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C. Role. Mai  2011
CANTATE BWV 80
EIN FESTE BURG IST UNSER GOTT
C’est un rempart que notre Dieu…
REFORMATIONSFEST – Fête de la Réformation

Cantate pour la Fête de la Réformation Leipzig, 31 octobre 1724 ou après 1728-1731 Suivent les cantates BWV 80a et BWV 80b (mars1715 -1723…)   
AVERTISSEMENT

Cette notice dédiée à une cantate de Bach tend à rassembler des textes (essentiellement de langue française), des notes et des critiques discographiques parfois peu accessibles (2011). Le but est de donner à lire un ensemble cohérent d’informations et de proposer aux amateurs et mélomanes francophones un panorama « espéré » inédit de cette partie de l’œuvre vocale de Bach. Outre les quelques  interventions « CR » identifiées par des crochets [...] le rédacteur précise qu’il a toujours pris le soin jaloux de signaler sans ambiguïté le nom des auteurs sélectionnés. A cet effet il a indiqué clairement, entre guillemets «…» toutes les citations fragmentaires tirées de leurs travaux. Rendons à César...

ABRÉVIATIONS:
 
(A) = La majeur → (a moll) = la majeur
(B) = Si bémol majeur
BB / SPK = Bach Bibliothek / Staatsbibliothek Preussicher Kulturbesitz
B.c. = Basse continue ou continuo
BCW = Bach Cantatas Website
BD = Bach-Dokumente (4 volumes, 1975)
BGA = Bach-Gesellschaft Ausgabe = Édition par la Société Bach (Leipzig, 1851-1899). J. S. Bach Werke. Gesamtausgabe (édition d’ensemble) der Bachgesellschaft
BJ = Bach-Jahrbuch
(C) = Ut majeur (c moll) = ut mineur
D = Deutschland
(D) = Ré majeur (d moll) = ré mineur
(E) = Mi (Es) = mi bémol majeur
EKG = Evangelisches Kirchen-Gesangbuch.
(F) = Fa
(G) = Sol majeur (g moll) = sol mineur
GB = Grande-Bretagne = Angleterre
(H) = Si (h moll) = si mineur
NBA = Neue Bach Ausgabe (nouvelle publication de l’œuvre de Bach à partir des années 1954-1955)
NBG = Neue Bach Gesellschatf = Nouvelle société Bach (fondée en 1900)
OP = Original Partitur = Partition originale autographe
Ost. = Original Stimmen – Parties séparées originales
P = Partition = Partitur
PBJ = Petite Bible de Jérusalem
PKB = Preußicher Kulturbesitz, Staatsbibliothek, Berlin
St. = Parties séparées = Stimmen
La première lettre -en gras- d’un mot du texte de la cantate indique la majuscule de la langue allemande. Dans le corps de ce même texte allemand, le mot ou groupe de mots mis en italiques désignent un affect particulier ou un « accident remarquable.


DATATION BWV 80

  Leipzig, 31 octobre 1724. Cette cantate BWV 80 tire son origine, tout au moins en partie, de la cantate BWV 80a exécutée vraisemblablement à Weimar, le 24 mars 1715.
BASSO [Jean-Sébastien Bach, volume II, pages 362 et 363] : Pour la fête de la Réformation, qui tombait le mardi 31 octobre, on ne dispose d’aucun document permettant de savoir quelle cantate fut exécutée, mais on estime probable que Bach ait présenté la cantate BWV 80, transformation d’une cantate de l’époque de Weimar (BWV 80a), déjà l’année précédente (1723)… [note 9, page 838) : On a pu supposer que Bach avait utilisé la cantate BWV 163, mais des recherches récentes menées sur la base de deux fragments d’une cantate (BWV 80b), laquelle constituait peut-être l’adaptation de BWV 80a (écrite à Weimar), puis devenue l’œuvre que nous connaissons aujourd’hui (BWV 80, peut-être de 1724), porterait à penser que Bach, pour la fête du 31 octobre 1723, aurait fait jouer la Cantate BWV 80b (Alfred Dürr, Zur Chronologie der Leipziger Vokalwerke J. S. Bach, seconde édition augmentée, Bärenreiter, Kassel 1976, p. 2164, n° 6). Les deux fragments attestant l’existence de la Cantate BWV 80b se trouvent respectivement à Paris et à Leningrad: le premier concerne l’ouverture conçue comme un choral simple à quatre parties (et c’est là l’un des deux cas dans toute la production de Bach - l’autre se trouve dans le BWV 153 - choral dépourvu d’élaboration et placé en tête de cantate) alors que le second se rapporte à l’air de basse n° 2]. Originairement, l’œuvre avait été conçue pour le dimanche Oculi de 1715, mais cette fête se situant dans la période de Carême (3e dimanche), durant laquelle, - nous le savons - toute musica figuralis était proscrite à Leipzig, il ne restait à Bach, qui avait besoin de disposer d’un matériel musical approprié, d’autre choix que de réutiliser cette composition dans un contexte « analogique ». Le vieux texte de Salomon Franck - Alles, was von Gott geboren - s’inspirait de l’évangile de ce dimanche (Luc 11, 14 à 28) racontant la guérison d’un possédé ». [Jean-Sébastien Bach, volume 2, page 269] : «…Peut-être une exécution exceptionnellement en deux parties, avant et après le sermon. Renvoi à la cantate BWV 138 ».
BCW (résumé) : Cantate choral BWV 80a, pour la fête de la Réforme. Cantate composée en partie à Weimar pour le 3e dimanche de Carême (dimanche Oculi), 15 mars 1715. Cantate BWV 80b exécutée à Leipzig entre 1728 et 1731. La troisième, BWV 80 serait exécutée à Leipzig entre 1735 et 1740, une version révisée et augmentée à Leipzig procédant des cantates BWV 80a et 80b.
BLANKENBURG : « A propos de sa genèse [cantate BWV 80] fort compliquée, limitons-nous à dire que l’œuvre remonte à une cantate écrite à Weimar pour le 3e dimanche de Carême de l’année 1715 et qui, se présentant alors comme une cantate pour solistes, commençait âr le deuxième mouvement de la future cantate BWV 80 et, de plus, ne possédait pas encoure le chœur basé sur le choral « Und wen die Welt voll Teufel wär - Même si le monde était rempli de diables ». Du temps de Bach, le cantique luthérien « Ein feste Burg » qui n’était pas encore spécialement lié à la fête de la Réformation, avait été jusque là principalement rattaché au premier dimanche de Carême….. Quant à savoir comment la cantate put bien commencer lors de l’exécution du 31 octobre 1724, puisque l’imposant chœur d’ouverture ne fut ajouté qu’ultérieurement, c’est là une question qui n’est certes pas élucidée, car vers cette époque ce jour faisait purement partie à Leipzig des fêtes officiellement reconnues et pourvues d’une musique conforme au culte du jour…» BRAATZ [BCW. Discussions, 8 juin 2003]. Voir ci-après à “Vignal”.
CANTAGREL [Les cantates de J.-S. Bach.] : « La situation historique de cette cantate est particulièrement embrouillée… Si l’original de la musique de la cantate BWV 80a est aujourd’hui perdu, on pense que Bach a pu la reprendre dès 1723, à Leipzig, pour constituer une cantate elle aussi en grande partie perdue « Ein’ feste Burg ist unser Gott », BWV 80b. De la nouvelle cantate homonyme exécutée en 1724, on ne possède pas davantage de partition autographes, mais plusieurs copies anciennes…»
DÜRR. Chronologie BWV 80a. BWV 61 (2 décembre 1714) – BWV 152 (30 décembre 1714) - *BWV 80a (24 mars 1715) – BWV 31 –21 avril 1715) – BWV 165 (16 juin 1715).
BWV 80 (reprise 1724) : BWV 180 (22 octobre 1724) – BWV 38 (29 octobre) – *BWV 80 (31 octobre – Fête de la Réformation) – BWV 115 (5 novembre) – BWV 139 (12 novembre).
HERZ : Page 11 (BWV 80a, sous le titre Alles was von Gott geboren le 24 mars 1715) Page 25 (BWV 80) : 31 octobre 1724 . Ancienne date 1730 ou 1739. HIRSCH : Classement CN 19 (Die chronologisch Nummer = numérotation chronologique). BWV 80a (24 mars 1715 et 80 vers 1732.
HOFMANN : «…Quant au moment où la cantate a pris sa forme finale, on ne peut qu’affirmer que cela ne date pas d’avant le genèse de la version originale de Leipzig (donc pas avant 1728) ni d’après le milieu des années 1740, c’est à dire l’époque de la plus ancienne source qui nous soit parvenue : une copie de la main de l’élève et gendre de Bach, Johann Christoph Altnickol (171-1759)…» La cantate BWV 80…en plus de sa genèse compliquée a une postérité tout aussi particulière : Wilhelm Friedemann Bach (1710-1784)… a, durant son service en tant qu’organiste à Halle (de 1746 à 1764) arrangé les deux grands mouvements choraux de cette cantate., le premier chœur et le cinquième mouvement, à l’occasion d’une représentation en tant que musique de la Réformation et leur a ajouté des trompettes et des timbales…» NYS, Carl de : «…Probablement de 1724 et la fête de la Réforme 1736 (?) RIFKIN : «…Notice complète dans son enregistrement sous label « L’Oiseau-Lyre » (1985) avec remise en cause de la datation d’Alfred Dürr. Il avance 1727-1731 ». SCHWEITZER [J.-S. Bach, page 194] : «...La cantate a probablement été composée pour la fête de la Réformation de 1730, qui fut célébrée avec un éclat particulier, car on fêtait, cette année-là, le deuxième centenaire de la Confession d’Ausbourg (le premier dimanche qui suivait le 31 octobre, jour où Luther (en 1517) avait affiché ses thèses à l’église de Wittenberg ». SCHMIEDER : 1730 ou 1739 (selon Spitta). SPITTA [Johann Sebastian Bach. Volume 2, page 470, note 534] : « BG. XVIII. N° 80. Il est vraisemblable que tette cantate peut avoir été composée pour l’année 1739, en référence avec le jubilé du deux centième. anniversaire de l’adoption de la Doctrine évangélique par la Saxe. Le culte se déroula dans les principales églises le jour de Pentecôte 17 mai mais par commandement express sans aucune cérémonie particulière. L’Université commémora cet événement le 25 août. Görner composa une ode latine à cet effet…» VIGNAL : «…Selon le musicologue Peter Wollny, le matériel de cette cantate fit partie de l’héritage de Wilhelm Friedmann Bach qui la fit exécuter à Halle (Saxe), dans une version plus ou moins altérée, exécution fragmentaire [1] et [5], probablement vers 1761-1763 »…cantate parodiée, partiellement et pour des raisons inconnues, la cantate BWV 80, dont le chœur initial… et le choral à l’unisson n° 5…devinrent respectivement Gaudete omnes populi et Manebit verbum Domini : dans les deux cas, Wilhelm Friedemann ajouta à l’instrumentation originales trois trompettes et des timbales ».
Thomas Braatz [BCW. Discussions, 8 juin 2003] propose une date différente pour l’exécution de la version « enrichie » par Wilhelm Friedemann Bach. Il propose la période ou le fils de Bach était organiste à l’église Sainte-Sophie de Dresde, c’est à dire entre avril 1733 et le 1er août 1746 quand il rejoint son nouveau poste à Halle. L’usage de textes latin dans la cantate BWV 80 dans les mouvements n° 1 et 5 pouvait mieux être en « situation » à la cour catholique de Dresde… mais qu’a pu penser Jean-Sébastien Bach encore vivant à l’époque ?
WOLFF : «…L’histoire de la cantate BWV 80 est assez compliquée et commença à Weimar même si ce ne fut qu’à Leipzig qu’elle assuma sa fonction de cantate de la Fête de la Réforme (le 31 octobre). En 1724, Bach inséra plusieurs strophes d’un choral de Luther intitulé « Ein feste Burg (1524) dans la cantate BWV 80a « Alles, was von Gott geboren », cantate composée à Weimar ». [Essai de synthèse : La date est incertaine dans la forme où la cantate est connue de nos jours. On sait cependant que ses origines remontent à l’époque de Weimar et qu’elle fut créée sous une forme sensiblement différente référencée BG. BWV 80a. L’accord s’est fait pour la dater du dimanche 24 mars 1715 mais, selon Joshua Rifkin, de récentes recherches conduiraient à envisager le même dimanche mais en mars 1716. Selon Alfred Dürr, les découvertes de Rudolf Elvers et de Wolf Hobohm (dans les années 1970) font présumer d’une reprise de cette cantate à Leipzig pour la Fête de la Réformation le 31 octobre 1723, argument repris par Alberto Basso cette fois avec la référence BWV 80b. L’œuvre s’ouvrait par un simple choral à quatre voix qui est parvenu aujourd’hui sous forme de fragments, le reste de la musique étant perdu et l’utilisation du texte n’étant pas attestée. L’autre hypothèse selon laquelle la version aujourd’hui connue de la cantate BWV 80 fut jouée le mardi 31 octobre 1724 n’est pas assurée, car aucun document ne l’a confirmée. Ce fut peut-être la cantate BWV 76…Toujours selon Joshua Rifkin on peut envisager pour une reprise de BWV 80b une date légèrement plus tardive, date située entre 1727 et 1731. De même, en raison de la disparition des parties originales, on ne peut être assuré de la date à laquelle Bach substitua au simple choral de BWV 80b le premier mouvement d’une toute autre facture qui constitue aujourd’hui la première section [1] de BWV 80. Il en va aussi de la date de modification de l’orchestration de la section [5] (parties de hautbois). Alfred Dürr, rejoint par Joshua Rifkin, fait valoir la ressemblance entre la cantate BWV 80 avec le premier chœur de la cantate BWV 14 qui est datée de 1735 (exécution le 30 janvier de cette année) et pense qu’il s’agit d’un même type d’œuvre et que, finalement la version actuelle de la cantate BWV 80 aurait pu être entendu pour la fête de la Réformation, le 31 octobre 1734. En définitif, Spitta, vers 1870, n’avait pas si mal daté, puisque, à l’aide d’une argumentation basée sur les lectures faites à Leipzig le jour de la fête de la Réformation (Ephoral [?] Archiv Leipzig acta die Feyer des Reformation Feste Leipzig 1755) avait avancé l’année 1730. Mais toutefois il faut ajouter que dans une note un peu plus lointaine de son ouvrage (Tome I, page 470), il pensait que la cantate eut pu être composée en 1739, afin de fêter le Jubilé de l’adoption par la Saxe de la doctrine évangélique. Spitta ajoutait que la datation « 1717 » avancée par son collègue Winterfield était notoirement fausse.


SOURCES BWV 80

PARTITION AUTOGRAPHE = ORIGINALPARTITUR
Pas de sources connues.


PARTIES SÉPARÉES = ORIGINALSTIMMEN
Pas de parties séparées originales connues.

COPIES XVIIIe SIÈCLE = ABSCHRIFTEN 18. Jh.
us. ms. Bach P 177. Staatsbibliothek Preußicher Kultur Besitz Berlin/West. Ex Marburg Staatsbibliothek (dépôt), Berlin-Dahlem. Copie réalisée par Altnikol, le gendre de Bach [Alberto Basso, Jean-Sébastien Bach, volume 2, page 363].

Partitur. P 72 M. Staatsbibliothek zu Berlin. Preußicher Kultur Besitz. Ex Marburg Staatsbibliothek (dépôt), Berlin-Dahlem. Au numéro 1 et 5, morceaux autographes de W. F. Bach. 20 fascicules in 4°. Le chœur d’entrée avec le texte « Gaudete omnes populi ».
P Am 596. Amalienbibliothek. Berlin. (Kirnberger (?) avec également dans [5] un texte « Manebit verbum Domini » inséré par W. F. Bach
Partitur Washington (serait-ce la version décrite dans le BWV de Schmieder sous référence ms P 71 ?) 14 fascicules in 4°.

BASSO [Jean-Sébastien Bach, volume 2, page 363] : «…De la partition existent deux copies, dont une seule digne de foi, celle qui fut réalisée par Altnikol, le gendre de Bach (BB/SPK P 177), d’où toutefois sont bizarrement absentes les parties de hautbois (2 d’amour et 1 da caccia) du 5e mouvement, peut-être ajoutées par Bach après que son fidèle élève eut achevé sa copie. Un autre exemplaire de la partition (BB/SPK P 72) a été rédigée par un copiste anonyme, et l’on y trouve, aux numéros 1 et 5, deux morceaux autographes de Wilhelm Friedmann, qui sont des parodies latines (Gaudete omnes populi et Manebit verbum Domini) des pages écrites par son père, en réélaborant le texte de Luther, au point que dans le n° 5 la version en latin suit le texte de la quatrième et non de la troisième strophe, au grave préjudice naturellement, des intentions musicales d’origine. Qui plus est, la version de Wilhelm Friedmann ajoute à l’effectif instrumental un ensemble de trois trompettes et timbales, en remplacement des deux hautbois d’amour, mais avec un rajout d’une partie pour la trompette I, à laquelle est confiée la mélodie du choral (en canon avec l’orgue) ».
BGA. (Wilhelm Rust, juillet 1870) signale quatre copies, trois à la Bibliothèque royale de Berlin et une à la « Joachimsthal »
Une première copie d‘Altnikol; une copie d‘un inconnu, une copie de Friedemann Bach et une copie de Kirnberger (?)
GARDINER : « Cette œuvre qui, en 1715 à Weimar, avait vu le jour telle une simple cantate de Carême sur un texte de Salomo Franck, avait par la suite, à Leipzig, été soumise à une importante révision. Pour remplacer la simple harmonisation à quatre voix de l’hymne de Luther par laquelle il avait ouvert sa cantate en 1724 puis de nouveau en 1730, Bach (dans la dernière décennie de sa vie)… conçut un nouveau mouvement d’introduction en contrepoint aussi stupéfiant qu’élaboré couvrant 228 mesures. Il y renonce à tout prélude instrumental… les ténors se lancent dans la mêlée… suivis (imitations en canon) par les trois autres parties vocales en une sorte de motet ornementé mais d’un archaïsme bien de mise… »
HALBREICH : «…Des deux versions, BWV 80 et 80a il n’existe aucun manuscrit autographe, La version la plus réputée est une copie faite par l’élève de Bach, J. C. Altnickol Après 1750, Wilhelm Friedmann l’eut en sa possession et apporta des modifications aux sections… ajoutant à la partition trois trompettes et timbales, nouvelle version en quelque sorte qui sert de base par exemple à l’enregistrement de Münchinger à la chapelle du château de Ludwigsburg en février 1984 ».
HARNONCOURT [Teldec, volume 21] : «… En raison de la situation extrêmement confuse dans laquelle se présentent les sources de cette cantate (fragments autographies d’une version intermédiaire dénuée d’importance : une copie incomplète due à Altnikol, élève et gendre de Bach ; une copie incomplète d’un copiste inconnu ainsi que des arrangements - avec un texte latin - des mouvements 1 et 5 réalisés par Friedemann Bach, certaines décisions difficiles à prendre s’imposaient pour cette exécution…» [celle réalisée pour le label Teldec / Harnoncourt, volume 21. 1978]
NEUMANN, Werner : « D’après la reproduction du texte dans une collection de poèmes de la cour de Weimar, Salomo Franck (1715), et d’après les indications portées sur un des premiers catalogues de Breitkopf, il ressort avec certitude qu’il faut chercher la forme première de la cantate de la Réformation dans une autre créée à Weimar pour le dimanche « Oculi » [le troisième dimanche de Carême]. Bach amena la cantate à sa nouvelle destination à Leipzig, en ajoutant les premières et cinquièmes parties et en changeant le choral final. Malheureusement aucune source musicale originelle ne nous est parvenue, ni de la version primitive, ni de la version finale ; l’édition de l’œuvre dut s’appuyer sur quelques copies dont celle du gendre de Bach, Altnikol [référence P 177], semblerait être la plus sûre. C’est l’éditeur Breitkopf & Härtel qui, s’inspirant à cette source, imprima pour la première fois la cantate en 1821. La composition fut à nouveau publiée en 1870, dans le cadre de l’édition complète de l’œuvre de Bach ; elle s’éloignait cependant profondément de la première édition à cause de l’interprétation très personnelle des sources faite par l’éditeur Wilhelm Rust. Celui-ci prit en effet une tardive parodie en latin de la première partie de la cantate, écrite de la main de Friedemann Bach, ainsi qu’une semblable déformation de la cinquième partie comme copie de la partition originelle disparue de Bach. C’est ainsi que, s’opposant à l’instrumentation simple de la copie d’Altnikol, la sonorité de plus en plus intense d’une partie de trompettes et de timbales se glissa dans la partition ; cette sonorité ne rappelait en rien celle de Bach. C’est sous cette forme provenant de sources diverses que l’œuvre de Bach fit son voyage triomphal à travers les salles de concert et les églises du monde entier. Si notre enregistrement [Mauesberger / disque Archiv Produktion] fait appel à la simple orchestration de la copie d’Altnikol et de la première édition Breitkopf, c’est parce que nous avons la conviction que nous nous rapprochons le plus de la forme première de l’œuvre. La cantate de Bach n’a nul besoin de ces sonorités intenses pour épanouir la richesse de sa composition. Ceci est particulièrement probant dans le chœur du début qui, unissant la maîtrise contrapuntique à la force d’évocation venue du texte est d’un effet irrésistible, et ce malgré un soutien instrumental moderne. La célèbre cinquième partie, écrite sur les paroles fières et triomphantes de Luther, ne perd sans les trompettes rien de sa force suggestive née extraordinairement de l’antithèse entre l’unisson concentré du chœur et les traits impétueux de l’orchestre ».
WOLFF [Koopman, coffret CD 22] : «…Gaudete omnes populi ». Pièce festive en latin qui vit le jour après 1750. Il s’agit d’un arrangement de deux mouvements de la cantate BWV 80 effectué par Wilhelm Friedmann Bach. En 1746, le fils aîné de Bach fut nommé directeur musical de la Marktkirche de Halle où il fit assez fréquemment jouer les œuvres de son père qu’il avait en sa possession. L’œuvre est une pièce festive en deux parties. Elle fut exécutée à Halle entre 1761 et 1763 mais on ne sait pas à quelle occasion. Pour cette exécution, W. F. Bach plaça sur ces deux mouvements de cantate un texte en latin et rajouta à la partition trois trompettes et des timbales. Le texte latin du deuxième mouvement « Manebit verbum Domini / La parole de Dieu perdurera » fait référence à la dernière strophe d’un chant de Luther « Das Wort sie sollen lassen  stahn » qui apparaît sous forme de choral conclusif à quatre voix dans la cantate BWV 80 ».
WOLFF : «…Au cours du temps, cette cantate pour la fête de la Réforme subit divers remaniements et deux versions parvinrent jusqu’à nos jours. La version la plus ancienne, composée entre 1727 et 1731, commence par un simple choral à quatre voix, tandis que pour la plus tardive Bach composa un monumental chœur d’ouverture. Malheureusement la date de cette dernière version ne peut être établie avec exactitude. Il est probable qu’elle fut liée au bicentenaire de l’introduction de la Réforme dans la ville de Leipzig qui fut fêtée avec magnificence en 1739. La source de référence en ce qui concerne la forme définitive de cette cantate est une copie de la partition effectuée par le gendre de Bach, Johann Christoph Altnikol, entre 1744 et 1747 ».

[Essai de synthèse] : Pas de partition originale ni de parties séparées autographes. N’existent que des copies (4) dont une seule est digne de foi [?] C’est celle attribuée à Christoph Altnikol (1720-1759), présent à Leipzig entre 1744 et 1747 devenu un gendre de Bach. Elle date de 1745 et est classée sous la référence BB. SPK P 177 (Staatsbibliothek Preußicher Kultur Besitz Berlin/West. Ex Marburg Staatsbibliothek (dépôt), Berlin-Dahlem). On y remarque différentes difficultés liées à l’orchestration, la basse instrumentale divisées sur deux lignes dans la section [1] ; l’absence des parties de hautbois ([5] mais sans doute ajoutées ultérieurement par Bach et l’absence de l’instrumentation dans le chœur final [8], particularité retrouvée dans la cantate BWV 119.
Une deuxième copie est due, réalisée par un copiste anonyme. Elle est classée BB SPK P 72 (Staatsbibliothek zu Berlin. Preußicher Kultur Besitz. Ex Marburg Staatsbibliothek (dépôt), Berlin-Dahlem). C’est la copie la plus connue (et la plus utilisée) car elle comporte différentes informations et indications à l’origine de la conception erronée faite de la cantate BWV 80. Elle appartint sans doute à W. F. Bach (le Bach de Berlin) et doit remonter aux années 1750-1760. S’y retrouve l’adjonction des trompettes dans les sections ([1] et [5] d’une inauthenticité manifeste ainsi que des timbales et la suppression des hautbois. Dans les sections [1] et [5] on constate des morceaux autographes du fils de Bach, parties qui sont des parodies latines du Gaudete omnes populi et du Manebit verbum Domini, avec réélaboration [?] du texte de Luther, au point que dans la section [5], la version latine suit le texte du numéro [4] et non du numéro [3] du cantique.
Une troisième copie est connue sous la référence P Am 596. Amalienbibliothek. Berlin. D’après Werner Neumann (notice de l’enregistrement Mauesberger), on y reconnaîtrait la main de Johann Ludwig Krebs (1713-1780) durant son séjour à Leipzig, de 1726 à 1737.
Une dernière et quatrième copie est conservée à Washington ; sans précision ».]


ÉDITIONS

SPITTA [Johann Sebastian Bach, volume 2, note 535 de la page 471] : « La cantate fut publiée vers 1822 par Breitkopf & Härtel à Leipzig et fut la première gravée et publiée après la mort de Bach ».

SOCIÉTÉ BACH = BACH-GESELLSCHAFT AUSGABE (BG)
BGA. Jg. XVIII (18e année). Pages 319 à 371. Préface de Wilhelm Rust, juillet 1870. Cantates BWV 71 à 80.

NOUVELLE ÉDITION BACH = NEUE BACH AUSGABE (NBA)
KANTATEN SERIE I/ BAND 31. KANTATEN ZUM REFORMATIONSFEST UND ZUR ORGELWEIHE Bärenreiter Verlag BA 5067. 1987. Herausgegeben von Frieder Rempp. 6 fac-similés.
BWV 80b. Fragment. Pages 65-70. Altere Leipziger Fassung. Bl. 1r der Autographen Partitur (Oboen : Musée Adam Michiewicz, Paris, ohne Signatur. Mitte : Saltykow-Sehtschedrin Bibliothek Leningrad, ohne Signatur ; / Unten : Privatbezitz William S. Scheide USA). Satz 1 und Satz 2, Anfang. Originalgröße, 11, 5 x 19, 5 / 12 x 22 / 8,5 x 21,5.
BWV 80. Pages 73 à 142. Jüngere Leipziger Fassung. Bl. 1r der Partiturabschrift von der Johann Christoph Altnickols ((Staatsbibliothek Preußicher Kultur Besitz Berlin/West. Mus. ms. Bach P 177.
BWV 80 anh (satz 8). Pages 143/144. In des Johann Gottfried Schicht überlieferten Fassung.
Avec les cantates BWV 79, 194 et Anhang 194.
Kritischer Bericht (commentaires). BA 5067 41. 1988. Frieder Rempp.
Cependant Joshua Rifkin a eu accès à cette édition dès 1986.

AUTRES ÉDITIONS
WOLFF [Notice de l’enregistrement de Ton Koopman, volume 18] : «…impression de cette cantate, la première depuis BWV 71 (1708), en 1821. Elle est présentée par Friedrich Schneider pour le compte de Breitkopf & Härtel ». La première édition chez Breitkopf & Härtel AV 5313 (1881) a été effectuée d’après celle éditée par Schneider en 1821.

BÄRENREITER classics.| Bach | Bärenrteiter Urtext.
Sämtliche Kantaten 12. Bärenreiter TP 1292. Serie I. Band 31. Zum Reformationfest und zur Orgelweihe.
Herausgegeben : Frieder Rempp.
BWV 80b. Fragment. Pages 65 à 70. Bärenreiter-Verlag Kassel 1987.
BWV 80. Pages 71 à 142. Version de Leipzig
BWV 80. Anhang, Satz 8.Pages 143/144.Version Gottfried Schicht. Pages 143/144.
Edition Note.
Preface I/31.
BCW. Partition de la BGA + Réduction chant et piano.
BREITKOPF & HÄRTEL. Partitions = PB 528 (Albert Becker) et PB 2930 (Schneider). Révision de Max Seiffert (Orch. St., Orgel u. Cembalo) OB 1183. Réduction chant et piano = EB 7080. Partition d‘étude (Schering) = EP 687. Partitin du chœur = ChB 1.
2011 : Partition (60 pages) = PB 4580. Réduction chant et piano (60 pages) = EB 7080. Partition du chœur (20 pages) = ChB 4580. Parties séparées (orgue, Vl. 1, 2, Vla., Vlc. Vents ) = Ob 4580.
CARUS. Die Bach Cantate. BWV 80. Herausgegeben Reinhold Kubik. Partition (Partitur) = 31.080/00. Réduction chant et piano (Klavierauszug) = 31.080/03. Partition du chœur (Chorstimmen) = 31.080/05. Harmonie (Harmoniestimmen) = 31.080/09. Oboe I, II, III = 31.080/21 à 23. Trompette I, II, III = 31.080/31 à 33. Timbales (Pauken) = 31.080/41. Parties séparées (Vl., Vla. Vcl) = 31.080/11 à 14. Choral BWV 80a = Bach-Chorale (83 Vierstimmige Kircheliedsatze). CV 02-098/00. 2000.
EULENBURG. Partition de poche (Taschenpartitur) N° 1003. Révision d‘Arnold Schering, 1926.
HÄNSSLER. Révision de la partie de cor. 1962.
KALMUS STUDY SCORES. N° 828. Volume XXIV. New York 1968. Cantates BWV 80 à 82.
PETERS. Nr.687. 1964. Révision d’Arnold Schering.
[La partition de la BGA est dans le coffret Teldec / Harnoncourt, volume 21. 1978].


PÉRICOPE BWV 80

Fête de la Réforme.
Épître : 2 Thessaloniciens 2, 3 à 8 [PBJ. 1747] : « Que personne ne vous abuse d’aucune manière…»
Évangile : Apocalypse 14, 6 à 8 [PBJ. 1810-1811] : « Des anges annoncent l’heure du jugement…»

La fête de la Réforme (Reformationfest) fut introduite en Saxe en 1667 à l’occasion du 150e anniversaire de l’affichage des 95 thèses de Luther sur la porte de la chapelle du château de Wittenberg, le 31 octobre 1517 (ou au couvent des Augustin de Wittenberg). D’après Spitta, il n’y avait pas pour cette circonstance de texte régulier et convenu. Le choix était fait chaque année par les autorités locales. En 1730 le choix se porta sur une citation de l’Apocalypse [Apo 14, 6 à 8 PBJ. 1810] : Des anges annoncent l’heure du Jugement…]

Dans l’E.K.G. à l’Introït : Exode 20, 2 et3 [PBJ. 106]. Décalogue : « C’est moi, Yahvé, ton Dieu ». Psaume 46. Cantique 242 : « Es ist darsteil uns kommen her ».
Psaume 46 [PBJ. 843] : « Dieu est pour nous refuge et force, / secours dans l’angoisse toujours offert ».
Lied 242 : « Er ist daß Heil uns kommen her » (Mélodie « Nuremberg 1523 - texte : P. Speratus - 1524).
Épître aux Galates 5, 1 à 15 [PBJ. 1724]. Parénèse : la liberté chrétienne.
Évangile. Matthieu 5, 1 à 12 [PBJ. 1459]. Discours. Les Béatitudes.
Pour la même occurrence, la cantate BWV 76 ? (1723). BWV 79 (31 octobre 1725). BWV 192 (peut-être, en 1730).
On verra également 1 Corinthiens 3, 11 à 23 [PBJ. 1691]. Evangile : Jean 2, 13 à 17 [PBJ. 1586]. La purification du Temple.
Alfred Dürr et Werner Neumann renvoient à 2 Thessaloniciens 2, 3 à 8 [PBJ. 1747] : L’avènement du Seigneur et ce qui le précéda.

Renvoi au 2e Dimanche après la Trinité avec les cantates BWV 2 et 76. Pour l’Évangile, voir Apocalypse 14, 6 à 8 [PBJ. 1810]. La chute de Babylone ; l’heure du Jugement.
Renvoi au 3e Dimanche de Carême. A l’Introït : « Oculi mei semper » et le psaume 25, 15 et16 [PBJ. 822]. A l’Évangile: Luc 11, 14 à 28 [PBJ. 1556] : des exorcismes et la guerre par Satan contre Dieu.

Le cantique de Luther [cantique « symbole » des Luthériens] se réfère particulièrement au dimanche Oculi  mais s’adapte également très bien à la Reformationfest. Selon Alberto Basso, cette cantate BWV 80 est bien liée à la Sainte Cène et une exécution en deux parties sur [5] n’est pas impossible. Cependant à Leipzig il n’y avait pas de musique pour le 3e Dimanche de Carême [le dimanche Oculi ] d’où une réutilisation pour la Reformationfest.


TEXTE BWV 80

Texte de Salomo Franck, poète et ami de Bach à Weimar, texte auquel sont ajoutées les quatre strophes du cantique de Luther « Ein Fest Burg » issu lui-même du psaume 46 (1529).
NEUMANN : Salomo Franck. Evangelisches Andachts-Opfer. Weimar 1715. Deutsche Staatsbibliothek, Berlin.
(exemplaire perdu (?) vers 1969). De ce recueil voir les cantates BWV 152, 72, 31, 165, 185, 161, 162, 163, 132, 155, 168, 164 NEUMANN [Sämtliche von J. S. Bach vertonte Texte, page 278. Fac-similé dans BWV 80a].

1] Martin Luther. Strophe 1. Renvoi à EKG 201/1 (composition apparue vers 1734 retrouvé dans le choral de la cantate BWV 80 de 1723.
2] Martin Luther. Strophe 2. EKG 201/2. Selon Werner Neumann, on note une analogie avec Jean 5, 4 [PBJ 1591] : car l’ange de Dieu descendait par intervalles (Guérison de l’infirme).
3] Salomo Franck. Ici l’ancien récitatif de BWV 80a/2. Evangelisches Andachts-Opfer. Weimar 1715.
4] Salomo Franck. Ici l’ancien air de BWV 80a/3. Evangelisches Andachts-Opfer. Weimar 1715.
5] Martin Luther. 3e strophe du cantique. EKG 201/3.
6] Salomo Franck. Ici l’ancien récitatif de BWV 80a/4. Evangelisches Andachts-Opfer. Weimar 1715.
7] Salomo Franck. Ici l’ancien air de BWV 80a/5. La cantate BWV 80a [6] s’achevait avec l’actuelle strophe reprise dans BWV 80/2. C’est
peut-être ici la paraphrase du verset final de l’évangile du 3e dimanche de Carême: « Bienheureux celui qui écoute la parole de Dieu et la
garde (dans Luc 11, 27 [PBJ 1557]. Evangelisches Andachts-Opfer. Weimar 1715.
8] Martin Luther. Strophe finale (4) du cantique de Luther. EKG 201/4.
BASSO [Jean-Sébastien Bach, volume 2, pages 362/363] : «…Le vieux texte de Salomo Franck - Alles, was von Gott geboren - s’inspirait de l’évangile de ce dimanche (Luc 11, 14 à 28) racontant la guérison d’un possédé. L’argument de la cantate était la lutte contre Satan, qui est également le sujet développé par le célèbre texte luthérien de l’Ein feste Burg (1529), devenu l’emblème de la Réforme, expressément rappelé par Franck dans le choral conclusif (2e strophe du cantique) ; en outre, dans la version de Weimar, la cantate s’ouvrait sur l’aria de la basse « Alles was von Gott geboren », précisément, qui englobait la mélodie du choral, confiée à une exécution purement instrumentale. En apprêtant cette nouvelle version pour Leipzig (concernant celle de 1723, on l’a dit, on en sait trop peu pour pouvoir dégager des conclusions quelconques), Bach mit en musique tout le choral de Luther, en en distribuant les quatre strophes dans les n° 1, 2, 5 et 8 de la manière suivante : n° 1, nouveau morceau d’ouverture sur la première strophe (grandiose réalisation polyphonique s’opposant à la version en choral simple adoptée dans BWV 80b) ; n° 2, aria de la basse ré élaborée avec insertion d’une autre voix (soprano) à laquelle sont confiés texte (2e strophe) et mélodie (ornée) du choral, cependant que la basse entonne les vers de Franck ; n° 5, nouveau morceau qui appuie la troisième strophe et la mélodie du choral (confiée au chœur à l’unisson) sur l’orchestre dans son ensemble ; n° 8, choral simple sur la quatrième strophe (en remplacement de la seconde qui était employée dans la version de Weimar). Les autres morceaux (n° 3-4 et 6-7) utilisent le vieux texte de Franck (deux couples de récitatif-aria). Voila donc la situation telle qu’elle se présente lorsqu’on passe de BWV 80a à BWV 80b, mais il n’en demeure pas moins que subsistent des incertitudes, étant donné que la musique de la première version est perdue et que, de la version intermédiaire, dont on ne connaît pas exactement le texte ; de plus, on n’a conservé, de la musique, que deux fragments. L’affaire se complique encore du fait de l’absence du matériel musical d’origine relatif à la dernière version [BWV 80] ». BLANKENBURG : « C’est précisément pour une bonne part dans ce contraste entre le cantique de Luther et la chaleureuse subjectivité avec laquelle s’affirme la foi dans le livret de la cantate [de Salomon Franck] que réside l’importance significative de l’œuvre… » La version finale de la cantate diffère avant tout des cantates chorales précédemment étudiées par le fait que les quatre strophes du cantique luthérien y figurent toutes textuellement, la strophe 1 dans le chœur d’entrée, la strophe 2 dans le second mouvement, l’air de basse « Alles, was von Gott geboren », auquel le soprano solo l’entremêle par versets dans une version mélodique ornée de fioriture, la strophe 3 dans le chœur basé sur le choral qui occupe la place de 5e mouvement et dans lequel les choristes chantent à l’unisson avec la composition orchestrale ; la strophe 4 enfin dans le sobre choral de conclusion ».
BOYER [Les cantates sacrées, pages. 201-202] : «…Mélodie de choral (MDC) 025) ».
LYON : «…Le cantique de l’Église chrétienne d’après le psaume 46 (Lied von der christlichen Kirche über den 46. Psalm), Ein feste Burg ist unser Gott, en quatre strophes, Deus noster refugium et virtus, imprimé vers 1529 (Deutsche Kirchenlied), à Nuremberg, et en 1531 à Erfurt, est un psaume de gloire consacré à l’aide puissante et à la protection victorieuse de Dieu, qu’il prouve à tous ceux qui se fient entièrement à lui et qui se tiennent à sa parole, contre toute la puissance et le fureur du monde enragé. La référence psalmique a été mise en cause par de nombreux hymnologues. De toute évidence, il s’agit d’un texte de « consolation » (Trostlied). Les événements vécus alors, par le Réformateur étaient particulièrement difficiles. La mélodie en fa [M 26] est conçue dans la forme de la Hofweise. Bach empruntera ce cantique quatre fois: BWV 80. 1730 (?) BWV 302-303 ? Chorals à quatre voix, Leipzig 1784-1787 - BWV 720 : chorals isolés pour orgue, vers 1700-1717 ».
MACIA [Tout Bach, pages 152/153] : « A Leipzig… Un nouveau librettiste remania sensiblement le livret [par rapport à la version originelle de Weimar], mais les arias de Franck ont été conservées ».
PIRRO [L’Esthétique de Jean-Sébastien Bach - Conclusions : pages 449/450] : «…L’influence de la littérature biblique sur l’imagination de Bach se trahit d’ailleurs par maints vestiges. Le Dieu qui domine dans son œuvre est le Dieu majestueux et formidable de l’ancienne loi. Nous avons vu comment dans la cantate BWV 80, la musique du choral jouée par les instruments, environne le chœur d’une muraille indestructible ».
WOLFF : «…le texte de BWV 80a, de Salomo Franck, était initialement destiné au dimanche Oculi, troisième dimanche de Carême, durant lequel, conformément à la tradition, on ne jouait pas de musique en public à Leipzig. Bach dut par conséquent trouver un autre usage pour cette cantate de Weimar. Comme le texte de Franck était conclu par une strophe du choral de Luther et que Bach avait composé son premier air en citant la mélodies dans les parties instrumentales, ce dernier eut l’idée de reprendre d’autres strophes de ce choral et ainsi d’agrandir cette œuvre (qui ne fut pas conservée sous sa forme originale) pour la transformer en une cantate pour la fête de la Réforme ». 

[Essai de synthèse : Si la partition a disparu, il n’en va pas de même du texte dont on est redevable à Salomo Franck (1659-1725), en poste à Weimar depuis 1701. Il s’agit de la cantate Alles, was von Gott geboren, tiré de l’ Evangelisches Andachts-Opffer, écrit à Weimar en 1715 et conservé à la Deutsche Staats-Bibliothek, Berlin (in 8). On y retrouve aussi des textes utilisés dans BWV 132, 152, 155, 72, 31, 165, 185, 168, 184, 161, 162, 163. L’utilisation du texte de Salomo Franck se trouve aux sections 3, 4, 6 et 7 dont le fac-similé est à la page 278 du Sämtliche von Johann Bach vertonte Texte de Werner Neumann (1974). La cantate BWV 80a débutait par une aria. Au texte de Salomo Franck s’ajoute le célèbre cantique de Luther « Ein Feste Burg unser Gott », la paraphrase du psaume 46 de 1529 [EKG 201]. Le texte et la mélodie en sont utilisés aux sections 1, 2, 5 et 8].
Le texte de Salomo Franck est tout animé d’effusion mystique en cours à l’époque de sa rédaction. Il met en valeur l’importance significative de l’œuvre avec son contraste entre le cantique de Luther et la chaleureuse subjectivité avec laquelle s’affirme la foi de S. Franck. La mélodie de ce cantique a été fréquemment utilisée: Schütz SWV 143. Osiander, Buxtehude (BUXWV 184), Haendel, dans un « Occasional Oratorio » et dans le chœur final de Solomon, Mendelssohn dans le dernier mouvement de la symphonie « Réformation ». On peut citer Meyerbeer dans l’opéra « Les Huguenots », Reger dans sa fantaisie sur le choral, opus 27. Aussi, EKG 201, Debussy (Suite en noire et blanc). Bach encore avec les, BWV 720 et anh. 49 (à l’authenticité discutée) et le BWV 303 tiré d’un recueil de Joseph Klug de 1535 (Geistliche lieder auff new gebessert zu Wittenberg D. Mar. Luth. Deutsche Kirchenlied) qui est -peut-être- le choral qui terminait la cantate de Weimar (1715). Voir Bach Jahrbuch 1940-1948, page 11) cité par Karl Geiringer, Jean-Sébastien Bach, note 165 de la page 367. Voir aussi les deux mélodies des chœurs BWV 302-303].


GÉNÉRALITÉS BWV 80

Cantate remaniée à Leipzig à partir de la cantate BWV 80a, avec adjonction des sections 1 et 5 et modification du choral final.
Au total la cantate comporte 228 + 77 + 25 + 36 + 119 + 17+ 106 + 16 mesures, soit 624 mesures.
BASSO [Jean-Sébastien Bach, volume 1, page 420] : «…Réutilisation de BWV 80a avec transposition d’un ton et demi (comme BWV 31, 70, 152, 161, 162, 163, 165, 182, 186) ». BOMBA : « Il n’y a pas d’autre cantique aussi étroitement lié au protestantisme allemand que le choral de Martin Luther « C’est un rempart que notre Dieu ». Son texte de quatre strophes inspiré des motifs du psaume 46 et sa mélodie rayonnant comme un phare manifestent la bravade, la confiance en soi et l’audace qui animait la Réforme au début du 16e siècle. BOYER (Les mélodies des chorals, pages 144 à 146] : «…Quatre élaborations de choral dans [1], [2], [5], [8]. Mélodie de choral (025) ». BUKOFZER : «…Un appel au combat qui évoque une grandiose vision apocalyptique ». CANDÉ : «…Bach construit sa magnifique cantate, pour la fête de la Réformation, la fête la plus importante de l’Église luthérienne. Elle commémore l’anniversaire de l’affichage des 95 thèses de Luther sur la porte du couvent [en fait la chapelle du château] de Wittenberg, le 31 octobre 1517, début historique de la Réforme. sur le célèbre choral de Luther en empruntant la plupart des éléments à une cantate (perdue) de Weimar ». CANTAGREL [le moulin et la rivière, page 300] : «…Aux yeux de Bach et de son auditoire, BWV 80 prend nécessairement une valeur particulière. La cantate se fonde sur le choral emblématique, devenu avec l’usage comme l’hymne luthérien, celui que Heinrich Heine appelle « La Marseillaise de la Réforme » (expression reprise par Engels, ami de Heine, affirmant que « Ein’ feste Burg » est la Marseillaise de la Guerre des paysans), et dont il donne la traduction suivante : « Notre Dieu est une forteresse, une épée et une bonne armure… » Les traductions sont multiples de ce choral célèbre entre tous… attestée depuis le milieu du XIXe siècle, celle de « Un fort rempart est notre Dieu » a été retenu par Alkan dans le titre de son Impromptu sur le Choral de Luther… pour piano à pédalier ». CHAILLEY : «…Le choral BWV 720 et anh 49 : Le choral de Luther, symbole du germanisme pour Claude Debussy (en Blanc et noir) ». DÜRR: « Salomo Franck. Weimar 1659-1725. Secrétaire du Consistoire suprême depuis 1701 et poète (Coffret Teldec, volume 9, page 10). « le premier chœur de la cantate BWV 80 est à coup sûr, le sommet de toute la production vocale de Bach…»
GEIRINGER [Jean-Sébastien Bach, pages 170/171] : «...Très proche de la « stricte cantate chorale » est le n° 80, Ein feste Burg, qui fut probablement entendue pour la première fois à la fête de la Réforme en 1724. C’est une amplification de la cantate BWV 80a sur un texte de Salomo Franck, composée en 1715 à Weimar. La première section de la cantate originale (BWV 80a) était un arrangement de choral dans lequel le hautbois entonne comme cantus firmus une strophe de Luther « Une puissante forteresse » tandis que la basse fait entendre une contre-mélodie proclamant le triomphant message « Alles, was von Gott geboren, ist zum Siegen auserkoren - Tout ce qui est né de Dieu est destiné à la victoire… Dans cette version (Weimar), où se succédaient: arrangement de choral, récitatif, aria, récitatif, aria, harmonisation de choral, l’œuvre offrait une structure symétrique. A Leipzig, Bach ajouta deux puissants chœurs de choral basés sur l’hymne de Luther, un au commencement et un au milieu après le [sic] premier aria. Les belles proportions de la cantate souffrirent de cette addition mais le pouvoir expressif en fut énormément accru. Il semble qu’une seconde adaptation ait été faite par Friedmann Bach, qui introduisit dans les chœurs des trompettes et des tambours, nouvelle orchestration qui augmente tellement l’effet produit qu’elle a été généralement adoptée ». HALBREICH : «…Neuvième version, par Karl Richter (1979). Un Bach plus imposant qu’émouvant dans les chœurs (Revue Harmonie n° 128 de juin 1977) ».
HOFMANN : « En fait… la cantate BWV 80, telle qu’elle nous apparaît ne diffère que légèrement de la forme de cette version originale [BWV 80a]. De la composition originale de Weimar subsistent tous les airs et les récitatifs de la cantate de la Réformation [BWV 80 (numéros 2 à 4, 6 et 7). Les ajouts effectués à Leipzig en revanche sont le puissant premier chœur… et le choral suivant jusqu’à la troisième strophe « Und wenn die Welt voll Teufel wir » [n° 5]. De plus, Bach par la suite a ajouté la seconde strophe du cantique dans l’air « Alles, was von Gott geboren ». Cet ajout était possible car dans cet air et ce, dès la version de Weimar, la mélodie du chant de Luther était jouée par le hautbois en tant que cantus firmus. On peut donc facilement ajouter une ligne de soprano supplémentaire pour l’interprétation de la seconde strophe du chant. Cette seconde strophe « Mit unsrer Macht ist nichts getan » constituait à l’origine, dans un simple mouvement de chœur à quatre voix, la fin de la cantate de Weimar. A sa place, on retrouve maintenant une quatrième strophe… [le mouvement n° 8]… »
LEHMANN : « La mélodie du choral (de Luther) est attribuée à Jos Klug, 1535. En fait c’est un imprimeur de recueil mais c’est plus vraisemblablement Walter qui donna à cette mélodie son aspect définitif ».
LEMAÎTRE : « Cette œuvre [BWV 80] naquit d’une amplification d’une cantate composée à Weimar en 1715 qui a pour titre « Alles, was von Gott geboren » (BWV 80a). Sa musique est aujourd’hui perdue. Originellement fondée sur un texte de Salomo Franck, la cantate-source se destinait au dimanche Oculi, troisième dimanche de Carême, période pendant laquelle les autorités de Leipzig interdisaient toute musica figuralis. Sa reprise amplifiée obligea donc le librettiste inconnu et le compositeur à effectuer un détournement de destination compatible avec le texte premier qui met en évidence la lutte contre Satan …la mélodie du lied se fait entendre de façon plus ou moins ornée, chaque fois qu’un mouvement fait appel au texte de Luther…»
POUGET : «…Le cantique de Luther : « le psaume des batailles » ayant été chanté par Luther et ses compagnons à leur entrée à Worms en 1530.
ROMIJN : «…ouvrage… écrit entre 1728 et 1731 pour le jour de la Réformation (31 octobre). D’après les sources, l’œuvre reprend, avec quelques ajouts la cantate BWV 80a…. écrite à Weimar en 1715. L’on ne sait pas exactement quelle était la destination de cette première cantate. Bach semble avoir ajouté le chœur d’entrée et le choral central, le n° 5, à une date ultérieure. Son fils aîné, Wilhelm Friedmann, a renforcé l’instrumentation d’origine, déjà assez conséquente, avec des trompettes et des timbales dans les n° 1 et 5…»
SCHNEIDER : «…Choral le plus célèbre du Réformateur (Luther). Version de l’édition de Weimar (1530, revenant à Luther dans la notation de l’Ars nova usitée en Europe dès 1300 environ et jusqu’au XVIe siècle) et le fac-similé de Johann Walter… « Les deux versions sont caractérisées avant tout par l’accent extraordinairement viril du ton, par les anacrouses si pleines d’élan et les syncopes si fortement marquées. Toutes choses qui sont bien à l’image du Réformateur et qui confirment chez lui, outre un don d’invention très original, une connaissance approfondie de la musique. Bien mieux : un goût populaire d’une saveur rare. Psychologiquement, ce morceau recèle une force spirituelle si extraordinaire qu’il équivaut à une manière de Credo ou de Confession de foi. Il sera non seulement chanté longtemps encore, mais les musiciens religieux continueront de l’ornementer à leur manière - tant ils l’aiment, eux aussi…. Problème des transcriptions modernes (page 162)… les Enchiridiens luthériens sont écrits dans la notation de l’Ars nova…»
PIRRO [L’Esthétique de Jean-Sébastien Bachles mélodies simultanées, page 122] : «…Les sentiments collectifs…Rien n’est plus commun que d’entendre, dans les églises luthériennes, l’assemblée toute entière participer au chant des chorals… En entendant ces fermes paroles qui, de leur unisson irrésistible, dominent le tumulte de l’orchestre, on croit assister à la solennelle déclaration de constance que publie, quand elle est déjà menacée de toutes parts, une foule étroitement groupée, forte des mêmes espoirs et de la même foi [Renvoi à BG. 80 XVIII, page 361].


DISTRIBUTION BWV 80

NEUMANN. Sopran, Alt, Tenor, Baß. – Chor. Trompete I-III, Pauken ; Oboe I, II (Oboe d’amore I, II], Oboe da caccia ; Streicher ; B.c.
(Orgel).
SCHMIEDER. Soli : S,A,T, B. Chor : S,A,T,B. Instrumente : Flauto trav. I, II ; Oboe solo ; Oboe I, II ; Corno I, II ; Timpani ; Viol. I, II ; Vla. ; Continuo.
Les trompettes et les timbales sont un ajout du fils de Bach, Wilhelm Friedmann (1710-1784, le Bach de Halle et de Berlin, dans les sections [1] et [5].

BASSO [Jean-Sébastien Bach, volume 2, page 363] : «…Qui plus est, la version de Wilhelm Friedmann ajoute à l’effectif instrumental [de BWV 80a] un ensemble de trois trompettes et timbales, en remplacement des deux hautbois d’amour, mais avec un rajout d’une partie pour la trompette I, à laquelle est confiée la mélodie du choral (en canon avec l’orgue) ».
HALBREICH : «…On sait les controverses soulevées par les parties de trompettes et timbales des premier, cinquième et huitième mouvements, probablement dues à la plume de Wilhelm Friedmann, du moins dans l’état où nous les possédons. Et en effet, elles donnent lieu à des redoublements d’octaves, notamment, que Bach n’eut peut-être pas tolérés. Il reste qu’en leur absence, l’œuvre est défigurée dans son esprit et sa matière, et que nulle cuistrerie musicologique ne nous convaincra du contraire. Mauesberger, dans un très mauvais disque Archiv aujourd’hui supprimée, et Harnoncourt, dans sa version toute récente non encore critiquée ici, suppriment ces parties : tant pis pour eux. Richter, musicien avant tout, nous les restitue heureusement dans toute la gloire de leur verdeur agressive. De même il ponctue le choral final d’éclatantes fanfares ne figurant pas dans la partition : l’esprit a ici raison contre la lettre ».
Critique de la version discographique de Mauesberger : “cette version est disqualifiée par l’absence -au nom de fallacieuses raisons musicologiques- des indispensables trompettes et timbales dans les grands chœurs… ». Voir à ce propos le texte de Werner Neumann sur l’utilisation de la copie d’Altnikol, la plus proche de la partition originelle [perdue] utilisée à Leipzig. C’est cette dernière qui paraît prévaloir de nos jours… »
[Il est aussi possible que dans la distribution instrumentale de certaines versions dites « musicologiques », l’économie de parties de trompettes et de timbales ait été prise en considération…honni soit celui qui…]
MACIA [Tout Bach, pages 152/153] : «…Bach reprit cette œuvre sans doute en 1735. Ultérieurement, son fils Wilhelm Friedemann lui ajouta une éclatante partie de trompettes et timbales dans les mouvements choraux, lui donnant un surcroît de solennité un peu superflu. Lors de la « redécouverte » de Bach dans les années 1950 et 1960, c’est cette version remaniée qui eut la préférence des interprètes mais, depuis, les musiciens choisissent à juste titre la version originale de Jean-Sébastien Bach ».
WOLFF : «…L’orchestration ne diffère des versions précédentes [avant Leipzig] (chœur dans lequel les quatre voix ont une fonction soliste, deux hautbois, cordes et basse continue) que sur des détails insignifiants ».


APERÇU BWV 80

1] CHORALCHORSATZ. BWV 80/1
EIN FESTE BURG IST UNSER GOTT, / EIN GUTE WEHR UND WAFFEN ; | ER HILFT UNS FREI AUS ALLER NOT, / DIE UNS ITZT HAT BETROFFEN. | DER ALTE BÖSE FEIND, / MIT ERNST ER‘S JETZT MEINT, / GROß MACHT UND VIEL LIST / SEIN GRAUSAM RÜSTUNG IST, / AUF ERDE IST NICHT SEINES GLEICHEN.

C’est un rempart que notre Dieu, / il est pour nous arme et défense ; / Il nous tire de toute épreuve / Qui s’est abattue sur nous. / Satan, le vieil ennemi, / S’en prend maintenant sérieusement à nous, / Il n’a pas son pareil sur la terre.

Luther, strophe 1 = EKG 201/1.

Ré majeur (D Dur). 228 mesures, C
BGA. [Version Wilhelm Rust, 1870]. Jg. XVIII. Pages 319 à 350 | Nach Dr. Martin Luther’s Dichtung. | Festo Reformationis. | Tromba I. | Tromba II. | Tromba III. | Timpani. | Oboe I. | Oboe II. | Violino I. | Violino II. | Viola. | Soprano. | Alto. | Tenore. | Basso. | Violoncello. | Violone. | ed Organo.
Page 322 : « Melodie: « Ein Feste Burg ».
NEUMANN : Chœur fugué sans partie « encastré ». Hautbois et basse instrumentale en canon à l’octave. Cantus firmus in Tromba (trompette). Peut-être une parodie de Wilhelm Friedmann Bach, vers 1739 « Gaudete omnes populi ». Renvoi à BG. XVIII, Anhang. ».
BASSO [Jean-Sébastien Bach, volume 2, page 363] : «…cette cantate se place parmi les chefs-d’œuvre de Bach, à commencer, naturellement, par la page initiale, qui est l’une des plus puissantes du répertoire du Kantor: un motet en cinq sections (chaque sections embrasse deux versets, sauf la dernière qui n’en exploite qu’un seul), dont chacune est réalisée en forme de fugue et se conclut sur la mélodie du choral entonné par les hautbois et en canon avec ces derniers, par l’orgue ».
BLANKENBURG : «…Forme du motet choral. Les versets introduits successivement de façon fuguée. Un sommet de la production vocale de Bach. Combinaison avec un morceau orchestral doté dans une large mesure de sa propre autonomie. A la fin de chaque verset, un canon des hautbois et du continuo dans un intervalle de triples octaves. Grandiose monument sonore symbolisant la totalité du pouvoir divin ».
BOMBA : «…Vaste harmonisation, Bach expose l’hymne de la Réformation dans un registre élevé et brillant, avec imitation préalable de chaque ligne, avec des notes de passage et des harmonies traduisant par figuration les images et les idées du texte, et avec une structure très dense du contrepoint sur fondement de basse double… A la fin de l’exécution de chaque ligne, le cantus firmus forme symboliquement, par un canon des hautbois et d’une voix de basse, un cadre contenant la totalité de l’être [?] Ce morceau en forme, de motet démontre en même temps la volonté de Bach de prouver dans son âge mur quelle perfection il avait acquise dans la rigoureuse composition du stilo antico - ce qui explique que différentes années aient été proposées pour la création de la cantate, depuis 1730 (Albert Schweitzer), en passant par 1735 environ (Alfred Dürr) jusqu’aux années 1740 (Christoph Wolff)….»
BOYER (Les mélodies des chorals… pages 144 à 146] : «…Nous avons une des élaborations les plus savantes de Mélodie de choral (MDC) 025 de type II. D’entrée, la mélodie ornée est exposée en mouvement de fugue (par ordre d’entrée, ténors, alti, soprani, basses). Le cantus firmus fait ensuite son apparition (mesure 23) en valeurs plus longues (rondes, blanches, augmentations) dans la tessiture supérieure des instruments (deux hautbois), immédiatement suivie par une entrée en canon de la basse continue. Nous avons donc affaire à un choral incrusté type II dans une trame orchestrale elle-même issus du cantus firmus, les instruments à cordes se bornant à doubler les voix. Contrairement à un grand nombre de cantates qui utilisent une incrustation du cantique (verset par verset) dans une ritournelle instrumentale continue, ici le mouvement vocal est continu (fugue) tandis que les deux hautbois et la basse progressent de façon discontinue ».
BUKOFZER : «…Une splendide fantaisie chorale qui généralement sert d’introduction aux œuvres les plus vastes de la période de Leipzig. Bach y symbolise la signification dogmatique du choral sous la forme d’un canon strict entre les parties instrumentales les plus élevées et les plus graves. Ces cantus firmus canoniques enserrent, comme d’immenses bracelets d’acier, une brillante fugue dont le thème dérive également du choral ».
CANTAGREL [le moulin et la rivière, page 300] : «…Bach a tenu à traiter dans sa cantate les quatre strophes au complet du cantique de Luther, mais chaque fois dans des genres différents. La plus impressionnante est le chœur initial, une fantaisie de choral en style de motet. Chaque période du choral est énoncée en fugato et se conclut par un canon sur la mélodie du cantique entre dessus et basse, image du fort rempart protecteur ».
[Les cantates de J.-S. Bach., pages 1194 à 1200] : «…La cantate commence bien sûr par le chant de la première strophe du choral de Luther, que Bach traite comme un grandiose motet dont les quatre voix sont présentes d’un bout à l’autre, sans la moindre solution de continuité. Les périodes du cantique sont énoncées à deux reprises et deux par deux, à l’exception de la neuvième, seule, et chaque fois en fugue sur la mélodie du cantique légèrement ornée. Les voix sont doublées par les instruments à cordes. Mais à la fin de chaque énoncé de chaque groupe de deux périodes, les trois hautbois à l’unisson (ou les trois trompettes dans la version de Wilhelm Friedemann) entonnent la mélodie originelle…»
CHAILLEY : «…Solidité massive de la forteresse mais moins de descriptions figuratives dans BWV 720 ».
DÜRR : «…L’un des sommets parmi les chœurs [de Bach]. Utilisation symbolique du cantus firmus (comme pour BWV 77/1) avec de grands écarts entre notes élevées et graves, traduction de Dieu et de sa création avec des chromatismes sur « Sein grausam Rüstung ». Composition savante et expressive ». 
FINSCHER : «…Procédé du motet. Voix extrêmes de l’orchestre (hautbois et basse), traitées en canon exempt d’ornementation ».
GEIRINGER [Jean-Sébastien Bach, page 171] : «...La première section de la version définitive (1724) est un chœur magnifique qui développe les différentes lignes mélodiques du choral en fugati librement construits. Elles sont encadrées par un canon qui présente la mélodie de l’hymne en valeurs longues dans les parties instrumentales les plus hautes et les plus basses. Le suprême degré de l’art contrapuntique se montre ici pour symboliser la loi divine qui régit tout l’univers…»
HOFMANN : «…le mouvement est conçu comme un motet, sans introduction ou intermède instrumental… Tous les vers du chœur sont traités en imitation stricte. De plus, les thèmes sont plus ou moins librement dérivés de la mélodie du choral. Le sommet de la construction contrapuntique se trouve dans le cantus firmus traité en canon et qui n’est cependant pas tenu par les voix mais plutôt par trois hautbois à l’unisson dans le registre aigu et par la basse continue avec l’orgue et le violon (contrebasse) dans le registre grave ».
LABIE : « Ce cantique se retrouve dans l’Occasional Oratorio de Haendel ».
LEMAÎTRE : «… Le puissant premier chœur… comprend cinq sections dont la réunion forme un grand motet polyphonique… Chacune des cinq parties emprunte la forme fuguée et se termine par l’énoncée de la mélodie du choral traitée en canon à l’octave (redoublée par les hautbois à l’unisson avec la trompette dans la révision de Wilhelm Friedemann Bach) et l’orgue ».) 
LESIEUR : « Dans l’introduction, l’appel au combat de Luther, trouve un formidable allié dans le contrepoint, le figuralisme et la vitalité rythmique ».
MACIA [Tout Bach, pages 152/153] : «… Pour accompagner les premiers versets du choral de Luther, Bach a conçu un chœur complexe et munificent en ré majeur. Les choristes exposent le poème, verset par verset, dans une sorte de motet avec répétition en canon par une partie de l’orchestre (violons, hautbois, basses à l’unisson)… » NEUMANN : «…Nul besoin des sonorités intenses des trompettes pour épanouir la richesse de la composition. Maîtrise contrapuntique. Force d’évocation venue du texte malgré un soutien instrumental modeste. PIRRO [L’Esthétique de Jean-Sébastien Bach - La formation des motifs, pages 77/78.] : «…La rude suite mélodique paraît aussi dans la cantate BWV 80 chantée sans doute pour la fête de la Réformation de 1730, quand on arrive à ce passage du cantique où Luther évoque le souvenir du démon, ce « vieil ennemi pervers » dont la « cruelle armure » est faite de force et de ruse. [Ce dernier terme de « cruelle armure » ne semble pas paraître « clairement dans le texte ? - « sein grausam rustung ist » + exemple musical] [L’Esthétique de Jean-Sébastien Bach - Les mélodies simultanées, page 122.]: «…Rien n’est plus commun que d’entendre dans les églises luthériennes l’assemblée toute entière participer au chant des chorals. Les voix graves des hommes accompagnent à l’octave inférieure les voix des femmes et des enfants, et la prière s’élève à la fois de tous les cœurs, dans l’accord émouvant des voix. Bach donne à cette pratique de chaque jour un sens remarquable. Dans sa cantate pour la fête de la Réformation, il fait retentir la mélodie énergique du cantique protestant par excellence, Ein feste Burg, chantée à la fois par les basses, les ténors, les alti et les soprani, unis dans une même clameur. Elle éclate fièrement sur ces paroles : « Et quand même le monde serait rempli de démons - Et qu’ils voulussent nous enlacer- Nous n’aurions point si grand’ peur - Sûrement nous aurons l’avantage ». En entendant ces fermes paroles qui, de leur unisson irrésistible, dominent le tumulte de l’orchestre, on croit assister à la solennelle déclaration de constance que publie, quand elle est déjà menacée de toutes parts, une foule étroitement groupée, forte des mêmes espoirs et de la même foi (Renvoi -similitude- à BWV 29 sur l’Amen) ». [L’Esthétique de Jean-Sébastien Bach - Le commentaire de l’accompagnement instrumental, page 155 ] : «…Dans le premier chœur de la cantate, la mélodie du choral, dont les fragments paraissent déjà dans la trame fuguée des voix, éclate aux instruments, exposée par la trompette et le hautbois, puis redite, une mesure plus tard, par les basses de l’orchestre, auxquelles se joignent la pédale de l’orgue, où doit retentir, d’après l’indication de Bach, la trompette de seize pieds (à l’orgue) [Renvoi BG. XVIII 322 et suivantes…?]. Ainsi présenté, le thème du cantique de Luther domine et soutient les voix et l’orchestre. Il les entoure étroitement, comme d’une muraille d’airain poli, aux assises énormes, à la symétrie formidable ». [L’Esthétique de Jean-Sébastien Bach - L’orchestration, pages 243/244.] : « Dans la cantate, Bach prescrit pour le premier chœur, de mettre à la pédale la Posaune de seize pieds » [+ Exemple musical, BG. XVIII, page 319]. PIRRO [J.-S. Bach, pages 144/145] : «…Le choral tient une forte grande place. Le premier chœur est de même forme que certains préludes pour l’orgue. Chacune des phrases de la mélodie est exposée séparément à la fin d’un verset en style fugué, où le thème de ce fragment de cantique est traité. Ce sont les voix accompagnées de l’orchestre, qui préparent ici ces apparitions de la mélodie principale. Elle éclate dans ce choeur, avec une puissance magnifique. Les trompettes et les hautbois la proclament, et les basses de l’orchestre, avec lesquelles gronde la trompette de 16 pieds de l’orgue, la redisent exactement, une mesure après que trompettes et hautbois l’ont entonnée. Les voix continuent leur chant, environnées ainsi par une sorte de muraille merveilleuse ».
ROBERT : «…Réfutation des hypothèses d’André Pirro (page 78): « La citation d’une ligne du premier chœur de la cantate 80, paraît assez probante de prime abord.. La descente sur « sein grausam rünstung ist » paraît bien être volontairement consacrée à souligner les mots « sa cruelle armure ». Il s’agit du démon. En y regardant de près on constate qu’elle n’est pas autre chose qu’une légère variante de la phrase mélodique consacrée à ce vers du célèbre choral de Luther…» ROMIJN : «…La cantate débute sur l’un des plus beaux et des plus somptueux mouvements choraux de Bach… « Ein feste Burg ist unser Gott, l’hymne luthérien par excellence ». SCHWEITZER [J.-S. Bach, page 194] : «...Dans le premier chœur, Bach a traduit le fort « rempart » par un grand choral fugué dans le genre de Pachelbel ; chaque phrase de la mélodie est traitée en fugue et se termine par un canon sur le thème en augmentation entre les trompettes de l’orchestre et les anches de la pédale de l’orgue. L’ensemble est de dimensions colossale (deux cent vingt-huit mesures) ». SPITTA : «…Le premier mouvement de 228 mesures a une forme à la Pachelbel, excepté que le cantus firmus est confié en canon à la trompette [version de Wilhelm Friedemann]… il « jaillit » comme une gigantesque forteresse imprenable ». WOLFF : «…L’addition d’un troisième hautbois apporte un meilleur équilibre à la partition d’orchestre du nouveau choral d’ouverture [dans la version la plus tardive, vers 1739). Ce mouvement est remarquable non seulement pour sa texture chorale proche du motet de style polyphonique de la période de la Réforme, mais aussi par l’utilisation d’un cantus firmus traité en canon et confié aux parties graves et aiguës de l’orchestre, tel un cadre « instrumental ». Dans ce canon, les trois hautbois à l’unisson font entendre le cantus firmus tandis que le pédalier de l’orgue est utilisé pour renforcer la partie de basse ». 


2] CHORALBEARBEITUNG (ARIA). BAß, SOPRAN. BWV 80/2
  Bass (basse) : ALLES, WAS VON GOTT GEBOREN, / IST ZUM SIEGEN AUSERKOREN. : Tout ce qui est né de Dieu / est destiné à la victoire. Choral : Sopran (soprano) : MIT UNSRER MACHT IST NICHTS GETAN, / WIR SIND GAR BALD VERLOREN. ES STREIT‘ VOR UNS DER RECHTE MANN, / DEN GOTT SELBST HAT ERKOREN. : Notre propre force ne suffit pas, / nous serions même bientôt perdus. / Celui qui combat pour nous, c’est l’homme juste / que Dieu lui-même a élu. Bass (basse) : WER BEI CHRISTI BLUTPANIER / IN DER TAUFE TREU GESCHWOREN, / SIEGT IM GEISTE FÜR UND FÜR. : Celui qui, par la bannière du sang du Christ, / a juré la foi dans le baptême, / triomphe toujours dans l’esprit. Choral : Sopran (soprano) : FRAGST DU, WER ER IST ? / ER HEIßT JESUS CHRIST, / DER HERRE ZEBAOTH, / UND IST KEIN ANDRER GOTT, / DAS FELD MUß ER BEHALTEN. : Tu demandes qui il est ? / Il se nomme Jésus-Christ, / le Seigneur Sabaot, / et il n’y a pas d’autre Dieu. / Il
doit rester maître du terrain.
Bass (basse) : ALLES, WAS VON GOTT GEBOREN, / IST ZUM SIEGEN AUSERKOREN. : Tout ce qui est né de Dieu / est destiné à la victoire.

Luther, strophe 2 = EKG 201/2.
Ré majeur (D Dur), 77 mesures, C BGA Jg. XVIII. Pages 351 à 356 | ARIA. | Oboe | Violino I. II. e Viola in unisono. | Soprano. | Basso. | Continuo.
NEUMANN : Quatuor : Violons et hautbois, Basse, soprano. Cantus firmus orné. Imitations au cantus firmus. Renvoi BWV 80a/1 [Sämtliche, page 278]. Fac-similé de cet air dans BWV 80a3]. Dimanche Oculi. BASSO [Jean-Sébastien Bach, volume 2, pages 363/364] : «…dans l’aria de la basse [2] s’insère, en manière de trope juxtaposé au texte de Franck, le choral entonné par le soprano et librement doublé par un hautbois…» BOMBA : «…air relié au cantus firmus. Tandis que la basse, avec le concours des cordes jouant à l’unisson, fait ressortir les aspects combatifs du texte, le soprano renforcé par hautbois, chantant le cantus firmus orné, insiste sur le lien avec le choral…» BOYER (Les mélodies des chorals…Pages 144 à 146] : «…L’élaboration de (2] est également remarquable. Il s’agit d’un duo (aria plus élaboration chorale). L’aria est confiée à la voix de basse sur une mélodie libre tandis que le soprano (doublé par un hautbois) expose le cantus firmus légèrement ornée (de type IV). Les cordes et le continuo se voient dotés d’une ritournelle indépendante dont les éléments sont puisés dans ceux du cantus firmus (incipit : trois en doubles croches) ». CANTAGREL [Les cantates de J.-S. Bach., pages 1194 à 1200] : «…Cet air se présente comme un trio, entre les violons et les altos à l’unisson, la basse soliste et le continuo. Mouvement très animé figurant le combat… l’air est structuré comme une aria da capo avec reprise variée et ritournelle, mais l’énoncée du choral respecte la forme Bar du cantique de Luther ». CHAZOT [BCW] : « Dans Alles, was von Gott géboren la basse proclame en vocalises d‘allégresse la certitude de la victoire, opposant ses orgeuilleux passages de coloratur à l‘élan furieux des cordes en doubles croches et aux frictions du continuo, tandis que le soprano (assez librement doublé par le hautbois) couvre l‘ensemble de la deuxième strophe du choral de 1529…». DÜRR : «…L’agitation du morceau en formule descriptive ». FINSCHER : «…Choral en duo qui se situe sur trois plans à la fois. Les cordes exposent des motifs de bataille ; le soprano chante le cantique avec le premier hautbois en l’ornementant légèrement ; la basse déclame avec des vocalises d’allégresse exprimant la certitude de la victoire ». GEIRINGER : «…Les quatre voix chantent avec force à l’unisson la mélodie de l’hymne ». HIRSCH [Die Zahl im Kantatenwerk Johann Sebastian Bachs ] : «…Mélismes sur le mot « auser… kohren ». 49 notes. LEMAÎTRE : «…le duo superpose deux textes et deux techniques : l’air « Alles, was von Gott geboren » chanté par la basse et la seconde strophe du cantique de Luther, exposée par la voix de soprano qui orne la mélodie primitive du choral. Ici le hautbois joue partie liée avec le soprano dont il amplifie l’ornementation tandis que violons et altos à l’unisson marquent cette page par leurs figurations en doubles croches où dominent notes répétées et sauts d’octave…» LESIEUR : « Soprano et hautbois brodent chacun de leur côté leur version du choral de Luther, tandis que la basse poursuit son propre chemin fleuri ». MACIA [Tout Bach, pages 152/153] : «… les versets consacrés à la description de « Satan » sont riches en modulations et en chromatismes -ce qui illustre la lutte implacable entre Dieu et les forces infernales omniprésentes dans le cantique - … Cette bataille, on la retrouve dans les motifs précipités et ardents des cordes lors de la première aria. La basse y exprime avec force vocalise la certitude de la victoire divine, tandis que la soprano, soutenue par les ornements du hautbois, énonce la deuxième strophe du choral de Luther… habile composition à trois niveaux ». NYS, de : «…Forme du quatuor. La ritournelle instrumentale est bien la figuration d’une bataille selon les enseignements de la rhétorique musicale baroque. Une impression encore accentuée par la ligne mouvementée de la basse, s’opposant à la tranquille affirmation du cantus firmus, le chant inébranlable et la teneur de la partie de soprano ». PIRRO [L’Esthétique de Jean-Sébastien Bach - Le commentaire de l’accompagnement instrumental, page 187 ] : «…L’accompagnement instrumental décrit aussi, avec une véhémence plus soutenue encore, cet excès d’énergie que traduisent déjà les motifs longuement épanouis du chant. .. C’est un débordement de motifs envahissants, de gammes tumultueuses, une musique de chevauchée, qui se déploie dans un cliquetis furieux. Citons en particulier l’accompagnement de l’air de basse et de soprano « Tout ce qui est né de Dieu est élu pour la victoire » [+ Exemple musical des violons à l’unisson. BG. XVIII, page 351]. [L’Esthétique de Jean-Sébastien Bach - L’orchestration, page 216] : « Pendant l’air de basse avec choral, les violons et l’alto à l’unisson, ne cessent de s’agiter, dans un violent cliquetis où semblent retentir des clameurs cuivrées [+ Exemple musical, BGA. XVIII, page 351). « Tout ce qui est né de Dieu est élu pour la victoire ». Telles sont les paroles de cet air, dans lequel résonne ce que les contemporains de la jeunesse de Bach appelaient, sans hésiter, un bruit de guerre ». SCHWEITZER [J.-S. Bach, page 194] : «...Le texte du second verset parle de Christ « le héros élu de Dieu », qui vient combattre pour les fidèles. Bach dépeint le tumulte de la bataille par un motif très caractéristique qu’on rencontre souvent dans ses œuvres [exemple musical]. Au milieu de ce tumulte, le soprano chante le choral comme pour appeler au secours et le héros répond par des cris de triomphe ». 
SPITTA [Johann Sebastian Bach, volume 3, page] : « Une similitude de ce mouvement avec le duo pour soprano et basse de la cantate BWV 79/5 ne peut être écartée… »  
WITTOLD : «…Le héros élu de Dieu qui vient combattre pour les fidèles. Tumulte. Le soprano chante le choral ».


3] REZITATIV BAß. BWV 80/3
E
RWÄGE DOCH, KIND GOTTES, DIE SO GROßE LIEBE (Wustmann: « dieses große Lieben »), / DA JESUS SICH / MIT SEINEM BLUTE DIE VERSCHRIEBE (Wustmann : « verschrieben »), / WORMIT ER DICH / ZUM KRIEGE [Variante : Siege] WIDER SATANS HEER UND WIDER WELT UND SÜNDE / GEWORBEN HAT ! / GIB NICHT IN DEINER SEELE / DEM SATAN UND DEN LASTERN STATT ! / LAß NICHT DEIN HERZ, / DEN HIMMEL GOTTES AUF DER ERDEN, / ZÜR WÜSTE WERDEN ! / BEREUE DEINE SCHULD MIT SCHMERZ, / DAS CHRISTI GEIST MIT DIR SICH FEST VERBINDE !

Songe donc, enfant de Dieu, à l’immense amour que Jésus s’est fait un devoir / de te démontrer par son sang, / avec lequel il t’a enrôlé / dans la guerre contre la légion de Satan, contre le monde et le péché ! / N’accorde pas place en ton âme / à Satan et aux vices ! / Ne permets pas que ton cœur / paradis de Dieu sur la terre, / sois dévasté ! [devienne un désert ?] / Repends-toi en grande affliction de tes péchés, / afin que l’esprit du Christ / s’unisse fraternellement à toi !

Texte de Salomon Franck.

Si mineur (h moll) fa dièse mineur (fis), 25 mesures, C
BG Jg. XX1. Page 357 | RECITATIVO. | Basso. | Continuo. (arioso à la mesure 14).
NEUMANN. Basso ; Continuo. Secco et arioso. Renvoi à la cantate BWV 80a/2.

BOMBA : «…Dans chacun des récitatifs (mouvements 2 et 3) Bach souligne la dernière ligne du texte en lui donnant la forme d’un arioso ». CANTAGREL [Les cantates de J.-S. Bach., pages 1194 à 1200] : «…Attaqué sur une vigoureuse dissonance, ce récitatif développe le commentaire donné par l’air précédent et s’achève en un long arioso qui s’épanouit sur les derniers mots dans un climat de tendresse et de confiance ».
DÜRR : «…Arioso sur les mots « Das Christi Geist mit dir sich Fest verbinde ».
FINSCHER : «…un récitatif dont la conclusion prend des accents d’arioso fortifié par des esquisse symboliques de canon entre la partie vocale et la basse générale ».
MACIA [Tout Bach, pages 152/153] : «…Récitatif secco de la basse, qui se transforme en arioso ». NEUMANN : [Sämtliche von J. S. Bach vertonte Texte page 278]. Fac-similé de cet air dans BWV 80a3. PIRRO [L’Esthétique de Jean-Sébastien Bach - Formation rythmique des motifs, page 94] : «…C’est encore par des tenues que Bach interprète l’idée de résistance. Il interrompt la suite mesurée du chant par des notes accentuées à contretemps, qui contrarient le mouvement, se dressent comme des obstacles au milieu du courant sonore, le heurtent et le détournent. Le rythme syncopé, se traîne péniblement. L’élan mélodique des motifs est brisé par des arrêts imprévus, et ils prennent une allure chancelante, à la fois incertaine et accablée, semblable à la démarche d’un homme enchaîné. Cette image autorise la représentation des mots liens, lier, par des notes liées en groupes rythmiques qui entravent la progression attendue des phrases chantées… Bach emploie cette figure maintes fois ». [+ Exemple musical, BG. XX1, page 47]. Renvois à la cantate BWV 31 [BG. VII, page 35] ; BWV 80 [BG. XVIII, page 357]. [L’Esthétique de Jean-Sébastien Bach - La traduction du texte, page 270.] : « Le récit de basse de la cantate s’ouvre par une dissonance, avant ces mots: « Considère donc, enfant de Dieu, le grand amour ». Ici la dissonance a pour fonction de donner plus de solennité à ce début de récitatif, en requérant plus énergiquement l’attention de l’auditeur » [+ Exemple musical, BG. XVIII, page 357].


4] ARIE SOPRAN. BWV 80/4
KOMM IN MEIN HERZENSHAUS, / HERR JESU, MEIN VERLANGEN ! | TREIB WELT UND SATAN AUS / UND LAß DEIN BILD IN MIR ERNEUERT PRANGEN ! / WEG, SCHNÖDER SÜNDENGROSS !

Établis ta demeure en mon cœur. / Seigneur Jésus, objet de mon désir ! / Chasses-en le monde et Satan / et fais-y de nouveau resplendir ton image ! / Que disparaisse enfin l’odieux et horrible péché !  

Salomo Franck
Si mineur (h moll), 36 mesures, 12/8
BGA. Jg. XVIII. Pages 358/359 | Soprano. | Continuo.
NEUMANN. Arie sans da capo. Partie de continuo, Soprano. Renvoi BWV 80a/3.

CANTAGREL [Les cantates de J.-S. Bach., pages 1194 à 1200] : «…air tendre aux reflets mélancoliques. ..mais la, section médiane (B) s’anime pour chasser la tentation diabolique avec des sauts dans l’aigu, Aus ! ou Weg ! mots intraduisibles séparément mais qui correspondent en langue allemande à des gestes vigoureux pour chasser ou rejeter…. » FINSCHER : «…Colorations vibrantes de ferveur…aspiration de l’âme à Jésus ».
MACIA [Tout Bach, pages 152/153] : «…aria touchante de la soprano avec basse continue en si mineur –aspiration émue de l’âme à Jésus- Christ, marquée de coloratures ardentes…»
NYS, Carl de : «…Noter la tonalité de l’aria en si mineur, à la basse continue ».
WHITTAKER : «…Invitation au Christ. Le texte rappelle une autre cantate de l’époque de Weimar, la cantate BWV 61/3 ».


5] CHORALCHORSATZ. BWV 80/5
UND WENN DIE WELT VOLL TEUFEL WÄR / UND WOLLTEN UNS VERSCHLINGEN [Variante: Wollt’n uns]. | SO FÜRCHTEN WIR UNS NICHT SO SEHR, / ES WOLL UNS DOCH GELINGEN. | DER FÜRST DIESER WELT, / WIE SAUR ER SICH STELLT, / TUT ER UNS DOCH NICHT, / DAS MACHT, ER IST GERICHT‘, / EIN WÖRTLEIN KANN IHN FÄLLEN.

Et même si le monde était plein de démons / prêts à nous dévorer, / nous n’éprouvons pas réellement de crainte, / sachant que nous en viendrons à bout. / Le prince de ce monde, / autant de mal qu’il se donne, / ne peut rien contre nous / puisque devant le juge, / une simple parole peut causer sa perte.

Luther : EKG 201/3.

Ré majeur (D Dur), 119 mesures, 6/8
BGA. Jg. XX1. Pages 360 à 371 | CHORAL. | Tromba I. | Tromba II. | Tromba III. | Timpani. | Oboe d‘amore I. | Oboe d‘amore II. | Taille. | Violino I. | Violino II. | Viola. | Soprano, Alto, Tenore, Basso in unisono. | Continuo.
NEUMANN. Parties instrumentales indépendantes. Forme ritournelles  encastrées. Cantus firmus au chœur, à l’unisson. Trompete I-III, Pauken ; Oboe d’Amore I, II, Oboe da caccia ; Streicher ; B.c.

BASSO [Jean-Sébastien Bach, volume 2, page 274] : «…Tempo de danse, ici la gigue. Mélodie allongée sur un riche tapis instrumental. Avec chœur appelé à une vigoureuse intervention à l’unisson ».
BOMBA : «…le choral revient dans le mouvement n° 5, interprété à l’unisson par la basse et le ténor (du chœur) inséré dans un mouvement de concerto dont le travail thématique se développe à partir du début de la mélodie du choral ». BOYER (Les cantates sacrées, pages. 201/202] : «…Orchestre indépendant. C.f. aux voix du chœur à l’unisson ».
BOYER (Les mélodies des chorals… pages 144 à 146] : «…Nouvelle élaboration de chorale de type II (choral incrusté). Deux hautbois d’amour et les cordes exposent une ritournelle instrumentale (qui est dérivée de la texture générale du cantus firmus). La MDC sera exposée verset par verset par le chœur mais, cas unique chez Bach, ni en imitations ni en harmonisations, ici à l’unisson, soprani et alti simplement à l’octave supérieure des ténors et des basses. L’effet est saisissant, donnant à l’ensemble une force et une solidité réclamées par cette image de « forteresse » toujours présente ».
BUKOFZER : «…La lutte entre le croyant et le diable est une monumentale fantaisie chorale en style concertant. Il s’agit là de l’un des rares exemples où toutes les voix chantent le choral à l’unisson ou à l’octave, au milieu du mouvement incessant des contres-motifs de l’orchestre. Le cantus firmus se dresse tel le roc de la foi contre les tentations du monde… appel au combat ».
CANTAGREL [Les cantates de J.-S. Bach., pages 1194 à 1200] : «…La copie prise par Altnikol ne mentionne pas les parties de hautbois, mais celles-ci figurent dans la copie que possédait Wilhelm Friedemann… Tout porte à croire que ces parties ont bien Jean-Sébastien Bach pour auteur ».
FINSCHER : « Retour à l’atmosphère de guerre. Le chœur chante dans un unisson symbolique les versets du choral et l’orchestre, un véritable motif de tumulte de combat ».
GEIRINGER [Jean-Sébastien Bach, page 171] : «...Dans le second chœur ajouté par Bach, les quatre voix chantent avec force à l’unisson la mélodie de l’hymne. Autour d’elles rugit l’orchestre déchaîné, « les ennemis prêts à dévorer » de l’hymne [+ Exemple musical 12]. Quiconque entend ce morceau grandiose comprend que pour le compositeur comme pour l’auteur du texte, le démon représentait une puissance parfaitement réelle ».
HARNONCOURT : «…Les parties de hautbois ne figurent ni dans la copie d’Altnikol ni dans celle du copiste inconnu. Il semble que Bach ne les ait pas consignées dans sa partition et ne les ait composées qu’au moment de la rédaction définitives des voix ».
HOFMANN : «…Bach profite du texte rétif et provoquant présenté par le chœur dans un unisson puissant pour déchaîner dans l’orchestre une atmosphère belliqueuse…»
LEMAÎTRE : «…superbe choral. Comme toutes les pages liées au texte de Luther, il s’établit en ré majeur. Le cantus firmus revient au chœur à l’unisson, c’est à dire que sopranos et altos chantent à l’octave des basses et des ténors. Les voix émergent dans un riche rayonnement instrumental fondé sur un rythme de gigue (à 6/8) ». MACIA [Tout Bach, pages 152/153] : «…strophe du cantique de Luther chantée en ré majeur et à l’unisson… tandis que, sur un thème de gigue, s’installe à l’orchestre une évocation mouvementée de la guerre et du chaos… Il est probable que le sermon devait ensuite séparer la cantate en deux parties…
NEUMANN : « Sans les trompettes, le mouvement ne perd rien de sa force suggestive née de l’antithèse entre l’unisson concentré du chœur et les traits impétueux de l’orchestre ».
NYS, Carl de : «…Mélodie confiée au chœur chantant à l’unisson dans un orchestre très concertant sur un rythme de gigue en ré majeur. La thématique est évidemment développée à partir de la mélodie du cantique (L’intervention des trompettes est due à W. F. Bach … qualifiée de « géniale ».
SCHWEITZER [J.-S. Bach, page 194] : «...La troisième strophe [du cantique] représente l’assaut des démons contre le fort rempart. On entend une sorte de signal figuré par les premières notes du choral ; aussitôt les hordes infernales s’élancent à l’assaut du fort rempart [+ exemple musical]. Le tableau rappelle celui de la lutte de saint Michel avec l’armée de Satan dans BWV19. Au milieu de l’assaut, les fidèles chantent à l’unisson la mélodie du choral et les assaillants retombent anéantis. Renvois aux cantates BWV 62/4 et 79/4 ».
SPITTA : «…une fantaisie chorale… le chœur entier chante le choral à l’unisson…pendant que l’orchestre se manifeste par des figures et sautillements grotesques,… illustration de la troisième strophe [du cantique de Luther] « und wenn die Welt… » de façon aussi grandiose et caractéristique qui soit possible…»
WHITTAKER : «…B. F. Richter dans le Bach Jahrbuch a signalé les modifications apportées par W. F. Bach (les trompettes) ».
WITOLD : «…L’assaut des démons contre la forteresse, d’un symbolisme descriptif ».


6] REZITATIV TENOR. BWV 80/6 [après le Sermon ?]
SO STEHE DANN BEI CHRISTI BLUTGEFÄRBTEN [Variante: Blutgefärbler] FAHNE, / O SEELE, FEST / UND GLAUBE, DAß DEIN HAUPT DICH NICHT VERLÄßT, / JA DAß SEIN SIEG / AUCH DIR DEN WEG ZU DEINER KRONE BAHNE ! / TRITT FREUDIG AN DEN KRIEG ! / WIRST DU NUR GOTTES WORT / SO HÖREN ALS BEWAHREN, / SO WIRD DER FEIND GEZWUNGEN AUSZUFAHREN, / DEIN HEILAND BLEIBT DEIN HORT ! [Variante: Dein Heil !]

Range-toi donc, ô mon âme, sous la bannière / teintée du sang du Christ / et crois ferme que ton chef ne t’abandonnera pas, / que sa victoire / te fraie à toi aussi la voie qui mène à sa couronne ! / Engage-toi d’un cœur joyeux dans la guerre ! / Il te suffit d’écouter et de mettre en pratique la parole de Dieu / pour que l’ennemi soit forcé de battre en retraite. / Le Sauveur reste ton refuge !

Texte de Salomon Franck.
Si mineur (h moll) Ré majeur (D Dur). 17 mesures, C BGA. Jg. XVIII. Pages 372 | RECITATIVO. | Tenore. | Continuo.
NEUMANN. Tenor ; Cont. Récitatif « secco » avec éléments arioso. Tenor. Renvoi à BWV 80a/4.
CANTAGREL [Les cantates de J.-S. Bach., pages 1194 à 1200] : «…Quelques figuralismes caractéristiques soulignent les mots clefs du texte, « freudig - joyeusement », « gezwungen - contraint », assurés par le continuo, et surtout dans le dernier vers du texte, traité en arioso, Hort - rempart »… DÜRR : « ...arioso sur « Dein Heiland bleibt dein Hort ». HIRSCH [Interprétation symbolique des chiffres dans les cantates de Bach] : «…Un exemple de gématrie Symbolisme du chiffre « 11 » représentant l’excès et le refus de la loi, mais chez Bach choisit comme le symbole des disciples fidèles au Christ. Il y a 11 mesures… avant que ne débute l’arioso. C’est une analogie avec les 11 entrées sur « Herr, bin ich ? dans la Passion selon saint Matthieu ». MACIA [Tout Bach, pages 152/153] : «…récitatif s’achevant en arioso par de superbes vocalises sur les mots « Dein Heiland bleibt dein Hort – Le Seigneur reste ton refuge ».
NYS, Carl de : «…Secco élargi en arioso lorsqu’il est question du Sauveur Dein Heiland…» PIRRO [L’Esthétique de Jean-Sébastien Bach - La formation rythmique des motifs, page 111] : «…Le thème de la joie… il n’est pas de traduction rythmique plus fréquemment employée par Bach que celle-là, ni de plus constante. « Tritt freudig…»
PIRRO [L’esthétique de Jean-Sébastien Bachla formation rythmiques des motifs, page 111] : « Les thèmes de la joie… le caractère brillant de ces vocalises… un emportement enthousiaste, une sorte de virtuosité délirante et ressassée qui correspond merveilleusement aux sentiments d’exaltation qu’elles doivent manifester » [+ Exemple musical sur « Erfreun », BWV 170/3 BG. XXXIII, page 206]. Renvoi aux cantates BWV 83/1 (Erfreut), BWV 156/4 (Freude), BWV 157/4 (Freudig), BWV 80/6 (Freude) et BWV 26 (Freude).


7] ARIE (DUETT), ALT, TENOR. BWV 80/7 WIE SELIG SIND DOCH DIE, DIE GOTT IM MUNDE TRAGEN, / DOCH SELGET IN DAS HERZ, DAS IHN IM GLAUBEN TRÄGT ! / ES BLEIBET UNBESIEGT UND KANN DIE FEINDE SCHLAGEN / UND WIRD ZULETZT GEKRÖNT, WENN ES DEN TOD ERLEGT.

Bienheureux sont ceux qui portent Dieu sur leurs lèvres, / mais plus encore le cœur qui le porte dans sa foi ! / Il demeure invincible et peut battre les ennemis, / et pour finir, sera couronné s’il succombe à la mort.

Texte de Salomon Franck.
Sol majeur (G Dur), 106 mesures, 3/4 BGA. Jg. XVIII. Pages 373 à 377 | DUETTO. | Oboe da caccia. (in F) | Violino. | Alto. |Tenore. | Continuo. Dal Segno (reprise)
NEUMANN. Alto, Ten. Oboe da caccia (in fa) ; Viol. Cont. Forme quintette: Oboe da caccia, Violine, Alt, Tenor, B.c. Forme « canon » et parties vocales à quatre reprises (ritournelle). Renvoi à BWV 80a/5.

BASSO [Jean-Sébastien Bach, volume 2, page 364] : «…structure quadripartie, alternant avec une superbe élégance, épisodes en canon et épisodes homophones ». 
BOYER (Les cantates sacrées, pages 201/202] : «…Canon entre l’alto et le ténor, ritournelle instrumentale ».
CANTAGREL [Les cantates de J.-S. Bach., pages 1194 à 1200] : «…Sur un mètre ternaire de menuet,, merveilleux duo très expressif illuminé de bonheur et de tendresse. Les calmes appuis de la basse continue soutiennent le duo du hautbois da caccia et du violon solo, en imitations, en une phrase qui paraît s’enrouler sur elle-même… Les deux voix solistes reprennent le motif énoncé par les instruments, en tierces ou sixtes parallèles, en imitation, en alternance… »
DÜRR : Parties homophones avec schéma A, A’, B, C (motet).
FINSCHER : «…Duo traité en canon sur de longs passages évoque la félicité des croyants ».
GÉROLD : «…Simplicité charmante. Douce piété liée à l’accompagnement des hautbois da caccia et du violon ».
HALBREICH : « La plus belle page de l’œuvre (Revue Harmonie n° 128, juin 1977) ».
HOFMANN : «…un mouvement beau et expressif avec une instrumentation exquise dans lequel le traitement imitatif du hautbois da caccia et du violon solo établit un climat de subtile musique de chambre où la voix cependant, surtout aux mots « Wie selig sind doch die » et « doch selger ist das Herz » en tierces et en sixtes parallèles, s’exprime avec ardeur et chaleur ».
LEMAÎTRE : «…L’avant-dernier numéro [7] fonctionne comme un double duo sur basse continue : oboe sa caccia et violon d’une part, voix d’alto et de ténor d’autre part qui partagent leur temps entre passages homophones et passages en canon ». LESIEUR : «…Tendre mélodie pour contralto et ténor, d’abord introduite en canon par un oboe da caccia et le violon solo ; puis les deux voix entrent ensemble, et bientôt s’enlacent elle aussi en canon pour louer ceux qui placent leur confiance en Dieu ». 
MACIA [Tout Bach, pages 152/153] : «…Duo au rythme berceur très balancé en sol majeur, en parallèle avec un autre duo entre le hautbois da caccia et le violon solo. Le mouvement est traité en canon durant de longues périodes, tant aux voix qu’aux instruments, avec quelques allusions fugitives aux batailles évoquées dans le reste de la cantate ».
NYS, Carl de : «…Admirable quintette. Imagerie de l’évangile de Luc 11, 27. Le plus grand bonheur qui a inspiré à Bach cette merveilleuse page en sol majeur d’une douceur et d’une sérénité presque surnaturelles. Mixture des timbres du hautbois plus grave et du violon comme celles des deux voix (alto plus grave et le ténor). Un véritable enchantement sonore ». PIRRO [L’Esthétique de Jean-Sébastien Bach - Formation des motifs, page 71] : «…Dans un duo de la cantate Alles was von Gott geboren », composée d’après Spitta pour le troisième dimanche de carême de l’année 1716 (15 mars), se trouvent aussi des tierces altérées. Elles sont jointes aux mots par lesquels s’achève une phrase où sont chantées les victoires promises au chrétien qui « porte Dieu » dans son cœur. La mélodie s’assombrit, et la pensée du triomphe annoncé ne suffit pas à la maintenir dans la joie, quand le poète évoque les heures d’angoisse où la vie s’éteint : « Et il est enfin couronné, lorsqu’il paie son tribut à la mort » [+ Exemple musical, BG.] [L’Esthétique de Jean-Sébastien Bach - La formation rythmique des motifs, page 88.] : «…Bach joint constamment des sons prolongés aux paroles qui éveillent des idées de continuité, de persistance. Ici le mot « bleibet » [+ Exemple musical, BG. page 376 et renvoi à la cantate BWV 6/1, BG. page 155. [L’Esthétique de Jean-Sébastien Bach - Les mélodies simultanées, page 131] : « Dans le duo de la cantate, l’alto et le ténor modulent, en une suite de tierces, les premiers mots de cette phrase : « Combien sont heureux ceux qui portent Dieu dans leur bouche ». Mais quand ils poursuivent par ces paroles : Cependant plus heureux est le cœur, qui le porte dans sa foi », ils empruntent à l’accord plus profond des sixtes comme un surcroît de tendresse chaleureuse, et il semble ainsi que la progression mêle du texte a passé dans la musique et qu’elle rayonne, à cause de ces harmonies nouvelles d’une joie plus intense et plus miraculeuse ». Renvoi à BG. XVIII, page 373]. [L’Esthétique de Jean-Sébastien Bach -Le commentaire de l’accompagnement instrumental, page 155] : « …formes rythmiques. Image chère aux cœurs lassés de vivre. Formule rythmique esquissée à la fin du duo » [+ Exemple musical, BG. XVIII, page 378].. SCHWEITZER : «…Luthéranisme et mysticisme ». WHITTAKER : «…Aria peut-être recomposé à Leipzig à cause de l’instrumentation primitive de Weimar. Division en quatre sections. Mélisme sur « tragen », « Glauben », « trägt » et chromatisme sur « Tod ».


8] CHORAL. BWV 80/8
DAS WORT SIE SOLLEN LASSEN STAHN / UND KEIN‘ DANK DAZU HABEN. | ER IST BEI UNS WOHL AUF DEM PLAN / MIT SEINEM GEIST UND GABEN. | NEHMEN SIE UNS DEN LEIB, / GUT, EHR, KIND UND WEIß, / LAß FAHREN DAHIN, / SIE HABENS KEIN’ GEWINN ; / DAS REICH MUß UNS DOCH BLEIBEN. [Variante: Reich Gottes muß uns / Leipzig 1682-1697]

Qu’ils abandonnent sa parole / et n’en reçoivent pas de récompense. / Pour nous il entre en lice / avec son esprit et ses dons. / Qu’ils nous prennent la vie, / les biens, l’honneur, femmes et enfants, / qu’ils nous envoient dans l’au-delà, / ils n’en auront aucun profit : / Le royaume nous restera conservé.

Luther EKG 201/2.
Ré majeur (D Dur). 16 mesures, C BGA. Jg. XVIII. Page 378 | CHORAL. | Melodie : „Ein‘ Feste Burg“. Uniquement les parties vocales et la basse continue.
NEUMANN. Sopr., Alto, Ten. Baß. Instrumentation non précisée. Simple choral harmonisé. Sans indication des instruments colla parte.

BOYER [Les mélodies des chorals… pages 144 à 146] : «…La MDC 025 est présentée dans une harmonisation de type I avec instruments colla parte. Bach revient à une simplicité relativement traditionnelle. En effet, il existe tout un groupe de cantates dont la fin plus introspective ne rejoint pas la vigueur du début ».
CANTAGREL [Les cantates de J.-S. Bach., pages 1194 à 1200] : «…La quatrième et dernière strophe du cantique de Luther est naturellement appelée à conclure la cantate, en harmonisation homophone. Si l’instrumentation n’est pas précisée dans la copie prise par Altnikol, elle apparaît sur une copie plus tardive, selon les règles habituelles, cordes et hautbois doublant les parties vocales correspondant à leurs registres ». GEIRINGER [Jean-Sébastien Bach, pages 171/172] : «...Le combat est terminé quand nous arrivons à) l’harmonisation de choral de la fin. L’hymne, pour la quatrième fois, se fait entendre et l’assemblée des fidèles exprime en un simple chant sa foi dans le règne éternel de la foi chrétienne ».
HIRSCH : « Dans la tradition, le chiffre 11 représente l’excès, le refus de la loi qui est symbolisée par le chiffre 10. Chez Bach pourtant, il semble être choisi comme symbole des disciples fidèles au Christ…. Le choral « Qui espère en Dieu et lui fait confiance… » a la structure 11 – 11 – 11 – 11 –7 – 11 – 5 - 11 – 11 (89 mesures). Renvoi au récitatif de la cantate BWV 80/7 « alors sois fidèle au Christ » a 11 mesures avant l’arioso de BWV 22/1 « Jésus se fit accompagner par les 12 disciples a également 11 mesures.
MACIA [Tout Bach, pages 152/153] : «…simple harmonisation du choral de Luther ».


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WHITTAKER, W. Gillies : The Cantatas of Johann Sebastian Bach. Sacred & Secular Oxford U.P. 1959-1985
Tome 1, pages131, 221 à 227, 236, 238, 456, 472 et 645. Tome 2, pages 272, 286, 296 et 300
VIGNAL, Marc : Les Fils de Bach. Les chemins de la musique (l’héritage de Bach), Fayard. 1997 pages 68 et 69
WITOLD, Jean : D’où vient l’art de Bach ? Pierre Horay. 1957. Pages 27/28
WOLFF, Christoph : L’orgue dans les cantates de Bach. Coffret Teldec Das Kantatenwerk, volume 13, pages 11/12
: Notice de l’enregistrement de Ton Koopman, volume 22. 2006 : Les éditions d’époque des compositions de Bach et des livrets de ses cantates. Harnoncourt, volume 18, page 8
WUSTMANN, Rudolf : J.S. Bachs geistliche und weltliche Kantatentexte. Breitkopf & Härtel, 1913-1967. Pages 303 à 305
ZWANG, Philippe et Gérard : Guide pratique des cantates de Bach. R. Laffont 1982. ZK 95, pages 171/172
Réédition révisée et augmentée. L’Harmattan 2005


DISCOGRAPHIE BWV 80

BACH CANTATAS WEBSITE : 
Discographie établie par Aryeh Oron. Elle est ici proposée sous une forme sensiblement allégée avec, parfois, quelques précisions relatives aux références et aux dates. Les numéros 1] et suivants indiquent l’ordre chronologique de parution des enregistrements.
24 références (octobre 2000 - décembre 2010) + 19 mouvements individuels (octobre 2000 - août 2010).
Exemples musicaux. Aryeh Oron (janvier 2003 - janvier 2005).

18] ANTAL, Matyas: Hungarian Radio Chorus. Failoni Chamber Orchestra of Budapest. Budapest. Janvier 1992. Durée : 21’01 CD Naxos 8.550642. Volume 2. Avec la cantate BWV 147
21] GARDINER (volume 10). The Monteverdi Choir. The English Baroque Soloists. Soprano : Joanne Lunn. Contre-ténor : William Tower.
Ténor : James Gilchrist. Basse : Peter Kooy.. Bach Cantata Pilgrimage. 31 octobre 2000. Chapelle du château de Wittenberg (D)
Durée : 25’09. CD Soli Deo Gloria (SDG) 110. 2005. Avec les cantates BWV 79 et 192
6] GÖNNENWEIN. Süddeutscher Madrigalchor & Consortium Musicum. Soprano : Elly Ameling. Mezzo-soprano : Janet Baker.
Ténor : Theo Altmeyer. Basse : Hans Sotin. Marbach Stadhalle (D). Juillet 1967. Durée : 29’09
Disque EMI Electrola 06329017. Avec la cantate BWV 79
Reprise en Coffret EMI Classics 7243 5 68752 2 7 1967. Avec les cantates BWV 51, 140, 106, 82 et 147
Reprise. Coffret (2 CD). Consortium Musicum. EMI Classics 7243 4 76936. 1995. avec les cantates BWV 140, 147 et le motet BWV 227
10] GRIMES, Frederic & Nancianne Parrella. The Holy Trinity Bach Choir & Orchestra. Trinity Lutheran Church. New York (USA.
12 juillet 1979. CD Holy Trinity Lutheran Church HTL-1979. Avec les pièces d‘orgue BWV 720 et 657
9] HARNONCOURT (volume 21). Wiener Sängerknaben. Chorus Viennensis. Concentus Musicus Wien. Garçon soprano : Wilhelm Wiedl.
Alto : Paul Esswood. Ténor : Kurt Equiluz. Basse Rund van der Meer. Wienne 1978. Durée : 22’58.
Disque Teldec 6. 35363-00-501-503 (SKW 21/1-2). Das Kantatenwerk , volume 21. 1978
CD Teldec 4509-91759 2 Das Kantatenwerk - Sacred cantatas Volume 5. Coffret de six CD avec les cantates BWV 79 à 99.
CD Teldec 8-35363 ZL 242577-2. Volume 21. 1989
Reprise Bach 2000. Teldec, volume 2. Coffret de 15 CD. Septembre 1999. Cantates 48 à 52. 54 à 69. BWV 69a. BWV 70 à 99
Reprise Warner Classics CD 8573-81185-5. Intégrale en CD séparés, volume 25. 2007
17] HERREWEGHE. La Chapelle Royale. Collegium Vocale Gent. Soprano : Barbara Schlick. Alto : Gérard. Lesne. Ténor : Howard Crook.
Basse. Peter Kooy. Janvier 1990. Durée : 24’18
CD. Quatre tirages successifs Harmonia Mundi France 901326. Avec le Magnificat
22] KOOPMAN (volume 22). Amsterdam Baroque Orchestra & Choir. Soprano : Sandrine Piau. Alto : Natalie Stutzmann. Ténor : James
Gilchrist. Basse : Klaus Mertens. Durée : 21’58. Mouvements 3 et 4 : mai 2002. Mouvement 2 : septembre- octobre 2002.
Mouvements 1, 5 et 8 : octobre 2003
CD Antoine Marchand CC 72222. 2006. Avec les cantates BWV 30a et Messe BWV 236
12] LEPPARD. London Voices. English Chamber Orchestra. Soprano : Elly Ameling. Contralto : Linda Finnie. Ténor : Aldo Baldin.
Basse : Samuel Ramey. Église de tous les Saints. Londres (GB). Février 1981. Durée : 27’08
Disque Philips 651 4097. Avec la cantate BWV 140. Cassette audio Philips MC 7337-097.
Reprise CD 422490 avec la cantate BWV 140
Reprise CD Philips 454008 (coffret de 2 CD avec la Passion selon saint Jean (Eugen Jochum).
20] LEUSINK. Holland Boys Choir/ Netherlands Bach Collegium. Église Saint-Nicolas d’Elburg (NL). Avril - septembre 1999
Durée : 24’41. Bach Edition. 2000. CD Brilliant Classics. Volume 4, cantates volume 1
Reprise Bach edition. 2006. CD Brilliant Classics III - 93102 1/47. Avec les cantates BWV 82 et 61
Cette réédition 2006 a fait l‘objet en 2010 d‘une nouvelle édition „augmentée“ (157 CD) comprenant, les partitions et 2 DVD proposant
les Passions selon saint Jean et saint Matthieu.
4] MAUESBERGER. Thomanerchor Leipzig. Gewandhausorchester. Soprano : Agnes Giebel. Alto : Hertha Töpper. Ténor : Peter Schreier.
Basse : Theo Adam. Leipzig. Enregistrement à la Thomaskirche / Leipzig, en octobre 1966. Durée : 28’33
Disque Eterna VEB 8 20 802 (ex RDA). Avril 1968. Avec la cantate BWV 140
Reprise Disque Archiv-Production 198407. 1968. Avec la cantate BWV 80
Reprise CD Leipzig Classics. Bach. Made in Germany. Cantatas II. 00 1821 2 BC. Volume III/2. Avec les cantates BWV 140 et 55. 1999
Reprise en coffret de 5 CD Leipzig Classics 00 1819 2BC. Bach. Made in Germany
15] MÜNCHINGER. Stuttgarter Hymnus Chorknaben Stuttgarter Kammerorchester. Soprano : Gabriele Fontana. Alto : Julia Hamarfi.
Ténor : Gösta Winbergh. Basse : Tom Krause. Église évangélique, Ludwigsburg (D), Février 1984. Durée : 29’12
CD Decca Eclipse 414 045-2 DH. 1984-1985. Avec la cantate BWV 140
24] NELSON, Ralph. Bach Cantata Choir, Portland. Oregon (USA). Live, novembre 2007.Avec la cantate BWV 26 et, Mendelssohn, le
motet à deux chœurs Heilig. CD Bach Cantata Choir, volume 6.
13] OHMURA, Emiko. Bach-Chor Tokyo. Tokyo Cantata Chamber Orchestra. CD Bach-Chor Tokyo (Japan). Live : 14 mai 1983.
Durée : 27’. CD BACH CD 11. « 50 Bach Kantaten ». Chanté en japonais. Avec la cantate BWV 78
1] PROHASKA. Wiener Kammerchor. Wiener Kammerorchester. Choir & Orchestra of the Bach Guild. Soprano : Maja Weis-Osborn.
Alto : Hilde Rössel-Majdan. Ténor : Kurt Equiluz. Basse : Walter Berry. Vienne (A). 1951. Durée : 28‘54
Disque Bach-Guild BG-508 (Première). 1952. DisqueVanguard Classics (USA) CID BTX 33013. 1951
Reprise CD Historical Anthology. The Bach Guild (ex BG-508) / Vanguard Classics. OVC –2543. 1999
Avec la cantate BWV 140 (ex BG-511).
8] RICHTER. Münchener Bach-Chor. Münchener Bach-Orchester. Soprano : Edith Mathis. Alto : Trudeliese Schmidt. Ténor : Peter
Schreier. Basse : D.F. Dieskau. München. Herkules-Saal. Munich. Février 1977 – mai-juin 1978. Durée : 26’29
Disque Archiv Produktion II. 2722.030. 1979 Coffret de 6 disques Archiv Produktion2722 030/2564 178.
Volume V. Sunday after Trinity II
Reprise en CD Archiv Produktion. Coffret de 3 CD 413.646-2. Avec les cantates BWV 61, 4, 56, 51, 106 et 147
16] RIFKIN. The Bach Ensemble. Pas de chœur. Septembre 1985. Soprano : Jane Bryden. Alto : Drew Minter. Ténor : Jeffrey Thomas.
Basse : Jan Opalach. Durée : 25’41
CD L’Oiseau-Lyre 417 250-2. 1987. Avec la cantate BWV 147
Reprise en coffret de 2 CD (six cantates, BWV 147, 80, 140, 8, 51 et 78). Vers 1995-2000 ?
3] RILLING. 1ère version sous le titre Bach Cantatas. Figuralchor der Gedächtniskirche Stuttgart. Württembergisches. Kammerorchester
Heilbronn. Soprano : Antonia Fahberg. Contralto : Margarethe Bence. Ténor : Theophil Maier. Basse : Ulrich Schaible. 1964
Durée : 31‘11. Disque Vox Reprise en coffret Vox Bach Cantatas (3 CD).
14] RILLING. 2ème version. Indiana University Chamber Singers. Bach Collegium Stuttgart. Soprano : Arleen Auger.
Alto : Alyce Rogers. Ténor : Kurt Equiluz. Basse : Niklaus Tüller. 1976
Disque (D). Die Bach Kantate. Hänssler-Verlag. Classic. Laudate 98682. 1977. Avec la cantate BWV 165
Disque (F) Erato STU 71072. Les grandes cantates (volume 7). Licence Claudius Verlag. 1977. Avec la cantate BWV 165
14 bis] RILLING. 3ème version. Württembergisches Kammerorchester Heilbronn. Gächinger Kantorei Stuttgart. Soprano : Arleen Auger.
Alto : Gabriele Schreckenbach. Ténor : Lutz Michael Harder. Basse : Philippe Huttenlocher. Gedärchniskirche Stuttgart. Septembre
et octobre 1983
CD. Die Bach Kantate (volume 57). Hänssler Classic. Laudate 98819. 1983. Avec les cantates BWV 115 et 55
Reprise CD. Hänssler edition bachakademie (volume 26). Hänssler-Verlag 92.026. 1999. Avec les cantates BWV 81 et 82
11] ROTZSCH. Thomanerchor. Neue Bachisches Collegium Musicum. Soprano : Arleen Auger. Alto : Ortrun Wenkel. Ténor: Peter Schreier. Basse : The Adam. Paul Gerhardt-Kirche, Leipzig, février 1981- janvier-février 1982. Durée : 25’55 CD VEB Edition Eterna (ex RDA 1983). Avec la cantate BWV 79. Reprise CD Berlin Classics 00221762BC. 1994. Avec les cantates BWV 79, 192 et 50 Reprise CD Leipzig Classics CD 1981-1983-1984. Bach made in Germany Volume 4. Cantates X Reprise des enregistrements de Hans-Joachim Rotzsch. Leipzig Classics 001823 2BC Bach made in Germany. Volume IV. Coffret de 11 CD. 1999 7] SOMARY, Johannes. Amor Artis Chorale. English Chamber Orchestra. Soprano : Felicity Palmer. Alto : Helen Watts. Ténor : Robert Tear. Basse : Michael Rippon. Conway Hall. Londres (GB). 1974. Durée : 28’57.
Disque Vanguard Classics VCD-72000. 1974. Avec l’Oratorio BWV 11
Reprise CD Vanguard Classics SVC-105 HD (USA). 1999. Avec la cantate BWV 11
23] SUZUKI (volume 27). Bach Collegium Japan. Soprano : Suzanne Rydén. Contre-ténor : Pascal Bertin. Ténor : Gerd Türk. Basse : Peter
Kooy. 6 au 9 septembre 2003. Kobe Shoin Women‘s University Chapel. Japan. Durée : 23’40
CD Bis-CD-1421. Distribution en France en 2005. Avec les cantates BWV 5 et 115
19] THOMAS, Jeffrey. American Bach Soloists Choir. American Bach Soloists. Soprano : Catherine Bott. Alto : Daniel Taylor. Ténor :
Jeffrey Thomas. Basse : William Sharp. Janvier 1995. Durée : 23’18
CD Koch International Classics. Volume VI. Avec les cantates BWV 140 et 78
5] VANDERNOOT, André. Bach Chorus & Orchestra of the Amsterdam Philarmonic Society. Soprano : Agnes Giebel. Alto : Wilhelmine
Matthès. Basse : Heinz Rehfuss. Durée : 28’08. 1966
Disque Cantate et reprise disque sous label Vanguard avec la cantate BWV 104.
Reprise CD BMC The Bach Collection. Bach 723 (à partir du disque Cantate).
Avec les cantates BWV 68 K. M. Ziegler) et BWV 76 (W. Ehmann).
2] WERNER. Heinrich Schütz Chor Heilbronn. Pforzheim Chamber Orchestra. Soprano : Ingeborg Reichelt. Alto : Hertha Töpper.
Ténor : Helmut Krebs. Basse : Franz Kelch. Ilsfeld (D). Octobre 1959. Durée : 29’34
Disque Erato 50.043 (mono) et STU 70043 (stéréo). 1964. Les Grandes Cantates (volume 5). Avec la cantate BWV 87
Reprise disque Erato-Christophorus (licence USA ?)
Reprise CD Erato /Warner Classic 4509-97405-2 (coffret de deux CD avec les cantates BWV 76, 6, 67, 87 et 31. 1994/1995
Reprise CD Warner Classics 2564 61402-2, volume 2/8. Coffret de 10 CD. 2004


MOUVEMENTS INDIVIDUELS BWV 80

M- 1-Mvt. 8] Stokovsky, Leopold. Philadelphia Orchestra. Disque Victor HMV. Music & Arts. Octobre 1933. Report CD
M- 2-Mvt; 8] Stokovsky, Leopold. Bach Transcriptions. Disque Pearl, avril 1939. Report CD
M- 3-Mvt. 8] Stokovsky, Leopold. Bach Transcriptions. All-American Youth Orchestra. Disque Columbia Cala. Avril et juillet 1941.
Report CD
M- 4-Mvt. 8].Stokovsky, Leopold, Symphony Orchestra. Disque Capitol EMI. Août 1957, février 1958. Report CD
M- 5-Mvt. 8] Eugène Ormandy. Mormon Tabernacle Choir. Philadelphia Orchestra. Disque Sony Classics. 1958-1962. Report CD
M- 6-Mvt. 8] Herman Kreutz. Bachchor Gütersloh& Figuralchor der Gedächtnskirche Stuttgart. Disque Cantate. Juin 1968.
Report CD Cantate 57617
M- 7-Mvt. 8] Transcription pour Orgue. Power Biggs. Disque Baroque Music Club. 1968. Report CD
M- 8-Mvt. 8] Stokovsky, Leopold. London Symphony Orchestra. Disque RCA Gold. Avril 1974. Report CD (2 éditions)
M- 9-Mvt. 8] Dr. Jerold D. Ottley. Mormon Tabernacle Choir. Columbia Symphony Orchestra. CD Sony Classics. Février 1981
M-10-Mvt. 5] Elmer Iseler Singers. Mainly Mozart Orchestra. CD CBC 1985
M-11-Mvt. 1] Transcription pour quintette à vent et orgue. The Empire Brass. Organ Douglas Major. CD EMI Classics 1986
M-12-Mvt. 8] Transcription pour chœur a capella. Ward Swingle. Swingle Singers. CD Virgin Classics. Mars 1991. Deux éditions
M-13-Mvt. 5] Transcription pour trompette. Arnold Mehl. Bach Trompetenensemble München + orgue. CD Ars Musici, août 1994
M-14-Mvt. 1] Wolfgang Sawallisch. Philadelphia Orchestra. CD EMI Classics, mars 1995
M-15-Mvt. 7] Kurt Redel. Pro Arte Orchestra. CD Erato “Bach essentials. Novembre 1996
M-16-Mvt. 8] Nicol Matt. Nordic Chamber Choir. Bach Edition, volume 23. CD Brilliant Classics / Bayer Records. Juin 1999
Bach Edition 2006 (Intégrale). CD Brilliant Classics 93102/137. V/31.
M-17-Mvt. 8] Transcription pour trompette et orgue. Phil Snedecor et orgue Paul Skevington. CD Summit, juin 2002
M-18-Mvt. 1] Empire Brass Quintet. Orgue: William Kuhlman. CD Telarc. 2003
M-19. Mvt. 8] José Serebrier. Bournemouth Symphony Orchestra. CD Naxos 8 572050. Bach Transcriptions. Live 17 et 18 avril 2008




CANTATES BWV 80a & 80b
ALLES, WAS VON GOTT GEBOREN
Tout ce qui est né de Dieu est destiné à la victoire »

KANTATE AUF DEN SONNTAG OCULI
DOMINICA OCULI
Cantate pour le dimanche « Oculi »
Weimar 24 mars 1715…1716 ? –
&
BWV 80b (Fête de la Réformation) : 31 octobre 1723…et (ou) 1724)


DATATION BWV 80a & 80b

Cantate BWV 80a. Dimanche Oculi. BASSO [Jean-Sébastien Bach, volume1, pages 158/159] : « On remarque qu’à la seule exception de la cantate BWV 80a pour le troisième dimanche de Carême (musique perdue mais matériel réutilisé dans BWV 80), Bach n’écrivit pas de cantates pour la période de Carême, la liturgie en usage à Leipzig ne prévoyant pas l’emploi de Kirchenstück pour ce « temps de l’année ».
BCW : Cantate BWV 80a entendue à Weimar pour le 3e dimanche de Carême (dimanche Oculi). La partition révisée devient la cantate BWV 80b ; elle est donnée à Leipzig entre 1728 et 1731. Troisième exécution, avec de substantielles modifications sous la dénomination définitive de BWV 80, vers 1735-1740.
CHAZOT [BCW] : «…il est à peu près certain que la cantate BWV 80 [à partir de la cantate révisée BWV 80b] a été reprise le 31 octobre 1730 ».
NEUMANN : Dimanche Oculi. Weimar. L’auteur donne le 20 mars 1715 pour la cantate BWV 80a. SCHMIEDER : Texte de Salomo Franck 1715. Weimar, vers 1716. PIRRO [L’esthétique de Jean-Sébastien Bach - Formation des motifs, page 71.] : « Dans un duo de la cantate Alles was von Gott geboren », composée d’après Spitta pour le troisième dimanche de carême de l’année 1716 (15 mars), se trouvent aussi des tierces altérées. Elles sont jointes aux mots par lesquels s’achève une phrase où sont chantées les victoires promises au chrétien qui « porte Dieu » dans son cœur. La mélodie s’assombrit, et la pensée du triomphe annoncé ne suffit pas à la maintenir dans la joie, quand le poète évoque les heures d’angoisse où la vie s’éteint : « Et il est enfin couronné, lorsqu’il paie son tribut à la mort [+ Exemple musical].

Cantate BWV 80b. Deuxième version de la cantate BWV 80a, confondue avec la cantate BWV 80 qui elle-même a bénéficié de révisions ultérieures entre 1728 et 1731. Leipzig : Fête de la Réformation, 1723 et (ou) 31 octobre 1724 et ultérieurement… 1728, 1731…. SUZUKI : BWV 80b : Christoph Wolff estime que BWV 80b, la version que Bach a révisée à Leipzig, a été créée en 1723…elle a pu être interprétée parmi les cantates chorales en 1724. En tenant compte du filigrane du fragment du propre manuscrit de Bach de BWV 80b à Saint-Pétersbourg, Frieder Rempp affirme dans ses notes introductives à la partition [pour la NBA] que l’œuvre a été créée en 1727, en 1728 ou 1731, une supposition qui est en accord avec celle de Klaus Hofmann… »


SOURCES BWV 80a et 80b

Pas de partitions connues pour ces deux cantates.
NBA. I/8. Kritisch Bericht .

BASSO [Jean-Sébastien Bach, volume 2, note 9 de la page 838] : « On a pu supposer que Bach avait utilisé la cantate BWV 163, mais des recherches récentes menées sur la base de deux fragments d’une cantate (BWV 80b), laquelle constituait peut-être l’adaptation de BWV 80a (écrite à Weimar), puis devenue l’œuvre que nous connaissons aujourd’hui (BWV 80, peut-être de 1724), porterait à penser que Bach, pour la fête du 31 octobre 1723, aurait fait jouer la Cantate BWV 80b (Alfred Dürr, Zur Chronologie der Leipziger Vokalwerke J. S. Bach, seconde édition augmentée, Bärenreiter, Kassel 1976, p. 2164, n° 6). Les deux fragments attestant l’existence de la cantate BWV 80b se trouvent respectivement à Paris et à Leningrad : le premier concerne l’ouverture conçue comme un choral simplex à quatre parties (et c’est là l’un des deux cas dans toute la production de Bach - l’autre se trouve dans le BWV 153 - de choral dépourvu d’élaboration et placé en tête de cantate) alors que le second se rapporte à l’air de basse (n° 2)
CANTAGREL [Les cantates de J.-S. Bach, page 424] : BWV 80b = Leipzig 1723… dont il ne reste que des fragments inutilisables…
HOFMANN : « Une partition de Bach qui nous est parvenue à l’état de fragment -elle s’interrompt durant le second mouvement - date des années 1728-1731 si l’on en juge par le type de papier utilisé et présente une première version de la cantate (BWV 80b) où, à la place du grand chœur inaugural que l’on retrouve dans la version tardive, se trouve un simple choral à quatre voix. Cette première version cependant autant que l’on puisse en juger,, n’était de son côté pas une création originale mais provenait plutôt en majeure partie d’une cantate pour le dimanche Oculi avec, comme vers initial « Alles, was von Gott geboren - Tout ce qui est né de Dieu » (BWV 80a que Bach avait composé en 1715 sur un texte du poète de la cour de Weimar, Salomon Franck (1659-1725)…. Cette cantate est malheureusement perdue et il n’y a que le texte qui nous soit parvenu [voir Werner Neumann].
SPITTA [Johann Sebastian Bach, volume 1, page 641] : « Dans le catalogue des œuvres musicales publié en 1761 par Breitkopf & Härtel, le titre ce cette cantate « Alles was von Gott geboren » figure clairement avec le dimanche pour laquelle elle fut composée et la distribution vocale et instrumentale… »[
SUZUKI : « Cantate BWV 80b : La propre partition de Bach n’existe que sous la forme d’une seule page (la première) divisée en trois parties et conservée dans les collections du Musée Adam Mickiewicz (6, Quai d’Orléans, Paris 4e) au Musée Saltikov à Saint-Pétersbourg et dans la collection William Scheide à Princeton aux Etats-Unis. Elle comprend le premier mouvement (choral à quatre voix) et le second mouvement (air pour soprano et basse) jusqu’à la vingtième mesure. Les pages à partir de la seconde et toutes les parties individuelle originales sont perdues ».
.

PÉRICOPE BWV 80a & 80b

Cantate BWV 80a : Dimanche Oculi ou Troisième dimanche de Carême.
Cantate exécutée seulement à Weimar. Pas de musique figurée à Leipzig au temps de Bach pour ce dimanche (tempus clausum).
Lectures Épître aux Éphésiens 5, 1 à 9 [PBJ. 1730]. La vie nouvelle dans le Christ : « Conduisez-vous en enfants de lumière…» Évangile : Luc 11, 14 à 28 [PBJ. 1563/1564] : « Quiconque ne porte pas sa croix et ne marche pas à ma suite ne peut être mon disciple ».
Psaume 25, 15 à 22 [PBJ. 822] : Mes yeux sont fixés sur Yahvé… ». Le nom de dimanche « Oculi » est tiré de la lecture de ce psaume.

Cantate BWV 80b. Anniversaire de la Fête de la Réformation. Il s‘agit de la commémoration des 95 thèses (relatives au „scandale des Indulgences“ de Luther) affichées au porche du couvent des Augustins, à Wittenberg, le 31 octobre 1517.
Lectures :
Épître 2, Thessaloniciens 3, 3 à 8 [PBJ. 1747]. L’Avènement du Seigneur et ce qui le précédera.
Apocalypse 14, 6 à 8 [PBJ. 1810]. Des anges annoncent l’heure du jugement.
[Même occurrence avec les cantates BWV 79, 80 et - peut-être - BWV 192].


TEXTES BWV 80a & 80b

Texte de Salomon Franck  (mouvements 1 à 5) et de Martin Luther (choral n° 6). Renvoi à la cantate BWV 80
BASSO : [Jean-Sébastien Bach, volume 1, page 412]. Cantate de type Neumeister.
CANTAGREL [Les cantates de J.-S. Bach, page 424] : « …De cette cantate, seul le livret de Salomo Franck est connu. On sait qu’elle était destinée au troisième jour de Carême ou dimanche Oculi. Ce jour étant à Leipzig le premier du tempus clausum, la période précédant Pâques d’ou toute musique figurée était bannie, Bach ne put donc la reprendre telle quelle


NEUMANN [Sämtliche von Johann Sebastian Bach vertonte Texte, pages 69/70, 278/279 et 428]. Fac-similé de l’édition du recueil Evangelisches Andachts Opffer, Weimar 1715. Cantates BWV 132, 152, 155, 72, 80a, 31, 165, 185, 168, 164, 161, 162 et 163.
GEIRINGER [Jean-Sébastien Bach, page 170-171] : « Très proche de la « stricte cantate chorale » est le n° 80, Ein feste Burg, qui fut probablement entendue pour la première fois à la fête de la Réforme en 1724. C’est une amplification de la cantate BWV 80a sur un texte de Salomo Franck, composée en 1715 à Weimar. La première section de la cantate originale (BWV 80a) était un arrangement de choral dans lequel le hautbois entonne comme cantus firmus une strophe de Luther « Une puissante forteresse » tandis que la basse fait entendre une contre-mélodie proclamant le triomphant message « Alles, was von Gott geboren, ist zum Siegen auserkoren / Tout ce qui est né de Dieu est destiné à la victoire ». Deux soli précédés de récitatifs venaient ensuite et une simple harmonisation du choral de Luther [note 165 de la page 367: C’était probablement BWV 303 (BJ, 1940-1948, page 11) terminait la cantate. Dans cette version, où se succédaient: arrangement de choral, récitatif, aria, récitatif, aria, harmonisation de choral, l’œuvre offrait une structure symétrique…. BWV 80a : 1] ARIE BAß, SOPRAN. ALLES, WAS VON GOTT GEBOREN Tout ce qui est né de Dieu est destiné à la victoire ».

Voir ce texte dans la cantate BWV 80/2. [ dans celle-ci, le n° 1 est le fameux choral de Luther « Ein feste Burg ist unser Gott »].

NEUMANN. Voir BWV 80/2. Le cantus firmus est ici instrumental au hautbois


2] REZITATIV BAß. ERWÄGE DOCH, KIND GOTTES, DIE SO GROßE LIEBE Voir ce texte dans la cantate BWV 80/3.
NEUMANN : Voir BWV 80/3.

3] ARIE SOPRAN. KOMM IN MEIN HERZENSHAUS
Voir ce texte dans la cantate BWV 80.
NEUMANN. Voir BWV 80/6
Voir ce texte dans la cantate BWV 80/4. 4] REZITATIV TENOR. SO STEHE DENN BEI CHRISTI BLUTBEFÄRBTEN FAHNE NEUMANN. Voir BWV 80/4 Après ce mouvement, pas de choral comme dans la cantate BWV 80/5 ni de récitatif comme dans BWV 80/6

5] ARIE. DUETT ALTO, TENOR. WIE SELIG IST DER LEIB, DER JESU, DICH GETRAGEN NEUMANN : Voir BWV 80/7.

6] CHORAL. MIT UNSER MACHT IST NICHTS GETAN, WIR SID GAR BALD VERLOREN Deuxième strophe du cantique de Luther, remplacée par la quatrième strophe utilisée dans la cantate BWV 80/8 W. NEUMANN – K. NGEIRINGER : Vraisemblablement identique au choral à quatre parties BWV 303 


BWV 80b CHAZOT [BCW] : L‘œuvre (connue sous le nom de BWV 80b et dont nous savons fort peu de choses) fut sans doute réécrite dans la précipitation [à partir de la cantate BWV 80a] et n‘avait pas encore atteint la forme que nous lui connaissons [BWV 80] : le premier mouvement était un sobre choral harmonisé à quatre voix, sans instruments concertants. De la partition de cette cantate BWV 80b n‘ont survécu que deux fragments : celui du premier choral, et un autre d‘un aria de basse (2e mouvement de la cantate BWV 80 dont le texte est inconnu.“


BIBLIOGRAPHIE BWV 80a et 80b

* Ouvrage non consulté
BACH CANTATAS WEBSITE (BCW) :
CHAZOT, Christophe. Notice 2003, l’une des –trop- rares rédigées par un français !
CROUCH, Simon : notice 1998.
ORON, Aryeh : Discussions 1] 22 octobre 2000. 2] 2 novembre 2008. Prévision : 17 mars 2013 (avec la cantate BWV 80).

BACH COMPENDIUM ou Répertoire analytique et bibliographique des œuvres de Jean-Sébastien Bach. Hans Joachim Schulze et Christoph Wolff = Bach-Compendium : analytisch-Bibliographisches Repertorium der œuvre Johann Sebastian Bach. Editions Peters. Francfort-sur-le Main. 1985. BWV 80a = BC A 52
BASSO, Alberto : Jean-Sébastien Bach. Edizioni di Torino. 1979. Fayard. 1984-1985. Volume 1 : pages 158, 159, 406, 407, 409, 412 et 420
Volume 2, pages 44, 336, 362-363, 405, 435 et 834
BWV 80b : Volume 2. Pages 279, 336, 362, 363 et 838
CANTAGREL, Gilles : Les cantates de J.-S. Bach. Fayard. 2010. Page 424
DÜRR, Alfred : Die Kantaten von J.-S. Bach. Bärenreiter. Kassel 1974. Volume 1, pages 225/226
COLLECTIF: Tout Bach. Ouvrage publié sous la direction de Bertrand Dermoncourt. Robert Laffont – Bouquins. Novembre 2009
Jean-Luc Macia : Cantates d’église. Renvoi à la cantate BWV 80, pages 152/153
GEIRINGER, Karl : Jean-Sébastien Bach. Le Seuil 1966. BWV 80a, pages 155, 157, 170. BWV 80 : pages 170, 171. Note 165, page 367
HOFMANN, Klaus : Notice de l‘enregistrement de Maasaki Suzuki, volume 27. 2005
NEUMANN, Werner : Handbuch der Kantaten Johann Sebastian Bachs. VEB. Breitkopf & Härtel Musikverlag Leipzig 1971.
Page 107
: Sämtliche von J. S. Bach vertonte Texte. VEB Leipzig 1974. Page 278. Fac-similé texte, 509 (sources)
: Kalendarium zur Lebens-Geschichte Johann Sebastian Bachs. Bach-Archiv, 20 novembre 1970.
Page 15 (BWV 80a). Page 25 (BWV 80).
PETITE BIBLE DE JÉRUSALEM : Desclée de Brouwer. Editions du Cerf, Paris, 1955.
Dans les références bibliques, apparaît sous l’abréviation « PBJ ».
PIRRO, André : J.-S. Bach. Alcan, Paris. 5e édition. 1919. BWV 80a, pages 145/146
: L'esthétique de Jean-Sébastien Bach. Fischbacher 1907. Minkoff Reprint Genève 1973
Pages : 71 [5].

SCHMIEDER, Wolfgang : Thematisch-Systematiches Verzeichnis der Werke Joh. Seb. Bachs (BWV). Breitkopf & Härtel 1950-1973-1998
Édition 1973, page 109
SPITTA, Philipp : Johann Sebastian Bach, volume 1, page 641
SUZUKI, Masaaki : Note de la production de son enregistrement, volume 27. 2005


DISCOGRAPHIE BWV 80a & b

BCW. Aryeh. Oron (août-septembre 2003) : Choral de la Messe luthérienne en fa majeur (BWV 233) et le Prélude choral BWV 720… choral de la cantate BWV 80b [?] 
M-1. Mouvement choral] Helmuth Rilling. Gächinger Kantorei Stuttgart + Gerhard Gnann à l’orgue. CD Hänssler. Edition Bachakademie, volume 82. Janvier, avril et septembre 1998.


C. Role. Mai 2011

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Last update: May 27, 2011 17:30:00