AVERTISSEMENT
Cette
notice dédiée à une cantate de Bach tend à
rassembler des textes (essentiellement de langue française),
des notes et des critiques discographiques parfois peu accessibles
(2011). Le but est de donner à lire un ensemble cohérent
d’informations et de proposer aux amateurs et mélomanes
francophones un panorama « espéré »
inédit de cette partie de l’œuvre vocale de Bach.
Outre les quelques interventions « CR »
identifiées par des crochets [...] le rédacteur précise
qu’il a toujours pris le soin jaloux de signaler sans ambiguïté
le nom des auteurs sélectionnés. A cet effet il a
indiqué clairement, entre guillemets «…»
toutes les citations fragmentaires tirées de leurs travaux.
Rendons à César...
ABRÉVIATIONS:
(A)
= La majeur →
(a moll) = la majeur
(B)
= Si bémol majeur
BB
/ SPK = Bach Bibliothek / Staatsbibliothek
Preussicher
Kulturbesitz
B.c.
= Basse continue ou continuo
BCW
= Bach Cantatas Website
BD
= Bach-Dokumente (4 volumes, 1975)
BGA
= Bach-Gesellschaft Ausgabe = Édition par la Société
Bach (Leipzig, 1851-1899). J.
S. Bach Werke. Gesamtausgabe
(édition d’ensemble) der
Bachgesellschaft
BJ
= Bach-Jahrbuch
(C)
= Ut majeur →
(c moll) = ut mineur
D
= Deutschland
(D)
= Ré majeur →
(d moll) = ré mineur
(E)
= Mi →
(Es) = mi bémol majeur
EKG
= Evangelisches
Kirchen-Gesangbuch.
(F)
= Fa
(G)
= Sol majeur→
(g moll) = sol
mineur
GB
= Grande-Bretagne = Angleterre
(H)
= Si →
(h moll) = si mineur
NBA
= Neue Bach Ausgabe (nouvelle publication de l’œuvre de
Bach à partir des années 1954-1955)
NBG
= Neue Bach Gesellschatf = Nouvelle société Bach
(fondée en 1900)
OP
= Original Partitur = Partition originale autographe
Ost.
= Original Stimmen – Parties séparées originales
P
= Partition = Partitur
PBJ
= Petite Bible de Jérusalem
PKB
= Preußicher Kulturbesitz, Staatsbibliothek, Berlin
St.
= Parties séparées = Stimmen
La
première lettre -en gras- d’un mot du texte de la
cantate indique la majuscule de la langue allemande. Dans le corps de
ce même texte allemand, le mot ou groupe de mots mis en
italiques
désignent un affect particulier ou un « accident remarquable.
DATATION BWV 80
Leipzig,
31 octobre 1724.
Cette
cantate BWV 80 tire son origine, tout au moins en partie, de la
cantate BWV 80a exécutée vraisemblablement à
Weimar, le 24 mars 1715.
BASSO
[Jean-Sébastien
Bach,
volume II, pages 362 et 363] : Pour la fête de la Réformation,
qui tombait le mardi 31 octobre, on ne dispose d’aucun document
permettant de savoir quelle cantate fut exécutée, mais
on estime probable que Bach ait présenté la cantate BWV
80, transformation d’une cantate de l’époque de
Weimar (BWV 80a), déjà l’année précédente
(1723)… [note 9, page 838) : On a pu supposer que Bach avait
utilisé la cantate BWV 163, mais des recherches récentes
menées sur la base de deux fragments d’une cantate (BWV
80b), laquelle constituait peut-être l’adaptation de BWV
80a (écrite à Weimar), puis devenue l’œuvre
que nous connaissons aujourd’hui (BWV 80, peut-être de
1724), porterait à penser que Bach, pour la fête du 31
octobre 1723, aurait fait jouer la Cantate BWV 80b (Alfred Dürr,
Zur
Chronologie
der Leipziger Vokalwerke J. S. Bach,
seconde édition augmentée, Bärenreiter, Kassel
1976, p. 2164, n° 6). Les deux fragments attestant l’existence
de la Cantate BWV 80b se trouvent respectivement à Paris et à
Leningrad: le premier concerne l’ouverture conçue comme
un choral simple à quatre parties (et c’est là
l’un des deux cas dans toute la production de Bach - l’autre
se trouve dans le BWV 153 - choral dépourvu d’élaboration
et placé en tête de cantate) alors que le second se
rapporte à l’air de basse n° 2]. Originairement,
l’œuvre avait été conçue pour le
dimanche Oculi
de 1715, mais cette fête se situant dans la période de
Carême (3e
dimanche), durant laquelle, - nous le savons - toute musica
figuralis
était proscrite à Leipzig, il ne restait à Bach,
qui avait besoin de disposer d’un matériel musical
approprié, d’autre choix que de réutiliser cette
composition dans un contexte « analogique ». Le
vieux texte de Salomon Franck - Alles,
was von Gott geboren
- s’inspirait de l’évangile de ce dimanche (Luc
11, 14 à 28) racontant la guérison d’un
possédé ».
[Jean-Sébastien
Bach, volume 2, page
269] : «…Peut-être une exécution
exceptionnellement en deux parties, avant et après le sermon.
Renvoi à la cantate BWV 138 ».
BCW
(résumé) : Cantate choral BWV 80a, pour la fête
de la Réforme. Cantate composée en partie à
Weimar pour le 3e
dimanche de Carême (dimanche Oculi),
15 mars 1715. Cantate BWV 80b exécutée à Leipzig
entre 1728 et 1731. La troisième, BWV 80 serait exécutée
à Leipzig entre 1735 et 1740, une version révisée
et augmentée à Leipzig procédant des cantates
BWV 80a et 80b.
BLANKENBURG :
« A propos de sa genèse [cantate BWV 80] fort
compliquée, limitons-nous à dire que l’œuvre
remonte à une cantate écrite à Weimar pour le 3e
dimanche de Carême de l’année 1715 et qui, se
présentant alors comme une cantate pour solistes, commençait
âr le deuxième mouvement de la future cantate BWV 80 et,
de plus, ne possédait pas encoure le chœur basé
sur le choral « Und
wen die Welt
voll
Teufel wär
- Même
si le monde était rempli de diables ».
Du temps de Bach, le cantique luthérien « Ein
feste Burg »
qui n’était pas encore spécialement lié à
la fête de la Réformation, avait été
jusque là principalement rattaché au premier dimanche
de Carême….. Quant à savoir comment la cantate
put bien commencer lors de l’exécution du 31 octobre
1724, puisque l’imposant chœur d’ouverture ne fut
ajouté qu’ultérieurement, c’est là
une question qui n’est certes pas élucidée, car
vers cette époque ce jour faisait purement partie à
Leipzig des fêtes officiellement reconnues et pourvues d’une
musique conforme au culte du jour…»
BRAATZ
[BCW. Discussions, 8 juin 2003]. Voir ci-après à
“Vignal”.
CANTAGREL
[Les cantates de J.-S. Bach.]
: « La situation historique de cette cantate est
particulièrement embrouillée… Si l’original
de la musique de la cantate BWV 80a est aujourd’hui perdu, on
pense que Bach a pu la reprendre dès 1723, à Leipzig,
pour constituer une cantate elle aussi en grande partie perdue « Ein’
feste Burg ist unser Gott », BWV 80b. De la nouvelle
cantate homonyme exécutée en 1724, on ne possède
pas davantage de partition autographes, mais plusieurs copies
anciennes…»
DÜRR.
Chronologie BWV 80a. BWV 61 (2 décembre 1714) – BWV 152
(30 décembre 1714) - *BWV 80a (24 mars 1715) – BWV 31
–21 avril 1715) – BWV 165 (16 juin 1715).
BWV
80 (reprise 1724) : BWV 180 (22 octobre 1724) – BWV 38 (29
octobre) – *BWV 80 (31 octobre – Fête de la
Réformation) – BWV 115 (5 novembre) – BWV 139 (12
novembre).
HERZ :
Page
11 (BWV 80a, sous le titre Alles
was von Gott geboren
le 24 mars 1715)
Page
25 (BWV 80) : 31 octobre 1724 . Ancienne date 1730 ou 1739.
HIRSCH
: Classement CN 19 (Die chronologisch Nummer = numérotation
chronologique). BWV 80a (24 mars 1715 et 80 vers 1732.
HOFMANN :
«…Quant au moment où la cantate a pris sa forme
finale, on ne peut qu’affirmer que cela ne date pas d’avant
le genèse de la version originale de Leipzig (donc pas avant
1728) ni d’après le milieu des années 1740, c’est
à dire l’époque de la plus ancienne source qui
nous soit parvenue : une copie de la main de l’élève
et gendre de Bach, Johann Christoph Altnickol (171-1759)…»
La cantate BWV 80…en plus de sa genèse compliquée
a une postérité tout aussi particulière :
Wilhelm Friedemann Bach (1710-1784)… a, durant son service en
tant qu’organiste à Halle (de 1746 à 1764)
arrangé les deux grands mouvements choraux de cette cantate.,
le premier chœur et le cinquième mouvement, à
l’occasion d’une représentation en tant que
musique de la Réformation et leur a ajouté des
trompettes et des timbales…»
NYS,
Carl de : «…Probablement de 1724 et la fête de la
Réforme 1736 (?)
RIFKIN
: «…Notice complète dans son enregistrement sous
label « L’Oiseau-Lyre » (1985) avec
remise en cause de la datation d’Alfred Dürr. Il avance
1727-1731 ».
SCHWEITZER
[J.-S. Bach,
page 194] : «...La cantate a probablement été
composée pour la fête de la Réformation de 1730,
qui fut célébrée avec un éclat
particulier, car on fêtait, cette année-là, le
deuxième centenaire de la Confession d’Ausbourg (le
premier dimanche qui suivait le 31 octobre, jour où Luther (en
1517) avait affiché ses thèses à l’église
de Wittenberg ».
SCHMIEDER :
1730 ou 1739 (selon Spitta).
SPITTA
[Johann
Sebastian Bach.
Volume 2, page 470, note 534] : « BG. XVIII. N°
80. Il est vraisemblable que tette cantate peut avoir été
composée pour l’année 1739, en référence
avec le jubilé du deux centième. anniversaire de
l’adoption de la Doctrine évangélique par la
Saxe. Le culte se déroula dans les principales églises
le jour de Pentecôte 17 mai mais par commandement express sans
aucune cérémonie particulière. L’Université
commémora cet événement le 25 août. Görner
composa une ode latine à cet effet…»
VIGNAL
: «…Selon le musicologue Peter Wollny, le matériel
de cette cantate fit partie de l’héritage de Wilhelm
Friedmann Bach qui la fit exécuter à Halle (Saxe), dans
une version plus ou moins altérée, exécution
fragmentaire [1] et [5], probablement vers 1761-1763 »…cantate
parodiée, partiellement et pour des raisons inconnues, la
cantate BWV 80, dont le chœur initial… et le choral à
l’unisson n° 5…devinrent respectivement Gaudete
omnes populi et
Manebit verbum Domini :
dans les deux cas, Wilhelm Friedemann ajouta à
l’instrumentation originales trois trompettes et des
timbales ».
Thomas
Braatz [BCW. Discussions, 8 juin 2003] propose une date différente
pour l’exécution de la version « enrichie »
par Wilhelm Friedemann Bach. Il propose la période ou le fils
de Bach était organiste à l’église
Sainte-Sophie de Dresde, c’est à dire entre avril 1733
et le 1er
août 1746 quand il rejoint son nouveau poste à Halle.
L’usage de textes latin dans la cantate BWV 80 dans les
mouvements n° 1 et 5 pouvait mieux être en « situation »
à la cour catholique de Dresde… mais qu’a pu
penser Jean-Sébastien Bach encore vivant à l’époque ?
WOLFF
: «…L’histoire de la cantate BWV 80 est assez
compliquée et commença à Weimar même si ce
ne fut qu’à Leipzig qu’elle assuma sa fonction de
cantate de la Fête de la Réforme (le 31 octobre). En
1724, Bach inséra plusieurs strophes d’un choral de
Luther intitulé « Ein
feste Burg
(1524) dans la cantate BWV 80a « Alles,
was von Gott geboren »,
cantate composée à Weimar ».
[Essai
de synthèse : La date est incertaine dans la forme où
la cantate est connue de nos jours. On sait cependant que ses
origines remontent à l’époque de Weimar et
qu’elle fut créée sous une forme sensiblement
différente référencée BG. BWV 80a.
L’accord s’est fait pour la dater du dimanche 24 mars
1715 mais, selon Joshua Rifkin, de récentes recherches
conduiraient à envisager le même dimanche mais en mars
1716. Selon Alfred Dürr, les découvertes de Rudolf Elvers
et de Wolf Hobohm (dans les années 1970) font présumer
d’une reprise de cette cantate à Leipzig pour la Fête
de la Réformation le 31 octobre 1723, argument repris par
Alberto Basso cette fois avec la référence BWV 80b.
L’œuvre
s’ouvrait par un simple choral à quatre voix qui est
parvenu aujourd’hui sous forme de fragments, le reste de la
musique étant perdu et l’utilisation du texte n’étant
pas attestée. L’autre hypothèse selon laquelle la
version aujourd’hui connue de la cantate BWV 80 fut jouée
le mardi 31 octobre 1724 n’est pas assurée, car aucun
document ne l’a confirmée. Ce fut peut-être la
cantate BWV 76…Toujours selon Joshua Rifkin on peut envisager
pour une reprise de BWV 80b une date légèrement plus
tardive, date située entre 1727 et 1731. De même, en
raison de la disparition des parties originales, on ne peut être
assuré de la date à laquelle Bach substitua au simple
choral de BWV 80b le premier mouvement d’une toute autre
facture qui constitue aujourd’hui la première section
[1] de BWV 80. Il en va aussi de la date de modification de
l’orchestration de la section [5] (parties de hautbois). Alfred
Dürr, rejoint par Joshua Rifkin, fait valoir la ressemblance
entre la cantate BWV 80 avec le premier chœur de la cantate BWV
14 qui est datée de 1735 (exécution le 30 janvier de
cette année) et pense qu’il s’agit d’un même
type d’œuvre et que, finalement la version actuelle de la
cantate BWV 80 aurait pu être entendu pour la fête de la
Réformation, le 31 octobre 1734. En définitif, Spitta,
vers 1870, n’avait pas si mal daté, puisque, à
l’aide d’une argumentation basée sur les lectures
faites à Leipzig le jour de la fête de la Réformation
(Ephoral
[?] Archiv Leipzig acta die Feyer des
Reformation
Feste Leipzig
1755) avait avancé l’année 1730. Mais toutefois
il faut ajouter que dans une note un peu plus lointaine de son
ouvrage (Tome I, page 470), il pensait que la cantate eut pu être
composée en 1739, afin de fêter le Jubilé de
l’adoption par la Saxe de la doctrine évangélique.
Spitta ajoutait que la datation « 1717 »
avancée par son collègue Winterfield était
notoirement fausse.
SOURCES BWV 80
PARTITION
AUTOGRAPHE = ORIGINALPARTITUR
Pas
de sources connues.
PARTIES
SÉPARÉES = ORIGINALSTIMMEN
Pas
de parties séparées originales connues.
COPIES
XVIIIe
SIÈCLE =
ABSCHRIFTEN 18. Jh.
us.
ms. Bach P 177.
Staatsbibliothek Preußicher Kultur Besitz Berlin/West. Ex
Marburg Staatsbibliothek (dépôt), Berlin-Dahlem. Copie
réalisée par Altnikol, le gendre de Bach [Alberto
Basso, Jean-Sébastien
Bach, volume 2, page
363].
Partitur.
P
72 M.
Staatsbibliothek zu Berlin. Preußicher Kultur Besitz. Ex
Marburg Staatsbibliothek (dépôt), Berlin-Dahlem. Au
numéro 1 et 5, morceaux autographes de W. F. Bach. 20
fascicules in 4°. Le chœur d’entrée avec le
texte « Gaudete
omnes populi ».
P
Am 596.
Amalienbibliothek. Berlin. (Kirnberger (?) avec également dans
[5] un texte « Manebit
verbum Domini »
inséré par W. F. Bach
Partitur
Washington (serait-ce la version décrite dans le BWV de
Schmieder sous référence ms P 71 ?) 14
fascicules in 4°.
BASSO
[Jean-Sébastien
Bach, volume 2, page
363] : «…De la partition existent deux copies, dont une
seule digne de foi, celle qui fut réalisée par
Altnikol, le gendre de Bach (BB/SPK P 177), d’où
toutefois sont bizarrement absentes les parties de hautbois (2
d’amour et 1 da
caccia) du 5e
mouvement, peut-être ajoutées par Bach après que
son fidèle élève eut achevé sa copie. Un
autre exemplaire de la partition (BB/SPK P 72) a été
rédigée par un copiste anonyme, et l’on y trouve,
aux numéros 1 et 5, deux morceaux autographes de Wilhelm
Friedmann, qui sont des parodies latines (Gaudete
omnes populi et
Manebit verbum Domini)
des pages écrites par son père, en réélaborant
le texte de Luther, au point que dans le n° 5 la version en latin
suit le texte de la quatrième et non de la troisième
strophe, au grave préjudice naturellement, des intentions
musicales d’origine. Qui plus est, la version de Wilhelm
Friedmann ajoute à l’effectif instrumental un ensemble
de trois trompettes et timbales, en remplacement des deux hautbois
d’amour, mais avec un rajout d’une partie pour la
trompette I, à laquelle est confiée la mélodie
du choral (en canon avec l’orgue) ».
BGA.
(Wilhelm Rust, juillet 1870) signale quatre copies, trois à la
Bibliothèque royale de Berlin et une à la
« Joachimsthal »
Une
première copie d‘Altnikol; une copie d‘un inconnu,
une copie de Friedemann Bach et une copie de Kirnberger (?)
GARDINER :
« Cette œuvre qui, en 1715 à Weimar, avait vu
le jour telle une simple cantate de Carême sur un texte de
Salomo Franck, avait par la suite, à Leipzig, été
soumise à une importante révision. Pour remplacer la
simple harmonisation à quatre voix de l’hymne de Luther
par laquelle il avait ouvert sa cantate en 1724 puis de nouveau en
1730, Bach (dans la dernière décennie de sa vie)…
conçut un nouveau mouvement d’introduction en
contrepoint aussi stupéfiant qu’élaboré
couvrant 228 mesures. Il y renonce à tout prélude
instrumental… les ténors se lancent dans la mêlée…
suivis (imitations en canon) par les trois autres parties vocales en
une sorte de motet ornementé mais d’un archaïsme
bien de mise… »
HALBREICH
: «…Des deux versions, BWV 80 et 80a il n’existe
aucun manuscrit autographe, La version la plus réputée
est une copie faite par l’élève de Bach, J. C.
Altnickol Après 1750, Wilhelm Friedmann l’eut en sa
possession et apporta des modifications aux sections…
ajoutant à la partition trois trompettes et timbales, nouvelle
version en quelque sorte qui sert de base par exemple à
l’enregistrement de Münchinger à la chapelle du
château de Ludwigsburg en février 1984 ».
HARNONCOURT
[Teldec, volume 21] : «… En raison de la
situation extrêmement confuse dans laquelle se présentent
les sources de cette cantate (fragments autographies d’une
version intermédiaire dénuée d’importance :
une copie incomplète due à Altnikol, élève
et gendre de Bach ; une copie incomplète d’un
copiste inconnu ainsi que des arrangements - avec un texte latin -
des mouvements 1 et 5 réalisés par Friedemann Bach,
certaines décisions difficiles à prendre s’imposaient
pour cette exécution…» [celle réalisée
pour le label Teldec / Harnoncourt, volume 21. 1978]
NEUMANN,
Werner : « D’après la reproduction du
texte dans une collection de poèmes de la cour de Weimar,
Salomo Franck (1715), et d’après les indications portées
sur un des premiers catalogues de Breitkopf, il ressort avec
certitude qu’il faut chercher la forme première de la
cantate de la Réformation dans une autre créée à
Weimar pour le dimanche « Oculi » [le troisième
dimanche de Carême]. Bach amena la cantate à sa nouvelle
destination à Leipzig, en ajoutant les premières et
cinquièmes parties et en changeant le choral final.
Malheureusement aucune source musicale originelle ne nous est
parvenue, ni de la version primitive, ni de la version finale ;
l’édition de l’œuvre dut s’appuyer sur
quelques copies dont celle du gendre de Bach, Altnikol [référence
P 177],
semblerait être la plus sûre. C’est l’éditeur
Breitkopf & Härtel qui, s’inspirant à cette
source, imprima pour la première fois la cantate en 1821. La
composition fut à nouveau publiée en 1870, dans le
cadre de l’édition complète de l’œuvre
de Bach ; elle s’éloignait cependant profondément
de la première édition à cause de
l’interprétation très personnelle des sources
faite par l’éditeur Wilhelm Rust. Celui-ci prit en effet
une tardive parodie en latin de la première partie de la
cantate, écrite de la main de Friedemann Bach, ainsi qu’une
semblable déformation de la cinquième partie comme
copie de la partition originelle disparue de Bach. C’est ainsi
que, s’opposant à l’instrumentation simple de la
copie d’Altnikol, la sonorité de plus en plus intense
d’une partie de trompettes et de timbales se glissa dans la
partition ; cette sonorité ne rappelait en rien celle de
Bach. C’est sous cette forme provenant de sources diverses que
l’œuvre de Bach fit son voyage triomphal à travers
les salles de concert et les églises du monde entier. Si notre
enregistrement [Mauesberger / disque Archiv Produktion] fait appel à
la simple orchestration de la copie d’Altnikol et de la
première édition Breitkopf, c’est parce que nous
avons la conviction que nous nous rapprochons le plus de la forme
première de l’œuvre. La cantate de Bach n’a
nul besoin de ces sonorités intenses pour épanouir la
richesse de sa composition. Ceci est particulièrement probant
dans le chœur du début qui, unissant la maîtrise
contrapuntique à la force d’évocation venue du
texte est d’un effet irrésistible, et ce malgré
un soutien instrumental moderne. La célèbre cinquième
partie, écrite sur les paroles fières et triomphantes
de Luther, ne perd sans les trompettes rien de sa force suggestive
née extraordinairement de l’antithèse entre
l’unisson concentré du chœur et les traits
impétueux de l’orchestre ».
WOLFF
[Koopman, coffret CD 22] : «…Gaudete
omnes populi ».
Pièce festive en latin qui vit le jour après 1750. Il
s’agit d’un arrangement de deux mouvements de la cantate
BWV 80 effectué par Wilhelm Friedmann Bach. En 1746, le fils
aîné de Bach fut nommé directeur musical de la
Marktkirche de Halle où il fit assez fréquemment jouer
les œuvres de son père qu’il avait en sa
possession. L’œuvre est une pièce festive en deux
parties. Elle fut exécutée à Halle entre 1761 et
1763 mais on ne sait pas à quelle occasion. Pour cette
exécution, W. F. Bach plaça sur ces deux mouvements de
cantate un texte en latin et rajouta à la partition trois
trompettes et des timbales. Le texte latin du deuxième
mouvement « Manebit
verbum Domini
/ La parole de Dieu
perdurera »
fait référence à la dernière strophe d’un
chant de Luther « Das
Wort sie sollen lassen stahn »
qui apparaît sous forme de choral conclusif à quatre
voix dans la cantate BWV 80 ».
WOLFF
: «…Au cours du temps, cette cantate pour la fête
de la Réforme subit divers remaniements et deux versions
parvinrent jusqu’à nos jours. La version la plus
ancienne, composée entre 1727 et 1731, commence par un simple
choral à quatre voix, tandis que pour la plus tardive Bach
composa un monumental chœur d’ouverture. Malheureusement
la date de cette dernière version ne peut être établie
avec exactitude. Il est probable qu’elle fut liée au
bicentenaire de l’introduction de la Réforme dans la
ville de Leipzig qui fut fêtée avec magnificence en
1739. La source de référence en ce qui concerne la
forme définitive de cette cantate est une copie de la
partition effectuée par le gendre de Bach, Johann Christoph
Altnikol, entre 1744 et 1747 ».
[Essai
de synthèse] : Pas de partition originale ni de parties
séparées autographes. N’existent que des copies
(4) dont une seule est digne de foi [?] C’est celle attribuée
à Christoph Altnikol (1720-1759), présent à
Leipzig entre 1744 et 1747 devenu un gendre de Bach. Elle date de
1745 et est classée sous la référence BB. SPK
P 177 (Staatsbibliothek Preußicher Kultur Besitz Berlin/West.
Ex Marburg Staatsbibliothek (dépôt), Berlin-Dahlem). On
y remarque différentes difficultés liées à
l’orchestration, la basse instrumentale divisées sur
deux lignes dans la section [1] ; l’absence des parties de
hautbois ([5] mais sans doute ajoutées ultérieurement
par Bach et l’absence de l’instrumentation dans le chœur
final [8], particularité retrouvée dans la cantate BWV
119.
Une
deuxième copie est due, réalisée par un copiste
anonyme. Elle est classée BB SPK P 72 (Staatsbibliothek zu
Berlin. Preußicher Kultur Besitz. Ex Marburg Staatsbibliothek
(dépôt), Berlin-Dahlem). C’est la copie la plus
connue (et la plus utilisée) car elle comporte différentes
informations et indications à l’origine de la conception
erronée faite de la cantate BWV 80. Elle appartint sans doute
à W. F. Bach (le Bach de Berlin) et doit remonter aux années
1750-1760. S’y retrouve l’adjonction des trompettes dans
les sections ([1] et [5] d’une inauthenticité manifeste
ainsi que des timbales et la suppression des hautbois. Dans les
sections [1] et [5] on constate des morceaux autographes du fils de
Bach, parties qui sont des parodies latines du Gaudete
omnes populi et du
Manebit verbum Domini,
avec réélaboration [?] du texte de Luther, au point que
dans la section [5], la version latine suit le texte du numéro
[4] et non du numéro [3] du cantique.
Une
troisième copie est connue sous la référence P
Am 596. Amalienbibliothek. Berlin. D’après Werner
Neumann (notice de l’enregistrement Mauesberger), on y
reconnaîtrait la main de Johann Ludwig Krebs (1713-1780) durant
son séjour à Leipzig, de 1726 à 1737.
Une
dernière et quatrième copie est conservée à
Washington ; sans précision ».]
ÉDITIONS
SPITTA
[Johann Sebastian Bach,
volume 2, note 535 de la page 471] : « La cantate fut
publiée vers 1822 par Breitkopf & Härtel à
Leipzig et fut la première gravée et publiée
après la mort de Bach ».
SOCIÉTÉ
BACH
= BACH-GESELLSCHAFT
AUSGABE
(BG)
BGA.
Jg. XVIII (18e
année). Pages
319 à 371. Préface de Wilhelm Rust, juillet 1870.
Cantates
BWV 71 à 80.
NOUVELLE
ÉDITION BACH
= NEUE
BACH AUSGABE
(NBA)
KANTATEN
SERIE I/ BAND 31. KANTATEN ZUM REFORMATIONSFEST UND ZUR ORGELWEIHE
Bärenreiter
Verlag BA 5067. 1987. Herausgegeben von Frieder Rempp. 6 fac-similés.
BWV
80b. Fragment. Pages 65-70. Altere Leipziger Fassung. Bl. 1r
der Autographen Partitur (Oboen : Musée Adam Michiewicz,
Paris, ohne Signatur. Mitte : Saltykow-Sehtschedrin Bibliothek
Leningrad, ohne Signatur ; / Unten : Privatbezitz William
S. Scheide USA). Satz 1 und Satz 2, Anfang. Originalgröße,
11, 5 x 19, 5 / 12 x 22 / 8,5 x 21,5.
BWV
80. Pages 73 à 142. Jüngere Leipziger Fassung. Bl. 1r der
Partiturabschrift von der Johann Christoph Altnickols
((Staatsbibliothek Preußicher Kultur Besitz Berlin/West. Mus.
ms. Bach P
177.
BWV
80 anh (satz 8). Pages 143/144. In des Johann Gottfried Schicht
überlieferten Fassung.
Avec
les cantates BWV 79, 194 et Anhang 194.
Kritischer
Bericht (commentaires). BA
5067 41. 1988. Frieder Rempp.
Cependant
Joshua Rifkin a eu accès à cette édition dès
1986.
AUTRES ÉDITIONS
WOLFF
[Notice de l’enregistrement de Ton Koopman, volume 18] :
«…impression de cette cantate, la première depuis
BWV 71 (1708), en 1821. Elle est présentée par
Friedrich Schneider pour le compte de Breitkopf & Härtel ».
La
première édition chez Breitkopf & Härtel AV
5313 (1881) a été effectuée d’après
celle éditée par Schneider en 1821.
BÄRENREITER
classics.| Bach | Bärenrteiter Urtext.
Sämtliche
Kantaten 12. Bärenreiter TP 1292.
Serie
I. Band 31. Zum Reformationfest und zur Orgelweihe.
Herausgegeben
: Frieder Rempp.
BWV
80b. Fragment. Pages 65 à 70. Bärenreiter-Verlag Kassel
1987.
BWV
80. Pages 71 à 142. Version de Leipzig
BWV
80. Anhang, Satz 8.Pages 143/144.Version Gottfried Schicht. Pages
143/144.
Edition
Note.
Preface
I/31.
BCW.
Partition de la BGA + Réduction chant et piano.
BREITKOPF
& HÄRTEL. Partitions = PB 528 (Albert Becker) et PB 2930
(Schneider). Révision de Max Seiffert (Orch. St., Orgel u.
Cembalo) OB 1183. Réduction chant et piano = EB 7080.
Partition d‘étude (Schering) = EP 687. Partitin du chœur
= ChB 1.
2011
: Partition (60 pages) = PB 4580. Réduction chant et piano (60
pages) = EB 7080. Partition du chœur (20 pages) = ChB 4580.
Parties séparées (orgue, Vl. 1, 2, Vla., Vlc. Vents ) =
Ob 4580.
CARUS.
Die Bach Cantate. BWV 80. Herausgegeben Reinhold Kubik. Partition
(Partitur) = 31.080/00. Réduction chant et piano
(Klavierauszug) = 31.080/03. Partition du chœur (Chorstimmen) =
31.080/05. Harmonie (Harmoniestimmen) = 31.080/09. Oboe I, II, III =
31.080/21 à 23. Trompette I, II, III = 31.080/31 à 33.
Timbales (Pauken) = 31.080/41. Parties séparées (Vl.,
Vla. Vcl) = 31.080/11 à 14. Choral BWV 80a = Bach-Chorale (83
Vierstimmige Kircheliedsatze). CV 02-098/00. 2000.
EULENBURG.
Partition de poche (Taschenpartitur)
N° 1003.
Révision d‘Arnold Schering, 1926.
HÄNSSLER.
Révision de la partie de cor. 1962.
KALMUS
STUDY SCORES. N° 828. Volume XXIV. New York 1968. Cantates BWV 80
à 82.
PETERS.
Nr.687. 1964. Révision d’Arnold Schering.
[La
partition de la BGA est dans le coffret Teldec / Harnoncourt, volume
21. 1978].
PÉRICOPE
BWV 80
Fête
de la Réforme.
Épître
: 2 Thessaloniciens 2, 3 à 8 [PBJ. 1747] : « Que
personne ne vous abuse d’aucune manière…»
Évangile
: Apocalypse 14, 6 à 8 [PBJ. 1810-1811] : « Des
anges annoncent l’heure du jugement…»
La
fête de la Réforme (Reformationfest) fut introduite en
Saxe en 1667 à l’occasion du 150e
anniversaire de l’affichage des 95 thèses de Luther sur
la porte de la chapelle du château de Wittenberg, le 31 octobre
1517 (ou au couvent des Augustin de Wittenberg). D’après
Spitta, il n’y avait pas pour cette circonstance de texte
régulier et convenu. Le choix était fait chaque année
par les autorités locales. En 1730 le choix se porta sur une
citation de l’Apocalypse
[Apo 14, 6 à 8 PBJ. 1810] : Des
anges annoncent l’heure du Jugement…]
Dans
l’E.K.G. à l’Introït : Exode
20, 2 et3 [PBJ. 106]. Décalogue : « C’est
moi, Yahvé, ton Dieu ».
Psaume
46. Cantique 242 : « Es
ist darsteil
uns
kommen her ».
Psaume
46 [PBJ. 843] : «
Dieu est pour nous
refuge et force, /
secours dans l’angoisse
toujours offert ».
Lied
242 : « Er
ist daß Heil uns kommen her »
(Mélodie « Nuremberg 1523 - texte : P.
Speratus - 1524).
Épître
aux Galates 5, 1 à 15 [PBJ. 1724]. Parénèse : la
liberté chrétienne.
Évangile.
Matthieu 5, 1 à 12 [PBJ. 1459]. Discours. Les
Béatitudes.
Pour
la même occurrence, la cantate BWV 76 ? (1723). BWV 79 (31
octobre 1725). BWV 192 (peut-être, en 1730).
On
verra également 1 Corinthiens 3, 11 à 23 [PBJ. 1691].
Evangile : Jean 2, 13 à 17 [PBJ. 1586]. La purification
du Temple.
Alfred
Dürr et Werner Neumann renvoient à 2 Thessaloniciens 2, 3
à 8 [PBJ. 1747] : L’avènement du Seigneur et ce
qui le précéda.
Renvoi
au 2e
Dimanche après la Trinité avec les cantates BWV 2 et
76. Pour l’Évangile, voir Apocalypse 14, 6 à 8
[PBJ. 1810]. La chute de Babylone ; l’heure du Jugement.
Renvoi
au 3e
Dimanche de Carême. A l’Introït : « Oculi
mei semper »
et le psaume 25, 15 et16 [PBJ. 822]. A l’Évangile: Luc
11, 14 à 28 [PBJ. 1556] : des exorcismes et la guerre par
Satan contre Dieu.
Le
cantique de Luther [cantique « symbole » des
Luthériens] se réfère particulièrement au
dimanche Oculi
mais s’adapte également très bien à la
Reformationfest.
Selon Alberto Basso, cette cantate BWV 80 est bien liée à
la Sainte Cène et une exécution en deux parties sur [5]
n’est pas impossible. Cependant à Leipzig il n’y
avait pas de musique pour le 3e
Dimanche de Carême [le dimanche Oculi ]
d’où une réutilisation pour la Reformationfest.
TEXTE BWV 80
Texte
de Salomo Franck, poète et ami de Bach à Weimar, texte
auquel sont ajoutées les quatre strophes du cantique de Luther
« Ein Fest
Burg » issu
lui-même du psaume 46 (1529).
NEUMANN
: Salomo Franck. Evangelisches
Andachts-Opfer.
Weimar 1715.
Deutsche Staatsbibliothek, Berlin.
(exemplaire
perdu (?) vers 1969). De ce recueil voir les cantates BWV 152, 72,
31, 165, 185, 161, 162, 163, 132, 155, 168, 164 NEUMANN [Sämtliche
von J. S. Bach vertonte Texte,
page 278. Fac-similé dans BWV 80a].
1]
Martin Luther. Strophe 1. Renvoi à EKG 201/1 (composition
apparue vers 1734 retrouvé dans le choral de la cantate BWV
80 de 1723.
2]
Martin Luther. Strophe 2. EKG 201/2. Selon Werner Neumann, on note
une analogie avec Jean 5, 4 [PBJ 1591] : car
l’ange de Dieu
descendait par
intervalles (Guérison
de l’infirme).
3]
Salomo Franck. Ici l’ancien récitatif de BWV 80a/2.
Evangelisches
Andachts-Opfer. Weimar 1715.
4]
Salomo Franck. Ici
l’ancien air de BWV 80a/3. Evangelisches
Andachts-Opfer. Weimar 1715.
5]
Martin Luther. 3e
strophe du cantique. EKG 201/3.
6]
Salomo Franck. Ici l’ancien récitatif de BWV 80a/4.
Evangelisches
Andachts-Opfer. Weimar 1715.
7]
Salomo Franck. Ici
l’ancien air de BWV 80a/5. La cantate BWV 80a [6] s’achevait
avec l’actuelle strophe reprise dans BWV 80/2. C’est
peut-être
ici la paraphrase du verset final de l’évangile du 3e
dimanche de Carême: « Bienheureux celui qui écoute
la parole de Dieu et la
garde
(dans Luc 11, 27 [PBJ 1557]. Evangelisches Andachts-Opfer. Weimar
1715.
8]
Martin Luther. Strophe finale (4) du cantique de Luther. EKG 201/4.
BASSO
[Jean-Sébastien
Bach,
volume 2, pages 362/363] : «…Le vieux texte de Salomo
Franck - Alles,
was von Gott geboren
- s’inspirait de l’évangile de ce dimanche (Luc
11, 14 à 28) racontant la guérison d’un possédé.
L’argument de la cantate était la lutte contre Satan,
qui est également le sujet développé par le
célèbre texte luthérien de l’Ein
feste Burg
(1529), devenu l’emblème de la Réforme,
expressément rappelé par Franck dans le choral
conclusif (2e
strophe du cantique) ; en outre, dans la version de Weimar, la
cantate s’ouvrait sur l’aria de la basse « Alles
was von Gott
geboren »,
précisément, qui englobait la mélodie du choral,
confiée à une exécution purement instrumentale.
En apprêtant cette nouvelle version pour Leipzig (concernant
celle de 1723, on l’a dit, on en sait trop peu pour pouvoir
dégager des conclusions quelconques), Bach mit en musique tout
le choral de Luther, en en distribuant les quatre strophes dans les
n° 1, 2, 5 et 8 de la manière suivante : n° 1,
nouveau morceau d’ouverture sur la première strophe
(grandiose réalisation polyphonique s’opposant à
la version en choral simple adoptée dans BWV 80b) ; n°
2, aria de la basse ré élaborée avec insertion
d’une autre voix (soprano) à laquelle sont confiés
texte (2e
strophe) et mélodie (ornée) du choral, cependant que la
basse entonne les vers de Franck ; n° 5, nouveau morceau qui
appuie la troisième strophe et la mélodie du choral
(confiée au chœur à l’unisson) sur
l’orchestre dans son ensemble ; n° 8, choral simple
sur la quatrième strophe (en remplacement de la seconde qui
était employée dans la version de Weimar). Les autres
morceaux (n° 3-4 et 6-7) utilisent le vieux texte de Franck (deux
couples de récitatif-aria). Voila donc la situation telle
qu’elle se présente lorsqu’on passe de BWV 80a à
BWV 80b, mais il n’en demeure pas moins que subsistent des
incertitudes, étant donné que la musique de la première
version est perdue et que, de la version intermédiaire, dont
on ne connaît pas exactement le texte ; de plus, on n’a
conservé, de la musique, que deux fragments. L’affaire
se complique encore du fait de l’absence du matériel
musical d’origine relatif à la dernière version
[BWV 80] ».
BLANKENBURG :
« C’est précisément pour une bonne
part dans ce contraste entre le cantique de Luther et la chaleureuse
subjectivité avec laquelle s’affirme la foi dans le
livret de la cantate [de Salomon Franck] que réside
l’importance significative de l’œuvre… »
La version finale de la cantate diffère avant tout des
cantates chorales précédemment étudiées
par le fait que les quatre strophes du cantique luthérien y
figurent toutes textuellement, la strophe 1 dans le chœur
d’entrée, la strophe 2 dans le second mouvement, l’air
de basse « Alles,
was von Gott
geboren »,
auquel le soprano solo l’entremêle par versets dans une
version mélodique ornée de fioriture, la strophe 3 dans
le chœur basé sur le choral qui occupe la place de 5e
mouvement et dans lequel les choristes chantent à l’unisson
avec la composition orchestrale ; la strophe 4 enfin dans le
sobre choral de conclusion ».
BOYER
[Les cantates sacrées,
pages. 201-202] : «…Mélodie de choral (MDC)
025) ».
LYON
: «…Le cantique de l’Église chrétienne
d’après le psaume 46 (Lied
von der christlichen Kirche über den 46. Psalm),
Ein feste Burg ist
unser Gott,
en quatre strophes, Deus
noster refugium et virtus,
imprimé vers 1529 (Deutsche Kirchenlied), à Nuremberg,
et en 1531 à Erfurt, est un psaume de gloire consacré à
l’aide puissante et à la protection victorieuse de Dieu,
qu’il prouve à tous ceux qui se fient entièrement
à lui et qui se tiennent à sa parole, contre toute la
puissance et le fureur du monde enragé. La référence
psalmique a été mise en cause par de nombreux
hymnologues. De toute évidence, il s’agit d’un
texte de « consolation » (Trostlied). Les
événements vécus alors, par le Réformateur
étaient particulièrement difficiles. La mélodie
en fa [M 26] est conçue dans la forme de la Hofweise.
Bach empruntera ce cantique quatre fois: BWV 80. 1730 (?) BWV
302-303 ? Chorals à quatre voix, Leipzig 1784-1787 - BWV
720 : chorals isolés pour orgue, vers 1700-1717 ».
MACIA
[Tout Bach,
pages 152/153] : « A Leipzig… Un nouveau
librettiste remania sensiblement le livret [par rapport à la
version originelle de Weimar], mais les arias de Franck ont été
conservées ».
PIRRO
[L’Esthétique
de Jean-Sébastien Bach
- Conclusions :
pages 449/450] : «…L’influence de la littérature
biblique sur l’imagination de Bach se trahit d’ailleurs
par maints vestiges. Le Dieu qui domine dans son œuvre est le
Dieu majestueux et formidable de l’ancienne loi. Nous avons vu
comment dans la cantate BWV 80, la musique du choral jouée par
les instruments, environne le chœur d’une muraille
indestructible ».
WOLFF
: «…le texte de BWV 80a, de Salomo Franck, était
initialement destiné au dimanche Oculi,
troisième dimanche de Carême, durant lequel,
conformément à la tradition, on ne jouait pas de
musique en public à Leipzig. Bach dut par conséquent
trouver un autre usage pour cette cantate de Weimar. Comme le texte
de Franck était conclu par une strophe du choral de Luther et
que Bach avait composé son premier air en citant la mélodies
dans les parties instrumentales, ce dernier eut l’idée
de reprendre d’autres strophes de ce choral et ainsi d’agrandir
cette œuvre (qui ne fut pas conservée sous sa forme
originale) pour la transformer en une cantate pour la fête de
la Réforme ».
[Essai
de synthèse : Si la partition a disparu, il n’en va pas
de même du texte dont on est redevable à Salomo Franck
(1659-1725), en poste à Weimar depuis 1701. Il s’agit de
la cantate Alles, was
von Gott geboren, tiré
de l’ Evangelisches
Andachts-Opffer, écrit
à Weimar en 1715 et conservé à la Deutsche
Staats-Bibliothek, Berlin (in 8). On y retrouve aussi des textes
utilisés dans BWV 132, 152, 155, 72, 31, 165, 185, 168, 184,
161, 162, 163. L’utilisation du texte de Salomo Franck se
trouve aux sections 3, 4, 6 et 7 dont le fac-similé est à
la page 278 du Sämtliche
von Johann Bach vertonte Texte
de Werner Neumann (1974). La cantate BWV 80a débutait par une
aria. Au texte de Salomo Franck s’ajoute le célèbre
cantique de Luther « Ein
Feste Burg unser Gott »,
la paraphrase du psaume 46 de 1529 [EKG 201]. Le texte et la mélodie
en sont utilisés aux sections 1, 2, 5 et 8].
Le
texte de Salomo Franck est tout animé d’effusion
mystique en cours à l’époque de sa rédaction.
Il met en valeur l’importance significative de l’œuvre
avec son contraste entre le cantique de Luther et la chaleureuse
subjectivité avec laquelle s’affirme la foi de S.
Franck. La mélodie de ce cantique a été
fréquemment utilisée: Schütz SWV 143. Osiander,
Buxtehude (BUXWV 184), Haendel, dans un « Occasional
Oratorio »
et dans le chœur final de Solomon,
Mendelssohn dans le dernier mouvement de la symphonie
« Réformation ».
On peut citer Meyerbeer dans l’opéra « Les
Huguenots »,
Reger dans sa fantaisie sur le choral, opus 27. Aussi, EKG 201,
Debussy (Suite en
noire et blanc).
Bach encore avec les, BWV 720 et anh. 49 (à l’authenticité
discutée) et le BWV 303 tiré d’un recueil de
Joseph Klug de 1535 (Geistliche
lieder auff new gebessert zu Wittenberg D. Mar. Luth. Deutsche
Kirchenlied) qui est
-peut-être- le choral qui terminait la cantate de Weimar
(1715). Voir Bach
Jahrbuch 1940-1948,
page 11) cité par Karl Geiringer, Jean-Sébastien Bach,
note 165 de la page 367. Voir aussi les deux mélodies des
chœurs BWV 302-303].
GÉNÉRALITÉS
BWV 80
Cantate
remaniée à Leipzig à partir de la cantate BWV
80a, avec adjonction des sections 1 et 5 et modification du choral
final.
Au
total la cantate comporte 228 + 77 + 25 + 36 + 119 + 17+ 106 + 16
mesures, soit 624 mesures.
BASSO
[Jean-Sébastien
Bach,
volume 1, page 420] : «…Réutilisation de BWV 80a
avec transposition d’un ton et demi (comme BWV 31, 70, 152,
161, 162, 163, 165, 182, 186) ».
BOMBA :
« Il n’y a pas d’autre cantique aussi
étroitement lié au protestantisme allemand que le
choral de Martin Luther « C’est
un rempart
que
notre Dieu ».
Son texte de quatre strophes inspiré des motifs du psaume 46
et sa mélodie rayonnant comme un phare manifestent la bravade,
la confiance en soi et l’audace qui animait la Réforme
au début du 16e
siècle.
BOYER
(Les
mélodies des chorals,
pages 144 à 146] : «…Quatre élaborations
de choral dans [1], [2], [5], [8]. Mélodie de choral (025) ».
BUKOFZER
: «…Un appel au combat qui évoque une grandiose
vision apocalyptique ».
CANDÉ
: «…Bach construit sa magnifique cantate, pour la fête
de la Réformation, la fête la plus importante de
l’Église luthérienne. Elle commémore
l’anniversaire de l’affichage des 95 thèses de
Luther sur la porte du couvent [en fait la chapelle du château]
de Wittenberg, le 31 octobre 1517, début historique de la
Réforme. sur le célèbre choral de Luther en
empruntant la plupart des éléments à une cantate
(perdue) de Weimar ».
CANTAGREL
[le
moulin et la rivière,
page 300] : «…Aux yeux de Bach et de son auditoire, BWV
80 prend nécessairement une valeur particulière. La
cantate se fonde sur le choral emblématique, devenu avec
l’usage comme l’hymne luthérien, celui que
Heinrich Heine appelle « La Marseillaise de la Réforme »
(expression reprise par Engels, ami de Heine, affirmant que « Ein’
feste Burg »
est la Marseillaise de la Guerre des paysans), et dont il donne la
traduction suivante : « Notre
Dieu est une forteresse, une épée et une bonne
armure… »
Les traductions sont multiples de ce choral célèbre
entre tous… attestée depuis le milieu du XIXe
siècle, celle de « Un
fort rempart est notre Dieu »
a été retenu par Alkan dans le titre de son Impromptu
sur le Choral de Luther…
pour piano à pédalier ».
CHAILLEY
: «…Le choral BWV 720 et anh 49 : Le choral de Luther,
symbole du germanisme pour Claude Debussy (en
Blanc et noir) ».
DÜRR:
« Salomo Franck. Weimar 1659-1725. Secrétaire du
Consistoire suprême depuis 1701 et poète (Coffret
Teldec, volume 9, page 10).
« le
premier chœur de la cantate BWV 80 est à coup sûr,
le sommet de toute la production vocale de Bach…»
GEIRINGER
[Jean-Sébastien
Bach,
pages 170/171] : «...Très proche de la « stricte
cantate chorale » est le n° 80, Ein
feste Burg,
qui fut probablement entendue pour la première fois à
la fête de la Réforme en 1724. C’est une
amplification de la cantate BWV 80a sur un texte de Salomo Franck,
composée en 1715 à Weimar. La première section
de la cantate originale (BWV 80a) était un arrangement de
choral dans lequel le hautbois entonne comme cantus firmus une
strophe de Luther « Une puissante forteresse »
tandis que la basse fait entendre une contre-mélodie
proclamant le triomphant message « Alles,
was von Gott geboren, ist zum Siegen auserkoren
-
Tout ce qui est né de Dieu est destiné à la
victoire…
Dans cette version (Weimar), où se succédaient:
arrangement de choral, récitatif, aria, récitatif,
aria, harmonisation de choral, l’œuvre offrait une
structure symétrique. A Leipzig, Bach ajouta deux puissants
chœurs de choral basés sur l’hymne de Luther, un
au commencement et un au milieu après le [sic] premier aria.
Les belles proportions de la cantate souffrirent de cette addition
mais le pouvoir expressif en fut énormément accru. Il
semble qu’une seconde adaptation ait été faite
par Friedmann Bach, qui introduisit dans les chœurs des
trompettes et des tambours, nouvelle orchestration qui augmente
tellement l’effet produit qu’elle a été
généralement adoptée ».
HALBREICH
:
«…Neuvième
version, par Karl Richter (1979). Un
Bach plus imposant qu’émouvant dans les chœurs
(Revue Harmonie
n° 128 de juin 1977) ».
HOFMANN :
« En fait… la cantate BWV 80, telle qu’elle
nous apparaît ne diffère que légèrement de
la forme de cette version originale [BWV 80a]. De la composition
originale de Weimar subsistent tous les airs et les récitatifs
de la cantate de la Réformation [BWV 80 (numéros 2 à
4, 6 et 7). Les ajouts effectués à Leipzig en revanche
sont le puissant premier chœur… et le choral suivant
jusqu’à la troisième strophe « Und
wenn die Welt voll Teufel wir » [n° 5]. De
plus, Bach par la suite a ajouté la seconde strophe du
cantique dans l’air « Alles, was von Gott
geboren ». Cet ajout était possible car dans
cet air et ce, dès la version de Weimar, la mélodie du
chant de Luther était jouée par le hautbois en tant que
cantus firmus. On peut donc facilement ajouter une ligne de
soprano supplémentaire pour l’interprétation de
la seconde strophe du chant. Cette seconde strophe « Mit
unsrer Macht ist nichts getan » constituait à
l’origine, dans un simple mouvement de chœur à
quatre voix, la fin de la cantate de Weimar. A sa place, on retrouve
maintenant une quatrième strophe… [le mouvement n°
8]… »
LEHMANN
: « La mélodie du choral (de Luther) est attribuée
à Jos Klug, 1535. En fait c’est un imprimeur de recueil
mais c’est plus vraisemblablement Walter qui donna à
cette mélodie son aspect définitif ».
LEMAÎTRE :
« Cette œuvre [BWV 80] naquit d’une
amplification d’une cantate composée à Weimar en
1715 qui a pour titre « Alles,
was von Gott
geboren »
(BWV 80a). Sa musique est aujourd’hui perdue. Originellement
fondée sur un texte de Salomo Franck, la cantate-source se
destinait au dimanche Oculi,
troisième dimanche de Carême, période pendant
laquelle les autorités de Leipzig interdisaient toute musica
figuralis.
Sa reprise amplifiée obligea donc le librettiste inconnu et le
compositeur à effectuer un détournement de destination
compatible avec le texte premier qui met en évidence la lutte
contre Satan …la mélodie du lied se fait entendre de
façon plus ou moins ornée, chaque fois qu’un
mouvement fait appel au texte de Luther…»
POUGET
: «…Le cantique de Luther : « le psaume
des batailles » ayant été chanté par
Luther et ses compagnons à leur entrée à Worms
en 1530.
ROMIJN :
«…ouvrage… écrit entre 1728 et 1731 pour
le jour de la Réformation (31 octobre). D’après
les sources, l’œuvre reprend, avec quelques ajouts la
cantate BWV 80a…. écrite à Weimar en 1715. L’on
ne sait pas exactement quelle était la destination de cette
première cantate. Bach semble avoir ajouté le chœur
d’entrée et le choral central, le n° 5, à une
date ultérieure. Son fils aîné, Wilhelm
Friedmann, a renforcé l’instrumentation d’origine,
déjà assez conséquente, avec des trompettes et
des timbales dans les n° 1 et 5…»
SCHNEIDER
: «…Choral le plus célèbre du Réformateur
(Luther). Version de l’édition de Weimar (1530,
revenant à Luther dans la notation de l’Ars
nova usitée en
Europe dès 1300 environ et jusqu’au XVIe
siècle) et le fac-similé de Johann Walter…
« Les deux versions sont caractérisées avant
tout par l’accent extraordinairement viril du ton, par les
anacrouses si pleines d’élan et les syncopes si
fortement marquées. Toutes choses qui sont bien à
l’image du Réformateur et qui confirment chez lui, outre
un don d’invention très original, une connaissance
approfondie de la musique. Bien mieux : un goût populaire
d’une saveur rare. Psychologiquement, ce morceau recèle
une force spirituelle si extraordinaire qu’il équivaut à
une manière de Credo
ou de Confession de
foi. Il sera non
seulement chanté longtemps encore, mais les musiciens
religieux continueront de l’ornementer à leur manière
- tant ils l’aiment, eux aussi…. Problème des
transcriptions modernes (page 162)… les Enchiridiens
luthériens sont écrits dans la notation de l’Ars
nova…»
PIRRO
[L’Esthétique
de Jean-Sébastien Bach
– les mélodies
simultanées,
page 122] : «…Les sentiments collectifs…Rien
n’est plus commun que d’entendre, dans les églises
luthériennes, l’assemblée toute entière
participer au chant des chorals… En entendant ces fermes
paroles qui, de leur unisson irrésistible, dominent le tumulte
de l’orchestre, on croit assister à la solennelle
déclaration de constance que publie, quand elle est déjà
menacée de toutes parts, une foule étroitement groupée,
forte des mêmes espoirs et de la même foi [Renvoi à
BG. 80 XVIII, page 361].
DISTRIBUTION BWV 80
NEUMANN.
Sopran, Alt, Tenor, Baß. – Chor. Trompete I-III, Pauken ;
Oboe I, II (Oboe d’amore I, II], Oboe da caccia ;
Streicher ; B.c.
(Orgel).
SCHMIEDER.
Soli : S,A,T, B. Chor : S,A,T,B. Instrumente : Flauto
trav. I, II ; Oboe solo ; Oboe I, II ; Corno I, II ;
Timpani ; Viol. I, II ; Vla. ; Continuo.
Les
trompettes et les timbales sont un ajout du fils de Bach, Wilhelm
Friedmann (1710-1784, le Bach de Halle et de Berlin, dans les
sections [1] et [5].
BASSO
[Jean-Sébastien
Bach, volume 2, page
363] : «…Qui plus est, la version de Wilhelm Friedmann
ajoute à l’effectif instrumental [de BWV 80a] un
ensemble de trois trompettes et timbales, en remplacement des deux
hautbois d’amour, mais avec un rajout d’une partie pour
la trompette I, à laquelle est confiée la mélodie
du choral (en canon avec l’orgue) ».
HALBREICH
: «…On sait les controverses soulevées par les
parties de trompettes et timbales des premier, cinquième et
huitième mouvements, probablement dues à la plume de
Wilhelm Friedmann, du moins dans l’état où nous
les possédons. Et en effet, elles donnent lieu à des
redoublements d’octaves, notamment, que Bach n’eut
peut-être pas tolérés. Il reste qu’en leur
absence, l’œuvre est défigurée dans son
esprit et sa matière, et que nulle cuistrerie musicologique ne
nous convaincra du contraire. Mauesberger, dans un très
mauvais disque Archiv aujourd’hui supprimée, et
Harnoncourt, dans sa version toute récente non encore
critiquée ici, suppriment ces parties : tant pis
pour eux. Richter, musicien avant tout, nous les restitue
heureusement dans toute la gloire de leur verdeur agressive. De même
il ponctue le choral final d’éclatantes fanfares ne
figurant pas dans la partition : l’esprit a ici raison
contre la lettre ».
Critique
de la version discographique de Mauesberger : “cette version
est disqualifiée par l’absence -au nom de fallacieuses
raisons musicologiques- des indispensables trompettes et
timbales dans les grands chœurs… ». Voir à
ce propos le texte de Werner Neumann sur l’utilisation de la
copie d’Altnikol, la plus proche de la partition originelle
[perdue] utilisée à Leipzig. C’est cette dernière
qui paraît prévaloir de nos jours… »
[Il
est aussi possible que dans la distribution instrumentale de
certaines versions dites « musicologiques »,
l’économie de parties de trompettes et de timbales ait
été prise en considération…honni
soit celui qui…]
MACIA
[Tout Bach,
pages 152/153] : «…Bach reprit cette œuvre
sans doute en 1735. Ultérieurement, son fils Wilhelm
Friedemann lui ajouta une éclatante partie de trompettes et
timbales dans les mouvements choraux, lui donnant un surcroît
de solennité un peu superflu. Lors de la « redécouverte »
de Bach dans les années 1950 et 1960, c’est cette
version remaniée qui eut la préférence des
interprètes mais, depuis, les musiciens choisissent à
juste titre la version originale de Jean-Sébastien Bach ».
WOLFF
: «…L’orchestration ne diffère des versions
précédentes [avant Leipzig] (chœur dans lequel
les quatre voix ont une fonction soliste, deux hautbois, cordes et
basse continue) que sur des détails insignifiants ».
APERÇU BWV 80
1]
CHORALCHORSATZ. BWV 80/1
EIN
FESTE BURG
IST UNSER GOTT,
/ EIN
GUTE WEHR
UND WAFFEN ;
| ER
HILFT UNS FREI AUS ALLER NOT,
/ DIE
UNS ITZT HAT BETROFFEN. | DER
ALTE BÖSE FEIND,
/ MIT
ERNST
ER‘S JETZT MEINT, / GROß
MACHT
UND VIEL LIST
/ SEIN
GRAUSAM RÜSTUNG
IST,
/ AUF
ERDE
IST NICHT SEINES GLEICHEN.
C’est
un rempart que notre Dieu, / il est pour nous arme et défense ;
/ Il nous tire de toute épreuve / Qui s’est abattue sur
nous. / Satan, le vieil ennemi, / S’en prend maintenant
sérieusement à nous, / Il n’a pas son pareil sur
la terre.
Luther,
strophe 1 = EKG 201/1.
Ré
majeur (D Dur). 228 mesures, C
BGA.
[Version Wilhelm Rust, 1870]. Jg. XVIII. Pages 319 à 350 |
Nach Dr. Martin
Luther’s Dichtung.
| Festo Reformationis.
| Tromba I. | Tromba II. | Tromba III. | Timpani. | Oboe I. | Oboe
II. | Violino I. | Violino II. | Viola. | Soprano. | Alto. | Tenore.
| Basso. | Violoncello. | Violone. | ed Organo.
Page
322 : « Melodie: « Ein
Feste Burg ».
NEUMANN :
Chœur fugué sans partie « encastré ».
Hautbois et basse instrumentale en canon à l’octave.
Cantus firmus in
Tromba (trompette). Peut-être une parodie de Wilhelm Friedmann
Bach, vers 1739 « Gaudete
omnes populi ».
Renvoi à BG. XVIII, Anhang. ».
BASSO
[Jean-Sébastien
Bach, volume 2, page
363] : «…cette cantate se place parmi les chefs-d’œuvre
de Bach, à commencer, naturellement, par la page initiale, qui
est l’une des plus puissantes du répertoire du Kantor:
un motet en cinq sections (chaque sections embrasse deux versets,
sauf la dernière qui n’en exploite qu’un seul),
dont chacune est réalisée en forme de fugue et se
conclut sur la mélodie du choral entonné par les
hautbois et en canon avec ces derniers, par l’orgue ».
BLANKENBURG
: «…Forme du motet choral. Les versets introduits
successivement de façon fuguée. Un sommet de la
production vocale de Bach. Combinaison avec un morceau orchestral
doté dans une large mesure de sa propre autonomie. A la fin de
chaque verset, un canon des hautbois et du continuo dans un
intervalle de triples octaves. Grandiose monument sonore symbolisant
la totalité du pouvoir divin ».
BOMBA :
«…Vaste harmonisation, Bach expose l’hymne de la
Réformation dans un registre élevé et brillant,
avec imitation préalable de chaque ligne, avec des notes de
passage et des harmonies traduisant par figuration les images et les
idées du texte, et avec une structure très dense du
contrepoint sur fondement de basse double… A la fin de
l’exécution de chaque ligne, le cantus firmus forme
symboliquement, par un canon des hautbois et d’une voix de
basse, un cadre contenant la totalité de l’être
[?] Ce morceau en forme, de motet démontre en même temps
la volonté de Bach de prouver dans son âge mur quelle
perfection il avait acquise dans la rigoureuse composition du stilo
antico - ce qui
explique que différentes années aient été
proposées pour la création de la cantate, depuis 1730
(Albert Schweitzer), en passant par 1735 environ (Alfred Dürr)
jusqu’aux années 1740 (Christoph Wolff)….»
BOYER
(Les mélodies
des chorals…
pages 144 à 146] : «…Nous avons une des
élaborations les plus savantes de Mélodie de choral
(MDC) 025 de type II. D’entrée, la mélodie ornée
est exposée en mouvement de fugue (par ordre d’entrée,
ténors, alti, soprani, basses). Le cantus
firmus fait ensuite
son apparition (mesure 23) en valeurs plus longues (rondes, blanches,
augmentations) dans la tessiture supérieure des instruments
(deux hautbois), immédiatement suivie par une entrée en
canon de la basse continue. Nous avons donc affaire à un
choral incrusté type II dans une trame orchestrale elle-même
issus du cantus firmus,
les instruments à cordes se bornant à doubler les voix.
Contrairement à un grand nombre de cantates qui utilisent une
incrustation du cantique (verset par verset) dans une ritournelle
instrumentale continue, ici le mouvement vocal est continu (fugue)
tandis que les deux hautbois et la basse progressent de façon
discontinue ».
BUKOFZER
: «…Une splendide fantaisie chorale qui généralement
sert d’introduction aux œuvres les plus vastes de la
période de Leipzig. Bach y symbolise la signification
dogmatique du choral sous la forme d’un canon strict entre les
parties instrumentales les plus élevées et les plus
graves. Ces cantus firmus canoniques enserrent, comme d’immenses
bracelets d’acier, une brillante fugue dont le thème
dérive également du choral ».
CANTAGREL
[le moulin et la
rivière, page
300] : «…Bach a tenu à traiter dans sa cantate
les quatre strophes au complet du cantique de Luther, mais chaque
fois dans des genres différents. La plus impressionnante est
le chœur initial, une fantaisie de choral en style de motet.
Chaque période du choral est énoncée en fugato
et se conclut par un canon sur la mélodie du cantique entre
dessus et basse, image du fort rempart protecteur ».
[Les
cantates de J.-S. Bach.,
pages 1194 à 1200] : «…La
cantate commence bien sûr par le chant de la première
strophe du choral de Luther, que Bach traite comme un grandiose motet
dont les quatre voix sont présentes d’un bout à
l’autre, sans la moindre solution de continuité. Les
périodes du cantique sont énoncées à deux
reprises et deux par deux, à l’exception de la neuvième,
seule, et chaque fois en fugue sur la mélodie du cantique
légèrement ornée. Les voix sont doublées
par les instruments à cordes. Mais à la fin de chaque
énoncé de chaque groupe de deux périodes, les
trois hautbois à l’unisson (ou les trois trompettes dans
la version de Wilhelm Friedemann) entonnent la mélodie
originelle…»
CHAILLEY
: «…Solidité massive de la forteresse mais moins
de descriptions figuratives dans BWV 720 ».
DÜRR :
«…L’un des sommets parmi les chœurs [de
Bach]. Utilisation symbolique du cantus firmus (comme pour BWV 77/1)
avec de grands écarts entre notes élevées et
graves, traduction de Dieu et de sa création avec des
chromatismes sur « Sein
grausam Rüstung ».
Composition savante et expressive ».
FINSCHER
: «…Procédé du motet. Voix extrêmes
de l’orchestre (hautbois et basse), traitées en canon
exempt d’ornementation ».
GEIRINGER
[Jean-Sébastien
Bach, page 171] :
«...La première section de la version définitive
(1724) est un chœur magnifique qui développe les
différentes lignes mélodiques du choral en fugati
librement construits. Elles sont encadrées par un canon qui
présente la mélodie de l’hymne en valeurs longues
dans les parties instrumentales les plus hautes et les plus basses.
Le suprême degré de l’art contrapuntique se montre
ici pour symboliser la loi divine qui régit tout l’univers…»
HOFMANN :
«…le mouvement est conçu comme un motet, sans
introduction ou intermède instrumental… Tous les vers
du chœur sont traités en imitation stricte. De plus, les
thèmes sont plus ou moins librement dérivés de
la mélodie du choral. Le sommet de la construction
contrapuntique se trouve dans le cantus
firmus traité
en canon et qui n’est cependant pas tenu par les voix mais
plutôt par trois hautbois à l’unisson dans le
registre aigu et par la basse continue avec l’orgue et le
violon (contrebasse) dans le registre grave ».
LABIE
: « Ce cantique se retrouve dans l’Occasional
Oratorio de Haendel ».
LEMAÎTRE :
«… Le puissant premier chœur… comprend cinq
sections dont la réunion forme un grand motet polyphonique…
Chacune des cinq parties emprunte la forme fuguée et se
termine par l’énoncée de la mélodie du
choral traitée en canon à l’octave (redoublée
par les hautbois à l’unisson avec la trompette dans la
révision de Wilhelm Friedemann Bach) et l’orgue ».)
LESIEUR
: « Dans l’introduction, l’appel au combat de
Luther, trouve un formidable allié dans le contrepoint, le
figuralisme et la vitalité rythmique ».
MACIA
[Tout Bach,
pages 152/153] : «… Pour accompagner les
premiers versets du choral de Luther, Bach a conçu un chœur
complexe et munificent en ré majeur. Les choristes exposent le
poème, verset par verset, dans une sorte de motet avec
répétition en canon par une partie de l’orchestre
(violons, hautbois, basses à l’unisson)… »
NEUMANN
: «…Nul besoin des sonorités intenses des
trompettes pour épanouir la richesse de la composition.
Maîtrise contrapuntique. Force d’évocation venue
du texte malgré un soutien instrumental modeste.
PIRRO
[L’Esthétique
de Jean-Sébastien Bach -
La formation des motifs,
pages 77/78.] : «…La rude suite mélodique paraît
aussi dans la cantate BWV 80 chantée sans doute pour la fête
de la Réformation de 1730, quand on arrive à ce passage
du cantique où Luther évoque le souvenir du démon,
ce « vieil
ennemi pervers »
dont la « cruelle armure » est faite de force
et de ruse. [Ce dernier terme de « cruelle armure »
ne semble pas paraître « clairement dans le texte ?
- « sein
grausam rustung ist »
+ exemple musical]
[L’Esthétique
de Jean-Sébastien Bach -
Les mélodies
simultanées, page
122.]: «…Rien n’est plus commun que d’entendre
dans les églises luthériennes l’assemblée
toute entière participer au chant des chorals. Les voix graves
des hommes accompagnent à l’octave inférieure les
voix des femmes et des enfants, et la prière s’élève
à la fois de tous les cœurs, dans l’accord
émouvant des voix. Bach donne à cette pratique de
chaque jour un sens remarquable. Dans sa cantate pour la fête
de la Réformation, il fait retentir la mélodie
énergique du cantique protestant par excellence, Ein
feste Burg,
chantée à la fois par les basses, les ténors,
les alti et les soprani, unis dans une même clameur. Elle
éclate fièrement sur ces paroles : « Et
quand même le monde serait rempli de démons - Et qu’ils
voulussent nous enlacer- Nous n’aurions point si grand’
peur - Sûrement nous aurons l’avantage ».
En entendant ces fermes paroles qui, de leur unisson irrésistible,
dominent le tumulte de l’orchestre, on croit assister à
la solennelle déclaration de constance que publie, quand elle
est déjà menacée de toutes parts, une foule
étroitement groupée, forte des mêmes espoirs et
de la même foi (Renvoi -similitude- à BWV 29 sur
l’Amen) ».
[L’Esthétique
de Jean-Sébastien Bach - Le commentaire de l’accompagnement
instrumental, page 155 ]
: «…Dans le premier chœur de la cantate, la
mélodie du choral, dont les fragments paraissent déjà
dans la trame fuguée des voix, éclate aux instruments,
exposée par la trompette et le hautbois, puis redite, une
mesure plus tard, par les basses de l’orchestre, auxquelles se
joignent la pédale de l’orgue, où doit retentir,
d’après l’indication de Bach, la trompette de
seize pieds (à l’orgue) [Renvoi BG. XVIII 322 et
suivantes…?]. Ainsi présenté, le thème du
cantique de Luther domine et soutient les voix et l’orchestre.
Il les entoure étroitement, comme d’une muraille
d’airain poli, aux assises énormes, à la symétrie
formidable ».
[L’Esthétique
de Jean-Sébastien Bach -
L’orchestration,
pages 243/244.] : « Dans la cantate, Bach prescrit pour le
premier chœur, de mettre à la pédale la Posaune
de seize pieds » [+ Exemple musical, BG. XVIII, page 319].
PIRRO
[J.-S. Bach,
pages 144/145] : «…Le choral tient une forte grande
place. Le premier chœur est de même forme que certains
préludes pour l’orgue. Chacune des phrases de la mélodie
est exposée séparément à la fin d’un
verset en style fugué, où le thème de ce
fragment de cantique est traité. Ce sont les voix accompagnées
de l’orchestre, qui préparent ici ces apparitions de la
mélodie principale. Elle éclate dans ce choeur, avec
une puissance magnifique. Les trompettes et les hautbois la
proclament, et les basses de l’orchestre, avec lesquelles
gronde la trompette de 16 pieds de l’orgue, la redisent
exactement, une mesure après que trompettes et hautbois l’ont
entonnée. Les voix continuent leur chant, environnées
ainsi par une sorte de muraille merveilleuse ».
ROBERT
: «…Réfutation des hypothèses d’André
Pirro (page 78): « La citation d’une ligne du
premier chœur de la cantate 80, paraît assez probante de
prime abord.. La descente sur « sein
grausam rünstung ist »
paraît bien être volontairement consacrée à
souligner les mots « sa
cruelle armure ».
Il s’agit du démon. En y regardant de près on
constate qu’elle n’est pas autre chose qu’une
légère variante de la phrase mélodique consacrée
à ce vers du célèbre choral de Luther…»
ROMIJN :
«…La cantate débute sur l’un des plus beaux
et des plus somptueux mouvements choraux de Bach… « Ein
feste Burg ist unser Gott,
l’hymne luthérien par excellence ».
SCHWEITZER
[J.-S. Bach,
page 194] : «...Dans le premier chœur, Bach a traduit le
fort « rempart » par un grand choral fugué
dans le genre de Pachelbel ; chaque phrase de la mélodie
est traitée en fugue et se termine par un canon sur le thème
en augmentation entre les trompettes de l’orchestre et les
anches de la pédale de l’orgue. L’ensemble est de
dimensions colossale (deux cent vingt-huit mesures) ».
SPITTA
: «…Le premier mouvement de 228 mesures a une forme à
la Pachelbel, excepté que le cantus firmus est confié
en canon à la trompette [version de Wilhelm Friedemann]…
il « jaillit » comme une gigantesque forteresse
imprenable ».
WOLFF
: «…L’addition d’un troisième
hautbois apporte un meilleur équilibre à la partition
d’orchestre du nouveau choral d’ouverture [dans la
version la plus tardive, vers 1739). Ce mouvement est remarquable non
seulement pour sa texture chorale proche du motet de style
polyphonique de la période de la Réforme, mais aussi
par l’utilisation d’un cantus firmus traité en
canon et confié aux parties graves et aiguës de
l’orchestre, tel un cadre « instrumental ».
Dans ce canon, les trois hautbois à l’unisson font
entendre le cantus firmus tandis que le pédalier de l’orgue
est utilisé pour renforcer la partie de basse ».
2]
CHORALBEARBEITUNG (ARIA). BAß, SOPRAN. BWV 80/2
Bass
(basse) : ALLES,
WAS VON GOTT
GEBOREN, / IST
ZUM SIEGEN
AUSERKOREN.
:
Tout ce qui est né
de Dieu / est destiné à la victoire.
Choral
: Sopran (soprano) : MIT
UNSRER MACHT
IST NICHTS GETAN, / WIR
SIND GAR BALD VERLOREN.
ES
STREIT‘ VOR UNS DER RECHTE MANN,
/ DEN
GOTT
SELBST HAT ERKOREN.
: Notre
propre force ne suffit pas, / nous serions même bientôt
perdus. / Celui qui combat pour nous, c’est
l’homme
juste / que Dieu lui-même a élu.
Bass
(basse) : WER
BEI CHRISTI
BLUTPANIER
/ IN
DER TAUFE
TREU
GESCHWOREN, / SIEGT
IM GEISTE
FÜR UND
FÜR.
: Celui qui,
par la bannière du sang du Christ, / a juré la foi dans
le baptême, / triomphe toujours dans l’esprit.
Choral
: Sopran (soprano) : FRAGST
DU, WER ER IST ? / ER
HEIßT JESUS
CHRIST,
/ DER
HERRE
ZEBAOTH,
/ UND
IST
KEIN ANDRER GOTT,
/ DAS
FELD
MUß ER BEHALTEN.
: Tu
demandes qui il est ? / Il se nomme Jésus-Christ, / le
Seigneur Sabaot, / et il n’y a pas d’autre Dieu. / Il
doit
rester maître du terrain.
Bass
(basse) : ALLES,
WAS VON GOTT
GEBOREN, / IST
ZUM SIEGEN
AUSERKOREN.
:
Tout ce qui est né
de Dieu / est destiné à la victoire.
Luther,
strophe 2 = EKG 201/2.
Ré
majeur (D Dur), 77 mesures, C
BGA
Jg. XVIII. Pages
351 à 356 | ARIA. | Oboe | Violino I. II. e Viola in unisono.
| Soprano. | Basso. | Continuo.
NEUMANN :
Quatuor : Violons et hautbois, Basse, soprano. Cantus firmus
orné. Imitations au cantus firmus. Renvoi BWV 80a/1
[Sämtliche,
page 278]. Fac-similé de cet air dans BWV 80a3]. Dimanche
Oculi.
BASSO
[Jean-Sébastien
Bach, volume 2, pages
363/364] : «…dans l’aria de la basse [2] s’insère,
en manière de trope juxtaposé au texte de Franck, le
choral entonné par le soprano et librement doublé par
un hautbois…»
BOMBA :
«…air relié au cantus firmus. Tandis que la
basse, avec le concours des cordes jouant à l’unisson,
fait ressortir les aspects combatifs du texte, le soprano renforcé
par hautbois, chantant le cantus firmus orné, insiste sur le
lien avec le choral…»
BOYER
(Les mélodies des
chorals…Pages 144
à 146] : «…L’élaboration de (2] est
également remarquable. Il s’agit d’un duo (aria
plus élaboration chorale). L’aria est confiée à
la voix de basse sur une mélodie libre tandis que le soprano
(doublé par un hautbois) expose le cantus
firmus légèrement
ornée (de type IV). Les cordes et le continuo se voient dotés
d’une ritournelle indépendante dont les éléments
sont puisés dans ceux du cantus
firmus (incipit :
trois ré
en doubles croches) ».
CANTAGREL
[Les
cantates de J.-S. Bach.,
pages 1194 à 1200] : «…Cet
air se présente comme un trio, entre les violons et les altos
à l’unisson, la basse soliste et le continuo. Mouvement
très animé figurant le combat… l’air est
structuré comme une aria da capo avec reprise variée et
ritournelle, mais l’énoncée du choral respecte la
forme Bar
du cantique de Luther ».
CHAZOT
[BCW] : « Dans
Alles,
was von Gott géboren
la basse proclame en vocalises d‘allégresse la
certitude de la victoire, opposant ses orgeuilleux passages de
coloratur à l‘élan furieux des cordes en doubles
croches et aux frictions du continuo, tandis que le soprano (assez
librement doublé par le hautbois) couvre l‘ensemble de
la deuxième strophe du choral de 1529…».
DÜRR :
«…L’agitation du morceau en formule descriptive ».
FINSCHER :
«…Choral en duo qui se situe sur trois plans à la
fois. Les cordes exposent des motifs de bataille ; le soprano
chante le cantique avec le premier hautbois en l’ornementant
légèrement ; la basse déclame avec des
vocalises d’allégresse exprimant la certitude de la
victoire ».
GEIRINGER
: «…Les quatre voix chantent avec force à
l’unisson la mélodie de l’hymne ».
HIRSCH
[Die
Zahl im Kantatenwerk Johann Sebastian Bachs
] : «…Mélismes
sur le mot « auser…
kohren ». 49
notes.
LEMAÎTRE :
«…le duo superpose deux textes et deux techniques :
l’air « Alles,
was von Gott geboren »
chanté par la basse et la seconde strophe du cantique de
Luther, exposée par la voix de soprano qui orne la mélodie
primitive du choral. Ici le hautbois joue partie liée avec le
soprano dont il amplifie l’ornementation tandis que violons et
altos à l’unisson marquent cette page par leurs
figurations en doubles croches où dominent notes répétées
et sauts d’octave…»
LESIEUR
: « Soprano et hautbois brodent chacun de leur côté
leur version du choral de Luther, tandis que la basse poursuit son
propre chemin fleuri ».
MACIA
[Tout Bach,
pages 152/153] : «… les versets consacrés à
la description de « Satan » sont riches en
modulations et en chromatismes -ce qui illustre la lutte implacable
entre Dieu et les forces infernales omniprésentes dans le
cantique - … Cette bataille, on la retrouve dans les
motifs précipités et ardents des cordes lors de la
première aria. La basse y exprime avec force vocalise la
certitude de la victoire divine, tandis que la soprano, soutenue par
les ornements du hautbois, énonce la deuxième strophe
du choral de Luther… habile composition à trois
niveaux ».
NYS,
de : «…Forme du quatuor. La ritournelle
instrumentale est bien la figuration d’une bataille selon les
enseignements de la rhétorique musicale baroque. Une
impression encore accentuée par la ligne mouvementée de
la basse, s’opposant à la tranquille affirmation du
cantus firmus, le chant inébranlable et la teneur de la partie
de soprano ».
PIRRO
[L’Esthétique
de Jean-Sébastien Bach - Le commentaire de l’accompagnement
instrumental, page 187 ]
: «…L’accompagnement instrumental décrit
aussi, avec une véhémence plus soutenue encore, cet
excès d’énergie que traduisent déjà
les motifs longuement épanouis du chant. .. C’est un
débordement de motifs envahissants, de gammes tumultueuses,
une musique de chevauchée, qui se déploie dans un
cliquetis furieux. Citons en particulier l’accompagnement de
l’air de basse et de soprano « Tout
ce qui est né de Dieu est élu pour la victoire »
[+ Exemple musical des violons à l’unisson. BG. XVIII,
page 351].
[L’Esthétique
de Jean-Sébastien Bach - L’orchestration,
page 216] : « Pendant l’air de basse avec choral,
les violons et l’alto à l’unisson, ne cessent de
s’agiter, dans un violent cliquetis où semblent retentir
des clameurs cuivrées [+ Exemple musical, BGA. XVIII, page
351). « Tout
ce qui est né de Dieu est élu pour la victoire ».
Telles sont les paroles de cet air, dans lequel résonne ce que
les contemporains de la jeunesse de Bach appelaient, sans hésiter,
un bruit de guerre ».
SCHWEITZER
[J.-S. Bach,
page 194] : «...Le texte du second verset parle de Christ « le
héros élu de Dieu »,
qui vient combattre pour les fidèles. Bach dépeint le
tumulte de la bataille par un motif très caractéristique
qu’on rencontre souvent dans ses œuvres [exemple
musical]. Au milieu de ce tumulte, le soprano chante le choral comme
pour appeler au secours et le héros répond par des cris
de triomphe ».
SPITTA
[Johann Sebastian Bach,
volume 3, page] : « Une similitude de ce mouvement
avec le duo pour soprano et basse de la cantate BWV 79/5 ne peut être
écartée… »
WITTOLD
: «…Le héros élu de Dieu qui vient
combattre pour les fidèles. Tumulte.
Le soprano chante le choral ».
3]
REZITATIV BAß. BWV 80/3
ERWÄGE
DOCH, KIND
GOTTES,
DIE SO GROßE LIEBE
(Wustmann: « dieses
große Lieben »),
/ DA
JESUS
SICH / MIT
SEINEM BLUTE
DIE VERSCHRIEBE (Wustmann : « verschrieben »),
/ WORMIT
ER DICH / ZUM
KRIEGE
[Variante : Siege]
WIDER SATANS
HEER
UND WIDER WELT
UND SÜNDE
/ GEWORBEN
HAT ! / GIB
NICHT IN DEINER SEELE
/ DEM
SATAN
UND DEN LASTERN
STATT ! / LAß
NICHT DEIN HERZ,
/ DEN
HIMMEL
GOTTES
AUF DER ERDEN,
/ ZÜR
WÜSTE
WERDEN ! / BEREUE
DEINE SCHULD
MIT SCHMERZ,
/ DAS CHRISTI
GEIST
MIT DIR SICH FEST VERBINDE !
Songe
donc, enfant de Dieu, à l’immense amour que Jésus
s’est fait un devoir / de te démontrer par son sang, /
avec lequel il t’a enrôlé / dans la guerre contre
la légion de Satan, contre le monde et le péché !
/ N’accorde pas place en ton âme / à Satan et aux
vices ! / Ne permets pas que ton cœur / paradis de Dieu
sur la terre, / sois dévasté ! [devienne un
désert ?] / Repends-toi en grande affliction de tes
péchés, / afin que l’esprit du Christ / s’unisse
fraternellement à toi !
Texte
de Salomon Franck.
Si
mineur (h moll) →
fa dièse mineur (fis), 25 mesures, C
BG
Jg. XX1.
Page 357 | RECITATIVO. | Basso. | Continuo. (arioso à la
mesure 14).
NEUMANN.
Basso ; Continuo. Secco et arioso. Renvoi à la cantate
BWV 80a/2.
BOMBA :
«…Dans chacun des récitatifs (mouvements 2 et 3)
Bach souligne la dernière ligne du texte en lui donnant la
forme d’un arioso ».
CANTAGREL
[Les
cantates de J.-S. Bach.,
pages 1194 à 1200] : «…Attaqué
sur une vigoureuse dissonance, ce récitatif développe
le commentaire donné par l’air précédent
et s’achève en un long arioso qui s’épanouit
sur les derniers mots dans un climat de tendresse et de confiance ».
DÜRR
: «…Arioso sur les mots « Das
Christi Geist mit dir sich Fest verbinde ».
FINSCHER
: «…un récitatif dont la conclusion prend des
accents d’arioso fortifié par des esquisse symboliques
de canon entre la partie vocale et la basse générale ».
MACIA
[Tout Bach,
pages 152/153] : «…Récitatif secco de la
basse, qui se transforme en arioso ».
NEUMANN
: [Sämtliche
von J. S. Bach vertonte Texte
page 278]. Fac-similé
de cet air dans BWV 80a3.
PIRRO
[L’Esthétique
de Jean-Sébastien Bach - Formation rythmique des motifs,
page 94] : «…C’est encore par des tenues que Bach
interprète l’idée de résistance. Il
interrompt la suite mesurée du chant par des notes accentuées
à contretemps, qui contrarient le mouvement, se dressent comme
des obstacles au milieu du courant sonore, le heurtent et le
détournent. Le rythme syncopé, se traîne
péniblement. L’élan mélodique des motifs
est brisé par des arrêts imprévus, et ils
prennent une allure chancelante, à la fois incertaine et
accablée, semblable à la démarche d’un
homme enchaîné. Cette image autorise la représentation
des mots liens, lier, par des notes liées en groupes
rythmiques qui entravent la progression attendue des phrases
chantées… Bach emploie cette figure maintes fois ».
[+ Exemple musical, BG. XX1, page 47]. Renvois à la cantate
BWV 31 [BG. VII, page 35] ; BWV 80 [BG. XVIII, page 357].
[L’Esthétique
de Jean-Sébastien Bach - La traduction du texte,
page 270.] : « Le récit de basse de la cantate
s’ouvre par une dissonance, avant ces mots: « Considère
donc, enfant de Dieu, le grand amour ».
Ici la dissonance a pour fonction de donner plus de solennité
à ce début de récitatif, en requérant
plus énergiquement l’attention de l’auditeur »
[+ Exemple musical, BG. XVIII, page 357].
4]
ARIE SOPRAN. BWV 80/4
KOMM
IN MEIN HERZENSHAUS,
/ HERR
JESU,
MEIN VERLANGEN !
| TREIB
WELT
UND SATAN
AUS
/ UND
LAß DEIN BILD
IN MIR ERNEUERT PRANGEN ! / WEG,
SCHNÖDER SÜNDENGROSS !
Établis
ta demeure en mon cœur. / Seigneur Jésus, objet de mon
désir ! / Chasses-en le monde et Satan / et fais-y de
nouveau resplendir ton image ! / Que disparaisse enfin l’odieux
et horrible péché !
Salomo
Franck
Si
mineur (h moll), 36 mesures, 12/8
BGA.
Jg. XVIII. Pages 358/359 | Soprano. | Continuo.
NEUMANN.
Arie sans da capo. Partie de continuo, Soprano. Renvoi BWV 80a/3.
CANTAGREL
[Les
cantates de J.-S. Bach.,
pages 1194 à 1200] : «…air
tendre aux reflets mélancoliques. ..mais la, section médiane
(B) s’anime pour chasser la tentation diabolique avec des sauts
dans l’aigu, Aus !
ou Weg !
mots intraduisibles séparément mais qui correspondent
en langue allemande à des gestes vigoureux pour chasser ou
rejeter…. »
FINSCHER
: «…Colorations vibrantes de ferveur…aspiration
de l’âme à Jésus ».
MACIA
[Tout Bach,
pages 152/153] : «…aria touchante de la soprano
avec basse continue en si mineur –aspiration émue de
l’âme à Jésus- Christ, marquée de
coloratures ardentes…»
NYS,
Carl de : «…Noter la tonalité de l’aria
en si mineur, à la basse continue ».
WHITTAKER :
«…Invitation au Christ. Le texte rappelle une autre
cantate de l’époque de Weimar, la cantate BWV 61/3 ».
5]
CHORALCHORSATZ. BWV 80/5
UND
WENN DIE WELT
VOLL TEUFEL
WÄR / UND
WOLLTEN UNS VERSCHLINGEN [Variante: Wollt’n
uns].
| SO
FÜRCHTEN WIR UNS NICHT SO SEHR, / ES
WOLL UNS DOCH GELINGEN. | DER
FÜRST
DIESER WELT,
/ WIE SAUR ER SICH STELLT, / TUT ER UNS DOCH NICHT, / DAS
MACHT, ER IST GERICHT‘, / EIN
WÖRTLEIN
KANN IHN FÄLLEN.
Et
même si le monde était plein de démons / prêts
à nous dévorer, / nous n’éprouvons pas
réellement de crainte, / sachant que nous en viendrons à
bout. / Le prince de ce monde, / autant de mal qu’il se donne,
/ ne peut rien contre nous / puisque devant le juge, / une simple
parole peut causer sa perte.
Luther :
EKG 201/3.
Ré
majeur (D Dur), 119 mesures, 6/8
BGA.
Jg. XX1.
Pages 360 à 371 | CHORAL. | Tromba I. | Tromba II. | Tromba
III. | Timpani. | Oboe d‘amore I. | Oboe d‘amore II. |
Taille. | Violino I. | Violino II. | Viola. | Soprano, Alto, Tenore,
Basso in unisono. | Continuo.
NEUMANN.
Parties
instrumentales indépendantes. Forme ritournelles
encastrées. Cantus firmus au chœur, à l’unisson.
Trompete I-III, Pauken ; Oboe d’Amore I, II, Oboe da
caccia ; Streicher ; B.c.
BASSO
[Jean-Sébastien
Bach, volume 2, page
274] : «…Tempo de danse, ici la gigue. Mélodie
allongée sur un riche tapis instrumental. Avec chœur
appelé à une vigoureuse intervention à
l’unisson ».
BOMBA :
«…le choral revient dans le mouvement n° 5,
interprété à l’unisson par la basse et le
ténor (du chœur) inséré dans un mouvement
de concerto dont le travail thématique se développe à
partir du début de la mélodie du choral ».
BOYER
(Les cantates sacrées,
pages. 201/202] : «…Orchestre indépendant. C.f.
aux voix du chœur à l’unisson ».
BOYER
(Les mélodies
des chorals…
pages 144 à 146] : «…Nouvelle élaboration
de chorale de type II (choral incrusté). Deux hautbois d’amour
et les cordes exposent une ritournelle instrumentale (qui est dérivée
de la texture générale du cantus
firmus). La MDC sera
exposée verset par verset par le chœur mais, cas unique
chez Bach, ni en imitations ni en harmonisations, ici à
l’unisson, soprani et alti simplement à l’octave
supérieure des ténors et des basses. L’effet est
saisissant, donnant à l’ensemble une force et une
solidité réclamées par cette image de
« forteresse » toujours présente ».
BUKOFZER
: «…La lutte entre le croyant et le diable est une
monumentale fantaisie chorale en style concertant. Il s’agit là
de l’un des rares exemples où toutes les voix chantent
le choral à l’unisson ou à l’octave, au
milieu du mouvement incessant des contres-motifs de l’orchestre.
Le cantus firmus se dresse tel le roc de la foi contre les tentations
du monde… appel au combat ».
CANTAGREL
[Les
cantates de J.-S. Bach.,
pages 1194 à 1200] : «…La
copie prise par Altnikol ne mentionne pas les parties de hautbois,
mais celles-ci figurent dans la copie que possédait Wilhelm
Friedemann… Tout porte à croire que ces parties ont
bien Jean-Sébastien Bach pour auteur ».
FINSCHER
: « Retour à l’atmosphère de guerre.
Le chœur chante dans un unisson symbolique les versets du
choral et l’orchestre, un véritable motif de tumulte de
combat ».
GEIRINGER
[Jean-Sébastien
Bach, page 171] :
«...Dans le second chœur ajouté par Bach, les
quatre voix chantent avec force à l’unisson la mélodie
de l’hymne. Autour d’elles rugit l’orchestre
déchaîné, « les
ennemis prêts à dévorer »
de l’hymne [+ Exemple musical 12]. Quiconque entend ce morceau
grandiose comprend que pour le compositeur comme pour l’auteur
du texte, le démon représentait une puissance
parfaitement réelle ».
HARNONCOURT
: «…Les parties de hautbois ne figurent ni dans la copie
d’Altnikol ni dans celle du copiste inconnu. Il semble que Bach
ne les ait pas consignées dans sa partition et ne les ait
composées qu’au moment de la rédaction
définitives des voix ».
HOFMANN :
«…Bach profite du texte rétif et provoquant
présenté par le chœur dans un unisson puissant
pour déchaîner dans l’orchestre une atmosphère
belliqueuse…»
LEMAÎTRE :
«…superbe choral. Comme toutes les pages liées au
texte de Luther, il s’établit en ré majeur. Le
cantus firmus revient au chœur à l’unisson, c’est
à dire que sopranos et altos chantent à l’octave
des basses et des ténors. Les voix émergent dans un
riche rayonnement instrumental fondé sur un rythme de gigue (à
6/8) ».
MACIA
[Tout Bach,
pages 152/153] : «…strophe du cantique de Luther
chantée en ré majeur et à l’unisson…
tandis que, sur un thème de gigue, s’installe à
l’orchestre une évocation mouvementée de la
guerre et du chaos… Il est probable que le sermon devait
ensuite séparer la cantate en deux parties…
NEUMANN
: « Sans les trompettes, le mouvement ne perd rien de sa
force suggestive née de l’antithèse entre
l’unisson concentré du chœur et les traits
impétueux de l’orchestre ».
NYS,
Carl de : «…Mélodie confiée au chœur
chantant à l’unisson dans un orchestre très
concertant sur un rythme de gigue en ré majeur. La thématique
est évidemment développée à partir de la
mélodie du cantique (L’intervention des trompettes est
due à W. F. Bach … qualifiée de « géniale ».
SCHWEITZER
[J.-S. Bach,
page 194] : «...La troisième strophe [du cantique]
représente l’assaut des démons contre le fort
rempart. On entend une sorte de signal figuré par les
premières notes du choral ; aussitôt les hordes
infernales s’élancent à l’assaut du fort
rempart [+ exemple musical]. Le tableau rappelle celui de la
lutte de saint Michel avec l’armée de Satan dans BWV19.
Au milieu de l’assaut, les fidèles chantent à
l’unisson la mélodie du choral et les assaillants
retombent anéantis. Renvois aux cantates BWV 62/4 et 79/4 ».
SPITTA
: «…une fantaisie chorale… le chœur entier
chante le choral à l’unisson…pendant que
l’orchestre se manifeste par des figures et sautillements
grotesques,… illustration de la troisième strophe [du
cantique de Luther] « und
wenn die Welt… »
de façon aussi grandiose et caractéristique qui soit
possible…»
WHITTAKER
: «…B. F. Richter dans le Bach
Jahrbuch a signalé
les modifications apportées par W. F. Bach (les trompettes) ».
WITOLD
: «…L’assaut des démons contre la
forteresse, d’un symbolisme descriptif ».
6]
REZITATIV TENOR. BWV 80/6 [après
le Sermon ?]
SO
STEHE DANN BEI CHRISTI
BLUTGEFÄRBTEN [Variante: Blutgefärbler]
FAHNE,
/ O
SEELE,
FEST / UND
GLAUBE, DAß DEIN HAUPT
DICH NICHT VERLÄßT, / JA
DAß SEIN SIEG
/ AUCH
DIR DEN WEG
ZU DEINER KRONE
BAHNE ! / TRITT
FREUDIG
AN DEN KRIEG !
/ WIRST
DU NUR GOTTES
WORT
/ SO
HÖREN ALS BEWAHREN, / SO
WIRD DER FEIND
GEZWUNGEN AUSZUFAHREN, / DEIN
HEILAND
BLEIBT DEIN HORT !
[Variante: Dein
Heil !]
Range-toi
donc, ô mon âme, sous la bannière / teintée
du sang du Christ / et crois ferme que ton chef ne t’abandonnera
pas, / que sa victoire / te fraie à toi aussi la voie qui mène
à sa couronne ! / Engage-toi d’un cœur joyeux
dans la guerre ! / Il te suffit d’écouter et de
mettre en pratique la parole de Dieu / pour que l’ennemi soit
forcé de battre en retraite. / Le Sauveur reste ton refuge !
Texte
de Salomon Franck.
Si
mineur (h moll) → Ré
majeur (D Dur). 17 mesures, C
BGA.
Jg. XVIII. Pages 372 | RECITATIVO. | Tenore. | Continuo.
NEUMANN.
Tenor ; Cont. Récitatif « secco »
avec éléments arioso. Tenor. Renvoi à BWV 80a/4.
CANTAGREL
[Les
cantates de J.-S. Bach.,
pages 1194 à 1200] : «…Quelques
figuralismes caractéristiques soulignent les mots clefs du
texte, « freudig
- joyeusement »,
« gezwungen -
contraint »,
assurés par le continuo, et surtout dans le dernier vers du
texte, traité en arioso, Hort
- rempart »…
DÜRR
: « ...arioso sur « Dein
Heiland bleibt dein Hort ».
HIRSCH
[Interprétation
symbolique des chiffres dans les cantates de Bach]
: «…Un exemple de gématrie Symbolisme du chiffre
« 11 » représentant l’excès
et le refus de la loi, mais chez Bach choisit comme le symbole des
disciples fidèles au Christ. Il y a 11 mesures… avant
que ne débute l’arioso. C’est une analogie avec
les 11 entrées sur « Herr,
bin ich ? dans la
Passion selon saint
Matthieu ».
MACIA
[Tout Bach,
pages 152/153] : «…récitatif s’achevant
en arioso par de superbes vocalises sur les mots « Dein
Heiland bleibt dein
Hort – Le
Seigneur reste ton refuge ».
NYS,
Carl de : «…Secco élargi en arioso lorsqu’il
est question du Sauveur Dein
Heiland…»
PIRRO
[L’Esthétique
de Jean-Sébastien Bach -
La formation rythmique
des motifs, page 111]
: «…Le thème de la joie… il n’est
pas de traduction rythmique plus fréquemment employée
par Bach que celle-là, ni de plus constante. « Tritt
freudig…»
PIRRO
[L’esthétique de
Jean-Sébastien Bach – la
formation rythmiques des motifs, page
111] : « Les thèmes de la joie… le caractère
brillant de ces vocalises… un emportement enthousiaste, une
sorte de virtuosité délirante et ressassée qui
correspond merveilleusement aux sentiments d’exaltation
qu’elles doivent manifester » [+ Exemple musical sur
« Erfreun »,
BWV 170/3 BG. XXXIII, page 206]. Renvoi aux cantates BWV 83/1
(Erfreut),
BWV 156/4 (Freude),
BWV 157/4 (Freudig),
BWV 80/6 (Freude)
et BWV 26 (Freude).
7]
ARIE (DUETT), ALT, TENOR. BWV 80/7
WIE
SELIG SIND DOCH DIE, DIE
GOTT
IM MUNDE
TRAGEN,
/ DOCH
SELGET IN DAS HERZ,
DAS IHN IM GLAUBEN
TRÄGT !
/ ES
BLEIBET
UNBESIEGT UND KANN DIE FEINDE
SCHLAGEN / UND
WIRD ZULETZT GEKRÖNT, WENN ES DEN
TOD
ERLEGT.
Bienheureux
sont ceux qui portent Dieu sur leurs lèvres, / mais plus
encore le cœur qui le porte dans sa foi ! / Il demeure
invincible et peut battre les ennemis, / et pour finir, sera
couronné s’il succombe à la mort.
Texte
de Salomon Franck.
Sol
majeur (G Dur), 106 mesures, 3/4
BGA.
Jg. XVIII. Pages
373 à 377 | DUETTO. | Oboe da caccia. (in F) | Violino. |
Alto. |Tenore. | Continuo. Dal
Segno
(reprise)
NEUMANN.
Alto,
Ten. Oboe da caccia (in fa) ; Viol. Cont.
Forme quintette: Oboe da
caccia, Violine, Alt, Tenor, B.c. Forme « canon »
et parties vocales à quatre reprises (ritournelle). Renvoi à
BWV 80a/5.
BASSO
[Jean-Sébastien
Bach, volume 2, page
364] : «…structure quadripartie, alternant avec une
superbe élégance, épisodes en canon et épisodes
homophones ».
BOYER
(Les cantates sacrées,
pages 201/202] : «…Canon entre l’alto et le ténor,
ritournelle instrumentale ».
CANTAGREL
[Les
cantates de J.-S. Bach.,
pages 1194 à 1200] : «…Sur
un mètre ternaire de menuet,, merveilleux duo très
expressif illuminé de bonheur et de tendresse. Les calmes
appuis de la basse continue soutiennent le duo du hautbois da caccia
et du violon solo, en imitations, en une phrase qui paraît
s’enrouler sur elle-même… Les deux voix solistes
reprennent le motif énoncé par les instruments, en
tierces ou sixtes parallèles, en imitation, en alternance… »
DÜRR
: Parties homophones avec schéma A, A’, B, C (motet).
FINSCHER
: «…Duo traité en canon sur de longs passages
évoque la félicité des croyants ».
GÉROLD
: «…Simplicité charmante. Douce piété
liée à l’accompagnement des hautbois da caccia et
du violon ».
HALBREICH
: « La plus belle page de l’œuvre (Revue
Harmonie
n° 128, juin 1977) ».
HOFMANN :
«…un mouvement beau et expressif avec une
instrumentation exquise dans lequel le traitement imitatif du
hautbois da caccia et du violon solo établit un climat de
subtile musique de chambre où la voix cependant, surtout aux
mots « Wie
selig sind doch die »
et « doch
selger ist das Herz »
en tierces et en sixtes parallèles, s’exprime avec
ardeur et chaleur ».
LEMAÎTRE :
«…L’avant-dernier numéro [7] fonctionne
comme un double duo sur basse continue : oboe sa caccia et
violon d’une part, voix d’alto et de ténor d’autre
part qui partagent leur temps entre passages homophones et passages
en canon ».
LESIEUR
: «…Tendre mélodie pour contralto et ténor,
d’abord introduite en canon par un oboe da caccia et le violon
solo ; puis les deux voix entrent ensemble, et bientôt
s’enlacent elle aussi en canon pour louer ceux qui placent leur
confiance en Dieu ».
MACIA
[Tout Bach,
pages 152/153] : «…Duo au rythme berceur très
balancé en sol majeur, en parallèle avec un autre duo
entre le hautbois da caccia et le violon solo. Le mouvement est
traité en canon durant de longues périodes, tant aux
voix qu’aux instruments, avec quelques allusions fugitives aux
batailles évoquées dans le reste de la cantate ».
NYS,
Carl de : «…Admirable quintette. Imagerie de l’évangile
de Luc 11, 27. Le plus grand bonheur qui a inspiré à
Bach cette merveilleuse page en sol majeur d’une douceur et
d’une sérénité presque surnaturelles.
Mixture des timbres du hautbois plus grave et du violon comme celles
des deux voix (alto plus grave et le ténor). Un véritable
enchantement sonore ».
PIRRO
[L’Esthétique
de Jean-Sébastien Bach - Formation des motifs, page
71] : «…Dans un duo de la cantate Alles
was von Gott geboren »,
composée d’après Spitta pour le troisième
dimanche de carême de l’année 1716 (15 mars), se
trouvent aussi des tierces altérées. Elles sont jointes
aux mots par lesquels s’achève une phrase où sont
chantées les victoires promises au chrétien qui
« porte Dieu » dans son cœur. La mélodie
s’assombrit, et la pensée du triomphe annoncé ne
suffit pas à la maintenir dans la joie, quand le poète
évoque les heures d’angoisse où la vie s’éteint :
« Et il est
enfin couronné, lorsqu’il paie son tribut à la
mort » [+
Exemple musical, BG.]
[L’Esthétique
de Jean-Sébastien Bach - La formation rythmique des motifs,
page 88.] : «…Bach joint constamment des sons prolongés
aux paroles qui éveillent des idées de continuité,
de persistance. Ici le mot « bleibet »
[+ Exemple musical, BG. page 376 et renvoi à la cantate BWV
6/1, BG. page 155.
[L’Esthétique
de Jean-Sébastien Bach -
Les mélodies
simultanées, page
131] : « Dans le duo de la cantate, l’alto et le
ténor modulent, en une suite de tierces, les premiers mots de
cette phrase : « Combien
sont heureux ceux qui portent Dieu dans leur bouche ».
Mais quand ils poursuivent par ces paroles : Cependant plus
heureux est le cœur, qui le porte dans sa foi », ils
empruntent à l’accord plus profond des sixtes comme un
surcroît de tendresse chaleureuse, et il semble ainsi que la
progression mêle du texte a passé dans la musique et
qu’elle rayonne, à cause de ces harmonies nouvelles
d’une joie plus intense et plus miraculeuse ».
Renvoi à BG. XVIII, page 373].
[L’Esthétique
de Jean-Sébastien Bach -. Le
commentaire de l’accompagnement instrumental,
page 155] : « …formes rythmiques. Image chère
aux cœurs lassés de vivre. Formule rythmique esquissée
à la fin du duo » [+ Exemple musical, BG. XVIII,
page 378]..
SCHWEITZER
: «…Luthéranisme et mysticisme ».
WHITTAKER
: «…Aria peut-être recomposé à
Leipzig à cause de l’instrumentation primitive de
Weimar. Division en quatre sections. Mélisme sur « tragen »,
« Glauben »,
« trägt »
et chromatisme sur « Tod ».
8]
CHORAL. BWV 80/8
DAS
WORT
SIE SOLLEN LASSEN STAHN / UND
KEIN‘ DANK
DAZU HABEN. | ER
IST BEI UNS WOHL AUF DEM PLAN
/ MIT
SEINEM GEIST
UND GABEN.
| NEHMEN
SIE UNS DEN LEIB,
/ GUT,
EHR,
KIND
UND WEIß,
/ LAß
FAHREN DAHIN, / SIE
HABENS KEIN’ GEWINN ;
/ DAS
REICH
MUß UNS DOCH BLEIBEN. [Variante:
Reich Gottes muß
uns / Leipzig
1682-1697]
Qu’ils
abandonnent sa parole / et n’en reçoivent pas de
récompense. / Pour nous il entre en lice / avec son esprit et
ses dons. / Qu’ils nous prennent la vie, / les biens,
l’honneur, femmes et enfants, / qu’ils nous envoient dans
l’au-delà, / ils n’en auront aucun profit : /
Le royaume nous restera conservé.
Luther
EKG 201/2.
Ré
majeur (D Dur). 16 mesures, C
BGA.
Jg. XVIII. Page
378 | CHORAL. | Melodie
: „Ein‘ Feste Burg“.
Uniquement les parties vocales et la basse continue.
NEUMANN.
Sopr., Alto, Ten. Baß. Instrumentation
non précisée. Simple choral harmonisé. Sans
indication des instruments colla
parte.
BOYER
[Les mélodies
des chorals…
pages 144 à 146] : «…La MDC 025 est présentée
dans une harmonisation de type I avec instruments colla parte. Bach
revient à une simplicité relativement traditionnelle.
En effet, il existe tout un groupe de cantates dont la fin plus
introspective ne rejoint pas la vigueur du début ».
CANTAGREL
[Les
cantates de J.-S. Bach.,
pages 1194 à 1200] : «…La
quatrième et dernière strophe du cantique de Luther est
naturellement appelée à conclure la cantate, en
harmonisation homophone. Si l’instrumentation n’est pas
précisée dans la copie prise par Altnikol, elle
apparaît sur une copie plus tardive, selon les règles
habituelles, cordes et hautbois doublant les parties vocales
correspondant à leurs registres ».
GEIRINGER
[Jean-Sébastien
Bach, pages 171/172] :
«...Le combat est terminé quand nous arrivons à)
l’harmonisation de choral de la fin. L’hymne, pour la
quatrième fois, se fait entendre et l’assemblée
des fidèles exprime en un simple chant sa foi dans le règne
éternel de la foi chrétienne ».
HIRSCH :
« Dans la tradition, le chiffre 11 représente
l’excès, le refus de la loi qui est symbolisée
par le chiffre 10. Chez Bach pourtant, il semble être choisi
comme symbole des disciples fidèles au Christ…. Le
choral « Qui
espère en Dieu et lui fait confiance… »
a la structure 11 – 11 – 11 – 11 –7 –
11 – 5 - 11 – 11 (89 mesures). Renvoi au récitatif
de la cantate BWV 80/7 « alors
sois fidèle au Christ »
a 11 mesures avant l’arioso de BWV 22/1 « Jésus
se fit accompagner par les 12 disciples a également 11
mesures.
MACIA
[Tout Bach,
pages 152/153] : «…simple harmonisation du choral
de Luther ».
BIBLIOGRAPHIE BWV
80
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CANTATAS WEBSITE (BCW) :
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analytique et bibliographique des œuvres de Jean-Sébastien
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Hans Joachim Schulze et Christoph Wolff = Bach-Compendium
: analytisch-Bibliographisches
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1905 (Volbach). 1906 (Richter). 1938 (Schering).
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Edizioni di Torino. 1979. Fayard 1984-1985. Volume 1, pages 69, 159,
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Volume 2,
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BLANKENBURG,
Walter : Notice de l’enregistrement Karl Richter. Disque Archiv
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Andreas : Notice de l’enregistrement Hänssler / Rilling,
volume 26. 1999
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mélodies de chorals dans les cantates de J.-S. Bach.
L’Harmattan 2003. Pages 144 à 146
BREITKOPF.
Recueils :
Breitkopf
n° 10 : 371 Vierstimmige
Choralgesänge. C.
Ph. E. Bach – KJ. Ph. Kirnberger (sans date). N° 20, 250,
273
Breitkopf
n° 3765 : 389 Choralgesänge
für vierstimmigen gemischten Chor
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1917,
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Foestich 1967, 8e
édition. Pages 5, 32, 65, 194, 242. Réformation 1730
:
J. S. Bach.
Édition allemande complète, en deux volumes. 1911.
Édition
américaine (traduction de E. Neumann). Dover Publications,
inc. New York. 1911-1966.
Volume
1, pages 238, 246, 250.
Volume 2,
pages 78, 90, 146 (note), 242 (notes), 245 à 247, 331, 355,
46, 459 (notes), 463 (note)
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Philipp : Johann
Sebastian Bach.
Sous-titré : « His
Work and influence on the Music of Germany 1685-1750 »
Novello
& Cy 1889 - Dover 1951-1952. Trois volumes.
Volume
II, pages 470/471. Volume III, page 73 et note page 283
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Cantatas of Johann Sebastian Bach. Sacred & Secular
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pages131, 221 à 227, 236, 238, 456, 472 et 645. Tome 2, pages
272, 286, 296 et 300
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dans les cantates de Bach.
Coffret
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Kantatenwerk, volume
13, pages 11/12
:
Notice de l’enregistrement de Ton Koopman, volume 22. 2006
:
Les éditions d’époque des compositions de Bach et
des livrets de ses cantates. Harnoncourt, volume 18, page 8
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Philippe et Gérard : Guide
pratique des cantates de Bach.
R. Laffont 1982. ZK 95, pages 171/172
Réédition
révisée et augmentée. L’Harmattan 2005
DISCOGRAPHIE BWV 80
BACH
CANTATAS WEBSITE :
Discographie
établie par Aryeh Oron. Elle est ici proposée sous une
forme sensiblement allégée avec, parfois, quelques
précisions relatives aux références et aux
dates. Les numéros 1] et suivants indiquent l’ordre
chronologique de parution des enregistrements.
24
références (octobre 2000 - décembre 2010) + 19
mouvements individuels (octobre 2000 - août 2010).
Exemples
musicaux. Aryeh Oron (janvier 2003 - janvier 2005).
18]
ANTAL, Matyas: Hungarian Radio Chorus. Failoni Chamber Orchestra of
Budapest.
Budapest. Janvier 1992. Durée : 21’01
CD
Naxos 8.550642. Volume 2.
Avec la cantate BWV
147
21]
GARDINER (volume 10). The Monteverdi Choir. The English Baroque
Soloists. Soprano : Joanne Lunn. Contre-ténor :
William Tower.
Ténor :
James Gilchrist. Basse : Peter Kooy.. Bach Cantata Pilgrimage.
31 octobre 2000. Chapelle du château de Wittenberg (D)
Durée
: 25’09. CD Soli Deo Gloria (SDG) 110. 2005. Avec les cantates
BWV 79 et 192
6]
GÖNNENWEIN. Süddeutscher Madrigalchor & Consortium
Musicum. Soprano : Elly Ameling. Mezzo-soprano : Janet
Baker.
Ténor :
Theo Altmeyer. Basse : Hans Sotin. Marbach Stadhalle (D).
Juillet 1967. Durée : 29’09
Disque
EMI Electrola 06329017. Avec la cantate BWV 79
Reprise
en Coffret EMI Classics 7243 5 68752 2 7 1967. Avec les cantates BWV
51, 140, 106, 82 et 147
Reprise.
Coffret (2 CD). Consortium Musicum. EMI Classics 7243 4 76936. 1995.
avec les cantates BWV 140, 147 et le motet BWV 227
10]
GRIMES, Frederic & Nancianne Parrella. The Holy Trinity Bach
Choir & Orchestra. Trinity Lutheran Church. New York (USA.
12
juillet 1979. CD Holy Trinity Lutheran Church HTL-1979. Avec les
pièces d‘orgue BWV 720 et 657
9]
HARNONCOURT (volume 21). Wiener Sängerknaben. Chorus Viennensis.
Concentus
Musicus Wien. Garçon
soprano : Wilhelm Wiedl.
Alto
: Paul Esswood. Ténor : Kurt Equiluz. Basse Rund van der Meer.
Wienne 1978. Durée
: 22’58.
Disque
Teldec 6. 35363-00-501-503
(SKW 21/1-2). Das
Kantatenwerk
, volume 21. 1978
CD
Teldec
4509-91759 2 Das
Kantatenwerk - Sacred cantatas
Volume 5. Coffret de six CD avec les cantates BWV 79 à 99.
CD
Teldec 8-35363 ZL 242577-2. Volume 21. 1989
Reprise
Bach 2000.
Teldec, volume 2. Coffret de 15 CD. Septembre 1999. Cantates 48 à
52. 54 à 69. BWV 69a. BWV 70 à 99
Reprise
Warner Classics CD 8573-81185-5. Intégrale en CD séparés,
volume 25. 2007
17]
HERREWEGHE. La Chapelle Royale. Collegium Vocale Gent. Soprano :
Barbara Schlick. Alto : Gérard. Lesne. Ténor :
Howard Crook.
Basse.
Peter Kooy. Janvier 1990. Durée : 24’18
CD.
Quatre tirages successifs Harmonia Mundi France 901326. Avec le
Magnificat
22]
KOOPMAN (volume 22). Amsterdam Baroque Orchestra & Choir. Soprano
: Sandrine Piau. Alto : Natalie Stutzmann. Ténor : James
Gilchrist.
Basse : Klaus Mertens. Durée : 21’58. Mouvements 3 et
4 : mai 2002. Mouvement 2 : septembre- octobre 2002.
Mouvements
1, 5 et 8 : octobre 2003
CD
Antoine Marchand CC 72222. 2006. Avec les cantates BWV 30a et Messe
BWV 236
12]
LEPPARD. London Voices. English Chamber Orchestra. Soprano : Elly
Ameling. Contralto : Linda Finnie. Ténor : Aldo Baldin.
Basse
: Samuel Ramey. Église de tous les Saints. Londres (GB).
Février 1981. Durée : 27’08
Disque
Philips 651 4097. Avec la cantate BWV 140. Cassette audio Philips MC
7337-097.
Reprise
CD 422490 avec la cantate BWV 140
Reprise
CD Philips 454008 (coffret de 2 CD avec la Passion
selon saint Jean
(Eugen Jochum).
20]
LEUSINK. Holland
Boys Choir/ Netherlands Bach Collegium. Église Saint-Nicolas
d’Elburg (NL). Avril
- septembre 1999
Durée :
24’41. Bach
Edition. 2000. CD
Brilliant Classics.
Volume 4, cantates volume 1
Reprise
Bach edition. 2006. CD Brilliant Classics III - 93102 1/47. Avec les
cantates BWV 82 et 61
Cette
réédition 2006 a fait l‘objet en 2010 d‘une
nouvelle édition „augmentée“ (157 CD)
comprenant, les partitions et 2 DVD proposant
les
Passions selon saint Jean et saint Matthieu.
4]
MAUESBERGER. Thomanerchor Leipzig. Gewandhausorchester. Soprano :
Agnes Giebel.
Alto : Hertha Töpper. Ténor : Peter Schreier.
Basse :
Theo Adam. Leipzig. Enregistrement à la Thomaskirche /
Leipzig, en octobre 1966. Durée : 28’33
Disque
Eterna VEB 8 20 802 (ex RDA). Avril 1968. Avec la cantate BWV 140
Reprise
Disque Archiv-Production 198407. 1968. Avec la cantate BWV 80
Reprise
CD Leipzig Classics. Bach.
Made in Germany.
Cantatas II. 00 1821 2 BC. Volume III/2. Avec les cantates BWV 140 et
55. 1999
Reprise
en coffret de 5 CD
Leipzig Classics 00
1819 2BC. Bach. Made in
Germany
15]
MÜNCHINGER. Stuttgarter Hymnus Chorknaben Stuttgarter
Kammerorchester. Soprano : Gabriele Fontana. Alto : Julia Hamarfi.
Ténor
: Gösta Winbergh. Basse : Tom Krause. Église évangélique,
Ludwigsburg (D), Février 1984. Durée : 29’12
CD
Decca Eclipse 414 045-2 DH. 1984-1985. Avec la cantate BWV 140
24]
NELSON, Ralph. Bach Cantata Choir, Portland. Oregon (USA). Live,
novembre 2007.Avec la cantate BWV 26 et, Mendelssohn, le
motet
à deux chœurs Heilig.
CD Bach Cantata Choir, volume 6.
13]
OHMURA, Emiko. Bach-Chor Tokyo. Tokyo Cantata Chamber Orchestra. CD
Bach-Chor Tokyo (Japan). Live : 14 mai 1983.
Durée :
27’. CD BACH CD 11. « 50
Bach Kantaten ».
Chanté en japonais. Avec la cantate BWV 78
1]
PROHASKA. Wiener Kammerchor. Wiener Kammerorchester. Choir &
Orchestra of the Bach Guild. Soprano : Maja Weis-Osborn.
Alto
: Hilde Rössel-Majdan. Ténor : Kurt Equiluz. Basse :
Walter Berry. Vienne (A). 1951.
Durée : 28‘54
Disque
Bach-Guild BG-508 (Première). 1952. DisqueVanguard Classics
(USA) CID BTX 33013. 1951
Reprise
CD Historical Anthology. The Bach Guild (ex BG-508) / Vanguard
Classics. OVC –2543. 1999
Avec
la cantate BWV 140 (ex BG-511).
8]
RICHTER. Münchener Bach-Chor. Münchener Bach-Orchester.
Soprano : Edith Mathis. Alto : Trudeliese Schmidt. Ténor :
Peter
Schreier.
Basse : D.F. Dieskau. München.
Herkules-Saal. Munich. Février 1977 – mai-juin 1978.
Durée : 26’29
Disque
Archiv Produktion II. 2722.030. 1979 Coffret de 6 disques
Archiv Produktion2722
030/2564 178.
Volume
V. Sunday after Trinity II
Reprise
en CD Archiv
Produktion. Coffret de 3 CD 413.646-2. Avec les cantates BWV 61, 4,
56, 51, 106 et 147
16]
RIFKIN. The Bach Ensemble. Pas de chœur. Septembre 1985.
Soprano : Jane Bryden. Alto : Drew Minter. Ténor :
Jeffrey Thomas.
Basse :
Jan Opalach. Durée : 25’41
CD
L’Oiseau-Lyre 417 250-2. 1987. Avec la cantate BWV 147
Reprise
en coffret de 2 CD (six cantates, BWV 147, 80, 140, 8, 51 et 78).
Vers 1995-2000 ?
3]
RILLING. 1ère
version sous le titre Bach
Cantatas. Figuralchor
der Gedächtniskirche Stuttgart. Württembergisches.
Kammerorchester
Heilbronn.
Soprano : Antonia
Fahberg. Contralto : Margarethe Bence. Ténor :
Theophil Maier. Basse : Ulrich Schaible. 1964
Durée
: 31‘11. Disque
Vox Reprise en coffret Vox Bach Cantatas (3 CD).
14]
RILLING. 2ème
version.
Indiana University Chamber Singers. Bach Collegium Stuttgart. Soprano
: Arleen Auger.
Alto :
Alyce Rogers. Ténor : Kurt Equiluz. Basse : Niklaus Tüller.
1976
Disque
(D). Die
Bach Kantate.
Hänssler-Verlag. Classic.
Laudate 98682. 1977. Avec la cantate BWV 165
Disque
(F) Erato STU 71072. Les
grandes cantates (volume
7). Licence Claudius Verlag. 1977. Avec la cantate BWV 165
14
bis] RILLING. 3ème
version.
Württembergisches Kammerorchester Heilbronn. Gächinger
Kantorei Stuttgart. Soprano : Arleen Auger.
Alto
: Gabriele Schreckenbach. Ténor : Lutz Michael Harder. Basse :
Philippe Huttenlocher. Gedärchniskirche Stuttgart. Septembre
et
octobre 1983
CD.
Die
Bach Kantate (volume
57). Hänssler Classic. Laudate 98819. 1983. Avec les cantates
BWV 115 et 55
Reprise
CD. Hänssler edition bachakademie
(volume 26). Hänssler-Verlag 92.026. 1999.
Avec les cantates BWV 81 et 82
11]
ROTZSCH. Thomanerchor. Neue Bachisches Collegium Musicum. Soprano :
Arleen Auger. Alto : Ortrun Wenkel. Ténor: Peter
Schreier.
Basse : The Adam. Paul Gerhardt-Kirche, Leipzig, février
1981- janvier-février 1982. Durée : 25’55
CD
VEB Edition Eterna (ex RDA 1983). Avec la cantate BWV 79.
Reprise
CD
Berlin Classics 00221762BC. 1994. Avec les cantates BWV 79, 192 et 50
Reprise
CD Leipzig Classics CD
1981-1983-1984.
Bach
made in Germany
Volume 4. Cantates
X
Reprise
des enregistrements de Hans-Joachim Rotzsch. Leipzig Classics 001823
2BC
Bach
made in Germany.
Volume IV.
Coffret
de 11 CD. 1999
7]
SOMARY, Johannes. Amor Artis Chorale. English Chamber Orchestra.
Soprano : Felicity Palmer. Alto : Helen Watts. Ténor : Robert
Tear.
Basse : Michael Rippon. Conway Hall. Londres (GB). 1974. Durée
: 28’57.
Disque
Vanguard Classics VCD-72000. 1974. Avec l’Oratorio BWV 11
Reprise
CD Vanguard Classics SVC-105 HD (USA). 1999.
Avec la cantate BWV 11
23]
SUZUKI (volume 27). Bach Collegium Japan. Soprano : Suzanne
Rydén. Contre-ténor : Pascal Bertin. Ténor :
Gerd Türk. Basse : Peter
Kooy.
6 au 9 septembre
2003.
Kobe Shoin Women‘s University Chapel. Japan.
Durée : 23’40
CD
Bis-CD-1421. Distribution en France en 2005. Avec les cantates BWV 5
et 115
19]
THOMAS, Jeffrey. American
Bach Soloists Choir. American Bach Soloists. Soprano : Catherine
Bott. Alto : Daniel Taylor. Ténor :
Jeffrey
Thomas. Basse : William Sharp. Janvier 1995. Durée : 23’18
CD
Koch International Classics. Volume VI. Avec les cantates BWV 140 et
78
5]
VANDERNOOT, André. Bach Chorus & Orchestra of the
Amsterdam Philarmonic Society. Soprano : Agnes
Giebel. Alto : Wilhelmine
Matthès.
Basse : Heinz Rehfuss. Durée : 28’08. 1966
Disque
Cantate et reprise disque sous label Vanguard avec la cantate BWV
104.
Reprise
CD BMC The Bach Collection. Bach 723 (à partir du disque
Cantate).
Avec
les cantates BWV 68 K. M. Ziegler) et BWV 76 (W. Ehmann).
2]
WERNER. Heinrich Schütz Chor Heilbronn. Pforzheim
Chamber Orchestra. Soprano : Ingeborg Reichelt. Alto :
Hertha Töpper.
Ténor :
Helmut Krebs. Basse : Franz Kelch. Ilsfeld (D). Octobre 1959.
Durée : 29’34
Disque
Erato 50.043 (mono) et STU 70043 (stéréo). 1964. Les
Grandes Cantates
(volume 5). Avec la cantate BWV 87
Reprise
disque Erato-Christophorus (licence USA ?)
Reprise
CD Erato /Warner Classic 4509-97405-2 (coffret de deux CD avec les
cantates BWV 76, 6, 67, 87 et 31. 1994/1995
Reprise
CD Warner Classics 2564 61402-2, volume 2/8. Coffret de 10 CD. 2004
MOUVEMENTS INDIVIDUELS BWV 80
M-
1-Mvt. 8] Stokovsky, Leopold. Philadelphia
Orchestra. Disque Victor HMV. Music & Arts. Octobre 1933. Report
CD
M-
2-Mvt; 8] Stokovsky, Leopold. Bach Transcriptions. Disque
Pearl, avril 1939. Report CD
M-
3-Mvt. 8] Stokovsky,
Leopold. Bach Transcriptions. All-American Youth Orchestra. Disque
Columbia Cala. Avril et juillet 1941.
Report
CD
M-
4-Mvt. 8].Stokovsky, Leopold, Symphony Orchestra. Disque Capitol EMI.
Août 1957, février 1958. Report CD
M-
5-Mvt. 8] Eugène Ormandy. Mormon Tabernacle Choir.
Philadelphia
Orchestra. Disque Sony Classics. 1958-1962.
Report CD
M-
6-Mvt. 8] Herman Kreutz. Bachchor Gütersloh& Figuralchor der
Gedächtnskirche Stuttgart. Disque Cantate. Juin 1968.
Report
CD Cantate 57617
M-
7-Mvt. 8] Transcription pour Orgue. Power Biggs. Disque Baroque Music
Club. 1968. Report CD
M-
8-Mvt. 8] Stokovsky, Leopold. London Symphony Orchestra. Disque RCA
Gold. Avril 1974.
Report CD (2 éditions)
M-
9-Mvt. 8] Dr. Jerold D. Ottley. Mormon Tabernacle Choir. Columbia
Symphony Orchestra. CD Sony Classics. Février
1981
M-10-Mvt.
5] Elmer Iseler Singers. Mainly Mozart Orchestra. CD CBC 1985
M-11-Mvt.
1] Transcription pour quintette à vent et orgue. The
Empire Brass. Organ Douglas Major. CD
EMI Classics 1986
M-12-Mvt.
8] Transcription pour chœur a capella. Ward Swingle. Swingle
Singers. CD Virgin Classics. Mars 1991. Deux éditions
M-13-Mvt.
5] Transcription pour trompette. Arnold Mehl. Bach
Trompetenensemble München + orgue. CD Ars Musici, août
1994
M-14-Mvt.
1] Wolfgang Sawallisch. Philadelphia
Orchestra. CD EMI Classics, mars 1995
M-15-Mvt.
7] Kurt Redel. Pro Arte Orchestra. CD Erato “Bach essentials.
Novembre 1996
M-16-Mvt.
8] Nicol Matt. Nordic Chamber Choir. Bach Edition, volume 23. CD
Brilliant Classics / Bayer Records. Juin
1999
Bach
Edition 2006 (Intégrale). CD Brilliant Classics 93102/137.
V/31.
M-17-Mvt.
8] Transcription pour trompette et orgue. Phil Snedecor et orgue Paul
Skevington. CD Summit, juin 2002
M-18-Mvt.
1] Empire Brass Quintet. Orgue: William Kuhlman. CD Telarc. 2003
M-19.
Mvt. 8] José Serebrier. Bournemouth Symphony Orchestra. CD
Naxos 8 572050. Bach Transcriptions. Live 17 et 18 avril 2008
CANTATES BWV 80a &
80b
ALLES,
WAS VON GOTT GEBOREN
Tout
ce qui est né de Dieu est
destiné à
la victoire »
KANTATE
AUF DEN SONNTAG OCULI
DOMINICA
OCULI
Cantate
pour le dimanche « Oculi »
Weimar
24 mars 1715…1716 ? –
&
BWV
80b (Fête de la Réformation) : 31 octobre 1723…et
(ou) 1724)
DATATION
BWV 80a & 80b
Cantate BWV 80a. Dimanche
Oculi.
BASSO
[Jean-Sébastien
Bach, volume1, pages
158/159] : « On remarque qu’à la seule
exception de la cantate BWV 80a pour le troisième dimanche de
Carême (musique perdue mais matériel réutilisé
dans BWV 80), Bach n’écrivit pas de cantates pour la
période de Carême, la liturgie en usage à
Leipzig ne prévoyant pas l’emploi de Kirchenstück
pour ce « temps de l’année ».
BCW :
Cantate BWV 80a entendue à Weimar pour le 3e
dimanche de Carême (dimanche Oculi). La partition
révisée devient la cantate BWV 80b ; elle est
donnée à Leipzig entre 1728 et 1731. Troisième
exécution, avec de substantielles modifications sous la
dénomination définitive de BWV 80, vers 1735-1740.
CHAZOT
[BCW] : «…il est à peu près certain
que la cantate BWV 80 [à partir de la cantate révisée
BWV 80b] a été reprise le 31 octobre 1730 ».
NEUMANN :
Dimanche Oculi.
Weimar. L’auteur donne le 20 mars 1715 pour la cantate BWV 80a.
SCHMIEDER
: Texte de Salomo Franck 1715. Weimar, vers 1716.
PIRRO
[L’esthétique
de Jean-Sébastien Bach -
Formation des motifs,
page 71.] : « Dans
un duo de la cantate Alles
was von Gott geboren »,
composée d’après Spitta pour le troisième
dimanche de carême de l’année 1716 (15 mars), se
trouvent aussi des tierces altérées. Elles sont jointes
aux mots par lesquels s’achève une phrase où sont
chantées les victoires promises au chrétien qui
« porte Dieu » dans son cœur. La mélodie
s’assombrit, et la pensée du triomphe annoncé ne
suffit pas à la maintenir dans la joie, quand le poète
évoque les heures d’angoisse où la vie s’éteint :
« Et il est
enfin couronné, lorsqu’il paie son tribut à la
mort [+ Exemple
musical].
Cantate BWV 80b.
Deuxième
version de la cantate BWV 80a, confondue avec la cantate BWV 80 qui
elle-même a bénéficié de révisions
ultérieures entre 1728 et 1731.
Leipzig :
Fête de la Réformation, 1723 et (ou) 31 octobre 1724 et
ultérieurement… 1728, 1731….
SUZUKI :
BWV 80b : Christoph Wolff estime que BWV 80b, la version que
Bach a révisée à Leipzig, a été
créée en 1723…elle a pu être interprétée
parmi les cantates chorales en 1724. En tenant compte du filigrane du
fragment du propre manuscrit de Bach de BWV 80b à
Saint-Pétersbourg, Frieder Rempp affirme dans ses notes
introductives à la partition [pour la NBA] que l’œuvre
a été créée en 1727, en 1728 ou 1731, une
supposition qui est en accord avec celle de Klaus Hofmann… »
SOURCES
BWV 80a et 80b
Pas
de partitions connues pour ces deux cantates.
NBA.
I/8. Kritisch Bericht .
BASSO
[Jean-Sébastien
Bach, volume 2, note 9
de la page 838] : « On
a pu supposer que Bach avait utilisé la cantate BWV 163, mais
des recherches récentes menées sur la base de deux
fragments d’une cantate (BWV 80b), laquelle constituait
peut-être l’adaptation de BWV 80a (écrite à
Weimar), puis devenue l’œuvre que nous connaissons
aujourd’hui (BWV 80, peut-être de 1724), porterait à
penser que Bach, pour la fête du 31 octobre 1723, aurait fait
jouer la Cantate BWV 80b (Alfred Dürr, Zur
Chronologie der Leipziger Vokalwerke J. S. Bach,
seconde édition augmentée, Bärenreiter, Kassel
1976, p. 2164, n° 6). Les deux fragments attestant l’existence
de la cantate BWV 80b se trouvent respectivement à Paris et à
Leningrad : le premier concerne l’ouverture conçue
comme un choral simplex à quatre parties (et c’est là
l’un des deux cas dans toute la production de Bach - l’autre
se trouve dans le BWV 153 - de choral dépourvu d’élaboration
et placé en tête de cantate) alors que le second se
rapporte à l’air de basse (n° 2)
CANTAGREL
[Les cantates de J.-S. Bach, page 424] : BWV 80b =
Leipzig 1723… dont il ne reste que des fragments
inutilisables…
HOFMANN :
« Une partition de Bach qui nous est parvenue à
l’état de fragment -elle s’interrompt durant le
second mouvement - date des années 1728-1731 si l’on en
juge par le type de papier utilisé et présente une
première version de la cantate (BWV 80b) où, à
la place du grand chœur inaugural que l’on retrouve dans
la version tardive, se trouve un simple choral à quatre voix.
Cette première version cependant autant que l’on puisse
en juger,, n’était de son côté pas une
création originale mais provenait plutôt en majeure
partie d’une cantate pour le dimanche Oculi
avec, comme vers initial « Alles,
was von Gott geboren -
Tout ce qui est né
de Dieu »
(BWV 80a que Bach avait composé en 1715 sur un texte du poète
de la cour de Weimar, Salomon Franck (1659-1725)…. Cette
cantate est malheureusement perdue et il n’y a que le texte
qui nous soit parvenu [voir Werner Neumann].
SPITTA
[Johann Sebastian Bach,
volume 1, page 641] : « Dans le catalogue des œuvres
musicales publié en 1761 par Breitkopf & Härtel, le
titre ce cette cantate « Alles
was von Gott geboren »
figure clairement avec le dimanche pour laquelle elle fut composée
et la distribution vocale et instrumentale… »[
SUZUKI
: « Cantate BWV 80b : La propre partition de Bach n’existe
que sous la forme d’une seule page (la première) divisée
en trois parties et conservée dans les collections du Musée
Adam Mickiewicz (6, Quai d’Orléans, Paris 4e)
au Musée Saltikov à Saint-Pétersbourg et dans la
collection William Scheide à Princeton aux Etats-Unis. Elle
comprend le premier mouvement (choral à quatre voix) et le
second mouvement (air pour soprano et basse) jusqu’à la
vingtième mesure. Les pages à partir de la seconde et
toutes les parties individuelle originales sont perdues ».
.
PÉRICOPE BWV
80a & 80b
Cantate
BWV 80a
: Dimanche Oculi ou Troisième dimanche de Carême.
Cantate
exécutée seulement à Weimar. Pas de musique
figurée à Leipzig au temps de Bach pour ce dimanche
(tempus clausum).
Lectures
Épître
aux Éphésiens 5, 1 à 9 [PBJ. 1730]. La vie
nouvelle dans le Christ : «
Conduisez-vous
en enfants de lumière…»
Évangile :
Luc 11, 14 à 28 [PBJ. 1563/1564] : « Quiconque
ne porte pas sa croix et ne marche pas à ma suite ne peut être
mon disciple ».
Psaume
25, 15 à 22 [PBJ. 822] : Mes yeux sont fixés sur
Yahvé… ». Le nom de dimanche « Oculi »
est tiré de la lecture de ce psaume.
Cantate
BWV 80b.
Anniversaire de la Fête de la Réformation. Il s‘agit
de la commémoration des 95 thèses (relatives au
„scandale des Indulgences“ de Luther) affichées au
porche du couvent des Augustins, à Wittenberg, le 31 octobre
1517.
Lectures :
Épître
2, Thessaloniciens 3, 3 à 8 [PBJ. 1747]. L’Avènement
du Seigneur et ce qui le précédera.
Apocalypse
14, 6 à 8 [PBJ. 1810]. Des anges annoncent l’heure du
jugement.
[Même
occurrence avec les cantates BWV 79, 80 et - peut-être - BWV
192].
TEXTES BWV 80a &
80b
Texte
de Salomon Franck (mouvements 1 à 5) et de Martin
Luther (choral n° 6). Renvoi à la cantate BWV 80
BASSO :
[Jean-Sébastien
Bach, volume 1, page
412]. Cantate de type Neumeister.
CANTAGREL
[Les cantates de J.-S.
Bach, page 424] :
« …De cette cantate, seul le livret de Salomo
Franck est connu. On sait qu’elle était destinée
au troisième jour de Carême ou dimanche Oculi.
Ce jour étant à Leipzig le premier du tempus
clausum, la période
précédant Pâques d’ou toute musique figurée
était bannie, Bach ne put donc la reprendre telle quelle
NEUMANN
[Sämtliche von
Johann Sebastian Bach vertonte Texte,
pages 69/70, 278/279 et 428]. Fac-similé de l’édition
du recueil Evangelisches
Andachts Opffer,
Weimar 1715. Cantates BWV 132, 152, 155, 72, 80a, 31, 165, 185, 168,
164, 161, 162 et 163.
GEIRINGER
[Jean-Sébastien
Bach,
page 170-171] : « Très proche de la « stricte
cantate chorale » est le n° 80, Ein
feste Burg,
qui fut probablement entendue pour la première fois à
la fête de la Réforme en 1724. C’est une
amplification de la cantate BWV 80a sur un texte de Salomo Franck,
composée en 1715 à Weimar. La première section
de la cantate originale (BWV 80a) était un arrangement de
choral dans lequel le hautbois entonne comme cantus firmus une
strophe de Luther « Une
puissante forteresse »
tandis que la basse fait entendre une contre-mélodie
proclamant le triomphant message « Alles,
was von Gott geboren, ist zum Siegen auserkoren
/ Tout
ce qui est né de Dieu est
destiné
à la victoire ».
Deux soli précédés de récitatifs venaient
ensuite et une simple harmonisation du choral de Luther [note 165 de
la page 367: C’était probablement BWV 303 (BJ,
1940-1948, page 11) terminait la cantate. Dans cette version, où
se succédaient: arrangement de choral, récitatif, aria,
récitatif, aria, harmonisation de choral, l’œuvre
offrait une structure symétrique….
BWV
80a :
1]
ARIE BAß, SOPRAN.
ALLES, WAS VON GOTT GEBOREN
Tout
ce qui est né de Dieu est destiné à la
victoire ».
Voir
ce texte dans la cantate BWV 80/2. [ dans celle-ci, le n° 1 est
le fameux choral de Luther « Ein
feste Burg ist unser Gott »].
NEUMANN.
Voir BWV 80/2. Le cantus
firmus est ici instrumental au hautbois
2]
REZITATIV BAß. ERWÄGE DOCH, KIND GOTTES, DIE SO GROßE
LIEBE
Voir
ce texte dans la cantate BWV 80/3.
NEUMANN :
Voir
BWV 80/3.
3]
ARIE SOPRAN. KOMM IN MEIN HERZENSHAUS
Voir
ce texte dans la cantate BWV 80.
NEUMANN.
Voir BWV 80/6
Voir
ce texte dans la cantate BWV 80/4.
4]
REZITATIV TENOR. SO STEHE DENN BEI CHRISTI BLUTBEFÄRBTEN FAHNE
NEUMANN.
Voir BWV 80/4
Après
ce mouvement, pas de choral comme dans la cantate BWV 80/5 ni de
récitatif comme dans BWV 80/6
5]
ARIE. DUETT ALTO, TENOR. WIE SELIG IST DER LEIB, DER JESU, DICH
GETRAGEN
NEUMANN
: Voir
BWV 80/7.
6]
CHORAL. MIT UNSER MACHT IST NICHTS GETAN, WIR SID GAR BALD VERLOREN
Deuxième
strophe du cantique de Luther, remplacée par la quatrième
strophe utilisée dans la cantate BWV 80/8
W.
NEUMANN – K. NGEIRINGER : Vraisemblablement identique au
choral à quatre parties BWV 303
BWV
80b
CHAZOT
[BCW] : L‘œuvre (connue sous le nom de BWV 80b et dont
nous savons fort peu de choses) fut sans doute réécrite
dans la précipitation [à partir de la cantate BWV 80a]
et n‘avait pas encore atteint la forme que nous lui connaissons
[BWV 80] : le premier mouvement était un sobre choral
harmonisé à quatre voix, sans instruments concertants.
De la partition de cette cantate BWV 80b n‘ont survécu
que deux fragments : celui du premier choral, et un autre d‘un
aria de basse (2e
mouvement de la cantate BWV 80 dont le texte est inconnu.“
BIBLIOGRAPHIE BWV
80a et 80b
*
Ouvrage non consulté
BACH
CANTATAS WEBSITE (BCW) :
CHAZOT,
Christophe. Notice 2003, l’une des –trop- rares rédigées
par un français !
CROUCH,
Simon : notice 1998.
ORON,
Aryeh : Discussions 1] 22 octobre 2000. 2] 2 novembre 2008. Prévision
: 17 mars 2013 (avec la cantate BWV 80).
BACH
COMPENDIUM ou Répertoire
analytique et bibliographique des œuvres de Jean-Sébastien
Bach.
Hans Joachim Schulze et Christoph Wolff = Bach-Compendium
: analytisch-Bibliographisches
Repertorium der œuvre Johann Sebastian Bach.
Editions Peters. Francfort-sur-le Main. 1985. BWV 80a = BC A 52
BASSO,
Alberto : Jean-Sébastien
Bach.
Edizioni di Torino. 1979. Fayard. 1984-1985. Volume 1 : pages 158,
159, 406, 407, 409, 412 et 420
Volume
2, pages 44, 336, 362-363, 405, 435 et 834
BWV
80b : Volume 2. Pages 279, 336, 362, 363 et 838
CANTAGREL,
Gilles : Les
cantates de J.-S. Bach.
Fayard. 2010. Page 424
DÜRR,
Alfred : Die
Kantaten von J.-S. Bach. Bärenreiter.
Kassel 1974. Volume 1, pages 225/226
COLLECTIF:
Tout Bach.
Ouvrage publié sous la direction de Bertrand Dermoncourt.
Robert Laffont – Bouquins. Novembre 2009
Jean-Luc
Macia : Cantates
d’église.
Renvoi à la cantate BWV 80, pages 152/153
GEIRINGER,
Karl : Jean-Sébastien
Bach. Le Seuil 1966.
BWV 80a, pages 155, 157, 170. BWV 80 : pages 170, 171. Note
165, page 367
HOFMANN,
Klaus : Notice de l‘enregistrement de Maasaki Suzuki, volume
27. 2005
NEUMANN,
Werner : Handbuch
der Kantaten Johann Sebastian Bachs. VEB.
Breitkopf & Härtel Musikverlag Leipzig 1971.
Page 107
:
Sämtliche von J. S. Bach vertonte
Texte. VEB
Leipzig 1974. Page 278. Fac-similé texte, 509 (sources)
:
Kalendarium zur Lebens-Geschichte Johann
Sebastian Bachs. Bach-Archiv, 20
novembre 1970.
Page
15 (BWV 80a). Page 25 (BWV 80).
PETITE
BIBLE DE JÉRUSALEM : Desclée de Brouwer. Editions
du Cerf, Paris, 1955.
Dans
les références bibliques, apparaît sous
l’abréviation « PBJ ».
PIRRO,
André : J.-S.
Bach. Alcan, Paris. 5e
édition. 1919. BWV 80a, pages 145/146
: L'esthétique
de Jean-Sébastien Bach. Fischbacher
1907.
Minkoff
Reprint Genève 1973
Pages
: 71 [5].
SCHMIEDER,
Wolfgang : Thematisch-Systematiches
Verzeichnis der Werke Joh. Seb. Bachs
(BWV). Breitkopf &
Härtel 1950-1973-1998
Édition
1973, page 109
SPITTA,
Philipp : Johann
Sebastian Bach, volume
1, page 641
SUZUKI,
Masaaki : Note de la production de son enregistrement, volume
27. 2005
DISCOGRAPHIE BWV 80a & b
BCW.
Aryeh. Oron (août-septembre 2003) : Choral de la Messe
luthérienne en fa majeur (BWV 233) et le Prélude choral
BWV 720… choral de la cantate BWV 80b [?]
M-1.
Mouvement choral] Helmuth Rilling. Gächinger Kantorei Stuttgart
+ Gerhard Gnann à l’orgue. CD Hänssler. Edition
Bachakademie, volume 82. Janvier, avril et septembre 1998.
C.
Role. Mai 2011
|