann), / WIRD ENDLICH DURCH DAS GRAB VERNICHTET.

La joie se transforme en tristesse, / la beauté se flétrit comme une fleur, / la plus grande force devient faiblesse, / la fortune change avec le cours du temps, / c’en est bientôt fait de l’honneur et de la renommée. / La science et toutes les créations de l’esprit humain / sont finalement anéanties par la tombe.

Ut majeur (C dur), 10 mesures, → mi mineur (e-moll), C.
BGA. Jg. V1. Page 207 | RECITATIVO. | Alto. | Organo e Continuo.
NEUMANN. Récitatif secco.

BLANKENBURG : «…Le récitatif suivant à beau être traité en secco, une figure de triples croches attire d’emblée l’attention de l’auditeur…sur le mot « Freude ».
CANTAGREL [Les cantates de J.-S. Bach, pages 1071 à 1075] : « Ce bref récitatif s’ouvre par une extraordinaire vocalise de triples croches sur le mot Freude…» [+ citation d’André Pirro. Voir ci-dessous].
HIRSCH : «…Texte empruntant aux strophes 3, 4, 5, 6 et 7 du cantique de Franck. Mélisme sur « Freude ». Accord de 7e  sur « Traurigkeit »
HOFMANN : «…Le récitatif évoque comment la joie se transforme en tristesse –une vocalise d’une extrême étendue débouche sur une dissonance inquiétante –Telle la beauté qui se flétrit et la mort qui anéantit tout ».
MACIA [Tout Bach, pages 107/108] : «…la joie se transforme en tristesse… au fil d’une vocalise très étendue qui débouche sur une dissonance inattendue…»
PIRRO [L’Esthétique de Jean-Sébastien Bach - La formation rythmique des motifs, pages 109 à 111] : «…Les thèmes de la joie se développent avec ampleur, d’un mouvement vif et uni, sans heurt ni précipitation. Il n’est pas de traduction rythmique plus fréquemment employée par Bach que celle-là…Le thème de la joie, longues vocalises de jubilation. [+ Exemple musical sur le mot « Freude », BG. V1, page 207]. Nombreux renvois aux cantates BWV 71/7, 150/7, 162/5, 155/7, 83/1, 156/4, 15, 80/6, 180/4 et 170/3 ». 
[page 192] : Le commentaire de l’accompagnement instrumental : L’opposition entre la joie exubérante, qui se manifeste largement et la douleur concentrée, âpre, qui déchire le cœur en secret, est marquée avec une merveilleuse vérité dans le récit d’alto… Une vocalise redondante se déploie sur les premiers mots, accompagnée d’une ample harmonie de sixte, mais les dernières paroles ont une déclamation brève qui pénètre, supportée par un accord passionné. [+ Exemple musical] ».
SCHLOEZER : « Il arrive cependant que la référence à la structure de l’espace sonore s’avère insuffisante. Tel est le cas entres autres des grandes vocalises de jubilation. Leur tradition, on le sait, remonte aux polyphonistes du XVIe siècle  [Exemple musical n° 99). l’allégresse que respirent ces vastes arabesques tient pour une certaine part à la simplicité, à la solidité de l’harmonie, car elles se déroulent dans les limites d’une série diatonique déterminée. Que l’on apporte à cette harmonie le moindre trouble par quelques chromatismes, par l’introduction, soit au chant, soit à l’accompagnement, de sons étrangers à la gamme mise en jeu, et la vocalise modifiée apparaîtra chargée d’un sens psychologique différent. On trouve un exemple frappant d’un tel procédé dans le récit d’alto de la cantate Ach wie flüchtig, ach wie nichtig, où précisément sur les paroles « la joie se change en tristesse » [Exemple musical n° 100]). Mais la principale raison de l’impression spécifique qui se dégage des vocalises de jubilation, c’est leur caractère charnel, réaliste : elles composent en effet et organisent en utilisant le matériau de la musique ces modulations de la voix, ces exclamations qu’arrache l’émotion à une âme débordante d’enthousiasme et qui dans ses efforts pour se délivrer, pour exprimer son ravissement ne peut et ne veut s’arrêter mais accumule les répétitions, les amplifications jusqu’à en perdre le souffle. Il s’agit donc ici de l’incorporation à l’œuvre des signes dits organiques de la joie. Il s’agit de symboles, de signes expressifs esthétiques ».
SMITH [BCW] : «…Ce récitatif secco pour alto débute sur un mélisme élaboré : Freude ». 
WESTRUP : «…Exemple musical 23. Le contraste très expressif par une « coloratura » sur « Freude » suivie d’une 7e diminuée sur « Traurigkeit ».
WOLFF : «…Ample mélisme sur le mot Freude, en triples croches ».
Transition dans le discours. Les verbes utilisés sont plus statiques que dans (2 verbes d’action], tels « Wird zur/ se transforme – Fällt /
se flétritWird / devient – Ändert / change – Wird endlich / sont finalement, etc.]


4] ARIE BAß. BWV 26/4
AN IRDISCHE SCHÄTZE DAS HERZE ZU HÄNGEN, / IST EINE VERFÜHRUNG DER TÖRICHTEN WELT. | WIE LEICHTLICH ENTSTEHEN VERZEHRENDE GLUTEN, / WIE RAUSCHEN UND REIßEN DIE WALLENDEN FLUTEN, / BIS ALLES ZERSCHMETTERT IN TRÜMMERN ZERFÄLLT.…

Attacher son cœur aux trésors terrestres / c’est là une tentation de ce monde insensé. / Que les flammes dévorantes naissent avec facilité, / que les flots bouillonnants mugissent et se brisent / jusqu’à ce que tout retombe anéanti, en ruines !

Mi mineur (e moll), 119 mesures, C.
BGA. Jg. V1. Pages 208 à 215 | ARIA. | Oboe I. | Oboe II. | Oboe III. | Basso. | Organo e Continuo.
NEUMANN. Bläsersatz : Oboe I-III ; B.c. Baß. Libre Da-capo (reprise prélude instrumental, mesures 2 à 17).

Exposition instrumentale, versets 1-2 – motif – versets 3-4-5, motif – reprise versets 1-2. Postlude.

BASSO : «…Il s’agit en effet d’une danse macabre, d’une condamnation de ce monde insensé traduite par le biais de l’hallucinante symbolique qu’avait imaginée la culture médiévale pour donner au sens de la mort un caractère plus sombre et plus pervers ; mais retournant complètement les termes du drame, Bach nous dépeint cette mort dans le style d’une galanterie, comme s’il eut décelé en elle des traits de douceur. »
BLANKENBURG : «…Une bourrée, une danse en mesure alla breve que son inexorable progression tout au long des 119 mesures a fait comparer à une danse macabre ».
BOYER [Les cantates sacrées de Jean-Sébastien Bach, pages 145/146] : «…Aria de forme A, B, C…»… C’est l’aria de basse avec trois hautbois sur un rythme de bourrée qui constitue l’acmé de la cantate, sorte de danse macabre et grotesque avec des traits rapides et chromatiques en son centre pour évoquer encore des « flots bouillonnants ».
CANTAGREL [Les cantates de J.-S. Bach, pages 1071 à 1075] : « Dans la tonalité sombre de mi mineur, cet air aux paroles terribles se déploie sur le rythme d’une joyeuse bourrée en mesure alla breve ; c’est bien d’une danse qu’il s’agit ici, mais d’une danse macabre. Le chœur des trois hautbois qui l’escortent dès la ritournelle lui confère en effet l’allure d’une danse populaire, mais aux accents grinçants, grimaçants…mais c’est dans la section médiane que prolifèrent les images d’une catastrophe sans précédent : l’effroyable grondement de la basse continue…les traits de doubles croches…les vocalises affolées sur Zerschmerttert…»
DÜRR : «…Le rapport au texte est instauré différemment dans le deuxième air (par rapport à [2], dont le rythme de danse –il s’agit d’une authentique bourrée - Chafe [BCW] parle de « Gavotte. [En fait d’après Braatz, les spécialistes de la danse disent que ce mouvement n’entre dans aucune de ces catégories !] se fait l’illustration de ce « monde insensé » (Übricht Welt) et de ses séductions. La tonalité mineure, la sonorité du hautbois et, dans la partie centrale, la réapparitions des gammes qui se précipitent dans les profondeurs viennent rappeler à l’auditeur le véritable caractère de ce monde en faisant de la danse non un joyeux agrément, mais une macabre danse des morts ».
GARDINER : «…voici Bach confronté à l’évocation du fracas des éléments, à ce moment précis où « tout se précipite et se brise en mille morceaux [dans le texte : «…que les flots bouillonnants mugissent et se brisent…» Il fait appel dans sa « Totentanz » à trois hautbois et au continuo pour soutenir la basse soliste dans une railleuse bourrée. Alors que l’on attendrait de cette trinité de hautbois qu’elle instaure un climat de faste terrestre… leur rôle, à partir de la vibrante entrée du chanteur, devient progressivement plus subversif et pictural, d’abord dans l’accompagnement lancinant qui semble saper l’élaboration de ces « trésors terrestres »…puis par les figures déchiquetées censées représenter les langues de feu qui bientôt les réduiront en cendres, enfin par des gammes en doubles croches précipitées et des accords à 6/4, à l’image de ces « flots jaillissants »…»
HIRSCH : Texte tiré de la 10e strophe du cantique de Franck. « Totentanzstimmung charakterisiert » = citation d‘Alfred Dürr. Arthur Hirsch évoque Breughel et J. Bosch. Mélisme sur « Zerschmettert.» La somme numérique de « An irdische Schätze … zu Hängen » est 368 ; la basse chante 368 notes »… [page 72 : la basse et le continuo sur 171 notes (mesures 44 à 52), depuis le début de la section B jusqu’au mot « Zerschmettert » dont la valeur numérique est précisément le nombre «171 ».
HOFMANN : «…L’air pour basse écrit pour un effectif inhabituel de trois hautbois constitue un véritable bijou comme on ne s’y attend que dans une cantate profane. Le refus « Törichte Welt » opposé au vers « An irdiche Schätze das Herze zu hängen…est traduit musicalement dans le langage terrestre, c'est-à-dire dans la forme d’une danse de cour, la bourrée ».
MACIA [Tout Bach, pages 107/108] : «…une aria très lyrique…sur un rythme de bourrée sarcastique avec les ponctuations staccato des trois hautbois…»
ROMIJN : «…une fascinante aria de basse dans laquelle les bois jouent une sorte de danse macabre assez sarcastique : la tentation des choses matérielle mènera irrémédiablement à la ruine ». 
WOLFF : «…Inhabituel trio de hautbois ».
WHITTAKER [page 363] : «…Le côté pompeux de la première phrase rappelle un peu le côté « opératic » de Haendel…»
[Opposition des mots : « GlutenFluten : Flammes / Eau. Vocalises sur et Zerschmettert ; Torichten. Rythme martelé au caractère pompeux. Opposition forte – piano suivant les paroles des versets à l’instrumentation] ».


5] REZITATIV SOPRAN. BWV 26/5
DIE HÖCHSTE HERRLICHKEIT UND PRACHT / UMHÜLLT ZULETZT DES TODES NACHT / WER GLEICHSAM ALS EIN GOTT GESESSEN, / ENTGEHT DEM STAUB UND ASCHE NICHT, / UND WENN DIE LETZTE STUNDE SCHLÄGET, / DAß MAN IHN ZU DER ERDE TRÄGET, / UND SEINER HOHEIT GRUND ZERBTRICHT, / WIRD SEINER GANZ VERGESSEN.

La plus haute splendeur et magnificence / est finalement recouverte par la nuit de la mort. / Celui qui trôna semblable à un Dieu / n’échappe pas à la poussière et à la cendre, / et lorsque sonne sa dernière heure / et qu’on le porte en terre / et que s’écroulent les assises de sa grandeur, / il sombre entièrement dans l’oubli.

Sol majeur (G dur) mi mineur (e moll), 9 mesures, C.
BGA. Jg. V1. Page 215 | RECITATIVO. | Soprano. | Organo e Continuo.
NEUMANN. Récitatif secco. Sopran, B.c.

HIRSCH : Texte tiré des 10e et 11e strophes du cantique de Franck.
HOFMANN : «…Le récitatif nous ramène à une méditation sur la fugacité de la vie et de l’agitation humaine ».
PIRRO [L’Esthétique de Jean-Sébastien Bach - Direction des motifs, page 31] : Motif descendant sur « Zu der Erde träget » [+ Exemple. musical].
SMITH [BCW] : «…Ce bref récitatif pour soprano tente d’apporter une note de « bénédiction » que le choral suivant ne confirme qu’à peine ».
[« Letzte Stunde Schläget - sonne sa dernière heure». Une expression souvent illustrée par Bach ; par exemple dans la cantate BWV 73…]


6] CHORAL. BWV 26/6
ACH WIE FLÜCHTIG, ACH WIE NICHTIG / SIND DER MENSCHEN SACHEN ! / ALLES, ALLES, WAS WIR SEHEN, / DAS MUß FALLEN UND VERGEHEN ; / WER GOTT FÜRCHT’, BLEIBT EWIG STEHEN

Hélas, combien éphémère, combien vaine / sont les choses humaines / tout, absolument tout ce que nous voyons / doit s’abîmer et disparaître ; / Mais celui qui craint Dieu demeure éternel.

Treizième et dernière du cantique Ach wie flüchtig, ach wie nichtig (1652) de Michael Franck.
[Cantique « inhabituel » selon Smith, Craig... Effectivement et à part BWV 644, unique citation dans l’œuvre de Bach].

BGA. Jg. V1. Page 216 | CHORAL. | Soprano. /Corno. Flauto traverso. Oboe I. II. Violino I. col Soprano. | Alto. / Oboe III. Violino II. coll’ Alto. | Tenore. / Viola col Tenore. | Basso. | Organo e Continuo.
La mineur (a moll), 10 mesures, C.
NEUMANN. Simple choral harmonisé ; ensemble instrumental.
SCHMIEDER. Sopr., Alto, Ten., Basso ; Instrumente : Corno, Flauto trav., Ob. I, II, Viol. I col Sopr., Ob. III, Viol. II coll’Alto, Vla. col Ten.) Org. E Cont. BLANKENBURG : «…S’enchaîne le choral dans sa forme accoutumée encore que la sobriété en soit ici atténuée par les notes de passage se présentant surtout au ténor et à la basse, procédé voulant lui aussi suggérer l’incessante marche du temps ». BOYER [Les mélodies de chorals dans les cantates de J.-S. Bach. page 104] : «…Mélodie de choral de type 1, choral harmonisé colla parte ». Il est à noter que l’incipit de la mélodie : montée d’une tierce mineure - point d’orgue – montée d’une tierce majeure – nouveau point d’orgue, puis descente à la tonique initiale – troisième point d’orgue, illustre également par sa simplicité absolue le dénuement de la vie humaine selon la rhétorique chère à la période baroque. » CANTAGREL [Les cantates de J.-S. Bach, pages 1071 à 1075] : « Cette dernière strophe commence par les mêmes mots que la première…harmonisée comme de coutume en homophonie. Aux cordes doublant les voix s’ajoutent le cor, le traverso et les deux premiers hautbois pour donner tout son éclat à la mélodie…»
HIRSCH : «…Texte, celui de la 13e strophe du cantique de Franck ».
HOFMANN : «…Promesse de l’éternité pour qui craint Dieu ». SMITH [BCW] : «…l’utilisation de ce choral est inhabituelle, une seule ligne mélodique. Les deux premières phrases en sont courtes, une mesure chacune, les quatre dernières plus longues comportent deux mesures. Démarche des cordes et des vents sur huit notes répétées et démarche obstinée de la basse ». WHITTAKER [page 360] : «…La strophe 13 sert au choral final. La première phrase est identique à [1] ».  


BIBLIOGRAPHIE BWV 26


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Breitkopf n° 10 : 371 Vierstimmige Choragesänge. C. Ph. E. Bach – KJ. Ph. Kirnberger (sans date). N° 48
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ZWANG, Philippe et Gérard : Guide pratique des cantates de Bach. R. Laffont 1982. ZK 98, pages 175/176
Réédition révisée et augmentée. L’Harmattan 2005


DISCOGRAPHIE BWV 26

BACH CANTATAS WEBSITE :
Discographie établie par Aryeh Oron. Elle est ici proposée sous forme sensiblement allégée avec, parfois, quelques précisions relatives aux références et aux dates. Les numéros 1] et suivants indiquent la chronologie discographique établie par Aryeh Oron.
13 références (septembre 2002 – mai 2011) + 5 mouvements individuels (septembre 2002 – septembre 2010).
Exemples musicaux (Audio) : Aryeh Oron (février 2003 – janvier 2005).

8] GARDINER (volume 19) The Monteverdi Choir. The English Baroque Soloists. Soprano : Joanne Lunn. Contre-ténor : William Towers.
Ténor : Paul Agnew. Basse : Peter Harvey. Bach Cantata Pilgrimage, Romsey Abbaye (GB). 30 janvier 2000. Durée: 15’26.
CD SDG 115 (Soli Deo Gloria). 2000-2006. Avec les cantates BWV 81, BWV 14, et le motet BWV 227
3] HARNONCOURT (volume 7). Wiener Sängerknaben & Chorus Viennensis. Concentus Musicus Wien. Soprano : jeune soliste du Wiener
Sängerknaben (pas de nom). Alto : Paul Esswood. Ténor : Kurt Equiluz. Basse : Sigmund Nimsgern. Vienne. 1973. Durée : 16’37.
Disque Teldec SKW 7/1- 2 BR 2 Das Kantatenwerk , volume 7. 1973
CD Teldec 8.350353 242 503-2. Das Kantatenwerk, volume 7. 1985. Avec la cantate BWV 27
CD Teldec 4509-91756 2 / 6.35033Das Kantatenwerk - Sacred Cantatas. Volume 2. Coffret de six CD avec les cantates BWV 20 à 36
Reprise Bach 2000. Teldec, volume 1. Coffret, 15 CD. Septembre 1999. Cantates BWV 1 à 14 et BWV 16 à 47
Reprise CD Warner Classics 8573 81207-5. Intégrale en CD séparés, volume 9. 2006. Avec les cantates BWV 27 et 28
9] KOOPMAN (volume 14). Amsterdam Baroque orchestra & Choir. Soprano : Lisa Larsson. Alto : Annette Markert.
Ténor : Christoph Prégardien. Basse : Klaus Mertens. Waalse Kerk, Amsterdam (NL), 28 février et 6 mars 2000. Durée : 14’23
CD Antoine Marchand Challenge Classics CC 72214. 2003
7] LEUSINK. Holland Boys choir. Netherlands Bach Collegium. Soprano : Ruth Holton. Alto : Sytse Buwalda. Ténor : Nico van der Meel.
Basse : Bas Ramselaar. Église Saint-Nicolas. Elburg (NL), novembre et décembre 1999. Durée : 16’26.
Bach Edition. 2000. CD Brilliant Classics. Volume 11 – Cantates, volume 5. Avec les cantates BWV 164 et 139
Reprise Bach Edition. CD Brilliant Classics III 93102 25/71. 2006
Cette réédition 2006 a fait l‘objet en 2010 d‘une nouvelle édition „augmentée“ (157 CD) + les partitions et 2 DVD proposant les Passions
selon saint Jean et saint Matthieu.
*13] LUTZ, Rudolf. Vokalensemble der Schola Seconda Pratica / Schola Seconda Pratica. Église évangélique de Trogen (CH)
DVD Live, 20 novembre 2009. Coffret DVD Gallus Media. Bach Anthologie 2009. J.S. Bach Stiftung. St. Gallen. Zurich 2010
*12] NELSON, Ralph. Bach Cantata Choir. Portland. Oregon (USA). 11 avril 2007. CD Bach Cantata Choir 6. Distribution  EU ?
*10] OHMURA, Emiko. Bach-Chor Tokyo. Tokyo Cantata Chamber Orchestra. CD Bach-Chor Tokyo (Japan). Live : 10 mai 2003.
Durée : 18’01. CD Bach-Chor Tokyo. BACHCD 03 (volume 3). Chanté en japonais. Avec la cantate BWV 21
2] RICHTER. 1er enregistrement : Münchener Bach-Chor & Orchester. Soprano : Ursula Buckel. Contralto : Hertha Töpper. Ténor : Ernst
Haefliger. Basse : Theo Adam. Herkules Saal. Munich. Octobre 1966. Durée 15‘27
Disque Archiv Produktion 198402. 1967. Avec la cantate BWV 106
5] RICHTER. 2e enregistrement. Munchener Bach-Chor. Munchener Bach-Orcester. Soprano : Edith Mathis. Alto : Trudeliese Schmidt.
Ténor : Peter Schreier. Basse : Dietrich Fischer-Dieskau. München, Hercules-Saal octobre 1977 – mai 1978. Durée : 17‘32
Disque Archiv Produktion. Avec les cantates BWV 80 et 116. 1978
Reprise en coffret de six disques. Archiv Produktion 2722-030/2564 177. Volume V. Dimanches après la Trinité II. II. 1979.
Avec les cantates BWV 115 et BWV 139.
Reprise en coffret de 3 CD Archiv Produktion 413646-2. J.S. Bach / Compact Disc Edition.
Avec les cantates BWV 61, 4, 56, 51, 106, 147 et 80
Reprise en coffret de 26 CD (Intégrale des enregistrements de Karl Richter) Archiv Produktion 439397-2. Sonntage nach Trinitatis II.
Volume V/3. 1994. Avec les cantates BWV 115, 139 et 60
Pas de cor dans cette version. Richter utilise l’orgue qu’il joue lui-même colla parte avec le soprano.
6] RILLING. Gächinger Kantorei Stuttgart. Bach-Collegium Stuttgart. Soprano : Arleen Auger. Alto : Doris Soffel. Ténor : Adalbert Kraus.
Basse : Philippe Huttenlocher. Gedächtniskirche Stuttgart (D). Octobre 1979 et avril 1980. Durée : 14‘40
Disque (D). Die Bach Kantate. Hänssler Verlag. Classic. Laudate 98713. 1981. Avec la cantate BWV 139
Disque (D). Reprise sous le label Claudius Verlag CLV 71963. 1985. Avec la cantate BWV 67
CD. Die Bach Kantate (volume 59). Hänssler Classic Laudate 92.059. Avril 1980
CD. Hänssler edition bachakademie (volume 8). Hänssler-Verlag 92.008. 1999. Avec les cantates BWV 23 à 25
4] ROTZSCH. Thomanerchor Leipzig. Gewandhausorchester Leipzig. Soprano : Regina Werner. Alto : Rosemarie Lang.
Ténor : Peter Schreier. Basse : Hermann Christian Polster. Église Paul Gerhardt, Leipzig, mai 1977. Durée : 17’04.
Avec les cantates BWV 173 et 173a  
Disque Eterna (ex RDA) Leipzig Classics. Bach Kantaten ». Thomanerchor Leipzig. Gewandhausorchester Leipzig. 1978.
Avec la cantate BWV 106
Reprise CD Berlin Classics 0090362BC. 1995. Avec les cantates BWV 173a et BWV 173
Reprise CD Leipzig Classics Bach made in Germany. Volume IV/5. Corona Classics, 15/9/1996. Avec les cantates BWV 80 et 137
11] SUZUKI (volume 28). Bach Collegium Japan. Soprano : Yukari Nonoshita. Contre-ténor : Robin Blaze. Ténor : Makoto Sakurada.
Basse : Peter Kooy. Kobe Shoin Women‘s University Chapel. Japan. 16 et 19 mars 2004. Durée : 14’48
CD BIS SACD-1451. RFA, septembre 2005. Distribution en France, octobre 2005. Avec les cantates BWV 62, 139 et 116
1] WERNER. Heinrich-Schütz-Chor Heilbronn. Pforzheim Chamber Orchestra. Soprano : Friederike Sailer. Alto : Claudia Hellmann.
Ténor : Helmuth Krebs. Basse : Erich Wenk. Enregistré à Ilsfeld (D) à l‘automne 1961. Durée : 18’27.
Disque Erato mono LDE 3205. Reprise en stéréo STE 50085 dans la série Les Grandes Cantates.
Reprise disque Erato STU 70085 « Les Grandes Cantates », volume 10. Avec les cantates BWV 61 et 130
Reprise en coffret de 2 CD Erato 4509-97407-2. Coffret n° 2.1994. Avec les cantates BWV 8, 43, 61, 85, 130 et 182
Reprise en coffret de 10 CD Warner Classics 2564 61402-2 (volume 2). 2004. Avec les cantates BWV 56, 98 et 90


MOUVEMENTS INDIVIDUELS BWV 26

M-1. Mvts. 1 et 6] Hans Pflugbeil. Greifswalde Bach Tage Choir / Bach –Orchester Berlin. Fin des années 1950 ; fin des année 1960. CD Baroque Music Club « Soli Deo Gloria, volume 4.
M-2. Mvts 1 et 6] Helmuth Rilling, Orgel. Figuralchor der Gedächtniskirche Stuttgart (D). Mai 1963 et mars 1965
Disque Bärenreiter Musicaphon mai 1965. Volume III. Orgelchoräle und Choralsätze zu Pfingsten und Trinitatis. Das Orgelbüchlein, BWV 644.
Reprise CD Cantate C 57609. 1995. Avec les première et deuxième strophes du cantique “Ach, wie flüchtig, ach, wie nichtig”.
M-3. Mvt. 2] John Metz. ASU Early Music Ensemble. CD Arizona State University : School of Music. Tempe (USA), 26 avril 1990.
M-4. Mvt. 2] Peter Schreier. Solo Kantaten und Arien. Kammerorchester Carl Philipp Emanuel Bach. Août 1994. CD Philips. 
M-5. Mvt. 1] Transcription pour piano (Rummel). Jonathan Plowright. 7 et 10 juillet 2005. CD Hyperion 67481/1.

Helmuth Rilling : Das Orgelbüchlein, BWV 644. H. Rilling. Disque cantate, Mai 1963 – mars 1965
Volume III. Orgelchoräle und Choralsätze zu Pfingsten und Trinitatis. Orgelbüchlein, n°153 (BWV 644).
Première et deuxième strophes du cantique “Ach, wie flüchtig, ach, wie nichtig”.
Helmuth Rilling, Orgel. Figuralchor der Gedächtniskirche Stuttgart.
Disque Bärenreiter Musicaphon mai 1965. Reprise CD Cantate C 57609. 1995

Le choral tiré de l’Orgelbüchlein, le BWV 644, a et est fréquemment enregistré par ailleurs. Renvoi, à titre d’exemple, aux versions de Charles Ablitzer, (CD Harmonic 1985 Michel Chapuis (CD Valois), et au Ricercar Consort (CD Ricercar 1992), etc.

Dans son ouvrage Jean-Sébastien Bach / Génie allemand ? Génie latin ? Norbert Dufourcq, sous le numéro erroné 20 donne deux références discographiques : orchestre Addler’s wells, directionWalton : Disque HMV. C 3179 (GB) et Victor 13753 (USA)


C. Role. Octobre 2011

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Last update: October 25, 2011 19:30:00