Recordings/Discussions
Background Information
Performer Bios
Poet/Composer Bios
Additional Information
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Cantata BWV 64
Sehet, welch eine Liebe hat uns der Vater erzeiget
Commentary in French |
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KANTATE AM DRITTEN. WEINACHTSTAG
(Feria 3 Nativitatis Christi)
Leipzig, 27 décembre 1723 |
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CONTENU |
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Avertissement
Datation
Sources
Péricope
Texte
Généralités
Distribution
Aperçu
Bibliographie
Discographie
Annexe BWV 64 - Philipp Spitta |
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AVERTISSEMENT |
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Cette notice dédiée à une cantate de Bach tend à rassembler des textes, des notes, voire des critiques discographiques souvent introuvables ou difficilement accessibles aujourd’hui (2009). Le but est de donner à lire un ensemble cohérent d’informations et de proposer aux amateurs et mélomanes francophones un panorama élargi et espéré parfois inédit de cette partie de l’œuvre vocale de Bach
Outre les quelques interventions « CR » identifiées par des parenthèses [...] le rédacteur précise qu’il a toujours pris le soin jaloux de signaler sans ambiguïté le nom des auteurs sélectionnés. Semblablement, il a indiqué clairement, entre guillemets «…» toutes les citations fragmentaires tirées de leurs travaux. Rendons à César...
ABRÉVIATIONS:
BB / SPK = Berlin Bibliothek / Staatsbibliothek Preussicher Kulturbesitz
B.c. = Basse continue ou continuo
BCW = Bach Cantatas Website
BD = Bach-Dokumente (4 volumes, 1975)
BG = Bach-Gesellschaft = Société Bach (Leipzig, 1851-1899). J. S. Bach Werke. Gesamtausgabe (édition d’ensemble) der Bachgesellschaft
BJ = Bach-Jahrbuch
D = Deutschland
EKG = Evangelisches Kirchen-Gesangbuch.
F = France
NBA = Neue Bach Ausgabe (nouvelle publication de l’œuvre de Bach à partir des années 1954-1955)
NBG = Neue Bach Gesellschatf = Nouvelle société Bach (fondée en 1900)
P = Partition = Partitur
PBJ = Petite Bible de Jérusalem
PKB = Preußicher Kulturbesitz, Staatsbibliothek, Berlin
St. = Parties séparées = Stimmen
La première lettre -en gras- d’un mot du texte de la cantate indique la majuscule de la langue allemande. Dans le corps du texte allemand de la cantate, le mot ou un groupe de mots mis en italiques désignent un affect particulier ou un « accident remarquable. |
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DATATION BWV 64 |
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Leipzig, 27 décembre 1724
BASSO [Jean-Sébastien Bach, volume 2, page 255]: « 2e exécution c. 1735-1750 ».
BCW: 27 décembre 1723. Une seconde exécution, vers 1742 ?
FINSCHER: «…Cantate composée en 1723 pour la célébration du troisième jour de la fête de Noël, date du premier cycle annuel des cantates leipzigoise ».
GLÖCKNER: «…La cantate fut jouée encore, sans changements reconnaissables, dans les années autour de 1742. Elle se trouve parmi les œuvres de Bach qui furent exécutées non seulement dans les deux églises principales de Leipzig mais apparemment aussi à l’extérieur de sa région d’autorité (peut-être à la Neue Kirche). A la St Michel 1761, l’éditeur Johann Gottlob offrait encore une copie de cette cantate dans son catalogue de manuscrits ».
HIRSCH: classé CN 61. 27 décembre 1723. Premier cycle des cantates de Leipzig = 1. Jahrgang.
Chronologie (celle d’Alfred Dürr). 1723: BWV 63 (25 décembre) – BWV 238 (Sanctus, 25 décembre) – BWV 243a (Magnificat, 25 décembre) – BWV 40 (26 décembre) – BWV 64 (27 décembre) – BWV 190 (1er janvier 1724) – BWV 153 (2 janvier 1724)
SCHMIEDER: «…vraisemblablement pour le 3e jour de Noël 1723 |
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SOURCES BWV 64 |
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PARTITION AUTOGRAPHE = ORIGINALPARTITUR
Pas de sources connues
BASSO [Jean-Sébastien Bach, volume 1, page 339]. La partition originale a figuré dans l’héritage de Carl Philipp Emanuel Bach. Elle est citée dans le catalogue (dont 86 cantates sacrées) publié à Hambourg peu après sa mort, en 1790, par Gottlieb Friedrich Schniebes sous le titre « Verzeichniss des musikalischen Nachlasses des verstorbenen Cappelmeisters Carl Philipp Emanuel Bach »
PARTIES SÉPARÉES = ORIGINALSTIMMEN
BB/SPK St. 84 M. Staatsbibliothek zu Berlin. Preußicher Kultur Besitz. Anciennement Marburg Staatsbibliothek (dépôt), Berlin-Dahlem (anciennement Ouest). Anciennement Originalstimmen der Königlichen Bibliothek zu Berlin
SCHMIEDER: 14 voix en partie autographes et une autres copie partielle des voix (début du 19e siècle).
COPIES XVIIIe SIECLE = ABSCHRIFTEN 18. Jh.
P Am 44, 10 Staatsbibliothek zu Berlin. Anciennement à l’Amalienbibliothek des Joachimsthal-Gymnasium, Berlin
P 1027 M Staatsbibliothek zu Berlin. Preußicher Kultur Besitz. Ex Marburg, Staatsbibliothek -dépôt-, Berlin-Dahlem
Selon Glökner (notice de la version Suzuki) à la St Michel 1761, l’éditeur Johann Gottlob offrait encore une copie de cette cantate dans son catalogue de manuscrits »
BG: Page de titre de la couverture des parties séparées originales (Ost.): « Fer. 3 Nativit. Christi + addition: (autographe) 1. Joan: 3 V. 1. / Sehet, welch eine Liebe hat uns der à 4 Voci, Cornetto, 3 Trombone: Hautbois d’amour, 2 Violini, Viola con Continuo di Sign: J. S. Bach ».
HERZ. Papier avec filigrane « IMK » (principal filigrane de Jahrgang I - Leipzig 1723-1724). Voir Appendix « Spitta », tome II/ 681
Copistes proposés: Johann Andreas Kuhnau (classé K2, période médiane de son séjour à Leipzig). + Christian Gottlob Meissner
ÉDITIONS
SOCIÉTÉ BACH = BACH-GESELLSCHAFT (BG)
BG Jg. XVI (16e année). Pages 113-132. Révision et commentaires de Wilhelm Rust, 1868
(Cantates BWV 61-70, Anh. 69a).
Partition BG / Breitkopf dans l’enregistrement Teldec/ Das Kantatenwerk / Harnoncourt [Vol.16]. 1976
NOUVELLE ÉDITION BACH = NEUE BACH AUSGABE (NBA)
KANTATEN SERIE I/ BAND 31. KANTATEN ZUM 2 UND 3 WEINACHTSTAG. VOIR. Volume non présent à F-Pn 4 et 5/2005. Il n’a pas été commandé, en confusion avec les volumes KB.
Avec BWV 57, 133, 151, 151a
BWV 64. Partition, pages 95-119. Fac-similé
Kritischer Bericht (commentaires). BA 5093 41. A. Dürr, A. Glöckner, K. Hofmann, Uwe Wolf, Peter Wollny.
AUTRES ÉDITIONS
BCW: Score Vocal & Piano (ex BH)
Exemples musicaux
Breitkopf & Härtel. PB 2914 Partition - OB 1840 Instruments, parties vocales, Orgue et clavier (Révision Max. Seiffert). – Chœur ChB 695
2008: PB 4564 : Partition (20 pages) – EB 7064 Réduction voix et piano (32 pages) – OB 4564 Parties séparées (6) – ChB 4564 Chœur
Kalmus Study Scores. N° 822. Volume XVIII. New York 1968. Cantates BWV 63-65
Peters. Voix et piano |
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PÉRICOPE BWV 64 |
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3e jour de la fête de Noël, 27 décembre. Dans le missel romain, on célèbre la fête de saint Jean (ou Fête de l’apôtre Jean):
Épître: Hébreux 1, 1-14 [PBJ 1760-1761]. Le Fils est supérieur aux anges
Évangile: Jean 1, 1-14 [PBJ 1584]. Prologue. Au commencement le Verbe était…
Ou, plus spécifiquement pour l saint Jean 21, 20-24 [PBJ 1622-1623]. Jésus à Pierre au sujet de Jean (dont c’est la fête ce jour)
Livre de la Sagesse 15, 1-8 [PBJ 1020-1021]
EKG (1951), exceptionnellement, ne propose pas de lectures pour le troisième jour de Noël.
Pour la même occurrence : BWV 133, 151, 2483 |
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TEXTE BWV 64 |
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Auteur inconnu.
Texte inspiré, selon le musicologue Petzoldt -voir ci-après - par Johann Oswald Knauer et son recueil Gott geheiligtes Singen und Spielen. Publié à Gotha en 1720. A partir de cette source, les noms Bach ou du pasteur Christian Weiss ont été avancés pour la rédaction du livret de la cantate (voir BCW).
1] Première épître de saint Jean 3, 1 [PBJ 1791]. Vivre en enfants de Dieu: « Voyez quel grand amour nous a donné le Père, pour que nous soyons appelé enfants de Dieu ». Citation littérale dans la cantate.
2] Luther (Wittenberg, 1524). 7e strophe du cantique (de Noël) Gelobet seist du, Jesu Christ qui trouve son origine dans un recueil de Noël en latin « Grates nunc omnes reddamus - Maintenant, rendons toutes grâces, de Grégoire le Grand (vers 540-604) ». Luther a traduit la première strophe en allemand, quatre strophes finalement étant de sa propre production.
Renvoi à la cantate du même titre BWV 91/1-6 (strophes 1 et 7) ainsi que BWV 2487, 24828 et BWV 314 (choral à quatre voix).
La mélodie de Johann par Walther (1524) sera imprimée à Wittenberg dans le Geistliche Gesang Buchleyn.
EKG 15 (en 7 ). La première apparition de la mélodie paraît provenir d’un manuscrit anonyme conservé à Celle, vers 1370.
L’étude de ce choral et de sa mélodie dans BCW avec l’article de Robert L. Marshall et Robin A. Leaver publié dans le The Grove Music Online Dictionnary (Oxford University Press, 2005).
Voir Resinarius (1544), Scandellus (1575), Osiander (1586), Bodenschatz (1608) et Schein, tablature de Görlitz, 1650. La mélodie sans doute connue de Bach se trouvait dans un Hymnal de Gotha (1715)
3] Auteur inconnu . Christian Weiss ?
4] 1ère strophe du cantique (en 8 strophes de huit lignes chacune) Was frag ich nach der Welt ? de Balthasar Kindermann (Zittau, 10 avril 1636 - Magdebourg, 12 février 1706) composé en 1644 et publié en 1664 à Cüstrin, dans le corpus, Das Buch der Redlichen - Le Livre des honnêtes). Selon « Lyon » ce texte a parfois été attribué à Georg Michael Pfeffkorn († 1731). Voir « Lyon », Mélodie 144, page 282
Werner Neumann et Gerhard Herz donnent Georg Michael Pfefferkorn (texte de 1667 in recueil Herr Jesu und meine Ruh).
Zwang donne Balthasar Kindermann (texte), ceci confirmé par BCW et Andreas Bomba
Mélodie du cantique O Gott, du frommer Gott (troisième mélodie attribuée (BCW) à Ahasverus Fritsch (1679). On retrouve cette mélodie dans la cantate BWV 94/1, 3, 5 et 8.
EKG 383 (mélodie I), vers 1670 / Meiningen 1693. BCW donne pour compositeur Ahasverus Fristch (1679)
5 à 7] Auteur inconnu. Christian Weiss ?
5] Renvois (éventuels) au psaume 37, 20 [PBJ 834]: Cependant les impies périront, / eux les ennemis de Yahvé ; / ils s’en iront comme la parure des prés, / en fumée ils s’en iront, ainsi qu’au psaume 68, 3 [PBJ 861]: et ses adversaires fuient devant sa face ; / comme se dissipe la fumée. Dans la cantate [5]: Ce que la Terre / Renferme / En fumée s’en ira
6] Le Livre de la sagesse 15, 2 [PBJ 1020]: « Pécherions-nous, que nous sommes encore à toi, car nous connaissons ta puissance ». Dans la cantate: La mort, la terre et le péché / Peuvent bien s’assembler, / Oui, toute l’armée des enfers peut se déchaîner, / Ils ne pourront plus jamais / L’extirper de mon âme.
8] Strophe 5 du cantique (en 6 strophes de neuf lignes chacune) Jesu, meine Freude de Johann Franck (Guben 1618-1677) de 1650, édité à Berlin en 1653 in Praxis pietatis melica - Pratique musicale de la piété).
Le texte de la strophe 2 dans BWV 81/7 ; les strophes 1 à 6 dans le motet BWV 227 ; strophe 1 dans le choral à quatre voix dans BWV 358
Mélodie attribuée à Johann Crüger (1653) apparue dans le Praxis Pietatis melica (4e édition, Berlin). EKG 293; cette mélodie est publiée dans le même recueil que le texte de Franck. [Voir « Lyon », mélodie 203, page 288].
On la retrouve dans BWV 81/7 (strophe 2 + mélodie) ; BWV 227/1, 3, 7, 11 (avec les strophes 1, 2, 4 et 8.
EKG 293, 270 (mélodie), 494 (mélodie).
Cette mélodie se retrouve dans des œuvres de Johann Kaspar Kerll, Dietrich Buxtehude BUXWV 60 ; Friedrich Wilhelm Zachow ; Georg Philipp Telemann et Johann Gottfried Walter, Georg Friedrich Haendel ; Félix Mendelssohn (cantate) et supposé dans les pièces BWV Anh. 58 et 59 ; etc.
BCW: les mouvements 3, 5, 6-7 reviennent peut-être à Christian Weiss, basés sur un texte de Johann Oswald Knauer dans son cycle de cantates publié à Gotha en 1720
FINSCHER: «…Le texte anonyme prend la naissance du Christ pour prétexte d’une méditation sur la vanité -maintenant que le Rédempteur est apparu et que le salut est assuré- de toutes les choses de ce monde. La composition de Bach reflète cette attitude rigoureuse, pas tellement appropriée à l’esprit de Noël, dans un langage musical presque sec, dans un nombre inhabituel de mouvements exclusivement basés sur un choral, le premier étant d’ailleurs le seul à offrir un caractère d’hymne de Noël…»
GLÖCKNER: «…L’obtention rapide de textes appropriés a dû être [durant le première année de Leipzig - 1723] un problème constant, vu que Bach ne disposait d’aucun librettiste officiel. C’est pourquoi il eut recours, pour la composition de son quota de cantates pour sa première année, à des textes d’origine très diverses, jusqu’à ce jour, il a été impossible de retracer l’origine de certains d’entre eux. La base textuelle des trois cantates enregistrées ici (BWV 64, 69a et 77) n’a été établie que récemment. Ces textes sont de Johann Oswald Knauer et ils furent publiés en 1720 déjà pour les concerts de la Gotha Hofkapelle à la chapelle du château Friedenstein. Ces livrets pourtant -mis d’abord en musique par Gottfried Heinrich Stölzel et Johann Friedrich Fasch, apparaissent dans des versions considérablement modifiées dans les arrangements de Bach - et on n’est pas sûr de l’auteur des révisions. Il est toujours aussi impossible de dire comment les poèmes vinrent en la possession du Cantor de St- Thomas … Dans l’arrangement de Bach, le texte de Knauer apparaît dans une forme radicalement raccourcie et parfois considérablement modifiée . Une autre différence est qu’il renferme deux versets additionnels de choral (« Das hat er alles uns getan » et « Was frag ich nach der Welt). Le livret de Knauer ne se réfère pas directement aux textes des lectures (épître et évangile) du 3e jour de Noël qui est aussi le jour commémoratif de l’apôtre saint Jean. Pour incorporer une référence à ce jour de fête, il a placé une citation textuelle de la première lettre de saint Jean (3, 1) au début du poème…Tandis que les deux premiers mouvements de la cantate se réfèrent directement à l’histoire de Noël, le texte de la cantate change étonnamment de direction avant le troisième mouvement (récitatif) [où il est dit] « renonçant à tout ce qui vient du monde et en se tournant vers Jésus, le monde » est clairement rejeté. Ce souci du monde à venir devient évident non seulement dans l’intimité de musique de chambre des deux arias mais aussi dans les mouvements chorals…»
PETZOLDT: «…Pour l’année liturgique 1720-1721, le maître de chapelle de Gotha, Gottfried Heinrich Stölzel, demanda à son beau-frère, le pasteur Johann Oswald Knauer, de rédiger les textes de toute l’année, qu’il composa alors en cantates en deux parties, sous le titre Gott=geheiligtes Singen und Spielen des Friedensteinischen Zions… Vom Advent 1720. bis dahin 1721 (Chants et musique bénis de Dieu pour la Sion de Friedenstein, de l’Avent 1720 jusque en 1721). Le modèle de Knauer est en général composé de douze phrases, prévues pour être données avant et après le sermon. Dans cette liturgie connue, Helmut K. Krausse a relevé trois textes qui -certes modifiés- ont aussi été mis en musique par Bach. Il s’agit des cantates pour la 3eme fête de la Nativité BWV 64, pour les 12e et 13e dimanches après la Trinité BWV 69a et 77. On peut certes noter à première vue que chez Bach les textes sont plus courts de la moitié, que certaines parties changent de place, et qu’il met en musique des passages qui n’ont chez Knauer aucune appropriation…»
SCHMIEDER: Texte de Bach ?
BOMBA: «…La structure formelle de cette cantate est loin d’être banale ; Bach a utilisé un nombre semblable de chorals une seule fois encore, à savoir dans la cantate BWV 40 exécutée le jour d’avant. C’est pourquoi l’on suppose que l’auteur des deux textes est le même. Certes Bach a bien sûr abondamment expérimenté au cours de ses premières années à Leipzig, au vu de l’abondance de sa production en cantates. Nous ne disposons pas d’année de création des textes appropriés. Hans Joachim Schulze qui se consacre régulièrement à la question des livrets dont disposait Bach (lors de conférences auprès de la Internationale Bachakademie Stuttgart et dans : Le monde des cantates de Bach, Vol. 3 Stuttgart 1999, pages 109 et suivantes) fait remarquer que Bach investissait énormément dans « la teneur théologique, la qualité littéraire et l’utilité au niveau musicale des textes et qu’il voulait se distinguer tout particulièrement de son prédécesseur dans sa fonction, Johann Kuhnau, en utilisant de nouveau texte. Néanmoins, il faudra chercher les origines de cette forme inhabituelle dans le contenu des textes et leur subtile interprétation par l’art musical de Bach. Ceci signifie donc : dans la fonction de cette musique. Pour comprendre le raisonnement quse cache derrière cette cantate, il faut d’abord rompre avec toutes les représentations modernes qui persistent en Europe centrale en ce qui concerne la fête de Noël ».
NYS, Carl de [Erato, volume 11]: «…S’il est indiscutable que le librettiste anonyme n’a pas cherché à commenter de manière précise et détaillée les deux lectures de l’office de ce jour, il est pourtant évident que son texte, d’un bout à l’autre, est inspiré par la spiritualité johannique. Il n’est nullement nécessaire, comme on l’a fait récemment [qui ?], d’expliquer ce texte par des spécificités de la rhétorique baroque ; même ce monde, dont il est beaucoup question ici, c’est bien le « monde » au sens des écrits johanniques ». |
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GÉNÉRALITÉS BWV 64 |
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BASSO [Jean-Sébastien Bach, volume 2, page 313]: «…Pour les cantates BWV 40 et 64, le Kantor apprêta un diptyque caractérisé par un nombre élevé de numéro (huit) et par une large participation du chœur qui dans chaque cantate intervient quatre fois, dans le morceau d’introduction et dans les trois chorals ».
BOMBA: «…Les cantates d’église de Bach sont de la musique de sermon. Ceci signifie qu’elles se trouvaient à une place spéciale au sein du service religieux et avaient une fonction évidente : refléter le contexte de la liturgie, la prédication de l’Évangile et l’exégèse mais aussi de sensibiliser la perception sensorielles des paroissiens présents. Il est évident que cette fonctionnalité est liée au temps. Une société en mutation développe, si tant est, d’autres besoins et manières d’exprimer sa foi individuelle. L’église suit aussi cette évolution. La musique de cantate de Bach risque donc d’être traitée comme musique de musée. L’expression autrefois vivante de l’humeur religieuse se transforme en patrimoine culturel qu’il s’agit de cultiver, même au prix de ne rester que sur une dimension en ne percevant que la façade et en restaurant une sorte d’état authentique, au dépens du contexte…»
BOYER [Chorals, page 176]: «…On a reproché [ ?] à cette cantate d’être de peu de poids et d’être déséquilibrée par rapport à son merveilleux chœur-motet initial apportant la parole évangélique [dans [1], ce n’est pas l’évangile stricto sensu !] Cette cantate, en effet, représente un certain côté archaïsant : d’une part l’affirmation du dogme par le chœur représentant l’église, méditation naïve d’autre part dans l’assemblée des fidèles dans la suite des chorals ».
GEIRINGER [Bach et sa famille, page 199, note 2]: «…Schering: Conjecture que la cantate n° 64 est l’arrangement de l’œuvre d’un autre compositeur, bien que le chœur final [ ?] soit certainement de Bach ».
GLÖCKNER: «…Les mouvements chorals ne sont pas reliés à l’histoire de Noël [4 et 8] qui furent ajoutés par la suite… [Après la première exécution ?] »
HARNONCOURT [Vol. 16]: «…On possède pour cette cantate diverses versions des chorals [2] et [4] dont l’existence n’est pas explicable. Un échange ne fait pas apparaître d’ « amélioration ». Aussi avons-nous choisi d’exécuter [enregistrement Teldec] les versions qui furent à coup sûr jouées lors de la première audition en 1723…»
SCHWEITZER [J. S. Bach, volume 2, page 155]: «…Seulement deux solistes, soprano et alto, dans cette cantate si on excepte le bref récitatif de basse. Les trois chorals sont vraiment impressionnants »….
[Pages 464-465]: un point de vue d’Albert Schweitzer qui ne manque pas d’actualité…] :« Il y a plusieurs possibilités dans les cantates utilisées pour un simple culte musical par un chœur d’église…ainsi qu’il pourrait se faire dans des cérémonies liturgiques plus souvent que ce n’est le cas aujourd’hui [écrit vers 1900]. Ceci est particulièrement vrai pour les chœurs-motet dans les cantates n° 2, 8, 12, 28, 37, 38, 64, 116, 118, 144, 150 et 179 ; ils pourraient être exécutés en cas de besoin avec seulement un orgue ou un petit orchestre…De nombreux duos et trios simples et ont déjà été signalés et seraient chantés par un chœur de plusieurs voix dans chaque partie [ici le chœur [1]
WIJNEN, Dingeman (CD, Volume IV/24, page 25): «...Est-ce dû à cette étonnante figure récurrente sur « Sehet » (« Voyez ») dans tout le chœur d’ouverture, toujours est-il que la cantate Sehet welch eine Liebe hat uns der Vater erzeiget, BWV 64 pour le troisième jour de Noël de l’année 1723 ne manque pas de laisser une trace indélébile dans l’oreille de l’auditeur. Ces cris « Sehet » viennent violemment s’opposer aux motifs rapides sur « erzeiget » (« montré ») en parlant de l’amour de Dieu, pour un effet des plus saisissants. Le choral qui suit le chœur d’ouverture explique comment les hommes sont devenus les enfants de Dieu : « das hat Er alles uns getan ». Le récitatif d’alto, avec ses gammes montantes figurant la fuite de cette terre, se termine par une sorte de « deux points » : ainsi le choral suivant poursuit-il l’explication, le renoncement aux biens de ce monde. La soprano chante ensuite une magnifique aria, sur laquelle de fines volutes de violons, précisent que les biens de ce monde s’évanouiront en fumée. Encore un récitatif, cette fois à la basse, mène à la dernière aria qui, à nouveau, souligne la différence entre ciel et terre : « nichts, nichts » semble jeté à terre alors que « Himmel » et « Ewig » trônent sur de longues notes. Enfin, le dernier choral se voit rajouter une couleur chaleureuse par les trombones qui doublent discrètement les parties vocales ».
WOLFF: «… un ensemble à cordes augmenté d’un hautbois d’amour ; il s’y ajoute un cornet et trois trombones pour renforcer le chœur les trois jours de Noël étant particulièrement éprouvant pour les choristes, Bach leur fournit ce soutien instrumental de même qu’il intègre à la cantate jusqu’à trois choral, à savoir trois mouvements simples ».
[Rare cantate à offrir simultanément un chœur et trois chorals, en 1, 2, 4 et 8. En dépit de ce qu’écrit ci-dessus le musicologue Wolff, il ne semble pas que Bach ait réellement ménagé ses Thomaner en ce troisième jour de Noël !] |
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DISTRIBUTION BWV 64 |
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NEUMANN. Sopran, Alt, Baß. – Chor. Zink (nur Chorstütze in 1, 2, 4, 8), Posaune I-III ; Oboe d’amore; Streicher ; B.c.
SCHMIEDER. Soli : S, A, B. Chor: S, A, T, B. Instrumente: Oboe d’amore ; Cornetto ; Trombone I, II, III ; Viol. I, II ; Vla. ; Vcl. ; Basso ; Organo ; Cont.
HARNONCOURT [Vol. 16]: «…Sur la page de titre, l’instrument destiné à renforcer le soprano est indiqué « cornetto », sur la partie originale « cornettino ». Cette partie étant aisément jouable sur le cornet à bouquin normal en la, moins bien par contre sur le cornet en ré, nous ne croyons pas qu’il s’agisse d’une indication instrumentale précise, d’autant que le vieux Quartzink (cornet accordé à la quarte supérieure) n’était guère plus en usage au XVIIIe siècle ».
WHITTAKER: «…Parmi l’une des plus belles [de l’année 1723]. Elle peut être exécutée par une petite formation, les chœurs ne présentant pas de difficulté et on peut aussi la jouer avec simplement des cordes et le continuo. L’aria pour alto nécessite un oboe d’amore obligé, lequel peut être éventuellement remplacé par un violon solo. Le récitatif de basse n’est pas essentiel et on n’a alors seulement besoin que de deux solistes, le soprano et l’alto [mais à ce jeu, que reste-t-il en final ?].Le cornet et trois trombones doublent les parties vocales dans [1] ainsi que dans les trois chorals ». |
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APERÇU BWV 64 |
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1] CHORSATZ. BWV 64/1 |
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SEHET, WELCH EINE LIEBE HAT UNS DER VATER ERZEIGET, DAß WIR GOTTES KINDER HEIßEN [Neumann: Ost. « werden »].
Voyez, combien le Père nous a comblés d’amour, afin que nous nous appelions les enfants de Dieu.
Mi mineur (e), 102 mesures, C
BG Jg. XVI (16e année). Pages 113- 118. Feria 3 Nativitatis Christi . Soprano. (Violino I. Cornetto. Col Soprano.) / Alto. (Violino II. Trombone I. coll’ Alto) / Tenore. (Viola e Trombone II. Col Tenore) / Basso (Trombone III. Col Basso.) / Organo e Continuo.
NEUMANN. Forme de motet. Fugue et parties orchestrales indépendantes
SCHMIEDER. Reproduction de la partition BG.
BASSO [Jean-Sébastien Bach, volume 2, pages 314-315, 412]: «…La forme [de 1] est celle d’un motet fugué, un véritable cantique dans le stylus verus (voir BWV 2/1, 38/1, 68/5, 121/1), avec la seule basse con, même si les voix sont doublées par les instruments, et en particulier par le « quatuor » formé par un cornet et trois trombones, comme cela s’était déjà vu dans des cantates plus anciennes, BWV 4 et 21 ».
BASSO [Jean-Sébastien Bach, volume 2, page 608] : « Il est incontestable que l’application de la technique du motet, suivant les manières propres au stylus antiquus, s’étend bien au-delà de la composition des motets au sens étroit du terme, et concerne également le domaine des cantates ou des autres œuvres de musique sacrée. Renvoi à la note 8 des pages 853-854 : suit la liste des cantates [possédant ponctuellement] un style proche du motet, par exemple BWV 2/1, 4/5, 21/9, 29/2, 38/1, 64/1, 68/5, 71/3, 101/1, 108/4, 121/1, 144/1, 179/1, 182/7,
BOMBA: «…qu’elles étaient les pensées, les impressions du paroissien au matin du 27 décembre 1724 dans l’église Saint Thomas de Leipzig lors de l’exécution de la cantate ci-présente ? Après avoir entendu la musique de fête des jours passés, il entendait un chœur d’introduction qui commençait sans aucun prélude instrumental par le mot « Voyez », chanté par le tutti, pour aboutir ensuite à la présentation d’un sujet fugué long et sinueux dans les voix sopranos. Les voix interviennent en ordre chronologique descendant : alto, ténor, basse. Un grand intervalle fait ressortir le mot « welch » (de quel). On est aussi invité avec insistance à « voir » l’amour du Père. Un ton tenu accentue cet amour. Laconiquement et en cadences, Bach adjoint à cette fugue la conclusion de la parole biblique mise ici en musique… - Le chœur d’introduction met l’amour de Dieu au centre. La rhétorique musicale du sujet fugué confronte l’auditeur à cette notion ; l’intervalle inhabituel pourrait être justifié par l’immense quantité et la qualité de cet amour; L’ordre d’entrée des voix met l’accent sur la direction que prend cet amour, donné d’en haut vers ici-bas. La strophe qui est d’une grande qualité renforce cette idée [ainsi que 2] et la généralise pour toute la communauté des chrétiens ».
BOYER [Les Cantates sacrées de Jean-Sébastien Bach, pages 183-184]: « Motet avec doublures instrumentales, en forme de fugue… Dans les cantates où Bach s’attache à souligner l’idée de « regard », à observer les commandements, attirer l’attention ou la veille… de nombreuses formes « motets » démarrent par une fugue musclée, avec saut de quinte ou de quarte (descendante ou parfois montante), par exemple avec la cantate BWV 46 sur « Schauet…». [Ici, dans la cantate 64, le mot « sehet » retrouvé par ailleurs avec la même formule dans la cantate BWV 159/1].
FINSCHER: «…La composition… pas tellement appropriée à l’esprit de Noël, dans un langage musical presque sec, dans un nombre inhabituel de mouvements exclusivement basés sur un choral, le premier étant d’ailleurs le seul à offrir un caractère d’hymne de Noël, et dans les détails aussi archaïsants que l’accompagnement des voix du chœur par le cornet et les trombones. Se présentant comme un motet à quatre voix avec basse générale, le premier mouvement recourt également à une technique de composition archaïque… »
GARDINER: «…Mouvement d’introduction construit tel un motet à quatre voix sur une ligne indépendante de continuo… approche typiquement « johannique » de Bach… adoption d’un langage dans le style ancien avec archaïques coloratures du trombone…»
GEIRINGER [Jean-Sébastien Bach, page 183]: «...Des chœurs qui ressemblent à des motets, BWV 182/7, 38/1, 2/1, 28/2, 108/4, 243/11, 144/1, 4/5, 21/9, 68/5, 121/1, 179/1, 232/19, etc. »
GLÖCKNER: «…Bach donne à ce dictum (la citation de 1 Jean, 3, 1) un arrangement choral de motet à quatre voix où les parties vocales sont doublées par des instruments (cornet, trois trombones et cordes) ».
HALBREICH: «…Cantate s’ouvrant sur un chœur-motet austère et archaïque…»
HIRSCH [Riemenschneider Bach Institute]: «…Comme la cantate BWV 40, BWV 64 la fugue est construite en deux parties de 46 mesures chacune - + une coda de 10 mesures (total de: 102 mesures). 46: (= 2 x 23. 23 = 12 + 11, l’Église et les disciples ; peut-être aussi le psaume 23: Le seigneur est mon berger, je ne manquerai de rien)
Le premier sujet comporte 7 notes et, ensemble avec le contre sujet, représente 49 notes (7 X 7 = 49).
[Die Zahl im Kantatenwerk]: page 102: La somme numérique du texte égale 444. Le soprano chante 445 notes et l’alto 430. La somme des deux parties de la fugue donne 46 + 46, soit 92 pour « Christen »
HEKKERS: «…Le chœur initial a, en commun avec celui de la cantate BWV 121, l’austérité d’un contrepoint rigoureux. Il se présente comme une vaste fugue au cours de laquelle deux mots sont particulièrement mis en valeur. Il y a d’abord l’exclamation « Sehet » énoncée solennellement au début par les quatre voix ; elle constitue la tête du sujet de fugue et attire l’attention sur chaque entrée de celui-ci. Les quatre premières entrées fuguées s’échelonnent de l’aigu au grave (SATB). Cette ordonnance symbolise peut-être la descente de Dieu sur terre. Ensuite c’est « erzeiget » qui est mis en valeur. Largement vocalisé en croches régulières, il constitue la fin du sujet et set de contresujet ».
LEMAÎTRE: «…Motet fugué dans le style ancien avec basse continue dans lequel les instruments doublent les voix…»
NYS, Carl de [Erato, volume 11]: «…e choix de la forme pour le premier mouvement est probablement symbolique : la citation de la première lettre de Jean (III, 1) qui est mise en œuvre dans le premier chœur évoque l’amour de Dieu, cet amour qui est à l’origine de tout ce qui existe. Bach choisit donc volontairement une forme musicale archaïque, évoquant le passé, voire les origines de la musique : celle du motet médiéval avec instruments doublant les voix (clarino et 3 trombones) ; une véritable basse continue ne se détache qu’occasionnellement de cette structure qui souligne par ailleurs le mouvement indicatif du premier mot Sehet (voyez) ».
PIRRO [L’esthétique de Jean-Sébastien Bach - L’orchestration, pages 241]: «…Les chœurs de quelques cantates sont accompagnés de plusieurs parties de trombones (4 dans les BWV 38, 2), (3 dans les BWV 68, 121, 101, 4). Il est à remarquer que la plupart des chœurs ainsi accompagnés sont écrits en forme de motets ».
[La traduction du texte Pages 264-265]: « Par la coupe seule des phrases musicales, Bach arrive à marquer fortement les mots qu’ils jugent important. Il lui suffit de les séparer des autres mots du texte, pour qu’ils éclatent avec plus d’énergie. C’est encore un procédé de la déclamation parlée. Il s’en sert volontiers pour donner de la vigueur aux injonctions formulées par le chœur. Ainsi, au début du premier chœur [de BWV 64], les quatre voix disent, en deux grands accords, le mot « voyez », après quoi, le soprano seul continue le thème figuré que les autres parties énonceront successivement, suivant le procédé commun. Le même mot est exprimé de même dans le premier chœur de la Matthäus-Passion… Renvoi BG 16, page 113 ».
[J.-S. Bach, page 116]: « Une troisième cantate est plus recueillie dans l’action de grâce. Le choeur énonce, dans une calme fugue, les paroles de gratitude: « Voyez, le Père nous a témoigné un tel amour que nous nous appelons ses enfants »
SCHWEITZER [J. S. Bach, volume 2, page 154]: « La cantate […] BWV 64 fut probablement prévue pour le troisième jour de la fête de Noël. Le premier chœur consiste en une superbe et stricte fugue, les instruments n’ont pas de parties indépendantes mais doublent les voix. C’est comme un motet archaïque qui nous laisse le regret que Bach n’ait pas écrit plus de chœurs de cette sorte [ ?] »
WOLFF: «…En réponse au texte biblique, le chœur d’entrée est écrit à la manière d’un motet, sans parties orchestrales autonomes ». |
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2] CHORAL. BWV 64/2 |
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DAS HAT ER ALLES UNS GETAN, / SEIN GROß LIEB ZU ZEIGEN AN. / DES FREU SICH ALLE CHRISTENHEIT / UND DANK IHM DES IN EWIGKEIT. / KYRIELEIS !
Par tout ce qu’il a fait pour nous, / Il a prouvé l’étendue de Son amour. / Que tous les Chrétiens s’en réjouissent / Et lui restent reconnaissants pour l’éternité. / Kyrieleis !
- Luther (Wittenberg, 1524). 7e strophe (de cinq lignes chacune) et dernière strophe du cantique (de Noël) et mélGelobet seist du, Jesu Christ.
Sol majeur (G), 10 mesures, C.
BG Jg. XVI. Pages 118 - 119. Choral. Mélodie « Gelobet seist du, Jesu Christ ». Soprano. (Violino I. Cornetto col Soprano.) / Alto. (Violino II. Trombone II. Coll’ Alto.) / Tenore. (Viola e Trombone II. Col Tenore.) / Basso. / Trombone III. Organo e Continuo.
NEUMANN. Simple choral harmonisé avec la même instrumentation que [1]
SCHMIEDER. Reproduction de la partition BG.
BASSO [Jean-Sébastien Bach, volume 2, page 271 et note 10, page 833]: «…Transfert (parodie) du choral 64/2 vers BWV 91/6 (texte et mélodie identiques) ».
BOYER [Les Cantates sacrées de Jean-Sébastien Bach, pages 183-184]: « Choral harmonisé avec mélodie de choral [MDC) 036 de type I ».
[Les Mélodies de chorals dans les cantates de Jean-Sébastien Bach, pages 174-175]: «…Le choral est une réplique au chœur initial, citation textuelle de Jean 3, 1.. Comme une litanie et dans un climat assez archaïque, l’assemblée des fidèle peut répondre par la strophe du cantique… L’élanoration de ce choral est de type harmonisé I avec instruments colla parte ».
CHAILLEY: Orgelbüchlein (n°6), BWV 604. Recueil Kirnberger (BWV 697). Chorals BWV 722, 723.
FINSCHER: «…Le choral de Noël qui suit [1] offre lui aussi, en raison de sa version mélodique exempte d’ornements et de la simplicité de son harmonisation, un trait de rigueur archaïque qui apparaît de manière particulièrement évidente si on le compare au morceau correspondant de l’Oratorio de Noël ».
NYS, Carl de [Erato, volume 11]: «…Le premier choral de cette cantate qui en comporte trois qui n’est séparé du choral suivant que par un récitatif d’alto ».
SCHMIEDER: «…Variantes des chorals [2] et [4] dans BG XVI, pages 371 et 372…»
SCHNEIDER: «…Choral de l’Enchiridion de 1524. Au sortir de ces accents graves, mystiques (cantique Aus tiefer not), les chorals de Noël de Luther font le contraste le plus frappant. A commencer par Gelobet seist du Jesu Christ, ce bijou que connaissent bien les organistes familiarisés avec l’œuvre de J.-S. Bach (Peters V, n° 17) [+ Ex. musical]. Cantilène populaire de la meilleure veine et concision rare. Quatre petites phrases, le kyrieleys - et c’est tout. Un départ charmant, anacrousique ; une démarche aisée, sûre, le vrai chant de Noël pour les petits et les grands ».
WHITTAKER: «…Dans BG XVI, une variante de l’harmonisation de ce choral servant également de conclusion à BWV 91, avec une mélodie enrichie par les hautbois et le violon 1, les parties inférieures pouvant être doublées de façon habituelle ». |
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3] REZITATIV ALT. BWV 64/3 |
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GEH, WELT ! BEHALTE NUR DAS DEINE, / ICH WILL UND MAG NICHTS VON DIR HABEN, / DER HIMMEL IST NUN MEINE / AN DIESEM SOLL SICH MEINE SEELE LABEN. / DEIN GOLD IST EIN VERGÄNGLICH GUT, / DEIN REICHTUM IST GEBORGET, / WER DIES BESITZT, DER IST GAR SCHLECHT VERSORGET. / DRUM SAG ICH MIT GETROSTEM MUT:
Laisse-moi, toi la Terre ! Et garde donc pour toi tes biens, / Je n’en veux pas, je ne veux rien recevoir de toi, / C’est le Ciel qui m’appartient désormais, / Et Lui réconfortera mon âme. / Ton or est une chose périssable, / Et tes richesses sont enfouies, / Mais celui qui les possède, qu’il est mal pourvu / Et c’est pourquoi je me dis sans hésiter:
Ut majeur (C) → Ré majeur (D), 13 mesures, C.
BG Jg. XVI. Page 119. Recitativo. Alto. / Organo e Continuo.
NEUMANN. Accompagnato
SCHMIEDER. Reproduction de la partition BG.
BOMBA: «…Le récitatif commence par une gamme ascendante en continuo - le texte parle du renoncement à ce qu’apporte le monde et de la richesse céleste vers laquelle il faut se tourner. Ces pensées seront alors, à nouveau, renforcées et généralisées dans un choral [4] ».
BOYER [Les Cantates sacrées de Jean-Sébastien Bach, pages 183-184]: « Récit accompagné »
CANTAGREL (pages 539-543): «…Le « Gute Nacht » dans l’œuvre de Bach. Ainsi le « Bonne nuit, ô monde » prend-il une signification multiple…Éloquent, le récitatif, sur les violentes fusées du continuo et ses intervalles ascendants de septième, « Geh’ Welt ! ». Et le martèlement de la basse dans le choral suivant [4], et dans l’air de ténor…»
FINSCHER: «…Le récitatif dont le cri de mépris « Geh, Welt ! » se traduit dans des intervalles gestuels du continuo ».
GARDINER: «…Le mouvement le plus dramatique présentant au continuo de vigoureuses gammes ascendantes et descendantes…»
HALBREICH: «…Récitatif avec son saut initial étonnant de septième majeure ascendante ».
[ ?] : Gamme continuelle de la basse continue soulignant les paroles de l’alto. Page imagée et très représentative]
NYS, Carl de [Erato, volume 11]: « Le caractère de gavotte de la première aria signifie sans doute aussi bien le caractère « mondain » que la joie de l’âme de s’en détourner « »
PIRRO [L’Esthétique de Jean-Sébastien Bach - La traduction du texte, page 266]: «…Manière de mettre en valeur certains mots est dans la tradition du récitatif allemand… par ce moyen, Bach appuie sur les premiers mots de cette phrase, en séparant le sujet du verbe : « Ton or…, est un bien périssable ». Renvois à BWV 92, 157, 47 - Les formes, page 290: « Dans la cantate, la basse ne joue pas autre chose que deux gammes montantes, formées de doubles croches, et Bach donne par ce moyen une image qui s’accorde avec ce texte : « Va, monde, garde ce qui t’appartient, je ne veux et je ne puis rien recevoir de toi ». BG 16, page 119 ».
[J.-S. Bach, page 116]: « Aux louanges de la bénédiction divine se mêlent des imprécations adressées au monde, dont les richesses ne durent point. Des gammes de la basse continue représentent, dans le récitatif d’alto, cette instabilité des biens de la terre ».
SCHWEITZER: Le motif de la démarche (Schrittmotive). « Le récitatif (à la basse) est illustré par un motif rappelant note pour note celui qui, dans la Passion selon St. Matthieu souligne le départ du Seigneur et des disciples pour le mont des Oliviers [+ ex. musical]. Renvoi à BWV 159, 166, 144/1 » |
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4] CHORAL. BWV 64/4 |
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WAS FRAG ICH NACH DER WELT / UND ALLEN IHREN SCHÄTZEN, / WENN ICH MICH NUR AN DIR, / MEIN JESU, KANN ERGÖTZEN ! / DICH HAB ICH EINZIG MIR / ZUR WOLLUST VORGESTELLT: / DU, DU BIST MEINE LUST ; / WAS FRAG ICH NACH DER WELT !
Que m’importent le monde / Et tous ses trésors / Puisque en Toi seul, Jésus, / Je puis mettre toute ma réjouissance ! / C’est Toi et Toi seul que j’ai choisi / Pour me donner la volupté : / C’est Toi, oui Toi, qui est ma joie ; / Que m’importe le monde !
Ré majeur (D), 16 mesures, C.
BG Jg. XVI. Pages 120 Choral. Mélodie « O Gott, du frommer Gott). Soprano. (Violino I. Cornetto col Soprano) / Alto. (Violino II. Trombone II. Coll’ Alto). / Tenore. (Viola e Trombone II. Col Tenore.) / Basso. (Trombone III. Col Basso.) / Organo e Continuo.
NEUMANN. Instrumentation comme [1]. Variantes in BG 16, page 372 et BWV 94/8
SCHMIEDER. Reproduction de la partition BG.
BASSO [Jean-Sébastien Bach, volume 2, pages 271 et note 10 pages 833-834]: transfert (parodie) du choral 64/4 vers BWV 94/8 (texte et mélodie identiques).
BOYER [Les Cantates sacrées de Jean-Sébastien Bach, pages 183-184]: «…Choral harmonisé. Mélodie de choral (MDC) 083 de type I ».
[Les Mélodies de chorals dans les cantates de Jean-Sébastien Bach, page 284]: «…En ce qui concerne l’élaboration, la mélodie se voit l’objet d’un soin particulier, l’orgue et le continuo sont dotés d’un dessin mélodique continu en croches (partie indépendante). La figuration rapide de ces croches souligne le caractère même de cette strophe. .. mélodies de choral plus souvent simplement harmonisées que richement élaborées ». Renvois à BWV 45/7, 94/1, 3, 5, 8, 128/5, 129/1 et 5 ».
CHAILLEY: «…Renvoi à BWV 767 ».
FINSCHER: «...La basse courante semble souligner la décision énergique de dire adieu au monde ».
HEKKERS: «…Les idées développées dans les chorals [4 et 8] ne manquent pas de surprendre dans une cantate de Noël. La strophe initiale du choral « Was frag ich nach der Welt »… affiche le mépris du chrétien pour le monde et ses trésors…» |
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5] ARIE SOPRAN. BWV 64/5 |
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WAS DIE WELT / IN SICH HÄLT, / MUß ALS WIE EIN RAUCH VERGEHEN. / ABER WAS MIR JESUS GIBT, / UND WAS MEINE SEELE LIEBT, / BLEIBET FEST UND EWIG STEHEN.
Ce que la Terre / Renferme / En fumée s’en ira. / Mais ce que me donne Jésus, / Et ce qu’aime mon âme, / Demeurera pour l’éternité.
Si mineur (h), 142 mesures, C.
BG Jg. XVI. Pages 121 – 127. Violino I. / Violino II. / Viola. / Soprano. / Organo e Continuo.
NEUMANN: Forme « trio », cordes, Sopran, B.c. Caractère de danse « gavotte ». Da-capo-Form.
SCHMIEDER. Reproduction de la partition BG.
BASSO [Jean-Sébastien Bach, volume 2, page 273]: «…Rythme de danse, ici la gavotte, comme dans BWV 130/5, 176/3, 184/6, 194/5
[Volume 2, page 314]: «…Au caractère archaïque de [1], Bach n’hésite pas à opposer une aria pour soprano jouant à fond la carte de la modernité, du goût à la mode, en lui assignant, de façon tout à fait caractéristique, un mouvement de gavotte… »
BOMBA: «…C’est ainsi que le moment est arrivé une fois de plus de la question de la cohabitation et de l’affrontement entre l’être céleste et l’être terrestre. L’air [5] accentue ceci dès son introduction. L’aspect dansant (gavotte) et le motif du continuo tournant en rond (et plus tard celui des violons) pourraient être une illustration du terrestre, le mouvement ascendant dans les violons pourrait continuer le raisonnement du récitatif n° 3. La partie médiane qui parles des dons de Jésus, marque une nette retenue dans l’emploi de tels moyens et accentue au contraire la persistance éternelle de ces dons par des tons tenus ».
CANTAGREL: «…Les motifs des soupirs, les volutes du premier violon ».
FINSCHER: «…L’air reflète les idées foncières du texte sur plusieurs plans: par la tonalité de si mineur, qui se réfère au mi mineur des mouvements extrêmes (tous les autres mouvements de la cantate sont en majeur), par le rythme de gavotte censé suggérer le « monde » et par les figures de doubles croches du premier violon, qui illustrent la « dissolution en fumée » de tout ce que renferme le monde ».
GARDINER: «…préparant l’entrée en scène du soprano, les cordes attaquent une gavotte raffinée et assez stylisée. Mais dès la troisième mesure, le violon solo en assouplit le côté formel et guindé au moyen de figurations aériennes rappelant les passages en gammes du récitatif d’alto… »
HARNONCOURT [Remarques sur l’exécution, vol. 16]: «…Dans le cas de l’air n°5, on a refait toute l’articulation, car on ne possède pas d’indications authentiques de Bach et la voix originale est &émaillée d’indications ultérieurement apportées par Zelter (au XIXe siècle). Dans cet air, les passages abondant en figurations du 1er violon ont été joués par le violon solo ([Teldec]. Nous sommes d’avis qu’il s’agit ici d’une pratique allant de soi, se rencontrant parfois aussi pour les parties vocales dans les chœurs, tantôt expressément mentionnée, tantôt omise. Si l’on songe que Bach écrivait ses cantates pour son propre et unique usage, donc qu’il était présent lors de chaque exécution et pouvait facilement expliciter ses intentions durant l’exécution elle-même, on comprendra que ce type de notation ne présente absolument rien d’insolite…»
HIRSCH [Die Zahl im Kantatenwerk]: page 102: «…la somme numérique du texte Was die Welt in sich hält, donne 289 et le soprano chante 289 notes. Structure du mouvement (mesures) (8)-16 (4)-14-(8) // 14-(4)-14-10. Da capo ».
NYS, Carl de [Erato, volume 11]: « L’aria exprime la tranquille confiance par le passage de si mineur en sol majeur et le hautbois d’amour a de toute évidence un rôle symbolique par rapport au texte chanté…»
PIRRO [J.-S. Bach, pages 116-117]: «…Les violons décrivent par des traits flottants, par des motifs formés de volutes qui alternent avec d’amples tourbillons, les nuages mouvants de la fumée, auxquels le texte compare les bonheurs d’ici-bas ».
WHITTAKER [Volume 1, page 576]: « figurations classiques sur les mots « vergehen », « fest » et « stehen ». |
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6] REZITATIV BAß. BWV 64/6 |
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DER HIMMEL BLEIBET MIR GEWIß, / UND DEN BESITZ IST SCHON IM GLAUBEN. / DER TOD, DIE WELT UND DIE SÜNDE, / JA SELBST DAS GANZE HÖLLENHEER / KANN MIR, ALS EINEM GOTTESKINDE, / DENSELBEN NUN UND NIMMERMEHR / AUS MEI NER SEELE RAUBEN. / NUR DIES, NUR EINZIG DIES MACHT MIR NOCH KÜMMERNIS, / DAß ICH NOCH LÄNGER SOLL AUF DIESER WELT VERWEILEN: / DENN JESUS WILL DEN HIMMEL MIT MIR TEILEN, / UND DARZU HAT ER MICH ERKOREN, / DESWEGEN IST DER MENSCH GEBOREN.
Le Ciel va me rester, c’est sûr, / Je le possède déjà dans la foi. / La mort, la terre et le péché / Peuvent bien s’assembler, / Oui, toute l’armée des enfers peut se déchaîner, / Ils ne pourront plus jamais / L’extirper de mon âme. / Un seul souci me ronge encore : / Qu’il me faille encore séjourner sur cette terre ; / Car Jésus veut partager le Ciel avec moi, / Et c’est pourquoi Il m’a choisi, / C’est ainsi qu’est né l’homme.
Sol majeur → sol majeur, 16 mesures, C
BG Jg. XVI. Page 128. Recitativo. Basso. Organo e Continuo.
NEUMANN. Récitatif « secco »
SCHMIEDER. Reproduction de la partition BG.
PIRRO [L’Esthétique de Jean-Sébastien Bach - Direction des motifs, page 25]: «…Traits ascendants sur les mots ou l’idée de hauteur -ici « ciel ». [+ Exemple musical, BG XVI, page 128]. |
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7] ARIE ALT. BWV 64/7 |
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VON DER WELT VERLANG ICH NICHTS, / WENN ICH NUR DEN HIMMEL ERBE. / ALLES, ALLES GEB ICH HIN, / WEIL ICH GNUG [Neumann: Ost. « gnug »] VERSICHERT BIN, / DAß ICH EWIG NICHT VERDERBE.
Je ne réclame rien du monde / Pourvu que j’hérite du Ciel. / Je veux bien tout céder / Parce que je sais suffisamment / Que je subsisterai pour l’éternité.
Sol majeur (G), 120 mesures, 6/8
BG Jg. XVI. Pages 128 - 131. Oboe d’amore. Alto. / Organo e Continuo.
NEUMANN. Forme « trio ». Oboe d’amore « obligé », Alt., B.c. Da-capo-Form.
SCHMIEDER. Reproduction de la partition BG.
BASSO [Jean-Sébastien Bach, volume 2, page 314]: «…Climat pastoral animant cette aria avec hautbois d’amour ».
BOMBA: «…Cet aria paraît plus intériorisé [par rapport à 5] et en même temps plus confiant, avec sa mesure berçante à 6/8 et l’arrivée à une tonalité majeure. Le ton doux et subjectif du oboe d’amore concerte avec la même voix que celle qui, déjà au récitatif n° 3 exige le renoncement du monde et qui, pour ainsi dire, se confirme elle-même. Comme dans le motet déjà cité (BWV 227), Bach insiste sur le mot « nicht ».
FINSCHER: «…Le dernier air élève davantage son regard vers le ciel qu’il ne l’abaisse sur la terre ; conformément à sa teneur, il est musicalement caractérisé par des couleurs plus claires (tonalité de sol majeur, mesure à 6/8, hautbois d’amour) ».
HALBREICH: «…Air d’alto bien longuet…»
PIRRO [L’esthétique de Jean-Sébastien Bach - L’orchestration, pages 235]: «…L’oboe d’amore était un instrument nouvellement en usage, quand Bach l’adopta dans son orchestre. Il a été connu « environ en 1720 », dit Ph. Eisel (1738) dans son « Musicus autodidactus ». Il était plus doux que le hautbois ordinaire, et descendait une tierce plus bas, jusqu’au la » - Renvoi à BWV 163, 75, 76157,36, 49, etc. [BG 16, page 128]. |
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8] CHORAL. BWV 64/8 |
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GUTE NACHT, O WESEN, / DAS DIE WELT ERLESEN ! / MIR GEFÄLLST DU NICHT. / GUTE NACHT, IHR SÜNDEN, / BLEIBET WEIT DAHINTEN, / KOMMT NICHT MEHR ANS LICHT ! / GUTE NACHT, DU STOLZ UND PRACHT ! / DIR SEI GANZ, DU [Wustmann: O] LASTERLEBEN, / GUTE NACHT GEGEBEN !
Bonne nuit, toi l’être / Qui a choisi le monde ! / Moi, tu ne me plais pas. / Bonne nuit, vous les péchés, / Et restez loin derrière, / Ne paraissez plus à la lumière ! / Bonne nuit, toi l’orgueil et toi le luxe ! / Oui toi, la vie de dépravation, / Je te souhaite une bonne nuit au plus profond de tes ténèbres.
- Strophe 5 du cantique Jesu, meine Freude de Johann Franck (1650). Mélodie attribuée à Johann Crüger (1653). EKG 293
Mi mineur, 19 mesures, C.
BG Jg. XVI. Page 132. Soprano. (Violino I. Cornetto col Soprano). / Alto. (Violino II. Trombone I. coll’ Alto.) / Tenore. (Viola e Trombone II. Col Tenore.) / Basso. (Trombone III. Col Basso.) /Organo e Continuo.
NEUMANN: Simple choral harmonisé. Instrumentation comme [1]
SCHMIEDER. Reproduction de la partition BG.
BASSO [Jean-Sébastien Bach, volume 2, pages 314-315]: «…L’œuvre s’achève sur une note touchante, pleine de résonances galantes: cinquième strophe de Jesu, meine Seele, un adieu qui séduit le fidèle et le fait fondre d’émotion ».
BOMBA: «…La strophe choral « Bonne nuit, ô être » clôture la cantate -termes qui sont assez inattendus pour un fin de cantate de Noël. L’auditeur aujourd’hui connaît l’arrangement choral raffiné de Bach grâce au motet BWV 227 dont l’hypothèse présumant la date de création de ce motet à 1723 pourrait être à nouveau alimentée par l’établissement de ce parallèle… - Le choral final ne serait pas de Bach s’il renonçait à l’interprétation du texte par les moyens de l’harmonie et du contrepoint. Dans ce cas, Bach décrit l’abandon total de la vie de dépravation par un « diabolus in musica » (triton) dans le ténor. Et il pose une forte ombre sur l’ambiance de Noël par le chromatisme sur les vers finaux. Aujourd’hui encore, le fait que l’amour de Dieu se montre, en fin de compte, par l’adieu au monde, alors qu’il s’agit à ce moment de Noël de fêter précisément la naissance de Jésus dans ce monde, offre matière à réflexion aux auditeurs et amateurs de musique ».
BOYER [Les Cantates sacrées de Jean-Sébastien Bach, pages 183-184]: «…Choral harmonisé. Mélodie (MDC) 059 de type I ».
[Les Mélodies de chorals dans les cantates de Jean-Sébastien Bach, page 227]: «…En conclusion de cette œuvre méditative [BWV 64] avec les deux pauses chorales en n°2 et n°4, la cantate s’achève par la MDC « Jesu, meine Freude » harmonisée avec instruments colla parte. On décèle une impression de m élancolie caractéristique de l’incipit en pentacorde descendant (et propre également à la tonalité mineur, ici mi mineur). Les paroles qui y sont accolées laissant planer un climat d’abandon assez en retrait avec la joie primitive de Noël ».
CANTAGREL (pages 539-543): «…Le « Gute nacht » dans l’œuvre de Bach. Ainsi le « Bonne nuit, ô monde » prend-il une signification multiple (renvois à saint Matthieu, BWV 82, 27. On va retrouver ce Gute Nacht là où on l’attend le moins, le premier Noël passé à Leipzig… laissant de côté la fête de la crèche, son imagerie naïve et la liesse populaire, Bach médite sur cette venue du Rédempteur qui a rendues vaines les choses d’ici-bas. Puissante articulation sur des chorals, style volontiers archaïque -cornet et trombones doublant les parties vocales dans le grand motet introductif [1], tonalité principale de mi mineur, comme le chœur initial de la Passion selon saint Matthieu, tout concourt ici à un climat de gravité en apparence hors de propos. C’est que le mystère de l’Incarnation induit chez le chrétien toute une attitude à l’égard de la vie humaine, et de la mort…»
CHAILLEY: «…Renvoi à BWV 610, 713, 753, Anh. 58, 59, 76 ».
FINSCHER: «…L’œuvre s’achève sur la strophe finale de « Jesus, meine Freude » dans une harmonisation d’abord toute simple, mais présentant ensuite des couleurs plus riches, plus lumineusement suggestives, notamment dans le dernier verset ».
HALBREICH: « Très belle et expressive harmonisation du célèbre Jesu meine Freude ».
HEKKERS: «…l’adieu au monde est chanté dans la cinquième strophe du célèbre « Jesu meine Freude ». Ce mépris des choses d’ici bas, ce désir de la mort s’expliquent par les textes des récitatifs et des airs proclamant qu’un enfant de Dieu n’a plus à se soucier des choses de cette vie, puisque lui est promise la vie éternelle ».
[Renvoi aux cantates BWV 27/5, 82/4 et 159/4 sur « Welt, gute Nacht »] |
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BIBLIOGRAPHIE BWV 64 |
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BACH CANTATAS WEBSITE (BCW):
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CROUCH, Simon, Notice, 1996, 1998
ORON, Aryeh. Discussions: 1] 24 décembre 2000 – 2] 19 mars 2006 3] prévision, 24 mai 2009
Textes des chorals : Gelobet seist du, Jesu Christ
:Was frag ich nach der Welt
: Jesu, meine Freude
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Vol. 2 (1985): pages 253, 255, 268, 273, 279, 313, 314-315, 398, 412, 608, 833, 834, 853
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BREITKOPF. Recueils
Breitkopf n° 10 : 371 Vierstimmige Choragesänge. C. Ph. E. Bach – KJ. Ph. Kirnberger (sans date).
[2]: B n° 51, 53, 160, 287
[4] B n° 83, 84, 311
[8] B n° 96, 138, 263, 283, 323, 355
Breitkopf n° 3765 : 389 Choralgesänge für vierstimmigen gemischten Chor (sans date).
[2]Classement alphabétique. C 107-108-109
[4] C 278 (277-281)
[8] C 195 à 201
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69] Bach in Köthen, Berlin 1951.Kantaten BWV 22, 23, 32, 63, 64, 66, 66a, 120, 134, 134a, 145, 173, 173a, 184, 184a, 190, 193, 193a, 202, 244a, 249a, IX, XII, XIII
SPITTA, Philipp: Johann Sebastian Bach. Sous-titré: « His work and influence on the Music of Germany 1685-1750 » Novello & Cy 1889 - Dover 1951-1952. Trois volumes. Tome II, pages 385-386, 681 (filigrane), 685
SCHWEITZER, Albert: J.- S. Bach "Le musicien-poète". Foestich 1967, 8e édition. Pages 153 (chrono) et 240 [3]
: J. S. Bach. Édition allemande complète, en deux volumes. 1911.
Édition américaine (traduction de E. Neumann). Dover Publications, inc. New York. 1911-1966. Volume 2, pages 87, 154, 461, 465
WHITTAKER, W. Gillies: The Cantatas of Johann Sebastian Bach. Sacred & Secular Oxford U.P. 1959-1985. Tome I, pages 236, 434, 566, 574-579. Tome II, page 391 [II]
WIJNEN, Dingeman van: Notice accompagnant le CD/ Leusink, Volume IV/24, page 25)
WOLFF, Christoph: Notice de l’enregistrement de Ton Koopman
WUSTMANN, Rudolf: J.S. Bachs geistliche und weltliche Kantatentexte. Breitkopf & Härtel, 1913-1967. Pages 22-23
ZWANG, Philippe et Gérard: Guide pratique des cantates de Bach. R. Laffont 1982. ZK 54, pages 120-121
Réédition révisée et augmentée. L’Harmattan 2005 |
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DISCOGRAPHIE BWV 64 |
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Les numéros 1] et suivants indiquent la chronologie discographique établie par Aryeh Oron (BCW)
DURÉE: Ehmann (24’25). Gardiner (18’12 et 17’39). Harnoncourt (20’12). Koopman (17’45). Leusink (20’35). Neumann (24’). Richter (20’14).Rilling (20’49). Suzuki (17’24). Tubéry (21’17)
BACH CANTATAS WEBSITE: Discographie établie par Aryeh Oron et complétée, pour autant qu’il ait été possible, par [CR 2/2009]
10 références (décembre 2000 - octobre 2007) + 6 mouvements individuels (décembre 2000 - août 2006)]
Exemples musicaux proposés par Aryeh Oron (février 2003 – janvier 2005)
1] EHMANN, Wilhelm. Westfälische Kantorei. Deutsche Bachsolisten. Maria Friesenhausen. 1969
Disque Cantate 651213 et disque Vanguard
Reprises SDG 610103. Avec la cantate BWV 36
6] GARDINER. Monteverdi Choir. English Baroque Soloists. Londres. Janvier - décembre 1998
1er enregistrement CD Archiv-Produktion
9] GARDINER [Vol. 15]. 2e enregistrement. Monteverdi Choir. English Baroque Soloists. Bach Cantata Pilgrimage
St. Bartholomew’s New York. Décembre 2000
CD. SDG 127. (F = 12/2006). Avec les cantates BWV 151, 57, 133
3] HARNONCOURT. Tölzer Knabenchor. Concentus Musicus Wien. Peter Jelosits. 3e référence discographique. 1976.
Disque Teldec Das Kantatenwerk [Vol. 16]. 6.35306-00-501-503 (SKW 16/1-2 BR 2)
CD (D). Teldec 4509-91758-2. Das Kantatenwerk - Sacred Cantatas, Vol. 4 (D). 1976
CD. Teldec Das Kantatenwerk 8.35306 ZL [Vol. 16]. 1988.
Reprises CD Teldec. Edition Bach 2000 (en coffret) et Intégrale Warner Classics 8573-81195-5 (volume 20). 2006
5] KOOPMAN [Vol. 8]. Amsterdam Baroque Orchestra & Choir. Mars 1998
CD Erato 3984 - 25482-2 puis Antoine Marchand. Avec les cantates BWV 40, 46, 167
8] LEUSINK. Holland Boys Choir. Netherlands Bach Collegium. Juin-Juillet 2000
CD Brilliant Classics. Bach Edition [Vol. 20 – Cantatas Vol.11]
Reprise CD Brilliant Classics. Bach Edition 2006. 93102/100 - IV-24. Avec les cantates BWV 134 et 105
2] RICHTER. Münchener Bach-Chor. Münchener Bach-Orchester. Edith Mathis. Juin-juillet 1970 - avril 1972
Disque Archiv Produktion 2722 005 (juin - juillet 1971). Bach Cantatas [Vol. 1]. 1 Advent and Christmas.
Coffret (6 disques). Enregistrements, novembre. (F = octobre 1972)
Reprise en coffret Archiv Produktion 30 2722 018. [Vol. III]. Coffret de 11 disques
CD Archiv Produktion Vol. I/2 439 371-2. Avec BWV 121, 28, 171
4] RILLING. Gächinger Kantorei. Bach-Collegium Stuttgart. Enregistré en septembre 1977 ; janvier 1978 et avril 1981 [section 5]
Disque (D). Die Bach Kantate. Hänssler Verlag. Classic. Laudate 98699. Avec la cantate BWV 190
Disque (F). Erato Les grandes cantates, STU 71377 [Vol. 11]. Coffret, 3 disques. 1982. Avec BWV 136 et 190
CD. Die Bach Kantate [Vol. 63]. Hänssler Classic. Laudate 98825. 1982. Avec les cantates BWV 57, 151
CD. Hänssler edition bachakademie [Vol. 20]. Hänssler-Verlag 92.020. 1999
7] SUZUKI [Vol. 13]. Bach Collegium Japan & Concerto Palatino Brass Ensemble. Juin 1999
CD BIS CD - 1041 Digital. Avec les cantates BWV 25, 69a, 77, 50
10] TUBÉRY, Jean. Chœur de chambre de Namur. Les Agrémens. Namur 2 au 4 décembre 2006. Avec les cantates BWV 133 et 121
CD Ricercar RIC 257. 2007
MOUVEMENTS INDIVIDUELS BWV 64
M-1. Mvt. 2]. Rilling. Figuralchor der Gedächtniskirche Stuttgart. Orgelbüchlein BWV 604.
Disque Cantate, mai 1963 - mars 1965 puis CD Cantate C 57607. 1994
M-2. Mvt. 2]. Herman Kreutz. Bach Gütersloh. Disque Cantate puis CD. Juin 1968
M-3. Mvts. 1 et 8]. Karl Richter. Ansbach Bach Festival Choir & Orchestra. Baroque Music Club. Début des années 1970. Disque puis CD
M-4. Mvt. 4]. Don Smithers. Clarion Consort. Disque Philips 1976
M-5 et M-6.Mvts. 8 et 4 et 2]. Nicol Matt. Nordic Chamber Choir. Freiburger Barockorchester.
CD Brilliant Classics / Bayer Records. Juin 1999. Vocal Works, Vol. II - Bach Edition Vol. 17 et 23.
Reprise [4] [2] CD Bach Edition 2006. Brilliant Classics 93102/134/135 -V 28/29. 2006
DISCOGRAPHIE ANCIENNE (Norbert Dufourcq, avant 1947):
[2] Le choral Gelobet seist du, Jesu Christ. A l’orgue de la cathédrale de Cologne, Hans Bachem. Disque Electrola ELE HE 458 et André Marchal à l’orgue de l’église Saint-Eustache, disque HMV C 2186.
[8] Le choral Jesu meine Freude. André Marchal à l’orgue de l’église Saint-Eustache, disque Victor 31. |
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ANNEXE BWV 64
Philipp Spitta |
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SPITTA, Philipp: Johann Sebastian Bach. Sous-titré: « His work and influence on the Music of Germany 1685-1750 ».
Tome II, pages 385-386
« Pour le troisième jour de Noël, nous avons une autre cantate [que BWV 40] probablement composée en cette année (1723) au début du séjour de Bach à Leipzig où elle fut exécutée. Elle offre à nouveau un grand contraste avec la musique conçue pour Noël que nous venons de décrire et qui a peu de rapport ici avec cette festivité, les compositions antérieures y ayant déjà supplée. Cette composition fait allusion très clairement à l’amour de Dieu, le Père des créatures humaines et le don qui leur est fait par l’incarnation de Jésus. Ceci donne ce ton de ferveur et de dévotion à l’ensemble de l’ouvrage. Comme dans la cantate « Dazu ist erchienen » (BWV 40) il y a un usage important de simples chorals, plus que dans toute autres œuvres de Bach… Trois chorals différents s’entendent dans le cours de la cantate, le premier qui est le dernier verset de Gelobet seist du Jesu Christ qui suit immédiatement le chœur d’introduction avec sa fugue solennelle sur les mots « Sehet, welch eine Liebe hat uns der Vater erzeiget, introduit par les voix accompagnées des cordes, des trompettes et d’un cornet.
L’effet de ce choral dépend dans une grande mesure de la façon dont il est chanté par l’assemblée avant la proclamation de l’Évangile qui est ainsi anticipée. Le deuxième choral est issu du premier verset du cantique Was frag ich nach der Welt qui suit immédiatement un récitatif d’alto dans lequel on remarque les figurations ondulantes de la basse continue évoquant « ce que la Terre renferme et qui s’en ira en fumée.. » C’est dans le même esprit que Bach a composé en paraphrasant le choral d’orgue Ach wie flüchtig, ach wie nichtig et qui sert aussi de chœur d’introduction basé sur ce même choral. Le dernier [8] formant la conclusion est constitué par la cinquième strophe du cantique Jesu meine Freude, qui est l’un de ceux préféré de Bach ».
Tome II, Note 19, page 681. La cantate figure en 33e position dans la liste des filigranes « IMK », principalement utilisés à l’époque de Leipzig (partition autographe).
Tome II, Note 26, page 685: Picander a écrit probablement le texte qui offre une certaine ressemblance avec un poème écrit par lui en 1729.
[NB: depuis, la musicologie a renoncé à cette hypothèse] |
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Contributed by Claude Role (February 2009) |
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