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Cantata BWV 5
Wo soll ich fliehen hin?
Où dois-je m‘enfuir
Commentary in French

KANTATE ZUM 19. SONNTAG NACH TRINITATIS
19e dimanche après la Trinité
Leipzig, 15 octobre 1724

CONTENU

Avertissement
Datation
Sources
Péricope
Texte
Généralités
Distribution
Aperçu
Bibliographie
Discographie
Annexe BWV 5 - Philipp Spitta

 

AVERTISSEMENT

Cette notice dédiée à une cantate de Bach tend à rassembler des textes, des notes, voire des critiques discographiques souvent introuvables ou difficilement accessibles aujourd’hui (2008). Le but est de donner à lire un ensemble cohérent d’informations et de proposer aux amateurs et mélomanes francophones un panorama élargi et espéré parfois inédit de cette partie de l’œuvre vocale de Bach
Outre les quelques interventions « CR » identifiées par des parenthèses [...] le rédacteur précise qu’il a toujours pris le soin jaloux de signaler sans ambiguïté le nom des auteurs sélectionnés. Semblablement, il a indiqué clairement, entre guillemets «…» toutes les citations fragmentaires tirées de leurs travaux. Rendons à César...

ABRÉVIATIONS:
BB / SPK = Bach Bibliothek / Staatsbibliothek Preussicher Kulturbesitz
B.c. = Basse continue ou continuo
BCW = Bach Cantatas Website
BD = Bach-Dokumente (4 volumes, 1975)
BG = Bach-Gesellschaft = Société Bach (Leipzig, 1851-1899). J. S. Bach Werke. Gesamtausgabe (édition d’ensemble) der Bachgesellschaft
BJ = Bach-Jahrbuch
D = Deutschland
EKG = Evangelisches Kirchen-Gesangbuch.
F = France
NBA = Neue Bach Ausgabe (nouvelle publication de l’œuvre de Bach à partir des années 1954-1955)
NBG = Neue Bach Gesellschatf = Nouvelle société Bach (fondée en 1900)
P = Partition = Partitur
PBJ = Petite Bible de Jérusalem
PKB = Preußicher Kulturbesitz, Staatsbibliothek, Berlin
St. = Parties séparées = Stimmen

La première lettre -en gras- d’un mot du texte de la cantate indique la majuscule de la langue allemande.
Dans le corps du texte allemand de la cantate, le mot ou un groupe de mots mis en italiques désignent un affect particulier ou un « accident remarquable.

 

DATATION BWV 5

Leipzig, 15 octobre 1724. Deuxième cycle de Leipzig = 2. Jahrgang (cycle des cantates chorales).
HIRSCH: Classement CN 95 (Die chronologisch Nummer – numéro chronologique).
Chronologie (celle d’Alfred Dürr) 1724: BWV 130 (29 septembre) – BWV 114 (1er octobre) – BWV 96 (8 octobre) – BWV 5 (15 octobre) – BWV 180 (22 octobre) – BWV 38 (29 octobre) – BWV 80 (31 octobre ; il s’agit d’une reprise de cette cantate).
NEUMANN: Selon Neumann, reprise de la cantate vers 1732-1735. Hypothèse reprise par le BCW.
NYS, Carl de: « La cantate BWV 5 est de celles qu’une longue tradition musicologique, à la suite de Philipp Spitta, situait vers la fin de la vie de Bach, après 1735. Mes recherches récentes nous ont au contraire appris qu’il s’agit d’un cycle fait par le cantor au début de son activité à Saint-Thomas ».
SCHMIEDER : Leipzig 1735 (1745 ?)
SCHWEITZER : Les cantates écrites après 1734.
SPITTA ; PIRRO. la cantate remonte à l’année 1727-1735….
WHITTAKER 1735.

 

SOURCES BWV 5

PARTITION AUTOGRAPHE = ORIGINALPARTITUR

National Library, London (GB)
Le cheminement de la partition autographe de Bach est détaillée dans l’excellente notice « Provenance » de Thomas Braatz (BCW, en langue anglaise uniquement). Le texte qui suit lui emprunte, à quelques détails près sa substance.
A la mort de son père, Wilhelm Friedmann Bach hérita de la partition autographe dans le temps ou sa mère Anna Magdalena en remettait les parties originales séparées à l’Ecole Saint-Thomas où elles ont été conservées jusqu’à leur entrée aux Bach Archiv Leipzig.
W. F. Bach vendit la partition à un particulier inconnu qui lui-même la revendit en 1827 au collectionneur établi à Berlin, Carl Philipp Heinrich Pistor (1787-1847). C’est le petit-fils de ce dernier, Ernest Friedrich Karl Rudorff (Berlin 1840-1916), pianiste, compositeur et chef d’orchestre qui possédait également les partitions originales des cantates BWV 2, 20, 113, 114. qui s’en sépara en 1888 au profit de Joseph Joachim. La partition fut ensuite la propriété du collectionneur Heyer de Cologne. Elle passa dans une vente aux enchères où elle fut acquise par le célèbre écrivain Stefan Zweig. Celui-ci se suicida au Brésil en 1942 et c’est sa fille Eva D. Albermann qui l’eut en sa possession vers 1956. Provisoirement elle fut confiée à la British Library (Londres) où elle entra définitivement dans cette institution en 1986.

BCW / Thomas Braatz. Titre: Dom 19 post Trinit / Wo soll ich fliehen hin ? Weil ich / etc. / à 4 Voc. / Tromba / 2 Hautbois / Viola / Con / Continuo / di Sign: J. S. Bach.
Ce titre serait de la main du jeune copiste Johann Andreas Kuhnau, petit-fils de l’ex cantor de Saint-Thomas.

Sur la première page de l’autographe, Bach a écrit : JJ [Jesus Juvat] Doïca 19 post Trinit Wo soll ich fliehen hin ? Concerto. Mais il n’a pas spécifié l’instrumentation. Plus loin, le mot « Tromba » l’est Il semblerait que l’instrument Tromba da tirarsi aurait été utilisé pour une nouvelle exécution de la cantate vers 1732-1735.
NEUMANN : Collection privée: Ernst Rudorff (Handbuch der Kantaten Johann Sebastian Bachs, édition 1971)
SCHMIEDER : 10 feuillet grand format. Provient de Friedmann Bach puis au Professeur Rudorff (Berlin) puis ensuite à Joseph Joachim puis à partir de 1908 dans la collection de Wilhelm Heyer à Cologne. En 1927 l’autographe fut vendu 9000 mark. Plus tard fut la propriété de Stefan Zweig mort en 1942 au Brésil. Reproduction (fac-similé dans le catalogue (volume IV) de von Wilhelm Heyer (Berlin).
SUZUKI: A propos du 3e mouvement: …Cette œuvre existe sous la forme du manuscrit de la main même de Bach (British National Library).

PARTIES SÉPARÉES = ORIGINALSTIMMEN
Thomasschule à Leipzig passées à la Musikbibliothek der Stadt Leipzig, Thomasschule, Bach-Archiv
BG en signale trois jeu, l’une dans la tonalité de sol majeur, de fa majeur, la troisième n’étant pas située
Les parties de hautbois I et II,, celle de soprano avec révisions, celle d’Alto jusqu’au choral final ; du Ténor jusqu’au da capo du premier air, la Basse du premier récitatif et dans la version en sol majeur, le continuo du premier mouvement [1] et enfin la partie de Tromba da tirarsi du premier mouvement [1] et du choral final [7] seraient de la main de Bach.
La copie intégrale de la partie de trompette (Tromba) est de la main de Johann Andreas Kuhnau.
HERZ: Les copistes identifiés sont : Johann Andreas Kuhnau (période médiane à L’Ecole Saint-Thomas) et Christian Gottlob Meissner.

COPIES XVIIIe SIECLE = ABSCHRIFTE N 18. Jh.
P Am 43, 5 B. Deutsche Staatsbibliothek Anciennement Amalienbibliothek Berlin.
SPITTA [Johann Sebastian Bach, volume 3, pages 285-287]: Le filigrane « Half Moon » (demi-lune) figure sur le haut de la première page. « Ce filigrane est caractéristique d’un grands nombre de cantates de la dernière période créatrice de Bach ». Suit une liste de 31 cantates, la cantate BWV 5 (copie P AM 43) en 31e position possédant également avec les BWV 41 et BWV 94 l’autre filigrane « MA ».
[Spitta parle de la copie P AM 43, seule partition dont il semble avoir connaissance à l’époque où il rédige son texte].
P 171 M. Berlin Staatsbibliothek. Anciennement Marburg, Staatstbibliothek puis Berlin-Dahlem.

ÉDITIONS
SOCIÉTÉ BACH
= BACH-GESELLSCHAFT AUSGABE (BGA)
BG Jg. I, 127. (1ère année – BWV 1-10). Pages 127- 150. Préface de Moritz Hauptmann (1851)
[Partition BG/ Breitkopf dans l’enregistrement Teldec / Harnoncourt, volume 2. 1972]

NOUVELLE ÉDITION BACH = NEUE BACH AUSGABE (NBA)
KANTATEN SERIE I/ BAND 24. KANTATEN ZUM 18 UND 19 SONNTAG NACH TRINITATIS
Bärenreiter Verlag BA 5074. 1990. Herausgegeben : Matthias Wendt.
BWV 5. Pages 135-172. facsimile : Bl. 1r der autographen Partitur (The British Library. London. Stefan Zweig Collection. Zweig, ms 1). Beginn des satzes 1. (le versement définitiau fond de la British Library daterait de 1986)
Kritisch Bericht. (Neue Ausgabe sämtlicher Werke). Kritischer Bericht (commentaires). BA 5074 41. 1990. Matthias Wendt
F-Pn/Vmc 1950/24

AUTRES ÉDITIONS
BCW. Réduction voix et piano [BG] – Partition [BG]
Breitkopf & Härtel. Partition PB 2855. Chœur = ChB 866
2009: Réduction voix et piano EB 7005 (28 pages) – Chœur = ChB 4505
Kalmus Study Scores. N° 806. Volume II. New York 1968. Cantates BWV 5-8
Peters. Réduction voix et clavier

 

PÉRICOPE BWV 5

Dix neuvième dimanche après la Trinité.
Épître: Éphésiens 4, 22-28 [PBJ. 1730]. L’Homme Nouveau. Manifestez le nouvel homme créé selon Dieu
Évangile: Matthieu 9, 1-8 [PBJ. 1466]. Guérison d’un paralytique

MISSEL ROMAIN. XVIIIe et XIXe dimanches après la Pentecôte. Les Quatre-Temps d’automne
Lecture de l’Evangile selon saint-Matthieu 9, 1-8 [PBJ. 1466]

EKG. 19. Sonntag nach Trinitatis
Introït: Matthieu 9, 6 [PBJ. 1466] Guérison d’un paralytique: « Eh bien ! pour que vous sachiez que le Fils de l’homme a le pouvoir sur la terre de remettre les péchés ».
Psaume 78 [PBJ. 873-876]: « Le psalmiste met en parallèle l’inlassable sollicitude de Yahvé pour son peuple et la constante infidélité de ce dernier. Yahvé le frappe et lui pardonne ».
Cantique 227 Nun laßt uns Gott dem Herren dank sagen de Ludwig Heimbold (Mühlhausen, 1575). La mélodie se retrouve dans les cantates BWV 79/6, 165/6 et 194/12.
Épître: Éphésiens 4, 22-28 [PBJ. 1730]. L’Homme Nouveau
Évangile: Matthieu 9, 1-8 [PBJ. 1466]. Guérison d’un paralytique

HOFMANN: «…Guérison d’un paralytique. La voix des chrétiens qui, tourmentés par leurs péchés, prennent cependant conscience de la rémission des péchés par la crucifixion de Jésus et parviennent à ressentir consolation, force et assurance ».
[Même occurrence: BWV 48 (1723), 56 (1726) et XXIX. Anh. 2, voir Neumann, page 264]

 

TEXTE BWV 5

1]. Première strophe du cantique (1630) Wo soll ich fliehen hin de Johann Heermann (1585-1647) qui donne son titre à la cantate.

La mélodie du choral« Auf meinem lieben Gott » se retrouve dans les cantates BWV 89/6, 136/6, 148/6 et 188/6. Elle revient à Jakob Regnart (Nuremberg 1574) et est tirée d’une chanson profane « Venus, du und dein Kind ». Très prisée de Bach cette mélodie l’a été également par des compositeurs tels Buxtehude, Telemann (cantate TWV1: 1724), Krebs, etc.
Renvoi à EKG 427/1: « Wo soll ich fliehen hin ». Section 7 = EKG 427/6 « Führ auch mein Herz und Sinn]. Renvoi également à la mélodie de EKG 289 Auf meinem lieben Gott
Renvoi à la mélodie du choral Wo soll ich fliehen hin I et II dans Schübler, le n° 2, BWV 646 ainsi qu‘à BWV 694.
2] Auteur inconnu
3] Auteur inconnu. Alfred Dürr. Sources possibles: Psaume 51, 4 et 9 [PBJ 848] et à Apocalypse 1, 5 [PBJ. 1799] et 7, 14 [PBJ.. 1805]
4] Auteur inconnu. Arthur Hirsch suggère une citation possible du psaume 86, 17 [PBJ. 883]
5] Auteur inconnu
6] Auteur inconnu
7] 11e strophe (de six vers chacune) du cantique (1630) de Johann Heermann. Cette strophe également dans la cantate BWV 163/6

Les strophes du cantique Wo soll ich fliehen hin dans les cantates de Bach (avec deux mélodies différentes signalées par *)
Strophe 1 dans BWV 5/1
Strophes 2 à 10 dans les mouvements BWV 5/2-3-4-5
*Strophe 3 dans BWV 199/6
Strophe 7 dans BWV 89/6
Strophe 9 dans BWV 136/6
Strophe 11 dans BWV 5/7
*Strophe 11 dans BWV 163/6

AMBROZE, Z. Philip (University of Vermont): New translation of the cantata Texts. Vers 1980
BCW / Craig, Smith: De nombreux textes utilisés dans le 2e cycle des cantates proviennent d’auteur inconnus. Craig avance le nom de Bach, lui-même, Bach qui peut avoir participé à l’élaboration ou au remaniement de ces textes. Il évoque aussi celui du poète Georg Christian Lehms (Weimar) dont le style, se retrouve pour « l’ambiance » dans la cantate BWV 13 et dans BWV 199/1: « mon cœur baigne dans le sang », à comparer avec l’allusion au sang du Christ qui parcourt toute la cantate BWV 5.
BLANKENBURG: «…Le cantique du célèbre poète silésien Johann Heermann (1585-1647) qu’il qualifiait en ces termes: « Un modeste chant de consolation dans lequel un cœur affligé dépose devant Dieu avec une foi véritable tous ses péchés : de Taulero », c'est-à-dire d’après un texte mystique de Jean Tauler, qui vécut au Moyen Âge. Les images vigoureusement expressives auxquelles recourt l’auteur pour parler du péché des mortels et du sang purificateur de Jésus, sont également reprises en grande partie dans les paroles de la cantate, qui, une fois de plus, ne conserve littéralement que les premières et dernières strophes du cantique. On ne saurait établir qu’une vague association d’idées avec les lectures du jour… Les strophes 2 à 10 du cantique sont paraphrasées de manière rigoureusement symétrique en trois récitatifs et deux airs ».
BOMBA: « Le début est le même que celui du cantique de Johann Heerman. Conservé mot pour mot aux strophes 1 et 11 (versets 1 et 7) ; réécrit (auteur inconnu) strophes 2 à 10 (versets 2 à 6) ».
DÜRR : «…Le choix de ce cantique [celui d’Heermann] pour le dix-neuvième dimanche après la Trinité, dont la lecture de l’Évangile traite de la guérison d’un arthritique [ici une précision anatomique que ne connaît pas l’Évangile en question !] s’explique par les paroles de Jésus : « Tes péchés te sont remis » qui éveillent la propre conscience du péché mais aussi la certitude que la communauté des fidèles est libérée de ses péchés par la mort de Jésus ».
HOFMANN: «…La mélodie revient au compositeur flamand Jakob Regnart (1540-1599). Adaptation libre du cantique (qui comporte 11 strophes) dans les sections 2 à 6. La cantate passe progressivement du doute profond [1] à la naissance de l’espoir [2], à la prière pour une rémission partielle des péchés [3], à la consolation et à l’assurance [4], jusqu’à la prière pour obtenir force et courage face à la tentation de l’enfer [5]. A la fin on assiste à l’assurance du croyant qu’un jour, purifié de ses péchés par le sang du Christ, il pourra « gagner le ciel » [6] ».
NEUMANN: « Geistreches Gesang-Buch. Leipzig 1721 ; nouvelle édition 1730.
NYS, Carl de: «…texte de Bach (?) ou d’un auteur inconnu, peut-être Picander », le receveur des postes qui versifiait volontiers à l’intention de Bach ».

 

GÉNÉRALITÉS BWV 5

CROUCH (BCW): «…Comme beaucoup de cantate, le thème est le passage (voyage) de l’obscurité à la lumière et de l’esprit embrasé par la rédemption venue du Seigneur ».

 

DISTRIBUTION BWV 5

NEUMANN. Solo ; Sopran, Alt, Tenor, Baß. – Chor. Hohe Trompete (B) ; Oboe I, II ; Streicher ; B.c.
SCHMIEDER. Soli: S, A, T, B. Chor: S, A, T, B. Instrumente: Oboe I, II; Tromba da tirarsi, in B (trompette en si bémol); Viol. I, II; Vla.; Vcl.; Basso; Continuo.
BOMBA: «…[mouvement n° 3]… l’étude des sources ne nous a pas donné une réponse claire à savoir si la viole employée ici [version Rilling] est vraiment l’instrument obligé prévu par Bach ; Alfred Dürr considère qu’il n’est « même pas impossible » que Bach ait pensé ici à un violoncelle piccolo ».

 

APERÇU BWV 5

1] CHORALCHORSATZ. BWV 5/1

WO SOLL ICH FLIEHEN HIN, / WEIL ICH BESCHWERET BIN / MIT VIEL UND GROßEN SÜNDEN ? / WO SOLL ICH RETTUNG FINDEN ? / WENN ALLE WELT HERKÄME, / MEIN ANGST SIE NICHT WEGNÄHME.
Où dois-je m’enfuir, / Chargé que je suis / De si graves et si nombreux péchés ? / Où puis-je trouver secours ? / Rien au monde / Ne pourrait m’enlever mon angoisse.

Sol mineur (g), 78 mesures, 4/4
BG. Jg. I. Pages 127-136. Oboe I. / Oboe II. / Violino I. / Violino II. / Viola. / Soprano (Tromba da tirarsi col Soprano). / Alto ; / Tenore. / Basso. / Continuo.
NEUMANN. Choralchorsatz. Mélodie du choral « Auf meinem lieben Gott ». Parties instrumentales indépendantes avec ritournelles et parties vocales encastrées. Le cantus firmus est au soprano, avec trompette ou la Tromba da tirarsi. Ensemble des instruments avec citations du motif choral.

BLANKENBURG: «…La première strophe du cantique de chœur d’entrée basée sur le choral est incorporée verset par verset, selon la forme coutumière, à une sinfonia instrumentale dans laquelle une trompette jouant le cantus firmus accentue celui-ci avec une insistance particulière ».
BOYER [Les cantates saées de Jean-Sébastien Bach, page 123] : « Elaboration de choral. Mélodie de choral (MDC 113) de type IIc ».
BOYER [Les Mélodies de chorals dans les cantates de Jean-Sébastien Bach, pages 55 et358]: « Choral incrusté, le cantus firmus est confié à l’une des voix, les autres parties vocales sont indépendantes, l’orchestre et la basse continue sont dotés d’une thématique également indépendante ».
CROUCH [BCW]: «…Cette cantate choral commence dans une sombre tonalité mineure aux violons tandis que les hautbois s’entrelacent en courtes phrases, donnant un sentiment d’incertitude, de crainte ».
DÜRR: « Le mouvement initial obéit à la structure de prédilection de la cantate chorale : un mouvement orchestral indépendant, mais dont la thématique se développe à partir du commencement du choral, assimile vers par vers la mélodie du choral (Auf meinem lieben Gott) chantée par le soprano (avec trompette) et soutenue par les autres voix…»
GARDINER: « …L’hymne de Heermann et la mélodie qui lui est associée « Auf meinem lieben Gott », gouvernent tant la forme que la substance musicale de la fantaisie d’introduction ; même le prélude instrumental, dialogue en imitation pour hautbois et violons par paires, repose sur la mélodie de l’hymne en diminution, tout comme les trois lignes vocales inférieures. Les différentes phrases de la mélodie, solidement charpentée, se détachent de l’arrière-plan instrumental, lui-même constitué de petits échanges fragmentaires censés évoquer l’âme timorée…»
HIRSCH : Structures du mouvement. 1] Ritournelle + lignes 1 et 2 du cantique = 27 mesures – 2] Lignes 3, 4 et 5 = 24 mesures – 3] ligne 6 + ritournelle = 27 mesures. Total : 78 mesures
HOFMANN: «…Modèle maintes fois repris dans les cantates-chorals. L’impression d’ensemble est marquée par une partie orchestrale à l’allure concertante [forme fuguée] dans laquelle s’insèrent fragmentés, les vers du choral. La mélodie liturgique est utilisée en un cantus firmus fait de notes en valeurs longues à la partie de soprano, enrichie et mise en valeur par un cuivre, ici une trompette à coulisse (Tromba da tirarsi). Les parties d’alto, de ténor et de basse sont traitées en contrepoint, la plupart du temps reliées entre elles par un traitement imitatif mais qui s’exprime également parfois de manière homophonique. Une particularité de ce mouvement tient au matériel thématique ainsi qu’aux voix graves et aux parties instrumentales qui dérivent du saut de quinte du premier vers du choral donnant l’impression que les instruments demandent également : où dois-je me réfugier ? »
NYS, Carl de: «…Le premier chœur est d’une grande beauté ; la partie de soprano, doublée par la trompette, chante la mélodie du cantique en valeurs longues, cependant que les trois autres voix et les instruments font à ce cantus firmus un superbe écrins de figurations ».
PIRRO [L’Esthétique de Jean-Sébastien Bachles mélodies simultanées, page 142]: « Les voix ajoutent à la mise en œuvre du choral… profond sentiment d’anxiété… Harmonie triste, ici sur le mot « Angstangoisse » [BG 5 (I, page 134].

2] REZITATIV BAß. BWV 5/2

DER SÜNDEN WUST HAT MICH NICHT NUR BEFLECKT, / ER HAT VIELMEHR DEN GANZEN [Wustmann: „mir ganz und gar den“] GEIST BEDECKT, / GOTT MÜßTE MICH ALS UNREIN VON SICH TREIBEN; / DOCH WEIL EIN TROPFEN HEILGES BLUT / SO GROßE WUNDER TUT, / KANN ICH NOCH UNVERSTOßEN BLEIBEN. / DIE WUNDEN SIND EIN OFFNES MEER, / DAHIN ICH MEINE SÜNDEN SENKE, / UND WENN ICH MICH ZU DIESEM STROME LENKE, / SO MACHT ER MICH VON MEINEM FLECKEN LEER.
L’horrible péché n’a fait que me souiller, / Il s’est emparé de mon esprit entier,/ Dieu devrait, pour mon impureté, me rejeter de lui, / Mais parce qu’une goutte de son sang sacré / Accomplit de tels miracles, / Il m’est permis de n’être pas répudié. / Les plaies sont une mer ouverte / Où je noie mes péchés / Et si je me livre à ce courant / Il me purifie de ma souillure.

Ré mineur (d)→ sol mineur, (g), 14 mesures, 4/4
BG. Jg. I. Page 137. Recitativo. Basso. / Continuo
NEUMANN. Récitatif secco. Basse, B.c.

CROUCH (BCW): «…L’atmosphère est toujours très sombre quand débute le récitatif mais devient optimiste dans l’air de ténor suivant ».
BOYER [Les Mélodies de chorals dans les cantates de Jean-Sébastien Bach, page 358]: « les mouvements 2 et 3 n’élaborent pas la mélodie de choral (MDC) 113 mais paraphrasent les strophes suivantes du cantiques
PIRRO [L’Esthétique de Jean-Sébastien BachFormation des motifs, page 72]: « le procédé d’altération chromatique…le trouble de l’âme et des mots qui désignent des objets désagréables ou nuisibles . Ici, sur une tierce diminuée, le mot « Fleckensouillure ». [BG 5, I, page 137].
[La traduction du texte, page 265]: «…Bach isole de même dans les récits et dans les airs, les mots qui préviennent d’une transformation de l’idée qui vient d’être énoncée. Ainsi que les paroles impératives ou explicatives, ici l’adverbe « Dochcependant » fréquemment articulé sur une note suivie d’un silence [Renvoi BWV 13/4, BWV 54/2 et 3 et BWV 125/2].

3] ARIE TENOR BWV 5/3

ERGIEßE DICH REICHLICH, DU GÖTTLICHE QUELLE, / ACH, WALLE MIT BLUTIGEN STRÖMEN AUF MICH ! / ES FÜHLET MEIN HERZE DIE TRÖSTLICHE STUNDE, / NUN SINKEN DIE DRÜCKENDEN LASTEN ZU GRUNDE, / ES WÄSCHET DIE SÜNDLICHEN FLECKEN VON SICH.
Répand-toi en abondance, ô source divine, / Ah ! fais jaillir sur moi les flots de sang ! / La consolation de cet instant emplit mon cœur, / Le poids des péchés s’évanouit / Et la souillure du mal se lave d’elle-même.

Mi bémol majeur (Es), 172 mesures, 3/4
BG. Jg. I. Pages 137-141. Aria. Viola Solo. / Tenore. / Continuo.
NEUMANN. Forme de Trio-Sonate (Triosatz). Tenor, Viola (solo), B.c. Forme da capo

BASSO [vol. II, page 360]: « … la page la plus caractéristique [de la cantate] est l’aria pour ténor portant une dense partie d’alto obligé : la göttliche Quellela source divine » dont parle le texte est traduite par la proposition d’un flot mélodique quasi ininterrompu (la première pause dans la partie d’alto survient à la mesure 44) rendu agile et expressif par une articulation du phrasé extrêmement attentive à bien traduire le pathétique du texte ».
BOMBA: «…l’air met d’une façon semblable [au n° 5] une autre image en lumière : l’abondant épanchement de la source divine. Des mouvements de vagues apparemment infinis et mélismatiques reliés à des formations de triple accords orientés vers le bas accentuent en même temps les charges pesantes qui sombrent dans les abysses avec les « flots de sang ».
DÜRR: « Dans le troisième mouvement, avec viole obligée, domine le mouvement ininterrompu illustrant la « source divine…».
Renvoi au psaume 51, 4 et 9 [PBJ 848]: « Lave-moi de toute malice, de ma faute purifie-moi et Purifie-moi avec l’hysope : je serai net / Lave-moi, je serai blanc plus que la neige » et surtout Apocalypse 1, 5 [PBJ. 1799]: « Il nous aime et nous a lavé de nos péchés par son sang » et 7, 14 [PBJ 1805]: « Ce sont ceux qui viennent de la grande épreuve : ils ont lavé leurs robes et les ont blanchies dans le sang de l’Agneau ».
HOFMANN: «…le perpetuum mobile virtuose de l’instrument soliste est manifestement inspiré par l’image d’une source d’eau jaillissante. L’instrument soliste n’est cependant pas expressément spécifié par Bach. La partie de cet instrument soliste se trouve dans la partition du premier violon et devait ainsi être jouée par le premier violon (Konzertmeister) mais, si l’on se fie à la clé, elle se destine à un autre instrument, peut-être un alto ou vraisemblablement un violoncelle piccolo, un instrument au registre intermédiaire avec lequel Bach s’est livré à diverses expériences et grâce auquel il a pu présenter aux auditeurs de Leipzig quelque chose de nouveau et d’inhabituel ».
NYS, Carl de: «…L’aria coule comme une douce berceuse ; le texte parle d’ailleurs de « source divine » et de « l’heure consolatrice ».
SUZUKI: «…L’instrument obligé du troisième mouvement. Cette œuvre existe sous la forme du manuscrit de la main même de Bach (au British Museum) et des parties individuelles originales (dans les Archives Bach de Leipzig). Il n’y a ainsi aucun problème majeur en ce qui concerne l’interprétation bien que le d’un instrument obligé soulève en effet des questions. La partie fluide obligée qui semble déborder de la générosité de Dieu est écrite dans la clé d’ut troisième ligne dans la propre partition de Bach mais celui-ci ne spécifie pas l’instrument pour lequel elle se destine. Dans les parties individuelles, on retrouve cet obligato dans la partition du premier violon plutôt que dans celle d’alto mais il s’agit du seul mouvement dans la partition du premier violon écrite en clé d’ut troisième ligne. Un examen attentif de la partition montre qu’à aucun moment ne survient une note plus grave que la note la plus grave du violon, sol, et que cet obligato peut ainsi être joué aussi bien à l’alto qu’au violon. Alfred Dürr suggère que cette partie était prévue pour violoncelle soprano (page 152 de la section éditoriale 1/24 de la Nouvelle Edition Bach), mais le registre utilisé rend cette assertion difficile à soutenir. Dans cet enregistrement (CD Bis) la partie est attribuée à l’alto ».
PIRRO [L’Esthétique de Jean-Sébastien BachL’orchestration, page 216]: « Différentes sortes de violes… Bach se sert de la viole en solo… pour accompagner l’air de ténor ».
[Conclusion, page 469]: « …Quand il représente le mouvement des eaux, Bach s’attache encore à vivifier les images familières… La partie de l’alto solo dans l’air de la cantate BWV 5. Tandis que le ténor prie le Seigneur de laisser couler avec abondance la source de sang « qui efface les souillures », l’alto fait entendre des séries de notes égales qui se déversent indéfiniment, ou jaillissent en harmonies liquides ». [Renvoi aux BWV 7 et 165]
ROBERT : « Dans l’air de basse de la cantate n°5, M. Pirro affirme que « l’alto fait entendre des séries de notes égales qui se déversent indéfiniment ou jaillissent en harmonies liquides ». Si l’on s’en tient à cette observation et si l’on ne prétend pas que Bach a spécialement voulu par son dessin d’alto décrire la « source divine qui s’épanche abondamment » je ne vois rien en cela que de très acceptable. Dans cet air, le chrétien adresse à Dieu une prière pleine d’onction et d’espoir. Et le motif de cette onction c’est la reconnaissance pour les inépuisables trésors du pardon et de grâces que le Christ répand par son sang rédempteur. Entre cette abondance de grâces et l’écoulement incessant d’une source, il y a une analogie, une parenté. Et l’impression générale d’une chose inépuisable est bien rendue par les dessins de l’alto. Mais je serais porté à croire que Bach a voulu traduire l’attendrissement du chrétien en face de l’infinie bonté de Dieu, plutôt que d’imiter le gazouillement d’une source. En premier lieu, en effet, ce dessin d’alto n’a pas [+ Exemple musical] un caractère si imitatif qu’on puisse y voir de plano le bouillonnement d’une source, si les paroles n’y aidaient pas. En second lieu, au contraire, même exprimée en des termes plus généraux, cette action de grâce à la bonté sans borne de Dieu, s’adapterait toujours très adéquatement à la musique. Et ce qui tend à prouver que c’et bien le sentiment d’onction, de reconnaissance que bach a surtout voulu traduire, c’est que dans son chapitre sur l’orchestration (p. 217), M. Pirro cite justement ce passage pour montrer que Bach reconnaissait à l’alto « un caractère de tendresse bien déterminé ».
SCHWEITZER: « un autre exemple de staccato ininterrompu dans la cantate BWV 32 »
[Affects sur les mots « Walle - jaillir » - Strömen - flots » et « wäschetlave »].

4] REZITATIV ALT + CHORAL. BWV 5/4

MEIN TREUER HEILAND TRÖSTET MICH, / ES SEI VERSCHARRT IN SEINEM GRABE, / WAS ICH GESÜNDIGT HABE ; / IST MEIN VERBRECHEN NOCH SO GROß, / ER MACHT MICH FREI UND LOS. / WENN GLÄUBIGE DIE ZUFLUCHT BEI IHM FINDEN, / MUß ANGST UND PEIN / NICHT MEHR GEFÄHRLICH SEIN / UND ALSOBALD VERSCHWINDEN ; / IHR SEELENSCHATZ, IHR HÖCHSTES GUT / IST JESU UNSSCHÄZBARES BLUT ; / ES IS IHR SCHUTZ VOR TEUFEL, TOD UND SÜNDEN, / IN DEM SIE ÜBERWINDEN.
Mon fidèle Sauveur me console, / Dans son tombeau sont enfouis / Tous les péchés que j‘ai commis; / Quelque soit l’étendue de mon crime, / Il m’en délivre. / Quand les croyants trouvent refuge auprès de lui, / Ils ne risquent plus / L’angoisse et les tourments / Qui s’évanouissent aussitôt ; / Le sang inestimable de Jésus / Est le trésor de leur âme, leur bien suprême ; / Il est leur protection / Par laquelle ils surmontent le diable, la mort et les péchés.

Ut mineur 16 mesures, C.
BG. Jg. I. Page 142. Recitativo a tempo. Oboe. / Alto. / Continuo
NEUMANN. Rezitativ Secco. Alt ; Oboe ; B.c. Choral : Cantus firmus au Hautbois

BLANKENBURG: «…Ce récitatif se signale parmi tous les autres mouvements par le fait qu’une partie du cantus firmus exécutée par le hautbois s’y superpose au secco ».
BOMBA: «…Au centre de la cantate composée avec symétrie, se trouve le quatrième mouvement… le contralto doit présenter les paroles par lesquelles la première partie, la description du désespoir, sera enchaînée par la deuxième, la révolte contre l’enfer et la demande de la Rédemption. La prescription « a tempo » restreint cependant considérablement la présentation du texte en limitant la déclamation et crée un contraste singulier avec les paroles « libère-moi et délivre-moi ». Bach place là-dessus le cantus firmus joué par le hautbois, comme si l’on devait se souvenir de la question posée dans le choral concernant le but et le sens de la vie dont la réponse est à présent proposée par le texte ».
BOYER [Les Mélodies de chorals dans les cantates de Jean-Sébastien Bach, page 72]: « MDC 113 de type V (citation instrumentale du choral).
BOYER [Les Mélodies de chorals dans les cantates de Jean-Sébastien Bach, page 358]: « Elaboration de la MDC de type V. . Citation par le hautbois pendant un récit d’alto. Le hautbois expose en totalité et sans interruption la mélodie tandis que la voix d’alto paraphrase les idées présentes dans les mouvements 2 et 3. L’ensemble voix d’alto et mélodie du hautbois sont soutenus par le seul continuo ».
DÜRR: «… le quatrième mouvement est mis en valeur par une combinaison avec la mélodie chorale (hautbois) et ainsi se trouvent soulignés le passage de la conscience du péché à la consolation d’une signification décisive, en même temps que l’axe central de l’œuvre, laquelle acquiert par là une structure symétrique ».
HIRSCH [Die Zahl im Kantatenwerk Johann Sebastian Bachs, page 68] : « Les 86 notes de ce récitatif peuvent renvoyer au psaume 86, 17 (prière dans l’épreuve) - [PBJ. 883] dont le sens est effectivement proche de celui du texte de la cantate: «… car toi, Yahvé, tu m’aides et me consoles ».
PIRRO [L’Esthétique de Jean-Sébastien Bach - Les formes, page 292] : « … tandis que le chanteur exprime… le contenu verbal du livret, l’accompagnement juxtapose à ce chant la mélodie d’un choral… Le compositeur [Bach] estime qu’on se souviendra des paroles [du choral] si la mélodie est offerte… On entend le hautbois exposer intégralement, la mélodie d’une strophe du choral » [Renvois aux cantates BWV 122 et BWV 70].

5] ARIE BAß. BWV 5/5

VERSTUMME, HÖLLENHEER, / DU MACHST MICH NICHT VERZAGT! / ICH DARF DIES BLUT DIR ZEIGEN, / SO MUßT DU PLÖZTLICH SCHWEIGEN, / ES IST IN GOTT GEWAGT.
Reste muette, armée infernale, / Tu ne m‘enlèveras pas mon courage! / Je n‘ai qu‘à te montrer une goutte de ce sang / Pour te réduire sur le champ au silence, / Je l’oserai au nom du Seigneur.

Si bémol majeur (B), 125 mesures, 4/4
BG. Jg. I. Pages 143-149. Aria marqué „Vivace“. Tromba. / Oboe I. / Oboe II. / Violino I. / Violino II. / Viola. / Basso. / Continuo.
NEUMANN. Basse, Trompete, Oboe, Streicher, B.c. Partie instrumentale: hohe Trompete (ou Tromba), Forme Da capo

BLANKENBURG: «…Parallélisme frappant avec la section BWV 96/2, pourvu d’un texte comparable ».
BOMBA: «…La directive « vivace », la figuration mouvementée et les trompettes utilisées en obligé signalent le combat et la victoire, les demi-soupirs sont une invitation au silence dans ce tumulte ».
DÜRR: « …dans le cinquième mouvement règne un rythme passionné, vigoureusement accentué coupé de pauses « parlantes » (Verstumme)…»
HIRSCH: Renvoi à la cantate BWV 130/3 avec ses trois trompettes, les timbales, par analogie à l’développé ici dans BWV 5/5.
HOFMANN: « Tout aussi neuf et inhabituel est l’emploi de la trompette grave (si bémol) qui s’exprime avec une grande virtuosité et qui en même temps, rivalise avec la basse soliste. L’air à un ton résolument belliqueux et héroïque. Au mot « Verstumme ! », il est ordonné à « l’armée » de se taire et le passage de piano à forte de l’orchestre semble refléter la manière dont elle se tait et, à vrai dire, comment elle reprend aussitôt la révolte ».
NYS, Carl de: «…Impétueuse aria de basse avec ses figures caracolantes de trompette impose silence aux « puissances infernales ».

PIRRO [L’Esthétique de Jean-Sébastien BachL’orchestration, page 239]: « C’est la trompette qui hurle la rage de l’enfer dans l’air de basse [BG 5 (I, page 143].

6] REZITATIV SOPRAN. BWV 5/6

ICH BIN JA NUR DAS KLEINSTE TEIL DER WELT / UND DA DES BLUTES EDLER SAFT / UNENDLICH GROßE KRAFT / BEWÄHRT ERHÄLT [Wustmann: „in sich enthält“], / DAß JEDER TROPFEN, SO AUCH NOCH SO KLEIN, / DIE GANZE WELT KANN REIN / VON SÜNDEN MACHEN, / SO LAß DEIN BLUT / JA NICHT AN MIR VERDERBEN, / ES KOMME MIR ZUGUT, / DAß ICH DEN HIMMEL KANN ERERBEN.
Je ne suis que la plus infime parcelle du monde / Mais comme la noble liqueur du sang / Conserve son pouvoir infini / Et que chaque goutte, aussi infime soit-elle / Peut purifier l’univers entier / De ses péchés, / Ne verse pas ton sang / En vain pour moi / Et fais qu’il m’aide / A gagner le ciel.

Sol mineur (g) → sol mineur (g), 11 mesures, 4/4
BGA. Jg. I. Page149. Soprano. / Continuo
NEUMANN. Sopran, B.c. Récitatif secco

7] CHORAL. BWV 5/7

FÜHR AUCH MEIN HERZ UND SINN / DURCH DEINEN GEIST DAHIN, // DAß ICH MÖG ALLES MEIDEN, / WAS MICH UND DICH KANN SCHEIDEN, // UND ICH AN DEINEM LEIBE / EIN GLIEDMAß EWIG BLEIBE.
Fais que ton esprit / Incite aussi mon cœur et mon âme / A éviter / Tout ce qui peut me séparer de toi / Et que je reste éternellement / Un membre de ton corps.
Le texte est de Johann Heermann (EKG 427/6). La mélodie (EKG 289) Auf meinem lieben Gott de Jakob Regnart (1574)

Sol mineur (g), 12 mesures, 4/4
BG. Jg. I. Page 150. Choral. Soprano (Violino I, Oboe I, Oboe II ; Tromba da tirarsi col Soprano)./ Alto (Violino coll’ Alto). / Tenore (Viola col Tenore). / Basso. / Continuo.
NEUMANN. Simple choral avec ensemble des instruments.
BOYER [Les cantates sacrées de Jean-Sébastien Bach, page 124]: « Choral harmonisé ».
BOYER [Les Mélodies de chorals dans les cantates de Jean-Sébastien Bach, page 358]: « Calme harmonisation de la strophe conclusive du cantique. Les instruments doublent les voix colla parte ».

 

BIBLIOGRAPHIE BWV 5

BACH CANTATAS WEBSITE (BCW)
Commentaires:
AMG. Notice par James Leonard
CROUCH, Simon: 1996-1998. Notice in Cantata Listener’s Guide to the Cantatas of J. S. Bach.
BCW. Notice par Thomas Braatz
BRAATZ, Thomas: Bach-Cantatas Website. BWV 5. Commentaires. 24 octobre 2001
BRAATZ, Thomas: “Provenance”. 24 octobre 2001
EMMANUEL MUSIC. Notice par Simon Craig
ORON, Aryeh : Discussions 1] 21 octobre 2001 – 2] 1er octobre 2006 – Prévision 20 mai 2012
Texte du choral. Les onze strophes (allemand et anglais uniquement)

AMBROSE, Z. Philip (University of Vermont): The new translation of cantata texts. Rilling. Die Bach Kantate. 1990
Voir aussi le NET : Classics/faculty/bach/BWV
BACH-INSTITUT GÖTTINGEN: Die Neue Bach-Ausgabe [NBA]. Série I: Kantaten. Net www. Bach-Institut.de
I. Kantaten. Vol. 24. 1990-1991. KB : Matthias Wendt
BACH-JAHRBUCH
BJ 1906, pages 43-73 (Richter)
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BASSO, Alberto: Jean-Sébastien Bach. Edizioni di Torino, 1979, Fayard. Vol. I (1984): pages 34, 35, 159
Vol. 2 (1985): pages 253, 255, 268, 269, 337, 352, 360, 361
BLANKENBURG, Walter: Notice coffret Archiv Produktion 2722 030 / 2564 174. 1979
BOMBA, Andreas: Notice de l’enregistrement Hänssler / Rilling / edition bachakademie [Vol. 2]. 1998
BOYER, Henri: Les cantates sacrées de Jean-Sébastien Bach. L’Harmattan 2002. Pages 123-124
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BREITKOPF. Recueils
Breitkopf n° 10: 371 Vierstimmige Choragesänge. C. Ph. E. Bach – KJ. Ph. Kirnberger (sans date). B n° 330-331 (25, 281)
CHAILLEY, Jacques: Les chorals pour orgue de Jean-Sébastien Bach. A. Leduc 1974. N° 210, pages 259-260
DÜRR, Alfred : Notice dans l’enregistrement Harnoncourt Teldec, 1972
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EKG: Evangelisches Kirchen-Gesangbuch. Verlag Merfburger Berlin. 1951. Ausgabe für die Evangelische Kirche in Berlin-Brandenburg EKG 227
BEIHEFT 83 (Zum Evangelischen Kirchengesangbuch). Supplément année 1983. EKG 673
FESTIVAL DE MAZAMET. 1968. 3e année. Mazamet, Grand Temple. 7 septembre 1968. Notice de Carl de Nys
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GARDINER, John Eliot: Notice CD SDG 110. 2005. Voir traduction en annexe
HALBREICH, Harry: Notice de l’enregistrement K. Richter, dans Harmonie n° 148, juin 1979. C’est le 3e enregistrement mondial après Harnoncourt et Grischkat.
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HOFMANN, Klaus: Notice du CD Bis, volume 27. Suzuki. 2005
LEMAÎTRE, Edmond: Guide de la musique sacrée et chorale profane. L’âge baroque (1600-1750). Page 31
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Critique de l’enregistrement Harnoncourt. Diapason, juin 1972
PBJ: Petite Bible de Jérusalem. Desclée de Brouwer. Editions du Cerf, Paris, 1955
PIRRO, André: J.-S. Bach. Alcan, Paris. 5e édition. 1919. Page 169
PIRRO, André: L'esthétique de Jean-Sébastien Bach. Fischbacher 1907. Minkoff Reprint Genève 1973 Pages 72, 142, 216, 238, 239, 265, 292, 469
RICHTER, Bernhard Friedrich: Über die Schicksale der der Thomasschule zu Leipzig angehörenden Kantaten Joh. Seb. Bachs, in BJ 1906, pages 43-73
ROBERT, Gustave: Le descriptif chez Bach. Librairie Fischbacher. Paris. 1909. Pages 19-20
ROMIJN, Clemens: Notice (sur CD) de l’enregistrement de P. J. Leusink. 2006
SCHMIEDER, Wolfgang: Thematisch- Systematiches Verzeichnis der Werke Joh. Seb. Bachs (BWV). Breitkopf & Härtel 1950-1973-1998 Édition 1973, pages 6-7
Literatur: Spitta, Schweitzer, Pirro, Parry, Voigt, Wustmann, Wolff, Terry, Moser, Schering, Neumann
BJ 1906 - 1908 – 1909 – 1911 - 1916 – 1929 – 1932 - 1933 - 1934
SCHWEITZER, Albert: J.- S. Bach "Le musicien-poète". Foestich 1967, 8e édition. Édition française de 1905. Page 204
J.S. Bach. Édition américaine (traduction de E. Neumann). D’après l’édition allemande de 1911
Dover Publications, inc. New York. 1911-1966. Volume 2, pages 356, 391
SPITTA, Philipp: Johann Sebastian Bach. Sous-titré: « His work and influence on the Music of Germany 1685-1750 » Novello & Cy 1889 - Dover 1951-1952. Volume III, page 89-91, 286-287
SUZUKI, Masaaki: Notice de son CD [Vol. 27]. 2005
WHITTAKER, W. Gillies: The Cantatas of Johann Sebastian Bach. Sacred & Secular Oxford U.P. 1959-1985 Volume II, pages 274, 283, 316-322
WOLFF, Christoph: Notice de l’enregistrede Ton Koopman. CD Erato et Challenge Classics". 2001
WUSTMANN, Rudolf: J.S. Bachs geistliche und weltliche Kantatentexte. Breitkopf & Härtel, 1913-1967. Pages 246-247
ZWANG, Philippe et Gérard: Guide pratique des cantates de Bach. R. Laffont 1982. ZK 92, pages 167-168
Réédition révisée et augmentée. L’Harmattan 2005

 

DISCOGRAPHIE BWV 5

Les numéros 1] et suivants indiquent la chronologie discographique établie par Aryeh Oron (BCW).
DURÉE: Gardiner (21’37). Grischkat (22’21). Harnoncourt (22’46). Koopman (20’03). Leusink (22’07). Richter (22’20). Rilling (20’16). Suzuki (20’51). Vanherenthals (24’21).
BACH-CANTATAS WEBSITE: Discographie établie par Aryeh Oron et complétée, autant qu’il ait été possible par [CR, juin 2009].
9 versions (octobre 2001 –septembre 2006) + 5 Mouvements individuels (octobre 2001 – juillet 2008)
Exemples musicaux. Aryeh Oron ( février 2003 – avril 2008)

8] GARDINER [Vol 10]. Monteverdi Choir. The English Baroque Soloists. 29 octobre 2000.
Bach cantata Pilgrimage. Erlöserkirche – Postdam (D)
CD SDG 110. 2005. Avec BWV 48, 90, 56
2] GRISCHKAT. Stuttgarter Bach Orchester. Schwäbischer Singkreis Stuttgart. Mai 1972
Disques Corona / Carus 43 104. Avec BW 154 – MHS (USA) – FSM Candide
1] HARNONCOURT. Wiener Sängerknaben. Concentus Musicus Wien. 1972. Avec copie d’une Tromba da tirarsi
Disque Teldec Das Kantatenwerk. [Vol. 2] 6. 35028 SKW 2/1-2 BR2. 1972
Disque (D). Teldec 4509-91755 (coffret de six CD avec les cantates BWV 1 à 19). Das Kantatenwerk - Sacred Cantatas, Vol. 1
CD. Teldec Das Kantatenwerk [Vol. 2]
Reprises CD Teldec. Edition Bach 2000 (en coffret) et Intégrale Warner Classics 2006 (volume 2). CD 8573-81123-5
6] KOOPMAN [Vol. 11]. Chœur et orchestre baroques d’Amsterdam. Octobre 1999
Erato 8573-80215-2 (avec 127, 94, 41, 7, 139, 115, 113, 10). 1999-2001
7] LEUSINK. Holland Boys Choir. Netherlands Bach Collegium
CD Brilliant 2000. Bach Edition. Kantaten Vol 18. Cantatas, volume 9. 99377/5-132]
Reprise in Bach Edition 2006. CD Brilliant Classics 93102 IV-15/91
3] RICHTER. Münchener Bach-Chor. Münchener Bach-Orchester. Octobre 1977, février mars 1978. Herkules-Saal 1979
Disque Archiv Produktion 2722 030. Volume 5
Coffret Archiv Produktion. Sonntage nach Trinitatis II. Vom 18 Sonntag bis zum 27 Sonntag nach Trinitatis
Avec BWV 26, 38, 70, 80, 96, 115, 130, 140, 175, 180
Disque. Référence 2564 174. Avec la cantate BWV 96.
CD. Vol. V (coffret). 439395-2. SONNTAGE NACH TRINITATIS II. Avec les cantates BWV 96 et 56
3] RILLING. Bach-Ensemble. Gächinger Kantorei Stuttgart. Février-octobre 1979.
Disque (D). Die Bach Kantate. Hänssler Verlag. Classic. Laudate. 98710. 1980. Avec la cantate BWV 180
Disque (D). Même gravure sous label Claudius Verlag CLV 71961. 1981 Avec la cantate BWV 180
CD. Die Bach Kantate» [Vol. 54]. Hänssler Classic. Laudate 98816. 1989-1990
CD. Hänssler edition bachakademie [Vol. 2]. Hänssler-Verlag 92.002. 1998
9] SUZUKI [Vol. 27]. Bach Collegium Japan. 6 au 9 septembre 2003. Kobe Shoin Women‘s University Chapel, Japan
CD Bis-CD-1421. 2005. Avec les cantates BWV 80 et 115
5] VANHERENTHALS, Jacques. Chœur et orchestre de la Chapelle des Minimes, Bruxelles. Octobre 1994
CD La Chapelle des Minimes. Avec la cantate BWV 21

MOUVEMENTS INDIVIDUELS BWV 5
M-1. Mvt 1]. Hans Pflugbeil. Greifswald Bach Tage Choir – Bach-Orchester Berlin. Fin des années 1950 ou 1960.
Disque puis reprise sur CD Baroque Music Club
M-2. Mvt. 3]. Peter Schreier. Kammerorchester Carl Philipp Emanuel Bach. Août 1994. CD Philips
M-3. Mvt. 7]. Ton Koopman. Orgue. CD Teldec Bach Organ Works, vol. 2. Septembre 1994
M 4. Mvt. 7]. Nicol Matt Nicol Matt. Nordic Chamber Choir. Soloists of the Freiburger Barockorchester. Juin 1999
CD Brilliant Classics / Bayer Records. Bach Edition, volume 23. Chorale
Reprise Bach Edition 2006. CD Brilliant Classics 93102/137. V/31
M-5. Mvt. 7]. Hilliard Ensemble. CD ECM. Septembre 2000

 

ANNEXE BWV 5
Philipp Spitta

Johann Sebastian Bach. Sous-titré: « His work and influence on the Music of Germany 1685-1750 ».
Novello & Cy 1889 - Dover 1951-1952. Trois volumes. Volume 3, pages 90-92, 100, Appendix 3a = pages 285-287

Pages 89 « L’ensemble des cantates chorales peut maintenant être présenté sous forme de tableau [suit la liste des 35 cantates identifiées sous ce vocable. La cantate BWV 5 figure en 35e position sous la référence P AM43, référence de la copie conservée à Berlin

Pages 285-287 : Le filigrane Half Moon (demi-lune) figure sur le haut de la première page. « Ce filigrane est caractéristique d’un grands nombre de cantates de la dernière période créatrice de Bach ». Suit une liste de 31 cantates, la cantate BWV 5 (copie P AM 43) en 31e position possédant également avec les BWV 41 et BWV 94 l’autre filigrane « MA ».

[Tous ces renseignements figurant dans la première édition de l’ouvrage de Spitta (entre 1873-1880) ont été depuis souvent réfutés surtout en ce qui concerne la datation. Néanmoins les commentaires, sauf ici dans BWV 5 qui n’en a pas bénéficié, soulèvent toujours, même en 2009, le plus vif intérêt !]

 

Contributed by Claude Role (June 2009)

Cantata BWV 5: Complete Recordings | Recordings of Individual Movements | Discussions: Part 1 | Part 2

Commentary: Cantatas BWV 1-50 | Cantatas BWV 51-100 | Cantatas BWV 101-150 | Cantatas BWV 151-200 | Cantatas BWV 201-224 | Other Vocal Works BWV 225-524 | Sources

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Last update: ýJuly 5, 2009 ý01:31:17