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Cantata BWV 153
Schau, lieber Gott, wie meine Feind
Regarde, Dieu bien-aimé, comme mes ennemis…
Commentary in French

SONNTAG NACH NEUJAHR.
Kantate am Sonntag nach der Beschneidung Christi
Dominica post Festum Circumsisionis Christi
Dimanche après le Nouvel An
Leipzig, 2 Janvier 1724

CONTENU

Avertissement
Datation
Sources
Péricope
Texte
Généralités
Distribution
Aperçu
Bibliographie
Discographie
Annexe BWV 153 - Philipp Spitta

 

AVERTISSEMENT

Cette notice dédiée à une cantate de Bach tend à rassembler des textes, des notes, voire des critiques discographiques souvent introuvables ou difficilement accessibles aujourd’hui (2008). Le but est de donner à lire un ensemble cohérent d’informations et de proposer aux amateurs et mélomanes francophones un panorama élargi et espéré parfois inédit de cette partie de l’œuvre vocale de Bach.
Outre les quelques interventions « CR » identifiées par des parenthèses [...] le rédacteur précise qu’il a toujours pris le soin jaloux de signaler sans ambiguïté le nom des auteurs sélectionnés. Semblablement, il a indiqué clairement, entre guillemets «…» toutes les citations fragmentaires tirées de leurs travaux. Rendons à César...

ABRÉVIATIONS:
BB / SPK = Bach Bibliothek / Staatsbibliothek Preussicher Kulturbesitz
B.c. = Basse continue ou continuo
BCW = Bach Cantatas Website
BD = Bach-Dokumente (4 volumes, 1975)
BG = Bach-Gesellschaft = Société Bach (Leipzig, 1851-1899). J. S. Bach Werke. Gesamtausgabe (édition d’ensemble) der Bachgesellschaft
BJ = Bach-Jahrbuch
D = Deutschland
EKG = Evangelisches Kirchen-Gesangbuch.
F = France
NBA = Neue Bach Ausgabe (nouvelle publication de l’œuvre de Bach à partir des années 1954-1955)
NBG = Neue Bach Gesellschatf = Nouvelle société Bach (fondée en 1900)
P = Partition = Partitur
PBJ = Petite Bible de Jérusalem
PKB = Preußicher Kulturbesitz, Staatsbibliothek, Berlin
St. = Parties séparées = Stimmen

 

DATATION BWV 153

Leipzig, dimanche 2 janvier 1724. I. Jahrgang = 1ère année de Leipzig
HIRSCH: Classement CN 63 (Die chronologisch Nummer – numéro chronologique).
Chronologie (celle d’Alfred Dürr) 1724: BWV 64 (27 décembre 1723; 3e jour de Noël) - BWV 190 (1er janvier 1724; Nouvel an) - BWV 153 (2 janvier 1724; dimanche après le Nouvel An) - BWV 65 (6 janvier 1724; Épiphanie) - BWV 154 (9 janvier 1724, 1er dimanche après l‘Épiphanie)
SCHMIEDER. 1724-1727
SPITTA. 1724-1727

 

SOURCES BWV 153

PARTITION AUTOGRAPHE = ORIGINALPARTITUR
Pas de sources connues

PARTIES SÉPARÉES = ORIGINALSTIMMEN
St 79 M. Berlin Staatsbibliothek (ex Dahlem) BB Mus. ms.

BG: Titre à la partie de continuo. « Domin. Post circumcis / Schau lieber Gott ! wie meine Feind » / a 4 Voci, 2 Violini, Viola con Continuo di Sign. J. S. Bach ». Neuf voix in 4°
Sur une feuille, le filigrane « IMK » et au revers une demi-lune [Caractéristique de Jarhgang I. 1724]
Au moins quatre copistes dont Johann Andreas Kuhnau. Révision et correction de Bach.

HERZ: L’auteur cite Johann Andreas Kuhnau, présent à Leipzig entre le 7 février 1723 et le 30 décembre 1725 et neveu du prédécesseur de Bach à Leipzig) dans sa période médiane (K2) et Christian Gottlob Meißner (18 décembre 1707 - 16 novembre 1760), ayant vécu à Leipzig de 1725 à 1729..

COPIE XVIIIe SIÈCLE = ABSCHRIFTEN 18. Jh.
P Am 44, 9 B (Partition). Deutsche Staatsbibliothek. Anciennement à l’Amalienbibliothek Berlin,
SCHMIEDER: Source B. Joach. N°.44 (9)

ÉDITIONS
SOCIÉTÉ BACH = BACH-GESELLSCHAFT (BG)
BG Jg. XXXII (32e année - BWV 151-160). Pages 43 - 58. Préface d’Ernst Naumann (juillet 1886)
NOUVELLE ÉDITION BACH = NEUE BACH AUSGABE (NBA)
KANTATEN SERIE I/ BAND 4. KANTATEN ZU NEUJAHR UND ZUM SONNTAG NACH NEUJAHR
Bärenreiter Verlag BA 5024. 1965-2/1986. 4 fac-similés
BWV 153. Pages 201-216
Kritischer Bericht (commentaires). BA 5024 41. 1964. W. Neumann. Herausgegeben vom W. Neumann.
[La partition NBA est dans le coffret Teldec / Das Kantatenwerk/ Harnoncourt, volume 37. 1985]

AUTRES ÉDITIONS
Breitkopf & Härtel. Partition PB 3003. Chor: ChB 2185
Orch. St., Orgel u. Cembalo (M. Seiffert)
2008: Reduction voix et piano EB 7153 – Chœur ChB 4653
Kalmus Study Scores (New York 1968). Volume XLIII, n° 847. Avec BWV 151, 152, 154-156. D’après l’édition de la BG
BCW / Réduction voix et piano 18 pages

 

PÉRICOPE BWV 153

Dimanche entre la Circoncision et l’Épiphanie [presque un double emploi avec la fête de la Circoncision]. Aux origines des fêtes de Noël et de l’Épiphanie, on concevait toute la quinzaine depuis le 25 décembre au 6 janvier comme une seule grande solennité de l’Avènement du Seigneur
Épître: 1 Pierre 4, 12-19 [PBJ 1784]. Proximité de la Parousie. Synthèse de l’épître
Évangile: Matthieu 2, 13-23 [PBJ 1456]. La fuite en Égypte et le massacre des Innocents

EKG: Sonntag nach Neujahr.
Psaume 91, 11 [PBJ 888]: « Il a pour toi donné ordre à ses anges / de te garder en toutes tes voies ». Renvoi à Matthieu 4, 6 [PBJ 1438] : « Il donnera pour toi des ordres à ses anges, / et ils te porteront dans leurs mains. ». Citation à peu près identique dans Luc 4, 10 [PBJ 1540] : « Il donnera pour toi des ordres à ses anges, afin qu’ils te gardent ». Proche de [3]: « je te soutiendrai aussi de ma main droite, main de justice ».
Psaume 121 [PBJ 922]. Cantique pour les montées: Le gardien d’Israël
Cantique: EKG 31 "Wunderbarer Gnadenthron, Gottes und Marie Sohn" (Böhmische Brüder 1544 / J. Olearius 1665)
Épître: I. Pierre 4, 12-19 [PBJ 1784]. Voir [8]
Évangile: Matthieu 2, 13-23 [PBJ 1456]: "La Fuite en Égypte et massacre des Innocents"
Même occurrence: BWV 58, 248VI

 

TEXTE BWV 153

L’auteur en est inconnu.
(Schmieder, Whittaker = livret de Bach ?). Le rapprochement de style par A. Hirsch et Th. Braatz / BCW est fait avec les cantates BWV 65 et 154. Comme les cantates BWV 40, 64 et 95, la cantate BWV 153 possède trois chorals.

1] Première strophe du cantique (1646) de David Denicke ((Zittau, 30 janvier 1603 - Hanovre 1er avril 1680), Lied vom christlichen Kampf (Cantique du combat chrétien) „Schau, lieber Gott, wie meine Feind“, est édité dans le „Neue Hannoverssche Gesangbuch“, Hanovre, 1646. C‘est, selon toute apparence la seule utilisation de ce cantique dans l‘œuvre Bach, cantique dont les paroles ne se trouvent ni dans EKG ni sur le BCW mais figurerait dans le Geistreichen Gesängbuch, Halle 1741.
La mélodie: celle du cantique en six strophes de Martin Luther (1523) Ach Gott, vom Himmel sieh Darein, tiré du psaume 12 et édité à Nuremberg vers 1523. James Lyon en donne l‘incipit, page 268 (Mélodie 4). On la retrouve dans les cantates BWV 2/1 et 6 (au nom éponyme), BWV 77/6 et sans parole, BWV 741. Renvoi à EKG 177 (Erfurt 1524; six strophes)

- La mélodie, d’un anonyme, vers 1400 a été aussi attribuée à Luther ou parfois à Johann Walter (1496-1570). Classé MDC 003 par Henri Boyer elle est affectée à des utilisations fort diverses mais toutes affectées sous le signe des tribulations à souffrir. Les épreuves à endurer sont donc fortement liées à cette mélodie de choral (MDC) dont l’origine remonte au répertoire des premiers temps du luthéranisme ».
Elle figure en bonne place dans le recueil Erfurter Enchiridion" de 1524
C’est la mélodie adaptée par Mozart à des paroles maçonniques pour la scène des « Hommes armées » de la Flûte enchantée. Toujours selon Chailley, ce choral est probablement apocryphe et est attribué à Jean Christophe Bach (1642-1703), ceci confirmé par BWV, in, « Choralvorspiele », page 461. Voir BGA XL, 167 ff.

2] Texte d’un auteur inconnu
3] Citation Isaïe 41, 10 [PBJ 1150]: « Ne crains pas, car je suis avec toi « .
4] Texte d’un auteur inconnu
5] 5e strophe du Cantique (12 strophes) imprimé à Berlin en 1653 dans le Praxis pietatis melica", de Paul Gerhardt (1607-1676) Befiehl du deine Wege". Dans ce même recueil, Bach puisera des textes pour ces cantates BWV 40/6, 74/8, 103/6, 176/6 et 183/5
- La première strophe du même cantidans BWV 247/28/67.
- La mélodie est très célèbre et l’une parmi celles la a plus fréquemment utilisée par Bach.
- La mélodie I d’Herzlich tut mich verlangen" (EKG 483) identique à celle de "O Haupt voll Blut" (St-Matthieu BWV 244/53), revient à Hans Leo Haßler (1601) et est publiée in Geistlich Gesangbuch Görlitz, 1613.
- On la trouve dans BWV 25/1, 127/1, 135/1, 159/2, 161/6, 248/1-5, 248/6-11 et dans le choral BWV 727.
- De nombreux compositeurs l‘ont reprise avec modifications (Mélodie II): Crüger (1648), J. G. Walther, G. F. Kauffman, Pachelbel, Buxtehude (BUXWV 178) et Telemann (en 1736, d‘après Gesius (1603) avec les douze strophes de Paul Gerhardt, in EKG 294), etc.
Renvoi au psaume 37, 3-5 [PBJ 834]: "Compte sur Yahvé et agis bien, / habite la terre, et vis tranquille, / mets en Yahvé ta réjouissance… Remets ton sort à Yahvé, / compte sur lui, et lui agira…". C’est l’acrostiche sur le psaume 37,5 (Akrostichen auf den Spruch Psalm 37,5) Befiehl du deine Wege, cantique de Paul Gerhardt

6] Citation (?) Isaïe 43, 2 [PBJ 1153]: "Si tu passes par les eaux, je serai avec toi ; / par les fleuves, ils ne te submergeront pas"
7 et 8] Texte d‘un auteur inconnu

9] 16e 17e et 18e strophes (de 4 vers chacune) du cantique Ach Gott, wie manches Herzeleid de Martin Moller (novembre 1547 - Görlitz mars 1606) publié en 1584 et 1587 à Görlitz dans le recueil Meditationes sanctorum patrum“ (méditations des Saint Pères). Il s‘inspire de l‘hymne Jesu dulcis memoria attribué à Bernard de Clairvaux (vers 1130).
[Les strophes 7 et 8 sont regroupées dans EKG 286]
Ce cantique donne son nom à la cantate BWV 3 pour le 2e dimanche après l‘Épiphanie, 14 janvier 1725) qui en utilise les versets 1, 2, 3, 7, 10, 15, 16 et 18, dans les cantates BWV 44/4 (versets 1), BWV 58/1 (verset 1),
La mélodie (auteur anonyme, vers 1455) est celle du cantique O Jesu Christ, meins Lebens Licht.(14 strophes) dont le texte de Martin Behm ( 1557-1622). est publié en 1610 puis à Leipzig en 1625. Elle est reprise dans les cantates BWV 3, 44/4, 58/1 et 118 (strophe 1 + la mélodie)
[EKG 317 renvoi à Königsberg 1602 et Leipzig 1625]
Voir BWV 3, sections 1 à 6, les versets du cantique de Moller 1, 2, 3-7, 10, 15-16 et 18 (la mélodie est uniquement dans la première section) BWV 44/1 (texte de la strophe 1et la mélodie), 58 (texte de la strophe 1et la mélodie), BWV 118 (seulement le titre de la cantate "O Jesu Christ, meins Lebens Licht", référence donnée par Werner Neumann.

BOYER [Les Mélodies de chorals dans les cantates sacrées de Jean-Sébastien Bach, pages 101-102 et 291]: la mélodie Ach Gott, wie manches Herzeleid (MDC 04) est identique à la mélodie O Jésu Christ, meins lebens Licht (MDC 087). L’auteur en serait, vers 1630 Johann Christoph Clauder (Leipzig, 1586-1653) [ceci n’est pas confirmé par James Lyon].
HOFMANN: «…La base actuelle du texte est l’épître de ce dimanche, la première lettre de Saint-Pierre 4, 12-19, où les souffrances terrestres des chrétiens sont mentionnées en la promesse que ceux qui souffrent ici "à la révélation de sa gloire… seront remplis de joie et d’allégresse". En même temps, la cantate se référait aussi à l’évangile du jour, Matthieu 2, 12-23 qui reprend ici le récit de Noël et rapporte la fuite en Egypte de Marie, Joseph et Jésus. A partir de ce texte, le poète prend le motif de Jésus qui est menacé par le roi Hérode, le généralise et l’actualise en parlant des chrétiens menacés par leurs ennemis ; un lien est ainsi avec le texte de l’épître. Le développement du contenu se fait essentiellement dans les mouvements solos, les récitatifs et arias, tandis que le chœur indique jusqu’à un certain point les principales étapes du développement intellectuel…»
KUIJKEN: «…Ce texte anonyme combine habilement les thèmes des deux lectures du dimanche: la souffrance des chrétiens - la fuite en Égypte ».
NEUMANN. Auteur du texte inconnu. 1] David Denicke 1646. - 3] Jesaja (Isaïe 41, 10. - 5] Paul Gerhardt 1653 (Befiehl du deine Wege).
9] Martin Moller 1587 (Ach Gott, wie manches Herzeleid)

 

GÉNÉRALITÉS BWV 153

BASSO (Jean-Sébastien Bach, volume 2, pages 317-318): «…Le choix, en ouverture, d’un choral en style simple, peut peut-être s’expliquer par le fait que le chœur, déjà employé le jour précédent dans une page complexe, avait été largement mis à contribution pour les diverses fêtes du cycle de Noël… Bach se maintient dans les limites des usages les plus courants, sans recourir aux instruments à vent…»
BCW: A la rubrique « Discussions » différents intervenants s’interrogent sur le fait que la communauté luthérienne ait pu s’unir et chanter avec les Thomaner les trois chorals ? Savante discussion dont la conclusion paraît négative…
BOMBA: «…Cette cantate est tout aussi riche en texte que réservée dans sa distribution… on peut arguer ici du surcroît de travail occasionné par la période de Noël, il avait fallu exécuter, depuis le premier jour de Noël…ce morceau contient de nombreuses strophes de choral ce qui permet à Alfred Dürr de supposer qu’il s’agit d’un seul et même auteur… »
BOYER [Les mélodies de chorals dans les cantates sacrées de Jean-Sébastien Bach, page 101]: «…La structure de cette brève cantate de quinze minutes en neuf numéros peut s’analyser comme bipartite, les deux sections étant séparée par le choral n° 5… Structure symétrique parfaitement équilibrée: trois chorals, trois arias, trois récits… »
[page 102]: « Deux cantiques spirituels [dans le n° 9] « Ach Gott, wie manches Herzeleid » et O Jesu Christ meins lebens Licht » se partagent la même mélodie. Ce cas assez fréquent chez Bach peut dérouter en raison des destinations liturgiques très diverses proposées, mais le sens général reste d’un côté l’exposition d’un cantique de plainte et d’afflictions, et de l’autre, l’élaboration d’un cantique funèbre où la mort apparaît finalement comme une joie intense. Ce couplage, misère dans le monde, félicité dans la mort, était le lot constant de l’esprit piétiste du XVIIe siècle ».
GALLOIS: «…La construction de la cantate est axée sur un grand chœur central [choral 5], véritable pivot de l’œuvre, autour duquel s’arc-boutent en cercles concentriques arie et récitatifs de solistes, pour s’ouvrir et se fermer sur deux nouveaux importants chorals… Musicalement, l’œuvre n’est pas moins intéressante et chacune des parties mérite une attention particulière pour sa structure rigoureuse et pourtant libre, ses mélismes chauds et profonds, son orchestration presque unique dans l’œuvre du Cantor puisque confiée aux seules cordes. Le premier enregistrement de la cantate BWV 153 par H. Grischkat ».
HOFMANN: «…La cantate pour le 2 janvier 1724, le dimanche après le nouvel an, se situe en apparence parmi sa production dominicale la plus modeste ; il se passa de soprano solo, le chœur ne chante que de simples arrangements de chorals et l’orchestre, sans instruments à vent, ne consiste qu’en cordes et orgue. La raison de cette retenue repose sur les grandes demandes posées aux chanteurs et instrumentistes les jours précédents et suivants (Magnificat BWV 243a, Sanctus BWV 238 ainsi que les cantates BWV 63, 40, 64 et 190. Cela mit certainement les capacités de ses chanteurs et de ses musiciens orchestraux à la limite de l’épreuve. Bach cependant avait prévu longtemps à l’avance et planifié une œuvre moins astreignante. Dans ce contexte il était convéniant que le contenu et le caractère du texte de la cantate (dont le nom de l’auteur est inconnu) ne requéraient pas d’arrangement musical festif de grande échelle mais pouvaient être rendus convenablement par des moyens modestes…»
SCHWEITZER [J. S. Bach. Édition 1911]: « Le dimanche après le Nouvel An, Bach fit probablement exécuter la cantate Schau, lieber Gott, wie meine Feind. Dans celle-ci le chœur ne chante que les chorals, parce qu’il était sans doute difficile de fournir autant de musique figurée pour les élèves de Saint-Thomas, et particulièrement parce qu’ils étaient réclamés pour chanter dans la rue (à l’occasion du Nouvel An, avec une quête). La caractérisation musicale de l’aria de ténor [6] est remarquable. L’air d’alto [8] est l’une des plus belles pièces vocales de Bach . Cette cantates aussi auradu devenir l’une des plus populaires dans les églises [de Leipzig] ».
WORBS : « La cantate ne s’ouvre pas sur un chœur de grande portée, Bach se contentant cette fois d’un tout simple choral à quatre voix sur la mélodie « Ach Gott, vom Himmel sieh darein ». Il n’est pas difficile de démêler une des raisons de cette parcimonie. Les élèves de l’École Saint-Thomas étant sans cesse soumis à contribution durant trois jours de fête de Noël et le jour du Nouvel An (qui tombait justement un jour avant l’exécution de la cantate). Bach se montra ici arrangeant à leur égard en leur confiant des tâches simples (trois chorals au total). L’absence des vents dans l’effectif sonore instrumental pourrait être due à un motif semblable… »

 

DISTRIBUTION BWV 153

NEUMANN. Alto, Tenor, Baß. Chor (nur les chorals) ; Streicher ; B.c.
SCHMIEDER. Soli : A, T, B. Chor : S, A, T, B. Instrumente : Viol. I, II ; Vla. ; Vla. ; Cont.

BCW/ BRAATZ: 9 parties: 1. Canto. 2. Alto. 3. Tenore. 4. Baßo. 5. Violino 1mp. 6. Violino 2do. 7. Viola. 8. Continuo. 9. Continuo
[Uniquement les cordes et la basse continue = effectif réduit. On verra aussi BWV 54, 61 et 196]

 

APERÇU BWV 153

1] CHORL. BWV 153/1

SCHAU, LIEBER GOTT, WIE MEINE FEIND, / DAMIT ICH STETS MUß KÄMPFEN (Wustmann: Dies stets ich muß bekämpfen), // SO LISTIG UND SO MÄCHTIG SEIND (Wustmann: sind). / DAß SIE MICH LEICHTLICH DÄMPFEN ! // HERR, WO MICH DEINE GNAD NICHT HÄLT, / SO KANN DER TEUFEL, FLEISCH UND WELT // MICH LEICHT IN UNGLÜCK STÜRZEN.
Regarde, Dieu bien-aimé, comme mes ennemis / Afin que je ne cesse de combattre, / Sont si rusés et si puissants / Qu’ils ont facilement raison de moi ! / Seigneur, si ta grâce ne me soutient pas, / Le diable, la chair et le monde / Auront la part facile et causeront ma perte.

La mineur (a) → mi majeur –phrygien- (E2), 14 mesures, 4/4
BG. Jg. XXXII (32e année). Page 43
NEUMANN. Simple choral (cordes et B.c.)
SCHMIEDER. Soprano (Violino I col Sopr) - Alto (Violino II, coll’ Alto) , Tenore (Viola. Col Tenore.) - Basso ; Continuo;

On pourra voir le psaume 3, 2 [PBJ 804]: "Yahvé, qu’ils sont nombreux mes oppresseurs, / nombreux qui se lèvent contre moi"
Psaume 25, 19 [PBJ 822]: "Vois mes ennemis qui foisonnent, de quelle haine violente ils me haïssent".
Psaume 56, 2 [PBJ852]: "Pitié pour moi, Ô Dieu, on me harcèle, / tout le jour des assaillants me pressent. Mes tyrans me
harcèlent, tout le jour : / nombreux les assaillants sur moi"

BOYER [Les Cantates sacrées de Jean-Sébastien Bach, page 276]: «…Mélodie de choral (MDC) 03, un choral simplement harmonisé, cas unique, en tête de la cantate ».
[Les mélodies de chorals dans les cantates sacrées de Jean-Sébastien Bach, page 56]: Mélodie de choral (MDC) 03 de type I, choral harmonisé à quatre voix et doublé instrumentalement colla parte…. Ce type de choral intervient dans la majorité des cas en fin de cantate… une seule commence ex-abrupto, la cantate BWV 153. Page 101 : « La cantate paraphrase d’assez loin l’Évangile du jour… en insistant surtout sur le sens des tourments et des tribulations qui aboutiront à la Passion [rappel de la Passion en n° 5]
DÜRR: Raison pour laquelle Bach utilise comme entrée non pas un chœur mais un simple choral harmonisé à quatre voix. Il cite les nombreuses œuvres exécutées précédemment pour la festivité de Noël: les cantates (non pas dans l’ordre) 190, 63, 40, 64, le Magnificat 243a et le « Sanctus de la messe BWV 238.
GARDINER: «…choral en forme de cri ou d’implorante clameur… l’Évangile du jour renvoie au Massacre des Innocent ordonné par Hérode et à la fuite en Égypte…»
HIRSCH: «…Expressivité et modulation tonale sur « Herr, wo mich deine Gnad nicht hält » ainsi que sur « Unglück stürzen » ainsi que la montée chromatique de la basse vocale et du continuo ».
HOFMAN: «…La strophe d’ouverture (David Denicke, 1646) se lamente devant le chrétien menacé qui, entouré d’ennemis, doit combattre contre la ruse et les pouvoirs supérieurs…Bach souligne le mot "Unglück" par des suites surprenantes d’harmonie »
WHITTAKER: «…Cri de désespoir… le chrétien prend Dieu à témoin ».
ZWANG: «…On utilise [1] pour compléter la cantate BWV 77/6 ».

2] REZITATIV ALT. BWV 153/2

MEIN LIEBSTER GOTT, ACH LAß DICHS DOCH ERBARMEN, / ACH HILF DOCH, HILF MIR ARMEN ! / ICH WOHNE HIER BEI LAUTER LÖWEN UND BEI DRACHEN, / UND DIESE WOLLEN MIR DURCH WUT UND GRIMMGIKEIT. / IN KURZER ZEIT / DEN GARAUS VÖLLIG MACHEN.
Mon Dieu bien-aimé, aies donc pitié de moi, / Ah, aide-moi, aide-moi, pauvre créature ! / Je vis au milieu de lions et de dragons / Et ceux-ci veulent me donner dans leur fureur et leur férocité / En un tour de main / Le coup de grâce.

Psaume 57, 5 [PBJ 853]: " Mon âme est couchée parmi les lions, / qui dévorent les fils des hommes"

La mineur (a) → si mineur (h), 8 mesures, 4/4
BG. Jg. XXXII. Page 43
NEUMANN. Récitatif secco
SCHMIEDER. Alto, Continuo.

HIRSCH: «…Au début, un saut de septième (appel au secours) et d’octave sur le mot "Löwen" ainsi que sur "Drachen" et enfin accord de septième sur "Wut", tous ses effets déjà repérés dans BWV 60 et dans la Passion selon St-Jean ».
HOFMANN: «…La disposition textuelle des mouvements solo rappelle d’abord les cantates dialoguées de Bach. Là, comme ici, la suite des récitatifs et des ariosos commence avec un dialogue entre l’âme fidèle et Dieu dans ce récitatif d’alto qui s’adresse à Dieu et l’implore… »
WHITTAKER: «…Accentuation du désespoir et soupirs, effroi à l’évocation des lions et des dragons ! »

3] ARIE (ARIOSO) BAß. BWV 153/3

FÜRCHTE DICH NICHT, ICH BIN MIT DIR, WEICHE NICHT, ICH BIN DEIN GOTT ; ICH STÄRKE DICH, ICH HELFE DIR AUCH DURCH DIE RECHTE HAND MEINER GERECHTIKEIT.
Ne crains rien, je suis auprès de toi. Ne recule pas, je suis ton Dieu ; je suis ta force, je te soutiendrai aussi de ma main droite, main de justice.
Isaïe 41, 10 [PBJ 1150] : "Ne crains pas, car je suis avec toi". Voir aussi Isaïe 43, 1 [PBJ 1153]: "Ne crains pas, car je t’ai racheté".

Renvoi au texte du motet BWV 228
Mi mineur (e), 58 mesures, 3/8
BG. Jg. XXXII. Pages 44-45
NEUMANN. (Arioso). Continuo, Baß, de forme ostinato. Partie vocale en trois sections et ritournelles au début et à la fin, 8 mesures.
SCHMIEDER. Basso, Continuo

BASSO [Jean-Sébastien Bach, volume 2, page 317]: «…Pour l’arioso, Bach renonce aux atmosphères déterminées par le prolongement en accord du son, en général très fréquent dans des cas semblables, et confie l’accompagnement au seul continuo, en dépit de l’importance particulière du texte qui, seul de la cantate est tiré de la Bible [Isaïe 41, 10] en syntonie avec les lectures évangéliques de ce dimanche… et comme ce qui compte ici, c’est surtout la force de persuasion de la parole, l’accentuation de son message, Bach recourt à un style grave, hiératique (confié à une voix de basse) qui scande et répète dûment chaque détail du texte, en l’encadrant entre huit mesures instrumentales du continuo…[319] : La voix de basse, dans cet aria, sorte de pendant à BWV 154/5 (écrit)deux semaine après… »
BOYER [Les Cantates sacrées de Jean-Sébastien Bach, page 276]: «…En réalité l’arioso est un véritable aria. Le texte solennel est tiré d’Isaïe 41, 10, style grave et hiératique, basse qui scande et répète chaque détail du texte en l’encadrant en huit mesures instrumentales du continuo ».
GRISCHKAT: «…Aria uniquement accompagné du continuo. La tension de ce morceau au demeurant simple vient de l’alternance entre la basse vocale et la basse instrumentale ».
HIRSCH: «…Citation biblique tirée d’Isaïe. Caractère arioso affirmé. Thème principal dès la ritournelle introductive, repris à la basse et au continuo, rappelant la manière des cantates primitives de Bach. Ritournelle (8 mesures) - Partie vocale A (ligne 1 du texte -17 mesures) - Partie vocale B (ligne 2 du texte -10 mesures) - Partie vocale C (ligne 3 du texte -15 mesures) - Ritournelle conclusive (légèrement variée) 8 mesures ».
[Die Zahl im Kantatenwerk Johann Sebastian Bachs, page 20]: Les mots "Fürchte dich nicht" sont prononcés sur 5 notes et apparaissent à dix reprises (« 5 », le chiffre de l’homme).
HOFMANN: «…et Dieu de répondre: "Ne craignez pas car je suis avec vous", une phrase de l’Ancien Testament (Isïe. 41, 10) que Bach confie à la basse qui incarne traditionnellement la voix de Dieu. Le mouvement repose sur un basso ostinato dont le thème est toujours présent et exprime ainsi la ténacité du support divin, ainsi qu’exprimé dans le texte… »
KUIJKEN: «... Bien que ce texte en prose ne soit bien sûr régit par aucun pied régulier, Bach le moule dans une mesure à trois temps enlevée…»
PIRRO [L’Esthétique de Jean-Sébastien Bach - La traduction du texte, page 253]: «…Dans la cantate BWV 153, le même mot est répété avec une sorte d’emphase: « Ne crains rien, moi, je suis avec toi » … ich, ich bin mit dir (BG, page 44). Ici, Bach aurait pu encourir encore le blâme de Mattheson. Cependant, cette répétition (comme dans BWV 21) convient parfaitement à la déclamation lyrique. »
WHITTAKER: «…Simple morceau, pratiquement comme un arioso avec ici un saut de 9e puis deux quintes, en une progression mélodique inhabituelle sur" Hand meiner Gerechtikeit". Mais le manque d’intérêt de Bach pour ce numéro est étonnant quand on se souvient de son splendide motet sur le même texte (BWV 228). Par exemple la partie de continuo sur "Fürchte dich nicht, ich bin mit dir" est singulièrement inexpressive. On remarquera cependant les figurations expressives sur les mots "Ich ", sur "weiche nicht ", l’unisso inhabituel du continuo et de la voix aux mesures 22 et 23, suggérant l’union entre Dieu et l’homme, à travers les mots "ich" et "dir" et culminant sur les brèves phrases "ich stärke dich" et "ich helf dir" et l’arpège sur "rechte Hand ».
WOLFF: «…L’air accompagné au seul continuo (?) énonce le texte biblique à la manière d’un arioso ».
WORBS: «…Le climat affectif de l’air en la mineur, est gouverné par des rythmes strictement pointés…».

4] REZITATIV TENOR. BWV 153/4

DU SPRICHST ZWAR, LIEBER GOTT, ZU MEINER SEELE RUH / MIR EINEN TROST IN MEINEM LEIDEN ZU. / ACH, ABER MEINE PLAGE / VERGRÖßERT SICH VON TAG ZU TAGE. / DENN MEINER FEINDE SIND SO VIEL, / MEIN LEBEN IST IHR ZIEL, / IHR BOGEN WIRD AUF MICH GESPANNT, / SIE RICHTEN IHRE PFEILE ZUM VERDERBEN, / ICH SOLL VON IHREN HÄNDEN STERBEN ; / GOTT ! MEINE NOT IST DIR BEKANNT, / DIE GANZE WELT WIRD MIR ZUR MARTERHÖHLE ; / HILF, HELFER, HILF ! ERRETTE MEINE SEELE !
Certes, tu parles, Dieu bien-aimé, pour apaiser mon âme, / M’apporte réconfort dans ma douleur. / Mais hélas mon tourment / Grandit de jour en jour. / Car mes ennemis sont si nombreux / Ma vie est leur cible. / Leur arc est tendu et me vise, / Ils dirigent leurs flèches sur moi pour me tuer, / Je suis condamné à mourir de leurs mains ; / Dieu ! Tu connais ma détresse, / Le monde entier est devenu un enfer de martyre ; / Aide-moi, Toi qui es secourable, aide-moi, sauve mon âme !

Psaume 11, 2 [PBJ 810]. On pourrait voir ici une analogie textuelle: "Vois les impies bander leur arc, / ils ajustent leur flèche à la corde, / pour viser dans l’ombre les cœurs droits…" et pour le sens général de la cantate, peut-être le psaume 41, 5 [PBJ 839]:" Pitié pour moi, Yahvé…Mes ennemis parlant de moi me malmènent", etc.

Sol majeur (G)→ ré mineur (d), 19 mesures, 4/4. Marqué Andante à la mesure 17
BG. Jg. XXXII. Pages 45-46
NEUMANN. Récitatif secco évoluant en arioso intégré.
SCHMIEDER. Tenor, Cont.

BOYER [Les Cantates sacrées de Jean-Sébastien Bach]: «…Récitatif se terminant en arioso, comme [7].
HIRSCH: «…Interprétation expressive du texte, notamment sur "Seelen Ruh", sur « Leid », quinte sur "Ach" ; quarte sur « "Feinde" ; figuration sur « "Bogen". De même, saut de 6e sur les mots "gespannt », « richten ihre ». Mélisme classique sur « sterben ». Evolution tonale accentuée.
WHITTAKER: «…Bien que commençant de façon presque heureuse, ce récitatif revient bien vite au désespoir. Descente à la tierce au continuo sur "Ach, aber meine plage vergrößert". Arioso sur « Ich soll von ihren Händen sterben » et chromatisme (andante sur Hilf ».

5] CHORAL. BWV 153/5

UND OB GLEICH ALLE TEUFEL / HIE WOLTEN WIDERSTEHN, / SO WIRD DOCH OHNE ZWEIFEL / GOTT NICHT ZURÜCKE GEHN ; / WAS ER IHM (W. Neumann, Sämtliche: sich) FÜRGENOMMEN (Wustmann: sich vorgenommen) / UND WAS ER HABEN WILL, / DAS MUß DOCH ENDLICH KOMMEN / ZU SEINEM ZWEECK UND ZIEL.
Et même si tous les diables / Voulaient te résister, / Dieu, sans aucun doute, / Ne reculera pas ; / Ce qu’il s’est proposé de faire / Et ce qu’il veut avoir / Doit enfin arriver / A son but et à ses fins.

Mi mineur –phrygien - (e), 16 mesures, 4/4. Axe de la cantate
BG. Jg. XXXII. Page 46
NEUMANN. Simple choral, chœur, cordes et B.c.
SCHMIEDER. Soprano (Violino. I col Soprano) -, Alto (Violino II, coll’ Alto) - Tenore Viola. Col Tenore) - Basso ; Continuo

BOYER [Les mélodies de chorals dans les cantates sacrées de Jean-Sébastien Bach, pages 203-204. Mélodie de choral (MDC) 46 de type I ; choral harmonisé à quatre voix et doublé instrumentalement colla parte…
HIRSCH: «…La cinquième strophe du cantique de Paul Gerhardt (1653) « Befiehl du deine Wege », choral figurant dans le recueil de cantiques (Nouvel an) au temps de Bach. On le retrouve noté dans EKG 294/5
HOFMANN: «…La strophe (de Paul Gerhardt, 1653) est moins une complainte qu’un encouragement…»
WHITTAKER: «…Le chœur réaffirme avec conviction et sérénité la toute puissance du vouloir de Dieu ».

6] ARIE TENOR. BWV 153/6

STÜRMT NUR, STÜRMT, IHR TRÜBSALSWETTER, / WALLT, IHR FLUTEN, AUF MICH LOS ! / SCHLAGT, IHR UNGLÜCKSFLAMMEN, / ÜBER MICH ZUSAMMEN, / STÖRT, IHR FEINDE, MEINE RUH, / SPRICHT MIR DOCH GOTT TRÖSTLICH ZU ; / ICH BIN DEIN HORT UND ERRETTER.
Déchaînez-vous, tempêtes, déchaînez-vous, / Déferlez sur moi, flots d’affliction ! / Battez, flammes du malheur ! / Et submergez-moi, / Ennemis, troublez mon repos, / Et pourtant Dieu me réconforte et me dit / Je suis ton refuge et ton Sauveur.

[Isaïe 43, 2 [PBJ 1153]: Ce verset "Si tu passes par les eaux, je serai avec toi ; / par les fleuves, ils ne te submergeront pas" pourrait avoir inspiré le texte de cet air].

La mineur (a), 35 mesures, 4/4
BG. Jg. XXXII. Pages 47-52
NEUMANN. Partie de cordes, B.c. Tenor. Forme binaire et ritournelle. Introduction, mesures 1-4
SCHMIEDER. Tenore; Violino I, II, Viola. ; Continuo.

BASSO [Jean-Sébastien Bach, volume 2, pages 317-318]: «…Le point culminant de la cantate, dans une atmosphère de sabbat, engage la voix et tous les instruments en une exténuante poursuite parfois à l’unisson, parfois éclatée entre les différentes parties, soulignée par de fréquentes séries de notes pointées ».
BOYER [Les Cantates sacrées de Jean-Sébastien Bach, page 276]: « Aria digne des opéras baroques…»
«…Cet aria rejoint par sa volubilité et son dramatisme les airs de folie dans les opéras baroques. Le clou de la cantate, course poursuite entre la voix et les instruments »
GARDINER: «…Rythmes pointés martelés, traits rapides des violons et succession de « tourbillons » pour dépeindre l’irruption du flot…» |
GRISCHKAT: «…Mouvement plein de passion, [bien opposé au n° 8]. Pièce dramatique dont la tension est encore soulignée par les insertions répétées des cordes dans les phrases du ténor solo. Entrée des cordes aux aigus tourmentés. Les voix supérieures sont fortement pointées…»
HIRSCH [Riemenschneider Bach Institute]: «…Symbole numérique. Répétition remarquable de 13 mesures (4 + 4 + 5) au total dans la ritournelle, lorsqu’il est question des ennemies de Dieu. Premier aria de type concertant avec l’ensemble instrumental. Caractère dramatique. Renvoi à BWV 40/4 et au « deposuit potentes » du Magnificat BWV 243. Ritournelle (4 mesures) - Section A (lignes 1 et 2 du texte - 9 mesures) - Ritournelle (4 mesures) - Section B (ligne 3 et 4 du texte - 5 mesures) - Section C (lignes 5 et 6 du texte - 7 mesures) - Ritournelle conclusive - 5 mesures). Schéma : 13 - 4 - 13 - 4. Mélismes sur les mots "Unglücks" et "wallt" et le plus long, 41 notes, sur le mot "Erretter = Sauveur". Sur le mot "Ruh" à la mesure 23, la voix s’épanouit en le prononçant avant le point d’orgue qui suit ».
HOFMANN: «…le sommet musical de la cantate est l’extrêmement dramatique aria. Bach rend ici son signal [?] des scènes d’orage si populaires dans les opéras de l’époque et, jusqu’à un certain point, il utilise l’orchestre pour déchaîner les élémentsdans une description musicale de catastrophe, il évoque un orage avec des inondations déferlantes et des feux ardents. Tout cela peut être décrit dans ce contexte comme une métaphore pour le mal, pour les éléments hostiles et destructifs qui menacent le chrétien. Maintenant cependant, encouragés par les promesses de Dieu, le chrétien peut faire bravement face aux dangers, avec défiance, provocation même, et la certitude de la victoire ».
PIRRO [L’Esthétique de Jean-Sébastien Bach - La formation rythmique des motifs, page 91]: «…Les mots qui expriment le repos sont prolongés… ainsi die Ruh » [+ Exemple musical, BG, page 50).
[Le commentaire de l’accompagnement instrumental, pages 171 et 172]: «…La même image de quiétude domine dans l’accompagnement d’un grand nombre de récits, d’airs et de chœurs dont le texte parle de repos ou de sommeil. Sous la longue tenue où la voix s’épanouit en prononçant le mot "Ruh’", la basse continue, violente et tempétueuse auparavant, se ralentit en croches redites deux par deux, dans l’air de ténor de BWV 153, que Spitta suppose avoir été écrite pour le premier dimanche de l’année 1724 [+ Exemple musical, BG 50]
[page 188]: « L’ouragan tourbillonne dans un motif violent, formé de triples croches, jouées en octaves par les violons, l’alto et la basse ».
[L’orchestration, page 226]: «…airs ou récitatifs où l’orchestre frémit tout entier… il en est de même quand tous les instruments à cordes jouent en octaves, dans les airs tumultueux, de grands motifs roulants [+ Exemple musical, BGA, page 147). Esthétique. La traduction du texte, page 267: « dans l’air de ténor, le chant s’arrête sur le mot "Ruh’", et la tenue se termine par un accord de septième diminuée dont un point d’orgue augmente la durée (BG, page 50). Renvoi à BWV 22, air de ténor, sur le mot " en paix - Friede"
WHITTAKER: «…Connexion avec le choral précédent : Fort de ce qui précède, le chrétien défie ses ennemis, assuré de la parole de réconfort de Dieu. Furieuses doubles croches: l’ouragan tourbillonne dans un motif violent formé de triples croches jouées à l’octave par les violons, l’alto et la basse. Passages expressifs et motifs « roulants ». Accord de 7e dissonant au milieu de l’air (« Ruh’ » = renvoi à Pirro) ».
WOLFF: «…L’air de ténor, avec accompagnement de cordes, est une construction dramatique qui traduit de façon évocatrice les paroles "Stürmt nur, stürmt ihr, Trübsalsvetter". Rythme strictement pointé et en unisson ».
WORBS: « Le climat affectif de l’air en la mineur est gouverné par des rythmes strictement pointés…»

 

7] REZITATIV BAß. BWV 153/7

GETROST ! MEIN HERZ, / ERDULD DEINEN SCHMERZ, / LAß DICH DEIN KREUZ NICHT UNTERDRÜCKEN ! / GOTT WIRD DICH SCHON ZU RECHTER ZEIT ERQUICKEN ; / MUß DOCH SEIN LIEBER SOHN, / DEIN JESUS, IN NOCH ZARTEN JAHREN / VIEL GRÖßRE NOT ERFAHREN, / DA IHM DER WÜTERICH HERODES / DIE ÄUßERSTE GEFAHR DES TODES / MIT MÖRDERRICHES FÄUSTEN DRÖHT ! / KAUM KÖMMT ER AUF DIE ERDEN, / SO MUß ER SCHON EIN FLÜCHTING WERDEN ! / WOHLAN, MIT JESU TRÖSTE DICH / UND GLAUBE FESTIGLICH ; / DENJENIGEN, DIE HIER MIT CHRISTO LEIDEN, / WILL ER DAS HIMMELREICH BESCHEIDEN.
Aie confiance, mon âme ! / Supporte ta douleur, / Ne te laisse pas écraser par ta croix ! / Dieu saura te réconforter / En temps voulu ; / Son cher Fils, / Ton Jésus, encore à l’âge tendre, / A dû souffrir une bien plus grande détresse, / Car Hérode, ce tyran sanguinaire, / Menaça de ses poings meurtriers / Et l’exposa au plus grave dangers de mort ! / A peine était-il venu au monde, / Il était devenu fugitif ! / Allons, console-toi avec Jésus / Et crois de toute ta foi ; / A ceux qui souffrent avec le Christ, / Il offrira le royaume en partage.

Matthieu 2, 13-25. Allusion claire à l’Évangile "la fuite en Égypte et le massacre des Innocents". Dans la cantate: "Car Hérode, ce tyran sanguinaire…"

Fa majeur (F)→ ut majeur (C), 20 mesures, 4/4
BG. Jg. XXXII. Page 53
NEUMANN. Récitatif secco avec arioso intégré [mesures 16 à 20 marquées Andante]
SCHMIEDER. Basso, Cont.

HIRSCH: «…Changement de tonalité expressive. Sur le mot "Kreuz" figuration musicale (f-h-d-f). Mélisme sur "Flüchtinge". Arioso à partir de "mit Christo leiden" ».
PIRRO [L’Esthétique de Jean-Sébastien Bach - La formation des motifs, pages 51-52]: «…motif tiré de l’arpège de l’accord parfait = bonheur, calme, la guérison, la consolation, la jouissance profonde [+ exemple musical sur les mots « Getrost mein Herz » (BG XXXII, page 53]. Renvois aux cantates BWV 17//4 (BG II, page 218) - BWV 138/4 (BG XXVIII, page 210) - BWV 133/2 (BG XXVIII, page 67) - BWV 169/4 (BG XXXIII, page 185).
[La Formation des motifs, p. 62]: «…après un dessin mélodique où la tonalité d’ut resplendit, la voix s’élève d’une septième, d’ut à si bémol, et répète cette dernière note, qui détermine une modulation en fa, sur les paroles "Getrost, mein Herz, er (→ mesure 2) -dulde (si bémol) deinen Schmerz" [+ Exemple musical, BGA, page 53].
WHITTAKER: «…Appel à l’endurance et unique citation de l’Évangile. C’est une méditation d’ordre plus intime. Jésus qui subit une détresse bien plus grande doit être pour le chrétien un exemple et un motif d’espérance…»

 

8] ARIE ALT. BWV 153/8

SOLL ICH MEINEM LEBENSLAUF / UNTER KREUZ UND TRÜBSAL FÜHREN, / HÖRT ES DOCH IM HIMMEL AUF. / DA IST LAUTER JUBILIEREN, / (allegro) = DASELBSTEN WERWECHSELT MEIN JESUS DAS LEIDEN / MIT SELIGER WONNE, MIT EWIGEN FREUDEN.
Si ma vie se passe / Sous la croix et dans l’affliction, / Tout se terminera au ciel. / Là tout n’est qu’allégresse, / Car Jésus y échangera la souffrance / Contre la félicité, contre les joies célestes.

I. Pierre 4, 13 [PBJ 1784]:…Mais dans la mesure où vous participez aux souffrances du Christ, réjouissez-vous, afin que, lors de la révélation de sa gloire,, vous soyez aussi dans la joie et l’allégresse ».
[I. Pierre 4, 13 « Mais dans la mesure où vous participez aux souffrances du Christ, réjouissez-vous, afin que, lors de la révélation de sa gloire, vous soyez aussi dans la joie et l’allégresse ».

Sol majeur (G), 106 mesures, 3/4
BG. Jg. XXXII. Pages 53-58
NEUMANN. Partie de cordes, B.c. Alt. Caractère de danse (menuet). Marqué « allegro » mesure 70
SCHMIEDER. Alto ; Viol. I, II, Vla. Cont.

BASSO [Jean-Sébastien Bach, volume 2, page 318]: «…Aria paraphé par Bach d’un céleste tempo de menuet ».
BOMBA: «…L’air d’alto annoncé par le récitatif qui le précède, anticipe même sur la croix et la souffrance dont résulte en fin de compte la béatitude de l’âme. Ce mouvement est de la facture si facile à comprendre qui n’appartient qu’à Bach : la propre destinée est illustrée par une vocalise qui, toutefois, n’évolue pas plus haut que la première tonalité. Il faut la pensée du ciel pour que la musique s’élance vers les aigus, avant que le « tout n’est qu’allégresse » donne le signal d’échanger la souffrance contre une félicité éternelle en passant de l’austérité d’une mesure à quatre temps à l’allégresse d’une mesure à trois temps. »
BOYER [Les Cantates sacrées de Jean-Sébastien Bach, page 276]: «…L’aria est un menuet en deux parties: la première andante, la seconde allegro presto à partir du moment où le texte proclame: Là… (Au Ciel…) tout n’est qu’allégresse ».
DÜRR: «…Allusion à l’épître du jour relatifs aux souffrances du Christ… Le huitième mouvement pourrait être la réutilisation d’un ouvrage antérieur [un menuet ?] comme semble l’indiquer la rédaction de la ligne vocale (alto) apparemment ajoutée [au dernier moment ?]
GARDINER: «…air pour alto qui n’est ni plus ni moins qu’un menuet servant à décrire « le bonheur comblé et la joie éternelle des cieux… transformé en passepied sur les deux dernières lignes… »
GRISCHKAT: «…Mélodie sereine et expressive, chaude dans les cordes… quelque chant populaire ? »
HIRSCH «…Rythme de menuet. Affect sur "Da ist lauter jubilieren = tout n’est qu’allégresse". Renvoi à la cantate de Köthen BWV 173a.
[Die Zahl im Kantatenwerk Johann Sebastian Bachs, page 40]: Structure : 1 Ritournelle (sol maj.→ la maj. 12 mesures) - Section A + Ritournelle sol maj.→ la maj. (Lignes 1 à 3 du texte - 12 mesures) - 2 Ritournelle, sol maj. (24 mesures) - Section B + 2 Ritournelle, sol majeur (ligne 1 puis 3-4 du te- 22 mesures) - Section C Allegro, mesure 70 (Daselbsten…). Sol, si, ré, Si, Sol (lignes 5 et 6 du texte - 20 mesures) - 3 Ritournelle, ut, la, sol (16 mesures). Mélisme de 11 notes sur "Freuden". Structure (A) (12) - 12 (24) - 12 -10 = 70. B 20 (16) total 106 mesures
HOFMANN: «…Aria complètement détendue aux accents joyeux et dans la forme de menuet : il s’agit peut-être, comme on l’a parfois supposé, d’un arrangement d’une composition profane du temps de Bach à Köthen… »
WHITTAKER: «…Aria expressif. Ici l’atmosphère change et devient moins sombre. Doux passage sur "Lebenslauf". L’espérance du chrétien dans les joies célestes… avant-goût des félicités célestes ».
WORBS: «…airs gouvernés par des unissons…Il pourrait s’agir de la parodie d’un mouvement de cantate profane ».

 

9] CHORAL. BWV 153/9

DRUM WILL ICH, WEIL ICH LEBE NOCH, / DAS KREUZ DIR FRÖLICH TRAGEN NACHT ; / MEIN GOTT, MACH MICH DARZU BEREIT, / ES DIENT ZUM BESTEN ALLEZEIT !
HILF MIR MEIN SACH RECHT GREIFEN AN, / DAß ICH MEIN’ LAUF VOLLENDEN KANN, / HILF MIR AUCH ZWINGEN FLEISCH UND BLUT, / VOR SÜND UND SCHANDEN MICH BEHÜT !
ERHALT MEIN HERZ IM GLAUBEN REIN, / SO LEB UND STERB ICH DIR ALLEIN; / JESU, MEIN TROST, HÖR MEIN BEGIER, / O MEIN HEILAND, WÄR ICH BEI DIR !
C’est pourquoi je veux puisque je vis encore, / Porter comme toi la croix dans la joie ; / Mon Dieu, fais que je sois prêt, / Ceci est toujours pour le meilleur !
Aide-moi à prendre la bonne voie / Afin que je puisse terminer ma course, / Aide-moi aussi à vaincre la chair et le sang, / Protège-moi contre le péché et l’ignominie !
Conserve mon cœur pur dans la foi, / Je vivrai et je mourrai alors pour toi seul ; / Jésus, ma consolation, entends mon appel fervent, / O mon Sauveur, puissé-je être auprès de toi !

Ut majeur (C), 16 mesures, 3/4
BG. Jg. XXXII. Page 58
NEUMANN. Simple choral, cordes et B.c.
SCHMIEDER. Sopr., Alto, Ten., Basso ; Cont. (Viol. I col Sopr. ; Viol. II, coll’ Alto ; Vla. Col Ten.)

BOYER [[Les Cantates sacrées de Jean-Sébastien Bach, page 56]: MDC 87 et MDC 04 de type I: Choral élaboré simplement, harmonisé à quatre voix, les cordes et le continuo soutenant colla parte les voix ».
HIRSCH: «…Le joyeux rythme de danse de l’air précédent se poursuit en ut majeur dans le choral qui se retrouve par ailleurs dans BWV 44, 58 et 3 et un peu plus tard dans BWV 118. C’est une variante du choral « Ach Gott, wie manches Herzeleid » tiré du recueil de cantiques au temps de Bach, d’après l’hymne latin "Jesus dulcis memoria" » de Martin Moller (1584, avec les trois strophes 16, 17 et 18 ».
HOFMANN: «…la strophe de Martin Moller, 1587, la perspective d’avenir est confiante et l’homme pieux fait le vœu de porter sa croix dans la joie … Le choral final en mesures ternaires animées reprend le ton confiant et poursuit le thème terminal dans la forme d’une prière ».

 

BIBLIOGRAPHIE BWV 153

BACH CANTATAS WEBSITE (BCW):
AMG: Notice de James Leonard
BRAATZ/ BCW: Commentary. 7 juillet 2003
Provenance. 7 juillet 2003
CHAFE, Eric. Commentary. Analyse des tonalités et connexions avec la cantate BWV 70
CROUCH, Simon. Notice 1996, 1998
LEONARD, James. In Commentary (AMG). Notice
ORON, Aryeh. Discussions 1] 29 juin 2003 – 2] 22 janvier 2006 3] Prévision: 13 septembre 2009
CHORAL MELODIES. Les trois chorals avec exemples sonores (A. Oron)
CHORAL TEXTS. „Shau, lieber Gott, wie meine Feinde - “ Befiehl du dein Wege„ - „ Ach Gott, wie manches Herzeleid“

BASSO, Alberto: Jean-Sébastien Bach. Edizioni di Torino, 1979, Fayard. Vol. I (1984). Pages 95, 157
Vol. 2 (1985). Pages 253, 268, 273, 279, 317, 318, 319-320
BOMBA, Andreas: Notice de l’enregistrement Hänssler / Rilling / edition bachakademie [Vol. 47]. 2000
BOYER, Henri: Les cantates sacrées de Jean-Sébastien Bach. L’Harmattan 2002. Pages 275-276
: Les mélodies de chorals dans les cantates de J.-S. Bach. L’Harmattan 2003.
MDC 003: Pages 56, 94-96 [1]
MDC 046: Pages 201-204 [5]
MDC 04: Page 97-102 1 [9], identique MDC 087, pages 291 [9]
BREITKOPF (Recueils)
1] Ach Gott, vom Himmel sieh darein [Boyer = MDC 03]
Breitkopf n° 10: 371 Vierstimmige Choragesänge. C. Ph. E. Bach – KJ. Ph. Kirnberger (sans date). B n° 262 (3, 253)
Breitkopf n° 3765: 389 Choralgesänge für vierstimmigen gemischten Chor (sans date). C n° 7 (5 et 6)
*BREITKOPF (Recueils)
5] Herzlich tut mich Verlangen [Boyer = MDC 46]. La mélodie de la Passion selon Saint-Matthieu
Breitkopf n° 10: 371 Vierstimmige Choragesänge. C. Ph. E. Bach – KJ. Ph. Kirnberger (sans date). B n° 21
Breitkopf n° 3765: 389 Choralgesänge für vierstimmigen gemischten Chor (sans date). C n° 156 à 165
BREITKOPF (Recueils)
9] “Ach Gott, wie manches Herzeleid [Boyer/ MDC 87].
Breitkopf n° 10: 371 Vierstimmige Choragesänge. C. Ph. E. Bach – KJ. Ph. Kirnberger (sans date). B n° 156 (217 et 307)
Breitkopf n° 3765: 389 Choralgesänge für vierstimmigen gemischten Chor (sans date). C n° 8 (9)
Ou, la mélodie identique: O Jesu Christ meins Lebens Licht “ [Boyer/ MDC 87]”
Breitkopf n° 10: 371 Vierstimmige Choragesänge. C. Ph. E. Bach – KJ. Ph. Kirnberger (sans date). B n° 217 (156 et 307)
Breitkopf n° 3765: 389 Choralgesänge für vierstimmigen gemischten Chor (sans date). C n° 9 (8)
CHAILLEY, Jacques: Les chorals pour orgue de Jean-Sébastien Bach. A. Leduc 1974. Page 45 [1] - Pages 142-143 [5]
DÜRR, Alfred: Die Kantaten von Johann Sebastian Bach. Bärenreiter. Kassel 1974. Volume 1, pages 160-162
EKG: Evangelisches Kirchen-Gesangbuch. Verlag Merfburger Berlin. 1951. Ausgabe für die Evangelische Kirche in Berlin-Brandenburg.
Voir EKG 294 (texte) - EKG 493 (mélodie). EKG 286/7 et 8: Cantique "Ach Gott, wie manches herzeleid"
GALLOIS, Jean: Critique de l’enregistrement de H. Grischkat, Diapason, n° 188. Juin 1974
GARDINER, John Eliot: Notice de son enregistrement, volume 17. 2008. Traduction de Michel Roubinet
GEIRINGER, Karl: Jean-Sébastien Bach. Le Seuil 1966. Pages 363 (note 112). Cantique de Gerhardt. Page 158 (note 152, page 366)
Cantates possédant trois chorals (BWV 138, 48 et 75)
GRISCHKAT, Hans: Notice de son enregistrement chez HM. 1974
HELMS, Marianne: Notice de l’enregistrement Rilling. Hänssler CLV 71950. Avec Arthur Hirsch. 1976-1978
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HIRSCH, Arthur: Kalendarium zur Lebens-Geschichte Johann Sebastian Bachs. Bach-Archiv, 20 novembre 1970. Bach. Page 22
: Notice de l’enregistrement Rilling. Hänssler CLV 71950. 1978
: Die Zahl im Kantatenwerk Johann Sebastian Bachs. Hänssler HR 24.015. 1ère édition 1986. Pages 20, 40, 42, 103
: Riemenschneider Bach Institute. The Quarterly Journal of the. Baldwin-Wallace College. Berea, Ohio
Volume VII, n° 1, janvier 1976, page 28
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: Sämtliche von J. S. Bach vertonte Texte. VEB Leipzig 1974. Pages 44, 45
PBJ: Petite Bible de Jérusalem. Desclée de Brouwer. Editions du Cerf, Paris, 1955
PIRRO, André: Jean-Sébastien Bach. Alcan, Paris 1919. Page 119. Chronologie 1724
: L'esthétique de J.S. Bach, Minkoff Reprint 1973. Pages 52 [7] ; 62 [7] ; 91 [6] ; 171-172 [6] ; 188 [6] ; 226 [6] ; Pages 253 [3] ; 267 [6]
RICHTER, Bernhard Friedrich : 44] Über die Schicksale der der Thomasschule zu Leipzig angehörenden Kantaten Joh. Seb. Bachs, in BJ 1906, S. 43-73,
|ROMIJN, Clemens: Notice (sur CD, page 59) de l‘enregistrement P. J. Leusink. 2006
SCHMIEDER, Wolfgang: Thematisch-Systematiches Verzeichnis der Werke Joh. Seb. Bachs. Breitkopf & Härtel 1950-1973-1998 Édition 1973. Pages 205-206
Literatur: Breitkopf II1, 19. - Spitta - Schweitzer - Wolfrum II - Pirro - Parry - Voigt - Wolff - Terry n- Neumann - BJ 1906, 1909, 1913, 1914
SCHNEIDER, Charles: Luther poète et musicien et les Enchiridien de 1524. Edition Henn. Genève 1942. Page 29
SCHWEITZER, Albert: J.- S. Bach "Le musicien-poète". Foestich 1967, 8e édition. Édition française de 1905. Page 153
Édition américaine (traduction de E. Neumann). D’après l’édition allemande de 1911 Dover Publications, inc. New York. 1911-1966. Volume II, pages 155-156, 461
SPITTA, Philipp: Johann Sebastian Bach. Sous-titré: « His work and influence on the Music of Germany 1685-1750 » Novello & Cy 1889 - Dover 1951-1952. Trois volumes. Vol. 2, page 401. Appendix 33, page 681
WHITTAKER, W. Gillies: The Cantatas of Johann Sebastian Bach. Sacred & Secular Oxford U.P. 1959-1985. Tome I, pages 237, 401-407
WOLFF, Christoph: Notice de l’enregistrement de Ton Koopman (Volume 9)
WORBS, Hans Christoph: Notice de l’enregistrement Teldec / Das Kantatenwerk / Harnoncourt [Vol. 37] 1985
WUSTMANN, Rudolf: J.S. Bachs geistliche und weltliche Kantatentexte, Breitkopf & Härtel, 1913-1967. Pages 42 -44
ZWANG, Philippe et Gérard: Guide pratique des cantates de Bach. R. Laffont 1982. ZK 56, page 123
Réédition révisée et augmentée. L’Harmattan 2005

 

DISCOGRAPHIE BWV 153

Les numéros 1] à 9 (2008) indiquent la chronologie discographique établie par Aryeh Oron (BCW).
DURÉE: Gardiner (12’40). Grischkat (17’36). Harnoncourt (15’06). Koopman (13’03). Kuijken (13’42). Leusink (14’10). Rilling (15’01). Suzuki (12’45).
BACH CANTATAS WEBSITE: Discographie établie par Aryeh Oron et complétée, autant qu’il ait été possible, par [CR, 12/2008].
9 références (Octobre 2002 à octobre 2008) + 1 mouvement individuel (octobre 2002 – juillet 2006)
Musical Examples

6] GARDINER [Vol. 17]. The English Baroque Soloists. The Monteverdi Choir. Gethsemanekirche, Berlin. 1er et 2 janvier 2000
CD SDG 150. 2008
8] GOEDE, Michael et REINERS Olaf. Vokalensemble Stiepel
1] GRISCHKAT. Schwâbischer Singkreis Stuttgarter Bach-Orchester. Stuttgart. Mai 1972
Disque HMU 1113. Disque Carus 30050/ 1974 - Corona /MHS. Avec BWV 28
3] HARNONCOURT. Concentus Musicus Wien. Tölzer Knabenchor. Solisten des Tölzer Knabenchores. 1985
Disque Teldec Das Kantatenwerk [Vol. 37] 6.35656-00-503. SKW 37/1. 1985.
CD Teldec (D) 4509-91762-2. Das Kantatenwerk - Sacred Cantatas [Vol. 8]
Ce coffret contenant les cantates BWV 138 à 162
Coffret Teldec Sacred Cantatas [Vol. 4] 25709. 1999-2000
CD Teldec 2292-42632-2 ZL (Volume 37). 1988
Reprises CD Teldec. Edition Bach 2000 (en coffret) et Intégrale Warner Classics 8573 81164-5. 2007. Volume 46
4] KOOPMAN [Vol. 9]. Amsterdam Baroque Orchestra & Choir. Octobre 1998
Erato 3984 27315-2 (1999) puis Antoine Marchand, (vers 2003)
9] KUIJKEN. La Petite Bande (Volume 4). 2006-2007
CD Accent ACC 25304. Avec BWV 154, 16 et 65
5] LEUSINK. Holland Boys Choir/ Netherlands Bach Collegium. Brilliant Classics. Octobre-Novembre 1999
CD. Bach Edition, Vol. 8 - Cantatas Vol. 3. 2000
Reprise Bach Edition 2006. III- 93102/15-61. Avec BWV 117, 168
2] RILLING. Gächinger Kantorei Stuttgart. Bach-Collegium Stuttgart. Septembre 1978
Disque (D). Die Bach Kantate. Hänssler Verlag. Classic. Laudate 98.700. Avec BWV 65
Disque (D). CLV 71950. Avec BWV 65. 1978
CD. Die Bach Kantate [Vol. 20]. Hänssler Classic. Laudate 98.871
CD. Hänssler edition bachakademie [Vol. 47]. CD Hänssler-Verlag 92.047. 2000
7] SUZUKI [Vol. 17]. Bach Collegium Japan. 2001-2002
CD BIS -CD 1221. Avec les cantates BWV 154, 73, 144,et 181

MOUVEMENTS INDIVIDUELS BWV 153
M-1. Mvts. 1, 5 et 9]. Matt, Nicol. Nordic Chamber Choir. Soloists of the Freiburger Barockorchester
CD Brilliant Classics / Bayer Records. Edition vol. 23 Choral Works. Juin 1999.
Reprise Bach Edition 2006 (Intégrale). CD Brilliant Classics V/ 93102/30

 

ANNEXE BWV 153
Philipp Spitta

Philipp: Johann Sebastian Bach. Sous-titré: « His work and influence on the Music of Germany 1685-1750 ».
Novello & Cy 1889 - Dover 1951-1952. Vol. 2, page 401. Appendix 33, page 681

«… Les cantates de Leipzig. 1724. Le Dimanche après le jour du Nouvel An, 2 janvier 1724. Je placerais ici la cantate « Schau lieber Gott, wie meine Feind » ; un solide et très agité air de ténor « Stürmt nur, stürmt ihr Trübsals-Wetter », un air pour alto au merveilleux charme mélodique, sont associés avec trois chorals très simples dont le premier est placé au début, le second succédant à un arioso de basse avec récitatif et le troisième à la fin. Il n’y a pas de chœur pas plus que d’élément vraiment particulier ; l’arrangement des mouvements diffère de ce qui est habituel chez Bach ».
Note 407: « les parties séparées sont à la « bibliothèque royale » de Berlin ». Ce texte rédigé avant la guerre franco-prussienne de 1870-18701 ne fait pas encore état de la « Bibliothèque impériale de Berlin.
Appendix A, n° 33 du volume II, pages 690-691:
« Cantates pour le deuxième dimanche après Noël. [Une cantate] pour le dimanche après le Nouvel An (le deuxième après Noël) n’est pas donnée tous les ans [c’est à dire pas d’autre cantate de Bach connue pour ce dimanche là ]. Durant la période de Bach à Leipzig il n’y en a pas eu en 1724, 1727, 1728, 1729, 1733, 1734, 1735, 1738, 1739,1740, 1744, 1745, 1746, 1749 et 1750. Nous ne pouvons aussi écarter de cette liste « 1728 », à cause de la mort de la reine Christiana Eberhardine, ou depuis le 7 septembre 1727 jusqu’à l’Épiphanie 1728, toutes pièces d’orgue, musiques de réjouissances et dans toutes les églises, pour les mariages, baptêmes, funérailles, dans les rue ou par les écoliers [quêtant] étaient interdites…. Il n’est [donc] pas avéré que Bach ait composé d’ouvrage [pour ce dimanche suivant le jour de l’an ] dans ces années là…dimanche n’ayant pas d’importance particulière et où l’usage ordinaire d’un simple choral à quatre parties rend à peu près certain que [la cantate] Schau lieber Gott fut une œuvre de ce type primitif car ce mode d’opérer est fréquent dans la première période de Leipzig, par exemple [avec la cantate BWV 40] Dazu ist erschienen der Sohn Gottes…»
[On ajoutera que la fête du 1er janvier par laquelle s’ouvre l’année civile, n’était pas fête d’obligation, même s’il convenait alors de lui donner un caractère religieux que les autorités civiles de Leipzig réclamaient et appréciaient certainement].

 

Contributed by Claude Role (December 2008)

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Last update: ýDecember 14, 2008 ý00:48:25