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Cantata BWV 88
Siehe, ich will viel Fischer aussenden
Voyez, je vais envoyer quantité de pêcheurs
Commentary in French

KANTATE ZUM 5. SONNTAG NACH TRINITATIS
Cantate pour le 5e dimanche après la Trinité
Leipzig, 21 juillet 1726

CONTENU

Avertissement
Datation
Sources
Péricope
Texte
Généralités
Distribution
Aperçu
Bibliographie
Discographie
Annexe BWV 88 - Philipp Spitta

 

AVERTISSEMENT

Cette notice dédiée à une cantate de Bach tend à rassembler des textes, des notes (essentiellement de langue française), voire des critiques discographiques souvent introuvables ou difficilement accessibles aujourd’hui (2010). Le but est de donner à lire un ensemble cohérent d’informations et de proposer aux amateurs et mélomanes francophones un panorama élargi et espéré parfois inédit de cette partie de l’œuvre vocale de Bach. Outre les quelques interventions « CR » identifiées par des parenthèses [...] le rédacteur précise qu’il a toujours pris le soin jaloux de signaler sans ambiguïté le nom des auteurs sélectionnés. A cet effet il a indiqué clairement, entre guillemets «…» toutes les citations fragmentaires tirées de leurs travaux. Rendons à César...

ABRÉVIATIONS
BB / SPK = Bach Bibliothek / Staatsbibliothek Preussicher Kulturbesitz
B.c. = Basse continue ou continuo
BCW = Bach Cantatas Website
BD = Bach-Dokumente (4 volumes, 1975)
BG = Bach-Gesellschaft = Société Bach (Leipzig, 1851-1899). J. S. Bach Werke. Gesamtausgabe (édition d’ensemble) der Bachgesellschaft
BJ = Bach-Jahrbuch
D = Deutschland
EKG = Evangelisches Kirchen-Gesangbuch.
F = France
|NBA = Neue Bach Ausgabe (nouvelle publication de l’œuvre de Bach à partir des années 1954-1955)
NBG = Neue Bach Gesellschatf = Nouvelle société Bach (fondée en 1900)
Ost = Original Stimmen
P = Partition = Partitur
PBJ = Petite Bible de Jérusalem
PKB = Preußicher Kulturbesitz, Staatsbibliothek, Berlin
St. = Parties séparées = Stimmen

La première lettre -en gras- d’un mot du texte de la cantate indique la majuscule de la langue allemande. Dans le corps du texte allemand de la cantate, le mot ou un groupe de mots mis en italiques désignent un affect particulier ou un « accident remarquable.

 

DATATION BWV 88

Leipzig, dimanche 21 juillet 1726.
HIRSCH : Classement CN 149 (Die chronologisch Nummer = numérotation chronologique). 3. Jahrgang. Cette cantate appartient au troisième cycle des cantates de Bach à Leipzig (période s‘étendant du premier dimanche de l‘Avent 1725 au vingt-troisième dimanche après la Trinité 1726).
Chronologie (Alfred Dürr). 1726 : BWV 129 et 194 (? le 16 juin). BWV 39 (23 juin). * BWV 88 (21 juillet). BWV 170 (28 juillet). BWV 187 (4 août).
SCHMIEDER : Ancienne datation empruntée à Spitta, vers 1732 de même que Pirro (Les cantates après 1727.
SCHWEITZER : Les cantates de 1728 à 1734.
[Du 2 février au 28 juillet 1726, ce ne sont pas moins de seize cantates de Johann Ludwig Bach qui sont données dans les deux principlales églises de Leipzig. La question demeurée sans réponse de nos jours : pourquoi dans cette période la propre production de Bach est-elle pratiquement absente ? L‘on a évoqué la maladie, une crise morale, d‘autres difficultés inconnues avec les autorités de la ville, etc.]
WHITTAKER : l'auteur propose la date du 13 juillet 1732 comme possible.

 

SOURCES BWV 88

PARTITION AUTOGRAPHE = ORIGINALPARTITUR
Mus. ms. Bach P 145. [BB/SPK 145]. Staatsbibliothek zu Berlin Preußicher Kulturbesitz (anciennement, avant 1989 à Berlin-Dahlem (Berlin-Ouest).

BASSO [Jean-Sébastien Bach, volume 1, page 39] : « L’autographe de cette cantate fit partie de l’héritage de Carl Philipp Emanuel Bach dont le catalogue fut publié par Gottlieb Friedrich Schniebes, à Hambourg en 1790, sous le titre « Verzeichniss des musikalischen Nachlasses des verstorbenen Cappelmeisters Carl Philipp Emanuel Bach ». Il comportait, entre autre, 86 cantates sacrées.
HERZ : Filigrane "ICF". Copiste repéré : Christian Gottlob Meissner.Ancienne date : 1732
SCHMIEDER : Partition autographe de 12 feuilles comportant 19 pages de musique.

PARTIES SÉPARÉES = ORIGINALSTIMMEN
St 85 M. Stadstbibliothek zu Berlin. Preußicher Kultur Besitz. Anciennement en dépôt à la Marburg, Staatsbibliothek, puis Berlin-Dahlem.
BG. : « Le titre autographe est pris à la couverture des parties séparées : « Dominica 5 post Trinitatis | Siehe, ich will viel Fischer aussenden p. | à 4 Voci, 2 Corni, 3 Hautbois, 2 Violini, Viola e Continuo di Joh. Sebast. Bach. »
Partie du continuo, une fois en C (ré majeur), une fois en ut majeur… dans les voix pour la taille (Oboe III, Corno I et II) figure aussi le premier aria… Dans la plupart de ces parties figurent en grand nombre des corrections…»
SCHMIEDER : 16 parties séparées, in 4° partiellement autographes.

ÉDITIONS
SOCIÉTÉ BACH = BACH-GESELLSCHAFT AUSGABE (BG)
BG. Jg. XX1 (20e année). Pages 155 à 178. Préface de Wilhelm Rust (1872). Cantates BWV 81 à 90.
[Partition BG / Breitkopf dans l’enregistrement Das Kantatenwerk / Gustav Leonhardt, volume 22. 1979].

NOUVELLE ÉDITION BACH = NEUE BACH AUSGABE (NBA)
KANTATEN SERIE I/ BAND 17/2. KANTATEN ZUM 5 UND 6 SONNTAG NACH TRINITATIS
Bärenreiter Verlag BA 5081. 19935. 6 fac-similés.
BWV 88. Pages 33 à 58. Autographen Partitur Staatsbibliothek zu Berlin Preußicher Kulturbesitz. Mus. ms. Bach P 145. Beginn des 1 Satzes.
Avec les cantates BWV 93, 170 et 9.
Kritischer Bericht (commentaires). BA 5081 41. 1993. Emans Reinmar.

AUTRES ÉDITIONS
Publication de la NBG, volumes VII/1 et 2 en 1906 (signalée par Alberto Basso, Jean-Sébastien Bach, volume 1 page 87) : Partitur zum praktischen Gebrauch bearbeitet von Max Seiffert et réduction pour clavier, préparation (Bearbeitet) de von Otto Taubmann.
BÄRENREITER Verlag Kassel. Sämtliche Kantaten 7. TP 1287. 2007.
Herausgegeben : Reinmar Emans.
Faksimile BWV 93, 88, 170 et 9.
BWV 88. Pages 31 à 58. BAE 1993.
BCW. Partition BGA + Réduction chant et piano.
BREITKOPF & HÄRTEL. Partition = PB 2938 et révision de Max Seiffert PB 2750. Révision orchestre, voix, orgue et clavier (Max Seiffert) = OB 1927/28. Partition du chœur (Chorst) = ChB 1901
2010. Partition = PB 4588 – Réduction chant et piano (28 pages) = EB 7088. - Partition du chœur (Chorst), 2 pages = ChB 4588.
KALMUS STUDY SCORES. N° 829. Volume XXV. New York 1968. Cantates BWV 83 à 88.

 

PÉRICOPE BWV 88

5ème dimanche après la Trinité.
Épître : 1 Pierre 3, 8 à 15 [PBJ. 1783]. Texte invitant les fidèles à observer avec ardeur les différentes attitudes authentiquement chrétiennes, Amour, compassion, miséricorde et humilité. Le Seigneur a les yeux sur les justes... mais le Seigneur tourne sa face contre ceux qui font le mal...
Évangile : Luc 5, 10 [PBJ. 1542]. La pêche miraculeuse de Simon Pierre à Génésareth. Appel pressant à s’en remettre à la toute puissante grâce céleste.
Pour le rite romain, ces lectures étaient faites respectivement les 4e et 5e dimanche après la Pentecôte. La liturgie soulignait le double aspect terrestre et céleste, de la vie de l’Église en ce monde.

EKG. 5. Sonntag nach Trinitatis.
Entrée : Luc 9, 62 [PBJ. 1554]. Exigence de la vocation apostolique. Le psaume 27 [PBJ. 823] : La foi intrépide en Dieu.
EKG 206 : Prié, aimé et remercié soit le Seigneur Dieu. Épître : I Pierre 3, 8 à 15. Évangile: Luc 5, 1 à 11.
Pour la même occurrence, voir la cantate BWV 93 (9 juillet 1724). Alberto Basso donne également une cantate perdue identifiée XXXVII.
LYON, James [Johann Sebastian Bach Chorals, page 120] renvoie pour ce 5e dimanche après la Trinité aux psaumes 8 [PBJ. 7] et 117 [PBJ. 912 et 913 [?]

 

TEXTE BWV 88

Auteur inconnu... au choix, peut-être Bach lui-même (Gilles Cantagrel), Christoph Helm (Walter Blankenburg in BJ 1977) ou encore le duc Ernst Ludwig de Saxe-Meiningen (Christoph Wolff), etc.

1] Citation de l’Ancien Testament : Jérémie 16, 16 [PBJ. 1210] : « Voici : je vais envoyer quantité de pêcheurs –oracle de Yahvé - qui lpêcheront ; puis j’enverrai quantité de chasseurs qui leur donneront la chasse sur toute montagne et colline, jusqu’au creux des rochers…»
4] Luc 5, 10 [PBJ. 1542]. Jésus à Pierre : « Rassure-toi ; désormais ce sont des hommes que tu prendras…»
5] Matthieu 25, 14 à 30 [PBJ. 1495/1496]. Le serviteur mauvais et paresseux…La parabole des talents.
7] Georg Neumark, 16 mars 1621 - † Weimar, 8 juillet 1681). C’est la septième et dernière strophe du cantique (avec sa mélodie) « Wer nun den lieben Gott lässt walten“ (1657). Dans son ouvrage, « Johann Sebastian Bach / Chorals, page 119), James Lyon donne: « Kiel, janvier 1642 et publication en 1657 à Iéna (Jena) dans la collection Fortgepflantzter Musikalisch-Poetischer Lustwaldchant de consolation, parce que Dieu se soucie de chacun.
LYON [Chorals, page 120] : «...Le cantique de confiance (Vertraunlied), en sept strophes composée à Kiel, en janvier 1642, est publié en 1657 à Jena dans la collection Fortgepflantzter Musikalisch-Poetoscher Lustwald = Le plaisir de la forêt, fécond, musical et poétique). Neumark est également l'auteur de la mélodie en sol mineur...»
Renvoi à la cantate BWV 93 qui développe ce cantique : BWV 93/1, 2, 4, 5 et 7.

Voir EKG 298 (texte et mélodie) par Georg Neumark (1657). Sept strophes. La mélodie seule dans EKG 276, 277, 428, 461.
La mélodie paraît dans BWV 21/9 avec les strophes 2 et 5, BWV 27/1, BWV 84/5 (avec la 12e strophe), BWV 166/6, BWV 179/6, BWV 197/10 (dans cette cantate, le cantique n’est pas précisément désigné), BWV 434 (choral harmonisé à quatre voix).
Six autres utilisations ou variations sur ce choral: Orgelbüchlein n° 43 (BWV 642) ; Chorals Schübler n° 3 (BWV 647, directement issu de BWV 93/7) ; Chorals du recueil Kirnberger, BWV 690, 691 et 691a et Anh. 68.
Une atmosphère de confiance et de fidélité est soulignée par ce choral.
Pour une étude détaillée du cantique voir le site Chorale Melody / Wer nur den lieben Gott lässt walten. Plusieurs textes différents pour une même mélodie retrouvée chez d’autres compositeurs comme Johann Samuel Welter, Georg Böhm, Georg Friedrich Kaufmann, Georg Philipp Telemann, Johann Ludwig Krebs , Gottfried August Homilius, Johann Philipp Kirnberger et aussi Mendelssohn, Liszt, etc..

BASSO [Jean-Sébastien Bach, volume 1, page 187] : « Selon le jugement de Scheide, un certain nombre de cantates de Bach de ces années-là (BWV 17, 39, 43, 45, 88, 102 et 187) révèlerait une profonde et déterminante influence de Johann Ludwig Bach…»
[Jean-Sébastien Bach, volume 2, pages 259 et 408] : «…Walter Blankenburg a récemment (1977) pu constater que sept cantates (BWV 17, 39, 43, 45, 88, 102, 187) figurent dans un volume imprimé à Rudolstadt en 1726, réédition d’un précédent recueil de Texte zur Musik probablement dû au pasteur Christoph Helm, nom qui jusqu’à présent n’a jamais figuré nulle part dans les écrits des spécialistes de Bach »,
Renvoi au même volume, note 1 de la page 840 : Le recueil porte le titre Sonn und Fest-Tags-Andachten über die ordentlichen Evangelia aus gewissen biblischen Texten Alt und Neuen Testament für die Hoch- Fürst. Schwartzb Hof-Kapelle zu Rudolstadt. Blankenburg avance le nom de Christoph Helm († 1748) comme auteur du texte… Helm fut également compositeur ».
BLANKENBURG [Bach-Jahrbuch, 1977] : « Une nouvelle source pour les textes de sept cantates de Jean-Sébastien Bach et dix-huit cantates de Johann Ludwig Bach dans un volume imprimé en 1726 à Rudolstadt -Thuringe), sans nom d'éditeur. Etant donné que ce volume, représente une ré-édition, on peut assumer que la composition des textes remonte à une date antérieure; le poète paraît être Christoph Helm, qui, depuis 1704, était pasteur à Berga-Kelbra près de Nordhausen où il rendit l'âme en 1748 . Les textes des cantates de Bach sont ceux des BWV 17, 39, 43, 45, 88, 102 et 187 ».
BOMBA : « Bach emprunta le texte de cette cantate à une impression de Rudolstadt dans laquelle son cousin de Meining, Johann Ludwig Bach puisait également ses textes… Hans-Joachim Schulze (Le Monde des cantates de Bach, volume 3, Stuttgart) a d’ailleurs récemment eu l’idée d’attribuer ces textes au Duc Ernst Ludwig de Meiningen. Le fait que Bach n’utilise pas dans ce morceau le style concertant qu’il favorisait cette année 1726 mais qu’il s’efforce conséquemment d’interpréter musicalement le texte en recourant à tous les moyens artistiques dont il dispose, porte à croire qu’il a choisi ce texte délibérément ».
FINSCHER : «...la forme du texte anonyme correspond exactement à celle des ouvrages étrangers [ceux de Johann Ludwig Bach joués au printemps 1726]... on est donc porté à supposer que Bach chargea un poète leipzigeois d'écrire des textes dans cette forme [ceux des cantates suivant BWV 88, les BWV 39, 187, 45, 102 et 7] à moins qu'il se soit acquitté lui-même de la tâche [douteux !]…»
MACIA : «…Dans cette cantate et comme pour les BWV 17, 39, 45, 102 ou 187 [apparemment toutes exécutées à partir de juin 1726] Bach adopte le même plan que celui de son cousin de Meiningen [Johann Ludwig] de Meiningen… peut-être parce qu’il recourt au même librettiste… d’où la structure originale en deux parties… pas de chœur en ouverture, mais une citation de l’Ancien Testament, un extrait de l’Évangile du jour au milieu de la cantate et un choral final… La progression liturgique est d’une grande efficacité pédagogique…»

 

GÉNÉRALITÉS BWV 88

BOMBA : « Bach divise le morceau en deux parties, exécutées l’une avant et l’autre après le sermon…»
CANTAGREL : « Quoique en deux parties, cette cantate est de dimensions relativement modestes, clairement articulée en deux panneaux de trois morceaux… sans chœur d’entrée…. structure de l’œuvre, dans son ensemble parfaitement symétrique…»
LEMAÎTRE : « Comme pour les cantates BWV 39, 187, 45, 102 et 17, qui naquirent dans la contiguïté, cette cantate épouse le pla des œuvres de Johann Ludwig Bach que Johann Sebastian fit jouer cette même année…»
SCHREIER [disque Erato, volume 1, 1972] : «…Analyse d’ensemble. Toute la cantate présente un intérêt remarquable tant au point de vue de la disposition des tonalités que de l’accompagnement orchestral. Nous n’avons toutefois pas réussi à dégager la signification profonde de cette originalité. Cet aveu est extrait de la deuxième partie de l’important ouvrage consacré à Jean-Sébastien Bach par Philipp Spitta, et concernant la cantate BWV 88 dont, par ailleurs, le biographe loue hautement la facture admirable. Peut-être serait-ce le cas ou jamais, pour le musicologue, d’oser se livrer ici à la spéculation sur le symbolisme, en particulier sur le jeu des chiffres au sein de cette composition.. Suivent deux exemples à la 5e et 2e section de BWV 88. Voir ci-dessous.
Le problème que posait à Spitta l’ordonnance inhabituelle des tonalités dans la cantate BWV 88 pourrait également s’éclairer à la lumière de ce symbolisme des chiffres. Car, en groupant par trois les tonalités de base des différents morceaux, on obtient trois fois, un accord parfait différent : ré -- sol -- (mi si sol) -- (ré la fa dièse) -- si
1. Accord de sol majeur.
2. accord de mi mineur.
3. accord de ré majeur.
Remarquons enfin, parmi les caractères d’originalité de cette cantate, le fait que, comparée à la seconde partie, la première partie contient exactement le double de mesures (n° 1 à 3 = 342 mesures ; n° 4 à 8 (7) = 171 mesures. Le rapport harmonique est donc de 2 : 1, symbole des rapports d’harmonie existant entre le Fils et le Père…»
WHITTAKER : «...Il y a [dans cette cantate] comme une indéfinissable attrait qui la fait remarquer parmi toutes les autres; c'est difficile à dire, peut-être à cause de l'envergure exceptionnelle du premier mouvement …ce n'est pas l'une des plus populaires solo cantate cependant elle exerce comme une fascination par sa profondeur et sa science. Le librettiste inconnu fut à la fois heureux et infortuné dans son texte... L'évangile pour ce cinquième dimanche après la Trinité, Luc 5, 1 à 11 parle de la réponse du Christ à Pierre, "Ne crains pas, tu seras pêcheur d'hommes"...»
WOLFF : «...les quatre airs sont finalement différenciées, le n° 1 est pour basse et orchestre complet, le n° 3 est un trio pour ténor, d'amour et continuo, le n° 5 un quatuor polyphonique pour soprano, alto et deux hautbois d'amour (avec violons)…dans le n° 4, le ténor tient le rôle de l'évangéliste...»

 

DISTRIBUTION BWV 88

NEUMANN. Sopran, Alt, Tenor Baß. – Chor (nur Schlußchoral). Horn I, II ; Oboe d’amore I, II, Oboe da caccia ; Streicher, B.c.
SCHMIEDER. Soli : S, A, T, B. Chor : S, A, T, B. Instrumente : Oboe d'amore I, ii; Taille (Oboe da caccia); Corno I, II; Viol. I, II; Vla. ; Continuo.
WOLFF : «... l'arrangement instrumental de la cantate n'est absolument pas typique d'un dimanche ordinaire avec deux cors, bas instruments de la famille des hautbois (hautbois d'amour et de caccia) …»

 

APERÇU BWV 88

ERSTER TEIL

1] ARIE BAß. BWV 88/1

SIEHE, ICH WILL VIEL FISCHER AUSSENDEN, SPRICHT DER HERR, DIE SOLLEN SIE FISCHEN. UND DARNARCH WILL ICH VIEL JÄGER AUSSENDEN, DIE SOLLEN SIE FAHEN [Variante donnée par Werner Neumann : "fangen"]AUF ALLEN BERGEN UND ALLEN HÜGELN UND IN ALLEN STEINRITZEN.
Voyez, je vais envoyer quantité de pêcheurs, dit le Seigneur, qui les pêcheront. Puis j’enverrai quantité de chasseurs qui leur donneront la chasse sur toutes les montagnes et toutes les collines et jusqu’au creux des rochers.

Ré majeur (D) – Sol majeur (G), 197 mesures à 6/8 et C barré
BG. Jg. XX1. Pages 155 à 165. ARIA. | Am fünften Sonntage nach Trinitatis. | Prophet Jeremias ap. 16, V. 16.| Dominica 5 post Trinitatis. | Prima parte. | VIOLINO I / (con 3 Oboi, e 2 Corni.) Oboe d‘amore I. col Violino I, Corno I. tazce a 100 pause. | VIOLINO II. / Oboe d‘amore II. col Violino II. Corno II. tzce a 100 pause. | Viola./ Taille colla Viola. | BASSO. | CONTINUO.
Mesure 101 : Allegro quasi presto. + CORNO I. | CORNO II.
NEUMANN. Partie de corde (+ oboe d‘amore I et II; Oboe da caccia). Forme bipartite à 6/8 puis à C barré. Allegro e presto.
Prélude instrumental (ritournelle) aux mesures 1 à 18.

BOMBA : « Morceau qui réunit en son sein la structure bipartie. Accompagné de cordes forçant l’admiration, le soliste ténor faisant fonction de récitant [le prophète Jérémie], comme l’Évangéliste, fait l’enchaînement pour la Vox Christi. Cette voix annonce le message en un arioso accompagné des cordes et focalise toutes les considérations exprimées dans la première partie de la cantate…»
CANTAGREL : « Pour paraphraser la lecture évangélique, récit de la pêche miraculeuse, la cantate s’ouvre par les paroles du prophète Jérémie, confiées à une aria de basse dont tout le début paraît ondoyer des paisibles murmures du lac de Tibériade, régulier balancement en mètre ternaire sur lequel se déploient diverses figures ondulantes » (+ exemple musical aux mesures 5 et 11)
[Les cantates de J.-S. Bach, page 737] : « L’aria est composée de deux parties distinctes, correspondant aux deux images de la parole de Jérémie, une marine avec les pêcheurs, puis une scène de chasse [à la mesure 100]… on remarquera comment Bach isole de la suite, à chacune de ses itérations, le premier mot « Siehe !Voyez ». Allegro e presto, pour la scène de chasse, avec les deux cors, naturellement… Magnifique écriture concertante à sept parties réelles ».
DINGEMAN : «…L’aspect aquatique est dûment représenté par l’un de ces extraordinaires « musiques d’eau » de Bach, de longues et ondulantes vagues musicales d’une vigueur irrésistible…»
FINSCHER : « La composition de Bach accorde presque trop d'importance au passage de l'Ancien Testament en donnant une équivalence de son langage métaphorique dans deux tableaux de genre - une scène marine et une scène de chasse - peints avec ampleur et éclat, qui recèlent sous leur coloris de surface une élaboration extrêmement ingénieuse et forment entre eux un vif contraste, qui répond sans ritournelle à la question posée par le récitatif…»
GARDINER : «…mélodieuse barcarolle à 6/8…puis un allegro quasi ostinato avec une paire de cors aigus lancés à toute force venant s’ajouter à l’orchestre avec de multiples syncopes…»
HIRSCH [Die Zahl im Kantatenwerk, page 17] : Les paroles "Siehe ich viel Fischer aussenden" sont chantées à trois reprises... symbolisme mais aussi les 153 mesures vocales de la première partie [A] qui pourraient symboliser les "153" poissons de la pêche miraculeuse sur les bords du lac de Tibériade [Jean, 20, 11].
MACIA : «…La citation [biblique] concerne non seulement l’envoi des pêcheurs mais aussi de chasseurs. Bach illustre à la lettre ces métaphores : d’abord une scène marine, avec un rythme berceur de sicilienne aux cordes, puis une évocation de chasse, marquée par l’entrée en scène des cors, sur un rythme plus rapide (quasi presto) et par les vocalises éperdues du chanteur ».
[nombreuses affects et vocalises de plusieurs mesures sur les mots "fischen", "aus-senden", "fahen" (cette dernière, la plus longue), aux mesures 132 à 139] et "Jäger", aux mesures 156 à 163 ainsi que le mot "Bergen" à la mesure 190].
PIRRO [L'esthétique de Jean-Sébastien Bach - L'orchestration, page 239] : «le corno da caccia …Les cors servent aussi au pittoresque des scènes de chasse que Bach veut représenter. Ils apparaissent au milieu de l'air de basse... ils y sonnent en accords répétés puis reproduisent le thème du chant et redisent,, en appels consonnants, les appels de la voix…». Renvoi aux cantates BWV 14, 112 et 1.
[La traduction du texte, page 265] : "Bach isole... dans les récits et dans les airs, les mots qui préviennent d'une transformation de l'idée qui, vient d'être énoncée... après e mot "siehe - vois" Bach prescrit de même un silence ». Renvoi aux cantates 5, 13, 125, 89 et 48.
SCHWEITZER [J.-S. Bach, le musicien poète] : «…Le langage musical des cantates... motif voulant représenter les ondulations du lac de Génésareth dont le seul mot pêcheur évoque à ses yeux la vision…» [+ Exemple musical]. Renvoi à la cantate BWV 204/6 au motif analogue
[J. S. Bach, page76] : Le motif des vagues assorti d'un exemple musical].

2] REZITATIV TENOR. BWV 88/2

WIE LEICHTLICH KÖNNTE DOCH DER HÖCHSTE UNS ENTHEHREN / UND SEINE GNADE VON UNS KEHREN, / WENN DER VERKEHRTE SINN SICH BÖSLICH VON IHM TRENNT / UND MIT VERSTOCKEM MUT / IN SEIN VERDERBEN RENNT. / WAS ABER TUT / SEIN VATERTREU GEMÜTE ? / TRITT ER MIT SEINER GÜTE / VON UNS, GLEICH SO WIE WIR VON IHM ? ZURÜCK, / UND ÜBERLÄßT ER UNS DER FEINDE LIST UND TÜCK ?
Qu’il serait aisé au Très-Haut de se passer de nous / et de détourner de nous sa grâce / lorsque notre esprit égaré se sépare méchamment de lui / et court avec entêtement / à sa perte. / Que fait pourtant / son loyal cœur paternel [Son esprit fidèle de Père] ? / Nous retire-t-il sa bonté / comme nous lui retirons notre piété, / et nous abandonne-t-il à la ruse et à la perfidie des ennemis ?

Si mineur (h) – mi mineur (e), 12 mesures, C
BG. Jg. XX1. Pages 166. RECITATIVO. | Tenore. | Continuo.
NEUMANN. Récitatif secco.

CANTAGREL [Les cantates de J.-S. Bach, page 738] : « récitatif secco… vigoureusement expressif, avec notamment les chromatismes soulignant l’esprit courant à sa perte, ainsi que la ruse et la fourberie ».
FINSCHER : «...récitatif bref mais harmoniquement riche…»
SCHREIER : «…En tous cas, il est troublant de constater que les récitatifs n° 2 (12 mesures) et n° 7 [6] (21 = 3 x 7) ramènent eux aussi aux chiffres symboliques que sont 12 et 7 : la grâce divine et la communauté des fidèles. L’air n° 3 (132 = 11 x 12) évoque à la fois les Douze (Apôtres) et les Onze : le douzième apôtre est Judas, celui qui s’est « fourvoyé » et « écarté du sentier ». Et cependant, le texte suggère que, celui-la aussi, Dieu le fera chercher ».

3] ARIE TENOR. BWV 88/3

NEIN, GOTT IST ALLEZEIT GEFLISSEN, / UNS AUF GUTEM WEG ZU WISSEN / UNTER SEINER GNADE SCHEIN. / JA, WENN WIR VERIRRET SEIN [Wustmann donne la variante : "sind"] / UND DIE RECHTE BAHN VERLASSEN, / WILL ER UNS GAR SUCHEN LASSEN.
Non, Dieu veille en tout temps / à nous savoir sur la bonne route, / sous la protection de sa grâce. / Oui, s’il nous arrive de nous égarer / et de quitter le bon chemin / il veut même nous faire chercher [Il va jusqu’à envoyer à notre recherche].

Mi mineur (e), 132 mesures, 3/8
BG. Jg. XX1. Pages 166 à 169. ARIA. (con Oboe d‘amore I. II., Violino I. II e Viola.) | pause. | OBOE D‘AMORE I. / d‘amore II. Violino I. II. e Viola.tacciono a 108. | TENORE. | CONTINUO.
NEUMANN. Trio Oboe d‘amore I, ténor, Basse continue. Forme bipartite avec ritournelle finale.

BASSO [Jean-Sébastien Bach, volume 2, page 274] : « Rythme aux allures de danse, ici le menuet comme dans les cantates BWV 25/5, 75/5 et 93/3 ».
[volume page 422] : « De structure bipartie est l’aria de ténor avec hautbois d’amour, aux allures de menuet, et jouant de l’opposition entre le Nein exprimé au début du premier vers et le Ja par lequel débute la seconde moitié de la strophe de six vers ; on notera que la voix anticipe (mesures 1 à 12 la présentation de la ritournelle instrumentale (mesures 13 à 16), et que cette dernière est développée dans la section conclusive (mesures 109 à 132) avec l’adjonction des cordes et d’un second hautbois d’amour ».
BOYER [Les cantates sacrées de Jean-Sébastien Bach, pages 209/210] : «…Dans l'aria de ténor avec hautbois d'amour, on sent Bach tout proche du style profane (rythme de menuet) avec un goût prononcé pour les formules d'opérette, ses "Nein" et "Ja" qui se répondent ».
CANTAGREL [Les cantates de J.-S. Bach, page 738] : « rythme de menuet attristé en mi mineur… structuré en deux parties distinctes auxquelles invite le texte, puisque introduites respectivement par Nein et Ja. Ecriture en trio…»
FINSCHER : «...air de ténor qui répond sans ritournelle à la question posée par le récitatif : c'est seulement après les deux parties vocales contrastant entre elles mais reliées par les motifs du hautbois d'amour qu'intervient la ritournelle sous forme d'un da capo abrégé dans lequel le hautbois d'amour assure le rôle de la partie chantée…»
GARDINER : «…Bach retient l’entrée des cordes au complet jusqu’à ce que le chanteur ait fini, et comme pour compenser l’absence de ritournelle initiale…»
HOFMANN : « L’air de ténor surprendra avec ses Nein, nein ! véhéments qui ouvrent le mouvement sans introduction et qui répondent à la question posé par le récitatif… Un instrument obligé se joint à la voix : un hautbois d’amour qui, comme souvent chez Bach, représente l’amour de Dieu nous donnant ainsi un élément de réponse non verbal ».
MACIA : «…Dans le récitatif précédent [2] le ténor pose abruptement une question : « Dieu nous retire-t-il sa bonté… ? » Le chanteur apporte lui-même sa réponse dans son aria : « Non, Dieu veille en tout temps… » Et ce « Non » surgit immédiatement après le récitatif, sans ritournelle instrumentale ; ce n’est qu’après le premier vers du ténor que le hautbois d’amour intervient en une mélodie imitative tendue et d’ailleurs termine l’air en reprenant la mélodie introductive du ténor ».

ZWEITER TEIL

4] ARIE BAß + ACCOMPAGNATO REZITATIV. BWV 88/4

Tenor : JESUS SPRACH ZU SIMON:
Jésus dit à Simon:
Baß : FÜRCHTE DICH NICHT: DENN VON NUN AN WIRST DU MENSCHEN FAHEN.
Ne crains rien : désormais ce sont des hommes que tu prendras.

Sol majeur (A), ré majeur (D), 57 mesures, C (deux mesures) puis ¾
BG. Jg. XX1. Pages 170 à 171 | SECONDA PARTE. | Evangelium St. Lucii Cap. 5, V. 10. | BASSE [sur deux mesures] | VIOLINO I. | VIOLINO II. | TENORE. | [à partir de la mesure 3] : BASSO. | CONTINUO.
NEUMANN. Brève partie d‘accompagnato- Rezitatativ. Figure ostinato de la B.c. [Luc 5, 10 PBJ 1542].
BASSO [Jean-Sébastien Bach, volume 2, page 422] : « Aria pour basse (vox Christi)… la réalisation musicale observe le style d’un arioso soutenu par le continuo (en figurations obstinées), dans lequel alternent moments statiques et envolées dynamiques, selon une coupe bipartite, avec une seconde partie qui représente une variante de la première (ne sont identiques entre elles que les mesures 7 à 11 et 38 à 42) ».

CANTAGREL [Les cantates de J.-S. Bach, pages 738/739] : «…motif obstiné du continuo de cet arioso, motif exalté, enthousiaste qui traduit l’adhésion de Pierre…»
DINGEMAN : «…colorature sur le mot « fahen ».
FINSCHER : «...Introduit par un arioso de deux mesures confié à l'évangéliste, le verset de l'évangile retentit alors à la basse (symbolisant la "vox Christi") sous forme d'un solennel arioso en quatre parties (A A' A A') au-dessus d'une basse quasi obstinée. Le duo recourt lui aussi à la forme juxtaposée, en style de motet, et à la technique de la répétition variée qui prédominent dans la cantate entière et donnent à Bach l'occasion de déclamer les paroles avec une intensité inaccoutumée et un sens toujours renouvelé des nuances ; deux sections du texte, dont la seconde fait l'objet d'une reprise sont englobées dans un savant mouvement polyphonique en trois parties (A A' A''')…»
GARDINER : «…arioso sur mètre ternaire sous-tendu d’un énergique ostinato de violoncelle, commençant sur le rythme du discours parlé avant de s’épanouir en un dialogue mélismatique avec le continuo…»
HOFMANN : «…récitatif solennel de deux mesures qui établit une atmosphère proche de celles des Passions…. Mouvement austère et noble caractérisé par un ostinato à la basse…»
MACIA : « La deuxième partie commence par un récitatif de deux mesures du ténor [l’évangéliste…]… pour introduire les paroles du Christ [basse] à Simon… thème unique, varié en quatre parties au-dessus d’une basse obstinée…»
MINCHAM : «…Ces deux mesures du ténor doivent être, pour ce type [de récit], les plus brèves jamais écrites par Bach…»
PIRRO [L'esthétique de Jean-Sébastien Bach - Le commentaire de l'accompagnement instrumental, page 158] : «…La basse d'accompagnement...Dans la cantate BWV 88, la basse continue se déploie dans une paix magnifique, à ces mots de Jésus à Simon : "Ne crains pas" [+ Exemple musical,, BG. XX1, page 170... arpèges rayonnants...]. Renvoi aux cantates BWV 51 et 28.
[Traduction du texte, page 278] : «…Jésus rassure Pierre, non avec cette voix de ténor... mais d'une voix de basse à l'accent large et ferme ».
SCHWEITZER [J.-S. Bach, page 255] : «…Le langage musical des cantates... Bach n'hésite pas à traduire le mot du Seigneur à Pierre "Ne crains point; désormais tu seras pêcheur d'hommes" par un motif de joie débordante» [+ Exemple musical].
[J.S. Bach, note, page 448] : «…s'il existe une partie transposée du continuo, mais sans le chiffrage, comme c'est par exemple le cas dans la cante BWV 88, ceci indique probablement que Bach joua l'ensemble de l'accompagnement [B.c] sur un "positif ». [?]

5] ARIE. DUETT SOPRAN, ALT. BWV 88/5

BERUFT GOTT SELBST, SO MUß DER SEGEN / AUF ALLEM UNSERN TUN / IM ÜBERMAßE RUHN. / STÜND UNS GLEICH FURCHT UND SORG ENTGEGEN. / DAS PFUND, SO ER UNS AUSGETAN, / WILL ER MIT WUCHER WIEDER HABEN; / WENN WIR ES NUR NICHT SELLBST VERGRABEN, / SO HILFT ER GERN, DAMIT ES FRUCHTEN KANN.
Si Dieu lui-même en décide, la grâce / s’étendra à profusion / sur tous nos actes, / même si la peur et l’inquiétude nous assaillent. / Le talent devra, ainsi le veut-il, lui être rendu avec le faire-valoir : / Pourvu que nous ne l’enterrions pas nous-mêmes. / Il nous aide volontiers à le faire fructifier. [variante : Il veut reprendre avec les intérêts, / le talent qu’il nous a donné ; / Si nous ne l’enfouissons pas nous-mêmes, / il nous aidera volontiers à ce qu’il fructifie.]

La majeur (A), 94 mesures, C
BG. Jg. XX1. Pages 172 à 176. DUETTO | Allegro. | Oboe d‘amore I. II. Violino I. II. | Soprano. | Alto. | Continuo.
NEUMANN. Duetto et forme quatuor avec les Oboe d‘amore I et II, violoni, soprano et alto, en trois parties de caractère fugué avec ritournelles.

BASSO [Jean-Sébastien Bach, volume 2, pages 422/423] : « duo… en style de fugue et dans la forme ABB’ ».
CANTAGREL [Les cantates de J.-S. Bach, page 739] : « Allusion évidente à la parabole des talents… les dons que nous avons reçus, quels qu’ils soient, nous n’avons pas à les enfouir mais à les faire prospérer…
MACIA : «…Bach en revient à une écriture traditionnelle en contrepoint imitatif, où il souligne avec une intensité expressive remarquable l’espérance que la Grâce de Dieu s’étendra à tous…»
SCHREIER : «…Le nombre de mesures (84 = 7 x 12) que comporte le duo n° 6 [le n°5 en fait car Schreier divise en deux la section 4] signifierait que les appelés (Beruft Gott selbst…) c'est-à-dire l’église (= 12), peuvent, malgré craintes et inquiétudes, se fier à la grâce divine (= 7). Nun’a jamais su si le symbolisme de ces chiffres était réellement voulu par Bach ou s’il s’agit d’un simple hasard ».

6] REZITATIV SOPRAN. BWV 88/6

WAS KANN DICH DENN IN DEINEM WANDEL SCHRECKEN, / WENN DIR, MEIN HERZ ! GOTT SELBST DIE HÄNDE REICHT ? / VOR DESSEN BLOßEM WINK SCHON ALLES UNGLÜCK WEICHT, / UND DER SICH MÄCHTIGLICH KANN SCHÜTZEN UND BEDECKEN.
KOMMT MÜHE, ÜBERLAST, NEID, PLAG UND FALSCHHEIT [Wustmann donne la variante : "Lüge"] HER / UND TRACHTET, WAS DU TUST, ZU STÖREN UND ZU HINDERN, / LAß KURZES [Werner Neumann donne la variante BG"Trug und"] UNGEMACH DEN VORSATZ NICHT VERMINDERN !
DAS WERK, SO ER BESTIMMT, WIRD KEINEM JE ZU SCHWER. / GEH ALLZEIT FREUDIG FORT, DU WIRST AM ENDE SEHEN, / DAß, WAS DICH EH GEQUÄLT, DIR SEI ZU NUTZ GESCHEHEN !
Qu’est-ce qui peut t’effrayer dans ta vie / si Dieu lui-même te tend les mains, à toi mon cœur ? / Tout malheur recule devant un simple signe de sa main / de celui qui est capable de te protéger et te couvrir puissamment. / Quand la peine, le surmenage, l’envie, le tourment et l’hypocrisie arrivent / et visent à détruire et à entraver ce que tu fais, / ne laisse pas le mensonge et les déboires amoindrir ta résolution ; / L’œuvre [le travail] qu’il définit, n’est jamais trop lourd. / Va ton chemin dans la joie, tu verras à la fin / que ce qui t’a torturé [tourmenté] t’a servi !

Fa dièse mineur (fis) – si mineur (h), 21 mesures, C
BG. Jg. XX1. Page 177. RECITATIVO. | Soprano. | Continuo.
NEUMANN. Récitatif secco.

PIRRO [L'esthétique de Jean-Sébastien Bach - Direction des motifs, page 32] : «…Par une association de pensée bien naturelle, Bach exprime les paroles où il est question de choses pesantes, de fardeaux, de lourdes charges, à l'aide de motifs descendants ». Renvoi au récitatif de soprano (cantate BWV 146/4).
DINGEMAN : «…Récitatif assez dramatique dans lequel sont soulignés les mots Mühefatigue, Überlast accablement, Neid jalousie, Plagtourment,Falschheithypocrisie.

7] CHORAL. BWV 88/7

SING, BET UND GEH AUF GOTTES WEGEN, - / VERRICHT DAS DEINE NUR GETREU // UND TRAU DES HIMMELS REICHEM SEGEN, - / SO WIRD ER BEI DIR WERDEN NEU ; /// DENN WELCHER SEINE ZUVERSICHT /- AUF GOTT SETZT, DEN VERLÄßT ER NICHT.
Chante, prie et prends les sentiers de Dieu, / accomplis ton œuvre avec fidélité / aie confiance en la riche bénédiction du ciel, / Il se tiendra auprès de toi à nouveau ; / Car celui qui met sa confiance en Dieu / celui-ci ne l’abandonne pas.

Si mineur (c ), 14 mesures C
BG. Jg. XX1. Page 178. CHORAL. Melodie : Wer nur den lieben Gott lässt Walten“. | SOPRANO. / Oboe d‘amore I. II. Violino I. col Soprano. | ALTO. / Taille, Violino II. coll‘ Alto. | TENORE. / Viola col Tenore. | Basso. | Continuo.
NEUMANN. Simple choral harmonisé avec l‘ensemble instrumental (colla parte).

BOYER [Les cantates sacrées de Jean-Sébastien Bach, pages 209/210] : «…Simple choral harmonisé (colla parte) sur mélodie de choral (MDC=) 108 de type 1 ».
[Les mélodies de chorals dans les cantates de Jean-Sébastien Bach, page 342] : " Le caractère un peu passe-partout de ce choral lui permet de se glisser dans des circonstances aussi différentes que l'approche de la mort, BWV 27, l'illustration de la providence, BWV 88 et 93, les Adieux de Jésus, BWV 166, une parabole décrivant l'hypocrisie, BWV 179, enfin une cantate de mariage, BWV 197... l'œuvre de Bach contient sur ce thème six chorals pour orgue (dont BWV 642/Orgelbüchlein n° 43, BWV 647 (Schübler n° 3, tiré de la cantate BWV 93), BWV 690, 691, 691a, Anh. 68) (recueil Kirnberger) et huit cantates (BWV 31, 27, 84, 88, 93, 166, 179, 197) utilisant la mélodie en douze élaborations différentes ».
BRAATZ [BCW / Commentaires 2001] : L’auteur s’interroge sur la présence, dans la version d’Helmuth Rilling, des corno I et II, cors ne figurant pas dans la partition du choral…. «...après le sermon… peut-être que les cornistes ayant joué leur partie dans le premier air étaient rentrés chez eux… ou figuraient dans une autre paroisse…»
CANTAGREL [Les cantates de J.-S. Bach, page 739] : «…l’harmonisation est sensiblement différente de celle du choral final de la cantate BWV 93/7…»
FINSCHER : «...un chant religieux relativement simple, harmonisé à quatre voix…»
[C’est la même strophe qui est utilisée dans la cantate BWV 93/7 avec une harmonisation et des détails très légèrement différents].
[14 mesures... comme une "signature numérique de Bach (b.a.c.h.) ?

 

BIBLIOGRAPHIE BWV 88

BACH CANTATAS WEBSITE (BCW) :
AMG (All Music Guide) : Notice par James Leonard.
BRAATZ. Commentaires / BCW 19 juillet 2001]: Renvoi à Spitta et Schweitzer.
CROUCH, Simon : Notice 1996, 1998.
MINCHAM, Julian : 2010. Notice extraite de l’ouvrage The Cantatas of Johann Sebastian Bach, chapitre 18.
ORON, Aryeh : Discussions 1] 15 juillet 2001 – 2] 8 octobre au 1er novembre 2007 – Prévision : 17 juillet 2011.
Texte du choral Wer nur den lieben Gott läßt walten.
Mélodie du choral Wer nur den lieben Gott läßt walten.

BACH COMPENDIUM ou Répertoire analytique et bibliographique des œuvres de Jean-Sébastien Bach. Hans Joachim Schulze et Christoph Wolff = Bach-Compendium : analytisch-Bibliographisches Repertorium der œuvre Johann Sebastian Bach. Editions Peters. Francfort-sur-le Main. 1985. BWV 88 = BC A 105.
BACH-JAHRBUCH 1977. Pages 7, 17, 18, 19. Walter Blankenburg : Une nouvelle source pour les textes de sept cantates de Jean-Sébastien Bach et dix-huit cantates de Johann Ludwig Bach.
BASSO, Alberto : Jean-Sébastien Bach. Edizioni di Torino. 1979. Fayard, 1984-1985.
Volume 1, pages 34, 39, 87, 158 et 338
Volume 2, pages 253, 259, 268, 274, 407, 408, 417, 418 et 422/423
BOMBA, Andreas : Notice de l’enregistrement Hänssler / Rilling / edition bachakademie, volume 28. 1999
BOYER, Henri : Les cantates sacrées de Jean-Sébastien Bach. L’Harmattan 2002. Pages 209/210
: Les mélodies de chorals dans les cantates de J.-S. Bach. L’Harmattan 2003. Pages 337, 339
*BREITKOPF. Recueils :
Breitkopf n° 10 : 371 Vierstimmige Choragesänge. C. Ph. E. Bach – KJ. Ph. Kirnberger (sans date). N° 104 (66, 112, 146, 338 et 204)
Breitkopf n° 3765 : 389 Choralgesänge für vierstimmigen gemischten Chor (sans date). Classement alphabétique. N° 368 (367 à 373)
CANTAGREL, Gilles : Bach en son temps / Le moulin et la rivière. Air et variations sur Bach. Fayard 1998. Pages 14 et 15
: Les cantates de J.-S. Bach. Fayard. 2010. Pages 735 à 740
CHAILLEY, Jacques: Les chorals pour orgue de Jean-Sébastien Bach. A. Leduc 1974
Le choral "Wer nur den lieben Gott...", n° 191 à 196 aux pages 243 à 247.
COLLECTIF : Tout Bach. Ouvrage publié sous la direction de Bertrand Dermoncourt. Robert Laffont – Bouquins. Novembre 2009 Cantates d’église. Pages 159/160
DINGEMAN, van Wijnen : Notice (sur CD, page 78) de l‘enregistrement de Pieter Jan Leusink. 2006
DÜRR, Alfred: Die Kantaten von J.-S. Bach. Bärenreiter. Kassel 1974. Volume 2, pages 361 à 363
EKG : Evangelisches Kirchen-Gesangbuch. Verlag Merfburger Berlin. 1951. Ausgabe für die Evangelische Kirche in Berlin-Brandenburg
Dans les références bibliques, apparaît sous l’abréviation « EKG ».
FINSCHER, Ludwig : Notice de l'enregistrement de Gustav Leonhardt, Teldec, volume 22. 1979
GARDINER, John Eliot : Notice de son enregistrement, volume 3. 2008. Traduction française de Michel Roubinet
GEIRINGER, Karl : Jean-Sébastien Bach. Le Seuil 1966. Page 174 et notes 167 et 168, page 367
HELMS, Marianne : Notice de l'enregistrement d'Helmuth Rilling. Laudate 98654 (D) en collaboration avec Arthur Hirsch. 1972
HERZ, Gerhard: Cantata N° 140. Historical Background. Pages 3 à 50. Norton Critical Scores W. W. Norton & Company. Inc. New York 1972. Page 33
HIRSCH, Arthur : Notice de l'enregistrement d'Helmuth Rilling. Laudate 98654 (D) en collaboration avec Marianne Helms. 1972
: Die Zahl im Kantatenwerk Johann Sebastian Bachs. Hänssler HR.24.015. 1986. CN 149. Pages 17, 66, 138
HOFMANN, Klaus : Notice de l’enregistrement de Masaaki Suzuki, volume 44. 2008
LEMAÎTRE, Edmond : La Musique sacrée et chorale profane. L’Âge baroque 1600-1750 ». Fayard. Les Indispensables de la musique 1992. Pages 68/69
LYON, James : Johann Sebastian Bach. Chorals. Sources hymnologiques des mélodies, dtextes et des théologies Beauchesne.
Octobre 2005. Pages 120, 161 et 187. Incipit de la mélodie, M 182, page 286
NEUMANN, Werner : Handbuch der Kantaten Johann Sebastian Bachs. VEB. Breitkopf & Härtel Musikverlag Leipzig 1971 Pages 112/113
Literaturverzeichnis: 49 (Scheide). 66II (Smend).
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: Sämtliche von J. S. Bach vertonte Texte. VEB Leipzig 1974. Pages 106/107
PETITE BIBLE DE JÉRUSALEM : Desclée de Brouwer. Editions du Cerf, Paris, 1955. Page 1254
Dans les références bibliques, apparaît sous l’abréviation « PBJ. »
PIRRO, André : J.-S. Bach. Alcan, Paris. 5e édition. 1919. Page 153
L'esthétique de Jean-Sébastien Bach. Fischbacher 1907. Minkoff Reprint Genève 1973. Pages 32, 158, 239, 265, 278 et 470
SCHEIDE, William H. Literatur Werner Neumann 49] : Johann Sebastian Bachs Sammlung von Kantaten seines Vetters Johann Ludwig
Bach
. BJ 1959, pages 52 à 94 ; BJ 1961, pages 5 à 24 et BJ 1962, pages 5 à 32
SCHMIEDER, Wolfgang : Thematisch-Systematiches Verzeichnis der Werke Joh. Seb. Bachs (BWV). Breitkopf & Härtel 1950-1973-1998 Édition 1973, pages 117/118
Literatur : Spitta; Schweitzer; Pirro; Parry; Voigt,; Wustmann; Wolff; Terry; Moser Schering; Neumann; Smend.
BJ : 1908; 1909; 1912; 1913; 1918; 1926,; 1931; 1934. Bachfest 1907
SCHREIER, Manfred : Notice (très complète) de l’enregistrement Helmuth Rilling. Les grandes cantates, volume 1. 1972
SCHWEITZER, Albert : J.- S. Bach "Le musicien-poète". Foestich 1967, 8e édition. Édition française de 1905. Pages 196, 233 et 255
J. S. Bach. Édition allemande complète, en deux volumes. 1911
Édition américaine (traduction de E. Neumann). Dover Publications, inc. New York. 1911-1966.
Volume 2, pages 44, 76, 100, 256, 448 (note) et 462
SMEND, Friedrich: Joh .Seb. Bach, Kirchenkantaten. Berlin 1948
Literatur Werner Neumann 66II] : Kirchen-Kantaten vom Trinitatis bis zum 7. Sonntag nach Trinitatis. Berlin 1947. Cantates BWV 9, 21, 39, 76, 88, 176, 177 et 187
SPITTA, Philipp : Johann Sebastian Bach. Sous-titré: « His work and influence on the Music of Germany 1685-1750 » Novello & Cy 1889 - Dover 1951-1952. Volume 2, pages 472 et 561
WESTRUP, Jack. A., Sir : Bach Cantatas. BBC Publications. 1966-1975. Page 53
WHITTAKER, W. Gillies : The Cantatas of Johann Sebastian Bach. Sacred & Secular Oxford U.P. 1959-1985
Volume 1, pages 425 à 431.
Volume 2, page 84
WOLFF, Christoph : Notice de l'enregistrement de Ton Koopman, volume 19. 2005
WUSTMANN, Rudolf : J.S. Bachs geistliche und weltliche Kantatentexte. Breitkopf & Härtel, 1913-1967. Pages 175/176
ZWANG, Philippe et Gérard : Guide pratique des cantates de Bach. R. Laffont 1982. ZK 144, pages 230/231
Réédition révisée et augmentée. L’Harmattan 2005

 

DISCOGRAPHIE BWV 88

BACH CANTATAS WEBSITE : Discographie établie par Aryeh Oron. Elle est ici proposée sous une forme sensiblement allégée avec, parfois, quelques précisions relatives aux références et aux dates. Les numéros 1] et suivants indiquent l’ordre chronologique de parution des enregistrements.
Recension (juillet 2001 à juin 2010) par Aryeh Oron : sept références + deux mouvements individuels.
Exemples musicaux du choral Wer nur den lieben Gott läßt walten. Aryeh Oron (mars 2003 à janvier 2005.

3] GARDINER (volume 3). The Monteverdi Choir. The English Baroque Soloist. Bach Cantata Pilgrimage 2000 Blasiuskirche. Mühlhausen (D), 23 juillet 2000. Durée : 19’20
CD Soli Deo Gloria ( SDG) 141. Avec les cantates BWV 71, 131 et 93 CD 1737
5] KOOPMAN (volume 19). The Amsterdam Baroque Orchestra & Choir. Mvt. 1, nov. et déc. 2001 – Mvts. 2 à 7 : février et mars 2002 Durée: 17’12.
CD Antoine Marchand CC 72219. France 10/2005. → CD 1325
2] LEONHARDT (volume 22). Knabenchor Hannover. Collegium Vocale Gent (Philippe Herreweghe). Leonhardt-Consort. 1979. Durée : 19’36.
Disque Teldec 6. 35364-00-501-503. Das Kantatenwerk (volume 22). 1979*C 467
CD Teldec 4509-91759. Das Kantatenwerk - Sacred cantatas. Volume 5. Coffret de six CD avec les cantates BWV 79 à 99
CD Teldec 8-35364 ZL 242578-2. Das Kantatenwerk, volume 22. 1989. CD 1102.
Reprises CD Teldec. Edition Bach 2000 (en coffret) et Intégrale, en disque séparé, Warner Classics 8573 81183-5. 2007.
Volume 27. Avec les cantates BWV 87 à 90
4] LEUSINK. Holland Boys Choir. Netherlands Bach Collegium. Durée : 19’13
Bach Edition. 2000. CD Brilliant Classics 99374. Volume 15. Cantates, volume VIII/ 1/101 (ec CD 1390)
Reprise Bach Edition. 2006. CD Brilliant Classics IV- 93102 6/82. Avec les cantates BWV 140 et 79. CD 1525
*6] LUTZ. Schola Seconda Pratica. En concert à l’église évangélique de Trogen (CH). DVD Gallus Media A 49120 juin 2008
Reprise en coffret “Ganzes Bach-Jahr 2008. Gallus Media, Bach Erhebt. Volume de 11 DVD.
1] RILLING. Figuralchor der Gedächtniskirche Stuttgart. Bach-Collegium Stuttgart. Soprano : Ingeborg Reichelt. Alto : Verena Gohl. Ténor : Adalbert Kraus. Basse : Wolfgang Schöne. Gedâchtniskirche, Stuttgart. Juin-juillet 1970. Durée : 22’36
Disque (D). Die Bach Kantate. Hänssler Verlag. Classic. Laudate 98654. 1970. Avec la cantate BWV 150
Disque Erato STU 70705/5. Les grandes cantates (volume 1). Coffret de 4 disques. 1972. Avec la cantate BWV 150
CD. Die Bach Kantate (volume 42). Hänssler Classic.Laudate 98895. Avec les cantates BWV 185, 170 →*C 617
CD. Hänssler edition bachakademie (volume 27). Hänssler-Verlag 92.028. 1999. Avec les cantates BWV 87, 89 et 90 CD 505
7] Suzuki (volume 44). Bach Collegium Japan. Kobe Shoin Women‘s University Chapel. Japon. Septembre 2008. Durée : 17’23
CD BIS-SACD 1791. Distribution en France, octobre 2009. Avec les cantates BWV 43 et 146 CD 1835

MOUVEMENTS INDIVIDUELS BWV 88
M-1. Mvt. 7] Hermann Kreutz. Bachchor Gütersloh. Eglise Martin Luther de Gütersloh (D). Juin 1968.
Disque Cantate 57617 « Lobe den Herren »
M-2. Mvt. 7] Nicol Matt. Nordic Chamber Choir. Solistes de l’orchestre baroque de Fribourg (D). Juin 1999.
CD Bach Edition. 2000 CD Brilliant Classics / Bayer Records, volume 17 Œuvres vocales, volume II
Reprise Bach Edition. 2006. Chamber Choir of Europe (le nouveau nom du Nordic Chamber Choir
CD Brilliant Classics 93102 27133. CD 1576

 

ANNEXE BWV 88
Philipp Spitta

SPITTA, Philipp: Johann Sebastian Bach. Sous-titré : « His work and influence on the Music of Germany 1685-1750 ».
Novello & Cy 1889 - Dover 1951-1952. Trois volumes.
Volume II, pages 472 et 561. Pages 701 et 702 : Les filigranes des années 1731-1733 :

«…Par ailleurs, l'introduction en forme de solo dans la cantate pour le cinquième dimanche après la Trinité Siehe, ich will viel Fischer aussenden (Jérémie 16, 16) est simplement intitulée "aria"... Avec la cantate BWV 89 de cette [même] période, une date de composition peut seulement être donnée, approximativement, plus précise dans le cas de la seconde [BWV 88], le 13 juillet 1732.
[note conjointe, en bas de page, avec la cantate BWV 89] : "le filigrane peut seulement se discerner dans la partie du cor...]
Cette, cantate [BWV 88] est une œuvre remarquable, contenant deux mouvements solistes sur des paroles bibliques [1 et 4]. Le deuxième [air] commence par deux mesures à 4/4 (common time) en sol majeur, pendant que le reste [du mouvement] est en ré majeur. Le premier [air], est formé de deux parties en ré et sol majeur, l'ensemble de la cantate étant vraiment remarquable par ses différentes (clefs) ainsi que la distribution dans l'accompagnement orchestral. Cette ambiance particulière que nous reconnaissons dans ce premier mouvement est en connexion avec le même sentiment dont j'aurai l'occasion de parler brièvement dans la Passion selon saint Matthieu [voir plus loin dans le même volume l'explication de cette analogie, page 561].
Filigrane [volume 2, pages701à 703] : Dans une série de 11 cantates (les BWV 58, 187, 129, 169, 55, 56, *88, 207, 170, 98 et 7) Spitta reconnaît le filigrane "du bouclier accompagné, de chaque côté, de palmes avec un chevron". Il ajoute : La cantate BWV 88 était destinée au cinquième dimanche après la Trinité, lequel dimanche en 1731 coïncidait et se confondait avec la fête de la saint Jean ».

 

Contributed by Claude Role (August 2010)

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Last update: ýAugust 30, 2010 ý16:42:09