AVERTISSEMENT
Cette
notice dédiée à une cantate de Bach tend à
rassembler des textes, des notes (essentiellement
de langue française),
voire des critiques discographiques souvent introuvables ou
difficilement accessibles aujourd’hui (2011). Le but est de
donner à lire un ensemble cohérent d’informations
et de proposer aux amateurs et mélomanes francophones un
panorama élargi et espéré parfois inédit
de cette partie de l’œuvre vocale de Bach. Outre les
quelques interventions « CR » identifiées
par des parenthèses [...] le rédacteur précise
qu’il a toujours pris le soin jaloux de signaler sans ambiguïté
le nom des auteurs sélectionnés. A cet effet il a
indiqué clairement, entre guillemets «…»
toutes les citations fragmentaires tirées de leurs travaux.
Rendons à César...
ABRÉVIATIONS
(A)
= la majeur
(B)
= si bémol majeur
BB
/ SPK = Bach Bibliothek / Staatsbibliothek
Preussicher
Kulturbesitz
B.c.
= Basse continue ou continuo
BCW
= Bach Cantatas Website
BD
= Bach-Dokumente (4 volumes, 1975)
BG
= Bach-Gesellschaft = Société Bach (Leipzig,
1851-1899). J. S. Bach
Werke. Gesamtausgabe
(édition d’ensemble) der
Bachgesellschaft
BJ
= Bach-Jahrbuch
(C)
= ut majeur. (c) = ut mineur
D
= Deutschland
(D)
= Ré majeur – (d) = ré mineur
(E)
= (mi – (Es) = mi bémol majeur
EKG
= Evangelisches
Kirchen-Gesangbuch.
(F)
= fa
(G)
= Sol majeur. (g) = sol mineur
GB
= Grande Bretagne / Angleterre
(H)
= si
NBA
= Neue Bach Ausgabe (nouvelle publication de l’œuvre de
Bach à partir des années 1954-1955)
NBG
= Neue Bach Gesellschatf = Nouvelle société Bach
(fondée en 1900)
Ost
= Original Stimmen
P
= Partition = Partitur
PBJ
= Petite Bible de Jérusalem
PKB
= Preußicher Kulturbesitz, Staatsbibliothek, Berlin
St.
= Parties séparées = Stimmen
La
première lettre -en gras- d’un mot du texte de la
cantate indique la majuscule de la langue allemande. Dans le corps de
ce même texte allemand, le mot ou groupe de mots mis en
italiques
désignent un affect particulier ou un « accident
remarquable.
DATATION BWV 65
Leipzig,
Fête de l’Épiphanie, le jeudi 6 janvier 1724.
HERZ :
6 janvier 1724.
HIRSCH
: Classement CN 64 (Die chronologisch Nummer). I. Jahrgang. Première
année des cantates de Leipzig, période allant du 30 mai
1723 au 4 juin 1724.
Chronologie
(Alfred Dürr) 1723 : BWV 40 (26 décembre 1723) - BWV 64
(27 décembre 1723) - BWV 190 (Nouvel An 1724) - 1724 :
BWV 153 (2 janvier, le premier dimanche après le jour de l’An
1724) - *BWV 65 (Épiphanie, 6 janvier 1724) - BWV 154 (9
janvier) - BWV 155 (16 janvier) et BWV 73 (23 janvier).
NYS,
Carl de : «…La première époque festivale
que Bach eut à illustrer par sa musique après sa
nomination au poste de Cantor de l’église Saint-Thomas à
Leipzig, ce fut le temps allant de Noël à l’Épiphanie,
1723-1724. Il le fit de manière grandiose et qui nous confond
encore : il créa en treize jours le grand Magnificat
en mi bémol avec chœurs intercalaires BWV 243a, le
Sanctus en ré BWV 238 et six cantates imposantes qui comptent
parmi les chefs d’œuvre les plus éclatants,
débutant par la cantate BWV 63. Ce cycle impressionnant se
termina le 6 janvier 1724 par la cantate BWV 65 ».
[Cantates
à Saint-Thomas,
page 99] : « Cantate parmi les plus justement et les plus
universellement célèbres de Jean-Sébastien. Elle
date très exactement de la première année du
cantorat de Leipzig et fut donnée à Saint-Thomas le 6
janvier 1724 ».
POUGET
: « C’est une cantate pour le fête de
l’Épiphanie et l’on peut avancer qu’elle fut
chantée pour la première fois dans l’église
Saint-Thomas, le 6 janvier 1724 ».
SCHMIEDER.
SPITTA : Leipzig 1724.
SOURCES BWV 65
PARTITION
AUTOGRAPHE = ORIGINALPARTITUR
Mus.
ms. Bach
BB P 147 .Deutsche
Staatsbibliothek, Berlin.
BASSO
[Jean-Sébastien
Bach, volume 1, page
39] : « L’autographe de cette cantate fit partie de
l’héritage de Carl Philipp Emanuel Bach dont le
catalogue fut publié à Hambourg en 1790 par Gottlieb
Friedrich Schniebes sous le titre « Verzeichniss
des musikalischen Nachlasses des verstorbenen Cappelmeisters Carl
Philipp Emanuel Bach ».
Il comportait, entre autre, 86 cantates sacrées.
[tome
II, page 248] : Cantate titrée « Concerto ».
BG.
(Rust 1868) : La partition originale est à la
Bibliothèque royale de Berlin, sous couverture mais sans
titre. En possession du Bach de Hambourg, elle a transité par
la Berliner Singakademie.
On
lit sur la partition, d’une écriture inconnue : « J.J.
Festo Epiphan : Concerto à 2 Cors de chasse, 2 Hautb :
da Caccia, due Fiauti, 2 Violini e Viola con 4 Voci »
HERZ :
Filigrane « IMK ».
SUZUKI :
«…Le seul matériel existant de cette cantate est
la partition complète de la main de Bach ; les parties
originales ont été perdues…»
SCHMIEDER
: Huit feuilles et 16 pages de musique in 4°. Autographe.
Fac-similé dans la BGA (Bach Ausgabe). 1868.
PARTIES
SÉPARÉES = ORIGINALSTIMMEN
Les
parties originales sont perdues.
ÉDITIONS
SOCIÉTÉ
BACH
= BACH-GESELLSCHAFT
(BG)
BG.
Jg. XVI (16e
année). Pages 135 à 166. Préface de Wilhelm Rust
(1868). Cantates BWV 61 à 70 et Anhang 69a).
NOUVELLE
ÉDITION BACH =
NEUE BACH AUSGABE
(NBA)
KANTATEN
SERIE I / BAND
5. KANTATEN ZUM EPIPHANIASFEST BIS ZUM 2 SONNTAG NACH EPIPHANIAS.
Bärenreiter
Verlag BA 5043. 1975-1976. 5 fac-similés.
BWV
65. Pages 3 à 47. Bl. 1 der autographen Partitur. Preußicher
Staatsbibliothek, Berlin West. Mus.
ms. Bach P
147. Début [1] et [2]
Bl.
1 der autographen Partitur. Preußicher Staatsbibliothek,
Berlin/West. Mus.
ms. Bach
St 70.
Avec
les cantates BWV 154, 124, 32, 155, 3 et 13.
Kritischer
Bericht (commentaires). BA 5043 41. Marianne Helms 1975. KB 1976.
[Partition
de la Neue Bach Ausgabe [NBA] dans l’enregistrement Teldec /
Das Kantatenwerk
/ Harnoncourt, volume 17. 1977].
AUTRES ÉDITIONS
BÄRENREITER
classics. | Bach | Bärenreiter Urtext.
Sämtliche
Kantaten 2.
Bärenreiter TP 1282. 2007.
Serie
I. Band 5. Kantaten Zum Epiphaniasfest an zum 2 Sonntag nach
Epiphanias.
Herausgegeben
: Marianne Helms. 2007.
BWV
65. Pages 1 à 46. Bärenreiter-Verlag. Kassel. 1975.
BCW.
Partition BGA + Réduction chant et piano.
BREITKOPF
& HÄRTEL. Partition = PB 2915. Parties séparées
(orchestre, orgue (B. Irrgang) et clavier (Max Seiffert) = OB 2222.
Partition du chœur (Chorstimmen) = ChB 1393.
[Une
édition française de la cantate BWV 65 a été
réalisée, à partir de la partition Breitkopf &
Härtel, par Gustave Bret. [voir J.
S. Bach, Albert
Schweitzer, tome II, note de la page 37]. Gustave Bret (1875-1969),
élève de Widor et de d’Indy fut à la fois
compositeur, musicologue, organiste de l’église
Saint-Sulpice et dirigea la Société Bach française
au début du XXe
siècle.
2011.
Partition ( 32 pages) = PB 4565. Réduction chant et piano (28
pages) = EB 7065. Parties séparées (5) = OB 4565.
Partition du chœur (Chorstimmen), 12 pages = ChB 4565.
CARUS.
Stuttgarter Bach-Ausgaben. Partition (72 pages) Die Bach Kantate.
Partitur = Carus 31.065/00. Partition d’étude
(Studienpartitur) = 31.065/07. Réduction chant et piano
(Klavierauszug) = 31.065/03. Partition du chœur (Chorstimmen) =
31.065/05. Harmonie (flûtes, hautbois et cor) Harmoniestimmen =
31.065/09. Parties séparées = 31.065/11 à 14.
KALMUS
STUDY SCORES.
N° 822. Volume XVIII. New York 1968. Cantates BW 63 à 65.
EULENBURG.
Edition Eulenburg. Partition de poche n° 1019. Notice de Arnold
Schering, 1930.
PETERS.
Nr. 886. 1970. D’après la révision d’Arnold
Schering.
PÉRICOPE BWV 65
Épiphanie
1724. « Épiphanie signifie « manifestation,
apparition, révélation. A son origine, cette fête
avait à peu près le même objet que celle de
Noël : elle célébrait l’avènement
et l’apparition de l’Homme-Dieu. Mais, Noël ayant
été spécialement consacré à la
Nativité du Seigneur, à son apparition dans l’humilité
de la nature humaine, l’Épiphanie devint la
commémoration des trois grandes « théophanies »
ou manifestation de la divinité du Christ ; l’adoration
des Mages, le baptême dans le Jourdain et le miracle aux noces
de Cana. La liturgie de la fête retient avant tout la venue et
l’adoration des Mages, où elle voit la vocation au salut
de l’humanité entière…»
Épître
: Isaïe 60, 1 à 6 [PBJ. 1176]. L’éclatante
résurrection de Jérusalem : « Lève-toi,
resplendis, Jérusalem, car ta lumière est apparue et la
gloire du Seigneur s’est levée sur toi…»
Évangile
: Matthieu 2, 1 à 12 [PBJ. 1456]. La visite des Mages :
« ils se
prosternèrent
[devant Jésus], ils
l’adorèrent ; puis ayant ouvert leurs trésors,
ils lui offrirent des présents : de l’or, de
l’encens et de la myrrhe…»
Voir
le psaume 72, 10 et 11 [PBJ 867] : « Les
rois de Tharsis et des îles rendront tribut. | Les rois de Saba
et de Seba feront offrande ; tous les rois se prosterneront
devant lui, tous les païens le serviront…»
EKG.
Epiphaniasfest. Fête de l’Épiphanie.
Introït :
Ire
Épître de saint Jean, 2, 8 [PBJ. 1790] : «…puisque
les ténèbres s’en vont et que la véritable
lumière brille déjà…»
Psaume
72 [PBJ. 867] : Le roi promis : «…
Les rois de Saba et de Seba feront offrande ; tous les rois se
prosterneront devant lui, tous les paiens le serviront…»
Cantique
EKG 48 « Wie
schön leuchtet der Morgenstern…»
Épître
: Isaïe 60, 1 à 6 [PBJ. 1176].
Évangile
: Matthieu 2, 1 à 12 [PBJ. 1456].
[Même
occurrence avec la cantate BWV 123 du 6 janvier 1725 et la sixième
cantate de l’Oratorio de Noël BWV 248, le 6 janvier 1735].
TEXTE BWV 65
Auteur
inconnu. Wolfgang Schmieder a proposé, suivi par d‘autres
musicologues, le pasteur Christian Weise ou… Bach lui-même
?
DÜRR :
Auteur inconnu peut-être le même que celui des cantates
BWV 40 et 64.
FINSCHER :
« L’adoration des Mages (Épître) et
l’accomplissement de cette prophétie (Évangile).
L’argumentation se présente dans deux épisodes
comprenant chacun deux parties : le chœur et le choral
paraphrasent (et symboliquement) l’épître et
l’évangile, l’Ancien et le Nouveau Testament ;
le récitatif et l’air de basse, l’application de
la morale à l’entière « légion
des chrétiens » ; le récitatif et l’air
de ténor la prière adressée par chaque individu
au Sauveur et finalement reprise en choral par la voix de l’assemblée
des fidèles… »
HOFMANN :
« L’auteur du texte - dont l’identité,
comme c’est si souvent le cas, est inconnue - démontre
qu’il était compétent en théologie et
habile en poésie… à partir de ce texte, Bach
créa l’une de ses plus belles cantates de Noël.
Avec une assurance étonnante, il allie art raffiné et
style populaire…»
KUIJKEN
: «…L’Évangile selon Saint Matthieu des
rois venus d’Orient à la recherche de l’Enfant
nouveau-né pour l’adorer inspira à Bach l’une
de ses cantates les plus séduisantes et les plus colorées.
L’auteur resté inconnu du texte ouvre son récit
par une citation littérale du livre d’Isaïe 60,
6 ».
NYS,
Carl de : «…On ne connaît pas l’auteur du
texte, mais plusieurs spécialistes ont avancé, avec des
arguments assez séduisants, le nom de Bach lui-même. Il
faut souligner qu’il s’agit d’un texte d’une
valeur littéraire indiscutable (ce qui n’est pas
toujours le cas, tant s’en faut, dans les cantates) et que
l’ensemble du poème présente une belle
architecture ».
[Cantates
à Saint-Thomas,
page 99] : « On ne connaît pas l’auteur du
texte ; s’il n’est pas l’œuvre du
pasteur Christian Weiss der Altere, il pourrait bien avoir été
rédigé par le musicien lui-même, d’autant
plus qu’il s’attache à mettre en évidence
un verset de l’écriture, à resserrer les liens
avec la liturgie du jour et à souligner la continuité
de l’Église par l’utilisation d’un cantique
de Noël remontant au moyen âge, le cantique latin :
« Puer natus
in Bethlehem / In Bethehem / Unde gaudet Jerusalem / Halle,
Halleluja ! ».
Ce cantique était encore chanté à Saint-Thomas
dans sa forme originale latine au début de l’office de
l’Épiphanie pendant la première moitié du
XVIIIe
siècle [emprunt à Spitta]; rien d’étonnant
donc que Bach en donne au début de sa cantate (dans le choral
qui suit le chœur d’ouverture) la version allemande, la
quatrième strophe du cantique Ein
Kind geborn zu Bethlehem
que l’on voit apparaître vers 1545 (cette quatrième
strophe étant précisément celle qui parle des
rois venus de Sabba).
De
manière plus concise encore la cantate comporte donc trois
parties correspondant aux mouvements musicaux : a) la promesse
et sa réalisation (1 et 2), b) contemplation et décision
d’offrir son cœur (3 et 4), c) concrétisation de
cette offrande sous forme d’un véritable engagement (5
et 6) que l’assemblée entière ratifie au nom de
l’Église (7) ».
POUGET
: «…Le texte, dont on ne connaît pas l’auteur,
mais qui pourrait bien être le Cantor lui-même, emprunte
des passages du prophète Isaïe et de l’Évangile
de saint Matthieu ».
GÉNÉRALITÉS BWV 65
CANTAGREL
[Les cantates de J.-S.
Bach] : «…Par
son instrumentation originale, réunissant à l’ensemble
des cordes les instruments de nature, deux cors, deux flûtes à
bec et deux hautbois da caccia, cette cantate se situe encore dans le
climat pastoral et joyeux de la fête de Noël….
L’œuvre procède en deux vagues culminant dans les
deux airs de la partition, très dissemblables et tout aussi
admirables l’un que l’autre…»
FINSCHER :
« Musicalement l’œuvre est une cantate de Noël
par excellence, somptueuse dans sa distribution, solennelle dans ses
accents où le ton de la danse joue un rôle
particulier ».
POUGET
: «…La cantate BWV 65 est particulièrement chère
au cœur des discophiles de France. C’est en effet à
travers elle qu’ils découvrirent il y a plus de
vingt-trois ans, le grand art des Cantates de Bach. Pour la première
fois leur étaient présentés sur un disque de
larges extraits d’une cantate avec des chœurs, un choral
et un [une] aria. Découverte extraordinaire de ce qui
constitue la moitié au moins de la production de Bach. Et
certes, nul exemple ne pouvait être mieux choisi que le chœur
initial, les chorals et le merveilleux air de ténor de la
cantate des rois mages » [ce texte, écrit en 1959
évoque sans doute le premier enregistrement sur disque 78
tours, vers 1935…celui de Paul Sacher ou celui de Curt
Sachs ?]
DISTRIBUTION BWV 65
NEUMANN.
Tenor, Baß. – Chor. Horn I, II ; Blockflöte I,
II, Oboe da caccia I, II ; Streicher ; B.c.
SCHMIEDER.
Soli T, B. Chor : S, A, T, B. Instrumente : Flauto I,
II (Blockflöte) ; Oboe da caccia I, II ; Corno I, II ;
Viola ;Vcl. ; Basso ;
Continuo.
BRAATZ
[BCW - les cors dans la
cantate BWV 65…]
: Des incertitudes, sans réponses, en ce qui concerne
les cors et leur tessiture... Portrait du célèbre
trompettiste et corniste Gottfried Reiche, à Leipzig de 1723 à
1734, d’après la gravure sur cuivre de Chr. Fr. Rosbach
(1737) elle-même tirée d’une huile du peintre
officiel de la ville de Leipzig, Elias Gottlob Haußmann.
[On
doit également à ce dernier l’un des rares
portraits de Bach, vers 1747-1748].
HARNONCOURT :
« Le problème principal est incontestablement ici
celui du registre des cors, des cors graves en ut mineur, version en
faveur de laquelle parlent d’ailleurs le caractère
pastoral du 1er
mouvement et le ton exubérant de l’air n° 6 ».
KUIJKEN
: «…Pour illustrer ce thème, Bach a recours à
une distribution d’instruments à vent très
colorée : deux corni da caccia, deux flûtes à
bec et deux oboi da caccia, ainsi que les cordes d’usage avec
basse chiffrée. Les corni da caccia sont plus petits que la
normale dans cette cantate et jouent plutôt dans la tessiture
des trompettes ; les flûtes à bec se cantonnent ici
aussi essentiellement dans les registres aigus ; les oboi da
caccia sont donc ici les instruments à vent les plus graves
(ils doublent souvent les 2emes
violons et l’alto) ».
NYS,
Carl de : «…L’orchestration est inhabituelle :
deux cors, deux flûtes à bec, deux hautbois de chasse
viennent se joindre aux cordes soutenues par le continuo ».
APERÇU BWV 65
1]
CHORSATZ. BWV 65/1
SIE
WERDE AUS SABA
ALLE
KOMMEN,
GOLD
UND WEIHRAUCH
BRINGEN UND DES HERREN
LOB
VEKÜNDIGEN.
Ils
viendront tous de Saba, apportant l’or et l’encens et
proclamant les louanges du Seigneur.
Isaïe
60, 6 [PBJ. 1176]. Citation textuelle : «
Tout
ceux de Saba viendront, apportant de l‘or et de l‘encens
et chantant les louanges de Yahvé…»
Psaume
72, 10/11 [PBJ. 867] : Le roi promis…
Les rois de Saba et de Seba feront offrande ; tous les rois se
prosterneront devant lui, tous les païens le serviront…»
Ut
majeur (C), 53 mesures, 12/8
BGA.
Jg. XVI. Auf Feste der
heiligen drei Könige.
Pages 135 à 151. Festo
Epiphanias. | Corno I.
| Corno II. | Flauto I. | Flauto II. | Oboe da caccia I. | Oboe da
caccia II. | Violino I. | Violino II. | Viola. | Soprano. | Alto. |
Tenore. | Basso. | Continuo.
NEUMANN.
Avec un prélude instrumental. Forme tripartite : A, B,
A’. Entrée du chœur en canon avec citation des
quatre premières mesures de l’introduction
instrumentale. - B : chœur fugué avec la thématique
de l’introduction instrumentale (Blockflöte -flûte à
bec). Solochor (?) -Tuttichor (?). A’. Reprise de
l’introduction avec l’ensemble des instruments
« choreinbeau » = chœur inséré.
Néologisme d’Alfred Dürr.
BASSO
[Jean-Sébastien
Bach, volume 2, page
274] : Rythme de danse.
[page
318] : « Le verset entonné dans le rythme
typique de 12/8, est développé sous une forme
tripartite, avec une section centrale en style de fugue, soutenue
dans l’exposition par le seul continuo, puis enrichie par
l’apport des instruments…»
BOMBA :
«…la musique du chœur se développe à
partir d’un point d’orgue ; les voix du chœur
attaquent sous forme d’un canon de sorte que l’on peut se
représenter une foule toujours croissante, image qui pourrait
représenter l’étonnement devant la richesse. Au
centre de cette page d’entrée, Bach écrit une
très belle fugue de grande dimension…»
BOYER
[Les
cantates sacrées de Jean-Sébastien Bach,
page 185] : le chœur d’entrée sera réutilisé
par Bach comme prélude dans le “Prélude et fugue
pour orgue” en ut majeur BWV 547.
[Les
mélodies de chorals dans les cantates de J.-S. Bach, page
147] : «
Origines du cantique : Lucas Lossius (1553) ? - La
partie maîtresse de la cantate est le chœur libre n°1
avec sinfonia introductive et illustration véritablement
royale de la venue des Rois Mages. Le texte « Ils
viendront de Saba »
est soutenu par deux cors, deux flûtes à bec, deux
hautbois da caccia, cordes et continuo ».
CANTAGREL
[Les cantates de J.-S.
Bach] : «…Ce
sont les deux cors qui lancent un magnifique motif processionnal que
reprennent ensemble les autres instruments, puis le chœur, en
entrées canoniques très serrées. Imitations,
martèlements en homophonie, répétitions…
l’humanité toute entière qui se rend à la
crèche, ce que laisse supposer le mot « alle
– tous ».
Ce premier épisode est suivi d’une longue fugue vocale
qui constitue toute la partie centrale du morceau… Une reprise
du texte initial vient conclure…»
FINSCHER :
« Dans une mesure à 12/8 spécifique des
compositions ayant trait à la fête de Noël, le
grand chœur d’entrée dépeint l’afflux
des foules « venant toutes de Sabba » d’abord
dans un puissant crescendo imitatif et sonore, puis dans une fugue
chorale qui s’amplifie encore jusqu’à la reprise
abrégée, chantée par toutes les voix, de la
ritournelle initiale ».
GARDINER :
«…climat le plus oriental … Bach utilise le haut
de la tessiture des cors pour suggérer un caractère
majestueux et antique…à la fin de la ritournelle,
énoncée à l’unisson du thème
réparti sur cinq octaves… une imposante fantaisie de
choral…»
GEIRINGER
[Jean-Sébastien
Bach, page 163] :
«…Le fameux chœur d’ouverture est un sublime
morceau de musique concertante dans lequel quatre groupes
d’instruments…rivalisent avec les voix humaines pour
créer un éblouissant tableau du majestueux cortège
menant les chameaux chargés d’or et d’encens en
offrande au Seigneur. Une inspiration inépuisable, un jugement
sans défaut dans la combinaison des couleurs musicales et une
déclamation d’une extrême énergie
s’unissent pour donner toute sa force à la prophétie
d’Isaïe… les dons du cœur importent plus à
Jésus que les riches présents…».
HALBREICH
: «…Joyeuse procession du chœur rehaussé de
la pourpre somptueuse des cors. Chœur allègre et
solennel ».
HOFMANN :
« …l’emploi de cors… de hautbois da
caccia… et de flûte à bec, prête au chœur
d’ouverture un caractère légèrement
exotique… au cours du mouvement, Bach expose à nu son
art de composer des fugues…»
KUIJKEN
: «…L’entrée du chant est précédée
d’une introduction instrumentale de huit mesures qui illustre
avec beaucoup de plasticité le cortège d’entrée
solennel des rois. La mesure à 12/8 de cette ouverture allie
en soi le binaire d’une marche lente à l’élan
à trois temps d’une danse élégante. Les
cors aigus exposent le motif principal en deux parties dont le chant
progresse repris directement par les autres instruments à vent
et les cordes aiguës. Après un bref épisode dans
lequel on peut entendre les familles d’instruments successives,
le motif principal est repris solennellement par tous à
l’unisson et conclu à plusieurs voix… »
Les
chanteurs font leur entrée successive avec le motif …jusqu’à
ce qu’à partir de la basse commence une fugue assez
longue (sur un nouveau motif) qui mène le texte à son
terme. Après que les quatre sont entrées dans la fugue,
les instruments renforcent chaque entrée thématique
suivante. Une fois le motif de début apparu au soprano, le
mouvement se referme sur un unisson solennel de tous les
protagonistes ».
LEMAÎTRE :
« L’introduction instrumentale…évoque
la procession des rois mages à la fois dense et solennelle.
Cette belle page s’organise en trois sections. Celle du centre
est un fugato qui donne de la force à l’exaltation de
l’Enfant-Dieu…»
MACIA :
«…Bach écrit un mouvement rutilant sur un rythme
de procession (celle, bien sûr des rois et de leur équipage)
au fil d’un concerto instrumental d’une richesse rare et
sans doute inédite à l’époque ;
hautbois de chasse, cors et flûte à bec cantonnés
dans l’aigu créent un climat des plus pittoresques ».
NYS,
Carl de : «…Le premier chœur reprend un verset de
la fin de la première lecture, un texte d’Isaïe 60,
6 : « Ils
viendront tous de Saba »
auquel succède la quatrième strophe du cantique « Ein
Kind geborn zu Bethlehem »
(1545), version allemande de l’ancienne hymne romaine Puer
natus in Bethleem,
c'est-à-dire le contenu de l’Évangile du jour,
montrant l’accomplissement de la prophétie de l’ancienne
Alliance. »
« La
structure tripartite du premier chœur est particulièrement
réussie (ABA) : la partie A comporte une structure
canonique du chœur avec introduction instrumentale, sorte de
brève sinfonia,
dans laquelle le chœur est inséré selon une
technique chère aux grandes œuvres vocales de Bach ;
la partie B est une imposante fugue opposant les séquences
pour coro favorito
(petit chœur) à l’ensemble des voix, l’emploi
du canon et de la fugue symbolisant évidemment les foules de
plus en plus nombreuses qui viennent honorer le Roi des rois
[Cantates
à Saint-Thomas,
pages 99/100] : « Sur le verset d’Isaïe prophétisant
la venue des Mages, le cantor bâtit un vaste chœur
tripartite qui fait penser à l’ouverture de coupe
italienne. Dans les deux séquences extrêmes une
polyphonie basée sur l’imitation en canon des quatre
voix s’épanouit parmi les figurations de l’orchestre
dominé par les sonorités des deux cors en ut. Dans la
partie centrale c’est une grande fugue à l’élaboration
de laquelle ne participent pas seulement les voix d’un ensemble
vocal plus restreint que le chœur mais aussi les instruments,
en particulier les flûtes à bec. Au moment de la strette
particulièrement serrée de cette fugue, la partition
paraît symboliser ceux qui toujours plus nombreux viennent de
tous les coins de la terre adorer le Seigneur ».
NYS
[Jean-Sébastien
Bach. page 194] :
« Le symbolisme de l’entrée de Jésus à
Jérusalem se situe dans une atmosphère de joie et de
tendresse… Bach suggère clairement que le roi qui fait
son entrée à Sion est aussi celui qui règne dans
la gloire éternelle sur toutes les nations, sur « ceux
qui viendront de Saba ».
PIEL
: «…Ainsi le chœur d’entrée, bâti
sur une mesure à 12/8 (spécifique des compositions
reliées à la Fête de Noël), ondule en un
balancement insistant… Le mal de mer devient alors un risque
réel…»
PIRRO
[L’Esthétique de Jean-Sébastien Bach - Les
formes, page 325] : «…formes expressives…au
début de la cantate BWV 65…les entrées
canoniques de l’orchestre et des voix, très rapprochées,
représentent « ces masses pressées qui se
dirigent vers le Sauveur pour lui rendre hommage ».
POUGET
: «…Le premier chœur est précédé
d’une introduction instrumentale qui évoque la riche
procession des rois mages en route vers la Judée, guidés
par l’Étoile, avec la ponctuation des cors donnant une
impression de densité à la théorie de la
caravane. Le chœur, lui-même, est bâti comme une
ouverture à la française, avec d’abord l’entrée
étagée des voix, puis une fugue et une reprise du thème
initial. C’est un des plus beaux chœurs d’entrée
de cantate, tant par sa construction que par la couleur de
l’orchestre afin d’exalter la royauté de
l’Enfant-Dieu ».
SCHMIEDER :
Une ébauche de ce chœur d’entrée se
trouvait classée avec le dernier feuillet de la cantate BWV
81, ce que confirme Gillies Whittaker, tome I, page 401.
SCHWEITZER
[J.S. Bach,
tome I, page 277] : « Le prélude en ut majeur
nous rappelle fortement le premier chœur dans la cantate Sie
werden aus
Saba alle kommen ».
[BWV 547]. [page 156] : La situation poétique nécessite
que [ce chœur] soit chanté par des voix juvéniles
et non par un chœur mixte et par-dessus tout avec beaucoup de
nuances…et de sentiments…»
WIJNEN :
«… serait-ce le pas chaloupé des chameaux qui
décrivent les douces vagues des cors dès le début
de l’ouverture dont Isaïe 60 fait mention ? Une
immense fugue… que termine un très impressionnant
unisson général »
WOLFF :
«…Le long mouvement d’entrée est
bipartite, d’un type prélude et fugue…»
[Nombreuses
figurations à toutes les voix sur le mot « kommen »].
2]
CHORAL. BWV 65/2
DIE
KÖN’GE
AUS SABA KAMEN DAR, / GOLD,
WEIHRAUCH,
MYRRHEN
BRACHTEN SIE DAR, ALLELUJA !
Ils
sont venus, les rois de Saba, / Ils ont apporté l’or,
l’encens et la myrrhe, / Alleluia ! Alleluia !
4e
strophe du cantique de Noël (6 + 3 strophes ajoutées, de
trois vers chacune) Ein
Kind geborn zu Bethlehem“
(1545) traduction du Puer
natus in Bethlehem
avec sa mélodie d‘un anonyme. Il ne semble pas que
l‘attribution de ce cantique à un compositeur se fasse
de façon unanime. Différents noms circulent, soit sur
l‘origine, soit sur la traduction en langue allemande :
Lossius, Spangenberg, recueil Valentin Babst…ou plus
commodément un „anonyme“.
Pour
la mélodie, renvoi à Bach, BWV 603 (Orgelbüchlein
n° 5) et BWV 607 ; à Buxtehude, choral BUXWV 217 et à
Johann Schelle (cantate = CD
620), et F. W.
Zachow (cantate = CD
275 et *C
859).
Renvois
à I. Rois 9, 28 [PBJ. 451]. Salomon envoie ses serviteurs
chercher à Ophir quatre cent vingt talents d’or…
Psaume
72, 10/11 [PBJ. 867] : Le roi promis…
Les rois de Saba et de Seba feront offrande ; tous les rois se
prosterneront devant lui, tous les païens le serviront…»
La
mineur (a-Moll) (mode éolien ou dorien). 16 mesures, 3/4
BGA.
Jg. XVI. Pages
152. CHORAL. Melodie
: „Puer natus in Bethlehem“.
| Flauto I. II. | Oboe da caccia I. | Oboe da caccia II. | Soprano.
| Alto. | Tenore. | Basso. | Continuo.
NEUMANN.
Simple choral harmonisé avec les instruments.
BOYER
[Les
cantates sacrées de Jean-Sébastien Bach.]
: « Choral
harmonisé sur mélodie de choral (MDC) 026 de type I.
L’origine de ce cantique serait attribué à Lucas
Lossius (1553) d’après l’hymne latin Puer
natus
in Bethlehem ».
[Les
mélodies de chorals dans les cantates de J.-S. Bach, pages
327/328] : «
Le choral ne fait que reprendre sous une forme populaire l’énoncée
du chœur initial qui, lui sous une forme somptueuse…
décrit l’arrivée des rois mages…»
CANTAGREL
[Les cantates de J.-S.
Bach] :
« …exemple significatif de l’utilisation
faite, aux débuts de la réforme, des sources du
plain-chant pour constituer le répertoire des nouveaux
cantiques…»
FINSCHER :
« richesse sonore du choral, notamment dans le verset
final… il constitue pour ainsi dire la réduction de
l’immense légion aux seuls rois mages ».
LABIE
[Le Visage du Christ
dans la musique baroque] :
« Sur le chœur [1] s’enchaîne un choral qui
en reprend le message sur un air, le « Puer
natus est in
Bethlehem »,
que tous les fidèles associent d’instinct à
l’annonce de Noël…»
LYON
[Johann Sebastian Bach
| Chorals, page 40] :
« Le cantique de Noël Ein
Kind geborn zu Bethlehem…
dans la traduction allemande du Corpus
de Valentin Babst († 1556). Mélodie attestée
vers 1320 et imprimé en 1553 à Nuremberg…»
[James
Lyon propose soit le nom de Cyriakus Spangenberg (1528-1604) à
la page 27 de son ouvrage (un recueil de cantiques publié en
1568 porte son nom) et Johann Spangenberg (1484-1550, théologien
et compositeur) aux pages 22/23, 29, 35, 40 et 65 qui aurait effectué
la traduction et l’adaptation du Puer
natus devenu Ein
Kind geborn zu Bethlehem
…]
MACIA :
Le nom de l’auteur du choral est Spangenberg… [ ?]
NYS,
Carl de [Cantates à
Saint-Thomas, I, pages
99/100] : «…Le cantique latin: « Puer
natus in Bethlehem / In Bethehem / Unde gaudet Jerusalem /
Halle, Halleluja ! ».
Ce cantique était encore chanté à Saint-Thomas
dans sa forme originale latine au début de l’office de
l’Épiphanie pendant la première moitié du
XVIIIe
siècle; rien d’étonnant donc que Bach en donne au
début de sa cantate (dans le choral qui suit le chœur
d’ouverture) la version allemande, la quatrième strophe
du cantique Ein Kind
geborn zu Bethlehem
que l’on voit apparaître vers 1545 (cette quatrième
strophe étant précisément celle qui parle des
rois venus de Sabba) ».
«…Application
par degrés des deux textes de [1]: le chrétien a le
devoir d’aller lui aussi à la crèche pour faire
son offrande, mais l’or ne suffit pas, même s’il
s’agissait de l’or de Salomon dont il est question au
Livre des Rois 1. 9, 28, il faut s’offrir soi-même, il
faut donner son cœur, seul l’acte d’amour édifie
le monde ».
POUGET
: «…En contraste avec [1] vient un choral qui est le
troisième verset de l’hymne de Noël « Ein
Kind geborn zu Bethlehem ».
Cet hymne est la traduction allemande du cantique « Puer
natus in Bethleem ».
Et le cantus firmus du choral n’est autre que le chant
grégorien correspondant. A l’époque de Bach on
chantait encore l’original latin à Saint-Thomas pour la
fête de l’Épiphanie. L’harmonisation de ce
choral est simple avec les flûtes doublant à l’octave
la mélodie grégorienne ». [Egalement
signalé par André Pirro in L’Esthétique
de Jean-Sébastien
Bach, page 124, note 1
et aussi dans Spitta].
[Renvoi
à la mélodie du choral « Puer
natus in Bethlehem ».
Orgelbüchlein
n° 5, BWV 603].
3]
REZITATIV BAß. BWV 65/3
WAS
DORT JESAIAS
VORHERGESEHN, / DAS
IST ZU BETHLEHEM
GESCHEHN. / HIER
STELLEN SICH DIE WEISEN
/ BEI
JESU
KRIPPE
EIN / UND
WOLLEN IHN ALS IHREN KÖNIG
PREISEN. / GOLD
WEIHRAUCH,
MYRRHEN
SIND / DIE
KÖSTLICHEN GESCHENKE,
/ WOMIT
SIE DIESES JESUKIND
/ ZU
BETHLEHEM
IM STALL
BEEHREN [R. Wustmann : „verehren“].
/ MEIN
JESU,
WENN ICH ITZT AN MEINE PFLICHT
GEDENKE, / MUß
ICH MICH AUCH ZU DEINER KRIPPE
KEHREN / UND
GLEICHFALLS DANKBAR SEIN : / DENN
DIESER TAG
IST MIR EIN TAG
DER FREUDEN,
/ DA
DU, O LEBENSFÜRST,
/ DAS
LICHT DER HEIDEN
/ UND
IHR ERLÖSER
WIRST. / WAS
ABER BRING ICH WOHL, DU HIMMELSKÖNIG ? | IST
DIR MEIN HERZE
NICHT ZUWENIG, / SO
NIMM ES GNÄDIG
AN, / WEIL
ICH NICHTS EDLERS
BRINGEN KANN.
Ce
que le prophète Isaïe avait prédit / S’est
réalisé à Bethléem : / Les Mages
apparaissent / Devant la Crèche / Pour adorer en Jésus
leur roi. / L’or, l’encens, la myrrhe / Sont les précieux
présents / Qu’ils ont apportés à Bethléem
/ Afin d’honorer l’enfant Jésus / Reposant dans
une étable. / Mon Jésus, quand je pense à mon
devoir, / Ne dois-je pas moi aussi me rendre en ce jour à ta
Crèche / Et me montrer pareillement reconnaissant / Car ce
jour est un jour de réjouissance / Puisque Toi, le Prince de
la Vie, / Tu deviens la lumière des païens / Et leur
Sauveur. / Mais que t’apporterai-je, roi du Ciel ? / Si
mon cœur n’est pas trop méprisable, / Daigne en
accepter l’offrande, / Car je ne puis rien t’apporter de
plus noble.
Texte
d’un auteur anonyme.
Fa
majeur (F) - Sol majeur (G), 26 mesures 4/4
BGA.
Jg. XVI. Page 153. | RECITATIVO. | Basso. | Continuo.
NEUMANN.
Récitatif secco avec arioso en final.
KUIJKEN
: «… La soudaine coloration chromatique de l’harmonie
sur Zu Bethlehem im
Stall est remarquable
: sans aucun doute une allusion aux circonstances difficiles de la
naissance de Jésus se voit doté de couleurs
particulière et à la conclusion So
nimm es gnädig…
la déclamation secco se métamorphose en un chant arioso
« précieux ».
MACIA :
«…récitatif de la basse, riche en colorations
chromatiques, que le librettiste nous invite à nous rendre
près de la crèche, faire nous-mêmes notre
offrande…»
NYS,
Carl de [Cantates à
Saint-Thomas, I,
page 100] : «…Le récitatif de basse annonce la
réalisation de la prophétie d’Isaïe dans la
naissance de Bethléem ».
POUGET
: «…Un admirable récitatif pour la basse retrace
ensuite l’arrivée et l’adoration des mages, il
convie les fidèles à les imiter et à donner à
Jésus ce qu’ils ont de plus noble. Chaque parole est
traduite musicalement par la souplesse du récitatif et de ses
figurations qui paraissent simples mais sont d’une expression
extraordinaire ».
4]
ARIE BAß. BWV 65/4
GOLD
AUS OPHIR
[W. Neumann / BG : „Gold
und Ophir“]
IST ZU SCHLECHT, / WEG,
NUR WEG MIT EITLEN GABEN,
/ DIE
IHR AUS ERDEN
[Erde]
BRECHT ! / JESUS
WILL DAS HERZE
HABEN. / SCHENCHE
DIES, O CHRISTENSCHAR,
/ JESU
ZU DEM NEUEN JAHR !
L’or
d’Ophir est trop vil, / Foin, foin des dons futiles / Tirés
de la terre : / C’est votre cœur que Jésus
désire recevoir. / Offrez-le lui, ô légion des
chrétiens, / Au seuil de cette année nouvelle.
Auteur
anonyme
Renvoi
à Isaïe 13, 12 [PBJ. 1116] : « Je
rendrai les hommes plus rares que l’or fin, les mortels plus
rares que l’or d’Ophir…»
Mi
mineur (e-Moll), 46 mesures, 4/4
BGA.
Jg. XVI. Pages 154 à 157. ARIA. | Oboe da caccia I. | Oboe da
caccia II. | Basso. | Continuo.
NEUMANN.
Forme de quatuor : Oboe da caccia I, II, Baß, B.c. La partie
vocale en trois sections, la dernière presque comme un da
capo.
BOMBA :
« …l’effectif de ce morceau composé de
deux hautbois da caccia ainsi que son caractère dansant trahit
une nette ressemblance avec le quatrième mouvement de la
cantate BWV 28 dans laquelle Bach représente également
les séductions de ce monde stupide sous une forme grave et
courtoise…»
CANTAGREL
[Les cantates de J.-S.
Bach] : « …Air
bipartite avec ritournelle…»
FINSCHER :
« L’air reprend par le timbre de deux hautbois de
chasse le ton de sonorité solennelle et originale qui imprime
son empreinte à toute la cantate ; il est également
inhabituel par sa concentration motivique sur le thème rempli
de mépris qui surgit au commencement (« l’or
d’Ophir est trop vil » et qui demeure omniprésent
dans toutes les parties instrumentales…»
GARDINER :
«…air de basse où les deux hautbois da caccia
engagent un triple canon avec le continuo… représentant
les triples présents, l’or, l’encens et la
myrrhe…»
HOFMANN :
«…l’aria de basse …dégage encore une
fois un certain exotisme dû à son orchestration spéciale
pour deux hautbois da caccia…»
KUIJKEN
: «...motif rythmique …sur les mots Weg,
nur weg mit eitlen Gabe
et sur Schenke dies, O
Christenschar.
Caractéristiques aussi les vocalises sans fin sur eitle
Gaben …»
NYS,
Carl de : «…La première aria est un quatuor entre
les deux hautbois de chasse, la voix de basse et la basse continue,
association de timbre raffiné et inhabituelle… comme le
premier chœur les arias [4 et 6] sont tripartites, ce qui
ajoute encore à la puissante unité de l’ensemble
».
[Cantates
à Saint-Thomas,
pages 100/101] : « L’aria en quatuor avec les deux
hautbois et le continuo, de construction libre, est confiée à
la voix de basse. Elle fait allusion à un texte du Livre des
Rois I/IX, verset 28) relatant qu’on alla chercher au pays
d’Ophir 42 tonnes d’or pour le roi Salomon ; mais,
dit le texte, tout cela est bien trop peu pour le Christ qui veut
notre cœur ».
POUGET
: « Aria écrit en quatuor avec les deux hautbois de
chasse et le continuo. L’or d’Ophir est trop médiocre,
ce ne sont pas des présents terrestres que Jésus
désire, mais le chœur des chrétiens ».
[longs
mélismes sur le mot « Gaben
- offrandes »
, mesures 11 à 13 et 15 à 18 avec une cinquantaine de
doubles croches].
5]
REZITATIV TENOR. BWV 65/5
VERSCHMÄHE
NICHT,
/ DU, MEINER SEELE
LICHT,
/ MEIN
HERZ
DAS ICH IN DEMUT
ZU DIR BRINGE ; / ER
SCHLIEßT JA SOLCHE DINGE
/ IN SICH ZUGLEICH MIT EIN, / DIE
DEINES GEISTES
FRÜCHTE
SEIN [R. Wustmann : „sind“].
/ DES
GLAUBENS
GOLD,
DER WEIHRAUCH
DES GEBETS,
/ DIE
MYRRHEN
DER GEDULD
SIND MEINE GABEN,
/ DIE
SOLLST DU, JESU,
FÜR UND FÜR / ZUM
EIGENTUM
UND ZUM GESCHENKE
HABEN. / GIB
ABER DICH AUCH SELBER MIR, / SO
MACHST DU MICH ZUM REICHSTEN
AUF DER ERDEN ;
/ DENN,
HAB ICH DICH SO MUß / DES
GRÖßTEN REICHTUMS
ÜBERFLUß
/ MIT
DERMALEINST IM HIMMEL
WERDEN.
Ne
dédaigne pas, / Toi qui est la lumière de mon âme,
/ Ce cœur que je t’apporte en toute humilité. / Il
renferme / Tant de choses / Qui sont les fruits de ton Esprit. /
Voici mes dons : / L’or de la Foi, l’encens de la
prière, / La myrrhe de la longanimité ; / Mais si
tu te donnes à moi en échange, / Tu feras de moi
l’homme le plus triche de cette terre / Et, si tu deviens mon
bien, / Les plus grands désirs me seront un jour / Donnés
en surabondance au paradis.
La
mineur (a-Moll), mi mineur (e-Moll), 19 mesures, 4/4
BGA.
Jg. XVI. Page 158. RECITATIVO. | Tenore. | Basso.
NEUMANN.
Rezitativ secco. Tenor.
BOMBA :
«…le récitatif révèle avec maintes
images et expressions s’élevant au niveau d’un
raisonnement théologique, la signification des cadeaux
apportés par Jésus…»
NYS,
Carl de [Cantates à
Saint-Thomas, page
101] : «…Un récitatif secco du ténor
interprète symboliquement les offrandes des mages : l’or,
c’est la foi ; l’encens, la prière et la
myrrhe, la patience constante, la persévérance ;
symbolismes assez naturels et qui se retrouvent souvent dans la
tradition ecclésiastique… Le récitatif
concrétise cette offrande sous une forme symbolique: l’or
de la foi, l’encens de la prière et la patience de la
myrrhe…»
PIRRO
[L’Esthétique
de Jean-Sébastien Bach -
Direction des motifs,
page 33/34] : « …Les sentiments qui dépriment
ou qui abaissent, les mots qui désignent l’abjection, le
mépris, la faiblesse, la fatigue, sont rendus de même
par un affaissement de la ligne mélodique… ainsi, nous
trouvons dans différentes cantates les motifs suivants joints
à des mots qui expriment l’idée du mépris »
[+ Exemple musical sur les mots « Verschmähe
nicht » [BGA.
XVI, page 158]. Renvois à BWV 138 (BGA. XXVIII, page 204) et
BWV 123 (BGA.XXVI, page 57).
POUGET
: «…le récitatif pour ténor se terminant
en arioso indique ensuite la signification des présents qu’ont
apportés les rois mages ; l’or symbolisant la foi,
l’encens, la prière, et la myrrhe, la patience ».
6]
ARIE TENOR. BWV 65/6
NIMM
MICH DIR ZU EIGEN HIN, / NIMM
MEIN HERZE
ZUM GESCHENKE.
/ ALLES,
ALLES, WAS ICH BIN, /
WAS
ICH
REDE, TU UND DENKE, / SOLL,
MEIN HEILAND,
NUR ALLEIN / DIR
ZUM DIENST GEWIDMET SEIN.
Accepte-moi
comme ton bien, / Reçois le présent de mon cœur.
/ Et que tout ce que je suis, / Dis, pense et fait / Ne soit plus
consacré, ô mon Sauveur, / Qu’à te servir.
Ut
majeur (C), 148 mesures, 3/8
BGA.
Jg. XVI. Pages
159 à 165. ARIA. | Flauto I. | Flauto II. | Corno I. | Corno
II. | Oboe da caccia I. | Oboe da caccia II. | Violino I. | Violino
II. | Viola. | Tenore. | Continuo.
NEUMANN.
Ensemble des instruments et ténor. Forme tripartite avec
ritournelles.
BASSO
[Jean-Sébastien
Bach, volume 2, page
274] : « Joie et sérénité
circulent tout au long de la cantate, et l’aria de ténor,
animé d’un galant rythme de danse, est l’une des
expressions majeures de cette disposition d’esprit, libérée
de toute préoccupation et de tout chagrin ».
BOMBA :
«…l’air exprimé sur un rythme de danse et
relâché peut s’expliquer par cette perspective.
Bach emploie le rythme du menuet et la pluralités des chœurs
instrumentaux (instruments à vent - violons) de ce morceau
pour commenter et accentuer les différentielles phases du
texte ».
CANTAGREL
[Les cantates de J.-S.
Bach] :
« …Superbe air de joie, encadré par une très
longue et brillante ritournelle, au caractère saltatoire
accusé…»
FINSCHER :
«…l’air de ténor intensifie jusqu’à
l’extase le ton de joyeux abandon au Sauveur…»
HIRSCH
[Die
Zahl im Kantatenwerk Johann Sebastian Bachs.
page 71] : «
Le ténor chante à deux reprises un long mélisme
de 23 notes aux mesures 98/99 et 101 à 103 sur le mot « alles
- tout ».
KUIJKEN
: «…la riche vocalise sur Alles
was ich bin illustre
très clairement le thème du texte ».
LEMAÎTRE :
«…Véritable chant d’amour exprimé
sur un rythme de danse…»
MACIA :
«…aria où réapparaissent les instruments à
vent du début, qui donnent une couleur fastueuse à un
mouvement de danse…»
NYS,
Carl de : «…La seconde aria confiée au ténor,
fait appel à l’ensemble de l’orchestre qu’il
faut sans doute aussi utiliser dans le choral final, le manuscrit
original ne comportant que les voix ».
[Cantates
à Saint-Thomas,
page 101] : « Un grand aria pour la voix de ténor
utilisant l’ensemble des instruments de la partition pour en
tirer des sonorités très riches, exprime le don total
du fidèle au Seigneur : Fais
de moi ta propriété,
dit le texte ».
POUGET
: «…Aria accompagnée par tout l’ensemble
instrumental qui est une sorte d’extraordinaire chant d’amour.
L’alternance des groupes des instruments à vent, tantôt
les flûtes à bec, tantôt les hautbois de chasse,
tantôt les cors avec l’ensemble des cordes, les vocalises
jubilatoires du soliste, seulement soutenu par le continuo, font de
cette aria une des plus belles créations de Bach en ce
domaine ».
WIJNEN :
«…le ténor chante une merveilleuse aria
extraordinairement dansante, accompagnée de l’orchestre
au grand complet…»
7]
CHORAL. BWV 65/7
EI
NUN, MEIN GOTT,
SO FALL ICH DIR / GETROST
IN DEINE HÄNDE.
/ NIMM
MICH UND MACH ES SO [R. Wustmann /W. Neumann/ Gerhardt : „mach
es
du“]
MIT MIR / BIS
AN MEIN LETZTES ENDE,
/ WIE
DU WOHL WEIßT, DAß MEINEM GEIST
/ DADURCH
SEIN NUTZ
[W. Neumann / BG : „Weg“]
ENSTEHE, / UND
DEINE EHR
JE MEHR UND MEHR / SICH
IN IHR SELBST ERHÖHE.
Et
maintenant, mon Dieu, je me remets / En tes mains. / Prends-moi et
garde-moi / Jusqu’à mon dernier souffle. / Fais de moi
ce que tu veux / Pour le profit de mon âme / Et pour
l’élévation incessante / De ta Gloire en mon
cœur !
Dixième
strophe du cantique (en douze strophes de 8 vers chacune) de Paul
Gerhardt « Ich
habe in Gottes Herz und Sinn »
(1647). Edition en 1647 dans le Praxis
pietatis melica
(Pratique musicale de
la piété)
par Johann Krüger.
Mélodie
tirée de la chanson profane « Il
me suffit de tous mes maux »
de Claudin de Sermizy (vers 1490-1562) renvoyant à la mélodie
de choral Was
mein gott will, das G’scheh allzeit.
Renvoi
à la cantate BWV 92 qui porte ce titre et utilise les douze
strophes de ce choral, soit intégralement aux mouvements. 1,
2, 4, 7 et 9 soit en paraphrases ou en simples citations.
Renvois
à G. Ph. Telemann (cantate TWV 1 :1529) et à F.
Mendelssohn (la sonate pour orgue, opus 65/1).
La
mineur (a-Moll) (mode éolien ou dorien). 19 mesures, 4/4
BGA.
Jg. XVI. Page 166. CHORAL. Melodie : „Was
mein Gott will gescheh’ allzeit“.
| Soprano. | Alto. | Tenore. | Basso. | Continuo.
NEUMANN.
Simple choral harmonisé sans indication des instruments
soutenant les voix…
BOMBA :
« Le mouvement 7 (retransmis sans texte) probablement la
strophe 10 du cantique
Ich habe in Gottes Herz und Sinn »
(1647).
BOYER
[ Les
cantates sacrées de Jean-Sébastien Bach.]
: « Choral
harmonisé sur mélodie de choral (MDC) 105 de type I.
Les doublures instrumentales ne sont pas précisées ».
[Les
mélodies de chorals dans les cantates de J.-S. Bach, pages
327/328] : «
Mélodie de Joachim Magdeburg (1572) calquée sur une
chanson de Claudin de Sermizy « Il
me suffit de tous mes maux »..
Choral harmonisé de type I sur MDC 105 ». Renvoi de
la mélodie vers les cantates BWV 92, BWV 72/6, BWV 103/6, BWV
111/1-6, BWV 144/6 et la Passion
selon saint Matthieu
BWV 244, n° 31 ».
FINSCHER :
«…le choral final où ne s’exprime plus
l’individu en proie à l’extase mais la paroisse
entière unie dans la foi et évoquant dans ce tout
simple cantique l’autre aspect de la dévotion du temps
de Noël, celui du recueillement muet et de la ferveur ».
HARNONCOURT :
« Les instruments au complet jouent dans le choral final,
les flûtes à bec et les cors allant de pair avec le
soprano ».
HOFMANN :
«…Dans la partition de Bach, le choral final n’a
pas de texte. Il est probable que Bach ait pensé à la
dixième strophe du cantique « Ich
hab in Gottes Herz und Sinn…»
KUIJKEN
: «…Bien que dans la source de cette cantate (partition
autographe de Bach), aucun texte ne soit noté pour ce choral
de conclusion, il est de tradition de reprendre la 10eme
strophe du chant Ich
hab in Gottes Herz und Sinn
de Paul Gerhardt (1647) qui enchaîne bien sur l’aria
[6] ».
LABIE
[Le Visage du Christ
dans la musique baroque] :
« La cantate se conclut sur un choral dont la mélodie
est empruntée à une chanson de Claudin de Sermizy ;
l’origine de la mélodie a d’ailleurs moins
d’importance que son utilisation habituelle ; elle est le
soutien d’un choral que la tradition luthérienne affecte
à l’expression de la confiance en Dieu et de la louange
qui lui est due « Was
Gott will…»
MACIA :
«…Bizarrement, sur son manuscrit, Bach a harmonisé
une mélodie de choral, mais sans fournir de texte…»
NYS,
Carl de : «…Ensemble de l’orchestre qu’il
faut sans doute aussi utiliser dans le choral final, le manuscrit
original ne comportant que les voix…Le choral conclusif est
chanté sur une mélodie particulièrement chère
à Bach « Was
mein Gott will, das ist g’schech allzeit » ;
la mélodie évoquant les paroles ajoutant de la sorte
une signification supplémentaire à la réponse de
l’assemblée -il est probable en effet que ce type de
choral était chanté par toute l’assistance
cependant que le chœur et les instruments l’ornaient de
leur polyphonie ».
[Cantates
à Saint-Thomas,
I, page 101] : «…10e
strophe du beau cantique de Paul Gerhardt composé en 1647 Ich
hab in Gottes Herz und Sinn,
chantée sur une des plus émouvantes mélodies de
choral Was mein Gott
will, das ist g’schech allzeit.
Ici la partition autographe n’indique pas les instruments qui
doivent soutenir les quatre voix du chœur, mais il est évident
que Bach entendait que l’ensemble de l’orchestre devait
accompagner celui-ci et l’assemblée qui se mêlait
à lui pour le cantus firmus ».
POUGET
: «…La cantate s’achève par la dixième
strophe d’un cantique de Gerhardt qui hante la confiance dans
la miséricorde du Seigneur pour sa créature. Bien
qu’aucun instrument ne soit ici indiqué dans le
manuscrit, il est bien évident que les différents
instruments doivent doubler les parties vocales ».
NYS,
Carl de: «…La 10e
strophe du cantique de Paul Gerhardt « Ich
hab in Gottes Herz und Sinn »
(1647), étend cet acte individuel à toute la communauté
de ceux qui croient ».
Autres
utilisations dans les cantates BWV 72/6 (mélodie), BWV 92/1
(mélodie), BWV 103/6 (mélodie), BWV 111/1 et 6
(mélodie).
Renvoi
à EKG 280 « Was
mein Gott, das g’schech allzeit ».
SUZUKI :
«…L’un des plus grands problèmes quant à
l’interprétation est l’absence du texte sur lequel
chanter le choral final. Le dixième verset de Ich
hab in Gottes Herz und Sinn
(1647) de Paul Gerhardt cependant, qui apparaît dans l’espace
sous le choral dans la partition complète - probablement de la
main de Carl Friedrich Zelter, chef d’orchestre à la
Singakademie à Berlin - semble entièrement approprié
à ce contexte…»
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des chorals : Francis Browne (janvier 2006) :
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Latin allemand et anglais. Plus trois strophes ajoutées
Francis
Browne (janvier 2006) :
Ich hab in Gottes Herz und Sinn.
12 strophes, en allemand et anglais.
Mélodies
des chorals : Thomas Braatz & Aryeh Oron (janvier 2006) :
Ein Kind geborn zu
Bethlehem.
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Recueils :
Breitkopf
n° 10 : 371 Vierstimmige
Choragesänge. C.
Ph. E. Bach – KJ. Ph. Kirnberger (sans date).
2]
Choral (Puer
natus in Bethlehem)
: N° 12
7]
Choral (Was
mein gott will, das G’scheh allzeit)
: N° 41 (115, 120 et 265)
Breitkopf
n° 3765 : 389 Choralgesänge
für vierstimmigen gemischten Chor
(sans date). Classement alphabétique.
2]
Choral (Puer
natus in Bethelehem)
: N° 302.
7]
Choral (Was
mein gott will, das G’scheh allzeit)
: N° 345 (342 à 344 et 346 à 348)
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natus in Bethlehem, n°
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[VII]
Incipit de la mélodie « Was
mein Gott will, das g’scheh allzeit »,
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Réédition
révisée et augmentée. L’Harmattan 2005
DISCOGRAPHIE BWV 65
BACH
CANTATAS WEBSITE :
Discographie
établie par Aryeh Oron. Elle est ici proposée sous une
forme sensiblement allégée avec, parfois, quelques
précisions relatives aux références et aux
dates. Les numéros 1] et suivants indiquent l’ordre
chronologique de parution des enregistrements.
17
références (Aryeh Oron, janvier 2000 à décembre
2010) + 10 mouvements individuels (janvier 2000 à octobre
2010).
Exemples
musicaux (Aryeh Oron, janvier 2003 à janvier 2005).
*4]
COURAUD, Marcel. Stutgarter Bach-Chor & Badische Staatskapelle.
Theo Altmeyer (tenore). Franz Crass (Baß).
Vienne, 1955
Disque
25 cms, 33 tours “
Discophiles
français ”
et reprise
disque Philips, fin des années 1950.
*10]
FUNFGELD, Greg. Bach Choir of Bethlehem. Bach Festival Orchestra.
Durée : 16’51
CD
Christmas in Leipzig. Dorian Recordings. Février 1988. Église
présbytérienne de Bethlehem (USA).
Avec
la cantate BWV 63 et le
Sanctus de
la Messe
en si,
BWV 232
14]
GARDINER (volume 18). The Monteverdi Choir. The English Baroque
Soloists. Bach Cantata Pilgrimage. Nikolaikirche, Leipzig (D). 6
janvier 2000. Durée : 15’21
CD SDG 174. 2010. Distribution en France, novembre
2010.
Avec
la cantate BWV 123.
8]
HARNONCOURT. Tölzer Knabenchor. Concentus Musicus Wien. Peter
Jelosits. 7e
version
mondiale selon Harry Halbreich. 1977.
Durée
: 16’41.
Disque
Teldec Das
Kantatenwerk
6.35335-00-501-503. (SKW 17/1-2 BR 2). 1977
CD
(D). Teldec 4509-97758 2. Das
Kantatenwerk - Sacred cantatas
Volume 4. Coffret de six CD. Cantates BWV 61 à 78
CD
Teldec 2292 - 42571-1. ZL
Das Kantatenwerk
(volume 17). 1988
Reprise
Bach 2000.
Teldec, volume 2. Coffret de 15 CD. Septembre 1999. Cantates 48 à
52. 54 à 69. BWV 69a. BWV 70 à 99
Reprise
Warner Classics CD 8573-81195-5 (en CD séparés, volume
20). 2006
6]
KALHÖFER, Helmut. Kantorei Barmen-Gemarke & Chamber
Orchestra. Église de l‘Emmanuel, Wuppertal- Barmen (D).
Octobre 1960.
Durée
: 19’12.
Disque
Cantate Bach Studio 651.204. Avec la cantate BWV 46 (1966)
Reprise
disques SDG 610113 et Vanguard (USA) et coffret de cinq disques
« Parnass Hi fi » 74033 à 74037 (D).
CD
Baroque Music Club Bach-721. Avec la cantate BWV 142 et le Magnificat
BWV 242
[selon
Ph. et G. Zwang (op. cit.), le disque SDG ne comporte pas le n° 5
de la cantate ?]. Avec la cantate BWV 46
12]
KOOPMAN (volume 8). Amsterdam Baroque Orchestra & Choir. Durée
: 14’12
CD
Erato 3954 25482-2. 1998 et reprise CD Antoine Marchand –
Challenge Classics. Avec les cantates BWV89, 60, 83 et 89a
17]
KUIJKEN. La Petite Bande (volume 4). Sans le chœur. Janvier
2006. Durée : 15’23
CD
Accent ACC 25304. Avec les cantates BWV 153, 154 et 65. 2006-2007
15]
LEUSINK : Holland Boys Choir / Netherlands Bach Collegium. CD
Brilliant Classics. Église Saint-Nicolas. Elburg (NL).
Printemps
2000. Durée
: 15’58
Bach
Edition. 2000. CD
Brilliant Classics. Volume 19 Cantates, volume 10. Avec les cantates
BWV 39, 143 et 175
Reprise
Bach Edition. 2006. CD Brilliant Classics IV - 93102 17/93. Avec les
cantates BWV 39, 143 et 175
*11]
MAC CRESH, Paul. Gabrieli Consort & Players. Ténor :
Charles Daniels. Basse : Peter Harvey. Freiburg (Saxe) (D).
Avril,
mai et novembre 1997. Durée
: 14’36
Coffret
de deux CD Archiv-Produktion. Avec la cantate BWV 180, la Messe
BWV 233 et le Sanctus
BWV 238
*3]
RAMIN. Soli & Thomanerchor. Orch. Gewandthaus Leipzig.
Enregistrement de janvier 1952. Durée
: 19’39
Disque
Eterna 820. 452 (Cantates, volume 1) et Corona. RDA VEB, 1966-1965 ?
Disque
Eurodisc. Volume 2 Eurodisc 89814 et 89.827 (reprise 1976).
Enregistrements
1950-1956
CD.
3 éditions différentes :
CD
(coffret) Eterna (ex RDA). Reprise du disque Eterna ci-dessus.
Berlin
Classics 090912BC. Historische Aufnahmen mit Günther Ramin.
Coffret de 9 CD. 1997. Avec les cantates BWV 36 et 57
CD
« Cantatas
II – Bach
in Germany ».
Vol. I/1.
Leipzig Classics 001801 2BC. 1999.
Avec les cantates BWV 36 et 57
7]
RICHTER. Münchener Bach-Chor. Münchener Bach-Orchester.
Ténor : Ernst Haefliger. Basse : Theo Adam. Février
1967.
Durée
: 15’27.
Première
édition en disque séparé avec les cantates BWV
108 et 124. Revue Harmonie,
n° 37, 1967.
Reprise
en coffret de six disques
Archiv
Produktion 2722 005 Bach
Cantatas volume
1.
Advent and Christmas
(juin - juillet
1971)
Novembre,
décembre 1972 en France. Avec les cantates BWV 64, 82, 124,
121, 111, 61, 63, 132, 13, 28, 171, 58
Reprise
en coffret de 11 disques. Archiv Produktion 30 2722 018. Volume III
CD
Archiv Produktion, Volume I/ 3. 439372-2. 1993. Advent und
Weinachten. Coffret de 26 CD. Avec les cantates BWV 58, 124 et 13
9]
RILLING. Gächinger Kantorei Stuttgart. Bach-Collegium
Stuttgart. Septembre 1978 et février 1979. Durée
: 16’03
Disque
(D). Die
Bach Kantate.
Hänssler Verlag. Classic. Laudate 98700. Avec la cantate BWV 153
CD.
Die Bach Kantate (volume
21). Hänssler
Classic. Laudate 91872. 1980. Avec les cantates BWV 123, 154 et 124
CD.
Hänssler edition Bachakademie
(volume 21). Hänssler-Verlag 92.021. 1999
Reprise
2009 en coffret Hänssler Classics 93581 (6 CD) sous le titre
Advent
& Christmas Cantata.
Avec la ces cantates 122 et 123
*1]
SACHS, Kurt. Small Ensemble. L’anthologie sonore. 1935
*13]
SMITH, Craig. Orchestra and Chorus of Emmanuel Music. Janvier 1999.
Église de l’Emmanuel, Boston. USA. Durée : 15’23
CD
Koch “Bach Christmas Cantatas”. Avec les cantates BWV 40,
133 et 151
16]
SUZUKI (volume 21. Bach
Collegium Japan. Kobe Shoin Women‘s University Chapel. Japan.
12-14 février 2002. Durée
: 15’47
CD
BIS CD 1311 Digital. 2003. Avec les cantates BWV 81, 83 et 190
*2]
WAGNER, Roger. Roger Wagner Chorale & Chamber Orchestra. Années
1950.
Disque
33 tours Lyricord LL-50 (USA). Avec la cantate BWV 106
5]
WERNER, Fritz (volume 6]. Heinrich Schütz Chor Heilbronn.
Pforzheim Chamber orchestra. Octobre 1959. Durée
: 21’12
Disque
Erato Mono LDE 3136
puis STE 50044 puis STU 70044 (Stéréo). Les
Grandes Cantates
(volume 6)
Avec
les cantates BWV 6 (vers 1960-1965)
CD
Warner Classics 2564 61401-2. Volume 1/1. Coffret de 10 CD. 2004.
Avec les cantates BWV 61, 40 et 28
MOUVEMENTS INDIVIDUELS
M-1.
Mvt. 6]. Gustav Bret Orchestra. Ténor : Georges Thill. 1935.
Disque 78 tours Columbia LFX 441. USA = Columbia 91135. Angleterre
Columbia LX. 571. Pearl. 1935. Report CD en (volume 7)
M 2.
Mvt. 6] Paul Sacher. Ténor : Max Meili. Basler
Kammerchor. Disque 78 tours Anthologie sonore AS 61(1937).
[A.
Fantapié, in Revue Diapason
n° 203, janvier 1976, signale cette version couplée avec
BWV 189. Anthologie
sonore.
M-3.
Mvt. 2] BWV 603. Helmuth Rilling. Figuralchor der Gedächtniskirche
Stuttgart.
Disque
(Bärenreiter Musicaphon, 1963) et CD Cantate 57607 (1994)
M-4.
Mvt. 2] BWV 603. Orgue David Willcocks. King’s College Choir
Cambridge. Disque EMI Classics (6 et 7/1967) puis CD
M-5.
Mvt. 2] Helmuth Winschermann. Disque Philips 1967 puis CD (Coffrzet.
Bach 13)
M-6.
Mvt. 1] Karl Richter. Ansbach
Bach Festival Choir & Orchestra. Disque
Baroque Music Club (début des années 1970) puis CD
M-7.
Mvt. 2] Transcription pour harpe. Andrew
Lawrence-King. CD Ambitus 1986
M-8.
Mvt. 2] Bohumil Kulinsky. Bambini di Praga. CD
Supraphon. Avril 1997
M-9.
Mvt. 7] Nicol Matt. Nordic Chamber Choir. Soloists of Freiburger
Barockorchester. Juin 1999
CD
Brilliant Classics / Bayer Records. Bach
Edition 2000,
volume 17. Œuvres vocales II
Reprise
Bach
Edition 2006. Chamber
Choir of Europe CD
Brilliant Classics 93102 27/133.
Juin
1999. Chorals (389) de
l’édition
Breitkopf.
M .10
Mvt. 2] Nicol Matt. Nordic Chamber Choir. Soloists of Freiburger
Barockorchester. Juillet 1999
CD
Brilliant Classics Bach Edition, volume 23. Chorals
DIVERS
WITOLD,
Jean et Carl de Nys : Sinfonia
Sacra. Pierre Horay.
1957. Pages 102 à 104. Carl de Nys fait entendre un
enregistrement hors commerce dirigé par Karl Ristenpart, chœur
et orchestre ? Émission intitulée Sinfonia
Sacra, sur la RTF,
dans les années 1950
ANNEXE BWV 65
PHILIPP SPITTA
SPITTA,
Philipp: Johann
Sebastian Bach.
Sous-titré : « His
work and influence on the Music of Germany 1685-1750 ».
Novello
& Cy 1889 - Dover 1951-1952. Trois volumes.
Volume
II, pages 387 à 389 et 687
Les
cantates - Leipzig, 1724.
« …Bach
va plus loin [que la cantate BWV 41] avec une autre grande
composition pour la fête de l’Épiphanie, le 6
janvier. Il se réfère à l’Épître
du jour plutôt qu’au pittoresque récit de
l’Évangile mieux adapté aux vêpres qu’au
premier culte [du matin]. L’œil du prophète
[Isaïe] voit la foule des nations sur lesquelles brille
l’éclatante lumière des nouvelles doctrines
[religieuses], venues par milliers, d’au de là des mers,
vers le Christ et la multitude des païens assemblée
devant lui. Malheureusement, le poète n’a pu
suffisamment assumer ces grandioses visions et s’est employé
la plupart du temps a rédiger une homélie
moralisatrice, au détriment de l’œuvre, dans une
pensée qui était peut-être suggérée
par le style de l’Épître lors du culte. Le texte
de la cantate « Sie
werden aus Saba alle kommen »
d’un caractère grave et posé n’a rien de
remarquablement original, de même que le choral final [7] qui
ne possède pas un réel sentiment festif qui puisse
nous convaincre mais qui complète la perspective générale
suggéré par l’aria précédente aria
[6]. Aussi est-il difficile de comprendre pourquoi, Bach n’y
apporta pas quelques changements C’est sans doute qu’il
souhaita plutôt insister sur la teneur de l’Épître
dans cette cantate, teneur qui devait être mieux adaptée
au culte du matin. Cependant, au commencement -un chœur sur le
dernier verset de l’épître avec un choral le
suivant immédiatement- est d’une grande et particulière
beauté. Des masses très denses semblent venir acclamer
et rendre hommage au Sauveur… avec pour conclusion des
imitations en canon, les pèlerins [de Bethlehem] en foule
trébuchant les uns contre les autres. Dans ce tumulte,
quelques brèves séquences dans la fugue qui suit,
jusqu’aux dernières mesures, chantent d’une seul
voix [à l’unisson] la Gloire du Seigneur. Un solennel et
mystique éclat est donné à cette description par
l’utilisation des cors, des flûtes et des hautbois da
caccia. Le mouvement [2] qui suit immédiatement, le bref
choral « Ils
sont venus, les rois de Saba…»
[2] sonne de façon remarquable. Traité de façon
poétique, il succède à ce qui a précédé
comme l’accomplissement de la prophétie [d’Isaïe]…
le cantique destiné à être utilisé pour
l’Épiphanie était le Puer
natus in Bethlehem, la
quatrième strophe de l’hymne Reges
de Saba veniunt. Il
était chanté au début du culte par un chœur
a capella et sa reprise [dans la cantate] a une signification
symbolique qui suffit a faire équilibre avec le grand chœur
[1]… il est en vérité totalement justifié,
indispensable à ce moment pour donner à l’ensemble
de l’ouvrage ce caractère sacré et festif. Les
récitatifs et les airs, il est vrai, portent le cachet d’un
usage religieux mais sont en fait moins connectés à
cette festivité particulière… [de l’Épiphanie].
Appendix.
Note 28 de la page 687. Cantates pour l’Épiphanie.
Outre
« Si werden
aus Saba alle kommen »,
nous avons deux autres cantates pour l’Épiphanie :
« Liebster
Immanuel, Herzog der
Frommen »
[BWV 123] et « Herr,
wenn die stolzen Feinde schnauben »
(BWV 248VI).
Cette dernière est en fait la sixième section de
l’Oratorio de
Noël, auquel on
peut généralement attribuer, du fait des filigranes,
une période après 1735… Les particularité
notées [dans le BWV 65], tel le filigrane, assigne à
cette cantate la même période que celle de la cantate
pour le jour de Noël 1723 « Christen,
ätzet diesen Tag »
[BWV 63], la première [BWV 65] sans doute aucun, ayant été
composée pour l’Épiphanie 1724 ».
C. Role. Janvier 2011
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