AVERTISSEMENT
Cette
notice dédiée à une cantate de Bach tend à
rassembler des textes (essentiellement de langue française),
des notes et des critiques discographiques parfois peu accessibles
(2011). Le but est de donner à lire un ensemble cohérent
d’informations et de proposer aux amateurs et mélomanes
francophones un panorama espéré « élargi »
de cette partie de l’œuvre vocale de Bach. Outre les
quelques interventions « CR » identifiées
par des crochets [...] le rédacteur précise qu’il
a toujours pris le soin jaloux de signaler sans ambiguïté
le nom des auteurs sélectionnés. A cet effet il a
indiqué clairement, entre guillemets «…»
toutes les citations fragmentaires tirées de leurs travaux.
Rendons à César...
ABRÉVIATIONS
(A)
= la majeur
(B)
= si bémol majeur
BB
/ SPK = Bach Bibliothek / Staatsbibliothek
Preussicher
Kulturbesitz
B.c.
= Basse continue ou continuo
BCW
= Bach Cantatas Website
BD
= Bach-Dokumente (4 volumes, 1975)
BGA
= Bach-Gesellschaft Ausgabe = Société Bach (Leipzig,
1851-1899). J. S. Bach
Werke. Gesamtausgabe
(édition d’ensemble) der
Bachgesellschaft
BJ
= Bach-Jahrbuch
(C)
= ut majeur. (c) = ut mineur
D
= Deutschland
(D)
= Ré majeur – (d) = ré mineur
(E)
= (mi – (Es) = mi bémol majeur
EKG
= Evangelisches
Kirchen-Gesangbuch.
(F)
= fa
(G)
= Sol majeur. (g) = sol mineur
GB
= Grande Bretagne = Angleterre
(H)
= Si → h moll = si mineur
NBA
= Neue Bach Ausgabe (nouvelle publication de l’œuvre de
Bach à partir des années 1954-1955)
NBG
= Neue Bach Gesellschatf = Nouvelle société Bach
(fondée en 1900)
OP
= Original Partitur = Partition autographe originale
Ost
= Original Stimmen =. Parties séparées originales
P
= Partition = Partitur
PBJ
= Petite Bible de Jérusalem
PKB
= Preußicher Kulturbesitz, Staatsbibliothek, Berlin
St.
= Parties séparées = Stimmen
La
première lettre -en gras- d’un mot du texte de la
cantate indique la majuscule de la langue allemande. Dans le corps de
ce même texte allemand, le mot ou groupe de mots mis en
italiques
désignent un affect particulier ou un « accident »
remarquable.
DATATION BWV 94
Leipzig,
dimanche 6 août 1724. Une autre exécution a pu avoir
lieu vers 1732-1735.
DÜRR.
Chronolgie 1724 : BWV 93 (9 juillet). BWV 107 (23 juillet). BWV 178
(30 juillet). *BWV 94 (6 août). BWV 101 (13 août). BWV
113 (20 août). BWV 33 (3 septembre).
HIRSCH
: Classement CN 85 (Die chronologisch Nummer- Numéro
chronologique). « Année
II. Deuxième cycle des cantates de Leipzig (Jahrgang. II).
Période allant du 11 juin 1724 au 27 mai 1725.
MACIA
[Tout Bach,
pages 164/165] : «…Bach reprit cette cantate
plusieurs fois entre 1732 et 1735…»
SCHMIEDER
: Leipzig, vers 1735.
SCHWEITZER
: Les cantate écrites après 1734.
SPITTA
[Johann
Sebastian Bach,
tome III, page 90/91] : œuvre parmi les cantates chorales
probalement écrite pour le 7 août 1735.
[pages
286/287] : « Dans
la cantate BWV 94, nous reconnaissons un troisième filigrane,
un « aigle » filigrane connu sous des formes
variées à différentes périodes pour ne
pas être très significatifs dans nos recherches
chronologiques. Toutefois, j’ai classé ensemble les
manuscrits dans lequel le filigrane est exactement de la même
forme. Ce sont les cantates BWV 78, 98, 33 et 101. Elles peuvent être
supposées, comme la cantate BWV 94, datées de l’année
1735…»
WOLFF
: « 6 août
1724…les originaux de 1724 (partition et parties séparées)
portent trace d’une reprise qui aurait eu lieu entre 1732 et
1735, sans orgue aux numéros 2, 4, 6 et 7. L’œuvre
compte également parmi celles que Gottlob Harrer, successeur
de Bach aux fonctions de cantor, exécuta après 1750 ».
[Le cantor Harrer est né à Görlitz (Saxe), 8 mai
1704 et mort à Karlsbad le 9 juillet 1755. Il fut nommé
cantor de Saint-Thomas le 7 août 1750].
SOURCES
BWV 94
PARTITION
AUTOGRAPHE = ORIGINALPARTITUR
Musikabteilung,
BB Mus. ms
Bach
P 47B.
Staatsbibliothek zu Berlin Preußicher Kultur Besitz.
BGA
(Wilhelm Rust - 1875). Partition originale à la Bibliothèque
Royale de Berlin.
Titre :
« J.J.
Concerto Doïca 9 post Trinit. Was frag ich nach der Welt.
A la fin de la partition le « classique »
« S.D.G manque.
Filigrane :
demi-lune.
Le
nom de l’auteur de la mélodie du choral est inconnu.
Toutes les sources renvoient au Livre de chant de Darmstadt (1698) =
Darmstädter
Gesangbuch vom Jahre 1698.
SCHMIEDER :
Partition de huit feuilles et 15 pages de musique, in 4°.
SPITTA
[Johann Sebastian Bach,
volume 3, pages 286-287] : Le filigrane « demi-lune »
figure sur le haut de la première page. « Ce
filigrane est caractéristique d’un grands nombre de
cantates de la dernière période créatrice de
Bach ».
Suit une liste de 31 cantates, la cantate BWV 94 est en 29e
position et possédant également avec les BWV 5 et 41
l’autre filigrane « MA ».
PARTIES
SÉPARÉES = ORIGINALSTIMMEN
St
Thom L.
Thomasschule, Bach-Archiv Leipzig.
BGA
(Wilhelm Rust -1875). Thomana zu Leipzig.
Titre
pris à la couverture : « Dominica
9 post Trinit. | Was frag ich nach der Welt | à | 4 Voc. |
Travers. | 2 Hautbois | 2 Violini | Viola | con | Continuo | di Sig.
| J. S. Bach ».
Les
violino I et II en double exemplaires avec trois parties du continuo.
Filigrane „MA“ dans la partie de l‘orgue. Les
doubles du continuo en ré majeur, le filigrane I
W I.
SCHMIEDER :
en parties autographes de Bach avec trois exemplaires du continuo en
ré et ut majeur.
COPIES
XVIIIe
SIÈCLE = ABSCHRIFTEN
18.
Jh.
Partitur
P 960 M.
Marburg Staatsbibliothek ; Berlin-Dahlem et Berlin, Deutsche
Staatsbibliothek.
Partitur
P 1028 M.
Marburg Staatsbibliothek ; Berlin-Dahlem et Berlin, Deutsche
Staatsbibliothek.
Stimmen.
St 383 M.
Marburg Staatsbibliothek ; Berlin-Dahlem et Berlin, Deutsche
Staatsbibliothek.
BASSO
[Jean-Sébastien
Bach,
volume I, page 60] : Première cantate copiée et datée
par Penzel du 23 juillet 1755.
[Christian
Friedrich Penzel (1737-1801). Arrivé à Leipzig vers
1749, il est vraisemblablement l’un des derniers « élève »
de Bach. Chef de chœur puis cantor « provisoire »
à la Thomaskirche, il a recopié entre 1755 et 1766,
vingt-sept cantates de Bach, les dernières en 1768-1770 après
avoir quitté Leipzig en 1766 pour gagner le Cantorat de
Merseburg (Saxe).
ÉDITIONS
SOCIÉTÉ
BACH
= BACH-GESELLSCHAFT
AUSGABE
(BG)
BGA.
Jg. XXII, (22e
année). Pages
97 à 128. Préface de Wilhelm Rust (1875).
Cantates BWV 91 à 100.
[Partition
dans le coffret Teldec / Das
Kantatenwerk /
Harnoncourt, volume 23. 1979].
NOUVELLE
ÉDITION BACH
= NEUE
BACH AUSGABE
(NBA)
KANTATEN
SERIE I/ BAND 19. KANTATEN ZUM 9 UND 10 SONNTAG NACH TRINITATIS
Bärenreiter
Verlag BA 5060. 1985. Robert L Marshall.
6
Faksimiles.
BWV
94. Pages 45 à 86. Bl. 1v
der
anläßlich einer Wierderaufführung hergestelten
autographer. Stimme Organo.
Thomasschule Leipzig, in Verwahrung des Bach-Archivs (Nationale
Forschungs – und Gedenkstälten Johann Sebastian Bach der
DDR) vorübergehend im Stadt-Archiv Leipzig. Ende des Satzes 3
bis anfang des Satzes 6.
Avec
les cantates BWV 105, 168, 46, 101 et 102.
Kritischer
Bericht (commentaires). BA
5060 41. Robert L Marshall. 1986.
AUTRES ÉDITIONS
BÄRENREITER
classics.| Bach | Bärenrteiter Urtext.
Sämtliche
Kantaten 7 | TP 1287. 2007.
Serie
I. Band 19. Kantaten zur 9 und 10 Sonntag nach Trinitatis.
Herausgegeben
: Robert L. Marshall.
Faksimile
: BWV 105, 94, 168, 46, 102.
BWV
94. Pages 43 à 86. Bärenreiter-Verlag. Kassel. 1985.
BCW.
Partition BGA + Réduction pour chant et piano.
BREITKOPF
& HÄRTEL. Partition PB 2944. Réduction chant et piano
= EB 7094.Partition du chœur (Chorstimmen) : = ChB 2149.
Parties séparées (orchestre, voix, orgue et clavier= en
copie manuscrite de Max Seiffert
2011 :
Partition (32 pages) = PB 4594. Réduction chant et piano ( 36
pages) = EB 7094. Partition du chœur (8 pages) = ChB 4594.
Parties séparées (6) = OB 4594.
CARUS :
Die Bach Kantate. Partition (Partitur (84 pages) = CV 31.094/00.
Partition d’étude (Studienpartitur) = CV 31.094/07.
Partition du chœur (Chorpartitur) = CV 31.094/03.
Harmoniestimmen (Harmonie) = CV 31.094/09 : Flûte CV
31.094/21. Hautbois d’amour I, II = CV 31.094/22 et 23. Parties
séparées : Vl. I, II, Vla., Vlc. = CV 31.094/11 à
14.
KALMUS
STUDY SCORES. N° 831. Volume XXVII. New York 1968. Cantates
BWV 94 à 96.
PETERS :
Réduction chant et piano.
BASSO
[Jean-Sébastien
Bach, volume 2, page
840] : «…Le manuscrit contenant la cantate BWV 26
comporte également l’autographe de BWV 94 ainsi qu’une
copie effectuée par Bach lui-même d’une cantate de
Telemann « Machet
die Tore weit »,
pour le premier dimanche de l’Avent ».
PÉRICOPE
BWV 94
Neuvième
dimanche après la Trinité.
Missel
romain : les lectures des 8 et 9e
dimanches après la Pentecôte et au 10e
pour le psaume 54.
Épître
: Corinthiens 10, 6 à 13 [PBJ. 1698] : Le point de vue de la
prudence et les leçons du passé d’Israël.
Évangile
: Luc 16, 1 à 9 [PBJ. 1566] : L’intendant infidèle.
EKG.
9. Sonntag nach
Trinitatis.
Épître
aux Éphésiens 5, 15 [PBJ. 1731]. La vie nouvelle dans
le Christ : « Ainsi
prenez bien garde à votre conduite ; qu’elle soit
celle non
d’insensés
mais de sages ».
Psaume
54 [PBJ. 850]. Appel au Dieu justicier.
Lied
384. Ich
weiss, mein Gott, daß all mein Tun
(Paul Gerhardt 1653).
Épître
1 Corinthiens 10, 1 à 13 [PBJ. 1698]. Le point de vue de la
prudence et les leçons du passé d’Israël :
«…Ne
devenez pas idolâtres comme
certains d’entre
eux… aucune tentation ne vous est survenue qui passât la
mesure humaine ».
Évangile.
Luc 16, 1 à 12 [PBJ. 1566]. L’intendant infidèle…
le bon emploi de l’argent. Renvoi à Matthieu 6, 24 [PBJ.
1462]: Dieu et l’argent.
[Même
occurrence avec les cantates BWV 105 et 168].
TEXTE
BWV 94
Auteur
inconnu.
L’essentiel
du texte est constitué par le cantique (en 8 strophes de huit
vers chacune) Was frag
ich nach der Welt ?
de Balthasar Kindermann (Zittau, 10 avril 1636 - Magdebourg, 12
février 1706) composé en 1644 et publié en 1664
à Cüstrin, dans le corpus, Das
Buch der Redlichen -
Le Livre des honnêtes).
Mais
le nom de l’auteur du cantique fait « problème »
puisque jusqu’à des temps récents, il a été
attribué (BGA,
Alberto Basso, Werner Neumann et Gerhard Herz) à
Georg Michael Pfefferkorn († 1731).
Texte de 1667 in recueil Herr
Jesu und meine Ruh).
Les
mouvements 1, 3, 5 et 8 sont la citation littérale du
cantique.
Les
mouvements 2, 4, 6 et 7, libre compilation du cantique ou libre
poésie sont d’un auteur inconnu.
DÜRR :
« Cette œuvre est une cantate choral composée
par Bach pour le 6 août 1724. Elle repose sur les huit strophes
du cantique de Balthasar Kindermann (1664) et des textes dûs
à un poète inconnu…»
KUIJKEN :
« Cantate –choral du plus pur style. Elle est basée
sur le choral « Was
frag ich nach der Welt
(1664) de Balthasar Kindermann.
[Wolff
a avancé le nom d’Andreas Stubel (1653-1725), ancien
co-recteur de l’église Saint-Thomas décédé
le 31 janvier 1725…]
GÉNÉRALITÉS
BWV 94
BOMBA
: « La cantate BWV 94 fait partie des œuvres qui ont
été gratifiées d’une partie de flûte
traversière très raffinée ». [Renvoi
à la cantate BWV 99 du 17 septembre 1724].
CANTAGREL
[Tempéraments,
Tonalités, Affects. Un exemple : si mineur,
page 43] : « La mort est le moment où
intervient la grâce divine… et c’est pour s’y
préparer que le chrétien professe le mépris de
la vanité du monde (BWV 30, 92, 94, 121, 150, 154n 169, 181 ».
MACIA
[Tout Bach,
pages 164/165] : « Cette cantate-choral est bâtie
selon la structure la plus fréquente, comme par exemple la
cantate BWV 93 donnée un mois plus tôt…»
DISTRIBUTION
BWV 94
VOIR
BOMBA : « La cantate BWV 94 fait partie des œuvres
qui ont été gratifiées d’une partie de
flûte traversière très raffinée ».
[Renvoi à la cantate BWV 99 du 17 septembre 1724].
NEUMANN.
Solo : Sopran, Alt, Tenor, Baß. – Chor. Querflöte,
Oboe I, II, Oboe d’amore ; Streicher, B.c.
SCHMIEDER.
S, A, T, B. Chor : S, A, T, B. Instrumente : Flauto trav.; Oboe I,
II; Oboe d‘amore; Viol. I, II; Vla.; Organo; Continuo.
BOYER
[Les cantates sacrées de
Jean-Sébastien Bach]: «…la
flûte y est [dans la cantate] un instrument concertant de
premier rang (chœur initial et aria d’alto n°4), ceci
confirme, sans nul doute, la présence d’un excellent
flûtiste à Leipzig cette année-la [1724]. [A
ce propos, voir BCW / Peter Smail, « Discussion 2 »,
22 juillet 2006].
KUIJKEN
: «…La cantate présente une particularité
immédiate, l’entrée remarquable de la flûte
traversière au premier plan. Très rarement utilisée
jusqu’alors dans les cantates de Bach, elle n’avait
certainement jamais été aussi exposée…»
SUZUKI
[Notes sur la production] : « Un problème
auquel on doit faire face en rapport avec une exécution de la
cantate BWV 94 est celui de l’indication tacet
qui apparaît dans la partie d’orgue. Le propre manuscrit
de Bach (P 47) et les parties séparées sont conservés
mais seuls les premier, troisième, cinquième, sixième
et huitième mouvements sont présents dans la partie
d’orgue et l’indication tacet
- silencieux
apparaît dans les autres second, quatrième et septième
mouvements. Quelle est la signification de cette omission de l’orgue
- l’instrument qui devrait occuper la place centrale dans le
groupe du continuo des cantates - dans ces mouvements ? …
c’est souvent le cas des cantates rejouées, 1732 ou
après… »
APERÇU
BWV 94
1]
CHORALCHORSATZ. BWV 94/1
WAS
FRAG ICH NACH DER WELT
/ UND
ALLEN IHREN SCHÄTZEN,
/ WENN ICH
MICH NUR AN DIR, / MEIN
[ W. Neumann : livre de chant d‘époque : „Herr“]
JESU, KANN
ERGÖTZEN ! / DICH
HAB ICH EINZIG MIR / ZUR
WOLLUST
FÜRGESTELLT, / DU
[W. Neumann = Ost (soprano) : „der
du“ et BG = „denn
du“], DU BIST MEINE RUH :
/ WAS FRAG
ICH NACH DER WELT !
Que
m’importe le monde, / Que m’importent tous ses trésors,
/ Puisqu’en toi seul, / Mon Jésus, je peux me réjouir !
/ C’est toi et toi seul / Que j’ai choisi pour ma
volupté, / Toi, qui est mon repos : / Que m’importe le
monde !
Strophe
1 intégrale du cantique de Balthasar Kindermann (1664).
Mélodie
avec de très nombreuses variantes et associée aux
textes de différents poètes ou librettistes.
Pour
la cantate BWV 94, il s’agit de la deuxième mélodie
du cantique O Gott, du
frommer Gott attribuée
(BCW) à Ahasverus Fritsch (1679).
On retrouve cette
mélodie du même type dans les cantates BWV 45/7, 64/4,
128/5 , 129/1 et 5, 197a/7 et enfin le chœur BWV 398 et le
BWV 1125. Jacques Chailley décrit le même choral pour
orgue BWV 767.
Voir
EKG 461 (mélodie III), vers 1670 / Meiningen 1693.
[BCW] :
Cette mélodie et ses variantes ont été également
utilisées par des compositeurs tels G. F. Kauffmann, J. L.
Krebs, C. Ph. E. Bach, G. A. Homilius, J. F. Doles… Johannes
Brahms… Max Reger…
Ré
majeur (D Dur), 56 mesures, C
BGA.
Jg. XXII. Pages 97 à 104 | Cantate
| über
das Lied Was frag ich nach der Welt
| von
| Georg Michael
Pfefferkorn
|
Dominica 9 post Trinitatis. | Flauto traverso. | Violino I. (Oboe I
col Violino I.) | Violino II. (Oboe II col Violino II –
staccato)| Viola. (staccato) | Soprano. (Cantus firmus im Sopran.). |
Alto. | Tenore. | Basso. | Organo e Continuo. (Continuo staccato).
Reprise „Dal
Segno“
des mesures instrumentales 4 à 13.
Le
texte du cantique revient en fait à Balthasar Kindermann et
non pas à l‘auteur cité par la BG.
NEUMANN :
Mélodie « O
Gott, du frommer Gott ».
Parties instrumentales indépendantes. Ritournelle encastrée.
Cantus firmus au soprano.
BASSO
[Jean-Sébastien
Bach, volume
2, page 349] : «…Ce
n’est pas par hasard que le morceau d’ouverture, qui
confie le cantus firmus au soprano et tente, avec les autres voix,
une lecture particulière du texte, par l’intermédiaire
d’un traitement polyphonique continuellement varié,
s’enrichit de l’apport d’une flûte
traversière concertante, que Bach utilise ici comme véhicule
de virtuosité, pour l’employer ensuite dans l’aria
n°4…»
BOYER
[Les cantates sacrées
de Jean-Sébastien Bach. :
« Élaboration de choral de type II sur mélodie
(MDC) 083 ».
BOYER
[Les mélodies
de chorals dans les cantates de J.-S. Bach] :
« Il s’agit de la seconde mélodie (II)
consacrée au cantique « O
Gott, du frommer
Gott »
d’Ashaverus Fritsch, 1679. Renvoi aux cantates BWV 45/7, 64/4,
128/5, 129/1 et 5 et le choral BWV 767.
L‘élaboration
de la mélodie est de type choral incrusté (II) dans un
ensemble orchestral indépendant. L‘introduction d‘une
ritournelle rapide confiée principalement à la flûte
traversière, aux cordes et à deux hautbois, voit
s‘immiscer à la douzième mesure le cantus firmus
chanté par le soprano immédiatement soutenu par des
figures libres des trois autres parties vocales. Chaque verset est
exposé dans une texture différente mais le cantus
firmus
reste au soprano…»
CANTAGREL
[Les cantates de J.-S.
Bach, pages 800 à
806] : «…La première strophe du choral de
Kindermann est solennellement énoncée, période
par période par le soprano. A chaque intervention, les autres
voix tissent avec le cantus firmus un contrepoint serré,
toujours différent. Une allègre sinfonia instrumentale
escorte les voix d’un bout à l’autre, dans le
caractère d’un concerto d’où se détachent
les incessantes arabesques de la flûte soliste, triolets et
doubles croches, souvent dialoguant avec le premier hautbois et les
premiers violons. Pour la première fois depuis qu’il est
à Leipzig, Bach dispose à l’évidence, en
ce jour, d’un flûtiste virtuose… La reprise en
ritournelle des premières mesures de la sinfonia s’achève
en suspension, comme si ces trésors du monde étaient
appelés à disparaître, ce que va proclamer l’air
suivant ».
FINSCHER :
« Le chœur d’ouverture combine un mouvement
de cantus firmus relativement simple, exposé verset par
verset, à un mouvement orchestral libre dont le caractère
est marqué par la flûte concertante (il semble que Bach
ait disposé alors, pour la première fois durant les
années qu’il passa à Leipzig, d’un bon
flûtiste) ».
HIRSCH
[ Interprétation
symbolique des chiffres dans les cantates de Bach] :
« Le premier chœur à 56 mesures, ce qui
correspond au mot « Welt »
(21 + 5 + 11 + 19)
dans l’alphabet chiffré ».
HOFMANN
: « La
cantate de Bach… repose sur l’hymne « Was
frag ich nach der Welt »
de Balthasar Kindermann (1664) et sur la mélodie « O
Gott, du frommer Gott »
(Regensburg, 1675). Comme le cantique, le remaniement du texte par un
auteur inconnu repose sur la transformation variée d’un
seul concept fondamental dans la forme d’une antithèse :
d ’un côté, on a le « monde »,
de l’autre le chrétien fidèle avec son amour
sincère pour Jésus…précédé
par un unique accord au continuo, le chœur d’ouverture
commence avec un solo virtuose de flûte sans accompagnement,
entraînant la flûte solo dans ce qui pourrait être
appelé un long dialogue animé duquel, cependant,
l’instrument à vent s’élève
constamment avec des figurations solos. Dans cette activité de
concert, on entend la première strophe du choral ligne par
ligne, commençant au soprano (avec la mélodie) et
accompagnée par une écriture détendue, parfois
librement polyphonique et parfois d’accords pour alto, ténor
et basse…»
KUIJKEN
: «…La
flûte traversière promue au premier plan…Lors de
l’introduction du choral, déclamé sur un rythme
de noirs, la mélodie est confiée comme d’habitude
aux voix de sopranos. Tout, dans ce mouvement, donne l’impression
d’une dissolution du choral traditionnel. Les voix
d’accompagnement sont conduites presque librement et certains
passages du texte sont répétés… »
LEMAÎTRE :
«…Le premier chœur se déroule à la
manière d’un motet sur cantus firmus. On y remarque
surtout la flûte qui s’adonne aux joies du solo entre les
sections du choral exposé très simplement…»
MACIA
[Tout Bach,
pages 164/165] : « Le premier chœur, où
la mélodie du choral est très simplement chantée
en cantus firmus
par les sopranos, en homophonie avec le reste des choristes, est
embelli par les figures radieuses de la flûte. Manifestement,
Bach met davantage l’accent sur les voluptés qui
attendent l’Élu que sur les rigueurs d’ici-bas…
L’incipit « Que
m’importe le monde »
revient à la fin du chœur ; cette affirmation
conclura quatre autres mouvements » [les 2, 3, 5 et 8].
NYS,
Carl de + Manfred Schreier : « La cantate BWV 94 fut
créée le 6 août 1724 à l’église
Saint-Thomas et les auditeurs ont dû être quelque peu
surpris par l’introduction instrumentale du premier chœur
débutant comme un très profane concerto pour flûte
traversière. Le style évoque d’ailleurs celui des
grandes sonates et partitas pour un instrument soliste avec le seul
contrepoint d’un violon également soliste qui anticipe
par endroit les motifs de la flûte et la basse continue…
la parenté étroite entre les figurations de la flûte
et la mélodie du choral… De toute façon, le
tutti de l’orchestre à cordes avec les deux hautbois
est encore plus directement dérivé de la mélodie
du cantique et lorsque les voix entonnent le choral avec le cantus
firmus en valeurs
longues dans la partie de soprano, les autres voix sont homophones ou
seulement en imitations très brèves, de manière
à ce que la mélodie du choral s’impose avec
toute la force possible… le premier mouvement symbolise très
exactement le contenu de tout le poème : l’agitation
et la futilité du monde est traduite par le timbre et les
doubles croches de la flûte cependant que le choral chanté
exprime la stabilité du royaume [mon repos].
ROMIJN :
«…la très joyeuse cantate BWV 94… Le chœur
d’ouverture présente la ligne mélodique du choral
aux sopranos, jusqu’à ce que les autres voix se laissent
entraîner ; la clef de voûte textuelle est le mot
« Wollust –
bien-être »,
illustré sous tous les éclairages possibles.
Paradoxalement, le monde qui est décrit en des termes si
glorieux est également dépeint sous son aspect le moins
doux : l’ouvrage semble être axé sur cette
opposition…»
SCHWEITZER
[J.
S. Bach,
pages 355/356] : «…Dans
l’accompagnement du premier chœur (qui paraît aussi
dater de 1735), Bach représente des figurations ondulantes à
la flûte et aux premiers violons tandis que les autres cordes
jouent en croches « staccato ». spécialement
caractéristiques… C’est seulement quand nous
comprenons le sens [de ses figurations instrumentales] dans
l’accompagnement orchestral, que nous pouvons goûter la
justification de ce superbe mouvement en sa totalité
ondulante… et le droit chemin pour l’exécuter… »
[…
page 423] : « Dans le premier chœur, Bach afin
d’obtenir un « effet d’écho »
fait parfois jouer ensemble les hautbois et les violons… et
parfois leur impose silence ».
WHITTAKER
: « Le
« vide»
du monde nous est révélé avec cette délicieuse
fantaisie, survolée par la figure sereine du Christ. Le
mouvement s‘ouvre avec les notes piquées et „staccato“
du continuo (sans l‘orgue)… la flûte, de façon
ascendante en doubles croches détachées indique la
fugacité des choses terrestres… les violons I en
triolets et doubles croches disent la félicité dans le
Christ ».
2]
ARIE BAß. BWV 94/2
DIE
WELT
IST WIE EIN RAUCH
UND SCHATTEN,
/ DER
BALD VERSCHWINDET
UND VERGEHT, / WEIL
SIE NUR KURZE ZEIT
BESTEHT.
/ WENN
ABER ALLES FÄLLT UND BRICHT, / BLEIBT
JESUS
MEINE ZUVERSICHT,
/ AN
DEN SICH MEINE SEELE
HÄLT.
/ DARUM :
WAS FRAG ICH NACH DER WELT !
Le
monde est pareil à une fumée, à une ombre / Qui
ne tardent pas à se dissiper et à disparaître, /
N’étant que de courte durée. / Mais lorsque tout
s’écroule et se brise, / Jésus demeure mon espoir
/ Auquel mon âme s’accroche ferme. / Aussi, que m’importe
le monde !
Emprunt
de la première et de la dernière ligne de la deuxième
strophe du cantique de Kindermann
Si
mineur (h moll), 47 mesures, C
BGA.
Jg. XXII. Pages 104 à 106 | ARIE. | Basso. | Continuo.
NEUMANN.
Continuo avec figuration ostinato (ostinatobildungen). Partie vocale
tripartite.
BOMBA :
«…Bach décalque le texte d’une manière
particulièrement énergique… le premier vers
« Die Welt ist wie ein Rauch und Schatten »
est représenté en mouvements fugitifs d’allées
et venues…»
BOYER
[Les cantates sacrées de Jean-Sébastien Bach. :
« Basse avec obstinato, B.c. »
CANTAGREL
[Les cantates de J.-S. Bach, pages 800 à 806] :
«…Cette brève aria est constituée d’un
dialogue très serré entre la voix de basse et la basse
continue, toutes deux animées de figures que quatre ou huit
doubles croches, et de gammes montantes et descendantes de plus en
plus longues…»
FINSCHER :
« L’air de basse dépeint en images musicales
suggestives, l’essence éphémère du
monde ».
HIRSCH
[Die Zahl im Kantatenwerk Johann
Sebastian Bachs, page 22] : Le mot
„Welt“
est chanté à six reprises : symbolisme des six jours
de la création terrestre“. Renvoi au même thème
dans le mouvement 4 sur „Betörte
Welt“.
[Interprétation
symbolique des chiffres dans les cantates de Bach] :
« Le chiffre « 6 » est celui de la
création …»
KUIJKEN
: «…air de basse, avec continuo mais sans l’assistance
de l’orgue. Les formations ostinato sont ici plutôt
réduites…L’interprétation musical du mot
est au cœur de l’écriture. Les mots clé,
tels : besteht, bleibt, hält (soulignant l’idée
de persévérance, de continuité) sont illustrés
par de longues notes tenues, alors que des motifs descendants
soulignent le caractère fugitif des choses terrestres ».
NYS,
Carl de + Manfred Schreier : «…air de basse en si
mineur où les motifs descendants, les gammes rapides aussi,
s’opposent aux tenues exprimant la sécurité et le
repos…»
PIRRO
[L’Esthétique
de Jean-Sébastien Bach - La formation rythmique des motifs,
page 89] : « Bach joint constamment des sons
prolongés aux paroles qui éveillent des idées de
continuité, de persistance… Ici, sur les mots « An
den sich meine Seele hält
- Auquel mon âme
s’accroche
ferme ». [+
Exemple musical , BG. XXII, page 106].
[page
107] : « le motif de la fuite et de la prompte disparition”.
Motifs “flûtés et agiles » [+ Exemple
musical sur les mots« der
bald verschwindet - Qui ne tardent pas à se dissiper et à
disparaître ».
[+ Exemple musical, BG XXII, page 105]. Renvoi aux cantates BWV 25/4,
BG. V1,
page 179 et BWV 70/3, BG. XVI, page 346, sur le mot « fliehen »
.
ROMIJN :
«…la basse annonce que le monde disparaît comme un
souffle… on notera le délicieux motif sur « Rauch
– fumée »
SCHWEITZER
[J.-
S. Bach | Le musicien-poète - le langage musical des cantates,
page 234] : «…les
thèmes imagés… Ce sont des gammes qui dans l’air
illustrent le texte « Le
monde est comme une fumée et comme une ombre qui passe ».
Renvois aux thèmes des nuages (BWV 26), BWV 154) et les
« vagues, la navigation (BWV 56, 88, 202, 204, etc. ».
3]
CHORAL = REZITATIV TENOR. BWV 94/3
Choral
: DIE
WELT
SUCHT EHR
UND RUHM
/ BEI
HOCHERHABNEN LEUTEN.
|
Récitatif
: EIN
STOLZER
BAUT DIE PRÄCHTIGSTEN PALÄSTE,
/ ER
SUCHT DAS HÖCHSTE EHRENAMT,
/ ER
KLEIDET SICH AUFS BESTE / IN
PUPUR,
GOLD,
IN SILBER,
SEID
UND SAMT,
/ SEIN
NAME
SOLL FÜR ALLEN / IN
JEDEM TEIL
DER WELT
ERSCHALLEN. / SEIN
HOCHMUTS-TURM
/ SOLL
DURCH DIE LUFT
BIS AN DIE WOLKEN
DRINGEN, / ER
TRACHTET NUCH NACH HOHEN DINGEN
Choral
: UND
DENKT NICHT EIMAL DRAN, / WIE
BALD DOCH DIESE GLEITEN. |
Récitatif
: OFT
BLÄSET [W. Neumann : OP = „ Bläst
uns“]
EINE SCHALE LUFT
/ DEN
STOLZEN LEIB
AUF EINMAL IN DIE GRUFT,
/ UND
DA VERSCHWINDET ALLE PRACHT,
/ WORMIT
DER ARME ERDENWURM
/ HIER
IN DER WELT
SO GROßEN STAAT
GEMACHT. / ACH !
SOLCHER EITLER [W. Neumann : BG = „eitle“]
TAND
/ WIRD
WEIT VON MIR AUS MEINER BRUST
VERBANNT. |
Choral
: DIESW.
Neumann : Gesangbücher
/Livre de chant d‘époque + BG = „Das“]
ABER, WAS MEIN HERZ
/ VOR
ANDERM RÜHMLICH HÄLT, |
Récitatif
: WAS
CHRISTEN
WAHREN RUHM
UND RECHTE [W. Neumann : BG et OP = „wahre“]
EHRE
GIBET, / UND
WAS MEIN GEIST,
/ DER
SICH DER EITELKEIT
ENTREIßT, / ANSTATT
DER PRACHT
UND HOFFAHRT
LIEBET, |
Choral
: IST
JESUS
NUR ALLEIN, |
Récitatif
: UND
DIESER SOLLS AUCH EWIG SEIN. / GESETZT,
DAß MICH DIE WELT
/ DARUM
VOR TÖRICHT HÄLT: |
Choral
: WAS
FRAG ICH NACH DER WELT.
Le
monde cherche l’honneur et la gloire / Auprès des
puissants personnages. / Un présomptueux fait construire les
plus fameux palais, / Brigue les plus hauts honneurs, / S’habille
somptueusement / De pourpre, d’or, d’argent, de soie et
de velours. / Son nom doit retentir à toutes les oreilles /
Dans toutes les parties du monde. / La tour de son orgueil / Doit
s’élever jusqu’aux nuages. / Il ne vise qu’aux
grandes choses / Sans même songer / Combien celles-ci sont
éphémères. / Il arrive souvent qu’un
simple souffle de vent / Fasse basculer dans la tombe l’altière
enveloppe charnelle / Et voilà tout d’un coup disparue
toute magnificence / Et avec elle, le pauvre ver de terre / Qui avait
mené si grand train en ce monde. / Ah ! Loin de moi
soient bannies / Tant de vaines futilités. / Mais ce que mon
cœur / Tient pour plus glorieux que toute autre chose, / Ce qui
donne aux chrétiens véritable gloire et légitimes
honneurs, / Et ce que mon esprit / Qui se dérobe à la
vanité / Aime au lieu du faste et de la présomption /
C’est Jésus seul, / Et celui-ci doit éternellement
rester l’objet de mon amour. / Et même si le monde me
tient / A cause de cela pour insensé: / Que m’importe le
monde !
Strophe
3 du cantique de Kindermann, « farcie » d’un
récitatif intercalaire.
Mélodie.
Voir mouvement 1.
Sol
majeur (G Dur), 99 mesures, 3/8
BGA.
Jg. XXII. Pages 107 à 111 | RECITATIV und CHORAL. (Melodie :
« O Gott, du frommer Gott » in veränderter
Weise.) (de manière
variée) | Marqué Arioso.
| Oboe I. | Oboe II. | Tenore. | Organo e Continuo.
NEUMANN :
Choralbearbeitung. Forme de quatuor : Oboe (d’amore) I,
II, Tenor, B.c. Récitatif (battu à C) accompagnato.
Choral « tropé » au ténor.
BOMBA :
«…Les citations [du cantique] sont mises en relief en
arioso par rapport au texte libres… flanquées de deux
hautbois d’amour… la basse continue dessine de sa
manière habituelle, riche en émotions, les pensées,
comme l’inquiétude, le mépris ou l’outrage,
en lignes chromatiques descendantes…»
BOYER
[Les cantates sacrées
de Jean-Sébastien Bach]:
« Choral sur mélodie (MDC) 083 de type III et
récit. Cantus firmus « fleuri » au
ténor ».
BOYER
[Les mélodies
de chorals dans les cantates de J.-S. Bach] :
« L’élaboration [du choral] est de type III.
Il s’agit d’un récit tropé par des
citations de choral. Le ténor tient la partie vocale tandis
que deux hautbois d’amour et le continuo se voient confier des
parties indépendantes ».
CANTAGREL
[Les cantates de J.-S.
Bach, pages 800 à
806] : «…le choral est tropé par
interpolation, selon une vieille technique remontant au Moyen Âge.
C’est à dire qu’un commentaire intervient souvent
en interrompant le chant du choral pour en développer
l’enseignement…sur les deux hautbois, qui échangent
sur un mètre ternaire de caractère dansant, marqué
arioso
un motif quasiment galant…le choral est chanté par le
ténor, mais dans une très riche ornementation…
Le récitatif interrompt brusquement la scène sur un ton
de mécontentement, véhément et presque furieux,
aux intervalles disloqués, ponctué par les accords de
la basse et des deux hautbois. Reprise du choral orné, et
ainsi de suite ».
FINSCHER :
« Au moyen d’un mouvement dansant à 3/8 et
d’un accompagnement concertant de hautbois, le récitatif
transforme la mélodie en une figure dotée de séduction
« profane » à laquelle les vers
récitatifs de ton moralisateur donnent seuls le sens spirituel
auquel vise cette page »
HOFMANN
: « Dans le
solo pour ténor, les lignes du cantiques sont enchâssées
dans une texture accompagnatrice de deux hautbois d’amour, dans
le style d’un menuet heureux et plaisant…»
KUIJKEN
: «…Le troisième mouvement est un trope à
caractère de récitatif sur choral… le ténor
solo converse avec les deux hautbois et le continuo, pendant que
plusieurs passages du choral s’organisent en arioso propres ».
LEMAÎTRE :
«…un accompagnement original relève ce troisième
numéro : deux hautbois d’amour et le continuo
transforment les phrases de choral en épisodes concertants et
ponctuent par des accords, les passages en récitatif ».
MACIA
[Tout Bach,
pages 164/165] : « Comme dans d’autres
cantates-choral de cette époque, Bach intègre dans les
récitatifs des textes libres au milieu des citations du
choral. Celui du ténor est original en ce que deux hautbois
d’amour et un tempo dansant en 3/8 donnent un caractère
séduisant, presque profane, aux phrases tirées du
choral, tandis que, plus déclamatoires et seulement soutenus
par le continuo, les vers du texte libre prennent une forte tournure
de prêche moralisateur…»
NYS,
Carl de + Manfred Schreier : « Dans le premier
récitatif tropé, c’est le ténor qui chante
la mélodie en quatuor avec 2 hautbois et la basse continue…la
mélodie du cantique est très largement pourvue
d’ornements expressifs.. ;»
ROBERT :
« La cantate 94 (Pirro, page 164) renferme un récitatif
avec choral assez particulier du reste en « forme
variée ». La mélodie est celle du choral
O Gott, du frommer Gott.
Il est infiniment probable que le thème chromatique dont il
l’accompagne est dû aux premiers mots du texte :
« Le monde
se désole »
[ ?] ».
4]
ARIE ALT. BWV 94/4
BETÖRTE
WELT,
BETÖRTE
WELT !
/ AUCH
DEIN REICHTUM,
GUT
UND GELD
/ IST
BETRUG
UND FALSCHER SCHEIN.
| DU
MAGST DEN EITLEN MAMMON
ZÄHLEN, / ICH
WILL DAVOR MIR JESUM
WÄHLEN: / JESUS,
JESUS
SOLL ALLEIN / MEINER
SEELE
REICHTUM
SEIN. / BETÖRTE
WELT,
BETÖRTE WELT !
Monde
abusé, monde abusé ! / Tes richesses, tes biens,
ton argent / Ne sont aussi que duperies et fallacieuses apparences. /
Tu peux bien payer ton tribut au vain Mammon, / Moi, par contre,
c’est Jésus que je veux élire ; / Jésus,
Jésus seul doit être / La richesse de mon âme. /
Monde abusé, monde abusé !
Mouvement
4 = Libre poésie s’inspirant (Mammon) de la strophe 4 du
cantique de Kindermann.
Mi
mineur (e moll), 54 mesures, C
BGA.
Jg. XXII. Pages 111 à 115 | ARIE. | Flauto traverso. | Alto. |
Continuo.
Marqué
Allegro (mesures 28 à 33) sur « Du magst den
eitlen Mammon… Jesum wählen » - Marqué
« Adagio » (mesures 34-55) sur « Jesus,
Jesus, soll allein…betörte Welt ! ».
NEUMANN :
Forme trio. Flûte (à bec) Alto, B.c. Libre da capo.
BOMBA :
«…Bach profite de l’image du monde aveugle
« Bertöte Welt »… pour
gratifier la flûte traversière d’une partie en
obligé expressive… Une trille accompagne les
fallacieuses apparences « falscher Schein »,
des lignes mouvementés décrivent la richesse, des
harmonies risquées, les duperies « Betrug ».
Au moment où l’on compte le vain Mammon (eitlen
Mammon), le mouvement commence à s’agiter, on
entend littéralement les pièces de monnaie tinter dans
la partie jouée par la flûte. Ce nonobstant, la
gestuelle de ce morceau en mi mineur rappelle le « Benedictus »
de la Messe en si mineur ».
CANTAGREL
[Les cantates de J.-S. Bach, pages 800 à 806] :
«…Voix d’alto, mouvement adagio, tonalité
de mi mineur : tout annonce ici une déploration. Et voici
à nouveau la flûte, dans ses admirables égarements
tout autant incertaine dans la rythmique que dans les intervalles de
sa ligne mélodique, abondant en intervalles augmentés…
Reprise variée de la première section…»
FINSCHER :
« …morceau en mi mineur austère, exempt de
toute sensualité et rempli de rudesses harmoniques et
mélodiques ».
HIRSCH
[Die Zahl im Kantatenwerk Johann
Sebastian Bachs, page 22] : Les mots
„Betörte Welt“
sont chantés à six reprises dans la section A, puis
dans le da capo : (symbolisme des six jours de la création
terrestre“). Renvoi au même thème que dans le
mouvement 2 sur „Welt“.
HOFMANN
: «…La partie de flûte dans l’aria
d’alto « Betörte Welt »
atteste de la virtuosité remarquable du flûtiste inconnu
sur un instrument qui était encore une nouveauté…»
KUIJKEN
: «…l’air d’alto est particulièrement
charmeur avec sa partie de flûte concertante obligée.
Tout laisse à penser que Bach disposait d’un flûtiste
exceptionnel. Dans l’Adagio comme dans le court Allegro,
la partie instrumentale extrêmement active semble se livrer à
un duel avec la partie vocale. Là aussi apparaissent des
éléments d’illustration littérales du
texte : intervalles diminués ou augmentés et
fausses relations pour caractériser les mots « ist
betrug und falscher Schein – n’est que tromperie et
faux-semblant ».
LEMAÎTRE :
«…le monde sombre des fallacieuses apparences
représentées par les scintillements des arabesques des
instruments à vent…»
MACIA
[Tout Bach,
pages 164/165] : « Un mi mineur rugueux, sans
enjolivements avec les phrases tourmentées de la flûte
solo, caractérise l’aria d’alto, qui donne une
impression de désolation. La soliste souligne combien les
richesses d’ici-bas ne sont que « duperies et
fallacieuses apparences…»
NYS,
Carl de + Manfred Schreier : «…magnifique aria en
mi mineur… avec ses étonnantes modulations dérivées
du texte et l’émouvante partie centrale aux tierces et
sixtes parallèles lorsqu’il est question du « repos
en Jésus ».
PIRRO
[L'esthétique de
Jean-Sébastien Bach - Formation des motifs, pages
57/58] : «…Les mots qui désignent la folie
sont liés aussi à des formules mélodiques
dissonantes. Ainsi dans la cantate Was
frag ich nach der Welt,
les mots « betörte
Welt - monde
insensé »
sont accompagnés d’un motif contourné qui module
par soubresauts… » [+ Exemple musical sur ces mots.
BG. XXII, pages 111 et 115]. Renvoi à la cantate BWV 111/3.
[Citation
classique de „Mammon“, comme dans les cantates.
BWV 18/3, BWV 105/5 et
BWV 168/4].
5]
CHORAL + REZITATIV BAß. BWV 94/5
Choral
: DIE WELT BEKÜMMERT SICH. |
Récitatif
: WAS
MUß DOCH WOHL DER KUMMER
SEIN ? / O
TORHEIT !
DIESES MACHT IHR PEIN
: |
Choral
:
IM
FALL
SIE WIRD VERACHTET. |
Récitatif
:
WELT,
SCHÄME DICH ! / GOTT
HAT DICH JA SO SEHT GELIEBET, / DAß
ER SEIN EINGEBORNES KIND
/ VOR
DEINE SÜND
/ ZUR
GRÖßTEN SCHMACH
UM DEINE EHRE
GIBET, / UND
DU WILLST NICHT UM JESU
WILLEN LEIDEN ? / DIE
TRAURIGKEIT
DER WELT
IST NIEMALS GRÖßER, |
Choral
: ALS
WENN MAN IHR MIT LIST
/ NACH
IHREN EHREN
TRACHTET. |
Récitatif
: ES
IST JA BESSER, |
Choral
: ICH
TRAGE CHRISTI
SCHMACH,
/ SOLANG
ES IHM GEFÄLLT. |
Récitatif
: ES
IST JA NUR EIN LEIDEN
DIESER ZEIT,
/ ICH
WEIß GEWIß, DASS MICH DIE EWIGKEIT
/ DAFÜR
MIT PREIS
UND EHREN
KRÖNET ; / OB
MICH DIE WELT
/ VERSPOTTET
UND VERHÖHNET, / OB
SIE MICH GLEICH VERÄCHTLICH HÄLT, |
Choral
: WENN
MICH MEIN JESUS
[W. Neumann : Gesangbücher
/ Livre de chant de l‘époque = „Heiland“]
EHRT: / WAS
FRAG ICH NACH DER WELT !
Le
monde t’inquiète.
Que peut bien être son inquiétude ! / O folie !
ce qui fait son tourment, / C’est de risquer connaître le
dédain / O monde, tu devrais avoir honte ! / Dieu t’a
aimé au point / De te donner, pour l’ignominie de ton
honneur, / Son propre fils afin de racheter tes péchés
/ Et tu n’es pas disposé à souffrir pour l’amour
de Jésus ! / La tristesse du monde n’est jamais
plus grande / Que lorsque par la ruse, / Vous aspirez à vos
honneurs. / Il vaut bien mieux / Que je porte l’humiliation du
Christ / Aussi longtemps qu’il plaît. / Cette souffrance
n’est en effet limité qu’à la durée
de cette existence / Et j’ai la certitude que l’éternité
m’en récompensera / En me couronnant de louanges et
d’honneurs. / Que le monde / Me bafoue et me raille, / Qu’il
me tienne pour méprisable, / Si mon Jésus m’honore:
/ Que m’importe le monde !
Mouvement
5 = la strophe 5 du cantique « farcie » d’un
récitatif intercalaire. [Ici, une allusion précise à
l’évangile de Jean 3, 16 « Dieu
t’a tant aimé qu’il a donné son fils
unique… [PBJ.
1587].
Mélodie,
voir mouvement 1.
Sol
majeur (G Dur) → Ré majeur (D Dur), 27 mesures, C
BGA.
Jg. XXII. Pages 115/116 | RECITATIV und CHORAL. | (Melodie :
« O Gott, du frommer Gott » in veränderter
Weise.) (de manière
variée). | Marqué Adagio.
| Basso. | Organo e Continuo.
NEUMANN.
Choralarioso et secco alterné (choral tropé
=Choraltropierung).
BOYER
[Les cantates sacrées de Jean-Sébastien Bach]:
« Choral et récit. Le cantus firmus à la
voix de basse, arioso et secco alternés ».
BOYER
[Les mélodies de chorals dans les cantates de J.-S.
Bach] : « Choral sur mélodie (MDC) 083 de
type III. L’élaboration est du même type que celle
du mouvement 3. Le récit ici confié à la voix de
basse est tropé de citations chorales mais seul le continuo se
charge de l’accompagnement ».
CANTAGREL
[Les cantates de J.-S. Bach, pages 800 à 806] :
«…comme la troisième, cette cinquième
strophe du choral de Kindermann est interrompue par une glose de
commentaire. Seul le soutien de la basse continue avec l’orgue,
le choral y est à nouveau richement orné, tandis que le
continuo se répand en phrases descendant chromatiquement,
archétype des figuralismes de la tristesse. Le choral est
énoncé lentement, dans un tempo marqué adagio,
presque mystérieux
FINSCHER :
«…le récitatif reprend,, avec le plus grand
effet, la technique de la paraphrase affective de la mélodie
chorale dont Bach avait fait l’essai dans la cantate BWV 93…»
HOFMANN
: «…Dans le récitatif pour basse…
les lignes du cantique sont appesanties par une ligne chromatique à
la basse, une allusion aux mots-clés « Kummer
- souci », « Pein - peine »,
« leiden - souffrir » et
« Traurigkeit - tristesse ».
KUIJKEN
: «…Nouveau trope à caractère de récitatif
sur un choral mais chanté par la basse. Les motifs
chromatiques du continuo qui épousent les citation du choral
apportent à ce mouvement une couleur originale ».
MACIA
[Tout Bach,
pages 164/165] : «…le second récitatif-choral
est confié à la basse et au continuo : Bach y
multiplie les effets illustratifs sur le texte libre et sur les
phrases du choral…»
PIRRO
[L’Esthétique
de Jean-Sébastien Bach - Le commentaire de l’accompagnement
instrumental, pages
163/164] : « Prise dans une acception générale
de thème de tristesse, la suite chromatique descendante paraît
dans l’accompagnement du récit de basse avec choral de
la cantate BWV 94, pour dire la préoccupation qui obsède
le monde, jaloux de son renom, et inquiet de sa gloire ».
6]
ARIE TENOR. BWV 94/6
DIE
WELT
KANN IHRE LUST
UND FREUD,
/ DAS
BLENDWERK
SCHNÖDER ETEILKEIT,
/ NICHT
HOCH GENUG ERHÖHEN.
| SIE
WÜHLT, NUR GELBEN KOT
ZU FINDEN, / GLEICH
EINEM MAULWURF
IN DEN GRÜNDEN
/ UND
LÄßT DAFÜR DEN HIMMEL
STEHEN.
Le
monde ne saurait pousser trop loin / Sa convoitise et sa soif des
plaisirs, / Illusion d’une indigne vanité. / Semblable à
une taupe dans les profondeurs de la terre. / Il ne cesse de fouiller
pour ne trouver qu’un peu de boue jaune / Et en oublie le ciel.
Libre
poésie inspirée par la strophe 6 du cantique de
Kindermann.
La
majeur (A Dur), 84 mesures, C, - Orgue = 12/8
BGA.
Jg. XXII. Pages 117 à 123 | ARIE. | Violino I. | Violino II. |
Viola. | Tenore. | Continuo ed Organo. | Dal
Segno (mesures
instrumentales 2 à 9).
NEUMANN.
Partie de cordes. Libre da capo.
BASSO
[Jean-Sébastien
Bach]
: Rythme de danse.
BOMBA :
«…L’air de ténor prend un caractère
dansant dès le vers d’introduction…»
KUIJKEN
: «…air confié au ténor est en la majeur
et se balance sur une mesure à 12/8 très pastorale. Il
est soutenu par des accords des instruments à cordes ».
CANTAGREL
[Les cantates de J.-S.
Bach, pages 800 à
806] : «…puisque cette aria commence par rappeler
les séductions de la vie terrestre, Bach la traite sur un
mètre à 12/8, dans le genre d’une pastorale qui
pourrait paraître issue d’une cantate profane… le
mot « erhöhen
– élever
trop haut »
ne manque pas de prêter à un figuralisme de vocalises
animées. Dans la brève section médiane, au
contraire, la déclamation syllabique dépeint
littéralement l’artisanat forcené de l’homme
creusant la terre. Reprise modifiée de la première
section (A) et de la ritournelle ».
FINSCHER :
«…air, à première vue [avec le suivant ,
n° 7] par trop profane, car il semble plutôt communiquer la
joie terrestre, s’exprimant en accents relâchés de
danse … sonorité franchement opulente et massive des
cordes (en comparaison de l’instrumentation du reste de la
cantate) et de l’incessante motricité rythmique et
mélodique de l’air en la majeur
HOFMANN
: «…
captivante aria pour ténor où la voix illustre « Lust
und Freud… »
avec vigueur et de brillantes coloraturas… »
LEMAÎTRE :
«…le caractère dansant de l’accompagnement
des cordes s’oppose à la teneur du texte…»
MACIA
[Tout Bach,
pages 164/165] : «…la voix [du ténor] sans
cesse en mouvement et agreste du chanteur s’oppose à la
massivité des cordes, symbolisant sans doute la vanité
et la fange du monde auxquelles fait allusion le poème…»
NYS,
Carl de + Manfred Schreier : « Aria pour ténor
et cordes à quatre temps évoquant irrésistiblement
le rythme de la danse…»
ROMIJN :
«…l’aria de ténor célèbre le
« Lust und
Freud – plaisir et joie
» que le texte dénonce pourtant comme « Eitelkeit
– vanité »… »
7]
ARIE SOPRAN. BWV 94/7
ES
HALT ES MIT DER BLINDEN WELT,
/ WER
NICHTS AUF SEINE SEELE
HÄLT, / MIR
EKELT VOR DER ERDEN.
/ ICH
WILL NUR MEINEM JESUM
LIEBEN / UND
MICH IN BUß
UND GLAUBEN
ÜBEN, / SO
KANN ICH REICH UND SELIG WERDEN.
Il
ne fait qu’un avec ce monde aveugle, / Celui qui ne se soucie
pas de son âme ; / Cette terre me fait horreur, / Je ne
veux qu’aimer que mon Jésus, / M’exercer à
la pénitence et à la foi. / Ainsi je serai riche et je
connaîtrai la félicité.
Libre
poésie d’un auteur inconnu.
Fa
dièse mineur (fis), 58 mesures, C
BGA.
Jg. XXII. Pages 124 à 127 | ARIE. | Oboe d’amore solo. |
Soprano. | Continuo.
NEUMANN.
Forme trio (Triosatz) : Oboe d’amore, Sopran, B.c.
Caractère de « bourrée ». Libre
da capo.
CANTAGREL
[Les cantates de J.-S.
Bach, pages 800 à
806] : «…Suivant une même coupe à da
capo, ABA’ avec
ritournelle, ce dernier air est lui aussi teinté des accents
de la vie du monde, puisqu’il commence comme une bourrée…
Voici donc une charmante bourrée, qui fait briller en soliste
le hautbois d’amour sur le continuo (sans l’orgue, ici)…
FINSCHER :
«…le renoncement au monde dans la tonalité de fa
dièse mineur, apporte à la fois un contraste…
qui dans sa section médiane, recourt aux tonalités d’ut
dièse mineur et de la majeur… pour exprimer la
consécration de l’individu à Jésus…»
HOFMANN
: «…Aria
dansante pour soprano… où le hautbois d’amour,
comme si souvent chez Bach, est utilisé en accord avec son nom
qui convient bien aux paroles « Ich
will nur meinem Jesum lieben ».
KUIJKEN
: «…trio avec hautbois d’amour riche en syncopes
…contraste avec l’air précédent ».
LEMAÎTRE :
«…air orné d’une partie de hautbois d’amour
solo et qui apporte la certitude que seul Dieu est aimable…»
MACIA
[Tout Bach,
pages 164/165] : «…aria plus « guillerette »
[que le mouvement précédent] avec son hautbois
d’amour concertant : une véritable invite à
la félicité qui se prépare…»
ROMIJN :
«…La dernière aria, confiée à la
soprano, offre un aspect assez sévère quand bien même
une partie centrale adoucit le propos…»
8]
CHORAL. BWV 94/8 (2
Strophen).
WAS
FRAG ICH NACH DER WELT !
/ IM
HUI MUß SIE VERSCHWINDEN. / IHR
ANSEHN
KANN DURCHAUSS / DEN
BLASSEN TOD
NICHT BINDEN. | DIE
GÜTER
MÜSSEN FORT, / UND
ALLE LUST
VERFÄLLT ; | BLEIBT
JESUS
NUR BEI MIR: / WAS
FRAG ICH NACH DER WELT !
WAS
FRAG ICH NACH DER WELT !
/ MEIN
JESUS
IST MEIN LEBEN,
/ MEIN
SCHATZ,
MEIN EIGENTUM,
/ DEM
ICH MICH GANZ ERGEBEN, | MEIN
GANZES HIMMELREICH,
/ UND
WAS MIR SONST GEFÄLLT. / DRUM
SAG ICH NOCH EINMAL : / WAS
FRAG ICH NACH DER WELT !
Que
m’importe le monde ! / Il est condamné à
disparaître en moins que rien, / Son éclat ne peut
nullement / Faire reculer la mort livide. / Les biens doivent périr
/ Et tout plaisir s’évanouir ; / Si seulement jésus
reste à mes côtés. / Que m’importe ce
monde !
Que
m’importe ce monde ! / Mon Jésus est ma vie, Mon
trésor, mon bien. / A lui je me suis donné tout entier,
/ Il est tout mon royaume céleste / Et tout ce qui est
susceptible de me plaire. / Aussi ne puis-je que répéter
: / Que m’importe le monde !
Ce
sont les strophes 7 et 8 du cantique de Was
frag ich nach der Welt
(1664) de Balthasar Kindermann.
Mélodie,
voir le premier mouvement. On la retrouve dans les cantates BWV 45/7,
64/4, 128/5, 129/1 et 5, 197a/7 et BWV 398.
Ré
majeur (D Dur), 16 mesures, C
BGA.
Jg. XXII. Pages 127/128 | CHORAL. (Melodie : « O
Gott, du frommer Gott ») | Soprano. / Flauto traverso in
8va.
Oboe I. Violino I. col Soprano. | Alto. / Oboe II. Violino II. coll’
Alto. | Tenore. / Viola col Tenore. | Basso. | Organo e Continuo.
NEUMANN :
Simple choral homophone harmonisé (instrumentation comme dans
la première section [1]. Renvoi à la cantate BWV 64/4
(variante in BG XVI, page 372).
BASSO
[Jean-Sébastien
Bach, volume 2, pages
271, note 10 pages 833/834] : «…transfert (parodie) du
choral 64/4 vers BWV 94/8 (texte et mélodie identiques…»
BOMBA :
« Le choral comprend deux strophes… le morceau
contient une partie particulièrement virtuose à
laquelle la flûte traversière s’adonne avec
joie ».
BOYER
[Les cantates sacrées
de Jean-Sébastien Bach]
: « Simple choral harmonisé sur mélodie
(MDC) 083 de type I ».
BOYER
[Les mélodies
de chorals dans les cantates de J.-S. Bach] :
« choral simplement harmonisé avec instruments
colla parte
dans la même instrumentation que le mouvement 1 ».
CANTAGREL
[Les cantates de J.-S.
Bach, pages 800 à
806] : «…harmonisation verticale, les voix doublées
par les instruments, les cordes pour les quatre parties, les deux
hautbois pour soprano et alto, et le soprano renforcé par la
flûter traversière, jouant à l’octave
aiguë ».
HOFMANN
: « La
cantate se termine avec les deux dernières strophes du
cantique en simple arrangement à quatre voix. L’attrayante
mélodie du cantique en tonalité majeure pourrait avoir
contribué au fait que les paroles de rejet de la vie terrestre
dans la cantate de Bach ne sont pas présentées sur des
notes excessivement sombres…»
KUIJKEN
: «…simplicité du choral dans une écriture
principalement harmonique ».
SCHMIEDER :
« Une copie manuscrite de ce choral final se trouve inclus
dans les parties sépares de la cantate BWV 64 ».
[choral
en deux strophes. Renvoi par exemple à la cantate BWV 43/11].
BIBLIOGRAPHIE BWV 94
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n° 10 : 371 Vierstimmige
Choragesänge. C.
Ph. E. Bach – KJ. Ph. Kirnberger
(sans date). N° 84 (311).
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Notice de l’enregistrement d’Helmuth Rilling ((Laudate
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des moyens et du style en générale des versions
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Verzeichnis der Werke Joh. Seb. Bachs (BWV).
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Wolff; Terry; Schering; Neumann
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Foestich 1967, 8e
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allemande complète, en deux volumes. 1911.
Édition
américaine (traduction de E. Neumann). Dover Publications,
inc. New York. 1911-1966.
Volume
2, pages 77, 355, 356, 23 et 462 (note)
SPITTA,
Philipp : Johann
Sebastian Bach.
Sous-titré
: « His
work and influence on the Music of Germany 1685-1750 »
Novello
& Cy 1889 - Dover 1951-1952. Trois volumes. Volume 3, pages 90/91
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Breitkopf &
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ZWANG,
Philippe et Gérard : Guide
pratique des cantates de Bach.
R. Laffont 1982. K 82, page 155
Réédition
révisée et augmentée. L’Harmattan 2005
DISCOGRAPHIE BWV 94
BACH
CANTATAS WEBSITE :
Discographie
établie par Aryeh Oron. Elle est ici proposée sous une
forme sensiblement allégée avec, parfois, quelques
précisions relatives aux références et aux
dates. Les numéros 1] et suivants indiquent l’ordre
chronologique de parution des enregistrements.
Huit
référence (août 2001 – octobre 2010) + huit
mouvements individuels (août 2001 – février 2008).
Exemples
musicaux. Aryeh Oron (avril 2003 – janvier 2005).
*7]
GARDINER. Volume I. Cantates pour le 9e
dimanche après la Trinité. Katharine Fuge : soprano.
Daniel Taylor : Contre-ténor. James
Gilchrist
: ténor. Peter Harvey : basse. Bach Cantata Pilgrimage, 19 et
20 août 2000 : Cathédrale Saint-Nicolas, Merano (I).
Durée
: 26’13. CD Archiv Produktion 463590 - 2. Avec les cantates BWV
105 et 168
*3]
GESSENEY, Christophe. Chœur du 8ème
stage Musique-Montagne + Ensemble instrumental.
Enregistrement
“Live”, Stage aux “Diablerets” (CH). Juillet
1999.
CD
Delos 16504. Avec le Magnificat
BWV 243a
2]
HARNONCOURT. Tölzer Knabenchor. Concentus Musicus Wien. 1979.
Soprano (jeune garçon) : Wilhelm Wiedl. Paul Esswood : Alto.
Kurt
Equiluz : ténor. Philippe Huttenlocher : basse. Durée
: 24’45.
Disque
Teldec 6. 35441-00-501-503. 1979. / Das
Kantatenwerk. Coffret
de deux CD, volume 23
CD
(D). Teldec 4509 91759-2. Das
Kantatenwerk - Sacred cantatas.
Volume 5 (coffret de 6 CD). Avec les cantates BWV 79 à 99
CD
Teldec 2292-42582- 2 ZL. 1979-1989. Volume 23.
Reprise
Bach 2000.
Teldec, volume 2. Coffret de 15 CD. Septembre 1999. Cantates 48 à
52. 54 à 69. BWV 69a. BWV 70 à 99
Reprises
CD Warner Classics 8573
81181- 5. Intégrale
en CD séparées, volume 29. 2007.
4]
KOOPMAN (volume 11). Amsterdam Baroque Orchestra & Choir. Sibylla
Rubens : soprano. Annette Markert : alto.
Christoph
Prégardien : ténor. Klaus Mertens : basse. Waalse Kerk.
Amsterdam, octobre 1999. Durée : 24’58
CD
Erato 8573-80215-2.
2001 Reprise CD Antoine Marchand Challenge. Avec les cantates BWV 127
et 5
5]
KUIJKEN. La Petite Bande. Pas de chœur. Midori Suzuki :
soprano. Magdalena Kozena : Mezzo-soprano. Knut Schoch :
ténor. Jan van
der
Crabben : basse. Athènes (G), les 20-22 Novembre 1999.
Durée : 26’21
CD
Deutsche Harmonia Mundi 05472 77528 2. 2001. Avec les cantates BWV 9
et 187
6]
LEUSINK. Holland
Boys Choir / Netherlands Bach Collegium. Soprano : Marjon Strijk.
Sytse Buwalda : alto. Nico van der Meel : ténor.
Bas
Rameselaar : basse. Église Saint-Nicolas d’Elburg (NL).
Novembre – décembre 1999. Durée : 27’26
Bach
Edition. 2000. CD Brilliant Classics. Volume 11. Cantates, volume 5.
Avec les cantates BWV 115 et 55
Bach
Edition. 2006. CD Brilliant Classics III - 93102
24/70. Avec les cantates BWV 115 et 55
Cette
édition 2006 a fait l‘objet en 2010 d‘une nouvelle
édition „augmentée“: 157 CD comprenant, les
partitions et 2 DVD proposant
les
Passions (saint jean et saintMatthieu).
1]
RILLING. Gächinger Kantorei Stuttgart. Bach-Collegium Stuttgart.
Helen Donath : soprano. Else Paaske : alto. Aldo Baldin : ténor.
Hanns-Friedrich
Kunz : basse. Gadächtniskirche Stuttgart. Janvier,
février et juin 1974. Février 1984
Durée :
28’51. Disque (D) Die
Bach Kantate. Hänssler
Verlag. Classic. Laudate 98673. 1976. Avec la cantate BWV 181
Disque
(F). Erato STU 70938. Les
grandes cantates.
(volume 5). 1976. Avec la cantate BWV 181
CD.
Die
Bach Kantate
(volume 46) Hänssler Classic. Laudate 98899. 1982.
Avec
les cantates BWV 46 et 179
CD.
Hänssler edition bachakademie
(volume. 30). Hänssler-Verlag 92.030. 1999
8]
SUZUKI (volume 22). Bach Collegium Japan. Yukari Nonoshita :
soprano. Robin Blaze : Contre-ténor. Jan Kobow :
ténor. Peter Kooy :
basse.
Kobe
Shoin Women’s University Chapel : 19-23 avril 2002. Durée
: 27’14
CD
BIS 1321. 2003. Avec les cantates BWV 7 et 20
MOUVEMENTS INDIVIDUELS BWV 94
M-1.
Mvt. 4] Bach Aria Group. W. H. Scheide. Milieu des années
1950. Disque Decca records. DL 79405.
M-2.
Mvt 1] Hans Pflugbeil. Greifswalde Bach Tage Choir. Bach-Orchester
Berlin. Disque, fin des années 1950 ou 1960
Report
CD Baroque Music Club. Soli Deo Gloria, volume 6.
M-3.
Mvt. 4] Aria for Alto : Ressa Koleva (+ orgue, hautbois, flûte).
Disque Balkanton BKA-10998. Bulgarie, mars 1982.
M-4.
Mvt. 7] Air pour soprano. Elly Ameling (+ hautbois d’amour,
orgue et violoncelle). Juillet 1983. CD EMI Classics.
M-5.
Mvt. 7] Air pour soprano : Yolanda Marculescu. (Hautbois,
violoncelle et harpe). CD Electrecord ST-ECE 04096. 1988
M-6.
Mvt. 8] Nicol Matt. Nordic Chamber Choir / Soloists of the Freiburger
Barockorchester. Bach Edition, volume 17. Chœurs volume II.
CD
Brilliant Classics / Bayer Records. Juin 1999
Reprise
Brilliant Classics. Chamber
Choir of Europe. Volume
V : Chorals. 2006 CD 93102 28/134
M-7.
Mvt. 7] Air pour soprano : Ruth Rosique (+ Hautbois d’amour,
positif, basson et contrebasse). CD Ars Armonica. Octobre 2000.
M-8.
Mvts 1 et 2] Transcriptions pour piano (volume 6).. Jonathan
Plowright. CD Hyperion Juillet 2005.
C.
Role. Avril 2011
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